Terra Ignota #2 Sept Redditions – Ada Palmer

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Sept Redditions
est le second volume de Terra Ignota, une saga de science-fiction dite utopique écrite par l’autrice américaine Ada Palmer. Publié par le Bélial, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 24.9 euros ainsi que sur le site de l’éditeur via lequel je vous encourage à commander.

Avant-propos
Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé du premier tome ( Trop semblable à l’éclair ) que je décrivais comme une expérience littéraire extraordinaire, un véritable chef-d’œuvre au-delà du simple qualificatif de « coup de coeur ». En le lisant, je me suis rappelée comment était née ma passion pour la littérature à l’origine et cela a mené à un certain nombre de réflexions personnelles qui n’ont pas toujours abouti à ce que j’en espérais mais qui ont eu le mérite d’exister.

Ada Palmer brille, elle brille pour ses références, pour ce qu’elle a créé, pour les réflexions qu’elle propose et la grandeur ambitieuse de ses textes. J’ai entamé Sept Redditions avec une double crainte : la première, celle que ce second tome se révèle décevant par rapport au premier avec un effet de surprise gâché quant au contenu, à l’ambition, au narrateur, à l’ensemble. La seconde, que je ne ressente plus l’envie de lire quoi que ce soit après avoir tourné la dernière page, secouée par la certitude que rien n’arrivera à la cheville de l’histoire narrée par Mycroft Canner.

Cette dernière crainte s’est révélée en partie fondée. Je me réjouis de voir qu’en 2020, on publie toujours des romans porteurs d’une telle ambition littéraire et je remercie mille fois le Bélial d’avoir entrepris la traduction de ce cycle. Je précise que cette remarque n’engage que moi et ne sous-entend pas que tous les autres textes que j’ai pu lire ou que vous avez pu lire sont inférieurs. Il ne s’agit pas d’établir une échelle de grandeur qualitative mais bien d’insister sur mon enthousiasme vis à vis du roman. Terra Ignota ne ressemble à rien d’autre de ce que j’ai pu lire, il se démarque donc aisément. Toutefois, quelqu’un avec une culture littéraire plus vaste ou simplement différente de la mienne ne partagera probablement pas mon opinion. N’oubliez donc pas qu’il s’agit bien de cela : mon opinion, mon sentiment, développée sur mon blog avec toute la partialité que cela implique.

Pour en revenir au livre en lui-même, j’ai retrouvé au sein de ce roman des qualités semblables à ce que j’ai pu relever dans ma première chronique : un souci de la représentation (un véritable exemple à suivre selon moi et une référence à mettre en avant dans les débats qui secouent la twittosphère littéraire ces dernières semaines), une mise en scène astucieuse des philosophies du 18e siècle (sans toutefois s’y restreindre) ainsi qu’un narrateur savoureux qui interagit avec son lecteur en le manipulant, démontrant une maîtrise encore inégalée selon moi de la narration à la première personne.

Je dois même dire que ces qualités sont présentes à l’identique tant Sept Redditions s’inscrit dans la continuité directe de Trop semblable à l’éclair. Ç’aurait pu être (selon moi, à nouveau) publié comme un seul roman sans les exigences éditoriales modernes (même ainsi, ce sont deux beaux pavés). Je vous recommande d’ailleurs de lire ces titres l’un après l’autre directement pour ne rien y perdre, un exercice auquel je compte me livrer dans un futur plus ou moins proche.

À ce stade, vous vous demandez probablement ce que je vais pouvoir dire que je n’ai pas déjà détaillé ou encensé dans mon précédent billet. Vous vous étonnez aussi peut-être que je n’ai pas encore subdivisé cette chronique en plusieurs points, menant une analyse plus ou moins pertinente, comme j’en ai l’habitude. Ce n’est pas ce que je souhaite écrire vis à vis de ce texte. L’émotion suscitée par cet ouvrage a été énorme pour moi, j’aimerais réussir à vous la transmettre non seulement par la lecture de cet avant propos mais également par une brève réflexion sur le sujet central (un parmi d’autres, je vous assure !) de Sept Redditions : la conception de l’utopie.

Aussi sachez que tout ce qui est écrit à partir de maintenant risque de vous divulgâcher l’intrigue. Je vous recommande donc de ne pas poursuivre votre lecture si vous comptez vous plonger dans l’univers de Terra Ignota.

De la définition de l’utopie…et du reste.
Au sens premier du terme, on parle d’utopie pour qualifier un idéal de type positif impossible à atteindre. C’est ce qui est mis en scène dans Terra Ignota : une société fictive qui se veut positive car chaque humain a le droit de choisir la Ruche (son groupe quoi) qui correspond le mieux à ses croyances, à ses ambitions. Tout le monde a un toit au-dessus de sa tête, travaille vingt heures par semaine en consacrant le reste de son temps à des loisirs de son choix. La faim, le froid, tout cela n’existe plus pour la plus grande majorité de la population. La dernière guerre de religion a aboli les distinctions genrées, il n’existe donc plus, en théorie, d’hommes et de femmes au sens social du terme (c’est toujours le cas sur un plan biologique) si bien que l’autrice emploie des pronoms neutres (on et ons) dans le texte. Un choix qui peut déstabiliser mais que je trouve très intéressant. Ces petits jeux de forme, Ada Palmer s’y livre à merveille et non contente de s’y essayer, elle offre aussi une réflexion très intéressante sur l’existence du genre au sens social, ses avantages et ses inconvénients.

L’utopie, une société d’avenir… ou pas.
Sur le papier, tout fonctionne à merveille au sein de l’Alliance sauf que ce tome approfondit ce qu’on commençait à soupçonner dans le premier, à savoir que le système a des ratés et repose finalement sur la violence qu’il était parvenu à bannir puisque l’existence d’un groupuscule dénommé « O.S. » implique des meurtres ciblés afin d’éviter à la société humaine de subir des crises majeures qui risqueraient d’abolir le système considéré comme parfait en place. Et parfait, il le parait en effet au premier abord, surtout à nos yeux d’êtres humains du vingt-et-unième siècle.

Le meurtre, rappelons-le, n’existe plus dans cette société depuis longtemps au point que les actes de Mycroft Canner causèrent un choc terrible à tous. Arrive donc la question de savoir ce qui est acceptable ou non au nom du plus grand bien et ce qu’est, au fond, ce plus grand bien, cette utopie. Quelles sont ses limites ? Comment la maintenir ? Doit-on la maintenir ? Quelles conséquences un tel système a-t-il sur l’humanité, sur son ambition, sur sa capacité à évoluer ? Deux milles et quelques vies contre celle de milliards d’individus, cela vaut-il le coup ? Doit-on s’en tenir aux probabilités ou à sa moralité ? La galerie de personnages imaginée par Ada Palmer permet de mettre en scène une multitude de points de vue, ce qui entraine non seulement des discussions passionnantes entre les protagonistes mais également une action au rendez-vous grâce aux élans dramatiques qui ne sont pas sans rappeler différents courants littéraires qui m’évoquent davantage le dix-neuvième que le dix-huitième siècle littéraire français, pour ma part.

