Eriophora – Peter Watts

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Eriophora
est un roman de science-fiction écrit par l’auteur canadien Peter Watts. Publié par Le Bélial, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 18,9 euros.

De quoi ça parle ?
Trente mille personnes voyagent depuis des millions d’années à bord du vaisseau (organique ?) Eriophora. Leur job ? Assister l’IA de bord dans la création de divers portails à travers l’espace. Mais la mission ne semble pas avoir de date de fin…

Si vous me suivez sur Twitter, vous avez peut-être lu mon court tweet plein d’autodérision qui se désespérait un peu de n’avoir pas tout compris à ce roman. Pourquoi donc le chroniquer, demanderez-vous à juste titre ? Déjà parce que j’ai quand même compris ce que je pense être l’aspect humain d’Eriophora mais aussi parce qu’il me semble important de parler de textes de ce genre à des lecteurs qui, comme moi, sont novices en (hard?) science-fiction et essaient de s’y mettre. Si je me suis lancée sur celui-ci plutôt que sur un autre c’est parce que certains blogpotes ont qualifié ce roman de « light hard sf », sous entendu : davantage accessible. Après quelques discussions, je comprends qu’ils voulaient dire « plus accessible par rapport au reste de la bibliographie de l’auteur » et non au sein du genre en lui-même. Bref, je pense qu’on ne partage pas tous la même échelle d’accessibilité et ça me parait important de le rappeler, de nuancer aussi ce qui a pu être écrit chez des personnes bien plus calées que moi dans le domaine. Je compte donc sur votre indulgence à la lecture de ce billet qui n’a certainement pas pour ambition de déprécier le texte de Peter Watts ni la maison d’édition, au contraire. Je souhaite simplement partager ma petite aventure de novice avec ce roman.

J’en profite d’ailleurs pour vous conseiller la lecture du guide d’Apophis pour débuter en hard-sf si, comme moi, vous avez envie de vous pencher sur ce genre sans savoir par quel bout le prendre !

Je dois également préciser qu’une partie de mon incompréhension vient (peut-être ?) du fait que ce texte s’inscrit dans la continuité de trois nouvelles publiées dans un recueil du Bélial (Au-delà du gouffre). Il s’agit, si j’ai bien saisi, du même univers. Ces nouvelles apportent (peut-être ?) un éclairage autre ou des notions importantes pour comprendre l’aspect plus scientifique du texte. Toutefois, ce n’est précisé nulle part. 

Light hard sf pas si light que ça…
Si j’ai bien saisi le côté humain du roman et de l’intrigue sur lequel je vais revenir plus bas, je dois avouer m’être complètement perdue dans l’aspect technologique et dans les réalisations scientifiques expliquées au sein d’Eriophora. Comme je ne comprenais pas ces éléments, j’avais du mal à me plonger dans le texte puisque je passais trop de temps à m’interroger sur le pourquoi du comment. Ce n’est qu’en laissant totalement tomber cet aspect que j’ai pu me concentrer sur Sunday et ce à quoi elle était confrontée. Je vais évoquer ces aspects hard-sf dans les paragraphes suivants pour vous dresser un bref panorama de l’ensemble.

Le vaisseau Eriophora a quitté la Terre il y a plusieurs millions d’années avec trente mille personnes à son bord et une mission : créer des portails pour, si j’ai bien compris, permettre à l’humanité d’ensuite voyager au travers. D’emblée, la narratrice (prénommée Sunday) explique que les humains voyagent gelés, comme morts, et sont ramenés à la vie par Chimp (l’IA) au bout de x temps quand celle-ci pense avoir besoin d’un œil humain pour régler un problème. Il y a six cent tribus différentes au sein de l’Eriophora, qui ne se côtoient pas ou presque puisque seuls quelques uns sont ramenés à la vie au même moment, en fonction de leurs compétences. À ce stade, je dois préciser que le temps passe à une vitesse folle pendant toute la durée du livre. Ça se compte en millions d’années parfois entre deux chapitres et ça donne un peu le tournis.

La narratrice évoque aussi des voyages spatio-temporels, en parlant de machine à remonter le temps, etc. dans son introduction et elle m’avait déjà perdue à ce stade là parce que je ne saisissais pas les liens avec leur mission ni les explications qui viennent après. Voyager dans l’espace, d’accord. Rester en stase pendant longtemps (et donc théoriquement avoir une plus longue durée de vie même si la durée de conscience ne change pas) d’accord. Mais que vient faire cette histoire de temps là-dedans ? Comment est-ce qu’on remonte le temps en voyageant dans l’espace ? Je pense qu’elle donnait dans la métaphore mais je n’ai toujours aucune certitude… Et même les chroniques éclairées de certains amateurs spécialistes n’ont pas aidé là-dessus. 

Je me dis que ce flou participe peut-être à l’effet du roman car les humains du vaisseau n’ont pas tous l’air de savoir si / quand la mission doit prendre fin ni ce que ça peut impliquer. Du coup, l’auteur cherche peut-être à cantonner son lecteur au même sentiment qu’une partie de l’équipage ? Mystère. Ce n’est pas ce qui ressort des chroniques que j’ai pu lire en tout cas. 

L’humain et l’IA, une histoire d’esclavage moderne.
Voilà la partie perceptible pour moi novice. Le vaisseau est géré par une IA appelée Chimp avec parfois un déterminant devant (le Chimp) qui est qualifiée d’IA « stupide » et les explications du pourquoi mettre une IA inférieure dans une mission comme celles là m’ont aussi parues un peu en dehors de ma portée. Mais ce n’est pas très grave car ça n’empêche pas de comprendre les soucis principaux. D’une part, le Chimp refuse tout retour sur Terre sans recevoir un signal dans ce sens de leur part. Mais et si l’humanité était éteinte et avait laissé place à autre chose? Un scénario possible mais que l’IA n’envisage pas (encore ?) pour une raison qui m’échappe aussi. De plus, la mission ne devait en théorie pas durer autant ni se passer « aussi bien » ce qui implique pas mal de choses au niveau de la gestion de l’élément humain que je ne vais pas développer pour laisser quand même une part de mystère dans ce déjà trop long billet. Les soucis posés par les actions de Chimp sur l’équipage ne sautent pas tout de suite aux yeux mais une fois que les explications arrivent, tout s’éclaire et une forme de résistance / révolte s’organise pour justement libérer les humains du vaisseau de la dépendance à l’IA et des choix qu’elle est amenée à faire pour eux.

J’ai eu du mal à adhérer à la logique sous-jacente de cette résistance humaine vu leur situation. Déjà parce que, si j’ai bien compris, ces personnes sont des engagés volontaires qui savaient (normalement ?) dans quoi ils mettaient les pieds ou en tout cas, qui ont été formés pour. C’est vrai que par moment, Sunday évoque une enfance, une formation qui aurait commencé autour de leur septième année d’existence, donc c’est un peu flou. Difficile de dire s’il s’agit d’endoctrinement ou pas et ce paradigme a quand même son importance pour saisir les enjeux du texte et les décisions des personnages, je trouve. C’est donc dommage qu’il ne soit jamais explicitement dit de quoi il en retourne. Outre cela, je pense avoir compris qu’ils espéraient tous une date de retour et que le fait qu’elle ne semble pas se dessiner à l’horizon pose un souci majeur. Ça, ma foi, oui, je crois que je serais dans le même état d’esprit à leur place. De là à prendre une décision pareille avec les conséquences que cela implique, j’ai du mal à saisir la logique. Et Sunday aussi, au début. D’ailleurs, quand elle pose la question, on lui rétorque qu’ils auront tout le temps de décider après coup quoi faire de leur liberté mais en attendant, ils sont quand même coincés quelque part dans l’espace, totalement dépendants de cette IA qui répond à des protocoles obscurs et qui semble parfois proche d’une forme de conscience ou d’humanité, ce qu’on ressent via certains souvenirs de Sunday. Chimp est-il si stupide que ça ? Qu’ils souhaitent rentrer sur Terre, je le comprends et qu’ils agissent dans ce but aussi. Mais pas en prenant ce genre de décision, ça ressemble davantage à une forme de suicide, de tentative désespérée pour reprendre un bref contrôle sur leur vie. 

