À l’ombre du Japon #28 { Black Butler : arc music-hall, coup de théâtre & flashback }

Ohayô minasan !
Comme vous le savez peut-être si vous suivez le blog avec assiduité, j’ai décidé de relire le manga Black Butler en 2020 et ce pour plusieurs raisons. Déjà, au premier confinement, je suis tombée à court de manga… Ensuite, l’arc actuellement en cours de publication me laissait perplexe et je voulais relire toute la série en possédant les informations qu’il contient pour voir si ça sortait vraiment de nulle part ou pas. Ainsi, je vous ai d’abord parlé des trois premiers tomes avant de m’arrêter sur le Prince Sôma et sur l’arc Noah’s Ark Circus pour continuer sur les meurtres au Manoir ainsi que sur le fameux Book of Atlantis. À partir de ce moment-là, j’ai cessé de regrouper les arcs par deux pour consacrer un article complet par arc puisque les suivants se révèlèrent plus dense. Je vous ai donc parlé du Weston College puis de Sieglinde Sarivan.

Cet article sera donc dédié à ce que je vais appeler « l’arc music-hall » qui introduit l’arc narratif en cours de publication puisque sa semi résolution va se conclure sur un coup de théâtre, un retournement de situation totalement inattendu qui, quand je l’ai lu pour la première fois, m’a franchement laissée à deux doigts de balancer le manga à l’autre bout de la pièce alors qu’on parle de ma saga favorite là… Vu où nous en sommes, il est évident que cet article contiendra des éléments d’intrigue. Vous êtes donc prévenus si vous choisissez de le lire !

Le retour des P4 et l’arrivée des idoles.
Souvenez-vous, dans l’arc du Weston College, j’ai évoqué quatre préfets pour chaque maison existante au sein de l’institution. Ces préfets ont été renvoyés à la fin de l’arc concerné puisqu’ils avaient commis un crime odieux, même s’ils avaient ce qu’on peut appeler de bonnes raisons / des circonstances atténuantes. On les retrouve ici en idoles, impossible d’utiliser un autre mot que celui-là puisque Yana Toboso s’amuse à transposer dans l’Angleterre victorienne ce concept japonais très contemporain. Les P4 deviennent un groupe de chanteurs et performeurs, les Stars Four, qui attirent en masse le public au sein du music-hall.

L’existence de cet endroit inquiète la Reine puisque les gens s’y rendent sans distinction de classe sociale, qu’on y sert gratuitement de la nourriture à tous et que sa fréquentation semble créer une addiction. C’est donc assez naturellement que le Noble du Mal (Ciel, pour ceux qui ne suivent pas) est dépêché sur place pour enquêter, d’autant plus qu’Elisabeth (la fiancée de Ciel) semble également tombée dans les filets de cette organisation.

Commence alors une enquête qui permet à la fois de découvrir les premiers balbutiements de la transfusion sanguine tout en montrant à quel point on peut facilement manipuler une foule quand on a la bonne méthode. Je me réjouis de voir ce que donnera l’adaptation animée, s’il y en a une, parce que les chansons risquent d’être géniales ! Bref, on se rend rapidement compte que ce music-hall n’est pas clair, sans pour autant se douter d’à quel point tout cela va loin…

Malgré l’aspect idole un peu comique et quelques scènes franchement drôles, cet arc marque selon moi un tournant au sein du manga puisqu’il est plus sombre et plus violent que les tomes précédents et ce, de manière plus franche. Déjà par les nombreux cadavres qui le parsèment mais aussi par ce qui arrive à Aghni et le retour fracassant de quelqu’un d’inattendu à la toute fin du 26e tome, ce qui donne lieu à un long flashback qui durera un tome entier (le 27e).

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Le passé de Ciel.

On apprend en effet que Ciel avait un frère jumeau qu’il a vu mourir de ses yeux et qui, pourtant, se tient devant lui. On comprend alors que le Ciel, qu’on suit depuis le début du manga, est un imposteur, une « pale copie » comme il se qualifie lui-même. Le lecteur est ainsi plongé dans une réécriture de l’histoire des Phantomhive puisque tous les acquis, toutes les certitudes, volent soudainement en éclat. Et à ma première lecture, je dois dire que j’étais assez contrariée de ce choix scénaristique qui sortait littéralement de nulle part. Sauf que quand on relit la saga avec cette information, on se rend compte que tout s’emboîte bien (selon moi en tout cas) et on peut même justifier le fait que personne n’a jamais évoqué l’autre jumeau par une pudeur toute britannique face au deuil de Ciel (qui n’est pas Ciel donc mais se faisait passer pour lui ! Ce qui explique aussi que Sebastian ne l’appelle jamais par son prénom, puisqu’il ne peut pas mentir… Bien vu non ?). C’est toujours un brin gros mais disons que ça passe.

Ce tome flashback met donc en scène les jumeaux, Vincent et Rachel Phantomhive (leurs parents), leur si belle vie de famille jusqu’au 14 décembre soit le 10e anniversaire des jumeaux, où tout le monde est massacré et les deux enfants enlevés par une secte satanique qui va « souiller leur âme » (je reprends leurs mots, on comprend par quelques cases pudiquement esquissées ce que ça signifie dans les faits et j’ai vraiment apprécié que Yana Toboso ne tombe pas dans le voyeurisme malsain puisque ces horreurs ont encore plus de poids sans être montrées directement) pour les sacrifier et tenter d’invoquer un Diable.
Et la boucle est bouclée.

C’est d’ailleurs l’occasion de voir précisément comment Ciel et Sébastian ont passé leur pacte, en quels termes et d’être un brin, peut-être, interloqués par le sang froid de ce garçon d’une dizaine d’années à peine qui réussit habilement à négocier avec un tel être. Mais bon, on connait l’intelligence de Ciel, sa ruse et on peut trouver quelques justifications pour étouffer toute crédulité. D’autant que si on arrive à presque trente tomes de lus, on ne s’arrête pas à si peu. On sait que Ciel est intelligent et qu’il a été forgé dans les épreuves.