Du génie ! Mais…
C’est délicieux, cela fonctionne à merveille, du moins si on apprécie ce type de littérature et cette construction si particulière où l’autrice laisse la parole à Mycroft Canner, qu’on découvre ici sous un jour nouveau. Comme je l’ai déjà mentionné dans mon autre billet, je pense que ce roman n’est pas accessible à n’importe qui. Il faut aimer philosopher, se laisser séduire par l’aspect théâtral qui intervient par moment jusque dans la forme même du texte, ne pas craindre les multiplications de personnages, prendre le temps de se poser pour comprendre toutes les implications de ce qui se déroule, de ce qui se dit, de ce qui peut arriver. Il s’agit clairement d’un roman -d’une saga- à relire, plus d’une fois, même plus de deux ou trois, pour s’en imprégner véritablement. Pour moi, les romans d’Ada Palmer sont exigeants mais ils valent largement l’investissement mental et moral tant ils apportent une vraie richesse non seulement à la littérature mais également sur un plan humain.

Que lire à présent jusque 2021, date de la parution du troisième volume en français… Grande question.

La conclusion de l’ombre :
Sept Redditions est une suite à la hauteur de Trop semblable à l’éclair. Ada Palmer est brillante, son roman est aussi intelligent qu’addictif, doté d’un apport philosophique conséquent et passionnant. Ada Palmer ne juge pas, elle invite ses lecteurs à participer à une Grande Conversation sur la manière de mettre en place une utopie humaine efficace et les conséquences que peut avoir un système politique de ce genre… entre autres thèmes ! Une réussite sur tous les points que je recommande avec un enthousiasme que mes mots peinent à retranscrire.

D’autres avis : L’épaule d’Orion, Tigger Lilly, Le Syndrome de Quickson, Blog à part, BlackWolf, Gromovar, Just A Word, Outrelivresles Chroniques du Chroniqueur – vous ?

BML #25 – juillet 2020

Bonjour à tous !
J’espère que votre été débute bien, qu’il ne fait pas trop chaud par chez vous (je touche du bois, pour le moment en Belgique c’est assez agréable sauf aujourd’hui où on a droit à 35° maiiiiis bon.) et que vous avez connu de belles découvertes littéraires. De mon côté ça a été un mois à nouveau un peu compliqué où l’excellence côtoie les déceptions et les abandons. Il est temps de faire le point…

Côté roman :

Les neiges de l’éternel – Claire Krust (ActuSF)
Les brumes de Cendrelune #1 – Georgia Caldera (J’ai Lu pour elle)
Le secret du colibri – Jaye Robin Brown (Chat Noir)
Bläckbold – Émilie Ansciaux (Livr’S)
L’homme qui peignit le dragon Griaule – Lucius Shepard (Le Bélial)
La survie de Molly Southbourne – Tade Thompson (Le Bélial)
Les Damnés de Dana #3 Les larmes de Dana – Ambre Dubois (Chat Noir)
Nouvelles Ères (partie 1partie 2) – anthologie (Livr’S)
La ville sans vent – Eléonore Devillepoix (Hachette, lecture en cours)

J’ai lu sept romans, une nouvelle solitaire et une anthologie, ce qui n’est pas trop mal même s’il y a aussi eu un bon nombre d’abandons. Déjà, Félines que je devais lire pour le PLIB et au sujet duquel je me suis exprimée ici avec une certaine, disons… verve (ça a été l’article le plus lu du mois, à croire que vous aimez quand je m’énerve :D) ensuite le Dragon Griaule dont j’ai abandonné la lecture de l’intégrale vu que je n’accrochais pas au style et enfin Poumon Vert dont j’ai laborieusement lu +-20% avant d’arrêter les frais, impossible de m’immerger dedans alors que les bonnes idées me sautent aux yeux. Mais j’arrive juste pas.

Parmi les romans lus, il n’y a pas eu de véritable coup de coeur ce mois-ci, seulement des bonnes surprises venues du Chat Noir et de l’anthologie Livr’S. Dans l’ensemble, je vais qualifier cette fournée de « sympathique » mais sans plus (notez qu’à l’heure où j’écris ces lignes je suis à la moitié de la Ville sans vent qui est un cran au-dessus de juste « sympa » mais à voir). Heureusement, y’a eu les mangas…

Côté mangas :

Noragami #19, #20 (Pika)
Black Butler #15, #16, #17, #18 (Kana)
Beastars #7, #8, #9, #10, #11 (Kioon)

On reste sur des valeurs sûres ! J’ai rattrapé la publication de Noragami ainsi que de Beastars, les deux sont de gros coups de coeur mais je dois admettre que Beastars un chouilla plus que Noragami bien que les deux soient excellents et ne soient pas comparables. Je cherche toujours une bonne manière de vous parler de ce manga, d’ailleurs. Quant à Black Butler, il s’agit de ma relecture d’une valeur sûre. Je pense continuer en août pour vous présenter un nouvel arc qui se déroule en Allemagne.

J’ai également reçu pour mon anniversaire les deux premiers tomes de NeverenD un manga français auto-édité inspiré d’Alice au pays des merveilles. J’ai lu le premier que j’ai trouvé sympathique, bien dessiné, toutefois ça manquait d’un travail éditorial pour pointer les grosseurs scénaristiques. À voir ce que réserve le second !

Pour un total de 12 tomes.

Côté comics & autre :

Ashe, chef de guerre
League of Legends : realms of Runeterra

Avec mon anniversaire, j’ai reçu le comics manquant à ma collection RIOT à savoir Ashe, chef de guerre que j’ai dévoré. Je cherche toujours un moyen de vous en parler d’une manière intéressante. Quant à Realmsof Runeterra, il s’agit d’un guide de l’univers dans lequel on retrouve plusieurs nouvelles, le tout en anglais ! Je suis toujours en train de l’explorer et j’adore. Il fera aussi l’objet d’un article à part pour les nouvelles (histoire d’avoir un combo Maki et S4F3)

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. À nouveau ce mois a été un peu… plat pour plusieurs raisons toutefois avant le durcissement des mesures liées à la reprise du COVID en Belgique, j’ai pu fêter mon anniversaire avec des amies chères (#TeamLivrS !!) à Pairi Daiza et les revoir une semaine plus tard pour un autre anniversaire. Nous avons toujours bien respecté les mesures de distanciation sociale, chaque fois ça se déroulait en extérieur. Je dois avouer que cette petite parenthèse a été très salutaire pour le moral. C’est ce que j’ai envie de retenir de ce mois-ci.

Et voilà, ce bilan se termine déjà. J’espère que le mois d’août sera plus enthousiasmant sur un plan littéraire au moins et de manière générale ! Je vous souhaite le meilleur, profitez de vos vacances (si vous en avez, dans le cas contraire : COURAGE !) ♥

L’Homme qui peignit le dragon Griaule – Lucius Shepard

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L’Homme qui peignit le dragon Griaule
est la première nouvelle du recueil le Dragon Griaule écrit par l’auteur américain Lucius Shepard. Publié par le Bélial dans une très belle édition illustrée par Nicolas Fructus, vous trouverez ce texte au prix de 25 euros. Sachez qu’il existe également au format poche chez J’ai Lu au prix de 9.90 euros et que la nouvelle dont il est question ici est disponible à l’unité en numérique.

J’ai déjà lu deux novellas de l’auteur (Les attracteurs de Rose Street & Abimagique) chez le même éditeur dans la collection Une Heure Lumière, deux réussites quoi que déconcertantes. Le résumé de Griaule avait tout pour me séduire, pourtant une petite voix me soufflait que ça allait coincer… Du coup, j’ai opté pour la version poche et j’ai été bien inspirée.

