#VendrediLecture (49)

Bonjour à tous !
J’espère que vous avez passé une bonne semaine riche en bonnes lectures. De mon côté je ne sais pas si c’est l’été (fille de l’hiver un jour…) ou un début de panne mais j’ai du mal à me poser pour lire autre chose que des mangas. Du coup, j’ai le rythme d’un escargot et je me plonge difficilement dans des ouvrages pourtant très bons. C’est un peu ce qui m’arrive avec le titre dont je vais vous parler.

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

Trois Hhourrah pour Lady Évangeline – Jean-Claude Dunyach
Service presse – L’Atalante

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« « Le Temps Incertain était l’un des plus puissants bâtiments militaires de sa catégorie. Il mit quatorze heures à mourir.
Au voisinage d’Esméralda, les rides de l’espace-Tau annoncèrent sa venue et froissèrent temporairement l’espace local. Si un quelconque caillou errant avait été assez gros pour endommager le vaisseau, il aurait été repoussé hors de portée.
Mais ce qui se tenait là était trop minuscule pour être affecté.
Du moins au début. »
Évangeline, jeune fille de bonne famille à la conduite dévergondée, est envoyée par son père diplomate sur un planétoïde école. Mais une étrange population d’insectes en prend le contrôle. Seule Évangeline en réchappe, au prix d’une métamorphose qui la terrifie.
Cependant, à quatorze sauts-Tau de là, le bâtiment de son père est confronté à un ennemi terrifiant : un nuage de particules intelligentes dévore littéralement les vaisseaux et les colonies humaines.
Pour survivre, Évangeline et son père vont devoir accepter leurs différences et unir leurs forces. Si c’est encore possible. »

Apprenez-en plus sur ce livre grâce à Babelio !

Et vous, que lisez-vous? 🙂

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RÉFLEXION – pourquoi je dis « autrice » (et pourquoi vous devriez le dire aussi)

Salut tout le monde !
Nouveau petit article qui trainait depuis un moment dans mes tiroirs. En fait, depuis les Imaginales où plusieurs personnes (même des femmes… si si) ont fait des remarques négatives à mon éditrice qui affichait le terme « autrice » sur le stand. C’est pas joli. C’est pas français. Et quand on essaie d’expliquer le pourquoi du comment, on se heurte à un mur. Parfois pire: à de la condescendance. Elles sont mignonnes à croire qu’elles savent mieux que nous hein. J’avoue, j’étais un poil énervée.

J’ai donc décidé de vous expliquer pourquoi j’utilise le terme autrice et pourquoi vous devriez, vous aussi, l’utiliser. Après, chacun est libre de le faire ou non, chacun a le droit de s’engager ou pas, chacun a le droit de penser que j’ai tort. C’est juste la minute culture, en espérant vous apprendre quelque chose et vous pousser à faire évoluer vos habitudes. C’est peut-être qu’un détail pour vous mais ça veut dire beaucoup (et pas que pour moi !).

C’est parti pour le petit cours d’histoire littéraire !
Au passage, ce billet a été rédigé en s’inspirant du travail d’Audrey Alwett qui a écrit un article extrêmement édifiant sur le sujet que je vous encourage à lire en entier parce qu’il cite également les sources universitaires comme par exemple les travaux d’Eliane Viennot. Moi, je me propose de vous résumer l’idée globale.

Tout commence au 17e siècle, lors de la création de l’Académie française par notre ami (mais si) le Cardinal de Richelieu. Avant l’apparition du Dictionnaire (réalisé par cette même Académie, pour rappel), on utilisait le féminin de nombreuses professions intellectuelles : poétesse, autrice, mairesse, capitainesse, médecine, peintresse. Or tous ces mots ont été masculinisés pour gommer la légitimité de la femme dans ces postes de pouvoir. Je vous jure. C’est pas de la propagande, ce sont des faits historiques avérés avec des sources à l’appui. Avant cela, il existait des cercles littéraires influents composés de femmes, et cela ne plaisait pas à tout le monde.

Ils ont même été plus loin ! Le genre de certains mot a été modifié au même moment. L’exemple le plus parlant est sans doute celui du terme « erreur » qui était auparavant masculin et s’est féminisé parce que, vous savez, ce sont les femmes qui commettent les erreurs (je vous jure que c’est la vraie justification). À cette même époque apparait d’ailleurs la règle selon laquelle le masculin l’emporte toujours sur le féminin. Cela parce que, selon le grammairien Nicolas Bauzée : « le genre du masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » (je vous laisse deux minutes pour inspirer, expirer, tout ça.) Les femmes intellectuelles de l’époque, dont Marie de Gournay, Jacqueline de Mirmont ou encore Charlotte de Brachart (vous n’avez aucune idée de qui elles sont, pas vrai? Moi non plus, avant.) ont protesté, mais elles ont été progressivement effacées de l’Histoire. De nos jours, elles ne sont pas enseignées dans les écoles et ne l’ont même jamais été. Ce n’est que dans les années 1990, au Québec, que des recherches ont commencé à apparaitre sur les sujets, plutôt impopulaires. Au Québec. En Europe, y’a toujours un retard monstrueux et une impopularité assez effrayante sur le sujet. Heureusement, les mentalités commencent à évoluer.

