À l’ombre du Japon #29 { Chobits #5 ; Reborn ! #1 ; Tokyo Revengers #10 }

Ohayô minasan !
Nous voici déjà de retour avec un épisode consacré aux trois premiers mangas lus en 2021 ! Et c’était plutôt pas mal comme cuvée…

3
Je n’ai pas encore évoqué Chobits sur le blog en format tome par tome. Je vous en ai parlé au détour d’un article ou l’autre, notamment dans les mangas que je vous conseillais de mettre sous le sapin en 2020 maiiiis voilà, j’ai envie de vous écrire quelques mots sur ce cinquième tome qui sert un peu de transition, apporte de nouveaux éléments et surtout, amorce une thématique qu’on connait bien quand on évoque des robots à apparence humaine : peuvent-ils remplacer l’humain en tant que personne genrée et donc, par extension, membre d’un couple ?

C’est quelque chose dont le tome 4 parlait déjà avec un retour sur le passé du patron de la boulangerie où Chii travaille. La fin du tome 5 le rappelle et remet le lecteur en face de ces questions compliquées qu’on a tendance à un peu oublier au contact de Chii et Hideki. De plus, depuis le tome précédent, Chii a été enlevée par un informaticien obsédé par les légendaires Chobits. Il est persuadé que Chii en est un et va tout mettre en œuvre pour percer ses secrets. Ainsi formulé, on oublie d’autant plus aisément que Chii est, en théorie, un simple ordinateur… C’est d’autant plus vrai que Hideki se morfond d’inquiétude à l’idée qu’on lui fasse le moindre mal, là où son ami Shinbo va justement incarner la « voix de la raison » pour lui rappeler que dans le pire des cas, il suffira d’effacer sa mémoire, car Chii n’est qu’un programme.

Mais l’est-elle vraiment ? Les quelques passages avec la mystérieuse autrice du livre pour enfant (dont je tais à dessein l’identité pour ne pas trop vous divulgâcher des éléments importants) qui semble raconter les éléments de la vie de Chii et Hideki laissent à penser que non et que le créateur de Chii poursuivait justement un certain but en la créant. Personnellement, j’imagine qu’il cherchait à prouver que les programmes peuvent développer des émotions mais je me trompe peut-être ? À voir.  Bref, cette intrigue ainsi les réactions des différents personnages permettent de construire un fond réflexif assez solide tout en donnant la parole à chaque point de vue sans pour autant oublier l’intérêt de l’histoire en elle-même. Un beau boulot et je n’ai qu’une hâte : lire le tome 6 !

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

4
Lilysatis (aka Aurélie Mendonça) m’a offert le premier tome de Reborn ! lors d’un concours et j’étais très curieuse de découvrir ce manga qui compte tellement à ses yeux qu’elle en a tatoué l’un des personnages sur sa peau. Je dois dire que la lecture de ce premier tome m’a décontenancée… Et je vais tenter de vous expliquer pour quelle raison.

Déjà, le pitch de base n’est pas (si) banal : Tsunayoshi Sawada est un raté autant sur un plan scolaire que sportif. Sa mère décide donc d’engager un prof particulier, Reborn, qui est… un bébé en costume (?!) mais aussi le plus puissant tueur à gage de la mafia italienne. Il travaille d’ailleurs pour la famille Vongola dont le chef l’a envoyé au Japon pour former Tsuna à prendre sa suite puisque tous les autres candidats sont morts et qu’il est le dernier avec du sang Vongola dans les veines. Ma première réaction à la lecture du résumé a été de sourire et de penser : mais what the fuck ?!

On sent directement qu’il ne faut pas attendre de ce titre quelque chose de sérieux et juste se laisser porter par le délire. Il se passe d’ailleurs plein de choses pendant ce premier tome, presque… trop de choses si on veut être honnête. Les gags s’enchainent au point de devenir prévisibles et un peu lourds, des personnages arrivent trop rapidement, ça part dans tous les sens et dans tous les excès avec le concept de balle de la dernière volonté. En deux mots, il s’agit d’une technologie propre à la famille Vongola qui fait que quand on tire dans une partie du corps avec, on obtient un pouvoir spécifique et si elle « tue » elle ramène sa victime à la vie avec une énergie supérieure qui la pousse à accomplir sa dernière volonté. Au bout de cinq minutes, la personne redevient totalement normale. Par contre si on tire sur quelqu’un qui n’a pas de regret et donc de dernière volonté, la balle sert juste à le / la tuer…

Les idées sont présentes, hélas c’est un peu trop brouillon à mon goût et si j’ai souri une fois ou deux, j’ai quand même trouvé ce tome assez long, lourd, sans réussir à comprendre où le mangaka voulait aller. Je me suis alors renseignée, perplexe, pour comprendre ce qu’Aurélie trouvait de si extraordinaire à ce manga et je suis tombée sur un article qui expliquait qu’au tome 8 (la série en compte 42) le manga prend un tournant radical, gagne en sérieux, se complexifie, etc. Je pense donc continuer à découvrir cette série pour juger par moi-même mais plutôt en l’empruntant dans une bibliothèque. Après, honnêtement, si je n’avais du me fier qu’à ce premier tome sans savoir à quel point cette série comptait aux yeux d’une autrice que j’apprécie, j’aurais cessé l’aventure aussi sec. Comme quoi, parfois, cela vaut peut-être la peine d’aller un peu plus loin… Suite au prochain épisode donc !

D’autres avis sur ce tome : SunreadAsia4Ever2 – vous ?

5
Je vous ai parlé du tome 9 sur le blog à la fin du mois de novembre en partageant une réflexion au sujet des suites qui mettent trop longtemps à sortir (à mon goût) et font que mon intérêt a tendance à décliner, sauf pour de rares titres. Cela commençait à être le cas avec Tokyo Revengers mais le dixième opus a prouvé que, quand un mangaka s’en donne la peine, même plusieurs mois entre deux tomes ne constituent pas un réel problème pour stimuler l’intérêt des lecteurs. Je trouve que ce volume rend un nouveau souffle à la série et gagne encore en violence avec des enjeux qui se précisent et des décisions à prendre qui ne sont pas évidentes sur un plan moral. Une fois de plus, Takemichi a du retourner dans le passé afin d’empêcher un affrontement entre le Toman et le Black Dragon dont l’issue risque de changer totalement la personnalité de Hakkai, avec les conséquences que l’on sait sur le futur. Mais cette fois, il ne devra pas trouver seul des solutions puisqu’il va avouer toute la vérité à quelqu’un…

Même si je n’ai eu aucun mal à me replonger dans l’histoire, je regrette toujours que l’éditeur (ou le mangaka ?) n’ajoute pas un récapitulatif des personnages et des tomes précédents au début de cette série alors que ça se fait régulièrement ailleurs (et même chez Glénat de mémoire). Son absence pose un vrai problème à mon sens pour des tomes un peu plus « faibles » ou « de transition » comme l’était, par exemple, le 9.

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

Et voilà c’est déjà terminé ! Il faut dire qu’il n’y a pas toujours énormément à écrire au sujet des suites et c’est bien pour ça que je rassemble plusieurs tomes en un seul article. N’hésitez pas à me donner vos propres impressions dans les commentaires 🙂

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #28 { Black Butler : arc music-hall, coup de théâtre & flashback }

Ohayô minasan !
Comme vous le savez peut-être si vous suivez le blog avec assiduité, j’ai décidé de relire le manga Black Butler en 2020 et ce pour plusieurs raisons. Déjà, au premier confinement, je suis tombée à court de manga… Ensuite, l’arc actuellement en cours de publication me laissait perplexe et je voulais relire toute la série en possédant les informations qu’il contient pour voir si ça sortait vraiment de nulle part ou pas. Ainsi, je vous ai d’abord parlé des trois premiers tomes avant de m’arrêter sur le Prince Sôma et sur l’arc Noah’s Ark Circus pour continuer sur les meurtres au Manoir ainsi que sur le fameux Book of Atlantis. À partir de ce moment-là, j’ai cessé de regrouper les arcs par deux pour consacrer un article complet par arc puisque les suivants se révèlèrent plus dense. Je vous ai donc parlé du Weston College puis de Sieglinde Sarivan.