J’insiste tout de suite, nous sommes face à un combo mauvaise période de lecture + style d’écriture qui ne m’a pas emballée, raison pour laquelle je parle quand même du premier texte lu (j’ai arrêté à la moitié du second). Et j’avoue, un peu pour valider une lecture Maki 🙂

De quoi ça parle ?
Le dragon Griaule est une entité maléfique gigantesque (deux kilomètres si ma mémoire est bonne) figée par un sortilège mais toujours vivant, qui étend petit à petit sa mauvaise influence sur les villages alentours. Dans cette nouvelle, un homme se propose de peindre Griaule et de l’empoisonner du même coup par ce biais, réalisant à la fois une œuvre d’art et un assassinat très lent.

Mon sentiment
Ce texte sert clairement d’introduction à l’univers. D’abord sur un plan visuel puisque le peintre va arpenter Griaule un bon moment pour prendre conscience de ses dimensions, découvrir la faune et la flore qui vit autour de lui, imaginer les infrastructures à mettre en place pour mener son projet à bien. Les descriptions foisonnent ici et vous le savez, ce n’est pas ce que je préfère. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans toutefois face à l’enthousiasme général de la blogo, j’ai persévéré.

Ensuite, le temps passe au sein de la diégèse. Le grand ouvrage dure très -très- longtemps et le chantier connaît son lot de drames. Petit à petit, une atmosphère sombre s’installe, un début de folie, de désespoir humain que les protagonistes justifient par l’influence de Griaule mais… est-ce vraiment le cas ? Selon moi Lucius Shepard joue subtilement avec l’idée que tout acte néfaste est justifié par la présence du dragon alors que ça pourrait aussi bien venir d’une pulsion bassement humaine. Ce concept se ressent au long de cette petite soixantaine de pages (au format poche) et est bien dosé par l’auteur.

Pourtant… Voilà, une fois arrivée à la fin, j’ai eu l’impression d’avoir fait le tour. C’était sympa mais pas ce que j’attendais, en plus d’avoir ressenti quelques longueurs hyper pénibles. Je n’ai pas spécialement eu envie de continuer ma découverte du recueil toutefois je suis l’une des seules (avec Xapur si je ne me trompe) à ne pas avoir été plus enchantée que ça par ma découverte. Je vous recommande donc de croiser mon sentiment avec celui des blogpotes renseignés ci-dessous et de décider par vous-même si Griaule étendra sa néfaste influence sur vous !

D’autres avis : Au pays des cave trollsBaroonaLe dragon galactiqueRSF BlogLorkhanLe chien critiqueNevertwhere Xapur – vous ?

Maki

La survie de Molly Southbourne – Tade Thompson

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La survie de Molly Southbourne
est une novella écrite par l’auteur anglais Tade Thompson. Publiée au Bélial dans la collection Une Heure Lumière, vous trouverez ce texte au prix de 9.90 euros partout en librairie.

Je vous ai déjà parlé du premier volet : Les meurtres de Molly Southbourne qui avait été un gros coup de coeur pour moi. Malheureusement, cela n’a pas été le cas avec cette suite bien qu’elle ait été agréable à découvrir. Je pense que je suis, en réalité, passée à côté. Les raisons ne sont pas totalement imputables au texte puisque je traverse un passage à vide littéraire. Ce que je vais dire est donc à prendre avec des pincettes même si je m’efforce de prendre le recul nécessaire pour vous parler de ce texte.

D’ailleurs, comme il s’agit d’une suite, cette chronique contiendra quelques éléments révélateurs liés notamment au premier volume. Je vous conseille donc d’arrêter votre lecture ici si vous ne souhaitez pas que je vous divulgâche l’histoire.

Je précise aussi que j’ai eu beaucoup de difficultés à écrire ce retour parce que je ne parviens pas à structurer ma pensée d’une manière satisfaisante. Je m’excuse donc pour la longueur (plus courte que d’habitude) et l’absence de profondeur dans mon analyse. En fait, comme la Survie est un tome de transition, on peut considérer ma chronique comme une chronique de transition également. Sur ce…

De quoi ça parle?
Après l’incendie de sa maison qui clôture le premier tome, molly devient Molly et essaie de comprendre qui lui en veut, pourquoi certains lui tirent dessus quand d’autres cherchent à l’aider. Alors elle fuit, Molly. Elle fuit…

Une novella qui porte bien son titre.
Au contraire des Meurtres qui revenait en arrière pour raconter l’histoire de Molly, la suite est ancrée dans le présent et parle bien d’une fuite perpétuelle. D’abord molly qui fuit le fantôme de Molly, qui fuit ses démons puis qui tente d’échapper à ceux qui cherchent à la tuer ou pire, à l’utiliser. Les pages se dévorent rapidement, l’action s’enchaîne sans temps morts. J’ai ressenti une forme de tournis à mesure que j’avançais pour découvrir la clé de quelques mystères là où d’autres restent scellés. Mais c’est normal, il reste encore un texte au moins qui lui fait suite.

Un univers qui se développe.
Hormis les règles imposées par ses parents et un indice ou deux laissés dans le premier volume, le lecteur reste assez ignorant de l’univers dans lequel évolue Molly ainsi que des raisons de sa mutation. La Survie permet d’éclaircir une partie de ces questionnements à base de programme secret russe qui date de la guerre froide. Si on peut déplorer le manque de surprise (vu le prénom de la mère, je dois avouer que je m’en doutais un peu) il est par contre plaisant de découvrir que Molly n’est pas la seule à souffrir d’une semblable mutation. Le lecteur rencontre ainsi Tamara en même temps que la protagoniste et découvre que non, les clones ne sont pas tous assoiffés de sang. Le contenu de cette novella balaie tout ce qui avait été posé dans les Meurtres et fragilise les fondations sur lesquelles le lecteur pensait se trouver, lui rappelant que rien n’est, au final, jamais vraiment acquis.

Une molly en équilibre précaire.
Molly Southbourne, qu’on appelle ici Molly Prime (l’originelle donc) se suicide à la fin du premier volume après avoir raconté toute son histoire à une molly, un hémoclone supposé prendre sa place. C’est cette molly que nous suivons, qui va donc devenir Molly avec une majuscule, une sorte de nouvelle Prime, plus ancienne que les autres. Son statut particulier entraine des conséquences psychologiques assez bien exploitées. Elle terminera même en hôpital psychiatrique. Est-elle devenue Molly puisqu’elle possède ses souvenirs, ses automatismes, sa vie ? Est-elle une autre ? Le lecteur assiste à une quête d’émancipation et de recherche de soi engluée dans des litres d’hémoglobine. C’est intéressant mais pas au point d’égaler les Meurtres.

Une narration alternée.
À l’instar des Meurtres, Tade Thompson conserve une narration à la première personne afin de se plonger dans l’esprit de Molly. Toutefois, entre ses chapitres s’intercalent des transcriptions brèves tirées de vidéos tournées par le docteur James Down qui a été l’amant de Molly Prime (la Molly d’origine donc, pas celle de ce tome) dans le premier volume. N’ayant plus bien le contenu des Meurtres en tête, j’ai mis un moment à me remémorer le pourquoi de son état et comprendre l’intérêt de ces transcriptions. Je recommande donc bien aux futurs lecteurs de, si possible, lire les deux novellas à la suite ou avec peu d’intervalle entre les deux. Notez également que même si ce n’est pas mentionné directement sur la première de couverture (en petit sur la quatrième quand même) la Survie est une suite directe des Meurtres, il n’est donc pas question de la lire sans avoir au préalable découvert les Meurtres.