Voilà donc où nous en sommes sur l’arc en cours de publication : deux « comtes » de Phantomhive, un légitime et l’autre qui a pris sa place pendant deux ans, qui vont s’affronter probablement et révéler les derniers secrets qui entourent cette famille ainsi que, on l’espère, l’origine du drame qui les a frappé dont on ne connait toujours pas l’instigateur. Je vais reprendre tranquillement ma lecture de la série avec les tomes 28 et 29 et attendre que l’arc se termine pour vous en reparler à l’avenir sur le blog.

Dix ans de Black Butler.
C’est dans le tome 25 que Yana Toboso dessine un chapitre spécial autour de Halloween pour fêter les 10 ans du manga. Dix ans ! Incroyable non ? Et je pense que j’ai commencé ma lecture peu de temps après la sortie du tout premier tome… Black Butler est indubitablement la série à laquelle j’accroche le plus sur le long terme et qui gardera toujours une place spéciale dans mon cœur. Je suis contente d’avoir pris le temps de vous en parler à travers une série d’articles sur le blog et j’espère que cela vous a plu même si j’ai conscience que parler d’une série en cours en évoquant des éléments d’intrigue peut poser des problèmes à celles et ceux qui ont pour projet de la lire. Mais bon, j’avais quand même très envie de vous faire partager ma passion pour ce titre et c’est à présent chose faite !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

BML #30 – décembre 2020

Bonjour à toutes et à tous !

Nous voici (déjà ?) à la fin du mois de décembre, c’est donc l’heure du dernier bilan mensuel avant 2021 (sauf si un 13e mois pope le 31 décembre à minuit, perso je ne m’étonne plus de rien…) et il a été plutôt fructueux comme vous allez le constater.

Côté romans : 

Acadie de Dave Hutchinson au Bélial.
La ville sans vent #2 d’Éléonore Devillepoix chez Hachette (SP).
L’Anti-magicien #2 de Sébastien de Castell chez Gallimard.
Hors-série 2020 Une Heure Lumière du Bélial.
L’homme chocolat d’Aurélie Mendonça chez 1115 éditions.
L’arbre d’imagination d’Aurélie Mendonça chez 1115 éditions.
La Première Loi #2 Haut et court de Joe Abercrombie chez Bragelonne.
La passe-miroir #2 les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos chez Gallimard. (chronique à venir)
La passe-miroir #3 la mémoire de Babel de Christelle Dabos chez Gallimard. (chronique à venir)

Nous avons donc 5 romans, 2 novellas et 2 nouvelles ! Je compte également deux abandons ce mois-ci, deux services presses numériques dans lesquels je ne suis pas parvenue à me plonger. Du coup, j’ai préféré les laisser de côté pour m’en tenir à mes bonnes résolutions et ne plus me contraindre à la lecture. J’ai également décidé de me lancer dans la lecture de la Passe-miroir en enchainant les tomes puisque je me suis offert le coffret collector proposé par Gallimard en édition limitée. Je passe pour le moment un excellent moment et je ne regrette pas ma décision de finir 2020 avec ces romans. Pour rappel, j’avais lu le premier tome il y a presque deux ans maintenant…

Côté mangas :

Nos temps contraires #1, #2 (akata)
Comme sur un nuage #1 (akata)
Cautious hero #1 (doki-doki)
Chobits #4 (pika)
Je suis un assassin (et je surpasse le héros) #2 (doki-doki)
Blue Flag #7 (kurokawa)
Black Butler #23 -> #27 (kana)

Pour un total de 12 mangas avec uniquement de bonnes lectures (ou relectures) et pas le moindre abandon. Wouhou ! Pour le moment je n’ai parlé que de Nos temps contraires et Comme sur un nuage dans un article dédié mais j’ai déjà écrit les prochains billets sur les autres tomes, ils sont programmés pour début 2021. Encore un peu de patience !

Côté comics :

Harleen de Stjepan Sejic (Urban comics)
Joker, le deuil de la famille (Urban comics)
Sunstone #1 et #2 de Stjepan Sejic (Panini comics)

J’ai lu davantage de comics ce mois-ci avec quatre titres en tout donc trois du même auteur qui m’a tant séduite avec Harleen que j’ai souhaité continuer à découvrir son œuvre. Sunstone est radicalement différent mais pas dénué d’intérêt ni de talent, au contraire ! J’ai reçu tous les tomes pour Noël donc je compte écrire un article global dessus lorsque j’aurai tout lu. Ces deux volumes sont déjà prometteurs. Quant au Deuil de la famille, je ne vais pas m’appesantir dessus tant j’ai été déçue. Les trois quart du tome sont vraiment dingues, malsaines et tout ce qu’on veut, puis la fin gâche tout en annulant tous les enjeux posés précédemment… Je n’ai vraiment pas compris l’intérêt de ne pas assumer jusqu’au bout, surtout pour un album relié au Joker. Dommage !

Petit bonheur du mois : 
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Ce mois-ci je vais surtout retenir l’achat de ma première voiture ! J’ai mon permis depuis juin 2019 et un travail stable depuis novembre 2019, il était temps que je saute le pas et m’offre cette beauté qui me facilite déjà tellement la vie. Enfin ça se ressentira surtout quand on sortira du confinement (ouais je suis comme ça moi, je m’offre une voiture quand je peux le moins m’en servir ._.) mais je n’ai pas de regrets. J’ai l’impression de devenir adulte, c’est perturbant.

C’est déjà la fin de ce bilan qui sera le dernier article publié en 2020 ! 2021 s’ouvrira sur le bilan annuel et parlera également de l’avenir du blog, de ce que j’ai envie d’accomplir, de mes bonnes résolutions littéraires. J’espère que vous serez au rendez-vous et je vous souhaite déjà une très belle année, prenez soin de vous ♥

À l’ombre du Japon #22 { Kingdom of knowledge #1 ; Shikabana #1 ; Nosferatu #1 }

Bonjour à tous et à toutes !

