Eriophora – Peter Watts

7
Eriophora
est un roman de science-fiction écrit par l’auteur canadien Peter Watts. Publié par Le Bélial, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 18,9 euros.

De quoi ça parle ?
Trente mille personnes voyagent depuis des millions d’années à bord du vaisseau (organique ?) Eriophora. Leur job ? Assister l’IA de bord dans la création de divers portails à travers l’espace. Mais la mission ne semble pas avoir de date de fin…

Si vous me suivez sur Twitter, vous avez peut-être lu mon court tweet plein d’autodérision qui se désespérait un peu de n’avoir pas tout compris à ce roman. Pourquoi donc le chroniquer, demanderez-vous à juste titre ? Déjà parce que j’ai quand même compris ce que je pense être l’aspect humain d’Eriophora mais aussi parce qu’il me semble important de parler de textes de ce genre à des lecteurs qui, comme moi, sont novices en (hard?) science-fiction et essaient de s’y mettre. Si je me suis lancée sur celui-ci plutôt que sur un autre c’est parce que certains blogpotes ont qualifié ce roman de « light hard sf », sous entendu : davantage accessible. Après quelques discussions, je comprends qu’ils voulaient dire « plus accessible par rapport au reste de la bibliographie de l’auteur » et non au sein du genre en lui-même. Bref, je pense qu’on ne partage pas tous la même échelle d’accessibilité et ça me parait important de le rappeler, de nuancer aussi ce qui a pu être écrit chez des personnes bien plus calées que moi dans le domaine. Je compte donc sur votre indulgence à la lecture de ce billet qui n’a certainement pas pour ambition de déprécier le texte de Peter Watts ni la maison d’édition, au contraire. Je souhaite simplement partager ma petite aventure de novice avec ce roman.

J’en profite d’ailleurs pour vous conseiller la lecture du guide d’Apophis pour débuter en hard-sf si, comme moi, vous avez envie de vous pencher sur ce genre sans savoir par quel bout le prendre !

Je dois également préciser qu’une partie de mon incompréhension vient (peut-être ?) du fait que ce texte s’inscrit dans la continuité de trois nouvelles publiées dans un recueil du Bélial (Au-delà du gouffre). Il s’agit, si j’ai bien saisi, du même univers. Ces nouvelles apportent (peut-être ?) un éclairage autre ou des notions importantes pour comprendre l’aspect plus scientifique du texte. Toutefois, ce n’est précisé nulle part. 

Light hard sf pas si light que ça…
Si j’ai bien saisi le côté humain du roman et de l’intrigue sur lequel je vais revenir plus bas, je dois avouer m’être complètement perdue dans l’aspect technologique et dans les réalisations scientifiques expliquées au sein d’Eriophora. Comme je ne comprenais pas ces éléments, j’avais du mal à me plonger dans le texte puisque je passais trop de temps à m’interroger sur le pourquoi du comment. Ce n’est qu’en laissant totalement tomber cet aspect que j’ai pu me concentrer sur Sunday et ce à quoi elle était confrontée. Je vais évoquer ces aspects hard-sf dans les paragraphes suivants pour vous dresser un bref panorama de l’ensemble.

Le vaisseau Eriophora a quitté la Terre il y a plusieurs millions d’années avec trente mille personnes à son bord et une mission : créer des portails pour, si j’ai bien compris, permettre à l’humanité d’ensuite voyager au travers. D’emblée, la narratrice (prénommée Sunday) explique que les humains voyagent gelés, comme morts, et sont ramenés à la vie par Chimp (l’IA) au bout de x temps quand celle-ci pense avoir besoin d’un œil humain pour régler un problème. Il y a six cent tribus différentes au sein de l’Eriophora, qui ne se côtoient pas ou presque puisque seuls quelques uns sont ramenés à la vie au même moment, en fonction de leurs compétences. À ce stade, je dois préciser que le temps passe à une vitesse folle pendant toute la durée du livre. Ça se compte en millions d’années parfois entre deux chapitres et ça donne un peu le tournis.

La narratrice évoque aussi des voyages spatio-temporels, en parlant de machine à remonter le temps, etc. dans son introduction et elle m’avait déjà perdue à ce stade là parce que je ne saisissais pas les liens avec leur mission ni les explications qui viennent après. Voyager dans l’espace, d’accord. Rester en stase pendant longtemps (et donc théoriquement avoir une plus longue durée de vie même si la durée de conscience ne change pas) d’accord. Mais que vient faire cette histoire de temps là-dedans ? Comment est-ce qu’on remonte le temps en voyageant dans l’espace ? Je pense qu’elle donnait dans la métaphore mais je n’ai toujours aucune certitude… Et même les chroniques éclairées de certains amateurs spécialistes n’ont pas aidé là-dessus. 

Je me dis que ce flou participe peut-être à l’effet du roman car les humains du vaisseau n’ont pas tous l’air de savoir si / quand la mission doit prendre fin ni ce que ça peut impliquer. Du coup, l’auteur cherche peut-être à cantonner son lecteur au même sentiment qu’une partie de l’équipage ? Mystère. Ce n’est pas ce qui ressort des chroniques que j’ai pu lire en tout cas. 

L’humain et l’IA, une histoire d’esclavage moderne.
Voilà la partie perceptible pour moi novice. Le vaisseau est géré par une IA appelée Chimp avec parfois un déterminant devant (le Chimp) qui est qualifiée d’IA « stupide » et les explications du pourquoi mettre une IA inférieure dans une mission comme celles là m’ont aussi parues un peu en dehors de ma portée. Mais ce n’est pas très grave car ça n’empêche pas de comprendre les soucis principaux. D’une part, le Chimp refuse tout retour sur Terre sans recevoir un signal dans ce sens de leur part. Mais et si l’humanité était éteinte et avait laissé place à autre chose? Un scénario possible mais que l’IA n’envisage pas (encore ?) pour une raison qui m’échappe aussi. De plus, la mission ne devait en théorie pas durer autant ni se passer « aussi bien » ce qui implique pas mal de choses au niveau de la gestion de l’élément humain que je ne vais pas développer pour laisser quand même une part de mystère dans ce déjà trop long billet. Les soucis posés par les actions de Chimp sur l’équipage ne sautent pas tout de suite aux yeux mais une fois que les explications arrivent, tout s’éclaire et une forme de résistance / révolte s’organise pour justement libérer les humains du vaisseau de la dépendance à l’IA et des choix qu’elle est amenée à faire pour eux.

