À l’ombre du Japon #10 { Black Butler : meurtre(s) au manoir & terreur sur le Campania }

Bonjour à tous !
Voici déjà un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon puisque je continue activement ma relecture du manga Black Butler. Une relecture peut-être mise en pause puisqu’à partir d’aujourd’hui, en Belgique, les librairies peuvent rouvrir ce qui va me permettre de passer chez Kazabulles pour faire le plein, en prenant évidemment les précautions qui s’imposent ! Je vais d’ailleurs attendre plutôt demain, en dehors des heures de pointe et en voiture histoire de minimiser l’impact de ma sortie.

Les volumes concernés par cet article vous du 9 au 14 et se divisent en deux arcs dont je vais vous parler en profondeur tout en évitant au maximum de divulgâcher des éléments importants.

Tomes 9 à 11 : meurtre(s) au manoir.
La Reine demande à Ciel d’organiser une réception au manoir pour la venue d’un parent à elle qui souhaite rencontrer du beau monde. Sebastian, comme d’habitude, s’occupe de tout. Parmi les invités prestigieux, on retrouve un jeune écrivain qui débute à peine : un certain Arthur, auteur d’une étude en rouge… Il est le seul à avoir été convié en personne par Ciel. Pour quelle raison ? Mystère sur lequel on n’a pas le temps de s’attarder puisqu’un meurtre est commis en chambre close, premier d’une série qui va semer la terreur parmi les convives.

On retrouve dans cet arc des éléments très classiques de la littérature policière anglaise : un manoir où des gens se retrouvent coincés pendant une tempête, des nobles, un crime où tout le monde est suspect, un spécialiste (soit détective, soit écrivain, soit policier) qui va prendre l’affaire en mains… Yana Toboso rend ici clairement hommage au genre. Certaines ficelles sont plutôt visibles quand on s’y connait un peu et quand on a lu les tomes précédents, surtout en ce qui concerne Sebastian. Cet arc n’est pas franchement mon préféré mais il a le mérite d’être divertissant et de remplir son rôle de transition.

Tomes 11 à 14 : Terreur sur le Campania / Book of Atlantis
Le dernier chapitre du tome 11 introduit le nouvel arc consacré au bateau Campania, arc qui se clôture dans le tome 14 à la fin duquel on trouve également l’introduction à l’arc suivant, Weston Manor. Mais nous n’y sommes pas encore ! Cet arc correspond également à un film disponible sur Netflix qui s’appelle : Black Butler – Book of Atlantis que j’ai regardé avant d’écrire cet article. Contrairement aux deux premières saisons de l’animé, cette production respecte à la lettre le scénario de Yana Toboso dans le manga papier toutefois l’animation des décors à l’ordinateur laisse par moment à désirer. C’est très sympa à voir en complément mais un fan qui se contente juste des animés aura un goût de trop peu.

Élisabeth invite Ciel à participer à une croisière où elle se rend avec sa famille, invitation que le Comte refuse sous prétexte de travail dont il ne peut s’éloigner. Lors d’un dîner, Lau (protagoniste qui appartient à la mafia chinoise et qu’on a déjà croisé auparavant) lui révèle qu’il a détecté des activités bizarres sur les docks. En effet, le personnel d’un hôpital achète des humains pour, selon toute vraisemblance, mener des expériences interdites. Grâce à une enquête diligemment menée par Sebastian, le chien de garde de la reine découvre que la société Aurora est mêlée à tout ça et qu’elle va justement se réunir sur le navire où se trouve Élisabeth pour on congrès immanquable et secret. Ciel va donc embarquer avec son majordome et Snake, son valet engagé au terme de l’arc Noah’s Ark Circus.

Cet arc narratif est extrêmement riche sur plusieurs plans. Déjà, il permet de développer des personnages secondaires de manière surprenante comme Undertaker ou Élisabeth. Cette dernière a le don de m’agacer prodigieusement depuis quatorze tomes donc il était temps qu’on la nuance un peu. L’éclairage apporté par Yana Toboso à son sujet rend compréhensible plusieurs de ses comportements pénibles et permet au lecteur de ressentir une forme de compassion à son égard.