On se retrouve pour un nouveau rendez-vous manga avec trois premiers tomes de séries qui sont sortis récemment et qui ont titillé mon intérêt. Malheureusement, comme vous allez le constater, ça n’a pas vraiment été une réussite…

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Fei est un gnome, il vit dans la bibliothèque de l’Empire avec son peuple car ils sont les seuls à pouvoir lire d’anciens manuscrits qui renferment d’immenses savoirs. Ils ont des milliers de volumes à traduire et ne pourront voir le monde extérieur qu’une fois ce travail achevé. C’est chose faite huit ans après le début du manga, sauf que ça sonne la fin des leurs, les humains refusant que leurs secrets soient répandus partout. Fei est le seul à en réchapper et il jure de se venger…

Ce manga est une nouveauté récente parue chez Kana dans sa collection Dark Kana. L’éditeur présente ce titre comme de la dark et de la tactical fantasy, autant dire que j’étais impatiente de le découvrir sauf que… Selon moi, le terme dark fantasy est très mal employé ici et ce serait super qu’on arrête de mettre dans ce sous-genre toute œuvre où on voit du sang et des morts. La dark fantasy, c’est plus que ça. C’est une idéologie d’ensemble qu’on ne ressent absolument pas sur ce premier volume trop classique à mon goût que ce soit sur son idée ou sur sa mise en place. Quant à l’aspect tactique, on ne peut nier sa présence puisque le héros utilise ses connaissances théoriques acquises dans des livres pour vaincre des ennemis toutefois j’ai trouvé que le (la ?) mangaka l’amenait d’une manière plutôt grossière. Tout va trop vite et paradoxalement, c’est long… Du coup, flop pour moi mais si vous êtes moins à cheval que moi sur les terminologies et les attentes générées par un tel titre, alors n’hésitez pas.

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Kyoto, de nos jours. Tsuyu vit avec Mizore, sa copine depuis le lycée et ne sait pas trop où il va dans la vie. Un soir, Mizore subit un accident de la route. Tuée sur le coup, ce nouveau malheur affecte Tsuyu qui se raccroche à une mystérieuse lettre laissée par Mizore qui le supplie de ne pas brûler son cadavre car un miracle pourrait se produire.

En guise de miracle, c’est plutôt un cauchemar. Ce premier tome se révèle très introductif mais c’est logique puisqu’il y a beaucoup à dire. En général, ça m’agace toutefois ici, ce n’est pas trop mal fait et ça s’incorpore plus ou moins bien dans le manga bien qu’il y ait un petit côté « explication à la Rukia » (les fans de Bleach comprendront) qui m’a fait tiquer. Pourtant, Kei Monri prend son temps pour poser la relation entre Tsuyu et Mizore, afin que le lecteur ne reste pas indifférent aux malheurs du garçon. Il y a un côté très tragique et sombre à ce titre qui m’a vraiment plu et qu’on ressent dés la couverture. Les soucis que j’ai rencontré avec Shikabana arrivent après, quand on découvre le concept de kuroe et qu’on apprend que ces créatures utilisent les cadavres comme vaisseau pour se développer avant de naître. Il existe (évidemment) une section plus ou moins secrète de la police qui les traque, groupe que va rejoindre Tsuyu dans l’espoir de sauver Mizore. Évidemment, Tsuyu n’est pas sorti indemne de sa rencontre avec le kuroe qui habite le corps de sa copine et développe des pouvoirs qui font tomber ce titre tête la première dans le horror-body.

Vous le sentez, cet aspect hyper classique et ce schéma convenu ? D’autant que la section élimine les kuroes, les tue quoi. Tsuyu se rend alors bien compte qu’il a commis une erreur en les rejoignant mais il reste quand même avec eux pour… Quoi ? Je n’ai pas bien saisi. Si les différents éléments de fond sont intéressants, la manière dont l’histoire est présentée sur ce premier tome est trop vue et revue à mon goût. Toutefois, je suis certaine qu’il ravira les adeptes d’horror body vu la qualité du chara-design et surtout, les lecteurs moins lassés que moi ! D’autant que la série est achevée en trois tomes et que c’est la première de ce duo d’auteurs donc… Pourquoi pas ?

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Je vais être sincère : j’ai acheté ce manga uniquement pour sa couverture magnifique en lisant à peine le résumé qui, pourtant, parle bien d’une femme amnésique (soit un des ressors narratifs que je déteste le plus au monde) ainsi que de créatures sanguinaires dans une époque qui ressemble un peu au Moyen-Âge… Vu, vu et revu, classique quand tu nous tiens. Toutefois, j’ai cédé à l’appel du chara-design et si ce titre est effectivement beau graphiquement, il ne contient rien de renversant en terme de concept ou d’intrigue, allant même jusqu’à récupérer grossièrement le mythe qui entoure la famille Bathory. Tous les poncifs du genre sont représentés : la belle femme amnésique qui se rappelle pourtant comment se battre avec son épée et ce, à la perfection, le jeune garçon innocent qui va partir avec elle à l’aventure, une gentille héritière qui se fait abuser par ses serviteurs et qui est mise de côté dans le remariage de son père, une église qui monte une troupe d’élite pour affronter les Nosferatu qui avaient disparu mais en fait non… et je suis trop lassée de ceux-ci pour aller voir au-delà de ce premier volume que j’ai pourtant apprécié lire, sans hélas ressentir l’étincelle qui me donne envie de continuer.

Et voilà, c’est déjà terminé ! J’ai conscience de passer pour une emmerdeuse aigrie via ces brefs retours mais si j’ai choisi de vous parler de ces mangas malgré mon sentiment tout personnel c’est parce que je pense sincèrement qu’ils peuvent plaire à un autre public que moi car ils ne sont pas dénués de qualité, autant sur un plan graphique que conceptuel. Ils ne me conviennent juste pas. Heureusement, sur les quatre nouveautés il y en a une qui a su me plaire et à laquelle je vais consacrer un article plus long très bientôt.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #20 { Black Butler ; arc Sieglinde Sarivan }

Bonjour à tous !