J’ai eu du mal à adhérer à la logique sous-jacente de cette résistance humaine vu leur situation. Déjà parce que, si j’ai bien compris, ces personnes sont des engagés volontaires qui savaient (normalement ?) dans quoi ils mettaient les pieds ou en tout cas, qui ont été formés pour. C’est vrai que par moment, Sunday évoque une enfance, une formation qui aurait commencé autour de leur septième année d’existence, donc c’est un peu flou. Difficile de dire s’il s’agit d’endoctrinement ou pas et ce paradigme a quand même son importance pour saisir les enjeux du texte et les décisions des personnages, je trouve. C’est donc dommage qu’il ne soit jamais explicitement dit de quoi il en retourne. Outre cela, je pense avoir compris qu’ils espéraient tous une date de retour et que le fait qu’elle ne semble pas se dessiner à l’horizon pose un souci majeur. Ça, ma foi, oui, je crois que je serais dans le même état d’esprit à leur place. De là à prendre une décision pareille avec les conséquences que cela implique, j’ai du mal à saisir la logique. Et Sunday aussi, au début. D’ailleurs, quand elle pose la question, on lui rétorque qu’ils auront tout le temps de décider après coup quoi faire de leur liberté mais en attendant, ils sont quand même coincés quelque part dans l’espace, totalement dépendants de cette IA qui répond à des protocoles obscurs et qui semble parfois proche d’une forme de conscience ou d’humanité, ce qu’on ressent via certains souvenirs de Sunday. Chimp est-il si stupide que ça ? Qu’ils souhaitent rentrer sur Terre, je le comprends et qu’ils agissent dans ce but aussi. Mais pas en prenant ce genre de décision, ça ressemble davantage à une forme de suicide, de tentative désespérée pour reprendre un bref contrôle sur leur vie. 

Je saisis bien ici la mise en avant du paradoxe humain dans toute sa splendeur mais franchement, difficile de s’attacher à leur combat puisqu’ils vont droit dans le mur (ce qui rentre en plein dans ce fameux paradoxe) selon moi et ce que j’ai compris encore une fois. Sans compter que je n’ai pas saisi le dénouement final qui ne répond pas aux questions centrales comme par exemple, que devient l’équipage après cet évènement ? Est-ce une fin ouverte ou y aura-t-il une suite ? J’opte plutôt pour la première solution car si une suite avait été annoncée, le Bélial aurait mentionné une tomaison, ce qui n’est pas le cas. Si j’aime les fins ouvertes, j’apprécie quand même d’avoir la réponse à certains des enjeux mis en place dans le roman, surtout les enjeux centraux, ce qui n’est pas le cas actuellement. Trop de points d’interrogation donc…

Un texte dans le texte.
Les lecteurs attentifs remarqueront que l’ouvrage contient des lettres rouges qui apparaissent dans le texte pour former un message. J’ai pris soin de les noter et je me demande si je n’en ai pas loupé quelques unes au passage ou si les fautes sont là exprès. Mystère… En tout cas, je pensais que ce message aiderait à m’éclairer sur la signification finale du texte mais… Non. Ou alors, encore une fois, je suis passée tellement à côté que je me suis carrément trompée de portail, allez savoir ! Pour autant, je tenais à saluer le travail éditorial sur ce point car même si ça n’a pas aidé à ma compréhension du roman, je trouve l’initiative vraiment ludique. Sans parler de la magnifique couverture signée Manchu ou des chapitres illustrés. C’est un bel objet-livre. 

La conclusion de l’ombre : 
Si Eriophora est un roman de hard-sf centré sur l’humain, une partie de ses éléments me demeurent obscurs au point de laisser de trop grosses interrogations pour que je puisse vraiment dire que j’ai apprécié ma lecture. Si j’ai trouvé le propos intéressant sur un plan humain, je ressors très frustrée de cette lecture qui n’est pas, comme j’ai pu le lire ailleurs, à la portée de novices en hard-sf. Peut-être est-elle plus accessible que d’autres livres de l’auteur, je n’en doute pas, hélas pas suffisamment pour moi. Qui sait, j’y reviendrai une fois mon bagage en science-fiction meilleur et l’apprécierai probablement davantage à ce moment là ! D’ici là, je recommande plutôt ce roman aux lecteurs qui connaissent déjà Watts ou qui savent à quoi s’attendre sur un plan plus scientifique. 

D’autres avis : Le culte d’ApophisL’épaule d’OrionGromovarLes lectures du MakiAlbédoLes blablas de Tachan – vous ?

 

Harleen – Stjepan Sejic

7
Harleen est un comics écrit, dessiné et colorisé par l’artiste croate Stjepan Sejic. Publié chez Urban Comics au sein du Black Label, vous le trouverez partout en librairie au prix de 18 euros.
Je tiens à remercier Julie de chez Kazabulles (qui participe aussi au blog la Brigade Éclectique) pour ce conseil de lecture.

De quoi ça parle ?
Harleen Quinzel tente d’obtenir un financement pour prouver que l’absence d’empathie chez les criminels provient d’une détérioration d’une zone du cerveau qui survient dans des situations de stress intense -sous-entendu qu’il serait possible de les guérir en régérant cette zone. Pour ça, elle doit se rendre à Arkham où elle va rencontrer plusieurs grands criminels de Gotham mais surtout… Le Joker ! Commence alors sa descente aux Enfers.

Aux origines du drame.
Si vous vous intéressez un peu à l’univers Batman, peut-être connaissez-vous déjà l’histoire, grosso modo, entre Harley Quinn et le Joker, ce duo qui a été maintes fois réinterprété que ce soit en comics ou au cinéma. Histoire d’amour tragique, relation malsaine, bourreau et victime, on peut coller tous ces qualificatifs au lien qui uni ces deux personnages. Stjepan Sejic en propose sa propre vision et raconte comment Harleen devient Harley à travers 244 pages aussi sublimes que glaçantes. Il le raconte à travers son personnage principal puisque c’est Harleen elle-même qui parle et au passé qui plus est. Tout participe donc à créer cet effet de fascination, d’attente. On sait déjà que ça va mal se terminer. La narratrice elle-même le sous-entend et souligne bien à quel(s) moment(s) elle aurait pu / du faire un choix différent pour s’en tirer. C’est d’autant plus glaçant quand on arrive à la toute dernière page qui m’a collée un frisson.

Harleen exerce donc en tant que chercheuse en psychiatrie et aimerait obtenir un financement pour ses recherches, financement qui viendra, ironiquement, de Wayne Enterprise… Le hasard veut que juste avant de commencer à Arkham, elle rencontre le Joker qui venait de cambrioler un trafiquant d’armes et de faire exploser un entrepôt. Mauvais endroit, mauvais moment. Harleen se retrouve face au célèbre criminel, une arme pointée sur elle. Pourtant, le Joker l’épargne et s’enfuit à l’arrivée de Batman. Harleen, de son côté, n’arrive pas à se mettre à l’abri et va suivre leur combat, observant la réaction des passants, cette soif de sang morbide et sauvage qui les anime à chaque coup porté par le chevalier noir à son némésis.

Cette rencontre ne laissera pas Harleen indemne. Secouée par des cauchemars et des angoisses, elle prendra soin d’éviter le Joker autant que possible une fois à Arkham jusqu’à finalement oser affronter ses démons. Si, au départ, l’homme l’agace avec ses discours mégalomanes et son narcissisme, la situation va petit à petit évoluer. En tant que lecteur, on tourne les pages avec un voyeurisme teinté de gêne. On sait que tout ce qui se déroule sous nos yeux est mal, dangereux, terrible, mais on ne peut pas s’empêcher d’apprécier cette relation qui nait, d’espérer comme Harleen tout en comprenant à quel point le Joker est un génie de la manipulation. Stjepan Sejic maîtrise son histoire du début à la fin. Chaque case a une signification, chaque regard, chaque expression, chaque dialogue, tout est millimétré pour servir le rythme du récit et pour souffler au lecteur les indices dont il a besoin pour comprendre l’étendue du génie de ce célèbre criminel et à quel point Harleen n’avait, finalement, aucune chance de lui échapper. Une telle maestria m’a coupé le souffle, impossible de refermer le comics avant d’arriver à la toute fin.