Cet article sera donc dédié à ce que je vais appeler « l’arc music-hall » qui introduit l’arc narratif en cours de publication puisque sa semi résolution va se conclure sur un coup de théâtre, un retournement de situation totalement inattendu qui, quand je l’ai lu pour la première fois, m’a franchement laissée à deux doigts de balancer le manga à l’autre bout de la pièce alors qu’on parle de ma saga favorite là… Vu où nous en sommes, il est évident que cet article contiendra des éléments d’intrigue. Vous êtes donc prévenus si vous choisissez de le lire !

Le retour des P4 et l’arrivée des idoles.
Souvenez-vous, dans l’arc du Weston College, j’ai évoqué quatre préfets pour chaque maison existante au sein de l’institution. Ces préfets ont été renvoyés à la fin de l’arc concerné puisqu’ils avaient commis un crime odieux, même s’ils avaient ce qu’on peut appeler de bonnes raisons / des circonstances atténuantes. On les retrouve ici en idoles, impossible d’utiliser un autre mot que celui-là puisque Yana Toboso s’amuse à transposer dans l’Angleterre victorienne ce concept japonais très contemporain. Les P4 deviennent un groupe de chanteurs et performeurs, les Stars Four, qui attirent en masse le public au sein du music-hall.

L’existence de cet endroit inquiète la Reine puisque les gens s’y rendent sans distinction de classe sociale, qu’on y sert gratuitement de la nourriture à tous et que sa fréquentation semble créer une addiction. C’est donc assez naturellement que le Noble du Mal (Ciel, pour ceux qui ne suivent pas) est dépêché sur place pour enquêter, d’autant plus qu’Elisabeth (la fiancée de Ciel) semble également tombée dans les filets de cette organisation.

Commence alors une enquête qui permet à la fois de découvrir les premiers balbutiements de la transfusion sanguine tout en montrant à quel point on peut facilement manipuler une foule quand on a la bonne méthode. Je me réjouis de voir ce que donnera l’adaptation animée, s’il y en a une, parce que les chansons risquent d’être géniales ! Bref, on se rend rapidement compte que ce music-hall n’est pas clair, sans pour autant se douter d’à quel point tout cela va loin…

Malgré l’aspect idole un peu comique et quelques scènes franchement drôles, cet arc marque selon moi un tournant au sein du manga puisqu’il est plus sombre et plus violent que les tomes précédents et ce, de manière plus franche. Déjà par les nombreux cadavres qui le parsèment mais aussi par ce qui arrive à Aghni et le retour fracassant de quelqu’un d’inattendu à la toute fin du 26e tome, ce qui donne lieu à un long flashback qui durera un tome entier (le 27e).

25
Le passé de Ciel.

On apprend en effet que Ciel avait un frère jumeau qu’il a vu mourir de ses yeux et qui, pourtant, se tient devant lui. On comprend alors que le Ciel, qu’on suit depuis le début du manga, est un imposteur, une « pale copie » comme il se qualifie lui-même. Le lecteur est ainsi plongé dans une réécriture de l’histoire des Phantomhive puisque tous les acquis, toutes les certitudes, volent soudainement en éclat. Et à ma première lecture, je dois dire que j’étais assez contrariée de ce choix scénaristique qui sortait littéralement de nulle part. Sauf que quand on relit la saga avec cette information, on se rend compte que tout s’emboîte bien (selon moi en tout cas) et on peut même justifier le fait que personne n’a jamais évoqué l’autre jumeau par une pudeur toute britannique face au deuil de Ciel (qui n’est pas Ciel donc mais se faisait passer pour lui ! Ce qui explique aussi que Sebastian ne l’appelle jamais par son prénom, puisqu’il ne peut pas mentir… Bien vu non ?). C’est toujours un brin gros mais disons que ça passe.

Ce tome flashback met donc en scène les jumeaux, Vincent et Rachel Phantomhive (leurs parents), leur si belle vie de famille jusqu’au 14 décembre soit le 10e anniversaire des jumeaux, où tout le monde est massacré et les deux enfants enlevés par une secte satanique qui va « souiller leur âme » (je reprends leurs mots, on comprend par quelques cases pudiquement esquissées ce que ça signifie dans les faits et j’ai vraiment apprécié que Yana Toboso ne tombe pas dans le voyeurisme malsain puisque ces horreurs ont encore plus de poids sans être montrées directement) pour les sacrifier et tenter d’invoquer un Diable.
Et la boucle est bouclée.

C’est d’ailleurs l’occasion de voir précisément comment Ciel et Sébastian ont passé leur pacte, en quels termes et d’être un brin, peut-être, interloqués par le sang froid de ce garçon d’une dizaine d’années à peine qui réussit habilement à négocier avec un tel être. Mais bon, on connait l’intelligence de Ciel, sa ruse et on peut trouver quelques justifications pour étouffer toute crédulité. D’autant que si on arrive à presque trente tomes de lus, on ne s’arrête pas à si peu. On sait que Ciel est intelligent et qu’il a été forgé dans les épreuves.

Voilà donc où nous en sommes sur l’arc en cours de publication : deux « comtes » de Phantomhive, un légitime et l’autre qui a pris sa place pendant deux ans, qui vont s’affronter probablement et révéler les derniers secrets qui entourent cette famille ainsi que, on l’espère, l’origine du drame qui les a frappé dont on ne connait toujours pas l’instigateur. Je vais reprendre tranquillement ma lecture de la série avec les tomes 28 et 29 et attendre que l’arc se termine pour vous en reparler à l’avenir sur le blog.

Dix ans de Black Butler.
C’est dans le tome 25 que Yana Toboso dessine un chapitre spécial autour de Halloween pour fêter les 10 ans du manga. Dix ans ! Incroyable non ? Et je pense que j’ai commencé ma lecture peu de temps après la sortie du tout premier tome… Black Butler est indubitablement la série à laquelle j’accroche le plus sur le long terme et qui gardera toujours une place spéciale dans mon cœur. Je suis contente d’avoir pris le temps de vous en parler à travers une série d’articles sur le blog et j’espère que cela vous a plu même si j’ai conscience que parler d’une série en cours en évoquant des éléments d’intrigue peut poser des problèmes à celles et ceux qui ont pour projet de la lire. Mais bon, j’avais quand même très envie de vous faire partager ma passion pour ce titre et c’est à présent chose faite !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #27 : { Nos temps contraires #2 ; Je suis un assassin (et je surpasse le héros) #2 ; Blue Flag #7 }

Ohayô minasan !

Premier article consacré à mes lectures mangas de l’année 2021, c’est pas beau ? Au programme du jour, uniquement des suites et quelles suites…

16
Souvenez-vous, je vous ai parlé de ce manga il y a quelques semaines. J’avais trouvé le premier tome brouillon et peu clair au point d’avoir du mal à rentrer dedans. Finalement, la sensibilité dégagée par l’intrigue et les questionnements philosophiques de la fin ont réussi à me donner envie de lire le tome 2 et j’ai très bien fait ! Déjà, celui-ci s’ouvre sur un récapitulatif très complet et plus que bienvenu. On rappelle les personnages, les évènements du tome précédent mais on explique également les concepts comme les contrats sociaux, les niveaux de parenté des néotènes, la façon dont tout s’emboîte pour former cette société futuriste. Ce glossaire permet de reprendre la lecture dans les meilleures conditions.