En ce moment, je n’ai pas trop envie de lire des romans. Du coup, j’ai décidé de reprendre ma relecture du manga Black Butler entamée cette année durant le confinement. Cet article couvre le dernier chapitre du tome 18 ainsi que les tomes 19, 20, 21 et 22. Ce dernier tome est particulier puisqu’il marque le centième chapitre du manga ! Je vais y revenir.

Un voyage pour l’Allemagne.
Cette fois-ci, sa Majesté demande à Ciel de se rendre en Allemagne car une mystérieuse épidémie la tracasse. Pourquoi s’intéresse-t-elle à ce pays ? Tout simplement parce qu’elle y a de la famille par alliance et elle souhaite donc y envoyer un secours médical si besoin, sauf que le Kaiser lui cache des choses. Version officielle, bien entendu. Bref, c’est tout naturellement qu’elle dépêche son chien de garde qui se retrouve dans le village paumé de Wolfsschlucht (si t’as pas fait allemand à l’école, bonne chance pour réussir à le prononcer).

Ce village est particulier car entouré par une forêt maudite. Selon la légende, les sorcières ont tellement été persécutées en Allemagne entre le 14e et le 17e siècle qu’elles se sont rassemblées au coeur de cette forêt et ont passé un pacte avec des loup-garous chargés de les défendre contre l’oppression. Ces créatures dégagent des miasmes qui tuent en quelques minutes après avoir défiguré les victimes. Certains y survivent mais perdent complètement la raison. Ciel ne croit pas à ces fadaises et décide de se rendre au village par lui-même puisque personne ne peut l’y conduire.

Les femmes sur place sur les premières surprises à voir débarquer Ciel, Sebastian et son groupe de serviteurs. Pourtant, leur cheffe, la sorcière verte -une étrange adolescente prénommée Sieglinde Sarivan- va les accueillir avec plaisir et leur demander de lui en apprendre plus sur le monde extérieur auquel elle n’a jamais eu accès.

/!\ À partir d’ici, ma chronique va contenir des éléments clés de l’intrigue donc lisez à vos risques et périls. /!\

L’obscurantisme et le développement des sciences.
Au fil des tomes, le lecteur se rend compte que Ciel avait raison d’être sceptique face à cette histoire de loup-garous et de malédiction puisqu’il s’agit d’un coup monté du gouvernement allemand. Je vous explique : Sieglinde est la fille d’un génie qui a mis au point une formule pour produire en grande quantité du gaz moutarde. Seulement, un accident de labo l’a tué et a défiguré sa partenaire, qui était comme par hasard enceinte à ce moment-là. Cette dame accouche de Sieglinde qui a hérité du génie de son père. Pour l’exploiter à son plein potentiel, sa mère pense que la bonne solution est de l’isoler des distractions du monde et de faire peser un certain poids sur ses épaules. Elle la met donc à la tête d’un village de femmes prétendues sorcières (des militaires en fait) que la petite va devoir sauver de l’ire des loups qui ont passé un pacte avec la première sorcière verte de l’époque. Ce pacte stipulait que la sorcière verte devait trouver un rituel pour ramener « l’air magique » dans ce monde et permettre aux créatures surnaturelles de revenir. L’air magique en question, c’est le gaz qu’on appelle aujourd’hui sarin mais ça, la pauvre Sieglinde n’en sait rien. Coupée du monde, elle croit réellement œuvrer pour aider son village.

Ce que je trouve intéressant c’est qu’une fois de plus, dans un manga résolument fantastique, Yana Toboso reste très orientée sur les explications scientifiques. Elle exploite l’idée du gaz sarin qui n’a, dans notre réalité, été inventé qu’en 1939 et justement, l’autrice donne une explication à cela (puisque le manga se déroule à la fin du 19e siècle). C’est très intéressant ! Yana Toboso propose toujours une raison logique qui justifie le fait qu’au final, les seules créatures hors du commun sont les diables et les shinigamis. Ciel lui-même, alors qu’il a passé un pacte avec un diable, rejette d’emblée l’histoire au sujet de la malédiction en arguant que ça n’existe pas. Sebastian ne manquera d’ailleurs pas de souligner à quel point sa position est ironique puisque leur pacte est, selon lui, une forme de malédiction.

D’ailleurs, concernant les shinigamis, de nouvelles informations arrivent pendant cet arc qui permettent de savoir de quelle manière on peut le devenir. Cela ouvre de nouvelles perspectives vraiment fascinantes pour la suite et pose pas mal de questions puisque pour devenir un shinigami, il faut s’être suicidé… Et j’imagine mal Grell se suicider, du coup j’aimerais VRAIMENT avoir un flashback sur le détail de son histoire, par pitié. ♥

Enfin, cet arc pose également les bases de celui qui est actuellement en cours de parution et avec lequel j’avais un peu de mal à trouver une logique, si vous vous rappelez mon court retour sur les tomes 27 et 28. Grâce à ma relecture, toutes les pièces du puzzle se sont mises en place, ce qui me ravit ! Comme quoi, quand on suit un manga depuis longtemps au rythme de la parution, se rafraichir un peu la mémoire est nécessaire… D’où aussi l’intérêt de mes articles sur le blog qui sont de fantastiques soutiens pour mes petites cellules grises.