L’auteur le dit lui-même : si ç’avait été une histoire d’amour classique, Harleen aurait réussi à transformer le monstre en humain, il y aurait eu une véritable rédemption. On sait que cela n’arrive jamais. En fonction des versions, les raisons ne sont pas toujours identiques mais on sait qu’en lisant une histoire comme celle-là, on est dans une romance qui ne devrait même pas porter ce nom. Une relation, voilà, une relation malsaine de dépendance, peut-être un syndrome de Stockholm en prime. Quel que soit le qualificatif qu’on utilise, ce duo m’a toujours fasciné et Stjepan Sejic propose, avec Harleen, la plus belle interprétation de leur histoire que j’ai pu lire jusqu’ici. La seule, d’ailleurs, si je ne m’abuse car bien que ce duo apparaisse régulièrement, c’est la première fois qu’une histoire est consacrée entièrement au passé de ce personnage.

Un graphisme magnifique, un Joker rock star.
Comme on peut le voir sur la couverture, le coup de crayon et les choix de couleurs effectués par l’auteur ne laissent rien au hasard. C’est un type de trait auquel je suis très sensible. Comme je ne m’y connais pas trop sur la question, je ne peux pas en dire davantage mais je voulais revenir sur un élément intéressant selon moi : la représentation graphique du Joker. Vous savez peut-être qu’il y a différentes interprétations, différents visuels, que ce soit au cinéma ou en dessin, de ce personnage mythique. Certains s’axent davantage sur sa folie, d’autres sur son côté criminel, d’autres en font un gangster bling bling (un peu comme dans le film Suicide Squad qui, je le sais, fait grincer les puristes et que j’ai personnellement surtout apprécié pour sa bande son). Je l’ai dit, je ne suis pas spécialiste de l’univers Batman. J’en connais quelques éléments, il me plait beaucoup pour tout un tas de raison mais je suis loin de tout connaître ou d’être attachée à une représentation plutôt qu’une autre de ses personnages. Ici, Stjepan Sejic a opté pour un Joker qu’il qualifie lui-même de rock star. Il le dessine comme un homme plutôt beau (enfin selon mes goûts), charismatique, charmant à sa manière. Quand on le regarde, on oublie facilement la folie et, même en tant que lecteur, on se laisse avoir par le savant jeu d’expressions que lui confère le dessinateur. Très subtilement, Sthepan Sejic l’érotise sans jamais tomber dans la vulgarité ou le sensationnalisme. Ça passe par un trait plus appuyé sur son torse souvent nu, par un jeu d’ombre, par cette scène où Harleen le regarde dormir et contemple les cicatrices dans son dos, par cette première étreinte… Au risque de radoter : j’ai vraiment adoré cette représentation.

La conclusion de l’ombre :
Si je parle assez peu de comics sur le blog, je me devais d’évoquer ce chef-d’œuvre signé par Stjepan Sejic qui propose de découvrir le passé de celle qui deviendra la célèbre Harley Quinn. Sur 244 pages, l’auteur tisse magistralement la genèse de cette relation malsaine entre elle et le Joker jusqu’au point de non retour où Harleen va devenir Harley. Avec un développement psychologique aussi maitrisé que son trait est sublime, cette œuvre est selon moi un indispensable à posséder et à découvrir si on aime ce duo mythique. Gros coup de cœur !

D’autres avis : Les instants volés à la vieSambaBDEuphoxineLire en bullesThe Power Zone – vous ?

Acadie – Dave Hutchinson

4
Acadie
est une novella de science-fiction écrite par l’auteur anglais Dave Hutchinson. Publié par le Bélial dans sa collection Une Heure Lumière, vous le trouverez partout en librairie au prix de 8.90 euros.

De quoi ça parle ?
Duke est le Président malgré lui de la Colonie, une constellation d’habitats qui se cachent des autorités terriennes. La faute à Isabelle Potter, généticienne de génie qui a contrarié les mauvaises personnes. S’ils réussissent à passer entre les mailles du filet pendant cinq cents ans, la rancune de la Terre est tenace. Alors quand une sonde pénètre dans leur système, c’est le branlebas de combat.

Duke la malchance
Duke est le narrateur de cette histoire en plus d’être un personnage vraiment attachant. Il a du fuir la Terre un siècle plus tôt où il exerçait la profession d’avocat, ce après avoir révélé certaines malversations du client qu’il était supposée défendre. Son coup d’éclat a attiré sur lui l’attention de Connie, qui travaille pour Isabelle Potter.

Isabelle Potter est une généticienne de génie qui a eu le malheur de manipuler le génome humain alors même que de strictes lois le lui interdisait. Poursuivie comme une criminelle, elle s’est enfuie avec l’aide de plusieurs de ses anciens étudiants pour fonder cette colonie qu’elle espérait hors de portée de l’Agence. Le souci ? Pour couvrir sa fuite, elle a plus ou moins pris en otage un vaisseau colon où se trouvaient quarante milles individus en stase, individus avec lesquels elle a fondé sa propre colonie pour ceux qui le souhaitaient, renvoyant les autres chez eux.

Pour en revenir à Duke, il a rejoint bon gré mal gré cette Colonie et s’y plaisait plutôt bien jusqu’à ce qu’on l’élise à la Présidence. En effet, dans cette société un brin loufoque, on prend soin d’élire les personnes qui souhaitent le moins obtenir le pouvoir politique. En règle générale, les moins motivés mènent une campagne acharnée pour être disqualifié d’office mais cette fois là, Duke a un peu négligé l’histoire et le voilà à devoir gérer cette sonde qui débarque soudain dans leur système.

Duke n’a rien d’un génie, contrairement à la plupart des personnes qu’il fréquente sur la Colonie. C’est intéressant que l’histoire se déroule justement de son point de vue, celui d’un homme lambda qui n’a plus ou moins rien demandé à personne. Dave Hutchinson met si bien en place son personnage que les révélations finales sont complètement imprévisibles. Tout fonctionne parfaitement bien pour entretenir l’intérêt du lecteur jusqu’au bout.

Une science-fiction transhumaniste.
Pour celles et ceux qui l’ignorent, le transhumanisme est un courant de pensée qui dit que l’humain pourrait être amélioré grâce à la science, que ce soit sur un plan physique ou intellectuel. Je le précise parce que j’ai moi-même du chercher ce terme il y a un moment à force de le voir apparaître dans des chroniques et je me dis que ce n’est pas spécialement inutile. Bref, pour revenir au transhumanisme, ce texte s’inscrit très clairement dans cette vague puisqu’il est question de manipulation génétique et d’améliorations. Dave Hutchinson en parle à la fois d’un ton presque comique (les Écrivains -comme sont nommés ces généticiens- qui se modifient au point d’incarner des races de fantasy) qui gagne en sérieux à mesure que les révélations de l’intrigue s’enchaînent, jusqu’à un final glaçant et imprévisible. Je ne peux pas en dire davantage sans divulgâcher l’intrigue. Je me dois toutefois de préciser que la fin a fait passer ce texte de « moui c’est sympa » à « bin mince alors c’est dingue ! ». Donc laissez vous porter jusqu’au bout.