On va également retrouver Grell (YEAH !) ainsi qu’un nouveau shinigami, Ronald Knox, son binôme. Pourquoi sont-ils présents sur le Campania ? L’arc répondra à cette question et permettra de développer un peu plus l’univers des shinigamis. On en apprendra davantage sur les faux de la mort, sur pourquoi ils portent tous des lunettes… Mais si, c’est important et non, ça n’a rien avoir avec le style.

Une fois de plus, cet arc est très référencé. Le Campania rappelle le Titanic par bien des points et se base entièrement sur la notion de « mort ». Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la découverte à ceux d’entre vous qui ont envie de se lancer.

Et voilà, nous sommes déjà au terme de cet épisode spécial ! Le prochain devrait contenir bien plus de diversité puisque je compte me rendre à ma librairie sous peu. Je vous donne donc rendez-vous bientôt pour un nouveau passage au Japon.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon # 9 { Black Butler : le prince Soma et Aghni + Noah’s Ark Circus }

Bonjour à tous !
Je vous propose aujourd’hui un épisode d’À l’ombre du Japon un peu spécial puisqu’il va parler uniquement du manga Black Butler que je suis en train de relire en ce moment. Vous le savez si vous trainez dans le coin, il s’agit d’une de mes œuvres favorites ce qui me donne envie de la partager avec vous dans le détail. Cette relecture est une occasion unique pour moi de le faire puisque je peux évoquer plus précisément ce qui me plait (ou non) dans chaque arc narratif !

Ces cinq tomes forment deux arcs narratifs importants dont l’un compte même parmi mes favoris du manga.

Tomes 4 et 5 : L’arrivée du prince Soma et d’Aghni.
Sur la dernière page du volume 3, Yana Toboso met en scène un mystérieux duo d’origine indienne qui vient d’arriver à Londres, ce qui introduit un nouvel arc narratif que je baptise toute seule « l’arrivée du prince Soma et d’Aghni » qui deviendront des personnages récurrents. Dans le tome 4, Ciel et Sebastian doivent enquêter au nom de la Reine sur une série d’agressions envers des nantis revenus récemment des Indes. Le hasard (ou pas ?) veut qu’ils croisent la route du prince Soma, vingt-sixième fils du souverain de l’état princier du Bengale et de son majordome Aghni qui réussit à tenir tête à Sebastian alors qu’il n’est qu’un simple humain. Le prince Soma a gagné l’Angleterre afin de retrouver Mina, la jeune fille qui s’occupait de lui durant son enfance et qui aurait été enlevée par un noble anglais. Et si les deux affaires étaient liées ?

J’aime particulièrement cet arc pour deux raisons. Déjà, il met en avant les liens qui existent entre l’Inde et l’Angleterre d’une manière plutôt intéressante. C’est l’occasion pour le lecteur d’en apprendre plus sur les relations entre ces deux pays mais aussi sur la cuisine (avec le concours de curry) ou encore la pratique du Royal Warrant que je ne connaissais pas du tout. Yana Toboso a l’habitude de glisser des notes en bas de page plutôt intéressantes avec des anecdotes historiques et ça a su me plaire. Je trouve que c’est aussi un intérêt non négligeable dans ce manga, ce côté « le saviez-vous ? » assumé. De plus, les deux nouveaux personnages ne manquent pas d’intriguer tout en apportant un vent de fraicheur sympathique par leurs innombrables bêtises. À travers cet arc, je trouve que Yana Toboso apprend à mieux doser l’équilibre entre l’humour et la noirceur, ce qui permet une transition parfaite pour la suite.

Tomes 6 à 8 : Noah’s Ark Circus
À la fin du concours de curry qui a lieu dans le tome 5, la reine Elisabeth Ier donne une nouvelle mission à Ciel. Plusieurs enfants disparaissent dans toute l’Angleterre, des disparitions qui coïncident avec le passage du Noah’s Ark Circus. Ciel et Sebastian vont donc s’infiltrer au sein de la troupe pour enquêter.