Je saisis bien ici la mise en avant du paradoxe humain dans toute sa splendeur mais franchement, difficile de s’attacher à leur combat puisqu’ils vont droit dans le mur (ce qui rentre en plein dans ce fameux paradoxe) selon moi et ce que j’ai compris encore une fois. Sans compter que je n’ai pas saisi le dénouement final qui ne répond pas aux questions centrales comme par exemple, que devient l’équipage après cet évènement ? Est-ce une fin ouverte ou y aura-t-il une suite ? J’opte plutôt pour la première solution car si une suite avait été annoncée, le Bélial aurait mentionné une tomaison, ce qui n’est pas le cas. Si j’aime les fins ouvertes, j’apprécie quand même d’avoir la réponse à certains des enjeux mis en place dans le roman, surtout les enjeux centraux, ce qui n’est pas le cas actuellement. Trop de points d’interrogation donc…

Un texte dans le texte.
Les lecteurs attentifs remarqueront que l’ouvrage contient des lettres rouges qui apparaissent dans le texte pour former un message. J’ai pris soin de les noter et je me demande si je n’en ai pas loupé quelques unes au passage ou si les fautes sont là exprès. Mystère… En tout cas, je pensais que ce message aiderait à m’éclairer sur la signification finale du texte mais… Non. Ou alors, encore une fois, je suis passée tellement à côté que je me suis carrément trompée de portail, allez savoir ! Pour autant, je tenais à saluer le travail éditorial sur ce point car même si ça n’a pas aidé à ma compréhension du roman, je trouve l’initiative vraiment ludique. Sans parler de la magnifique couverture signée Manchu ou des chapitres illustrés. C’est un bel objet-livre. 

La conclusion de l’ombre : 
Si Eriophora est un roman de hard-sf centré sur l’humain, une partie de ses éléments me demeurent obscurs au point de laisser de trop grosses interrogations pour que je puisse vraiment dire que j’ai apprécié ma lecture. Si j’ai trouvé le propos intéressant sur un plan humain, je ressors très frustrée de cette lecture qui n’est pas, comme j’ai pu le lire ailleurs, à la portée de novices en hard-sf. Peut-être est-elle plus accessible que d’autres livres de l’auteur, je n’en doute pas, hélas pas suffisamment pour moi. Qui sait, j’y reviendrai une fois mon bagage en science-fiction meilleur et l’apprécierai probablement davantage à ce moment là ! D’ici là, je recommande plutôt ce roman aux lecteurs qui connaissent déjà Watts ou qui savent à quoi s’attendre sur un plan plus scientifique. 

D’autres avis : Le culte d’ApophisL’épaule d’OrionGromovarLes lectures du MakiAlbédoLes blablas de Tachan – vous ?

 

#ProjetOmbre : chez quel(s) éditeur(s) lire du format court ?

Logo ProjetOmbre

Il y a quelques jours, je lançais le #ProjetOmbre (saison 2 du #ProjetMaki) qui consiste à lire un maximum de format court, de manière régulière, sur l’année 2021. Je me suis rendue compte, lors de ma première participation au challenge, qu’il n’est pas toujours aisé de savoir vers quel éditeur se tourner pour trouver des textes qui collent autant au challenge qu’à nos goûts et cette liste a pour but de vous aider. Elle est vouée à évoluer tout au long de l’année, non seulement par vos apports (n’hésitez pas à me dire ce que j’ai oublié dans les commentaires !) mais aussi au fil de mes propres découvertes.

Je précise également qu’Anne-Laure du blog Chut Maman Lit ! a proposé une liste semblable à celle-ci pour le #ProjetMaki donc n’hésitez pas à y jeter un œil.

Quelques précisions :
-La liste n’est pas organisée par ordre alphabétique ou de préférence mais plutôt par ordre de ce qui m’est venu quand je l’ai rédigée. Je sais, ma rigueur laisse à désirer. 
-La liste contient des maisons d’édition qui ont pour habitude de publier régulièrement ou des nouvelles ou des anthologies et / ou qui ont une collection dédiée. Je sais qu’il y a des recueils disponibles ponctuellement chez d’autres éditeurs mais ce serait vraiment compliqué de tout référencer ici sans que l’article ne devienne imbuvable… N’hésitez toutefois pas à les signaler en commentaire pour celles et ceux qui le souhaitent 🙂
-Je vous mets chaque fois le lien direct vers la boutique de l’éditeur pour vous permettre de trouver facilement chaussure à votre pied. Y’a plus qu’à cliquer.

Sans plus attendre, commençons !

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Le Bélial vous permet de lire du format court grâce à sa mythique collection Une Heure Lumière (dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises sur le blog) mais également grâce au Bifrost dont chaque numéro contient entre 2 et 6 nouvelles de SFFF. C’est, à mes yeux et dans mon cœur, vraiment l’éditeur incontournable d’un challenge dédié au format court. Bien évidemment, c’est tout personnel 🙂

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Il arrive à AMI de proposer des nouvelles écrites dans l’univers des romans édités en papier. Ces nouvelles sont numériques mais rien ne vous empêche de les découvrir ! Je vous renvoie sur leur site pour trouver ces titres. De plus, au mois de Janvier 2021, va paraître Émissaire des morts qui contient 4 nouvelles en plus d’un roman court et qui permet de valider la première mission du challenge. Notez que la première de ces quatre nouvelles est disponible gratuitement en numérique. La boucle est bouclée !

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AMI n’est pas le seul éditeur à proposer des nouvelles dans l’univers de ses romans publiés. ActuSF le fait aussi et depuis plusieurs années, pour plusieurs de ses auteurs francophones. Il n’y en a pas moins de quatorze disponibles sur Emaginaire avec des textes notamment de Jean Laurent Del Socorro, Morgane Caussarieu, Alex Evans ou encore Karim Berrouka ! J’en ai déjà lu une partie et ça a été un régal à chaque fois. Sachez également que l’éditeur propose des recueils de nouvelles, y’a plus qu’a.

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Tous les ans, Livr’S Éditions propose une anthologie thématique. Il n’y en aura pas en 2021 (la pandémie a chamboulé le planning éditorial) mais il en existe déjà cinq avec chaque fois une petite dizaine de textes et presque exclusivement des auteurs et autrices francophones. Ces anthologies existent en papier et en numérique pour certaines et je n’en parle pas parce que j’ai écrit une nouvelle dans l’une d’elle. Au passage, ma préférée est Nouvelles Eres, celle de 2020, qui propose des textes assez chouettes dans le registre de la dystopie et de la science-fiction. De plus, la maison propose aussi des novellas au prix de 10 euros qui, hélas, ne sont pas regroupées dans une collection particulière mais vous pouvez les retrouver sur le site. Il s’agit de La Mélodie, de Kidnapping et de Club 27.