La conclusion de l’ombre :
Acadie est une novella de science-fiction transhumaniste au narrateur attachant et à l’intrigue maîtrisée. En peu de pages, l’auteur parvient à questionner pas mal d’éléments reliés au prisme du transhumanisme jusqu’à proposer un final inattendu. Encore un texte remarquable dans la collection une heure lumière du Bélial !

D’autres avis : Le culte d’ApophisFeydRautha – Gromovar – Les lectures du Maki – Célindanaé – Dionysos – Yuyine – Nevertwhere – Chien CritiqueLes chroniques du Chroniqueur – vous ?

Maki

Vilain chien ! – Morgane Caussarieu

15
Vilain chien !
est le nouveau roman jeunesse de l’autrice française Morgane Caussarieu. Publié aux éditions du Chat Noir dans sa collection Chatons Hantés, vous trouverez ce texte sur leur site au prix de 10 euros.

De quoi ça parle ?
Québec, au milieu de la forêt. Zach vient de perdre son père dans un accident de chasse et n’accepte pas sa disparition. Le soir d’Halloween, son étrange voisin lui offre un chiot, un chiot plutôt spécial…

Adapter son écriture au public.
Morgane Caussarieu s’est illustrée dans l’écriture de fiction pour adulte, que ce soit dans l’imaginaire (Dans les veinesJe suis ton ombreRouge ToxicRouge Venom) ou dans la littérature blanche (ChéloïdesTechno Freaks). C’est par ce biais que je l’ai connue et que je suis devenue accro à sa plume et à sa façon de raconter une histoire. Quand j’ai appris qu’elle s’essayait au roman jeunesse, je ne savais pas trop quoi en penser ni, surtout, quoi en attendre. J’ai très clairement acheté ce livre à cause du nom de son autrice et j’ai bien fait de croire en son talent !

L’exercice difficile quand on écrit pour la jeunesse est d’adapter son style littéraire au public visé et Morgane Caussarieu a relevé le défi haut la main sans pour autant tomber dans l’infantilisation. Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’elle écrit du point de vue d’un enfant (Poil de Carotte, les journaux de Gabriel) et même si le contexte est ici moins sombre (heureusement pour le pauvre Zach) son expérience se ressent dans la maîtrise qu’elle met dans cet exercice. Son écriture possède une vraie personnalité, une vraie originalité, qui vient aussi du lieu où se déroule l’histoire, à savoir le Québec. En effet, l’autrice a parsemé son roman d’expressions locales mises en italique pour avertir le public français que non, il ne s’agit pas d’une faute, juste d’une expression qui parait d’emblée exotique à tout lecteur non québécois (et c’est une belge qui vous le dit). De plus, même si le roman est écrit à la troisième personne du point de vue de Zach, le lecteur n’a aucun mal à s’immerger dans l’ambiance un peu angoissante qui est dépeinte, un brin fantastique aussi à sa façon. Au contraire, le point de vue de l’enfant renforce l’aspect émotionnel. Rien que sur ce point, j’ai été bluffée.

Le deuil et les animaux
Le père de Zach était un chasseur là où son fils a tendance à plutôt aimer les animaux et ne pas vouloir les tuer. Petite nuance importante, l’autrice ne se contente pas de juste cracher sur les chasseurs, elle explique leur façon de considérer la nature, l’empaillement de leurs proies, etc. C’est intéressant car même si on sent (ou on croit sentir en tout cas) que leur opinion n’est pas partagée par elle, Morgane Caussarieu ne tombe à aucun moment dans le manichéisme.

Le texte s’ouvre sur une scène de chasse où l’enfant se révèle incapable d’appuyer sur la détente et de tuer un orignal, ce qui a entrainé une déception paternelle. Pourtant, le père n’est pas décrit comme un stéréotype du chasseur macho et barbare. Il est nuancé, différent, on ressent à son sujet des sentiments ambivalents. Sa perte est difficile à vivre pour Zach même s’il est persuadé que son père va revenir puisque dans son schéma de pensée, quand on est mort, on est forcément empaillé donc si on a mis son père dans une boîte, c’est qu’il va revenir. Ai-je oublié de préciser que l’homme était taxidermiste ? Quoi qu’il en soit, cette négation de l’évidence entre en conflit avec le deuil maternel. La mère a du mal à remonter la pente et une chance qu’un ami de la famille pense à apporter des courses sans quoi l’enfant aurait été laissé en plan…

L’arrivée du chiot va tout chambouler, chiot dont Zach ne veut même pas vraiment mais dont il va s’occuper, faisant montre d’un sens des responsabilités plutôt aiguisé pour son âge (dix ans à peine). Leurs interactions et leur relation vont évoluer jusqu’à un final surprenant qui m’a émue aux larmes. Qu’on possède ou non un chien, impossible de rester de marbre face à ces 140 pages.

Les animaux ont donc une grande place dans Vilain chien ! déjà à travers le personnage du chiot mais aussi avec ce qui tourne autour de la chasse et de la taxidermie. L’autrice en profite pour glisser un discours sur le respect des animaux et de la nature qui a tout de suite trouvé un écho en moi et ne manquera pas d’atteindre les jeunes lecteurs comme les moins jeunes. La richesse thématique de ce court roman est vraiment sidérante, quel boulot !

De belles illustrations (comme toujours !)
Comme vous le savez peut être, chaque texte de la collection Chatons Hantés est illustré par la talentueuse Mina M qui est également à l’origine de la couverture. Il y a sept illustrations dans ce volume et elles représentent toutes un moment clé de l’histoire. Je suis particulièrement sous le charme de celle du chien dans le fauteuil et j’espère qu’on pourra la trouver sous format de carte ou quelque chose comme ça parce qu’elle me rappelle un peu mon Loki et je trouve ça sympa. Bref, tout ça pour dire que ces dessins apportent une vraie plus-value au roman et accompagnent magnifiquement les mots de l’autrice.

La conclusion de l’ombre :
Vilain chien ! est un roman jeunesse intense et émouvant. Morgane Caussarieu propose un protagoniste attachant et traite avec brio de thématiques difficiles comme le deuil d’un parent en y ajoutant l’importance de défendre la nature et les animaux. Vilain chien ! est un texte d’une grande richesse devant lequel on ne peut rester indifférent, peu importe notre âge. J’en suis la première surprise mais il s’agit d’un coup de cœur pour moi que je recommande chaudement aux parents mais aussi à celles et ceux qui ont envie de lire un texte court, touchant et bien fichu sur tous les points.

D’autres avis : FungiLumini (Livraisons Littéraires) – Les lectures de PippinSometimes a bookLa bibliothèque d’Aelinel – vous ?

Cérès et Vesta – Greg Egan

6
Cérès et Vesta
est une novella de science-fiction écrite par l’auteur australien Greg Egan. Publié par le Bélial dans sa collection Une Heure Lumière, vous trouverez ce texte partout en librairie ou sur le site de l’éditeur au prix de 8.90 euros.