Vous remarquerez peut-être que le tome 6 est le premier à ne pas représenter Sebastian en couverture ! J’ignore si c’est un détail ou si ça a une véritable signification mais je trouve intéressant que ça arrive justement au début de cet arc narratif puisqu’il marque un vrai tournant pour le personnage de Ciel, à mon sens, ainsi que le premier grand élan de l’intrigue. Si vous avez une théorie, n’hésitez pas à la partager avec moi !

Comme je l’ai dit, cet arc se place dans mon top 3 des meilleurs de la série. Déjà, je trouve son esthétique magnifique. Le cirque dégage un aspect un peu glauque et macabre qui se marie très bien avec le dessin de Yana Toboso. Ensuite, l’histoire racontée ici est…. horrible. Elle donne des frissons en plus de jouer sur une dimension psychologique maîtrisée, malsaine. Je ne peux hélas pas en révéler davantage sans vous gâcher le plaisir toutefois quand vous comprenez ce qui est advenu des enfants disparus et pour quelle raison, ça ne peut pas vous laisser indifférent.

Toujours dans la même veine, le lecteur découvre quelques éléments intéressants au sujet de Ciel qui sort de sa zone de confort. Il doit se faire passer pour un enfant ordinaire désireux d’entrer dans la troupe du Noah’s Ark, ce qui l’empêche de se comporter en comte. Il est mis face à des situations difficiles qui engendreront des problèmes de santé, le rendant plus vulnérable. Un aspect contrebalancé par la conclusion aussi cynique que grandiose pour cet arc (vraiment, j’espère que vous ressentez la force de mon enthousiasme à travers cette phrase parce que c’était extra !). Enfin, c’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les domestiques de la maison Phantomhive. Grâce à cet arc, on comprend beaucoup mieux pourquoi ces trois boulets sont employés au manoir et on entrevoit un morceau de leurs histoires personnelles, sans que ça n’alourdisse l’action. Selon moi, cet arc est le premier à être géré d’une manière magistrale par la mangaka qui, on le sent, prend du métier.

Je dois préciser que cet arc existe en animé intitulé Black Butler : Book of Circus et qui, selon ce que j’en sais, suis vraiment l’histoire du manga papier puisqu’il est considéré comme un reboot, au contraire des deux premières saisons qui sont une catastrophe narrative. Surtout la fin de la première en réalité… La deuxième, ça va encore même si rien de ce qui s’y raconte n’apparaît dans l’œuvre papier.

Et voilà, nous sommes déjà au bout de cet épisode spécial. Je pense que ça ne sera pas le dernier puisque nous n’allons pas sortir tout de suite du confinement et que j’ai déjà un autre arc dont j’ai envie de vous parler. J’espère que vous apprécierez de découvrir ce manga en ma compagnie !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

Fool’s Paradise #1 -Ninjyamu et Misao

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Fool’s Paradise
est une série en 4 tomes dessinée par Misao et scénarisée par Ninjyamu. Éditée chez Kana dans la collection dark kana, il s’agit d’un thriller couplé à une critique sociale. Je me propose ici de vous parler du premier tome.

Fool’s Paradise raconte l’histoire d’une idole prénommée Sela Hiiragi. Pendant un concert, une bombe explose sur scène et elle perd l’usage de sa jambe. Décidée à ne pas laisser cet évènement bousiller sa carrière, elle commence une rééducation intensive afin de pouvoir participer à la cérémonie d’ouverture des J.O. trois mois plus tard. L’histoire de cette jeune fille a profondément bouleversé les japonais, au point que les gens ont des réactions assez extrêmes envers ceux qui critiquent Sela. Peut-être trop extrêmes? Son tuteur commence à se poser des questions mais hélas, il est probablement déjà trop tard pour éradiquer ce phénomène.

Le pitch peut paraître surprenant pour un manga que je qualifie de thriller. Le premier tiers de ce tome est un peu lent, très descriptif, il prend son temps. Mais plus on avance et plus c’est l’escalade en terme d’action et surtout de violence. Le lecteur ne manquera pas de froncer les sourcils à plusieurs reprises, surpris par le contenu de ce qu’il est en train de lire. Il se dira que le mangaka a peut-être un peu exagéré les réactions des gens, cherchera à trouver tout un tas d’excuses, avant de se rendre compte que ça pourrait très bien arriver, même dans notre réalité. Oui, c’est l’instant cynisme.