Le centième chapitre.
118690095_2732245070387052_2512749367335505461_n                        image (c) Kana & Yana Toboso

Je l’ai dit, ce volume 22 de Black Butler fête le cap du 100e chapitre du manga. À cette occasion, un sondage a été réalisé dans le magasin qui prépublie Black Butler pour réaliser un classement de popularité des personnages. L’autrice a voulu fêter ça en imaginant une histoire hors série avec les dix plus populaires + ceux dont le dernier chiffre du classement est un 6 (comme le 16, le 46, etc.) ce qui donne lieu à une réception un peu particulière lancée par le vicomte de Druitt. Sachez qu’en tout, il y a eu 12817 votes, ce que je trouve énorme et montre à quel point la série est populaire au Japon. Si vous ne lisez pas (encore) le manga, sachez aussi que si le vicomte de Druitt est dans le coup, c’est que ça va forcément mal tourner. Donc, de base, ça sentait pas bon…

Au cas où ça vous intéresse, voici le top 10 : 1) Sebastian 2) Ciel 3) Undertaker 4) Grell 5) Vincent 6) Charles Grey 7) Snake 8) Elizabeth 9) Lau et 10) Finnian. Je dois avouer avoir été très surprise de trouver Vincent et Charles aussi haut dans le classement vu que ce sont des personnages qui apparaissent très peu et pour Vincent, uniquement en flashback (vous me direz, quand on est mort, forcément…). Sur un plan personnel, je suis quand même contente des 4 premiers car ce sont exactement ceux que j’aurai choisi de mettre et dans cet ordre ! Probablement avec William en 5 car son duo avec Grell est terrible.

Pour en revenir à ce hors-série, le vicomte intrigue lors d’une réception pour s’emparer d’un ruban montrant un chiffre plus haut que le sien car selon lui, ça permet de gagner des caractéristiques supérieures (plus de charisme, de puissance, de place dans l’intrigue, etc) et il n’accepte pas de n’être que 16e. Cela donne lieu à des vols et des échanges pour gagner plus de pouvoir, jusqu’à un affrontement final avec des serpents transformés en dragon et un majordome du feu de dieu. C’est drôle et bien fichu, du grand Yana Toboso qui en profite pour une petite touche émotion entre Undertaker et Vincent. L’air de rien, ce chapitre hors-série confirme certains éléments dont on se doutait déjà en tant que lecteur et promet pour la suite.

Voilà, sans grande surprise cette relecture continue d’être passionnante et m’apporte un nouvel angle sous lequel profiter de cette saga que j’aime tant ! J’espère que mes petits retours sur les différents arcs vous donnent envie de découvrir ce manga. On se retrouve bientôt pour la suite !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #10 { Black Butler : meurtre(s) au manoir & terreur sur le Campania }

Bonjour à tous !
Voici déjà un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon puisque je continue activement ma relecture du manga Black Butler. Une relecture peut-être mise en pause puisqu’à partir d’aujourd’hui, en Belgique, les librairies peuvent rouvrir ce qui va me permettre de passer chez Kazabulles pour faire le plein, en prenant évidemment les précautions qui s’imposent ! Je vais d’ailleurs attendre plutôt demain, en dehors des heures de pointe et en voiture histoire de minimiser l’impact de ma sortie.

Les volumes concernés par cet article vous du 9 au 14 et se divisent en deux arcs dont je vais vous parler en profondeur tout en évitant au maximum de divulgâcher des éléments importants.

Tomes 9 à 11 : meurtre(s) au manoir.
La Reine demande à Ciel d’organiser une réception au manoir pour la venue d’un parent à elle qui souhaite rencontrer du beau monde. Sebastian, comme d’habitude, s’occupe de tout. Parmi les invités prestigieux, on retrouve un jeune écrivain qui débute à peine : un certain Arthur, auteur d’une étude en rouge… Il est le seul à avoir été convié en personne par Ciel. Pour quelle raison ? Mystère sur lequel on n’a pas le temps de s’attarder puisqu’un meurtre est commis en chambre close, premier d’une série qui va semer la terreur parmi les convives.

On retrouve dans cet arc des éléments très classiques de la littérature policière anglaise : un manoir où des gens se retrouvent coincés pendant une tempête, des nobles, un crime où tout le monde est suspect, un spécialiste (soit détective, soit écrivain, soit policier) qui va prendre l’affaire en mains… Yana Toboso rend ici clairement hommage au genre. Certaines ficelles sont plutôt visibles quand on s’y connait un peu et quand on a lu les tomes précédents, surtout en ce qui concerne Sebastian. Cet arc n’est pas franchement mon préféré mais il a le mérite d’être divertissant et de remplir son rôle de transition.

Tomes 11 à 14 : Terreur sur le Campania / Book of Atlantis
Le dernier chapitre du tome 11 introduit le nouvel arc consacré au bateau Campania, arc qui se clôture dans le tome 14 à la fin duquel on trouve également l’introduction à l’arc suivant, Weston Manor. Mais nous n’y sommes pas encore ! Cet arc correspond également à un film disponible sur Netflix qui s’appelle : Black Butler – Book of Atlantis que j’ai regardé avant d’écrire cet article. Contrairement aux deux premières saisons de l’animé, cette production respecte à la lettre le scénario de Yana Toboso dans le manga papier toutefois l’animation des décors à l’ordinateur laisse par moment à désirer. C’est très sympa à voir en complément mais un fan qui se contente juste des animés aura un goût de trop peu.

Élisabeth invite Ciel à participer à une croisière où elle se rend avec sa famille, invitation que le Comte refuse sous prétexte de travail dont il ne peut s’éloigner. Lors d’un dîner, Lau (protagoniste qui appartient à la mafia chinoise et qu’on a déjà croisé auparavant) lui révèle qu’il a détecté des activités bizarres sur les docks. En effet, le personnel d’un hôpital achète des humains pour, selon toute vraisemblance, mener des expériences interdites. Grâce à une enquête diligemment menée par Sebastian, le chien de garde de la reine découvre que la société Aurora est mêlée à tout ça et qu’elle va justement se réunir sur le navire où se trouve Élisabeth pour on congrès immanquable et secret. Ciel va donc embarquer avec son majordome et Snake, son valet engagé au terme de l’arc Noah’s Ark Circus.

Cet arc narratif est extrêmement riche sur plusieurs plans. Déjà, il permet de développer des personnages secondaires de manière surprenante comme Undertaker ou Élisabeth. Cette dernière a le don de m’agacer prodigieusement depuis quatorze tomes donc il était temps qu’on la nuance un peu. L’éclairage apporté par Yana Toboso à son sujet rend compréhensible plusieurs de ses comportements pénibles et permet au lecteur de ressentir une forme de compassion à son égard.