Ce tome 2 se déroule une vingtaine d’années après le premier. On retrouve Arata, devenu ingénieur, qui cherche à mettre au point un système de survie pour les personnes atteintes de la maladie de Daphnée. Il s’occupe d’ailleurs d’une petite fille de huit ans, Gigi, qui souffre elle aussi de ce mal. Dans ce tome, on évoque beaucoup la mort et la façon dont celle-ci est régulée au sein de cette société, ce qui pose pas mal de questions éthiques pour un lecteur du 21e siècle. En effet, les personnes vouées à mourir pour x raison ont leur nom qui apparait sur une liste et doivent se présenter pour une euthanasie, en ayant seulement le droit d’être accompagnée par son partenaire tertiaire pour lui tenir la main dans ce passage d’un état vers un autre. Pour arriver sur cette liste, il faut remplir un certain nombre de critères qui restent assez nébuleux et qu’on imagine liés à l’utilité que la personne peut avoir pour la société. Il ne faut pas oublier que la place est limitée dans ces stations et qu’on ne peut enfanter qu’avec une autorisation. Pour que cela soit possible, il faut donc que des gens meurent. Quant aux néotènes, à la longévité si extraordinaire, on comprend alors qu’ils doivent se montrer très utiles pour gagner le droit de « prendre une place » pendant si longtemps.

Contrairement au premier volume, celui-ci est très clair, au rythme bien maîtrisé et déborde d’émotions. C’est vraiment un manga captivant et d’une fine intelligence, je suis contente d’avoir persévéré dans ma lecture et j’ai hâte de lire le tome 3 !

D’autres avis : Pas encore sur le second tome mais ça ne saurait tarder.

17
J’avais consacré tout un article au premier tome de Je suis un assassin (et je surpasse le héros) pour évoquer l’aspect fantasy et JDR qui transcende ce titre. Dans cette suite, on retrouve tous les ingrédients du premier volume avec des enjeux qui se précisent. Suite à la mort du Commandant, Akira décide de farmer seul un donjon qui compte des dizaines de niveaux afin de développer ses compétences et d’affronter ses ennemis qui ne cessent de se multiplier. C’est l’occasion pour lui de rencontrer une coéquipière inattendue et pour le lecteur de comprendre que cette magie de l’ombre a plus d’un tour dans son sac. C’est un volume un peu de transition quoi qu’il ne manque pas d’intérêt, d’action ou de dynamisme. Je continue à apprécier ma lecture et il est certain que je vais lire le tome 3 dés sa sortie !

D’autres avis : Pas encore sur le tome 2 mais cela ne saurait tarder !

18
Ce n’est que la seconde fois que j’évoque ce manga sur le blog alors que je viens de lire le septième volume. Je voulais y consacrer un article plus développé tant ce titre est une magnifique découverte mais voilà, je ne résiste pas à l’envie d’écrire quelques lignes au sujet du pénultième volume de cette série tranche de vie / lycéenne où on aborde la question de l’homosexualité au Japon, de l’avenir, de l’identité tout court de manière générale. Ce volume est plein de très belles pages et de questions fines : le jugement des homophobes, le jugement SUR les homophobes, ce qu’est l’amitié et ce qu’elle implique, les ravages que peut causer une simple rumeur dans un environnement fermé sur lui-même comme le lycée… C’est bien fichu avec ce qu’il faut de drama et de bienveillance pour que ça ne devienne pas inutilement lourd. Le ton global est plus sérieux mais cela devait arriver et permet à la tension de monter petit à petit avant le gros final. J’ai eu les larmes aux yeux en arrivant à la fin et l’attente jusque mars va être longue puisque c’est à ce moment-là que doit sortir l’ultime tome de la saga.

Toutefois, j’ai lu à quelques reprises que certaines personnes avaient eu du mal avec ce tome, jugé artificiel dans les interactions entre les personnages qui ont des réflexions trop poussées pour des adolescents et qui n’ont, jusqu’ici, pas eu d’interactions aussi « peu naturelles ». Je dois avouer que c’est en y pensant après coup que cette réflexion m’est venue, tant j’ai été prise par la justesse des propos avancés. Le seul élément qu’on peut regretter c’est que, finalement, ce septième tome est aussi une transition (avec ce que ça implique de maladresses ?) vers la fin qui va devoir taper très haut pour ne pas décevoir.

D’autres avis : Les voyages de LyLe parfum des motsÀ la découverte du JaponIl était une fois un manga – vous ?

Et voilà, c’est déjà terminé pour cette fois ! J’espère que vous avez apprécié ces courts retours et qu’ils vous ont donné envie de commencer ces séries, si ce n’était pas déjà fait.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #25 { Mieruko-chan #1 ; Tokyo Revengers #9 ; Billy Bat #11, #12, #13 }

Ohayô minasan !
Nous voici déjà de retour (comme promis !) pour un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon où on parle de quelques sorties du mois de novembre… Mais aussi d’une série que je continue avec quelques difficultés. J’ai conscience que j’ai à peine évoqué deux de ces titres sur le blog puisque je comptais écrire des articles plus conséquents à leur sujet mais j’ignore encore si je vais me plier à l’exercice finalement. Si j’en parle, c’est surtout pour aborder certaines problématiques propres à l’univers du manga. J’espère que cet épisode un peu « spécial » vous plaira 🙂

mieruko-chan-1
Je n’accroche pas plus que ça au catalogue d’Ototo qui ne me correspond tout simplement pas en tant que lectrice. J’ai eu envie de laisser sa chance à Mieruko-chan après la très belle chronique de l’Apprenti Otaku sur le sujet mais malheureusement, si je n’ai pas détesté, on ne peut pas dire que je suis spécialement emballée non plus…

Du jour au lendemain, Miko commence à voir des créatures monstrueuses qui semblent être des esprits puisqu’elles n’influent pas sur le monde réel. Déjà, elle conserve un stoïcisme assez épatant face à ça en partant du principe que si elle se comporte comme si elle ne voyait rien, ces créatures la laisseront en paix. Plutôt malin sauf que j’ai du mal à croire qu’on puisse se contrôler à ce point vu l’horreur des machins… Surtout la première fois. Mais soit, mettons. Tomoki Izumi enchaîne alors les situations désagréables pour Miko qui essaie de protéger sa meilleure amie de ces monstres qui s’accrochent à elle et ne manquent pas une occasion de la peloter. Un peu comme l’auteur, d’ailleurs, qui enchaîne les postures un peu trop aguicheuses pour le concept du manga avec des gros plans inutiles sur les fesses et le corps de Miko comme sur celui de son amie Hana. Si cet aspect m’a fait rouler des yeux, je trouvais toutefois le concept du manga intéressant sauf qu’en arrivant au bout de ce premier tome, je me rends compte qu’il ne s’est rien passé. Il n’y a eu aucune amorce d’intrigue, aucun réel mystère (désolée mais introduire le coup du père une case avant la fin, voilà quoi…) bref rien pour accrocher mon attention et me pousser à lire la suite. Dommage parce qu’il y avait du potentiel.

18
Je n’ai pas encore écrit d’article plus dense sur cette série même si je l’avais prévu. Je voulais arriver à la fin d’un arc, ça a été plus ou moins le cas avec le tome précédent mais j’ai loupé le coche et bref, je procrastine. Pourquoi parler du tome 9, alors ? Et bien parce que j’avais envie de partager une petite réflexion en passant, au sujet des suites…

Les tomes de Tokyo Revengers sortent assez rapidement, un tous les deux mois si je ne me trompe pas. Quand j’ai commencé la série, j’ai pu enchaîner les 8 premiers à la suite et ça a contribué à conserver mon intérêt intact. J’ai lu celui-ci deux mois après le 8 donc et j’ai eu un peu plus de mal à me replonger dedans, à me remémorer qui est qui notamment puisqu’il n’y a toujours pas de récapitulatif au début. J’ai vu passer une réflexion à ce sujet sur Twitter et je me demande si je ne vais pas mettre ma lecture en pause, tout en achetant les tomes à leur sortie, pour les enchaîner par paquet de trois ou de cinq. Ça paraît peut-être un brin étrange mais j’ai eu la même chose avec Noragami ou, plus récemment, Magus of the Library et je me dis que ça pourrait être une bonne façon de procéder pour continuer de m’accrocher à des mangas qui me plaisent et d’en profiter pleinement sans que ma mémoire ne fasse tout foirer.