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Maison découverte en 2020 pour moi, elle est spécialisée dans le format court et propose de nombreux textes d’auteurs francophones aussi divers que variés tels que Lionel Davoust, Aurélie Mendonça, Jean Laurent Del Socorro, David Bry, etc. Rendez-vous sur leur site pour découvrir leur sélection !

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Presque tous les ans depuis leur existence, les éditions du Chat Noir propose également des anthologies thématiques. Je vous en a déjà évoqué certaines sur le blog dont l’excellente Montres Enchantées. D’autres ne sont plus disponibles mais je sais que notamment cette année, leur anthologie anniversaire est prévue au programme et elle aura pour thème le chiffre « 9 ». À surveiller donc !

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La maison d’édition Rivière Blanche est connue pour proposer plusieurs anthologies à leur catalogue. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’en lire mais voilà une piste sérieuse si vous aimez les antho’ !

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À l’instar de sa voisine du dessus, les éditions Luciférines sont connues dans le milieu de l’imaginaire pour proposer des anthologies thématiques dont celle sur les Démons Japonais qui me fait de l’œil depuis longtemps ou encore la Belle Époque. En plus, les prix sont vraiment abordables en papier comme en numérique.

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Elenya éditions est une maison qui publie des anthologies, souvent liées au Salon Fantastique d’ailleurs mais pas uniquement si je ne me trompe pas. Les thèmes sont multiples, allant de la fantasy au super-héros, en passant par l’horreur fantastique. Franchement, il y a largement de quoi se faire plaisir dans ces anthologies et avec de très beaux noms qui plus est.

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Mnémos est une maison qu’on ne présente plus et qui s’occupe, chaque année, d’éditer l’anthologie thématique du salon des Imaginales. La première remonte à 2009, il y a donc de quoi faire même si, attention, certaines sont en rupture de stock ou uniquement disponibles sur les salons.

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Maison d’édition que je découvre grâce à une recommandation sur Twitter, le passager clandestin propose une collection intitulée Dyschroniques qui se dédie à la nouvelle et, plus spécifiquement, des nouvelles de science-fiction et d’anticipation.

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Autre maison d’édition que je découvre via une recommandation sur Twitter : ArchéoSF, un label de Publie.net qui met à disposition des textes au format court issu de la science-fiction ancienne donc 19e, 20e siècle. On trouve sur leur site des textes courts mais également des feuilletons ! Certains sont en accès libre via l’onglet textes en ligne et je sens que je vais passer du temps sur ce site pour trouver des textes sympas à faire lire à mes étudiants. Bref, merci Zoé pour le tuyau !

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Encore une chouette recommandation via Twitter : les éditions YBY qui propose de la littérature inclusive et met en avant la diversité dans la fiction. Il n’y a pas que du format court chez eux mais ils ont plusieurs collectifs à leur catalogue avec des textes très prometteurs. 

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Nutty Sheep est une maison d’édition déjantée à la folie assumée qui est connue pour ses anthologies thématiques et son fameux logo mouton. Vous aurez largement le choix dans leur catalogue, en format papier comme numérique, pour trouver des textes qui vous intéressent : parodie, science-fiction, fantastique, fantasy, il y en a pour tous les goûts !

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Je n’avais jamais entendu parler auparavant de Nitchevo (une fois de plus, merci à Zoé !) pourtant ils rééditent actuellement toute l’oeuvre de Léa Silhol au sein de laquelle on retrouve énormément de nouvelles et d’anthologies. Ça peut être une très bonne piste si vous souhaitez, en prime, découvrir cette autrice !

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Enfin, dernier et non des moindres… Je sais que j’ai dit au début de l’article que je me concentrais sur les éditeurs qui ont des collections dédiées au format court mais je ne peux pas achever cette liste sans évoquer l’Atalante qui, outre l’excellentissime « Apprendre si par bonheur » de Becky Chambers, traduit également d’autres novellas comme celles de Martha Wells qui font forte impression sur la blogosphère. De plus, les deux derniers « tomes » du Vieil Homme et la Guerre de Scalzi sont aussi construits comme des recueils de nouvelles. 

Vous connaissez d’autres maisons d’édition qui pourraient entrer dans cette liste ? N’hésitez pas à les renseigner en commentaire !

(dernière mise à jour : 07/01/2021
À rajouter : Noir d’absinthe, les saisons de l’étrange, le Grimoire, Malpertuis, les Vagabonds du Rêve, Realm et Short éditions)

BML #30 – décembre 2020

Bonjour à toutes et à tous !

Nous voici (déjà ?) à la fin du mois de décembre, c’est donc l’heure du dernier bilan mensuel avant 2021 (sauf si un 13e mois pope le 31 décembre à minuit, perso je ne m’étonne plus de rien…) et il a été plutôt fructueux comme vous allez le constater.

Côté romans : 

Acadie de Dave Hutchinson au Bélial.
La ville sans vent #2 d’Éléonore Devillepoix chez Hachette (SP).
L’Anti-magicien #2 de Sébastien de Castell chez Gallimard.
Hors-série 2020 Une Heure Lumière du Bélial.
L’homme chocolat d’Aurélie Mendonça chez 1115 éditions.
L’arbre d’imagination d’Aurélie Mendonça chez 1115 éditions.
La Première Loi #2 Haut et court de Joe Abercrombie chez Bragelonne.
La passe-miroir #2 les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos chez Gallimard. (chronique à venir)
La passe-miroir #3 la mémoire de Babel de Christelle Dabos chez Gallimard. (chronique à venir)

Nous avons donc 5 romans, 2 novellas et 2 nouvelles ! Je compte également deux abandons ce mois-ci, deux services presses numériques dans lesquels je ne suis pas parvenue à me plonger. Du coup, j’ai préféré les laisser de côté pour m’en tenir à mes bonnes résolutions et ne plus me contraindre à la lecture. J’ai également décidé de me lancer dans la lecture de la Passe-miroir en enchainant les tomes puisque je me suis offert le coffret collector proposé par Gallimard en édition limitée. Je passe pour le moment un excellent moment et je ne regrette pas ma décision de finir 2020 avec ces romans. Pour rappel, j’avais lu le premier tome il y a presque deux ans maintenant…

Côté mangas :

Nos temps contraires #1, #2 (akata)
Comme sur un nuage #1 (akata)
Cautious hero #1 (doki-doki)
Chobits #4 (pika)
Je suis un assassin (et je surpasse le héros) #2 (doki-doki)
Blue Flag #7 (kurokawa)
Black Butler #23 -> #27 (kana)

Pour un total de 12 mangas avec uniquement de bonnes lectures (ou relectures) et pas le moindre abandon. Wouhou ! Pour le moment je n’ai parlé que de Nos temps contraires et Comme sur un nuage dans un article dédié mais j’ai déjà écrit les prochains billets sur les autres tomes, ils sont programmés pour début 2021. Encore un peu de patience !

Côté comics :

Harleen de Stjepan Sejic (Urban comics)
Joker, le deuil de la famille (Urban comics)
Sunstone #1 et #2 de Stjepan Sejic (Panini comics)

J’ai lu davantage de comics ce mois-ci avec quatre titres en tout donc trois du même auteur qui m’a tant séduite avec Harleen que j’ai souhaité continuer à découvrir son œuvre. Sunstone est radicalement différent mais pas dénué d’intérêt ni de talent, au contraire ! J’ai reçu tous les tomes pour Noël donc je compte écrire un article global dessus lorsque j’aurai tout lu. Ces deux volumes sont déjà prometteurs. Quant au Deuil de la famille, je ne vais pas m’appesantir dessus tant j’ai été déçue. Les trois quart du tome sont vraiment dingues, malsaines et tout ce qu’on veut, puis la fin gâche tout en annulant tous les enjeux posés précédemment… Je n’ai vraiment pas compris l’intérêt de ne pas assumer jusqu’au bout, surtout pour un album relié au Joker. Dommage !