De quoi ça parle ?
Cérès et Vesta sont deux astéroïdes colonisés par l’Homme et aux échanges commerciaux étroits : la glace d’un côté, la roche de l’autre. Un beau jour, sur Cérès, un homme politique pointe du doigt les Sivadier, les accusant de « crimes » soi-disant commis par leurs ancêtres. Commence alors un apartheid que vont fuir beaucoup de vestiens, tournant définitivement le dos à leur planète d’origine, faisant d’eux des traitres. Jusqu’au jour où Vesta va réclamer l’un d’eux à Cérès…

Greg Egan & la hard-SF
Cérès et Vesta est le premier texte que je lis de cet auteur réputé pour écrire dans le genre Hard-SF. J’en ai toujours entendu beaucoup de bien et j’ai même acheté Axiomatique qui patiente gentiment dans ma liseuse depuis des mois. J’avais un peu peur du degré d’accessibilité pour une novice comme moi et je dois vous rassurer : tout est parfaitement compréhensible, même la page et demie qui explique de quelle manière s’y prennent les surfeurs pour traverser (qui a quand même son importance) reste intelligible. C’est donc, je pense, une bonne porte d’entrée pour se familiariser avec la plume de Greg Egan. Une porte d’entrée qui donne très envie de découvrir ses autres textes, tout en sachant que ceux-ci sont bien moins accessibles, je pense.

Discrimination
La discrimination est le point central de cette novella. Sur Vesta, une homme commence soudain à vouloir imposer à une partie de la population un impôt plus important en invoquant pour cela des actes commis par leurs ancêtres il y a bien longtemps. Les personnes qui descendent de ce groupe, les Sivadier, sont divisées à ce propos. Certaines préfèrent accepter cet impôt pour garantir leur tranquillité et leur sécurité là où d’autres s’y opposent par principe. Le lecteur va donc suivre Camille, l’une des résistantes qu’on voit quitter la planète au début du roman pour sauver sa vie.

Camille ne sera pas la seule narratrice de ce texte rédigé à la troisième personne. Le lecteur va également rencontrer Anna, qui dirige le spatioport de Cérès et va accueillir les réfugiés de Vesta. Cela permet de multiplier les points de vue et d’avoir la vision de chacun des astéroïdes, ce qui enrichit le propos.

Les parties de Camille se déroulent dans le passé et permettent d’expliciter la situation sur Vesta. On y voit l’apparition de cette improbable proposition de loi et l’apartheid qu’elle déclenche. Infirmière dans un hôpital, Camille va encaisser des menaces ainsi que le refus de patients de se laisser toucher par une descendante des Sivadier. La situation prend des proportions énormes en très peu de temps et n’est pas sans rappeler des morceaux de notre histoire pas si lointaine. La métaphore est puissante et fonctionne un peu trop bien, embarquant le lecteur dans le choix impossible d’Anna. Choix que je ne vais pas vous détailler puisque l’intrigue repose là-dessus. Sachez toutefois qu’on ne peut rester de marbre à la lecture du dernier chapitre.

Immigration
Le thème tristement actuel de l’immigration est également abordé en réponse à cette discrimination subie par les Sivadier sur Vesta. Il n’est en théorie pas permis de quitter la planète, les Sivadier doivent donc ruser et devenir des « surfeurs » c’est à dire s’accrocher à des cargaisons échangées entre Cérès et Vesta, se mettre en état de cryogénisation et réaliser ainsi le voyage qui dure assez longtemps (entre un et trois ans, je ne suis pas bien sûre).

Une fois arrivés sur Cérès, ils sont plutôt bien accueillis mais les échanges qu’a Anna avec l’une de ses amies permettent de réfléchir sur cette question de l’immigration et de s’interroger sur notre propre vision des choses. À nouveau, impossible de ne pas réaliser un parallèle avec notre histoire récente. Plus qu’une novella de science-fiction, ce texte est, à mon sens, une critique sociale qui oblige son lecteur à se poser les bonnes questions. J’ai vraiment été sensible à sa puissance signifiante.

La conclusion de l’ombre :
Cérès et Vesta est une novella de science-fiction qui parle d’immigration et de discrimination. En une centaine de pages à peine, Greg Egan parvient à écrire un texte choc et social qui ne peut pas laisser indifférent. Une nouvelle réussite à ajouter au palmarès du Bélial dans sa collection Une Heure Lumière !

D’autres avis :  Au pays des cave trolls – Les lectures du Maki – Albédo – RSF Blog – Lorhkan – Nevertwhere – L’épaule d’Orion – Les lectures de Xapur – Le chien critiquele Dragon Galactique – vous ?

Les miracles du bazar Namiya – Keigo Higashino

12
Les miracles du bazar Namiya
est un one-shot fantastique écrit par l’auteur japonais Keigo Higashino. Publié chez Actes Sud, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 22.80 euros.

De quoi ça parle ?
2012. Après avoir commis un cambriolage, trois amis se réfugient dans un bazar abandonné, le temps d’une nuit. Là, ils découvrent une lettre vieille de 32 ans, adressée à l’ancien propriétaire qui était connu à l’époque pour apporter ses conseils sur tous les problèmes qu’on lui soumettait. Les trois hommes décident finalement d’apporter une réponse à cette lettre… et d’autres arrivent ! Toutes vont permettre de découvrir un morceau de l’histoire du fameux bazar Namiya.

Parler avec son cœur.
J’avais commencé à écrire au sujet de ce roman une chronique traditionnelle accompagnée par une sorte d’analyse sur cette idée de voyage dans le temps quejenaimepasmaisiciçapassecrème bref, vous voyez le tableau. Puis je me suis dit… Non. Juste non.

Je n’ai pas envie de m’appesantir pendant des paragraphes sur cette idée intéressante et subtile qui apporte l’élément fantastique indispensable au déroulement de l’intrigue. Je n’ai pas non plus envie de fournir une analyse sociologique de la société japonaise, de sa mentalité, des problèmes rencontrés par ceux qui demandent de l’aide au bazar ni même au concept de base qui ne peut décidément fonctionner QUE dans une société asiatique. Non. Pour lui rendre dignement hommage, je pense qu’il est nécessaire d’en parler humainement. Cette chronique sera donc plus courte et plus personnelle que d’habitude.

Parce que ce roman, il a provoqué en moi son lot d’émotions et c’est devenu assez rare pour que je le souligne. Je l’ai dévoré en deux jours, je le lisais même en marchant de la gare au boulot parce que j’avais envie de connaître la suite. Pourtant, je suis frileuse face à une thématique temporelle comme celle-là et je ne suis généralement pas très attirée par les romans dit « feel-good » (terme que j’ajoute après coup car je l’ai lu dans différentes chroniques sans que je ne le sache en amont). Mais ici, l’auteur a réussi l’exploit de me captiver grâce à ces petites tranches de vie nippones qui dépeignent les liens tissés entre différents protagonistes via ce fameux bazar. Ces histoires sont finalement les éléments les plus importants du texte, l’aspect fantastique sert surtout de prétexte pour voyager entre plusieurs époques (entre 1980 et 2012) au Japon et montrer l’évolution de ce pays sur plusieurs plans via les différents personnages. Donc, oui, il s’agit bien d’un roman choral divisé en plusieurs parties, chacune nommée par une en-tête concernant le surnom de la personne aidée.