Vous en pensez quoi, vous ? Vous le faites aussi ? Vous avez des problèmes pour accrocher sur le long terme quand la parution est trop espacée ? Est-ce que, justement, un bon manga(ka) doit réussir à passer outre cela ?

J’avais mis la lecture de Billy Bat en pause puisque je n’ai pas pu récupérer immédiatement la suite auprès de mon libraire qui me les prête. D’abord, il a été malade, puis moi, puis le temps a un peu passé et bref nous voilà plusieurs semaines plus tard. Je me suis remise à la lecture avec le tome 11 en me rendant compte que ça ne me manquait pas plus que ça en fait. Mais bon, ils étaient là alors autant continuer… Ce tome, donc, qui se révèle marquer un tournant décisif dans l’histoire avec la disparition d’un personnage assez marquant. Je suis restée coïte devant cette scène qui a eu le mérite de me surprendre à défaut de me plaire. Puis le manga a fait un bond dans le temps, en quelques sortes, jusque dans les années 1980 même si on a encore certains passages qui se déroulent dans le passé. Le chapitre « Albert et Adolf » a été hyper impactant pour moi (fallait quand même l’oser) ainsi que tout ce qui est révélé sur l’Allemagne nazie mais j’ai un peu de mal avec le nouveau « personnage principal » pour qui je ne ressens pas vraiment d’attachement. De plus, j’ai le sentiment que l’intrigue tourne en rond, se répète, tire en longueur et mon intérêt décroît petit à petit. Si je n’étais pas plus proche de la fin que du début et si j’avais du acheter les autres tomes, il est probable que j’aurais arrêté la série avec le tome 11. Toutefois, comme on me les prête, je vais voir ce que raconte le 14 avant de me décider, quitte à lire l’explication finale sur ce qu’est Billy Bat (si on le sait, du moins) par la suite.

C’est dommage parce que quand je vois l’enthousiasme de certains sur cette série et cet auteur, j’ai vraiment l’impression de passer complètement à côté de quelque chose. Peut-être que Naoki Urasawa n’est pas fait pour moi… Vous en pensez quoi, vous ? Ça vous est déjà arrivé de ne pas aimer quelque chose qualifié par beaucoup de chef-d’œuvre ?

Et voilà, je m’arrête ici pour cette fois avec mes questionnements et mes impressions sur ces titres. N’hésitez pas à me donner votre opinion sur les sujets soulevés, ça m’intéresse vraiment beaucoup 🙂 Même si, j’avoue, y’a quand même plein de questions.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #23 { je suis un assassin (et je surpasse le héros) #1 : fantasy & JDR }

Bonjour à tous et à toutes !

Vous vous rappelez ? Il y a quelques temps, je vous évoquais un premier tome qui m’avait bien plu au milieu de plusieurs autres franchement moyens. Il s’agissait de celui-ci et je vous explique enfin pour quelle raison.

19
Je suis un assassin (et je surpasse le héros)
est une nouveauté de chez Doki Doki. Il s’agit d’un shonen fantasy qui utilise les codes du jeu de rôle (on va y revenir). C’était, au départ, une light novel écrite par Matsuri Akai. C’est le mangaka Hiroyuki Aigamo (Accel World) qui va l’adapter au format manga avec des dessins réalisés par Tôzai.

De quoi ça parle ?
Akira Oda et ses camarades de classe sont soudainement appelés dans un autre monde où on leur attribue des caractéristiques. Pour quelle raison ? Et bien défaire un seigneur maléfique, pardi ! Le roi quémande l’aide de ce groupe et du héros qui se trouve parmi eux, une aide gracieusement offerte de la part de ces élèves. Toutefois, Akira se méfie et va utiliser ses compétences d’assassin pour élucider ce mystère.

Fantasy & jeu de rôle.
L’aspect fantasy dans ce titre est globalement assez classique et exploite les tropes du genre non seulement sur ses protagonistes mais également sur l’univers. Le monde se divise en quatre continents, chacun peuplé par un type de créature bien précis. Visiblement, la mondialisation et les voyages n’existent pas encore vraiment. Les élèves arrivent dans le royaume des humains et ont été appelés pour combattre des démons… Ce qui n’a l’air de choquer absolument personne à l’exception d’Akira.

Du côté des personnages, ils servent surtout d’archétypes. On a le héros arrivé d’un autre monde au sein d’une monarchie type médiévale qui est confrontée à des démons menaçant la paix et la prospérité. On a la princesse qui-parait-gentille-mais-en-fait-peut-être-pas, le commandant de l’armée qui manque de sérieux et se fait remonter les bretelles par son adjoint… Quant aux étudiants, ils collent également tous aux archétypes qu’on croise dans les écoles, depuis Akira qui est le solitaire de la classe au gars populaire qui se révèlera être le héros, aux filles qui ont des rôles de soutien… Bref rien de neuf sous le soleil de ce côté là et j’ai failli reposer le manga assez vite.

Toutefois, l’originalité et l’intérêt de ce titre se situent plutôt dans l’exploitation d’éléments tirés du jeu de rôle, ce qui justifie même l’utilisation d’archétypes finalement. En effet, chaque étudiant arrive dans ce monde avec des compétences qui sont détaillées par niveau, des points de vie, de santé, etc. et qu’ils peuvent consulter. Selon le roi, les élèves sont extrêmement forts mais que penser alors d’Akira dont les caractéristiques surpassent celles de tous les autres avec une compétence au niveau maximum (chose impossible à moins d’être le héros… qu’il n’est pas) ? Doté d’un peu plus de jugeotte que le reste de ses camarades, Akira va se montrer discret et utiliser le mois d’entrainement dédié à ces nouveaux héros pour développer ses compétences.

Pour y parvenir, il sera aidé par Saran Mislay, le commandant des chevaliers de Laytice qui a décelé les particularités d’Akira sans pour autant le dénoncer au roi. On pourrait s’en étonner mais on comprend vite que ce commandant en sait long sur les secrets du royaume, un peu trop pour son propre bien. Il va trouver en Akira une sorte d’ami avec lequel échanger, chacun racontant son monde à l’autre. Saran se montrera d’ailleurs fasciné par le concept de sciences et de technologie, élément plutôt intéressant et surprenant pour un personnage issu d’une culture type médiévale. Cette relation et les échanges qui en découlent sont également des éléments déjà-vus dans ce type d’histoire toutefois, ici, ça a fonctionné pour moi sans que je ne puisse vraiment expliquer pour quelle raison. Une partie de moi lisait en trouvait que c’était classique au possible et une autre s’amusait des divers éléments typés JDR disséminés à travers l’œuvre.

Cet aspect jeu de rôle est également exploité par le gain de niveaux et de capacités. Au bout du mois d’entrainement, les héros sont emmenés dans un donjon et affrontent des monstres type menu fretin, les mobs qu’on trouve par pack au début de chaque instance et qu’on tue sans trop de soucis. Ils vont également tomber sur un boss surprise qui va leur donner pas mal de fil à retordre…

J’ai fini par m’apercevoir que ce titre parlait surtout à la rôliste en moi, à la joueuse en moi qui a souvent farmé les instances dans WoW pour gagner de l’équipement et du niveau. Je suis un assassin (et je surpasse le héros) plaira clairement aux nostalgiques du farming, des MMORPG et laissera peut-être de marbre celleux qui ne sont pas intéressés à tout ce qui tourne autour du concept de JDR, que ce soit en ligne ou sur table. La fin de ce premier tome est plutôt prometteuse, à voir ce que le scénario réserve pour le second volume auquel je vais donner sa chance, par curiosité.

La conclusion de l’ombre : 
Je suis un assassin (et je surpasse le héros) est un shonen tiré d’une light novel. Ce premier tome, assez classique, pose les bases d’un univers très inspiré du JDR et du MMORPG, ce qui attirera probablement les joueurs mais laissera de marbre les autres. Personnellement, je suis assez intriguée pour avoir envie de lire la suite !

D’autres avis : Songe d’une nuit d’étéLa pomme qui rougitChroniques d’un vagabond – vous ?