Pourquoi ce n’est pas un coup de coeur (mais que c’est bien quand même) ?
Tout simplement parce que la surprise n’est plus là. Ce que j’ai trouvé brillant dans les Meurtres, c’est le choix narratif et le twist final qui donnait au texte toute une dimension psychologique solide. En novice de la collection et n’ayant jamais lu quelque chose de semblable, ça m’avait laissée « sur le cul » avec un sourire béat aux lèvres. Ici, à mon goût, la Survie se dote d’une construction plus classique et fait office de transition vers un troisième tome plus qu’autre chose. Tade Thompson choisit de se concentrer sur l’action, sur le rythme et cela fonctionne : le lecteur ne s’ennuie pas, les pages se tournent toutes seules mais j’ai quand même eu un goût de trop peu. Je pense avoir placé trop haut la barre de mes attentes, ce qui ne m’empêchera pas de lire la suite !

La conclusion de l’ombre :
Contrairement aux Meurtres de Molly Southbourne, la Survie de Molly Southbourne est -selon moi- un texte moins psychologique et davantage orienté sur l’action, le présent et la fuite pour la survie comme l’indique son titre. Tade Thompson développe efficacement son world-building en mettant en doute tout ce que le lecteur pensait savoir jusqu’ici. Si la surprise et l’effet « wahou » du premier opus n’a pas été au rendez-vous, j’ai tout de même passé un très bon moment avec cette novella donc je lirai évidemment la suite.

D’autres avis : Le culte d’Apophis, JustAWord, Le syndrome Quickson, Les chroniques du chroniqueur, Au pays des Cave Trolls, La bibliothèque d’Aelinel, Les lectures du Maki, Boudicca, L’épaule d’Orion, Nevertwhere, Xapur, vous ?

 

#TAG – mes 9 incontournables (récents) en SFFF

incontournablesSFFF
Tout a commencé un jour d’été…
Enfin, plus ou moins. Tout a commencé par une prise de conscience de Nevertwhere. Souvent, au début des périodes type « vacances » on voit fleurir bon nombre de listes, des conseils sur les romans incontournables… Mais si, tu la connais, cette liste où on te dit que tu dois lire Tolkien et Asimov et Martin et machin et ainsi de suite des fois que tu vives dans une grotte et que tu n’aies jamais entendu parler des classiques SFFF. Sauf que, spoiler alert, il existe d’excellents romans récents qu’on peut également classer parmi les incontournables de la SFFF. Par récent, on entend tout ce qui a été publié au 21e siècle donc après 2000. La date de publication en VO fait foi mais j’ai noté celle en VF parce que bah… Je lis en français donc voilà. J’ai vérifié quand même, les neuf titres respectent la règle !

Comme plusieurs blogpotes, je réponds donc présente à cet appel et je génère ma propre liste qui compte neuf romans. Croyez moi, ça n’a pas été simple de les choisir… J’ai fixé ma bibliothèque en me demandant pourquoi ce roman-là plutôt que celui d’à côté, raison pour laquelle je publie trois plombes après tout le monde. J’ai finalement opté pour des textes qui -selon moi- sont innovants, différents, qui apportent vraiment quelque chose au genre qu’ils représentent pour une raison ou une autre que je vais évidemment détailler au lieu de « juste » prendre les romans que j’ai aimé lire. Si vous cliquez sur le titre, vous retrouverez chaque fois le lien de ma chronique complète qui vous apportera un complément non négligeable d’informations.

Je songe d’ailleurs à adapter ce tag pour les mangas dans un futur plus ou moins proche mais on aura l’occasion d’en reparler. N’hésitez pas à me donner votre avis sur cette idée !

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Terra Ignota #1 Trop semblable à l’éclair – Ada Palmer (Le Bélial en 2016)
Immense surprise que de trouver ce roman dans cette liste, n’est-ce pas (non.) ? À ce jour il compte parmi les plus grosses claques littéraires que j’ai pu prendre dans ma vie et je vous détaille pour quelle raison dans ma chronique. Ce roman n’est pas accessible à tous, je pense qu’il est nécessaire de préparer en amont sa lecture pour en profiter correctement toutefois c’est très clairement un énorme chef-d’œuvre incontournable.

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Les poisons de Katharz – Audrey Alwett (ActuSF en 2016)
Un one-shot brillant bourré d’humour noir qui prend place dans un univers medieval fantasy. L’autrice prend le contrepied des codes du genre et s’éclate avec, ça se sent. Tout est parfait dans ce texte, ça a été un coup de coeur magistral que je recommande à ceux qui d’une part aiment ce genre mais aussi qui ont une petite affinité avec la parodie à la Pratchett / Lang.

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Je suis ton ombre – Morgane Caussarieu (Mnémos – 2014)
Grosse surprise aussi pour celui-là, pas vrai (non, encore.) ? Si vous trainez un peu sur le blog, vous savez à quel point je vénère Morgane Caussarieu en tant qu’autrice. Pour moi, elle est la reine du genre vampirique et elle atteint sa quintessence dans ce roman aussi cruel que décadent. Un must read.

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Redshirts – John Scalzi (L’atalante – 2013)
Il s’agit du premier Scalzi que j’ai lu et je garde une affection toute particulière pour lui parce que ça a été une grosse claque ainsi que la découverte d’un de mes auteurs devenu préféré. Dans Redshirts, on se retrouve dans un univers qui rappelle les séries à la Star Trek où les personnages sans grade ont tendance à mourir alors que leurs supérieurs survivent toujours. Étrange… On va donc suivre l’un de ces sans grade qui va essayer de comprendre pourquoi les siens meurent et comment y échapper. C’est aussi drôle qu’intelligent, un équilibre parfait comme seul Scalzi peut en trouver. Franchement, si vous ne devez en lire qu’un seul dans votre vie, choisissez celui-ci.

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Royaume de vent et de colères – Jean-Laurent Del Socorro (ActuSF – 2018)
J’ai lu ce texte récemment et je l’ai trouvé parfait. Certes il s’agit davantage d’un roman historique avec une pointe de magie toutefois il appartient au genre SFFF et mérite d’être lu. Avec Fabien Cerutti, je trouve que cet auteur fait autorité dans le genre historico-magique (bien que les deux soient très différents dans leur approche) et moi qui adore l’Histoire, forcément… Pour ne rien gâcher, Jean-Laurent Del Socorro maîtrise très bien la psychologie de ses personnages et ce à un remarquable degré. N’hésitez pas ! J’ai opté pour ce roman parce que c’est celui que j’ai préféré dans la bibliographie de l’auteur mais sachez que chacun de ses textes est tout à fait recommandable.

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La fille qui tressait les nuages – Céline Chevet (Chat Noir – 2018)
Proposer un roman surréaliste en 2018, fallait déjà l’oser. Le placer au Japon ? Encore plus. Pourtant, ce texte n’arrête pas de surprendre, de vivre, de décrocher des prix aussi. Je le comprends aisément. Tout qui possède une petite sensibilité avec la culture et l’ambiance nippone ne peut qu’adhérer à ce thriller fantastique maîtrisé de bout en bout et porteur d’une délicieuse touche de cruauté. Franchement ça a été une énorme claque pour moi et la découverte d’une autrice talentueuse à suivre assurément.