Le texte de Keigo Higashino est plus qu’un roman avec une pointe de fantastique. C’est un texte social et surtout, un texte humain qui se concentre sur les individus, leurs vies, leurs choix, sans apporter de jugement sur ceux-ci. J’ai ressenti beaucoup de bienveillance au sein de ce texte, beaucoup de douceur aussi, le tout servi par une plume simple et directe, sans fioritures inutiles. Au fond, le concept du roman devrait s’appliquer dans notre vie de tous les jours : donner des conseils aux autres s’iels le sollicitent et le faire en prenant soin d’y réfléchir soigneusement avant. Je pense qu’on y gagnerait tous.

Malgré mon coup de cœur, je ne peux pas affirmer que ce roman est parfait ou qu’il conviendra à tout le monde. C’est aussi ce qui fait son charme. Les trois cambrioleurs sont parfois assez bruts de décoffrage, certains personnages ont d’étranges réactions aux évènements et certains enchainements temporels restent flous (volontairement ?) toutefois je n’ai aucun mal à l’oublier devant tout ce que ce roman a à offrir. D’autant que ces éléments peuvent totalement se justifier par la culture nippone de manière globale. Ainsi, ce ne sont pas des défauts en soi, plutôt des différences par rapport à nos habitudes qu’il faudra accepter pour rentrer pleinement dans ce si merveilleux texte. Je n’ai eu, pour ma part, aucun mal à m’y plier.

J’espère que vous serez nombreux/ses à tenter l’aventure du bazar Namiya.

La conclusion de l’ombre :
Les miracles du bazar Namiya est un roman fantastique / tranche de vie profondément humain. Difficile de le poser une fois entamé car la plume et l’histoire dégagent une forme de magie subtile qui rend accro à ces mots et donne envie de tourner frénétiquement les pages pour voir où Keigo Higashino va nous emmener. C’est un coup de cœur, un de mes plus gros de l’année, et je vous le recommande donc très chaudement.

D’autres avis : Chut ! Maman lit.Phooka (Bookenstock) – Sur mes brizéesYuyineLe Dragon Galactique – vous ?

Cookie Monster – Vernor Vinge

11
Cookie Monster est une novella de science-fiction écrite par l’auteur américain Vernor Vinge. Publié par le Bélial dans la collection Une Heure Lumière, vous trouverez ce texte partout en librairie (ou sur leur site Internet) au prix de 8.90 euros.

De quoi ça parle ?
Dixie Mae commence un nouveau job au service client d’une grande société très portée sur la haute technologie : LotsaTech. Lors de son premier jour, elle reçoit un message mystérieux qui lui est personnellement destiné et contient sur elle des informations que personne n’est supposé connaître. Dixie Mae se lance donc à la recherche de son émetteur…

Pour parler de ce texte correctement et en suscitant un minimum d’intérêt, ma chronique va contenir des éléments de l’intrigue. Attention donc si vous comptez la lire, vous êtes prévenu(e)s.

Les dérives de la technologie.
Le texte de Vernor Vinge commence de manière assez classique : une jeune femme enchaîne les boulots un peu pourris et se voit offrir une chance sans précédent d’entrer dans une grosse boîte. Au service client, d’accord, mais tout de même. Après six jours de formation, elle saute enfin dans le grand bain et reçoit alors un message surprenant qui lui révèle sur elle-même des secrets que personne ne peut connaître. Très agacée, Dixie Mae va mener l’enquête en suivant des indices relevés dans le message, accompagnée par l’antipathique Victor et rejointe ensuite par d’autres personnages.

La manière dont débute ce texte court m’a semblé un peu tiré par les cheveux. Dixie Mae va chercher assez loin les indices au sein du message, l’ensemble parait de prime abord un peu gros et sa réaction disproportionnée. Sur une petite centaine de pages, l’intrigue en elle-même n’est pas renversante mais le propos derrière rattrape largement cela. On se rend compte que l’homme qui les a engagé et qui leur a fait passer des tests psychologiques a réussi à mettre au point la numérisation des personnalités (et donc des compétences intellectuelles qui vont avec). Cela lui permet d’avancer à pas de géants dans ses différentes recherches puisque le temps ne s’écoule pas de la même manière dans cette réalité numérique que dans notre réalité standard. Il a commencé par numériser son doctorant le plus prometteur et a construit autour de lui une réalité virtuelle alternative qui donne à sa victime le sentiment de travailler sur un projet top secret alors que ce n’est pas du tout le cas. Le jeune homme n’a aucun souvenir de sa numérisation et se croit toujours « vivant » à l’instar de Dixie Mae. Une fois qu’il a terminé en résolvant le problème posé, il est tout simplement « reboot ». Forcément, ils vont finir par s’en rendre compte mais réussiront-ils à y changer quoi que ce soit ?

De la hard sf.
C’est donc un propos assez effrayant et une dérive qui fait froid dans le dos que propose l’auteur. Elle y trouve plusieurs applications : Dixie Mae va rencontrer un groupe d’étudiants qui corrige les copies du professeur en question et ont donc une boucle de quelques heures. Au service client, on les reboot après chaque première journée pour que leur motivation reste intacte. Et, ayant travaillé dans un service client pendant quelques mois, l’idée en elle-même fait complètement sens. Dans un autre projet classé top secret, on les reboot environ tous les trois mois. Notez que ces laps de temps ne signifient rien au fond puisqu’il s’agit d’une réalité virtuelle alternative. En temps standard, une année s’est écoulée, voir un peu plus, pour les plus anciens présents. Mais vu le nombre de reboots, ils ont pu faire avancer les recherches du professeur de plusieurs siècles. Et cet aspect-là, cette dérive-là, je n’ai eu aucun mal à y croire. Je suis même persuadée qu’on finira par la vivre un jour.

Malheureusement, si le fond est solide, la forme m’a moins convaincue d’autant que je débute en Hard SF et j’ai parfois eu l’impression d’assister à une discussion scientifique dont je ne possédais pas les clés de compréhension, surtout dans les dialogues entre les deux Ellen. Ça a été assez perturbant de me sentir mise à l’écart du texte que j’étais en train de lire. Cela ne m’a pas empêché de comprendre l’ensemble mais j’ai ressenti une certaine frustration tout de même. Soyez donc avertis avant de vous lancer dans cette novella !

La conclusion de l’ombre : 
Dans Cookie Monster, Vernor Vinge propose une réflexion pertinente et effrayante sur la problématique de la copie numérique d’un individu. Pour une novice en Hard SF, certains éléments me sont passés totalement au-dessus ce qui ne m’a pas empêché de lire cette novella d’une centaine de pages presque d’une traite et d’avoir apprécié ma découverte. Une belle pioche qui s’inscrit dans la continuité qualitative de la collection Une Heure Lumière mais qui m’a moins provoqué cet effet « wahou » lié à d’autres titres.

D’autres avis : Le culte d’ApophisLe BibliocosmeL’ours inculteAlbédoLivraisons LittérairesLes lectures du MakiXapurL’épaule d’OrionBaroona – vous ?

Maki

Le Nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress

5
Le Nexus du Docteur Erdmann
est une novella de science-fiction écrite par l’autrice américaine Nancy Kress. Publié par le Bélial dans sa collection Une Heure Lumière, vous trouverez ce texte partout en librairie ainsi que sur leur site Internet au prix de 9.90 euros.