On va également retrouver Grell (YEAH !) ainsi qu’un nouveau shinigami, Ronald Knox, son binôme. Pourquoi sont-ils présents sur le Campania ? L’arc répondra à cette question et permettra de développer un peu plus l’univers des shinigamis. On en apprendra davantage sur les faux de la mort, sur pourquoi ils portent tous des lunettes… Mais si, c’est important et non, ça n’a rien avoir avec le style.

Une fois de plus, cet arc est très référencé. Le Campania rappelle le Titanic par bien des points et se base entièrement sur la notion de « mort ». Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la découverte à ceux d’entre vous qui ont envie de se lancer.

Et voilà, nous sommes déjà au terme de cet épisode spécial ! Le prochain devrait contenir bien plus de diversité puisque je compte me rendre à ma librairie sous peu. Je vous donne donc rendez-vous bientôt pour un nouveau passage au Japon.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon # 9 { Black Butler : le prince Soma et Aghni + Noah’s Ark Circus }

Bonjour à tous !
Je vous propose aujourd’hui un épisode d’À l’ombre du Japon un peu spécial puisqu’il va parler uniquement du manga Black Butler que je suis en train de relire en ce moment. Vous le savez si vous trainez dans le coin, il s’agit d’une de mes œuvres favorites ce qui me donne envie de la partager avec vous dans le détail. Cette relecture est une occasion unique pour moi de le faire puisque je peux évoquer plus précisément ce qui me plait (ou non) dans chaque arc narratif !

Ces cinq tomes forment deux arcs narratifs importants dont l’un compte même parmi mes favoris du manga.

Tomes 4 et 5 : L’arrivée du prince Soma et d’Aghni.
Sur la dernière page du volume 3, Yana Toboso met en scène un mystérieux duo d’origine indienne qui vient d’arriver à Londres, ce qui introduit un nouvel arc narratif que je baptise toute seule « l’arrivée du prince Soma et d’Aghni » qui deviendront des personnages récurrents. Dans le tome 4, Ciel et Sebastian doivent enquêter au nom de la Reine sur une série d’agressions envers des nantis revenus récemment des Indes. Le hasard (ou pas ?) veut qu’ils croisent la route du prince Soma, vingt-sixième fils du souverain de l’état princier du Bengale et de son majordome Aghni qui réussit à tenir tête à Sebastian alors qu’il n’est qu’un simple humain. Le prince Soma a gagné l’Angleterre afin de retrouver Mina, la jeune fille qui s’occupait de lui durant son enfance et qui aurait été enlevée par un noble anglais. Et si les deux affaires étaient liées ?

J’aime particulièrement cet arc pour deux raisons. Déjà, il met en avant les liens qui existent entre l’Inde et l’Angleterre d’une manière plutôt intéressante. C’est l’occasion pour le lecteur d’en apprendre plus sur les relations entre ces deux pays mais aussi sur la cuisine (avec le concours de curry) ou encore la pratique du Royal Warrant que je ne connaissais pas du tout. Yana Toboso a l’habitude de glisser des notes en bas de page plutôt intéressantes avec des anecdotes historiques et ça a su me plaire. Je trouve que c’est aussi un intérêt non négligeable dans ce manga, ce côté « le saviez-vous ? » assumé. De plus, les deux nouveaux personnages ne manquent pas d’intriguer tout en apportant un vent de fraicheur sympathique par leurs innombrables bêtises. À travers cet arc, je trouve que Yana Toboso apprend à mieux doser l’équilibre entre l’humour et la noirceur, ce qui permet une transition parfaite pour la suite.

Tomes 6 à 8 : Noah’s Ark Circus
À la fin du concours de curry qui a lieu dans le tome 5, la reine Elisabeth Ier donne une nouvelle mission à Ciel. Plusieurs enfants disparaissent dans toute l’Angleterre, des disparitions qui coïncident avec le passage du Noah’s Ark Circus. Ciel et Sebastian vont donc s’infiltrer au sein de la troupe pour enquêter.

Vous remarquerez peut-être que le tome 6 est le premier à ne pas représenter Sebastian en couverture ! J’ignore si c’est un détail ou si ça a une véritable signification mais je trouve intéressant que ça arrive justement au début de cet arc narratif puisqu’il marque un vrai tournant pour le personnage de Ciel, à mon sens, ainsi que le premier grand élan de l’intrigue. Si vous avez une théorie, n’hésitez pas à la partager avec moi !

Comme je l’ai dit, cet arc se place dans mon top 3 des meilleurs de la série. Déjà, je trouve son esthétique magnifique. Le cirque dégage un aspect un peu glauque et macabre qui se marie très bien avec le dessin de Yana Toboso. Ensuite, l’histoire racontée ici est…. horrible. Elle donne des frissons en plus de jouer sur une dimension psychologique maîtrisée, malsaine. Je ne peux hélas pas en révéler davantage sans vous gâcher le plaisir toutefois quand vous comprenez ce qui est advenu des enfants disparus et pour quelle raison, ça ne peut pas vous laisser indifférent.

Toujours dans la même veine, le lecteur découvre quelques éléments intéressants au sujet de Ciel qui sort de sa zone de confort. Il doit se faire passer pour un enfant ordinaire désireux d’entrer dans la troupe du Noah’s Ark, ce qui l’empêche de se comporter en comte. Il est mis face à des situations difficiles qui engendreront des problèmes de santé, le rendant plus vulnérable. Un aspect contrebalancé par la conclusion aussi cynique que grandiose pour cet arc (vraiment, j’espère que vous ressentez la force de mon enthousiasme à travers cette phrase parce que c’était extra !). Enfin, c’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les domestiques de la maison Phantomhive. Grâce à cet arc, on comprend beaucoup mieux pourquoi ces trois boulets sont employés au manoir et on entrevoit un morceau de leurs histoires personnelles, sans que ça n’alourdisse l’action. Selon moi, cet arc est le premier à être géré d’une manière magistrale par la mangaka qui, on le sent, prend du métier.