Petit bonheur du mois : 
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Ce mois-ci je vais surtout retenir l’achat de ma première voiture ! J’ai mon permis depuis juin 2019 et un travail stable depuis novembre 2019, il était temps que je saute le pas et m’offre cette beauté qui me facilite déjà tellement la vie. Enfin ça se ressentira surtout quand on sortira du confinement (ouais je suis comme ça moi, je m’offre une voiture quand je peux le moins m’en servir ._.) mais je n’ai pas de regrets. J’ai l’impression de devenir adulte, c’est perturbant.

C’est déjà la fin de ce bilan qui sera le dernier article publié en 2020 ! 2021 s’ouvrira sur le bilan annuel et parlera également de l’avenir du blog, de ce que j’ai envie d’accomplir, de mes bonnes résolutions littéraires. J’espère que vous serez au rendez-vous et je vous souhaite déjà une très belle année, prenez soin de vous ♥

RÉFLEXION : l’évolution de mon rapport au format court dans la littérature

Salutations à vous, lecteurs et lectrices fidèles ! Nous sommes déjà le 24 décembre et le Père Noël des ombres a décidé de vous offrir un petit article réflexif qui lui est venu après avoir lu l’excellent hors-série 2020 de la collection Une Heure Lumière du Bélial. Commençons donc par replacer quelques éléments dans leur contexte, afin de comprendre comment j’en suis arrivée à l’écriture de cet article. 

Ce troisième hors-série tiré de cette très fameuse collection dont je parle régulièrement sur le blog s’ouvre sur un focus autour des traducteurs et des traductrices de la maison d’édition, celles et ceux qui travaillent notamment à traduire les novellas de la collection UHL. Il leur était demandé d’aborder leur rapport à ce genre et d’expliciter les difficultés qu’iels pouvaient rencontrer dans l’exercice de la traduction par rapport à celle, par exemple, d’un roman.

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Jusqu’à encore récemment, je ne lisais quasiment jamais de format court, que ce soit la novella ou la nouvelle, car je nourrissais à leur encontre un certain nombre d’apriori. Selon moi, il n’était pas possible de développer une bonne histoire en si peu de pages. Forcément, des éléments allaient passer à la trappe et cela donnerait un texte pas suffisamment abouti. Une certitude héritée de je ne sais pas trop où, d’ailleurs… Peut-être un traumatisme scolaire ? Honnêtement, impossible de me rappeler. Du coup, par principe ou plutôt par habitude ancrée, j’évitais régulièrement de lire des recueils de nouvelles, des anthologies ou même des novellas au sens strict du terme. Je ne vais d’ailleurs pas revenir sur la terminologie et allègrement mélanger nouvelle et novella. Je sais qu’il existe une différence entre les deux notamment au niveau de la longueur mais il a fallu attendre que cet article soit publié pour que je sache précisément laquelle. Merci Apophis, à nouveau ! Voici donc, pour votre culture personnelle (et la mienne), les terminologies à utiliser : moins de 7500 = nouvelle, 7500 – 17499 = novelette, 17500 – 39999 = novella, plus de 40 000 = roman.

Bref, je cesse de digresser.

Je fuyais donc ce genre… Puis il y a eu la blogo. Ces blogpotes qui parlaient de la collection Une Heure Lumière (je ne cite personne pour ne vexer personne mais les concerné/es se reconnaitront 😉 ) du Bélial, qui écrivaient des retours sur leur lecture du Bifrost… J’ai fini par craquer en me lançant dans l’excellent Les Meurtres de Molly Southbourne (lecture en septembre 2019 seulement… Imaginez !) qui a eu le mérite de démolir toutes mes certitudes à propos de ce format. Poussée par la curiosité, j’ai donc consacré une partie de l’année 2020 à me prouver que j’avais eu tort en lisant des anthologies, des nouvelles isolées et des novellas. En cela, j’ai été aidée par le Projet Maki qui consistait à lire de manière régulière des textes au format court. J’insiste sur l’aspect régularité du challenge, qui m’a aidé à modifier mes habitudes de lectrice. Au point que j’ai fini par m’abonner moi-même au Bifrost ! Comme quoi…

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Bien entendu, toutes ces expériences ne se sont pas soldées par une grande réussite. Certaines anthologies ne m’ont pas plu, certains textes collaient aux craintes que j’avais concernant les nouvelles (le sentiment de ne pas avoir toutes les réponses ou pire, de lire le début d’un roman). Mais je me suis aussi rendue compte que, quand un/e auteurice maitrise les codes du format court, cela donne naissance à des textes incroyablement percutants avec lesquels j’ai vécu certains de mes plus beaux moments littéraires de 2020. Impossible, par exemple, d’oublier l’excellentissime l’homme qui mit fin à l’histoire de Ken Liu ou encore la très qualitative anthologie steampunk Montres Enchantées au Chat Noir (partie 1partie 2) ou même les nouvelles de Jean-Laurent Del Socorro, incluent dans la version collector de Royaume de Vent et de Colères. Ce ne sont que trois exemples parmi d’autres qui, selon moi, méritent d’être soulignés.

Ce que j’aime précisément dans la novella ? C’est simple ! Le format court me permet de m’immerger totalement dans un texte et d’y rester du début à la fin d’une seule traite, sans en sortir au milieu, car je peux y consacrer le temps adéquat pour cela sans peser trop lourd sur ma journée et sur mon temps de travail. Du coup, en tant que lectrice, je m’imprègne bien mieux du concept, de l’idée, de l’univers, des personnages. Les auteurices doivent montrer toute leur habilité à agripper l’attention du lecteur, ils n’ont pas le droit de trop prendre leur temps, ce que je reproche parfois à des romans et qui m’empêche d’avoir envie d’en continuer la lecture. L’équilibre doit être parfait entre l’attachement aux personnages, les informations sur l’univers, le thème abordé et l’intrigue. Plus ça va et plus je me complais vraiment dans ce type de lecture qui, en prime, a l’avantage de mieux s’adapter à mon style de vie pour le moment. Je ne suis pas en train de renier le roman, rassurez-vous ! Simplement, c’est agréable de se plonger par moment dans des aventures plus courtes, surtout quand elles ont autant de qualités.

De plus, en tant qu’autrice, c’est un genre que j’ai vraiment envie d’apprendre à maîtriser car je pense qu’il convient bien mieux que le roman à mon style d’écriture et surtout, à mon style narratif. J’en ai pris conscience seulement cette année et ça marque un gros tournant dans mon monde littéraire.

Finalement, je tiens donc à remercier le Maki pour son défi qui m’a poussée à dépasser mes aprioris et au Bélial pour s’être lancé dans l’aventure Une Heure Lumière dont tous les textes ou presque ont été de véritables enchantements à lire, contribuant ainsi à faire évoluer positivement mon opinion sur le format court. Je sais que beaucoup de gens nourrissent encore, à l’heure actuelle, le même genre d’aprioris que moi il y a un an / un an et demi sur ce format et j’espère que ce petit billet contribuera à amorcer un changement dans leur mentalité ou, en tout cas, à leur donner envie de laisser sa chance à des nouvelles et des novellas de qualité.