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #22 { Kingdom of knowledge #1 ; Shikabana #1 ; Nosferatu #1 }

Bonjour à tous et à toutes !

On se retrouve pour un nouveau rendez-vous manga avec trois premiers tomes de séries qui sont sortis récemment et qui ont titillé mon intérêt. Malheureusement, comme vous allez le constater, ça n’a pas vraiment été une réussite…

16
Fei est un gnome, il vit dans la bibliothèque de l’Empire avec son peuple car ils sont les seuls à pouvoir lire d’anciens manuscrits qui renferment d’immenses savoirs. Ils ont des milliers de volumes à traduire et ne pourront voir le monde extérieur qu’une fois ce travail achevé. C’est chose faite huit ans après le début du manga, sauf que ça sonne la fin des leurs, les humains refusant que leurs secrets soient répandus partout. Fei est le seul à en réchapper et il jure de se venger…

Ce manga est une nouveauté récente parue chez Kana dans sa collection Dark Kana. L’éditeur présente ce titre comme de la dark et de la tactical fantasy, autant dire que j’étais impatiente de le découvrir sauf que… Selon moi, le terme dark fantasy est très mal employé ici et ce serait super qu’on arrête de mettre dans ce sous-genre toute œuvre où on voit du sang et des morts. La dark fantasy, c’est plus que ça. C’est une idéologie d’ensemble qu’on ne ressent absolument pas sur ce premier volume trop classique à mon goût que ce soit sur son idée ou sur sa mise en place. Quant à l’aspect tactique, on ne peut nier sa présence puisque le héros utilise ses connaissances théoriques acquises dans des livres pour vaincre des ennemis toutefois j’ai trouvé que le (la ?) mangaka l’amenait d’une manière plutôt grossière. Tout va trop vite et paradoxalement, c’est long… Du coup, flop pour moi mais si vous êtes moins à cheval que moi sur les terminologies et les attentes générées par un tel titre, alors n’hésitez pas.

17
Kyoto, de nos jours. Tsuyu vit avec Mizore, sa copine depuis le lycée et ne sait pas trop où il va dans la vie. Un soir, Mizore subit un accident de la route. Tuée sur le coup, ce nouveau malheur affecte Tsuyu qui se raccroche à une mystérieuse lettre laissée par Mizore qui le supplie de ne pas brûler son cadavre car un miracle pourrait se produire.

En guise de miracle, c’est plutôt un cauchemar. Ce premier tome se révèle très introductif mais c’est logique puisqu’il y a beaucoup à dire. En général, ça m’agace toutefois ici, ce n’est pas trop mal fait et ça s’incorpore plus ou moins bien dans le manga bien qu’il y ait un petit côté « explication à la Rukia » (les fans de Bleach comprendront) qui m’a fait tiquer. Pourtant, Kei Monri prend son temps pour poser la relation entre Tsuyu et Mizore, afin que le lecteur ne reste pas indifférent aux malheurs du garçon. Il y a un côté très tragique et sombre à ce titre qui m’a vraiment plu et qu’on ressent dés la couverture. Les soucis que j’ai rencontré avec Shikabana arrivent après, quand on découvre le concept de kuroe et qu’on apprend que ces créatures utilisent les cadavres comme vaisseau pour se développer avant de naître. Il existe (évidemment) une section plus ou moins secrète de la police qui les traque, groupe que va rejoindre Tsuyu dans l’espoir de sauver Mizore. Évidemment, Tsuyu n’est pas sorti indemne de sa rencontre avec le kuroe qui habite le corps de sa copine et développe des pouvoirs qui font tomber ce titre tête la première dans le horror-body.

Vous le sentez, cet aspect hyper classique et ce schéma convenu ? D’autant que la section élimine les kuroes, les tue quoi. Tsuyu se rend alors bien compte qu’il a commis une erreur en les rejoignant mais il reste quand même avec eux pour… Quoi ? Je n’ai pas bien saisi. Si les différents éléments de fond sont intéressants, la manière dont l’histoire est présentée sur ce premier tome est trop vue et revue à mon goût. Toutefois, je suis certaine qu’il ravira les adeptes d’horror body vu la qualité du chara-design et surtout, les lecteurs moins lassés que moi ! D’autant que la série est achevée en trois tomes et que c’est la première de ce duo d’auteurs donc… Pourquoi pas ?

18
Je vais être sincère : j’ai acheté ce manga uniquement pour sa couverture magnifique en lisant à peine le résumé qui, pourtant, parle bien d’une femme amnésique (soit un des ressors narratifs que je déteste le plus au monde) ainsi que de créatures sanguinaires dans une époque qui ressemble un peu au Moyen-Âge… Vu, vu et revu, classique quand tu nous tiens. Toutefois, j’ai cédé à l’appel du chara-design et si ce titre est effectivement beau graphiquement, il ne contient rien de renversant en terme de concept ou d’intrigue, allant même jusqu’à récupérer grossièrement le mythe qui entoure la famille Bathory. Tous les poncifs du genre sont représentés : la belle femme amnésique qui se rappelle pourtant comment se battre avec son épée et ce, à la perfection, le jeune garçon innocent qui va partir avec elle à l’aventure, une gentille héritière qui se fait abuser par ses serviteurs et qui est mise de côté dans le remariage de son père, une église qui monte une troupe d’élite pour affronter les Nosferatu qui avaient disparu mais en fait non… et je suis trop lassée de ceux-ci pour aller voir au-delà de ce premier volume que j’ai pourtant apprécié lire, sans hélas ressentir l’étincelle qui me donne envie de continuer.

Et voilà, c’est déjà terminé ! J’ai conscience de passer pour une emmerdeuse aigrie via ces brefs retours mais si j’ai choisi de vous parler de ces mangas malgré mon sentiment tout personnel c’est parce que je pense sincèrement qu’ils peuvent plaire à un autre public que moi car ils ne sont pas dénués de qualité, autant sur un plan graphique que conceptuel. Ils ne me conviennent juste pas. Heureusement, sur les quatre nouveautés il y en a une qui a su me plaire et à laquelle je vais consacrer un article plus long très bientôt.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #20 { Black Butler ; arc Sieglinde Sarivan }

Bonjour à tous !

En ce moment, je n’ai pas trop envie de lire des romans. Du coup, j’ai décidé de reprendre ma relecture du manga Black Butler entamée cette année durant le confinement. Cet article couvre le dernier chapitre du tome 18 ainsi que les tomes 19, 20, 21 et 22. Ce dernier tome est particulier puisqu’il marque le centième chapitre du manga ! Je vais y revenir.

Un voyage pour l’Allemagne.
Cette fois-ci, sa Majesté demande à Ciel de se rendre en Allemagne car une mystérieuse épidémie la tracasse. Pourquoi s’intéresse-t-elle à ce pays ? Tout simplement parce qu’elle y a de la famille par alliance et elle souhaite donc y envoyer un secours médical si besoin, sauf que le Kaiser lui cache des choses. Version officielle, bien entendu. Bref, c’est tout naturellement qu’elle dépêche son chien de garde qui se retrouve dans le village paumé de Wolfsschlucht (si t’as pas fait allemand à l’école, bonne chance pour réussir à le prononcer).

Ce village est particulier car entouré par une forêt maudite. Selon la légende, les sorcières ont tellement été persécutées en Allemagne entre le 14e et le 17e siècle qu’elles se sont rassemblées au coeur de cette forêt et ont passé un pacte avec des loup-garous chargés de les défendre contre l’oppression. Ces créatures dégagent des miasmes qui tuent en quelques minutes après avoir défiguré les victimes. Certains y survivent mais perdent complètement la raison. Ciel ne croit pas à ces fadaises et décide de se rendre au village par lui-même puisque personne ne peut l’y conduire.

Les femmes sur place sur les premières surprises à voir débarquer Ciel, Sebastian et son groupe de serviteurs. Pourtant, leur cheffe, la sorcière verte -une étrange adolescente prénommée Sieglinde Sarivan- va les accueillir avec plaisir et leur demander de lui en apprendre plus sur le monde extérieur auquel elle n’a jamais eu accès.