Je dois préciser que cet arc existe en animé intitulé Black Butler : Book of Circus et qui, selon ce que j’en sais, suis vraiment l’histoire du manga papier puisqu’il est considéré comme un reboot, au contraire des deux premières saisons qui sont une catastrophe narrative. Surtout la fin de la première en réalité… La deuxième, ça va encore même si rien de ce qui s’y raconte n’apparaît dans l’œuvre papier.

Et voilà, nous sommes déjà au bout de cet épisode spécial. Je pense que ça ne sera pas le dernier puisque nous n’allons pas sortir tout de suite du confinement et que j’ai déjà un autre arc dont j’ai envie de vous parler. J’espère que vous apprécierez de découvrir ce manga en ma compagnie !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

Fool’s Paradise #1 -Ninjyamu et Misao

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Fool’s Paradise
est une série en 4 tomes dessinée par Misao et scénarisée par Ninjyamu. Éditée chez Kana dans la collection dark kana, il s’agit d’un thriller couplé à une critique sociale. Je me propose ici de vous parler du premier tome.

Fool’s Paradise raconte l’histoire d’une idole prénommée Sela Hiiragi. Pendant un concert, une bombe explose sur scène et elle perd l’usage de sa jambe. Décidée à ne pas laisser cet évènement bousiller sa carrière, elle commence une rééducation intensive afin de pouvoir participer à la cérémonie d’ouverture des J.O. trois mois plus tard. L’histoire de cette jeune fille a profondément bouleversé les japonais, au point que les gens ont des réactions assez extrêmes envers ceux qui critiquent Sela. Peut-être trop extrêmes? Son tuteur commence à se poser des questions mais hélas, il est probablement déjà trop tard pour éradiquer ce phénomène.

Le pitch peut paraître surprenant pour un manga que je qualifie de thriller. Le premier tiers de ce tome est un peu lent, très descriptif, il prend son temps. Mais plus on avance et plus c’est l’escalade en terme d’action et surtout de violence. Le lecteur ne manquera pas de froncer les sourcils à plusieurs reprises, surpris par le contenu de ce qu’il est en train de lire. Il se dira que le mangaka a peut-être un peu exagéré les réactions des gens, cherchera à trouver tout un tas d’excuses, avant de se rendre compte que ça pourrait très bien arriver, même dans notre réalité. Oui, c’est l’instant cynisme.

Difficile de dire si ce manga contient des éléments fantastiques ou si les auteurs ont une vision profondément négative de l’être humain. Dans un cas comme dans l’autre, tous les ingrédients sont réunis pour une recette efficace: l’intrigue est complexe mais compréhensible, des indices sont disséminés dans le récit et posent les bases d’un scénario prometteur, les personnages sont clairement identifiables… Et ça, c’est génial ! Trop souvent ces derniers temps, je trouve que certains personnages au sein d’un même titre se ressemblent trop au point que ça devient difficile de les distinguer. Ce n’est pas du tout le cas dans Fool’s Paradise et je salue le trait de Misao qui ne manque pas de caractère.

Fool’s Paradise aborde des thèmes très actuels, comme le danger de l’idolâtrie, l’influence des groupes (sociaux, je précise) sur un individu, les dérapages lors d’évènements populaires. On ne peut pas s’empêcher, en tant qu’occidental, de faire des parallèles avec les attentats que nous avons pu connaître même si dans le cadre de la diégèse du manga, il ne s’agit pas de terrorisme religieux. Pourtant, il est probable que cela vous touche aussi en tant que lecteur et vous aide à vous immerger dans le climat de fond du manga.

Séduite par ce titre et surtout très intriguée, je ne saurai que trop vous recommander de découvrir cette saga prometteuse qui a l’avantage d’être terminée sur quatre tomes. Kana privilégie de plus en plus les séries courtes et, pour ma part, c’est un choix que j’apprécie ! À lire donc 🙂

Moriarty #1 – Ryosuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi

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Moriarty est le premier tome d’une série en cours (6 volumes au Japon et 1 chez nous pour l’instant, le tome 2 arrive fin septembre !) scénarisée par Ryosuke Takeuchi et dessinée par Hikaru Miyoshi. Édité chez Kana dans la collection Dark Kana, ce shonen à la limite du seinen s’inspire librement de l’œuvre de Conan Doyle. Il est disponible au prix de 6.80 euros.

Moriarty, c’est l’histoire de deux frères orphelins, William et Louis, qui rencontrent un jour Albert, fils ainé de la famille Moriarty. Ce dernier est un noble qui déteste le système de classe dans l’Angleterre victorienne. En rencontrant William et Louis, il décèle en eux l’intelligence dont il a besoin pour nettoyer la société anglaise. En échange de leur aide, il propose de leur offrir sa richesse et l’influence de son nom. Treize années plus tard, William Moriarty est devenu le conseiller en crime que l’on connait et dispense ses conseils à ceux qui le lui demandent.

J’ai acheté ce manga avec une petite appréhension. Déjà parce que je suis assez frileuse des adaptations autour de Sherlock Holmes (rien ne surpassera jamais Sherlock ♥ Et le Moriarty d’Andrew Scott du coup). Ensuite parce que je trouvais le chara-design très (trop ?) proche de Black Butler. Mais je suis faible (et j’adore Black Butler) donc j’ai décidé de me lancer. Et bon sang, quelle bonne idée !

Moriarty aborde des thèmes importants à travers une histoire assez sombre et tendue, notamment le problème de la lutte des classes. L’Angleterre de cette époque est parfaite pour évoquer les disparités sociales et le comportement des élites face à ceux qui sont « en-dessous » d’eux. Derrière ce propos historique, on ressent un amer goût d’actualité. Ça m’a un peu rappelé le parti-pris de Perfect Crimes en moins cynique car Moriarty et ses frères ressentent encore de l’espoir pour leur société qu’ils désirent changer.