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L’homme qui mit fin à l’histoire – Ken Liu (Le Bélial – 2016)
Cette novella reste à ce jour et selon moi le meilleur UHL publié par le Bélial. En une centaine de pages et avec une narration originale sous forme de documentaire, Ken Liu interroge, révèle, dérange avec une maîtrise stupéfiante. J’ai rarement lu un texte qui m’a autant fait me questionner. En plus, on est dans la SF, oui, mais avec un fort bagage historique sur des évènements de la seconde guerre mondiale qu’on connaît assez peu.

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Le Bâtard de Kosigan – Fabien Cerutti (Mnémos – 2014)
Outre le fait qu’il s’agit du premier Mnémos que j’ai lu dans ma vie -ce qui lui donne une saveur particulière- je trouve cette saga incontournable dans le paysage de la fantasy moderne, même s’il s’agit de fantasy historique. Fabien Cerutti est passionné par l’Histoire avec un grand H et s’amuse à exploiter ses failles en proposant un folklore et un concept vraiment novateur. Et si les légendes avaient existé ? Et si quelqu’un avait effacé leur présence des archives humaines? Et si…
Outre un solide background, l’auteur créé aussi des personnages intéressants et une intrigue où on ne s’ennuie jamais.

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Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye (Critic – 2017)
Je ne vais pas dire que je gardais le meilleur pour la fin… Mais pas loin. Pour moi Estelle Faye est à la tête d’une nouvelle vague en fantasy francophone qui met l’accent sur la représentation et la diversité dans ses textes, sans sacrifier à son intrigue et sans tomber dans le manichéisme. L’univers de Bohen est passionnant et on y est vite accro grâce à ses personnages riches. Il existe une suite, les Révoltés de Bohen, que je trouve encore meilleure (c’est dire !) donc je recommande bien entendu la lecture de l’ensemble.

Comme je l’ai signalé au début de ce billet, la liste a été difficile à établir pour moi et c’est en lisant celle des blogpotes que d’autres idées me sont venues. Je vous invite donc à vraiment découvrir chacune des listes ci-dessous afin de vous en inspirer au maximum pour vos prochaines lectures 🙂

D’autres listes : LorkhanLes notes d’AnouchkaChut… Maman lit !l’ours incultele chien critiqueL’épaule d’OrionAu pays des cave trollsLa bibliothèque d’AelinelLes chroniques d’AcherontiaXapur – Lianne de livres en livres (fantasySF) – vous ?

Vous aussi, fournissez votre propre liste et partagez la avec le #incontournablesSFFF !

BML #23 – mai 2020

Bonjour à tous !
Ce premier jour de juin sonne l’heure du bilan sur le blog. Mai a été un mois un peu compliqué, assez long et pourtant je n’ai pas lu énormément. On aurait pu penser le contraire avec la réouverture des librairies et la reprise des sorties littéraires… Voyons un peu de quoi il en retourne précisément.

Côté romans :

Trop semblable à l’éclair – Ada Palmer (Le Bélial – ♥)
Nixi Turner contre les croquemitaines #4 – Fabien Clavel (Chat Noir)
Tu es belle Apolline – Marianne Stern (Chat Noir)
Le Prieuré de l’oranger – Samantha Shannon (De Saxus)
Rive Gauche – Pierre Bordage (L’Atalante – SP)
Rouge – Pascaline Nolot (Gulfstream – chronique à venir)

Six romans lus donc ce qui est beaucoup moins que d’habitude ! J’ai pris mon temps et je me suis consacrée à des pavés sans me mettre la pression en profitant justement de lire chez moi pour ne pas avoir à transporter ces romans dans mon sac. J’ai excellemment bien commencé le mois avec une découverte extraordinaire, un énorme coup de cœur : Ada Palmer ! On en reparlera à l’occasion puisque j’ai la suite dans ma PàL et qu’elle n’y restera pas longtemps :3

Côté mangas :

Black Butler #12 -> #14
La malédiction de Loki #4
Noragami #5 -> #11
Otaku Otaku #2 & #3
Reine d’Égypte #7
Twittering bird never fly #6
Chobits #1

J’avais envie de lire du manga d’autant que ma librairie a rouvert, ce qui m’a permis de continuer de très bonnes séries comme Noragami ou Otaku Otaku ! J’ai aussi pu lire Reine d’Égypte en nouveauté et tant mieux parce que ça me manquait o/ Au contraire de Twittering Bird qui m’a laissé un sentiment mitigé puisque je ne me rappelais de rien ou presque vu le laps de temps entre les sorties et l’absence de résumé au début du tome. Dommage… Je ne suis pas certaine de poursuivre du coup. Quant à Chobits, je connaissais l’animé et je suis ravie de me lancer dans le manga version papier qui apporte une toute autre ambiance. On reparlera de ce titre dans le prochain « à l’ombre du Japon ». Je pense aussi consacrer un article à Noragami de manière plus large pour expliquer ce qui me plait dans ce manga.
Cela me fait un total de 16 tomes lus.

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Outre le 3e anniversaire du blog j’ai surtout envie de retenir la réouverture de Kazabulles. Je me suis rendue compte durant le confinement à quel point me rendre jusqu’à ma librairie préférée me manquait. Mes libraires sont devenus des amis au fil du temps et ne plus pouvoir me poser au comptoir pendant une heure pour discuter de tout et de rien m’a pesé. Je suis contente que ce soit (pour le moment) derrière nous ! Je m’y suis déjà rendue à deux reprises et je me tempère en m’imposant maximum une fois par semaine, histoire de ne pas encombrer inutilement ni les rues ni la librairie.

Et voilà le bilan est déjà terminé 🙂
Et vous, ça raconte quoi?

Terra Ignota #1 Trop semblable à l’éclair – Ada Palmer

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Trop semblable à l’éclair
est le premier tome de la saga Terra Ignota écrite par l’autrice américaine Ada Palmer. Publié au Bélial, vous trouverez ce roman au prix de 24.9 euros partout en librairie et sur le site de l’éditeur où je vous encourage à le commander directement.

Un avant-propos nécessaire.
Avant de vous parler de ce roman, je dois vous confesser que j’avais très peur de le commencer. Comme j’ai pu souvent le lire sur les réseaux, je ne suis pas la seule à ressentir cela donc cette petite introduction me semble adaptée et utile pour ceux qui persistent dans l’hésitation quant à ce titre. J’étais effrayée par les chroniques à son sujet, par son apparente complexité / richesse. Je n’étais pas sûre d’avoir les clés ou les capacités pour vraiment le saisir, si bien que j’ai sans cesse repoussé le moment de me lancer. S’il n’y avait pas eu les promotions du confinement pour l’acheter en numérique à petit prix, je crois que j’attendrais encore. Quelle erreur, mais quelle erreur !

J’ai terminé ce roman comme anesthésiée, groggy, sans trop savoir ce que je venais de lire mais avec une certitude : c’était une expérience incroyable, une claque littéraire presque indescriptible. Et si j’ai pu aussi bien en profiter, c’est grâce aux retours que j’ai pu lire au préalable. Aussi je voulais remercier FeydRautha, Les lectures du Maki, Célindanaé, Anouchka, Laird Fumble, L’Ours Inculte ainsi que les Chroniques du Chroniqueur qui ont tous su à leur manière me préparer à ce roman. Si vous craignez vous aussi de vous lancer, je vous recommande de prendre un peu de temps pour lire chacun de ces retours, tous différents, afin de pouvoir juger si oui ou non la saga Terra Ignota est fait pour vous. Ils mettent chacun en avant un pan du roman en formant une grande toile qui permet de s’initier aux différentes facettes de cette œuvre si riche sans pour autant gâcher la surprise car rien ne prépare à 100% au contenu de ce chef-d’œuvre (ça y est je l’ai dit).