De quoi ça parle ?
Henry Erdmann a aujourd’hui 90 ans et était un physicien reconnu à son époque. Il continue tout de même à donner des cours à l’université jusqu’au jour où il fait un malaise. Il pense sa fin venue sauf que ce n’est pas une attaque, non. Plusieurs autres résidents de la maison de repos où il se trouve subissent un phénomène semblable…

Un héros du troisième âge.
Je n’ai pas pour habitude de croiser des héros du troisième âge lors de mes lectures. En tout cas, c’est assez rare pour être souligné et c’est un élément qui m’a poussé à lire ce texte. J’étais curieuse de découvrir de quelle manière Nancy Kress allait mettre en scène ces différents protagonistes et les problèmes qu’elle soulèverait quant au quotidien des personnages âgées. Elle parvient à évoquer l’égoïsme des proches, l’infantilisation de la part des soignants, les soucis de santé, en filigrane du propos principal avec une subtilité qui renforce davantage encore l’intérêt de cette lecture. L’autrice créé pour cela une galerie de personnages intéressants et colorés allant de la pipelette de service au vieux bougon mal embouché en passant par la vieille dame bien trop gentille dont ses enfants abusent sans pitié. L’autrice alterne les points de vue parfois de paragraphe en paragraphe, offrant une richesse et une dynamique appréciable à l’ensemble de son intrigue.

Henry Erdmann est en quelque sorte le personnage principal, celui qu’on suit le plus, nostalgique de ses belles années, un peu désespéré par les capacités de la génération actuelle, très axé sur la science – évidemment. C’est à travers lui que le lecteur est pour la première fois témoin de ces mystérieuses attaques et c’est grâce à ses capacités de déduction qu’on cherchera l’origine de ce mal un peu plus loin. Parce qu’au départ, tous pensaient à une rupture d’anévrisme ou une simple indigestion…

Henry est accompagné par Carrie, son aide-soignante d’une petite trentaine d’années qui est aussi une femme battue par son mari, un policier, qu’elle a quitté. Carrie est un personnage intéressant et attachant qui permet en plus de rajouter cette thématique des abus conjugaux à un récit déjà très riche. J’ai beaucoup apprécié sa relation avec Henry et la manière dont ils essaient de prendre soin l’un de l’autre. Tous les protagonistes ne sont donc pas âgés mais ils travaillent tous avec les personnes âgées d’une manière ou d’une autre.

De la science-fiction ?
L’élément science-fiction arrive d’une manière surprenante dans le récit par le biais d’un vaisseau qui s’exprime en italique à la fin de certains chapitres, en quelques lignes à peine. Je n’ai pas tout de suite compris où l’autrice voulait en venir mais les différents éléments se mettent en place à la fin d’une manière intéressante, offrant une réflexion sur la notion de choix et de libre arbitre. Ces courts passages permettent de faire monter la tension. On s’interroge : qu’est-ce qui arrive ? Quand ? Pour quelle raison ? Pourquoi cibler les personnes âgées ? J’avais envie d’obtenir ces réponses, ce qui me poussait à tourner les pages sans voir le temps passer.

Mais plus que de la science-fiction, le Nexus du Docteur Erdmann est -selon moi- une novella d’enquête où le personnage principal va tenter de comprendre ce qui est en train de leur arriver à tous. En cela, l’autrice opte pour un schéma plutôt classique avec peu de surprises au final pour un lecteur doté d’un peu de jugeote. Ce qui n’empêche pas la lecture d’être passionnante ni même solide pour ses thématiques sociales abordées l’air de rien.

La conclusion de l’ombre :
Le Nexus du Docteur Erdmann est une novella de science-fiction écrite par l’autrice américaine Nancy Kress. Celle-ci emmène son lecteur au sein de Saint-Sébastien, une maison de retraite où réside le docteur Erdmann. Lui et certains pensionnaires vont être victimes d’un phénomène étrange au sujet duquel il faudra mener l’enquête. En peu de pages, l’autrice brasse énormément de thèmes liés à la vieillesse et elle le fait avec beaucoup de sensibilité, sans pourtant en avoir l’air. Son style d’écriture dynamique permet de s’immerger totalement dans ce texte et d’en ressortir plus que satisfait en tournant la dernière page. J’ai beaucoup apprécié cette lecture atypique (selon mes habitudes) et la recommande !

D’autres avis ? CélindanaeDionysos – Aelinel BlackwolfL’Ours inculte – Albédo – NevertwhereLorhkanLe MakiLe chien critiqueDragon galactique – vous ?

IMG_20191223_114201

Dragon – Thomas Day

37
Dragon
est une novella écrite par l’auteur français Thomas Day. Premier texte publié dans la collection Une Heure Lumière du Bélial, vous le trouverez partout en librairie au prix de 8.90 euros.

De quoi ça parle ?
Ville de Bangkok, en Thaïlande, dans un futur si proche qu’il est renseigné comme « demain ». Un tueur surnommé Dragon s’en prend aux touristes sexuels, en particulier ceux qui abusent des enfants. Le lieutenant Ruedpokanon est chargé d’enquêter…

Ce texte a été plus d’une fois chroniqué et analysé, souvent avec plus de talent et de pertinence que moi, par des personnes qui connaissent l’auteur, son passif, ce qui permet donc de fournir davantage de matière à un commentaire poussé. Mon retour sera donc assez court et se concentrera sur les éléments qui m’ont marqué en tant que lectrice et qui sont, selon moi, particulièrement remarquables. Sachez également que cet adjectif s’accompagnera systématiquement d’un autre : dérangeant. Car Dragon est un texte pluriel : aussi brillant que terrible.

Un contexte glaçant.
Thomas Day a beau parler d’un demain, le contexte local qu’il dépeint est malheureusement assez actuel, du moins si je me base sur le peu que j’en connais ou que j’ai pu entendre au détour d’une série. Je n’ai jamais mis un pied en Thaïlande mais le pays est -hélas- réputé pour le tourisme sexuel qu’il suscite et pour la prostitution enfantine qui fait sa renommée. C’est ce visage de la Thaïlande que l’auteur dépeint. Je me souviens avoir lu quelque part qu’il y est déjà allé et cela se sent. Je n’ai eu aucun mal à m’immerger dans ce qu’il raconte, dans ce qu’il dépeint. Pour retranscrire efficacement autant son décor que les actes de ses protagonistes, Thomas Day choisit d’opter pour un style assez cru, direct, sans rien laisser à l’imagination. Avec un fond comme celui-là, il est clair que cette novella ne doit pas tomber entre n’importe quelles mains et que les âmes sensibles doivent s’abstenir de la lire. 