Et vous, vous aimez le format court ou justement pas ? Pour quelle raison ?

Retour à n’dau – Kij Johnson

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Retour à n’dau
est une novella écrite par l’autrice américaine Kij Johnson. Elle figure dans le Hors-série Une Heure Lumière 2020 du Bélial que vous pouvez obtenir gratuitement à l’achat de deux titres de la collection. Attention, les quantités sont limitées donc n’attendez plus !

Je précise que ce hors-série contient davantage que la novella. Comme chaque fois, il s’ouvre sur un petit mot d’Olivier Girard (le grand chef du Bélial, pour ceux qui l’ignorent 🙂 ) qui passe ensuite la parole aux traducteurs et aux traductrices de la collection UHL en leur demandant quel est leur rapport au format novella et quelles difficultés ils ont pu rencontrer dans la traduction de ce type de texte. J’ai trouvé ce dossier passionnant au point de lui consacrer un article réflexion qui arrivera bientôt sur le blog. Je ne vais donc pas m’étendre dessus ici.

Retour à n’dau est une novella que je peine à classer au sein d’un genre littéraire donc je vais laisser de plus érudits que moi s’en charger (coucou Apophis). L’intrigue se déroule sur une autre planète, nommée Ping. Son climat particulier oblige les gens à se déplacer en même temps que la planète tourne sur elle-même (si j’ai bien compris) au risque de mourir brûlé par le soleil. Comme les différents peuples sont en constant mouvement, la famille Winden au sein de laquelle vit Katia, la narratrice, ne connait pas grand chose des potentielles autres cultures. Ils vivent en group restreint à une famille, élèvent des chevaux et des chiens, sont nomades… Cela m’a directement évoqué, dans mon imaginaire, une tribu amérindienne mais j’ai lu sur d’autres chroniques qu’on effectuait plutôt un parallèle avec l’Asie, surtout la Mongolie. Je suppose que ça dépend de nos références.

Un jour, des étrangers arrivent pour s’emparer des chevaux de Katia et de son savoir de guérisseuse. Toute sa famille est tuée, sauf elle et sa nièce, qui deviennent prisonnières de ces envoyés d’un Empereur dont elles n’ont jamais entendu parler. L’Empire en question compte beaucoup sur les chevaux qui font partie intégrante de leur style de vie mais un mystérieux mal les ronge, les tue, mal qui semble épargner les chevaux de Katia.

C’est la première fois que je lis un texte de cette autrice et il m’a déconcerté -dans le bon sens. Je ne m’attendais pas aux évènements narrés tout comme je n’ai pas pu anticiper la fin. En peu de pages, l’autrice aborde des thèmes forts avec finesse et intelligence : comment se reconstruire après un drame ? Comment réadapter une société entière quand la base de sa culture disparait ? Remplacez les chevaux pour l’outil informatique par exemple et vous obtenez une très belle métaphore. C’est poétique, efficace, un vrai plaisir.

D’autres avis : Le culte d’ApophisAlbédoCélindanaéNevertwhereLa bibliothèque d’Aelinel – vous ?

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Acadie – Dave Hutchinson

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Acadie
est une novella de science-fiction écrite par l’auteur anglais Dave Hutchinson. Publié par le Bélial dans sa collection Une Heure Lumière, vous le trouverez partout en librairie au prix de 8.90 euros.

De quoi ça parle ?
Duke est le Président malgré lui de la Colonie, une constellation d’habitats qui se cachent des autorités terriennes. La faute à Isabelle Potter, généticienne de génie qui a contrarié les mauvaises personnes. S’ils réussissent à passer entre les mailles du filet pendant cinq cents ans, la rancune de la Terre est tenace. Alors quand une sonde pénètre dans leur système, c’est le branlebas de combat.

Duke la malchance
Duke est le narrateur de cette histoire en plus d’être un personnage vraiment attachant. Il a du fuir la Terre un siècle plus tôt où il exerçait la profession d’avocat, ce après avoir révélé certaines malversations du client qu’il était supposée défendre. Son coup d’éclat a attiré sur lui l’attention de Connie, qui travaille pour Isabelle Potter.

Isabelle Potter est une généticienne de génie qui a eu le malheur de manipuler le génome humain alors même que de strictes lois le lui interdisait. Poursuivie comme une criminelle, elle s’est enfuie avec l’aide de plusieurs de ses anciens étudiants pour fonder cette colonie qu’elle espérait hors de portée de l’Agence. Le souci ? Pour couvrir sa fuite, elle a plus ou moins pris en otage un vaisseau colon où se trouvaient quarante milles individus en stase, individus avec lesquels elle a fondé sa propre colonie pour ceux qui le souhaitaient, renvoyant les autres chez eux.

Pour en revenir à Duke, il a rejoint bon gré mal gré cette Colonie et s’y plaisait plutôt bien jusqu’à ce qu’on l’élise à la Présidence. En effet, dans cette société un brin loufoque, on prend soin d’élire les personnes qui souhaitent le moins obtenir le pouvoir politique. En règle générale, les moins motivés mènent une campagne acharnée pour être disqualifié d’office mais cette fois là, Duke a un peu négligé l’histoire et le voilà à devoir gérer cette sonde qui débarque soudain dans leur système.

Duke n’a rien d’un génie, contrairement à la plupart des personnes qu’il fréquente sur la Colonie. C’est intéressant que l’histoire se déroule justement de son point de vue, celui d’un homme lambda qui n’a plus ou moins rien demandé à personne. Dave Hutchinson met si bien en place son personnage que les révélations finales sont complètement imprévisibles. Tout fonctionne parfaitement bien pour entretenir l’intérêt du lecteur jusqu’au bout.

Une science-fiction transhumaniste.
Pour celles et ceux qui l’ignorent, le transhumanisme est un courant de pensée qui dit que l’humain pourrait être amélioré grâce à la science, que ce soit sur un plan physique ou intellectuel. Je le précise parce que j’ai moi-même du chercher ce terme il y a un moment à force de le voir apparaître dans des chroniques et je me dis que ce n’est pas spécialement inutile. Bref, pour revenir au transhumanisme, ce texte s’inscrit très clairement dans cette vague puisqu’il est question de manipulation génétique et d’améliorations. Dave Hutchinson en parle à la fois d’un ton presque comique (les Écrivains -comme sont nommés ces généticiens- qui se modifient au point d’incarner des races de fantasy) qui gagne en sérieux à mesure que les révélations de l’intrigue s’enchaînent, jusqu’à un final glaçant et imprévisible. Je ne peux pas en dire davantage sans divulgâcher l’intrigue. Je me dois toutefois de préciser que la fin a fait passer ce texte de « moui c’est sympa » à « bin mince alors c’est dingue ! ». Donc laissez vous porter jusqu’au bout.

La conclusion de l’ombre :
Acadie est une novella de science-fiction transhumaniste au narrateur attachant et à l’intrigue maîtrisée. En peu de pages, l’auteur parvient à questionner pas mal d’éléments reliés au prisme du transhumanisme jusqu’à proposer un final inattendu. Encore un texte remarquable dans la collection une heure lumière du Bélial !

D’autres avis : Le culte d’ApophisFeydRautha – Gromovar – Les lectures du Maki – Célindanaé – Dionysos – Yuyine – Nevertwhere – Chien CritiqueLes chroniques du Chroniqueur – vous ?