Difficile de dire si ce manga contient des éléments fantastiques ou si les auteurs ont une vision profondément négative de l’être humain. Dans un cas comme dans l’autre, tous les ingrédients sont réunis pour une recette efficace: l’intrigue est complexe mais compréhensible, des indices sont disséminés dans le récit et posent les bases d’un scénario prometteur, les personnages sont clairement identifiables… Et ça, c’est génial ! Trop souvent ces derniers temps, je trouve que certains personnages au sein d’un même titre se ressemblent trop au point que ça devient difficile de les distinguer. Ce n’est pas du tout le cas dans Fool’s Paradise et je salue le trait de Misao qui ne manque pas de caractère.

Fool’s Paradise aborde des thèmes très actuels, comme le danger de l’idolâtrie, l’influence des groupes (sociaux, je précise) sur un individu, les dérapages lors d’évènements populaires. On ne peut pas s’empêcher, en tant qu’occidental, de faire des parallèles avec les attentats que nous avons pu connaître même si dans le cadre de la diégèse du manga, il ne s’agit pas de terrorisme religieux. Pourtant, il est probable que cela vous touche aussi en tant que lecteur et vous aide à vous immerger dans le climat de fond du manga.

Séduite par ce titre et surtout très intriguée, je ne saurai que trop vous recommander de découvrir cette saga prometteuse qui a l’avantage d’être terminée sur quatre tomes. Kana privilégie de plus en plus les séries courtes et, pour ma part, c’est un choix que j’apprécie ! À lire donc 🙂

Moriarty #1 – Ryosuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi

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Moriarty est le premier tome d’une série en cours (6 volumes au Japon et 1 chez nous pour l’instant, le tome 2 arrive fin septembre !) scénarisée par Ryosuke Takeuchi et dessinée par Hikaru Miyoshi. Édité chez Kana dans la collection Dark Kana, ce shonen à la limite du seinen s’inspire librement de l’œuvre de Conan Doyle. Il est disponible au prix de 6.80 euros.

Moriarty, c’est l’histoire de deux frères orphelins, William et Louis, qui rencontrent un jour Albert, fils ainé de la famille Moriarty. Ce dernier est un noble qui déteste le système de classe dans l’Angleterre victorienne. En rencontrant William et Louis, il décèle en eux l’intelligence dont il a besoin pour nettoyer la société anglaise. En échange de leur aide, il propose de leur offrir sa richesse et l’influence de son nom. Treize années plus tard, William Moriarty est devenu le conseiller en crime que l’on connait et dispense ses conseils à ceux qui le lui demandent.

J’ai acheté ce manga avec une petite appréhension. Déjà parce que je suis assez frileuse des adaptations autour de Sherlock Holmes (rien ne surpassera jamais Sherlock ♥ Et le Moriarty d’Andrew Scott du coup). Ensuite parce que je trouvais le chara-design très (trop ?) proche de Black Butler. Mais je suis faible (et j’adore Black Butler) donc j’ai décidé de me lancer. Et bon sang, quelle bonne idée !

Moriarty aborde des thèmes importants à travers une histoire assez sombre et tendue, notamment le problème de la lutte des classes. L’Angleterre de cette époque est parfaite pour évoquer les disparités sociales et le comportement des élites face à ceux qui sont « en-dessous » d’eux. Derrière ce propos historique, on ressent un amer goût d’actualité. Ça m’a un peu rappelé le parti-pris de Perfect Crimes en moins cynique car Moriarty et ses frères ressentent encore de l’espoir pour leur société qu’ils désirent changer.

Ce premier tome est assez dense et commence d’abord par l’évocation du passé des trois protagonistes principaux, ce qui prend une bonne moitié du manga. Ensuite, nous voyons la première « enquête » de Moriarty. Le scénariste développe des aspects de la société anglaise de l’époque et n’est pas avare de dialogues. Je me demande comment les évènements vont évoluer et j’ai eu très envie de lire la suite à peine ce manga refermé.

