L’atelier des sorciers #1 – Shirahama Kamome

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L’atelier des sorciers est un seinen (selon manga-news) écrit et dessiné par la mangaka Shirahama Kamome. Publiée chez Pika, la série compte actuellement quatre tomes en VO comme en VF et est en cours de parution au Japon. Vous trouverez chaque tome au prix de 7.50 euros.

Depuis toujours, Coco entretient une fascination pour la magie. Hélas pour elle, celle-ci ne peut se pratiquer que par les sorciers de naissance… C’est du moins ce dont elle est persuadée jusqu’à ce que le sorcier Kieffrey arrive dans son village. Malgré l’interdiction formelle énoncée par le praticien, Coco l’observe en train de pratiquer son art et décide d’essayer, elle aussi, de dessiner un sort. Malheureusement, ce dernier fonctionne et fige sa mère ! Pour la sauver, Coco va devoir apprendre la magie et devenir l’apprentie de Kieffrey. Ce dernier l’emmènera dans sa demeure où Coco rencontrera ses trois autres apprenties..

J’entends énormément parler de ce manga depuis sa sortie. Il a fait un petit carton et forte impression sur beaucoup de mes connaissances. Malheureusement, sur un plan personnel, je n’étais pas du tout attirée par le chara-design. Pourquoi avoir finalement craqué? Et bien on dit merci au combo libraires insistants + 48h BD qui m’a fait acheter le premier tome à seulement 2 euros.

Si je ne regrette pas la découverte, je dois tout de même avouer ne pas avoir entièrement été séduite par ce manga. Je lui reconnais pourtant volontiers de nombreuses qualités.

Déjà, l’univers proposé par la mangaka est bien pensé et original. Je n’avais plus entendu parler de sorts dessinés depuis un moment et honnêtement, je ne me rappelle même plus à quelle occasion. Son système de magie est plaisant et la complète ignorance de Coco dans ces arts permet au lecteur de s’y initier en même temps qu’elle. Si le procédé narratif est convenu, il n’en reste pas moins efficace et permet d’exposer les différents éléments pertinents à l’intrigue.

Les personnages ont également leur intérêt mais c’est ici que le bât blesse pour moi. Coco est trop jeune, trop naïve et aurait été une parfaite héroïne de shônen plutôt que de seinen. Elle devient rapidement agaçante et cumule les poncifs, finalement, puisqu’elle réussit une épreuve quasiment impossible sans rien connaître en magie. Quant aux trois autres apprenties, on a la taiseuse, la gentille fille enthousiaste et la garce hautaine. Sans parler du maître, auréolé d’un mystère qui ne tient pas vraiment en haleine. J’ai ressenti un peu trop fort l’aspect archétypal des protagonistes. Tout me paraissait trop joli, trop mignon, même si on introduit une confrérie (des capuchons, ouais, sans rire elle s’appelle vraiment comme ça) un peu plus maléfique pour assombrir le tout. Le dernier chapitre me donne l’impression que l’intrigue va se complexifier et devenir plus adulte mais ma crainte, du coup, c’est la création d’un gouffre trop important entre le tome 1 et le tome 2 pour les lecteurs qui ont pu apprécier l’ambiance de départ. Si quelqu’un a lu la suite, qu’il n’hésite pas à me donner son ressenti dans les commentaires !

Je souhaite toutefois lire la suite et ce malgré la particularité du chara-design. Shirahama Kamome a un vrai talent et un grand souci du détail, malheureusement je n’apprécie pas trop son trait réaliste. En noir et blanc, en tout cas, parce que je possède une farde plastique promotionnelle en couleur qui est tout simplement sublime. Mais sur les couvertures, l’utilisation de couleurs fades, trop pastel, n’a pas su m’attirer et on retrouve cette même impression sur le dessin. L’air de rien, dans un manga, l’esthétique compte autant que l’histoire. C’est bien la raison pour laquelle je regarde l’Attaque des Titans au lieu de le lire.Du coup, sur moi, le charme n’a pas opéré même si je reconnais volontiers le talent de la mangaka. Il ne colle juste pas à mes goûts.