Ce premier tome est assez dense et commence d’abord par l’évocation du passé des trois protagonistes principaux, ce qui prend une bonne moitié du manga. Ensuite, nous voyons la première « enquête » de Moriarty. Le scénariste développe des aspects de la société anglaise de l’époque et n’est pas avare de dialogues. Je me demande comment les évènements vont évoluer et j’ai eu très envie de lire la suite à peine ce manga refermé.

Une série que je vais suivre avec assiduité ! Je la recommande à ceux qui ont aimé Black Butler, parce que je persiste à trouver beaucoup de points communs aux deux histoires, le côté fantastique en moins. Ce n’est ni un plagiat ni une redite, simplement deux univers proches qui plairont forcément aux fans. À lire !

Dusk Maiden of Amnesia #1 – MAYBE

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Dusk Maiden of Amnesia est une série terminée sur 10 tomes, scénarisée et dessinée par Maybe. Publié chez Kana dans la collection Dark Kana, chaque volume coûte 7.45 euros et il existe pour l’instant une promotion où le tome 1 est offert à l’achat de deux tomes, dans un pack 2+1 gratuit, dont j’ai évidemment profité.

Dusk Maiden of Amnesia m’a été conseillé par Lire en Bulles, découvrez son avis sur la série !

L’histoire s’ouvre sur une malédiction et la présentation d’une école pas franchement rassurante. L’un de ses élèves, Teiichi, rencontre Yûko dans une partie désaffecté du bâtiment et comprend rapidement que la jeune fille est un fantôme ! Intrigué par le mystère qui plane autour de sa mort, Teiichi rejoint le club des enquêtes paranormales où il va s’intéresser à différentes affaires surnaturelles qui se déroulent entre les murs de son établissement.

Dusk Maiden of Amnesia est une série un peu étrange, un peu bâtarde, qui passe de l’humour léger très nippon à l’horreur plutôt sombre d’une page à l’autre, sans nous y préparer. Du coup, le manga a le mérite de surprendre et d’empêcher le lecteur de s’attendre à quoi que ce soit. Cela dérangera sûrement certains lecteurs, qui auront du mal à se poser et s’immerger complètement mais je crois que les quelques maladresses sont dues simplement au fait que c’est un premier tome qui cherche son rythme.

Dans ce tome 1, Maybe pose les deux personnages principaux et l’univers. Teiichi est un lycéen plutôt normal qui est pourtant capable de voir Yûko, sans qu’on sache pour quelle raison. Je trouve intéressant que, finalement, Teiichi ne se distingue pas particulièrement. Il n’est pas le plus intelligent ni le plus beau mais ce n’est pas non plus un marginal. Il apparaît comme un garçon parfaitement normal qui se retrouve embarqué dans une histoire rocambolesque. Quant à Yûlo, si on a au départ l’impression d’un fantôme plutôt léger, on se rend rapidement compte que sa personnalité est très complexe. J’ai trouvé ce personnage mystérieux et intriguant. Je n’arrive pas à bien la cerner et justement, ça fait tout le charme du manga.

Quant au dessin, je lui trouve une véritable personnalité même s’il reste dans une ligne très moderne. Le trait est maîtrisé, surtout pour les passages horrifiques que je trouve particulièrement saisissants. Tout à fait mon type !

En bref, j’ai passé un très bon moment avec ce premier tome et je vais continuer la série en entier. L’auteur a su m’intriguer et me donner envie de me plonger davantage dans son univers. Je suis ravie d’avoir sauté le pas ! On se retrouve à la fin du dixième tome pour un avis complet sur la saga.

Gleipnir #1 – Sun Takeda

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Gleipnir est le premier tome d’un seinen écrit et dessiné par Sun Takeda. Publié chez Kana dans la collection Dark Kana, le premier tome est disponible jusque fin d’année au prix découverte de 5.95 euros.

La première chose qui a attiré mon attention sur ce manga, c’est sa couverture. On y voit ce monstre un peu mascotte féroce porter une arme et cette fille blonde qui entre dans son corps. Mon alarme à histoire tordue a bipé et je n’ai pas hésité une seconde avant de l’acheter. J’ai quand même lu la 4e de couverture en passant à la caisse mais elle m’a juste confortée dans mon choix.

Gleipnir raconte l’histoire de Shûichi Kagaya, un lycéen comme les autres qui, du jour au lendemain, se transforme en un monstre assez kawaï (dans le genre glauque, mais non ce n’est pas antinomique voyons) doté de capacités extraordinaires. Et ça ne le réjouit pas vraiment, il a peur de blesser quelqu’un, de commettre des actes regrettables. L’histoire aurait pu se contenter de ça, la lutte d’un garçon contre une sorte de malédiction avec une métaphore bien ficelée sur les tourments de l’adolescence, mais non, elle fait mieux en ajoutant Claire à l’équation. Une suicidaire au courant de l’existence des monstres comme Shûichi et décidée à le faire chanter pour qu’il l’aide à retrouver sa sœur, elle aussi un monstre.

Comme je le pressentais, l’histoire est assez malsaine et réservée à un public averti. L’auteur a une agaçante tendance à zoomer sur la petite culotte de ses personnages féminins mais hormis ce détail crispant (parce que c’est vraiment juste de l’exposition en plus…) il propose une histoire stimulante et sombre. Il développe pour ses personnages une psychologie complexe et prometteuse qui me laisse impatiente de découvrir la suite. Puis cette dernière page quoi… Le tome 2 promet !

Je recommande Gleipnir aux lecteurs de seinen qui aiment les ambiances oppressantes et les chara-designs de caractère. Ce manga vous conviendra aussi si vous appréciez les relations tordues entre deux personnages et cette touche subtile de poésie macabre qui, personnellement, me fait fondre. Gleipnir est sans conteste une série à suivre, je recommande !