Une série que je vais suivre avec assiduité ! Je la recommande à ceux qui ont aimé Black Butler, parce que je persiste à trouver beaucoup de points communs aux deux histoires, le côté fantastique en moins. Ce n’est ni un plagiat ni une redite, simplement deux univers proches qui plairont forcément aux fans. À lire !

Dusk Maiden of Amnesia #1 – MAYBE

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Dusk Maiden of Amnesia est une série terminée sur 10 tomes, scénarisée et dessinée par Maybe. Publié chez Kana dans la collection Dark Kana, chaque volume coûte 7.45 euros et il existe pour l’instant une promotion où le tome 1 est offert à l’achat de deux tomes, dans un pack 2+1 gratuit, dont j’ai évidemment profité.

Dusk Maiden of Amnesia m’a été conseillé par Lire en Bulles, découvrez son avis sur la série !

L’histoire s’ouvre sur une malédiction et la présentation d’une école pas franchement rassurante. L’un de ses élèves, Teiichi, rencontre Yûko dans une partie désaffecté du bâtiment et comprend rapidement que la jeune fille est un fantôme ! Intrigué par le mystère qui plane autour de sa mort, Teiichi rejoint le club des enquêtes paranormales où il va s’intéresser à différentes affaires surnaturelles qui se déroulent entre les murs de son établissement.

Dusk Maiden of Amnesia est une série un peu étrange, un peu bâtarde, qui passe de l’humour léger très nippon à l’horreur plutôt sombre d’une page à l’autre, sans nous y préparer. Du coup, le manga a le mérite de surprendre et d’empêcher le lecteur de s’attendre à quoi que ce soit. Cela dérangera sûrement certains lecteurs, qui auront du mal à se poser et s’immerger complètement mais je crois que les quelques maladresses sont dues simplement au fait que c’est un premier tome qui cherche son rythme.

Dans ce tome 1, Maybe pose les deux personnages principaux et l’univers. Teiichi est un lycéen plutôt normal qui est pourtant capable de voir Yûko, sans qu’on sache pour quelle raison. Je trouve intéressant que, finalement, Teiichi ne se distingue pas particulièrement. Il n’est pas le plus intelligent ni le plus beau mais ce n’est pas non plus un marginal. Il apparaît comme un garçon parfaitement normal qui se retrouve embarqué dans une histoire rocambolesque. Quant à Yûlo, si on a au départ l’impression d’un fantôme plutôt léger, on se rend rapidement compte que sa personnalité est très complexe. J’ai trouvé ce personnage mystérieux et intriguant. Je n’arrive pas à bien la cerner et justement, ça fait tout le charme du manga.

Quant au dessin, je lui trouve une véritable personnalité même s’il reste dans une ligne très moderne. Le trait est maîtrisé, surtout pour les passages horrifiques que je trouve particulièrement saisissants. Tout à fait mon type !

En bref, j’ai passé un très bon moment avec ce premier tome et je vais continuer la série en entier. L’auteur a su m’intriguer et me donner envie de me plonger davantage dans son univers. Je suis ravie d’avoir sauté le pas ! On se retrouve à la fin du dixième tome pour un avis complet sur la saga.

Gleipnir #1 – Sun Takeda

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Gleipnir est le premier tome d’un seinen écrit et dessiné par Sun Takeda. Publié chez Kana dans la collection Dark Kana, le premier tome est disponible jusque fin d’année au prix découverte de 5.95 euros.

La première chose qui a attiré mon attention sur ce manga, c’est sa couverture. On y voit ce monstre un peu mascotte féroce porter une arme et cette fille blonde qui entre dans son corps. Mon alarme à histoire tordue a bipé et je n’ai pas hésité une seconde avant de l’acheter. J’ai quand même lu la 4e de couverture en passant à la caisse mais elle m’a juste confortée dans mon choix.

Gleipnir raconte l’histoire de Shûichi Kagaya, un lycéen comme les autres qui, du jour au lendemain, se transforme en un monstre assez kawaï (dans le genre glauque, mais non ce n’est pas antinomique voyons) doté de capacités extraordinaires. Et ça ne le réjouit pas vraiment, il a peur de blesser quelqu’un, de commettre des actes regrettables. L’histoire aurait pu se contenter de ça, la lutte d’un garçon contre une sorte de malédiction avec une métaphore bien ficelée sur les tourments de l’adolescence, mais non, elle fait mieux en ajoutant Claire à l’équation. Une suicidaire au courant de l’existence des monstres comme Shûichi et décidée à le faire chanter pour qu’il l’aide à retrouver sa sœur, elle aussi un monstre.