Pour résumer, si ce premier tome n’a pas su complètement me séduire sur son esthétique ou m’accrocher à ses personnages, il ne manque pas pour autant de qualités sur un plan narratif et je pense donner sa chance à la suite afin de vérifier certaines théories. L’univers riche et réfléchi créé par la mangaka possède un vrai potentiel ainsi qu’une identité propre que, j’espère, elle n’hésitera pas à exploiter dans une veine plus sombre au sein des prochaines volumes.

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Everdark #1 – Romain Lemaire

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Everdark est une nouvelle série de manga français publié chez Pika et signé par Romain Lemaire. Vous le trouverez dans toutes les librairies au prix de 7.50 euros (7.75 en Belgique) ! Il s’agit d’un manga type fantasy.

L’histoire se déroule dans un univers imaginaire où la magie tient une place importante. On y trouve les Veilleurs, des vestiges d’anciennes divinités dont l’énergie continue de corrompre ce qui s’en approche un peu trop. Quand le royaume de Solaris décide d’exploiter cette énergie, Neer, qui a conscience du danger qu’elle représente, se dresse contre eux pour empêcher un nouveau drame de se produire.

Au programme de ce manga: de la fantasy épique sauce shônen. Un héros très puissant qui se bat avec une arme mystérieuse, un jeune apprenti qui a plus d’un tour dans son sac, une mascotte sidekick un peu obsédée et une créature mystérieuse qui surpasse l’un des plus grands guerriers de cet univers presque d’une pichenette… Si Everdark ne révolutionne clairement pas le genre dans lequel il s’inscrit, il reste une bonne surprise. Tout en respectant les codes du shônen, Romain Lemaire invente un univers d’une grande richesse qui réserve bien des surprises. Comme cela se fait souvent dans ce type de manga, chaque chapitre est coupé par des explications concernant certains termes, objets ou légendes de l’univers, ce qui permet au lecteur de facilement s’y retrouver.

De plus, pour un manga français, je trouve le dessin assez asiatique même si on ressent l’influence européenne dans le trait. Une hybridation plutôt réussie ! Ce qui ne gâche rien, c’est que le trait reste constant et extrêmement bien maîtrisé de bout en bout. On sent que Romain Lemaire a du métier et qu’il ne laisse rien au hasard, pas même les détails du fond, ce qui est plus qu’appréciable.

Concernant l’histoire en elle-même, si elle ne nous surprend pas forcément, elle reste agréable et divertissante. Le scénario pousse le lecteur à s’interroger et donne envie d’en apprendre davantage. On n’en demande pas davantage, surtout pour un tome introductif ! Pour moi, ce pari est réussi pour Pika qui signe le premier tome d’un shônen français prometteur, que je recommande aux fans du genre.

Frau Faust (1) – Koré Yamazaki

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Frau Faust est un seinen d’aventure fantastique dans une ambiance gothique (quoi, j’essaie d’être précise !), écrit et dessiné par Koré Yamazaki. Terminé en cinq volumes au Japon, le premier tome est sorti début novembre chez Pika Édition. Chaque volume coûte 7.5 euros !

Comme souvent, j’ai d’abord été attirée par la couverture du manga, et intriguée par la position des deux personnages, par le regard de celle qu’on devine comme étant Faust. Le chara-design a un petit côté Black Butler qui a immédiatement titillé mon attention et la 4e de couverture n’a fait que renforcer cette impression. L’auteure s’inspire du conte allemand rendu célèbre par l’interprétation de Goethe. Un texte que j’adore, je n’ai pas eu besoin de plus pour me laisser tenter…

Ce premier tome pose les bases de l’univers, mais surtout, les bases du personnage principal. Par les yeux de Marion (oui, ce prénom est utilisé pour un garçon !) on découvre Johanna (alias Faust) et ses différentes facettes. A priori, le personnage est assez froide, manipulatrice, mais à partir du moment où elle entre dans l’église, on comprend que c’est beaucoup plus compliqué que ça en a l’air. Ce qui m’a immédiatement accrochée, c’est la relation esquissée entre Méphistophélès et Faust. Je me demande comment l’auteur a adapté la légende à sa sauce et de ce que j’en ai vu, c’est très très prometteur. En tout cas, elle maîtrise bien le suspense et sait comment nous tenir en haleine.