Aussi, sachez-le, ma chronique n’a pas pour ambition d’analyser le roman dans ses moindres détails. On pourrait sans peine lui dédier un mémoire entier. Ce que je veux ici, c’est vous parler des éléments les plus marquants selon ma propre sensibilité, en espérant vous donner envie à vous aussi de le lire. À l’heure où j’écris ces lignes, je viens de précommander la suite -en papier cette fois- parce que je ressens un besoin impérieux de connaître le fin mot de cette histoire. Puis je veux posséder ces romans dans ma bibliothèque.

De quoi ça parle ?
2454, dans une société où les gens se répartissent dans des Ruches en fonction de leur affinité, tout semble aller pour le mieux, tout semble même proche de l’utopie. Pourtant, Mycroft Canner, Servant condamné pour avoir commis des crimes atroces, protège un secret qui pourrait bien ébranler l’équilibre fragile qui apporte paix et bonheur en ce monde. Ce secret, c’est Bridger, un enfant aux pouvoirs presque divins qui attire les convoitises de ceux qui découvrent son existence. Dans cette société qui a banni Dieu, banni les cultes, comment accepter l’existence d’un enfant comme lui?

De la science-fiction à la sauce « Lumières ».
Via mes études et par passion personnelle, j’ai toujours été très attirée par l’histoire littéraire dans son ensemble et plus particulièrement les 18 et 19e siècle qui me fascinent pour les profonds changements qu’ils apportent. Je pense que c’est l’une des raisons majeures qui font que j’ai adoré ce roman très référencé à des auteurs auxquels je suis sensible comme Diderot ou Sade. Trop semblable à l’éclair propose de se questionner sur de nombreuses thématiques : le genre, le choix de sa propre citoyenneté, le développement de ses croyances personnelles, pour ne citer que ces exemples. Dans un roman moderne, j’ai du mal à apprécier les apartés philosophiques mais ici, Ada Palmer s’en sort tellement bien pour les incorporer à son texte, à son action, que ça passe tout seul. En fait, le texte pourrait presque venir du 18e siècle s’il n’appartenait pas à la science-fiction avec tout ce que cela implique.

L’autrice ne se contente d’ailleurs pas de bêtement (si j’ose dire !) philosopher. Elle multiplie les expériences formelles en enchaînant différents styles d’écriture avec pourtant le même narrateur (à l’exception de deux ou trois passages qui sont des notes venues d’un enquêteur). Aussi au beau milieu d’une scène décrite de manière classique, vous allez voir apparaître des dialogues comme au théâtre, les didascalies en moins. Moi qui adore les échanges verbaux, j’ai immédiatement été séduite toutefois j’ai lu plus d’une fois que ça avait dérangé certains lecteurs.

Une science-fiction différente, une mise en avant de la représentation.
J’essaie de m’initier de plus en plus à la SF car c’est un genre qui me fascine et que j’aime beaucoup découvrir. Je l’avoue, je reste novice, surtout au regard de certains blogueurs de haute volée dont je lis régulièrement les retours. Dans ce genre, je me suis trouvée une passion pour la SF militaire et je n’avais pas vraiment réfléchi, avant de lire Trop semblable à l’éclair, que comme dans beaucoup d’ouvrages littéraires (de l’imaginaire ou non)… On y trouve une domination blanche assez marquée. Blanche et masculine, bien entendu. Dans ce roman, Ada Palmer inverse totalement la tendance pour proposer, selon ses propres mots « un monde multiracial et international ». Et elle ne jette pas de la poudre aux yeux, il l’est vraiment. En partie inspiré du passé, il se divise en 7 Ruches, chacune dévouée à un domaine. Dans ces Ruches, on trouve des bashs, qui sont des espèces de famille que l’on choisit d’intégrer ou non en fonction des affinités. Parfois il y a un lien génétique, parfois non. Il est possible de vivre en dehors d’une Ruche, de choisir à quel système de loi / de protection on obéit, de consulter un conseiller philosophique appelé sensayer, formé à toutes les religions et les types de pensées du monde. C’est très complet, bien construit, on n’a aucun mal à y croire. De plus, grâce à un système de voitures, on peut parcourir le globe assez rapidement et donc suivre Mycroft entre les différentes Ruches : en Asie, en Europe, en Amérique du Sud aussi, où il se trouve souvent. Les personnages que l’on croise appartiennent à des ethnies et des cultures qu’on ne croise pas régulièrement et c’est très plaisant.

J’ai évoqué l’aspect « blanc », parlons maintenant de l’aspect « homme ». Des hommes, créatures de sexe masculin, il y en a. Ainsi que des femmes. Mais dans cette société qui se veut évoluée, on a abandonné les genres en préférant un pronom neutre « on » ou « ons » au pluriel. Cela surprend au début toutefois on s’y habitue rapidement, d’autant que c’est prétexte à une belle réflexion sur le conditionnement des genres dans nos propres sociétés. D’ailleurs, Mycroft ne s’y plie pas toujours et s’amuse à nous perdre en qualifiant un personnage qu’on pensait masculin avec du elle et vice versa.

Mycroft Canner, la narration en « je » 2.0
Le récit est écrit à la première personne par la main même de Mycroft Canner, un narrateur peu ordinaire. Il raconte l’histoire qui nous occupe a posteriori en parlant de manière directe à son lecteur (pour rester dans les habitudes des Lumières j’imagine auxquels il se référence souvent). Ce lecteur, il l’imagine appartenir à une société totalement différente de la sienne. J’aime lorsqu’on joue avec le quatrième mur et ça fonctionne bien avec les choix narratifs d’Ada Palmer. Je me suis donc régalée ! J’ai toutefois conscience que ça dérange certains lecteurs donc faites attention parce que ça ne se résume pas à une intervention ou deux. Mycroft nous transforme en lecteur actif, nous posant souvent des questions et nous invitant à réfléchir par nous-même sur les questions qu’il se pose, que posent les situations décrites.

Je vous l’ai dit, Mycroft n’a rien d’ordinaire. Pendant les deux tiers du roman, on sait peu de choses à son sujet. On apprend qu’il appartient à la classe des Servants ce qui signifie qu’il a commis un crime et qu’il sert la société pour se racheter. Plus on avance et plus on comprend que le crime en question est horrible et a marqué son époque. Quand la révélation arrive enfin… Je suis restée sidérée et j’ai eu besoin de quelques minutes pour réorganiser mes pensées. Quoi, cet homme si érudit, presque sympathique, qui nous raconte l’histoire depuis le départ… Il a vraiment fait ça ? Selon moi, la maîtrise psychologique dont fait preuve l’autrice sur ses personnages au sens large et Mycroft en particulier est époustouflante. Je n’avais plus rien lu de tel depuis très longtemps et ça a achevé de me convaincre de son génie. J’étais agrippée à ce texte, avide d’en savoir plus, avide de comprendre où il essaie de nous mener. Imaginez que ce mastodonte de plus de 600 pages raconte seulement les évènements de trois jours ! Pourtant, je n’ai pas senti le temps passer. En partie parce que, comme je l’ai dit, Mycroft passe son temps à jouer avec le lecteur, à  le perdre aussi. Je n’avais jamais connu cela auparavant, je signe n’importe quand pour renouveler l’expérience.