Maki

À l’ombre du sapin : quels romans offrir en 2020 ?

Bonjour à tous et à toutes !

Vous le savez, qui dit mois de décembre dit forcément Noël et donc probablement sapin (ou équivalent) sous lequel déposer des livres pour vos proches. Cette année, j’inaugure un nouveau concept qui s’appelle « à l’ombre du sapin » (je sais, cette imagination débordante qui est la mienne vous laisse sans voix…). Sans grand surprise, il s’agit de revenir sur les titres lus cette année que je vous recommande d’offrir parce que je les ai adorés. Je vais chaque fois vous expliquer pour quelle raison en quelques mots et vous renvoyer vers ma chronique pour plus de détails. .

Je compte réitérer avec les mangas pour ensuite vous proposer ma propre liste au Père Noël, au rythme d’un article chaque vendredi de décembre et ce jusqu’au 25. N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de cette idée 🙂

Je précise que la liste qui suit est classée par ordre chronologique et non de préférence !

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Ma chronique.
Premier gros coup de cœur de 2020 avec l’estrange malaventure de Mirella, un roman classé en jeunesse qui contient pourtant sa part de noirceur ainsi que beaucoup d’originalité. L’autrice a choisi d’écrire en vieux français, ce qui donne au texte un aspect exotique et assez chantant. L’héroïne, Mirella, est fascinante et la condition de la femme y est brillamment abordée.

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Ma chronique.
Cette année, les éditions du Chat Noir ont commencé à traduire l’autrice anglaise Dawn Kurtagich et j’ai eu un gigantesque coup de cœur pour The Dead House. Ce roman d’horreur propose une narration atypique puisqu’il n’est pas écrit de manière linéaire. L’autrice a opté pour des morceaux de journaux, de dossiers judiciaires, de vidéos, afin d’immerger son lecteur dans le mystère de son intrigue. Brillant et passionnant, je l’ai adoré de bout en bout mais attention, il se destine à un public averti.

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Ma chronique.
Vous le savez, j’ai passé l’année 2020 à explorer la collection Une Heure Lumière du Bélial et ce texte est toujours premier dans mon classement. Il propose lui aussi un point de vue original puisqu’il est construit comme un documentaire et raconte un pan de l’Histoire assez méconnu, celui de l’Unité 731 qui a sévi entre 1936 et 1945. Passionnant, glaçant, profondément humain et intelligent, une vraie pépite à déposer sous tous les sapins mais vu la difficulté du propos, il n’est pas adapté à de trop jeunes lecteurs.

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Ma chronique.
Vous le savez peut-être, j’aime les romans historiques même si j’en lis moins depuis quelques années. J’ai acheté ce texte après ma lecture de l’excellent Boudicca et j’ai été séduite par la manière dont l’auteur parvient à se réapproprier les évènements historiques, à les respecter tout en y apportant un angle neuf avec une pointe de surnaturel. De plus, Jean Laurent Del Socorro se concentre beaucoup sur l’humain et propose des personnages forts, fascinants, attachants. J’ai dévoré ce roman dans sa version collector qui fera un cadeau plus que superbe sous un sapin.

19
Ma chronique.
Amateurs de thriller, ceci est pour vous ! Céline Saint Charle met tout son talent au service de cette intrigue passionnante et immersive dans une France où règne la loi du Talion. Un texte engagé, d’une fine intelligence, avec des personnages humains et très réussis… Ce roman est parfait pour tous les lecteurs qui ont peur de toucher aux textes de l’imaginaire, même si on approche clairement de la dystopie ici. Une belle pépite.

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Ma chronique.
Je vous ai très peu (ahem…) parlé d’Ada Palmer sur le blog (ADA RULES). Sans surprise, Trop semblable à l’éclair se retrouve dans ma sélection car ce roman a été plus qu’un coup de cœur pour moi : une véritable révélation littéraire, une claque comme je n’en avais plus prise depuis des années. Un chef-d’œuvre, voilà. Un chef-d’œuvre pas forcément facile à aborder, qui demande un certain investissement du lecteur mais quel plaisir… Si vous avez des amis ou de la famille davantage portés sur l’aspect intellectuel, ça peut être une bonne idée de cadeau !

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Ma chronique partie 1partie 2.
Cette année, grâce au Projet Maki, j’ai lu davantage de nouvelles et de textes courts. Tout naturellement, j’ai ouvert mon horizon sur les anthologies et je dois dire que celle-ci est, selon moi, la meilleure de celles publiées par Livr’S jusqu’ici. Chaque texte a su me séduire à sa façon. On est dans de la science-fiction au sens large, l’ouvrage fourmille de bonnes idées, le tout sous le parrainage de Victor Fleury. Il n’y a pas à hésiter !

7
Ma chronique.
J’avais acheté ce roman à cause de son auteur, que j’apprécie beaucoup sur un plan humain. Je n’en attendais rien… et ça a été un coup de cœur. Ici, point de surnaturel. Juste une bande de potes pas très doués à l’école. Ils essaient de trouver un moyen de réussir au bac, on les suit durant leur dernière année. C’est moderne, rafraichissant mais aussi diablement intelligent et touchant. Franchement, c’est un roman que j’aurais aimé lire durant mon agrégation pour devenir prof, même si ça se passe en France et non en Belgique. Il y a beaucoup à en tirer et il plaira forcément aux adolescents mais pas que.

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Ma chronique.
Cette novella de Becky Chambers est un bijou de science-fiction positive, tourné vers l’humain avec une base scientifique solide, crédible. L’autrice raconte l’histoire de quatre astronautes partis en mission pour trouver les origines de la vie. C’est un texte inclusif, parfaitement géré, équilibré, accessible à tous les types de lecteur/ices. C’est un des romans que je souhaite voir sous tous les sapins.

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Ma chronique.
Encore un texte sur lequel je ne taris pas d’éloges mais il faut dire qu’il m’a beaucoup impressionné. Trois voleurs se réfugient de nuit dans un bazar abandonné où ils vont trouver une lettre au sein de laquelle un problème est exposé. Ils vont y répondre et se rendre compte qu’une correspondance s’engage entre eux et de mystérieux protagonistes à l’extérieur… Impossible de le reposer une fois commencé, la plume de l’auteur est magique et nous entraine dans ce Japon à cheval sur plusieurs époques. Sublime, social, plein d’émotions, une pépite.

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Ma chronique.
Dernier coup de cœur de 2020 (je pense, sait-on jamais !) l’excellentissime et très étrange Vita Nostra. Un roman dont il est difficile de parler car c’est un texte qui doit se vivre et non s’analyser. Un roman brillant, passionnant, puissant, que j’ai refermé en me disant que j’étais vraiment contente d’avoir lu un texte comme celui-là dans ma vie. Vous imaginez l’impact qu’il a pu avoir sur moi…

Et vous, quel est le livre lu en 2020 que vous aimeriez offrir à tout le monde ? 🙂

Cérès et Vesta – Greg Egan

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Cérès et Vesta
est une novella de science-fiction écrite par l’auteur australien Greg Egan. Publié par le Bélial dans sa collection Une Heure Lumière, vous trouverez ce texte partout en librairie ou sur le site de l’éditeur au prix de 8.90 euros.