Outre le tourisme sexuel, Dragon est également l’occasion pour l’auteur d’évoquer la société thaïlandaise, le mélange des cultures asiatiques (ou non), la corruption, les tentatives de certain(e)s d’obtenir une forme de justice, d’évoluer mais aussi l’existence des ladyboys que je ne connaissais qu’à travers une chanson de Till Lindemann (chanson que j’aime beaucoup au passage). Enfin, pour être plus claire : je connais bien entendu le concept de transidentité mais j’ai découvert le terme ladyboy via la chanson. Sur 160 pages, Thomas Day brosse un décor vraiment riche et immersif mais surtout, terrifiant. Je me sentais honteuse d’apprécier à ce point ma lecture tant ce que l’auteur y raconte est horrible… 

Un genre littéraire flou et une esthétique bien particulière.
Une fois la novella terminée, on peut légitimement se poser la question du genre littéraire dans lequel se classe ce texte. Apophis est plus érudit que moi en la matière toutefois, au départ, je n’ai pas pu m’empêcher de chercher l’élément science-fictif ou surnaturel au milieu de ce qui ressemblait à un thriller policier, genre que je n’attendais pas vraiment au sein de la collection Une Heure Lumière du Bélial. Il faut arriver sur les dernières pages pour que la pièce tombe et qu’un élément fantastique se présente. Cet élément, je ne vais pas m’appesantir dessus pour ne rien divulgâcher toutefois il inscrit, selon moi, Dragon dans une esthétique asiatique qui ne se limite donc pas à sa localisation géographique. 

Cette esthétique se matérialise également par la crudité des scènes décrites par l’auteur. Celles de sexe, bien entendu, mais aussi la violence à travers les actes de Dragon et les tortures qu’il peut infliger à certains. C’est une façon de procéder qu’on peut retrouver assez souvent dans la littérature asiatique ou même dans son cinéma. Je ne suis pas spécialiste, bien entendu, toutefois c’est quelque chose que je raccroche assez aisément à ce que j’ai pu lire comme romans (surtout nippons) et vu comme films lors de mes études. Il faut bien évidemment se montrer sensible à cela pour apprécier pleinement Dragon

Une construction originale.
Stop à la construction linéaire ! L’auteur mélange les chapitres en commençant par le 17 pour enchaîner sur le 5 et ainsi de suite, dans un ordre qui n’a a priori pas de sens. Interpellée, j’ai craint à une erreur d’impression (quand même ç’aurait été pas de chance, juste dans le mien ! puis en comprenant que c’était voulu, de m’y perdre. Pourtant, tout s’enchaîne parfaitement entre les scènes « passées » et « présentes » (mais qu’est-ce que ces mots signifient quand tout est justement embrouillé ?). Ce jeu formel démontre tout le talent de l’auteur et ne manque pas d’intérêt car il permet de ménager le suspens et les effets narratifs plus longtemps et plus efficacement. Un très beau travail.

La conclusion de l’ombre : 
Dragon est une novella à la croisée des genres qui se déroule dans la ville de Bangkok, dans un futur proche. Le tueur surnommé Dragon -qui donne donc son titre au roman- s’en prend aux touristes sexuels et un inspecteur est chargé de l’arrêter. Si le pitch de base semble classique, Thomas Day offre un texte coup de poing qui entraine le lecteur dans ce que la Thaïlande a de plus laid, ce que l’humanité a de plus rebutant. Avec un style d’écriture brut, cru et sans concession, l’auteur ouvre brillamment la collection Une Heure Lumière du Bélial et se hisse sans peine dans mon top 3 des meilleures novellas parues chez l’éditeur. Une réussite à ne pas mettre entre toutes les mains : âmes sensibles s’abstenir !

D’autres avis : Le culte d’ApophisL’épaule d’OrionL’ours inculte – Lorhkan – Albédo –  Nevertwhere – Aelinelle monde d’Elhyandra Dragon galactique – le Bibliocosme (Boudicca) – Xapur – Au pays des Cave Trolls – vous ?

IMG_20191223_114201

Permis de mourir – Delphine Dumouchel

36
Permis de mourir
est une novella young-adult écrite par l’autrice française Delphine Dumouchel. Publié par Livr’S Éditions dans sa collection young adult, vous trouverez ce texte au prix de 12 euros.

Exceptionnellement, ce billet sera assez bref et contiendra des éléments d’intrigue car je ne vois pas comment en parler autrement. Vous êtes donc prévenu(e)s !

Clémentine va sur ses dix-sept ans et est dans le coma depuis une soirée trop arrosée. Le texte court de 84 pages s’ouvre sur une introduction qui laisse entendre dans quel état elle se trouve. La seconde partie est un flashback qui raconte son dernier vendredi et la manière dont elle a eu son accident. Enfin, la dernière partie raconte son présent, un an après ce fameux accident.

La novella est rédigée à la première personne, ce qui implique que l’autrice plonge son lecteur dans les pensées de Clémentine. Comme cette dernière a seize ans au moment des faits, on est face à une jeune fille plutôt superficielle et immature, comme beaucoup le sont alors (et comme je l’étais moi-même !). Cet aspect peut freiner un lectorat plus âgé, j’ai moi-même roulé des yeux une fois ou deux devant certaines réflexions.

Ce fameux vendredi, Clémentine a assisté à sa journée de cours (en arrivant en retard), puis a encaissé deux heures de colles avant de se rendre chez sa meilleure amie pour son anniversaire -avec la permission de minuit. En théorie, il ne devait pas y avoir d’alcool mais évidemment, elles ont trouvé un moyen de s’en procurer. Clémentine n’avait jamais bu jusque là et l’autrice montre très bien la disparition des inhibitions et les conséquences que cela peut avoir. Ici, pas d’intentions criminelles, pas de psychodrame ou d’agressions sexuelles, juste… un drame ordinaire, si j’ose dire. Un accident comme il peut en arriver n’importe quand, n’importe où : une chute depuis une fenêtre, un traumatisme crânien qui la plongera dans le coma et l’enfermera dans son corps.

Parce que oui, Clémentine est toujours consciente mais prisonnière de sa propre chair, une perspective qui suffit personnellement à déclencher une forme d’angoisse. Elle finira par rouvrir les yeux au bout d’une année à subir la même routine sans pour autant retrouver sa motricité. Et c’est ce point qui a vraiment participé à ma surprise car jusque là, je trouvais le texte sans grand intérêt pour moi en tant que lectrice. Vite lu et vite oublié, pas désagréable ou quoi juste neutre, voilà. Mais Delphine Dumouchel a fait le choix de ne pas conclure sur une fin heureuse où tout est vite oublié, comme si cet accident n’impliquait pas de conséquences. Elle arrête son histoire à un moment assez dur, qui provoque de l’empathie pour le personnage de Clémentine et laisse au lecteur le loisir d’imaginer la suite, la fin, de se poser des questions sur la vie et la façon dont on souhaite exister. J’ai été scotchée par ce choix inattendu et c’est ce qui m’a donné envie de parler du texte sur le blog.

Je pense que ce roman peut être un excellent outil pédagogique pour un niveau lycée / secondaire car il ouvre au débat tout en sensibilisant aux dangers d’une trop grande consommation d’alcool. S’il ne révolutionne pas le thème, il n’est finalement pas dénué d’intérêt du tout pour sa fin osée qui pousse à réfléchir.

La conclusion de l’ombre :
Permis de mourir est une novella young adult écrite à la première personne du point de vue de Clémentine, une jeune fille dans le coma (mais consciente de son environnement et capable de penser) suite à un abus d’alcool. Ce texte court permet d’interroger sur les abus de boisson et sur ce que signifie le verbe « vivre ». Bien ficelé par l’autrice, je partais avec un a priori négatif pour finalement ne pas regretter ma lecture grâce à une fin osée.

D’autres avis : Light and smellDe fil en histoireLes livres de RoseL’âme des motsUne loupiote dans la nuit – vous ?

Maki