La conclusion de l’ombre :
Trop semblable à l’éclair est un premier tome et un premier roman qu’on peut qualifier de chef-d’œuvre. Très imprégné de la philosophie du 18e siècle, le texte est porté par un narrateur époustouflant à la psychologie soignée qui nous raconte a posteriori des évènements graves qui ont eu lieu à son époque et qui ont probablement causé la chute de cette société qui frôle l’utopie. J’ai dévoré ce premier tome et précommandé le second dans la foulée tant j’ai été convaincue, tant j’ai été emballée. Sans hésiter, je qualifie ce roman de coup de cœur et je le recommande très chaudement. Attention toutefois, à mon sens, sa lecture demande un peu de préparation préalable pour l’apprécier dans son ensemble.

Les découvertes de l’ombre #14

Bonjour à tous, lecteurs confinés !
J’espère que vous lisez cet article en étant en bonne santé et que vous ne vivez pas trop mal cette situation. De mon côté après une panne de lecture, je me suis remise en selle et j’ai découvert quelques romans sympathiques sur la blogosphère. Je me devais donc de vous en faire profiter histoire que vous puissiez préparer une petite liste de romans à acheter après le confinement 😉

En quelques mots, je vous rappelle le concept: Au quotidien, je suis beaucoup de chroniqueurs (vive l’application WordPress !) qui me font découvrir des livres intéressants. Ces livres, je me les note toujours sur le bloc-note de mon téléphone (merci à toi qui remplace le post-it que je perdais tout le temps). Puis je me suis dit… Bon sang que tu es égoïste ! Fais donc partager tes découvertes au monde entier, mets en danger les comptes en banque et les PàL qui menacent déjà de s’écrouler !

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Blog : Ma Lecturothèque
J’ai d’abord été intriguée par le titre de cet ouvrage et sa couverture. Puis j’ai découvert un roman surprenant qui semble rassembler des ingrédients qui me plaisent : de l’action, de l’humour, des flingues, de la magie… des héroïnes lesbiennes, trans… Même des vampires ! J’étais scotchée qu’on puisse rassembler autant d’éléments dans un texte et susciter un tel enthousiasme. Je n’ai pas encore lu de romans de cette autrice mais je compte bien me lancer sous peu.

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Blog : Le Culte d’Apophis
C’est en discutant dans les commentaires sur une chronique (le jeu de la Trame) que le Grand Serpent m’a conseillé cette saga. En gros, elle réussit là où le Jeu de la Trame a échoué et est une référence en matière de fantasy japonisante. J’ai même pas été lire le résumé ni rien, je l’ai mis direct dans ma wishlist de sortie de confinement. J’accorde trop de confiance à ce serpent. Bon j’avoue, en préparant cet article, j’ai quand même été lire sa chronique 😉

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Blog : Ma Lecturothèque
Il y a cinq ans, juste après avoir fêté mes treize ans, j’ai tué ma meilleure amie.
WHAT. THE. FUCK. Voilà ce que je me suis dit en lisant la 4e de couverture au début de l’article de Ma Lecturothèque. Puis j’ai appris que les trois filles lisaient, écrivaient de la fanfiction… Je n’ai pas eu besoin de davantage pour avoir très envie de lire ce roman. Ce sont des thématiques qu’on n’aborde pas si souvent donc c’est l’occasion.

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Blog : L’Apprenti Otaku
L’ami Otaku a encore frappé ! J’avais déjà entendu parler de ce manga sur un autre blog (celui du Chroniqueur si je ne me trompe pas) mais je n’étais pas plus tentée que ça. J’ai eu besoin de la lecture de cette chronique pour me laisser séduire. D’autant que les trois premiers tomes étaient offerts en numérique pour le confinement ! Je les ai donc téléchargés et nous verrons ce que ça donne. J’ai également découvert à cette occasion que je pouvais lire des mangas sur ma liseuse. Comme quoi ! (oui après coup ça paraît évident mais je suis un peu quiche parfois.)

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Blog : Mutin Lutin (Albdo!)
J’ai lu début d’année un roman de Poul Anderson qui m’avait vraiment enthousiasmée. Il y a quelques jours, l’amie Lutin a publié une chronique sur une nouvelle de Poul Anderson où elle remarquait une certaine similitude d’ambiance avec l’épée brisée. En plus, cette nouvelle est publiée au Bélial et a reçu de nombreux prix… Comme je suis toujours en recherche de lectures pour le Projet Maki, impossible de passer à côté.

Et voilà c’est déjà terminé pour cette fois ! Nous sommes donc à une tentation pour le Chroniqueur, Célinedanae, FungiLumini, l’ours inculte, les livres de roses, my dear ema, l’Apprenti Otaku, Lutin et songes d’une walkyrie. Ma Lecturothèque se démarque déjà avec deux tentations d’un coup ! Toutefois, nous comptabilisons quatre tentations pour le Grand Serpent qui maintient son avance. Mais qui pourra le détrôner ?

Et vous, vous avez découvert quelque chose d’intéressant récemment? 🙂

L’homme qui mit fin à l’histoire – Ken Liu

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L’homme qui mit fin à l’histoire
est une novella écrite par l’auteur sino-américain Ken Liu. Édité par le Bélial dans sa collection Une Heure Lumière, vous trouverez ce texte au prix de 8.9 euros.
Cette lecture se fait dans le cadre conjoint du Projet Maki et du Défi Cortex !

Akemi Kirino a découvert et exploité des particules subatomiques (Bohm Kirino) qui ont la particularité d’aller par paire. Quand une s’éloigne de la Terre, l’autre y reste et la distance qui existe entre les deux permet à celle qui s’éloigne de garder des images du passé qui peuvent être lues grâce à un appareil technologique qu’elle aide à mettre au point. Dans un futur proche, c’est l’occasion pour elle et son époux de révéler des horreurs méconnues de l’Histoire dont les ravagés causés par l’Unité 731 entre 1936 et 1945 dans la province chinoise de Mandchoukouo.

Vous craignez que le postulat de base soit trop compliqué à comprendre ? Aucune inquiétude. En deux pages, Ken Liu vous exposer le concept de manière claire, que vous ayez ou non un esprit scientifique. ne vous laissez pas rebuter par ça parce que …Attention, ceci est une alerte au coup de cœur !
Je ne m’attendais pas à dévorer ce texte avec autant de passion. Impossible de refermer cet ouvrage d’une centaine de pages avant d’arriver à sa conclusion. Si j’avais été sceptique face au génie proclamé par tous de Ken Liu après ma lecture de sa nouvelle le Regard, force est de constater que je comprends désormais bien mieux l’enthousiasme autour de cet auteur.

L’homme qui mit fin à l’histoire se veut déjà remarquable par sa construction. Ken Liu écrit son texte sous la forme d’un documentaire. Il compile des témoignages de différents protagonistes liés à cette sombre affaire, des témoins, des chercheurs, des spécialistes, d’anciens soldats mais aussi des gens du commun qui donnent leur avis. Chaque « chapitre » compte du coup au maximum quelques pages seulement et ça rend le cheminement très dynamique.