De quoi ça parle ?
Cérès et Vesta sont deux astéroïdes colonisés par l’Homme et aux échanges commerciaux étroits : la glace d’un côté, la roche de l’autre. Un beau jour, sur Cérès, un homme politique pointe du doigt les Sivadier, les accusant de « crimes » soi-disant commis par leurs ancêtres. Commence alors un apartheid que vont fuir beaucoup de vestiens, tournant définitivement le dos à leur planète d’origine, faisant d’eux des traitres. Jusqu’au jour où Vesta va réclamer l’un d’eux à Cérès…

Greg Egan & la hard-SF
Cérès et Vesta est le premier texte que je lis de cet auteur réputé pour écrire dans le genre Hard-SF. J’en ai toujours entendu beaucoup de bien et j’ai même acheté Axiomatique qui patiente gentiment dans ma liseuse depuis des mois. J’avais un peu peur du degré d’accessibilité pour une novice comme moi et je dois vous rassurer : tout est parfaitement compréhensible, même la page et demie qui explique de quelle manière s’y prennent les surfeurs pour traverser (qui a quand même son importance) reste intelligible. C’est donc, je pense, une bonne porte d’entrée pour se familiariser avec la plume de Greg Egan. Une porte d’entrée qui donne très envie de découvrir ses autres textes, tout en sachant que ceux-ci sont bien moins accessibles, je pense.

Discrimination
La discrimination est le point central de cette novella. Sur Vesta, une homme commence soudain à vouloir imposer à une partie de la population un impôt plus important en invoquant pour cela des actes commis par leurs ancêtres il y a bien longtemps. Les personnes qui descendent de ce groupe, les Sivadier, sont divisées à ce propos. Certaines préfèrent accepter cet impôt pour garantir leur tranquillité et leur sécurité là où d’autres s’y opposent par principe. Le lecteur va donc suivre Camille, l’une des résistantes qu’on voit quitter la planète au début du roman pour sauver sa vie.

Camille ne sera pas la seule narratrice de ce texte rédigé à la troisième personne. Le lecteur va également rencontrer Anna, qui dirige le spatioport de Cérès et va accueillir les réfugiés de Vesta. Cela permet de multiplier les points de vue et d’avoir la vision de chacun des astéroïdes, ce qui enrichit le propos.

Les parties de Camille se déroulent dans le passé et permettent d’expliciter la situation sur Vesta. On y voit l’apparition de cette improbable proposition de loi et l’apartheid qu’elle déclenche. Infirmière dans un hôpital, Camille va encaisser des menaces ainsi que le refus de patients de se laisser toucher par une descendante des Sivadier. La situation prend des proportions énormes en très peu de temps et n’est pas sans rappeler des morceaux de notre histoire pas si lointaine. La métaphore est puissante et fonctionne un peu trop bien, embarquant le lecteur dans le choix impossible d’Anna. Choix que je ne vais pas vous détailler puisque l’intrigue repose là-dessus. Sachez toutefois qu’on ne peut rester de marbre à la lecture du dernier chapitre.

Immigration
Le thème tristement actuel de l’immigration est également abordé en réponse à cette discrimination subie par les Sivadier sur Vesta. Il n’est en théorie pas permis de quitter la planète, les Sivadier doivent donc ruser et devenir des « surfeurs » c’est à dire s’accrocher à des cargaisons échangées entre Cérès et Vesta, se mettre en état de cryogénisation et réaliser ainsi le voyage qui dure assez longtemps (entre un et trois ans, je ne suis pas bien sûre).

Une fois arrivés sur Cérès, ils sont plutôt bien accueillis mais les échanges qu’a Anna avec l’une de ses amies permettent de réfléchir sur cette question de l’immigration et de s’interroger sur notre propre vision des choses. À nouveau, impossible de ne pas réaliser un parallèle avec notre histoire récente. Plus qu’une novella de science-fiction, ce texte est, à mon sens, une critique sociale qui oblige son lecteur à se poser les bonnes questions. J’ai vraiment été sensible à sa puissance signifiante.

La conclusion de l’ombre :
Cérès et Vesta est une novella de science-fiction qui parle d’immigration et de discrimination. En une centaine de pages à peine, Greg Egan parvient à écrire un texte choc et social qui ne peut pas laisser indifférent. Une nouvelle réussite à ajouter au palmarès du Bélial dans sa collection Une Heure Lumière !

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À l’ombre du (100e) Bifrost : je découvre la revue des mondes imaginaires !

Bonjour à tous et à toutes !

Si vous trainez un peu dans le coin ces derniers jours, vous savez probablement que je me suis abonnée à la fameuse revue Bifrost dont j’ai chroniqué les quatre nouvelles (ici et ). Mais le Bifrost ne se résume pas à un espace où découvrir des récits au format court ! Au fil des différents échanges que j’ai pu avoir avec certains blogpotes non familiers de la revue, j’ai pris conscience que si on connait son nom, on n’a pas forcément toujours une bonne idée de son contenu. Cet article s’adresse donc en priorité à celles et ceux qui aimeraient en apprendre plus à son sujet.

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Les nouvelles
Tout numéro du Bifrost, à l’exception du hors-série consacré à la bande-dessinée en science-fiction, contient au minimum une nouvelle. Dans ce numéro, il y en a quatre mais c’est déjà monté jusqu’à cinq si j’en crois mes quelques recherches sur le sujet. Ce centième opus étant consacré à Thomas Day, l’auteur y propose deux nouvelles dans des styles et des genres littéraires très différents. Je ne vais pas davantage détailler ici puisque je l’ai déjà fait dans deux autres articles précédents. Sachez juste que les deux autres auteurs qui ont participé sont Rich Larson et Catherine Dufour.

Les critiques littéraires.
Plusieurs pages sont consacrées à la critique des derniers romans récents parus en SFFF, francophone ou non. Plusieurs chroniqueurs se partagent la parole et vous en connaissez certains (Apophis, Feydrautha ou Stéphanie Chaptal pour ne citer que celles et ceux que je connais). C’est la partie qui m’a le moins intéressée puisque je suis déjà énormément de blogs et que j’avais entendu parler de la plupart des textes présentés quand je ne les avais pas chroniqué moi-même. Par contre, c’est une rubrique passionnante pour tout qui ne sois pas forcément l’actualité de la blogosphère. De plus, le format court de la critique est assez intéressant et nécessite un exercice de style que je salue bien bas.

Le dossier
Le dossier du 100e numéro était consacré à Thomas Day qui, comme vous le savez peut-être, porte de multiples casquettes (à la fois auteur et éditeur). Il se confie dans une interview qui permet de vraiment mieux cerner l’auteur mais aussi l’éditeur, son parcours, sa personnalité.
Et là, c’est l’instant anecdote…
Dernière édition de Trolls et Légendes, 2018 je pense ou 2019. Je venais de lire la voie du sabre et j’étais ravie d’apprendre que Thomas Day pourrait me la dédicacer lors du festival. Le truc c’est qu’en bonne tête de linotte, j’ai oublié mon bouquin chez moi. Je m’arrête donc près de lui pour le lui dire en souriant de ma bêtise, parce que je tenais quand même à lui exprimer de vive voix mon intérêt pour ses écrits. Étant autrice moi-même, je sais que ça fait plaisir à entendre. Sauf qu’on a à peine échangé deux mots parce qu’il m’a donné l’impression de l’ennuyer, de le déranger, de mal tomber quoi. Je n’en ai pas fait tout un plat parce que les salons, c’est parfois difficile pour le mental puis en tant qu’humain, on peut aussi se tromper sur ses interprétations des ressentis d’autrui. Mais j’en avais gardé un petit pincement au cœur malgré tout.
Grâce à cette interview, j’ai appris que Thomas Day souffre d’une forme d’autisme et que fréquenter d’autres gens est très difficile pour lui. Il prend beaucoup sur lui pour y parvenir, c’est un réel effort. Cela a donné un tout autre éclairage à notre première rencontre et me fait aussi remettre pas mal de choses en perspective. On a tendance à juger un auteur sur son œuvre et à oublier qu’il y a un humain derrière, ce qui peut mener à des qui pro quo désastreux comme ici. Enfin, désastreux, j’exagère un peu mais voilà.