Comme je le pressentais, l’histoire est assez malsaine et réservée à un public averti. L’auteur a une agaçante tendance à zoomer sur la petite culotte de ses personnages féminins mais hormis ce détail crispant (parce que c’est vraiment juste de l’exposition en plus…) il propose une histoire stimulante et sombre. Il développe pour ses personnages une psychologie complexe et prometteuse qui me laisse impatiente de découvrir la suite. Puis cette dernière page quoi… Le tome 2 promet !

Je recommande Gleipnir aux lecteurs de seinen qui aiment les ambiances oppressantes et les chara-designs de caractère. Ce manga vous conviendra aussi si vous appréciez les relations tordues entre deux personnages et cette touche subtile de poésie macabre qui, personnellement, me fait fondre. Gleipnir est sans conteste une série à suivre, je recommande !

Smokin’ Parade – Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou

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Smokin’ Parade est le premier tome de la nouvelle saga des auteurs de Deadman Wonderland: Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou. Publiée chez Kana dans la collection Dark Kana, il s’agit d’un seinen recommandé à un public averti. Profitez-en, pour sa sortie, le tome 1 arbore un prix découvert de 5.95 euros !

Faut-il devenir un monstre pour en combattre un autre? C’est la question centrale de ce premier tome. Le jour de ses 15 ans, Yôkô Kakujô rentre chez lui en s’attendant à passer une bonne soirée avec sa sœur et deux de ses amies. Au lieu de ça, il assiste à un véritable massacre: sa sœur est devenue folle après la pose de ses nouvelles jambes, qui sont des membres mécaniques, et n’a pas hésité à le mutiler. Agonisant, il est retrouvé par les « Jackalope » une brigade spéciale qui combat les Spiders, les gens qui ont pété un câble après une opération, pour de mystérieuses raisons.

Ce manga est assez déroutant. Je n’ai pas lu Deadman Wonderland (mais c’est sur ma liste) du coup je ne sais pas si on y retrouve ce même côté trashcore délirant dedans, si c’est une marque des auteurs ou s’ils s’essaient à un nouveau genre. Pour vous donner un exemple, la fameuse scène de début: Yôkô se réveille après que sa sœur lui ai coupé les deux bras et une jambe. Elle s’est servi de ses doigts pour faire les bougies sur le gâteau, et quand les Jackalope débarquent, Yôkô est surtout énervé parce qu’ils ont oublié d’enlever leurs chaussures avant d’entrer. C’est assez déroutant quand on ne s’y attend pas, mais ça permet aussi de dédramatiser une situation vraiment horrible. On comprend rapidement que Yôkô et sa sœur sont des adolescents un peu spéciaux, qu’un truc « cloche » avec eux… Mais quoi? Réponse dans le prochain tome !

J’ai du mal à savoir si j’ai juste aimé ou si j’ai adoré ce manga. Il m’a surprise, interpelée, intriguée aussi par ses thématiques et ses dialogues. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, en fait, parce que la 4e de couverture n’en dévoile pas beaucoup. En tout cas, certainement pas à ça et c’est une bonne chose, parce que ce n’est pas une mince affaire de nos jours, de surprendre. Et de parvenir à faire apprécier le côté macabre grand-guignolesque.

Pour ne rien gâcher, je trouve que les auteurs ont un style graphique vraiment particulier. On sent qu’il y a une originalité, une patte unique qui les différencie de ce qu’on trouve partout. C’est beau, ça correspond bien à l’univers, ça a une identité, ce n’est pas générique.

Pour résumer en quelques mots, le premier tome de Smokin’ Parade ne vous laissera pas indifférent ! Il pose les bases d’une histoire intrigante dans une veine mécha, avec un héros original et une équipe assez barrée. C’est prometteur et je vais, personnellement, suivre les prochains tomes avec attention.