/!\ À partir d’ici, ma chronique va contenir des éléments clés de l’intrigue donc lisez à vos risques et périls. /!\

L’obscurantisme et le développement des sciences.
Au fil des tomes, le lecteur se rend compte que Ciel avait raison d’être sceptique face à cette histoire de loup-garous et de malédiction puisqu’il s’agit d’un coup monté du gouvernement allemand. Je vous explique : Sieglinde est la fille d’un génie qui a mis au point une formule pour produire en grande quantité du gaz moutarde. Seulement, un accident de labo l’a tué et a défiguré sa partenaire, qui était comme par hasard enceinte à ce moment-là. Cette dame accouche de Sieglinde qui a hérité du génie de son père. Pour l’exploiter à son plein potentiel, sa mère pense que la bonne solution est de l’isoler des distractions du monde et de faire peser un certain poids sur ses épaules. Elle la met donc à la tête d’un village de femmes prétendues sorcières (des militaires en fait) que la petite va devoir sauver de l’ire des loups qui ont passé un pacte avec la première sorcière verte de l’époque. Ce pacte stipulait que la sorcière verte devait trouver un rituel pour ramener « l’air magique » dans ce monde et permettre aux créatures surnaturelles de revenir. L’air magique en question, c’est le gaz qu’on appelle aujourd’hui sarin mais ça, la pauvre Sieglinde n’en sait rien. Coupée du monde, elle croit réellement œuvrer pour aider son village.

Ce que je trouve intéressant c’est qu’une fois de plus, dans un manga résolument fantastique, Yana Toboso reste très orientée sur les explications scientifiques. Elle exploite l’idée du gaz sarin qui n’a, dans notre réalité, été inventé qu’en 1939 et justement, l’autrice donne une explication à cela (puisque le manga se déroule à la fin du 19e siècle). C’est très intéressant ! Yana Toboso propose toujours une raison logique qui justifie le fait qu’au final, les seules créatures hors du commun sont les diables et les shinigamis. Ciel lui-même, alors qu’il a passé un pacte avec un diable, rejette d’emblée l’histoire au sujet de la malédiction en arguant que ça n’existe pas. Sebastian ne manquera d’ailleurs pas de souligner à quel point sa position est ironique puisque leur pacte est, selon lui, une forme de malédiction.

D’ailleurs, concernant les shinigamis, de nouvelles informations arrivent pendant cet arc qui permettent de savoir de quelle manière on peut le devenir. Cela ouvre de nouvelles perspectives vraiment fascinantes pour la suite et pose pas mal de questions puisque pour devenir un shinigami, il faut s’être suicidé… Et j’imagine mal Grell se suicider, du coup j’aimerais VRAIMENT avoir un flashback sur le détail de son histoire, par pitié. ♥

Enfin, cet arc pose également les bases de celui qui est actuellement en cours de parution et avec lequel j’avais un peu de mal à trouver une logique, si vous vous rappelez mon court retour sur les tomes 27 et 28. Grâce à ma relecture, toutes les pièces du puzzle se sont mises en place, ce qui me ravit ! Comme quoi, quand on suit un manga depuis longtemps au rythme de la parution, se rafraichir un peu la mémoire est nécessaire… D’où aussi l’intérêt de mes articles sur le blog qui sont de fantastiques soutiens pour mes petites cellules grises.

Le centième chapitre.
118690095_2732245070387052_2512749367335505461_n                        image (c) Kana & Yana Toboso

Je l’ai dit, ce volume 22 de Black Butler fête le cap du 100e chapitre du manga. À cette occasion, un sondage a été réalisé dans le magasin qui prépublie Black Butler pour réaliser un classement de popularité des personnages. L’autrice a voulu fêter ça en imaginant une histoire hors série avec les dix plus populaires + ceux dont le dernier chiffre du classement est un 6 (comme le 16, le 46, etc.) ce qui donne lieu à une réception un peu particulière lancée par le vicomte de Druitt. Sachez qu’en tout, il y a eu 12817 votes, ce que je trouve énorme et montre à quel point la série est populaire au Japon. Si vous ne lisez pas (encore) le manga, sachez aussi que si le vicomte de Druitt est dans le coup, c’est que ça va forcément mal tourner. Donc, de base, ça sentait pas bon…

Au cas où ça vous intéresse, voici le top 10 : 1) Sebastian 2) Ciel 3) Undertaker 4) Grell 5) Vincent 6) Charles Grey 7) Snake 8) Elizabeth 9) Lau et 10) Finnian. Je dois avouer avoir été très surprise de trouver Vincent et Charles aussi haut dans le classement vu que ce sont des personnages qui apparaissent très peu et pour Vincent, uniquement en flashback (vous me direz, quand on est mort, forcément…). Sur un plan personnel, je suis quand même contente des 4 premiers car ce sont exactement ceux que j’aurai choisi de mettre et dans cet ordre ! Probablement avec William en 5 car son duo avec Grell est terrible.

Pour en revenir à ce hors-série, le vicomte intrigue lors d’une réception pour s’emparer d’un ruban montrant un chiffre plus haut que le sien car selon lui, ça permet de gagner des caractéristiques supérieures (plus de charisme, de puissance, de place dans l’intrigue, etc) et il n’accepte pas de n’être que 16e. Cela donne lieu à des vols et des échanges pour gagner plus de pouvoir, jusqu’à un affrontement final avec des serpents transformés en dragon et un majordome du feu de dieu. C’est drôle et bien fichu, du grand Yana Toboso qui en profite pour une petite touche émotion entre Undertaker et Vincent. L’air de rien, ce chapitre hors-série confirme certains éléments dont on se doutait déjà en tant que lecteur et promet pour la suite.

Voilà, sans grande surprise cette relecture continue d’être passionnante et m’apporte un nouvel angle sous lequel profiter de cette saga que j’aime tant ! J’espère que mes petits retours sur les différents arcs vous donnent envie de découvrir ce manga. On se retrouve bientôt pour la suite !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #19 { Billy Bat #1, Blue Flag #1 & Tokyo Revengers #1 aka les bons conseils de l’Apprenti Otaku ! }

Bonjour à tous !
Je vous propose aujourd’hui un épisode un peu spécial d’à l’ombre du Japon puisqu’il va rassembler un court retour sur trois premiers tomes lus récemment sous le conseil d’un blogueur que vous connaissez peut-être (et si ce n’est pas le cas, vous savez ce qu’il vous reste à faire 😉 ) à savoir l’Apprenti Otaku.

J’ai découvert ce blog par hasard il y a quelques mois déjà mais j’ai le sentiment de le lire depuis toujours. Grâce à son exploration du monde manga et de son Histoire, chaque article est une petite bulle culturelle à lui tout seul et il est à l’origine de certains de mes coups de coeur comme l’excellentissime Beastars. Récemment, j’ai acquis sous ses conseils plusieurs séries qui n’ont pourtant pas grand chose en commun… Hormis l’origine de leur achat ! C’est donc pour cette raison que je rassemble ces trois mangas en un seul article ainsi titré. À présent que les choses sont claires… C’est parti !

2
Blue Flag est une tranche de vie / romance (attends avant de t’enfuir) dessinée et scénarisée par Kaito. Au départ, je dois avouer que je n’y croyais pas des masses pourtant j’ai immédiatement été séduite par le personnage principal : Taichi. Un garçon comme n’importe quel autre, qui se retrouve dans sa classe de Terminale avec son ancien ami d’enfance (Tôma) et une fille amoureuse de ce dernier (Futaba) qui va lui demander des conseils en pensant que les deux amis sont toujours proches. Le pitch de base ressemble à une mauvaise comédie romantique sauf que ça fonctionne à merveille. Le mangaka propose des volumes plutôt épais, ce qui permet aux relations de lentement se mettre en place. On découvre ainsi que Blue Flag possède une profondeur inattendue portée par un trait sensible et maîtrisé. Je ne me suis pas vue arriver à la fin et j’ai tout de suite commandé les tomes suivants à ma librairie. Un article plus détaillé viendra probablement lorsque j’aurai terminé la série qui compte huit tomes en tout.