On pourrait croire que ce mode narratif sacrifie l’empathie que l’on va éprouver pour les personnages mais ce serait une erreur, surtout en ce qui concerne les principaux concernés : Akemi Kirino et Evan Wei, son mari, historien de profession. L’une des d’origine japonaise, l’autre chinoise et ils vivent tous les deux aux États-Unis où ils se sont rencontrés. Ils représentent donc en quelque sorte les deux parties du conflit puisque la fameuse Unité 731 a été créée par le Japon aux alentours de 1932 et a utilisé des prisonniers chinois pour mener des expériences dans le but de développer des armes bactériologiques mais aussi de faire avancer la médecine. Quand j’ai commencé ma lecture, je pensais qu’il s’agissait d’une fiction puis j’ai commencé à douter. Une petite voix me soufflait : et si… Une recherche sur Internet plus tard m’a appris que j’étais complètement ignorante d’un pan entier de l’Histoire et ça m’a secouée. Qu’on se comprenne, je n’ai pas la prétention d’être au courant de tout ce qui se passe ou s’est passé dans le monde mais quand on étudie la seconde guerre mondiale en Europe, personne n’aborde jamais ce qui a eu lieu en Asie à la même époque. Ou, en tout cas, pas dans les écoles ou les universités que j’ai pu fréquenter. Comment est-ce seulement possible ? Franchement, ça me révolte.

Évidemment, la manière dont se présente le récit est romancée. Evan Wei ne peut envoyer qu’un témoin à un moment précis de l’Histoire avant que celle-ci ne s’efface. En tant que lecteur, on découvre notamment le témoignage de Lillian, qui a cherché à savoir ce qui est arrivé à sa tante, enlevée pour devenir un sujet d’expérience. Lillian raconte dans le détail ce qu’elle a vu, avec toute l’horreur que ça nous inspire. Il est plus que probable que l’auteur se soit basé sur des faits réels et des témoignages mais n’étant pas du tout spécialiste de cette période, je ne peux rien confirmer ni infirmer.

La manière dont ces voyages se déroulent pose énormément de questions d’ordre éthique et philosophique. En effet, envoyer des représentants des familles des victimes signifie que les chercheurs vont peut-être les aider dans leur processus de deuil mais que l’Histoire sera totalement effacée, impossible à observer pour un historien de profession. Ça pose d’autant plus problème puisque les Japonais ont brûlé tout ce qui concerne cette Unité 731. Les preuves sont très maigres, quand on en a… S’affrontent ici l’humanité, l’empathie, et la froide logique institutionello-académique. Ken Liu ne se positionne pour autant pas en donneur de leçon. Il laisse la parole à des personnages qui représentent des points de vue et des convictions différentes, ce qui permet au lecteur de réfléchir et de se forger sa propre opinion. J’ai vraiment adoré ce parti-pris de l’auteur.

Cette opinion, le lecteur ne manquera pas de la développer non seulement sur la manière dont il est bon de gérer une telle technologie mais aussi sur le paysage politique contemporain. Ken Liu nous parle de la Chine telle qu’on ne nous la présente jamais dans le monde occidental, braqué sur le fait qu’elle existe sous un régime totalitaire. Je ne veux pas dire que je soutiens cette façon de gouverner mais dans l’homme qui mit fin à l’histoire, la façon dont le Japon et les autres pays du monde réagissent au drame de l’Unité 731 est assez révélateur d’un problème de partialité sévère.

Honnêtement, je pourrais parler des heures de cette novella tant elle m’a prise aux tripes. C’est un bijou, un chef-d’œuvre que j’ai envie de relire encore et encore. Je n’ai plus été aussi emballée pour un texte depuis longtemps et c’est un soulagement de l’avoir découvert. Merci au Bélial pour avoir édité et traduit ce texte ♥

Pour résumer, l’homme qui mit fin à l’histoire est un énorme coup de cœur. Cette novella écrite par Ken Liu est remarquable tant sur sa forme (un documentaire !) que sur le fond qui s’interroge sur le devoir de mémoire et instruit le lecteur occidental sur des évènements dont il n’avait probablement jamais entendu parler. C’est un texte à découvrir absolument et qui ne vous laissera pas indifférent. LISEZ-LE D’URGENCE !

Les sorties de l’ombre #2 – février 2020

Bonjour à tous !
Il faudrait vraiment que j’arrête de sortir les articles pour les nouveautés littéraires à la moitié du mois concerné… Heureusement pour mars, ça va être différent puisque je vais le programmer pour le premier jour de la Foire du Livre de Bruxelles histoire que vous sachiez sur quoi craquer :3 Et le meilleur c’est que ça vaut aussi pour ceux qui iront à Paris deux semaines après. Breeeeeef avant ces grands évènements, concentrons-nous sur février qui réserve son lot de surprises sympathiques.

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Mnémos ouvre le bal avec sa pépite de l’imaginaire 2020 intitulée les Chevaliers du Tintamarre. Celle de l’année dernière (coucou Chevauche-Brumes) avait été un franc succès et vu le pitch de celle-ci, je n’ai aucun doute qu’elle suite le même chemin. Je me consume littéralement d’impatience à la perspective de découvrir les aventures de ces trois soudards. J’adore les anti-héros ! Espérons que ceux-ci seront à la hauteur.

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On continue nos découvertes de février avec Critic qui propose le nouveau roman d’Emmanuel Chastellière. Mais si, vous le connaissez… L’Empire du Léopard? Célestopol? Un auteur aux multiples talents dont j’aime beaucoup les écrits. La piste des cendres est présenté comme une sorte de western, dans le même univers que l’Empire du Léopard auquel j’avais totalement adhéré. J’ai hâte de me lancer.

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Premier UHL de l’année chez le Bélial, forcément… Je ne suis pourtant pas une adepte des voyages temporels et affiliés (quand je lis le résumé j’ai le sentiment que ça va en parler mais je me trompe peut-être ?) ou même de la romance, sans parler de la seconde guerre mondiale… Du coup, pourquoi j’ai envie de le lire? Déjà, l’attrait de la collection. La confiance que je place en l’éditeur. Mais aussi le pitch de base qui m’évoque surtout une forme de poésie et la thématique qui semble aborder la littérature sous sa forme épistolaire. Nous verrons si j’ai été bien inspirée ou pas !

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Il s’agit d’une réédition en version poche chez ActuSF d’un roman édité en 2018. J’en ai lu plusieurs critiques assez élogieuses à l’époque (au point de m’en rappeler deux ans plus tard, imaginez…) et j’aime bien l’idée d’un personnage non-humain désabusé et vieux. J’ai hâte de le découvrir !

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Peut-on dire qu’on garde le meilleur pour la fin ? La réputation de Scalzi n’est plus à faire et mon amour pour ses romans ne doit plus vous surprendre si vous êtes des habitués du blog. J’avais lu ce titre à sa sortie l’année dernière chez l’Atalante et j’attendais la suite (que voici) avec impatience. Ouf, attente terminée ! Pour rappel, ma chronique du premier tome se trouve ici.

De manière exceptionnelle, je vous propose un petit bonus…
couva5site
En effet, la campagne de financement du Projet Sillex pour le roman Rocaille de Pauline Sidre touchera à sa fin le 22 février. Il vous reste donc encore un peu de temps pour participer et découvrir ce titre ultra prometteur. Perso, j’ai déjà craqué ! J’espère que vous m’imiterez pour que ce roman puisse voir le jour 🙂 Le pitch est démentiel et les premières critiques vraiment prometteuses.

Et voilà, nous sommes déjà au bout des sorties qui m’intéressent et que je compte ajouter à ma PàL de manière certaine. Le temps passe vite quand on s’amuse ! On se retrouve bientôt (le 5 mars très précisément, allez peut-être le 4, suspens) pour un nouvel épisode des sorties de l’ombre, numéro spécial FLB.

Et vous, sur quoi allez vous craquer en février ?