La Première Loi #2 Haut et court – Joe Abercrombie

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Haut et court
est le second tome de la trilogie de La Première Loi écrite par l’auteur britannique Joe Abercrombie. Publié chez Bragelonne au format poche, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 9.20 euros.

De quoi ça parle ?
Souvenez-vous, je vous ai récemment parlé du premier tome.
Dans celui-ci, l’intrigue se divise entre trois groupes à trois endroits du monde. On va suivre Glokta, envoyé dans la ville de Dagoska pour trouver ce qui est advenu du Supérieur de l’Inquisition local et repousser les Glurkiens qui se massent aux portes, bien décidés à conquérir la cité. On retrouvera également le Nord avec le Colonel West et l’ancienne bande de Logen, à présent dirigée par Séquoia, qui doivent affronter les troupes de Bethold avec, à leur tête, un prince héritier pas franchement qualifié (coucou, ceci est l’euphémisme de l’année). Et enfin, nous marcherons sur les pas de Bayaz et du groupe hétéroclite qu’il a rassemblé : Logen, Luthar, Ferro, Long-Pied et Quai, en route pour le bout du monde où ils espèrent dénicher une arme magique ancienne capable de ramener un semblant d’ordre dans tout ce chaos.

Des personnages qui évoluent.
À l’instar du premier tome, la grande force de celui-ci reste ses personnages et leur évolution. L’Inquisiteur Glokta par exemple, devenu Supérieur de la ville de Dagoska, continue d’obéir à l’Insigne Lecteur mais de moins en moins aveuglément. Les évènements lui permettent de se rendre compte de la vacuité de certaines décisions et de développer des soupçons, à peine esquissés pour le moment mais qui, je n’en doute pas, trouveront tout leur intérêt dans le troisième tome. Il conserve son cynisme qui faisait tout son charme et se complexifie. On découvre aussi une facette de cet homme pas totalement dépourvu de compassion finalement, même si ça ne joue pas tant que ça en sa faveur…

Glokta constitue un premier point de vue que l’on suit. Un second est celui du groupe de Nordiques, anciennement sous la direction de Logen (chacun pense que l’autre est mort alors que non) et à présent avec Séquoia comme chef. À la fin du premier tome, ils se décidaient à rejoindre les soldats de l’Union pour combattre Bethod et vont pas mal déchanter en voyant qui est à la tête de l’ensemble. Deux personnages se détachent : West, qui permet de voir ce qui se passe dans les rangs de l’Union et d’avoir régulièrement envie d’étouffer le prince Ladisla dans la neige, ainsi que Renifleur, pour s’attarder sur une vision Nordique du fonctionnement de l’Union et surtout, du groupe d’Hommes Nommés. J’ai beaucoup apprécié suivre davantage ces personnages qui étaient un peu occultés par l’ego de Lothar (pour West) dans le premier volume ou tout simplement par les évènements (pour les autres).

Dernier groupe et non des moindres, celui formé par Bayaz pour se rendre sur une île au Bout du Monde afin de s’emparer de la Graine, un morceau d’au-delà qui lui permettrait de réparer ses erreurs et de sauver le monde du chaos, grosso modo. Dés le départ, en tant que lecteur, on sent que quelque chose cloche avec cette quête mais elle a au moins le mérite de voir du paysage et de mettre un peu de plomb dans la tête de Lothar qui signe l’évolution la plus intéressante du roman. C’est aussi l’occasion de retrouver Logen, fidèle à lui-même et Ferro, dont la psychologie s’épaissit dans ce second volume. Je vais y revenir.

Davantage de personnages féminins.
Souvenez-vous, dans ma chronique du premier tome, je déplorais la quasi absence de personnages féminins. Ici, c’est beaucoup moins le cas ! On retrouve Ardee assez sporadiquement ainsi que la Tourmenteuse Vitari qui accompagne Glokta bien malgré lui. Ferro a droit à de nombreux chapitres de son point de vue (ce qui parvient à me la rendre très sympathique finalement alors qu’elle me gonflait dans le premier tome) et même du côté des Nordiques, on rencontre Cathil, ancienne prisonnière d’un pénitencier où West a du recruter du monde pour les forges de son armée, parce que personne n’a voulu lui laisser du personnel qualifié. Ces femmes sont aussi différentes les unes des autres qu’il est possible de l’être et possèdent une vraie personnalité, sans se définir en fonction d’un homme. Et pourtant, on a bien un ou deux intérêt… pas romantique (faut pas abuser, enfin… c’est compliqué et c’est ça qui est beau : la nuance) mais disons, charnel, sans que ça ne paraisse forcé, voyeuriste ou inutile. Que du contraire ! Une belle évolution donc.

Une intrigue sans temps morts.
Si je reprochais au premier tome de compter un certain nombre de longueurs et de (trop) prendre son temps pour poser les différents personnages et enjeux, ce volume ne souffre pas, selon moi, du même souci. Les pages se tournent sans en avoir l’air et j’ai même l’impression que le découpage des chapitres est mieux maîtrisé, plus dynamique, avec un format un brin plus court mais qui fonctionne admirablement, sur moi en tout cas. Je n’ai pas senti les pages se tourner et je suis arrivée à la fin un peu surprise d’y être déjà. Sans exagérer, j’ai dévoré ce tome et je me réjouis de découvrir la conclusion de cette première trilogie de Joe Abercrombie.

La conclusion de l’ombre :
Haut et court est le second tome de La Première Loi et propose une suite qui dépasse largement Premier Sang. Les quelques défauts relevés (des longueurs, des personnages féminins quasiment absents) ont tous été gommés par l’auteur et ce, avec brio. Je me suis régalée avec cette suite et je ne vais pas tarder à lire la conclusion. Voilà une saga de fantasy tout à fait recommandable !

D’autres avis : Le culte d’ApophisL’ours inculteLe Bibliocosme (Boudicca) – vous ?

18 réflexions sur “La Première Loi #2 Haut et court – Joe Abercrombie

  1. Pingback: La première loi #3 dernier combat – Joe Abercrombie | OmbreBones

  2. Ah chouette, je suis contente que le tome 2 t’ai plu ! 🙂 J’étais aussi très mitigée après le premier volume mais celui-ci m’a totalement convaincue, et je te rejoins sur la question des personnages féminins qui prennent effectivement plus d’ampleur et son bien traités. Le troisième tome est du même acabit 😉

  3. Pingback: BML #30 – décembre 2020 | OmbreBones

    • Ah c’est clairement ce que j’ai moi-même ressenti sur le premier tome ! J’ai été agréablement surprise par celui ci justement parce qu’on entre enfin dans le vif du sujet et toute la grosse introduction prend son sens (même si on aurait pu concrètement s’en passer mais bon…)

  4. Pingback: Haut et court – Joe Abercrombie | Le culte d'Apophis

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