3
Billy Bat est… euh… un seinen, ça d’accord, sauf qu’il m’est difficile de le qualifier plus précisément tant il sort du lot ! À l’heure actuelle, j’ai lu trois tomes (gentiment prêté par mon libraire, merci Geoffrey :3) et je ne suis toujours pas bien sûre de ce que je suis en train de lire. En quelques mots, l’intrigue principale se déroule en 1949 et suit Kevin Yamagata, un dessinateur de BD américain mais d’origine japonaise, comme son nom l’indique. Il est derrière la fameuse série Billy Bat que beaucoup de gens adorent sauf qu’il apprend fortuitement que ce personnage existait déjà dans une BD japonaise qui date de plusieurs années. Craignant d’avoir plagié par accident et très à cheval sur son refus de voler (même sans le vouloir), Kevin part donc au Japon en quête des origines de Billy. C’est là que tout part en cacahuète parce que le pauvre Kevin s’embarque dans une histoire de dingue. Et tout ce qui lui arrive le ramène invariablement vers le personnage de Billy, qui semble bien plus ancien qu’il n’y paraît.
La série est terminée en vingt tomes et je compte tous les lire donc il y aura probablement un article plus complet à ce sujet mais je tiens déjà à souligner le travail d’écriture sidérant de la part de Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki. J’ai rarement été confrontée à un manga aussi complexe, aussi bien référencé. Chaque fois que je tourne une page, je ressens vraiment l’impression de me plonger dans un monument, une œuvre qui a ou va marquer l’histoire du manga.

4
Encore un shonen de bagarre sauf que celui-ci est bien plus solide et sérieux que d’autres que j’ai pu lire jusqu’ici. Pourtant, ça partait mal puisque le concept se base sur le voyage dans le temps et vous savez à quel point je déteste ça. Ici, toutefois, ça fonctionne assez bien et n’étouffe pas l’intrigue. En quelques mots, du haut de ses 26 ans, Takemichi a globalement raté sa vie. Un jour, il entend à la télévision que sa petite amie du collège a été tuée dans un affrontement entre yakuzas. Choqué, il a un accident (en passant sous un train) qui le ramène douze ans en arrière, à l’époque où il pourrait peut-être changer les choses en prenant des décisions différentes pour son avenir. Des décisions qui l’amèneront à fréquenter le leader du gang Tokyo Manji-Kai.
Tout fonctionne dans ce titre, des personnages à l’intrigue. Le seul point qui m’emballe un peu moins, c’est le chara-design. Je ne le déteste pas mais ce n’est pas trop mon type de trait. Pourtant, je n’ai eu aucun mal à passer outre… Dingue, quand on sait à quel point je peux être pointilleuse là-dessus ! Cette série est toujours en cours avec 18 tomes au Japon pour 8 chez nous. C’est donc une série longue qui se profile mais si elle reste dans la continuité qualitative de ce premier tome, je crois que je ne vais pas me priver de la suite.

On se quitte déjà mais rassurez-vous, je lis tellement de mangas ces derniers jours que je vais enchaîner les articles à ce sujet en mettant un peu les romans de côté. Enfin, pas trop quand même, parce que j’ai des services presses qui m’attendent. Ceux qui préfèrent ce type d’article ne seront donc pas en reste, pas de panique !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #18 { Sayonara miniskirt #1 ; se définir en tant que femme au 21e siècle }

16
Bonjour à tous et bienvenue pour un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon où je vous parle des derniers mangas lus récemment ! Cette fois-ci, je consacre un article entier au premier tome d’un manga qui m’a vraiment bien emballé à savoir Sayonara Miniskirt !

De quoi ça parle ?
Sayonara miniskirt est le premier tome d’un manga écrit et dessiné par Aoi Makino qui raconte l’histoire de l’ancienne idol du groupe Pure Club, Karen Amamiya. On apprend assez tôt qu’elle a subi une agression physique lors d’une rencontre avec des fans, ce qui l’a poussé à mettre un terme à sa carrière pour reprendre une vie normale de collégienne. Enfin… presque puisqu’elle ne veut plus porter de jupe et décide donc d’opter pour l’uniforme des garçons. Cela la protègera-t-elle de ce mystérieux agresseur qui sévit dans le coin et qui s’en prend à des collégiennes ?

Les femmes et les jupes au quotidien.
Je ne lis que peu de shojo parce que c’est souvent un genre qui m’agace dans sa représentation de la femme. J’en ai consommé ma part plus jeune et à mesure que j’ai pris conscience de certains problèmes au sein de la représentation littéraire, je suis devenue beaucoup trop attentive à cette thématique pour réussir à tolérer un traitement bancal, où que ce soit, même dans un manga. Son simple classement avait d’office disqualifié cette œuvre de ma wishlist sauf que par curiosité, j’avais quand même lu la chronique de l’ami Otaku qui m’a convaincue de laisser une chance à Sayonara Miniskirt. Et j’ai bien fait !

Ce manga évoque le rapport au corps féminin et ce qu’implique le fait d’être une femme de nos jours. J’entends par là notre manière de nous vêtir mais également de nous représenter nous-mêmes, comme si le fait de porter une mini-jupe ou des vêtements qui nous mettent en valeur sous-entendait une autorisation implicite à tous les hommes de commenter, regarder, toucher, bref consommer à leur guise. Comme je porte moi-même très souvent des robes et des jupes (simplement parce que j’aime ce type de vêtements !) je me sens assez concernée par cette problématique. Me voici donc emballée mais inquiète également. Comment allait-elle s’en sortir ?

Ce fut une belle surprise car j’ai trouvé le ton très juste durant tout ce premier tome. Aoi Makino maîtrise son sujet et met en scène cette tranche de vie dramatique avec brillo. D’une part, elle développe diverses thématiques liées à son intrigue : est-ce qu’une star appartient à son public? Que signifie ce mot « appartenir » ? Est-ce qu’une fille doit se laisser tripoter et être contente que ça lui arrive car ça sous-entend qu’elle est désirable / jolie ? Est-ce qu’il est judicieux de séparer les hommes des femmes dans certains transports publics pour éviter les problèmes ? Est-ce qu’on doit excuser un agresseur si sa victime porte une jupe ? Si vous êtes quelqu’un de bien éduqué et d’un peu censé, vous connaissez les réponses à ces questions. Pourtant, que ce soit dans des commentaires sur les réseaux sociaux, dans la presse ou même dans la rue, il est admis qu’on a tendance à juger une femme sur sa façon de s’habiller. Combien de fois entend-on une victime dire que le policier lui a demandé ce qu’elle portait le soir de son agression ? Et nous vivons en Europe, une société supposément plus évoluée sur ces questions que celle du Japon, encore malheureusement ancrée dans un patriarcat qui implique une représentation de la femme comme un objet supposé se marier et enfanter, point final.

Ce manga évoque donc tous ces thèmes et il le fait de manière plurielle car différents personnages incarnent les points de vue possibles sur ces questions, ce qui permet de porter une forme de débat et de réflexion tout en suivant l’intrigue concernant Nina dont l’agresseur n’a jamais été appréhendé. L’équilibre au sein de l’intrigue est très bien trouvé.

Le monde des Idols et la femme.
Typiquement, il est admis que cette industrie exploite l’image de la femme en tant qu’objet. Si vous vous intéressez un peu au Japon, vous en avez probablement déjà entendu parler. Sayonara Miniskirt esquisse cet univers à part en laissant entrevoir certaines règles qui régissent la vie d’une idol, comme celle, par exemple, de rester célibataire afin d’entretenir le fantasme des fans. Cela va assez loin puisqu’une idol peut être renvoyée si on la surprend à embrasser un garçon ! On sent au fil des pages que la mangaka va exploiter ce monde et qu’il y a anguille sous roche concernant certaines actions de certains personnages secondaires. C’est très intriguant et ça permet au lecteur d’en découvrir davantage sur ce milieu ainsi que de se poser la question des apparences. J’ai beaucoup apprécié cet aspect, j’espère qu’il sera davantage développé par la suite.