Nous évoluons, a priori, dans un univers qui respecte les codes du mouvement gothique (un très bon point à mes yeux) et j’aurai aimé en avoir plus à lire. Hélas, un tiers de ce premier tome est consacré à une autre histoire, qu’on trouve en bonus à la fin. J’ignore si c’est un un hors-sujet ou si ça aura un lien avec l’intrigue de base mais ça m’a un petit peu agacée. Si l’histoire en elle-même était assez sympathique, poétique et profonde, j’ai été frustrée de ne pas avoir droit à davantage de pages sur Frau Faust, qui est le manga que j’ai acheté à la base. J’aurai aimé qu’on m’indique sur la couverture qu’il y avait un bonus, quelque chose en plus. C’est un détail, mais ça vaut la peine de le relever.

En bref, ce premier tome est vraiment prometteur. Dans un univers européanisé à la sauce manga, l’auteur traite d’une légende allemande qu’il se réapproprie d’une manière qui laisse à présager de bonnes choses pour la suite. Le trait de crayon est soigné et l’ambiance rappelle un peu les débuts de Black Butler. Le fait que la série soit terminée en cinq tomes est un bonus, on sait dans quoi on s’engage et on a la certitude que l’histoire ne trainera pas inutilement en longueur. J’ai été séduite par tous ces éléments et je vais suivre cette série avec assiduité, en espérant ne pas être déçue. C’est une très bonne découverte, que je recommande !

GTO Paradise Lost – Toru Fujisama

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GTO Paradise Lost est une série en cours publiée chez Pika Édition et réalisée par le célèbre Toru Fujisama. Chaque tome coûte environs 7 euros (en fonction de la tabelle) et il s’agit évidemment d’une suite au manga que tout le monde connaît: GTO. Si je vous en parle, c’est parce que je viens de lire le 7e tome (qui vient lui-même de sortir) et que la série fête ses 20 ans cette année ! Pour la peine, Pika a prévu pas mal de promotions dont vous pourrez retrouver les détails au bout de ce lien. C’est une bonne occasion de (re)découvrir ce classique du manga.

Bon, c’est bien joli tout ça, mais de quoi ça parle ce Paradise Lost? Dans cette nouvelle saga, on retrouve Onizuka… Derrière les barreaux ! En train de raconter à ses copains de cellule (qui seront rejoins par les gardiens, parce qu’il raconte bien, notre ami !) comment il en est arrivé là. Cette série est, à mes yeux, dans la lignée du GTO que j’ai connu à l’époque en regardant l’anime sur MCM. On y retrouve le personnage déjanté d’Onizuka, le mythique sous-directeur Uchiyamada, avec la même mentalité et les mêmes folles aventures. Cette année, Onizuka donne cours à une classe spéciale pour les élèves artistes, avec des acteurs, des chanteurs, et leurs pendants féminins. Il se croit au paradis… Il a tort ! La preuve, il se retrouve en prison. Mais comment? On est toujours en train de le découvrir au tome 7. Parce que, forcément, Onizuka digresse… Mais on lui pardonne, c’est tellement chouette !

C’est toujours difficile de parler d’une série en cours, surtout quand elle promet d’être longue. Au Japon, il y a déjà dix tomes. Chroniquer un tome unique de manga au milieu de la saga n’a pas grand intérêt, raison pour laquelle je profite simplement de ma lecture du tome 7 (cette fin quoi ! C’est trop frustrant de devoir attendre la suite…) pour vous encourager à découvrir ce mangaka et son univers.