Après cette plutôt longue interview accompagnée de plusieurs photographies d’archive qui retracent la vie de l’auteur depuis son enfance à aujourd’hui, le Bifrost propose un guide de lecture de l’œuvre (très dense !) de Thomas Day. Guide plutôt bienvenu au sein duquel j’ai repéré plusieurs titres intéressants comme l’école des assassins, le double corps du roi ou encore l’instinct de l’équarisseur. Le dossier se poursuit avec une autre interview, celle d’Ugo Bellagamba qui a coécrit avec lui le double corps du roi ainsi que l’école des assassins. J’ai trouvé intéressant d’avoir cet autre éclairage sur l’apport qu’a eu Thomas Day en tant qu’auteur mais également éditeur. C’était très édifiant.

Enfin, ce dossier se conclut sur une bibliographie de l’auteur qui m’éblouit et me terrifie à la fois : 13 romans, 7 recueils, 16 anthologies, 9 BD et 121 nouvelles… Et il a 48 ans. Stupéfiant non ?

Scientifiction
Si j’ai bien compris le principe de cette rubrique, il s’agit d’écrire un article sur la manière dont on utilise, en (science)fiction, un élément scientifique comme, ici, l’antimatière. Roland Lehoucq commence en parlant brièvement de l’origine de la découverte et du concept en lui-même puis en retrace l’histoire au sein de la littérature ou plus largement de la fiction peu importe le média. J’ai trouvé l’article très intéressant mais pour moi qui suis novice, il m’a fallu une bonne dose de concentration et quelques déductions peut-être hasardeuses pour bien tout comprendre. Pas grave, c’est en forgeant qu’on devient forgeron et je sens que je vais beaucoup l’aimer, moi, cette rubrique.

Infodéfonce et vracanews
Ce numéro se conclut sur une petite rubrique reprenant ici les résultats de divers prix littéraires (le Hugo, le Rosny Aîné, notamment) et l’annonce du vote des lecteurs pour la meilleure nouvelle du Bifrost de cette année. Vote auquel je ne vais pas participer puisque je n’ai pu lire que celles contenues dans ce numéro ! Ça ne serait donc pas très juste.

La conclusion de l’ombre :
Je me suis longtemps tâtée à m’abonner ou non au Bifrost car je n’ai jamais été très portée sur les revues. Pourquoi sauter le pas ? Et bien, déjà, en partie grâce aux blogpotes qui en parlent et qui semblent très contents de leurs découvertes mais également parce que je suis curieuse de faire évoluer mon rapport à la littérature de l’imaginaire et de découvrir une nouvelle vision de celle-ci. Je me réjouis déjà de lire le prochain numéro !
D’ailleurs, si vous souhaitez vous abonner (au format papier ou numérique) c’est ici que ça se passe.

D’autres avis : AlbédoCélindanaé – vous ?

À l’ombre du (100e) Bifrost : Circuits de Rick Larson & des millénaires de silence nous attendent de Catherine Dufour.

Bonjour à tous !
Vous vous souvenez ? Je me suis abonnée au Bifrost récemment et j’ai très envie de partager avec vous mes découvertes et mon enthousiasme. Il s’agit donc du second article à ce sujet, le premier étant consacré aux deux nouvelles de Thomas Day. Attardons-nous à présent sur celles de Rich Larson et de Catherine Dufour.

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Circuits – Rich Larson
Date de lecture : 30 octobre 2020.
La nouvelle s’ouvre sur une description très photographique d’un paysage désertique et d’un train lancé dans sa course. Au sein de ce train se trouve Mu, qui est l’I.A. de la machine. Rich Larson n’a besoin que de quelques lignes pour instaurer une ambiance dérangeante, oppressante, sans que le lecteur n’arrive à mettre tout de suite le doigt sur ce qui cloche. En effet, les passagers ne réagissent pas aux sollicitations de Mu et la révélation tombe l’air de rien, au détour d’une phrase où on apprend que le train où Mu existe multiplie les trajets, en boucle, qu’elle en est à son 81 157e circuit. On imagine aisément qu’elle trouve le temps long… Jusqu’au moment où elle reçoit un signal qui va la sortir de sa monotonie.

La nouvelle compte seulement 8 pages de texte mais Rich Larson n’a pas besoin de davantage pour envoyer du lourd ni laisser une forte emprunte sur l’esprit de son lecteur. Le style est maîtrisé de bout en bout, pas la moindre fausse note. J’ai beaucoup apprécié cette mise en bouche et je pense me laisser tenter par son recueil qui vient de sortir au Bélial : la Fabrique des lendemains.

D’autres avis : pas encore mais cela ne saurait tarder !

Des millénaires de silence nous attendent – Catherine Dufour.
Date de lecture : 31 octobre 2020
Cette nouvelle raconte deux histoires en parallèle : celle de Claude, une jeune femme qui commence subitement à grandir et celle de Caroline, une dame âgée qui commence à songer au suicide médicalement assisté. L’une comme l’autre subissent des pressions assez intenses de la part de leur proche et encaissent des réactions plutôt violentes face à ce qui peut leur arriver. Claude parce qu’elle n’est pas suffisamment féminine et que son corps, en grandissant, a tendance à se masculiniser. Sans compter que les médecins ne la croient pas quand elle affirme grandir. Ces changements vont entrainer Claude dans une spirale de rejets professionnels mais aussi personnels, de la part de ses parents par exemple qui pensent qu’elle change de genre alors que pas du tout. Ce n’est pas dit explicitement mais je l’ai compris comme ça.

Quant à Caroline, elle est vieille mais ne meurt pas suffisamment vite. Du coup, elle dépense son argent, elle ose s’offrir de nouveaux yeux pour plus de confort de vie, ce que son gendre qualifie de gâchis. Les repas de famille se font dans une ambiance assez tendue et son fils, qui la défendait auparavant contre les propos de ce désagréable gendre commence à se taire. On comprend alors la valeur d’une vie face à un potentiel héritage… Cette prise de conscience est sordide et instille efficacement un sentiment d’horreur, de révolte aussi.

Les réflexions adressées à l’une comme à l’autre ne peuvent que heurter. Catherine Dufour parle ici de la femme, des pressions qu’elles subissent quoi qu’elles fassent. Leurs deux histoires sont racontées en parallèle l’une de l’autre, en alternance, un petit bout pour chaque, jusqu’à finalement se rejoindre à la toute fin. Une fin… ma foi, plutôt belle qui m’a tiré un sourire satisfait. L’autrice n’a plus à démontrer son talent en matière d’écriture ni sa maîtrise pour le genre de la nouvelle. Une réussite ! Elle a également sorti un recueil de nouvelles (l’Arithmétique terrible de la misère) cette année au Bélial qui risque de finir dans ma PàL si tous les textes sont à la hauteur de celui-ci. Et, sincèrement, je n’en doute pas.

D’autres avis : L’épaule d’Orion – vous ?

Maki