Nina, un garçon manqué ?
Ce personnage de Karen / Nina est vraiment intéressant. Renfermée sur elle-même au collège, elle entretient toujours de bonnes relations avec son ancien groupe (le Pure Club). Elle a décidé de se couper les cheveux et de porter des pantalons après son agression, ça a été sa manière pour elle de s’éloigner de cette féminité qu’elle ne parvenait plus à gérer. Pourtant, au fil des pages, Nina s’interroge sur ce qu’est la féminité et ce que cela implique, notamment dans ses interactions avec deux personnages : Miku et Hikaru.

Miku est une jolie fille populaire qui assume sa féminité, aime porter des jupes et trouve que blâmer les hommes pour des attouchements revient à tous les stigmatiser, qu’il faut donc éviter. Pour elle, ça n’a aucun sens d’en « faire tout un foin » et il n’y a qu’une « mocheté » que ça peut déranger. Ce personnage est ambigu et m’inspire un profond sentiment de pitié car très clairement, Miku incarne la construction sociale dans laquelle beaucoup de filles / de femmes sont enfermées. Je me demande de quelle manière elle va évoluer.

Quant à Hikaru, c’est un personnage masculin très orienté sur le sport puisqu’il pratique le judo et ne semble pas s’intéresser aux femmes ni aux discussions sur leurs physiques qu’ont les autres garçons. On apprend que sa petite sœur a été victime d’une agression et cela explique sa prise de conscience par rapport aux autres. Ce protagoniste porte également une certaine ambiguïté en lui dont on ne prend pas conscience tout de suite, à cause d’une série de qui pro quo. Je l’ai trouvé intéressant et je me demande ce qui va advenir de la relation entre Karen et lui vu la scène finale de ce premier tome. Scène qui, d’ailleurs, me fait un peu peur quant au ton de la suite du titre. À voir donc ! Toutefois, la qualité globale de Sayonara Miniskirt me donne (très) envie de lire le tome 2 dés sa sortie pour me faire une idée plus précise d’où la mangaka souhaite aller.

La conclusion de l’ombre :
Sayonara Miniskirt est une nouveauté de chez Soleil Manga écrite et scénarisée par Aoi Makino. Cette tranche de vie dramatique plonge le lecteur dans le monde des Idols pour suivre Karen / Nina, une ancienne star ayant choisi de se retirer du milieu après une agression. Le manga questionne notre rapport au corps féminin et la manière dont les hommes se représentent les femmes. Je l’ai trouvé très intéressant dans le traitement de ses thématiques et j’encourage le plus grand nombre à le découvrir. Pour ma part, j’attends avec impatience l’annonce du second tome !

D’autres avis : L’apprenti OtakuTake a break avec SachiLire en BullesLes voyages de Ly – vous ?

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #17 { Gewalt, un manga a rarement si bien porté son nom ! }

Gewalt est une trilogie écrite et dessinée par Kôno Kôji dont c’est le premier manga papier puisqu’il est surtout connu pour son travail dans l’animation. Publié par Doki Doki, il existe pour le moment un coffret où vous pouvez acheter les trois tomes pour 15 euros (au lieu de 7.5 par tome).

De quoi ça parle ?
Ruito est un lycéen ordinaire, quasiment transparent. Un jour, alors qu’il se promène avec ses « amis » (oui je mets des guillemets parce que des amis comme ça, franchement, on peut s’en passer) il est agressé par une bande et littéralement dénudé. Humilié, blessé, il décide de passer de l’autre côté, celui des voyous. Pour ça, direction la section technique de son établissement…

Baston !
Gewalt est très clairement un manga de bagarre où on se tape dessus et où on trouve une certaine apologie de la violence (nuancée par moment). Si vous en doutiez, sachez que ce mot signifie « violence » en allemand et que la langue allemande apporte une idée de rudesse dés le départ à la lecture du titre. Aussi, il est nécessaire d’apprécier ce type d’histoire pour se lancer dans cette trilogie où tout se règle à la force des poings et où ceux qui n’osent pas frapper se font écraser.

C’est le cas de Ruito dont l’agression va déclencher un profond changement en lui. En réfléchissant à sa vie, à son existence, il se rend compte de sa transparence et du mépris que ses soi-disant amis entretiennent à son égard. Il comprend également que la plupart des relations qu’il a pu entretenir jusque là sont basées sur de l’hypocrisie et de la superficialité. Tandis que quand on cogne, au moins, c’est sincère… Bon, pourquoi pas, ça se défend avec un esprit un peu tordu. Cette idée va traverser tout le manga. Personnellement je ne la partage pas mais je comprends comment le personnage principal en arrive à se dire cela.

Pour s’initier au monde des voyous, Ruito va se tourner vers la section technique et plus précisément le « club de base ball » (qui est une couverture pour un gang scolaire). Cela va évidemment mal tourner et il sera sauvé par le leader du groupe Gewalt, que Ruito aura par hasard aidé un peu plus tôt dans la journée. Ce groupe de skaters se révèle être également une sorte de gang de rues qui se bat contre ceux qui les dérangent, sans cet aspect acharnement et violence gratuite. Ruito a très envie de les rejoindre, hélas pour lui ça ne va pas se passer comme prévu.

Parce que la Gewalt (c’est le nom du gang) a un passé ! Au départ c’était un groupe de cinq jeunes à l’origine du mois sanglant. Ils ont pacifié tous les collèges à la seule force de leurs poings avant de tomber sur plus fort qu’eux et ça a dégénéré pour l’un des membres. Évidemment, au moment où on découvre cette histoire, on comprend que ceux qui restent vont se retrouver et essayer de régler le passé.

Un protagoniste… bizarre.
Je n’ai pas d’autre mot pour décrire Ruito Genba et je ne sais pas encore vraiment si le terme bizarre doit être pris pour positif ou négatif. C’est peut-être justement cette indécision qui me fait dire qu’il convient pour le qualifier. Ruito n’est personne et tout le monde à la fois. Il est là, un peu invisible, il n’inspire ni le mépris ni l’admiration jusqu’au jour de son agression où il a le malheur de s’uriner dessus. Cette réaction physiologique pourtant compréhensible va donner lieu à un déclic profond chez ce garçon qui n’a jamais levé la main sur personne. Il va alors commencer à se battre, à encaisser, à commettre des erreurs mais surtout à développer une sorte d’honneur qui tient parfois à l’absurde tant il risque sa vie.

J’ai éprouvé à son sujet des sentiments assez ambivalents et finalement, c’est la marque d’un bon manga. Ses interactions vont permettre au lecteur de réfléchir sur la notion de violence physique et ce qu’elle implique ainsi que sur le harcèlement scolaire qui est bien présent en toile de fond, à la mode japonaise. Ruito n’est clairement pas un protagoniste principal qui inspire l’admiration ou un profond respect par ses choix de vie toutefois il n’est pas dénué d’intérêt.

Un chara-design brut et réaliste.
Le dessin de Kôno Kôji est plutôt réaliste et brutal. Ses personnages ne sont pas beaux, ils dégagent une esthétique très réaliste qui ne me plait pas trop en général mais qui sert très bien le propos ainsi que l’intrigue développée dans Gewalt. Le mangaka maîtrise très bien les expressions du visage et s’en sort honorablement sur les scènes de combat bien que je les ai trouvé un peu répétitives, du moins jusqu’au tournoi informel qui décide de l’avenir des deux gangs.

La conclusion de l’ombre :
Gewalt est un manga terminé en trois tomes à conseiller aux lecteurs intéressés par la bagarre et la violence au lycée, dans une ambiance nippone. Il ne révolutionne pas le genre et reste même plutôt classique autant dans sa forme que dans son propos. Toutefois, c’est un agréable divertissement sur lequel réfléchir à ces deux thématiques. Il reste parfaitement recommandable !