Certains critiquent Paradise Lost en disant que l’auteur se contente de reprendre les mêmes éléments à succès que sa série d’origine, dans un nouveau décor. Possible, oui… Et alors? Mettons nous d’accord deux minutes et arrêtons de râler juste pour le plaisir d’avoir à critiquer: quand on achète une série comme GTO, c’est pour lire du GTO, pas pour que l’auteur utilise sa licence à succès en espérant nous sortir quelque chose de différent que les gens vont acheter « parce que ça porte le nom de GTO ».  Personnellement, l’absence de vrai renouvellement ne me dérange pas, d’autant que j’ai l’impression que cet arc va finalement apporter quelque chose de neuf. Je me demande comment il va sortir de prison, comment il y est arrivé aussi, comment ça va tourner dans cette école un peu bizarre.. Bref, je n’ai rien contre les auteurs qui réutilisent ce qui a déjà fonctionné pour eux. Après tout, si on aime GTO, c’est justement pour ces raisons. Si l’auteur change tout, ce n’est plus vraiment GTO…

Enfin, quoi qu’il en soit, je conseille cette série à tous ceux qui ont adoré GTO, son concept, son personnage principal. Et à tous ceux qui ont envie d’un manga un peu fou qui se déroule dans un Japon contemporain, sans fantastique. Une tranche de vie, avec des thèmes importants malgré l’apparence de légèreté. Moi, je vibre de nostalgie à chaque page! Et si vous n’avez jamais regardé ou lu un GTO, commencer par Paradise Lost n’est pas vraiment un problème car les séries se suivent dans le temps mais ne sont pas forcément liées entre elles de manière vitale. Un détail appréciable.

Et si, pour la rentrée, on se payait une virée avec le Great Teacher Onizuka?

Distopiary – Senga Fumitaka & Tellmin.

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(c) MangaConseil.com

Distopiary est un seinen terminé en cinq tomes dont trois sont déjà parus chez l’éditeur Pika. Édité à l’origine par Square Enix (et ça se ressent quand on le lit je trouve) il est écrit par Senga Fumitaka et dessiné par Tellmin. Chaque tome coûte 7.50 euros.

J’ai avant toute chose été attirée par la couverture du tome 1. Je sais, c’est un peu superficiel mais je fonctionne d’abord au coup de cœur sur la couverture et ensuite, je lis le résumé. Ici, la couverture avait tout pour plaire: un beau mec mystérieux avec une cicatrice et un peu de sang (je sais je sais, on ne se refait pas), un chara-design qui me plait… Deuxième point fort: le mot RPG dans la première phrase de la quatrième de couverture. Et enfin, pour compléter le tiercé gagnant, une série finie en cinq tomes. On sait ce qu’on commence, on ne s’embarque pas dans une aventure qui tire en longueur. Bref, Distopiary avait, a priori, tout pour plaire.

Bon, je vous fais un peu du suspens dans le vent parce qu’en réalité, l’intérieur est aussi génial que l’extérieur ! On rencontre Tolza, un exécuteur qui s’est porté volontaire pour vaincre le 23e Roi du Mal, une créature maléfique qui apparait tous les quatre ans sous différentes formes et que seuls les gens issus de la caste des exécuteurs est capable de vaincre. Jusqu’ici, c’est assez classique, ça a un petit potentiel sympathique mais ça ne casse pas des briques non plus. Enfin… Jusqu’à la fin du premier chapitre, où on se rend compte de ce que c’est vraiment, un exécuteur, et où on se prend la claque du siècle. Je ne m’y attendais mais PAS DU TOUT surtout vu l’ambiance du premier chapitre en question et sincèrement, ça m’a choquée. Dans le bon sens du terme. Je n’en dis pas plus parce que vous connaissez ma politique anti-spoil mais franchement… Waw.

A l’heure actuelle, j’ai lu les trois premiers tomes que mon (petit) frère m’a prêté et je suis absolument ravie par l’aventure. Les couvertures sont magnifiques, l’intrigue est dynamique, réfléchie, nous force à nous interroger sur la notion de bien et de mal, sur les limites qu’il faut parfois franchir pour le plus grand bien, bref des thèmes qui me plaisent particulièrement, le tout sur fond d’un univers qui rappelle le rpg (et même les MMORPG) ainsi que le jeu-vidéo dans la présentation des combats, par exemple. Un univers vraiment travaillé, original et malsain aussi, on ne va pas se mentir.

Bref, Distopiary est une pentalogie originale et surprenante, un seinen sombre et dérangeant dont je me réjouis de lire le dénouement. Je vous le conseille si vous aimez le genre, vous allez être ravis !

PS: Cet article sera édité après la sortie du tome 5 pour un avis global 🙂