Et donc, pourquoi j’utilise le mot autrice?
Parce que c’est un engagement pour l’égalité. C’est une reconnaissance du talent féminin dans la profession artistique et créative qu’est l’écriture, tout simplement. Vous me direz que c’est moche, comme mot. Je pensais comme vous. Mais à force de l’utiliser, on s’habitue et plutôt vite. Ça ne vous coûte pas grand chose et ça signifie beaucoup sur un plan idéologique. Les mots forment notre langage, notre communication. Ils ont tous un sens. Parfois, ils en ont plusieurs. N’en doutez pas: utiliser le bon terme, ça change tout.

Alors pensez-y, la prochaine fois que vous parlerez d’une femme qui écrit.

Mers Mortes – Aurélie Wellenstein

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Mers Mortes
est le dernier roman en date de l’autrice française Aurélie Wellenstein. One-shot dystopique et fantastique publié chez Scrinéo, vous trouverez ce livre partout en librairie au prix de 17.90 euros.
Ce roman est ma quatrième lecture pour le challenge S4F3s5 même s’il dépasse le maximum de 10 pages, j’attends donc le jugement de notre Lutin national.

Le monde dépeint dans Mers Mortes est post-apocalyptique. L’humanité a été trop loin, les océans se sont asséchés ce qui menace la survie de l’humanité déjà bien affaiblie. Oural est exorciste et coule des jours relativement paisibles dans un bastion français, entre deux marées hautes. Son travail? Repousser les assauts des fantômes marins : poissons, requins, raies, (entre autres) car un simple contact leur suffit pour aspirer une âme humaine. Il vit dans sa routine avec un plan pour potentiellement arrêter tout ça (sans parvenir à l’appliquer) jusqu’au jour où débarquent Bengale et son équipage. Le capitaine du Naflgar enlève Oural pour qu’il protège son navire, tâche d’importance car Bengale a un (vrai) plan pour réussir à ramener les océans… Mais ce plan a un prix.

Mers Mortes est un roman que tout le monde devrait lire. Vraiment. Il heurte, il chamboule, il force la prise de conscience écologique. En découvrant ce texte, j’ai eu le sentiment de lire une prophétie apocalyptique sur le point de se réaliser et ça m’a poussé à la réflexion.

Enrobé d’une intrigue prenante et porté par un personnage principal terriblement humain, Mers Mortes propose une vraie réflexion sur les dangers climatiques en apportant, au fil des histoires de chacun, des cauchemars et des marées fantômes, un éclairage sur ce qui se passe en ce moment et sur les conséquences logiques que cela aura dans un futur pas si lointain. On sent que l’autrice a étudié son sujet, elle présente les faits d’une manière compréhensible pour tout le monde, même les non scientifiques. Elle donne envie de se renseigner soi-même et de trouver des solutions. En réalité, le seul point faible du roman (si on veut vraiment chipoter) c’est qu’il n’insiste pas suffisamment sur ce qu’on pourrait faire maintenant afin d’éviter d’en arriver là. Vous me direz, ce n’est pas le sujet, d’autres t’ont déjà dit quoi faire, mais une petite annexe avec des engagements à tenir m’a vraiment manqué. Ça aurait permis à Mers Mortes d’être pleinement complet.

Mais honnêtement, je chicane parce que ce roman est très bon. Il traite d’un sujet actuel et engagé sans prendre de gants et permet en plus à une véritable intrigue de se mettre en place. Avec une écriture à la troisième personne, le narrateur se focalise sur Oural, un exorciste qui a grandi relativement protégé et aveugle de la réalité du monde. Il va petit à petit grandir, remettre ses convictions en question. Il va aussi se tromper, faire les mauvais choix, douter. À chaque page, son humanité transparait et je l’ai trouvé aussi intéressant qu’agréable à suivre, à l’instar des autres membres de l’équipage et du capitaine. Bengale dégage une aura de mystère, l’autrice distille petit à petit les révélations à son sujet pour donner envie au lecteur de poursuivre. Le rythme du roman est maîtrisé, on ne s’ennuie jamais et tout a un sens. Un autre personnage intéressant, c’est Trellia, la delphine ! Elle a une importance toute particulière dans le récit et sa relation avec Oural est vraiment belle. À elle seule, elle représente une métaphore sur le pardon.

La touche surnaturelle de Mers Mortes exploite l’âme de la mer avec brio en donnant un cachet sombre, salé et poisseux aux mots de ce texte. Les fantômes des animaux marins traqués par l’homme viennent crier vengeance de manière régulière, pendant les marées hautes. Seuls les exorcistes parviennent à les repousser, leur rôle est fondamental mais n’importe qui ne possède pas ces capacités. Pour cette raison, Oural vivait comme un prince avant de tomber sur Bengale et le changement s’avèrera rude. Comme toute société post apocalyptique, les survivants ont du se réorganiser. Si, dans le bastion, cela se passait assez bien, on apprend vite que certains ont réinstauré l’esclavage, abusent des plus faibles, parquent certaines personnes dans des camps pour créer des diversions. L’univers imaginé par Aurélie Wellenstein est horrible, terrifiant… et réaliste, ce qui renforce le sentiment d’épouvante qu’on ressent à la lecture. Parce que si on est un peu honnêtes, il y a 90% de chance pour que ça se passe ainsi quand on en arrivera à ce stade (notez que je dis quand, pas si, parce qu’à un moment donné, faut arrêter de se voiler la face). En réalité, ça se passe même déjà ainsi dans certains endroits du monde. En plus d’un engagement écologique, j’y ai aussi décelé une dénonciation humanitaire sur la thématique des migrants, traitée avec une vraie justesse et une profonde humanité.

Pour résumer, Mers Mortes est un texte bouleversant, addictif et engagé écrit par une autrice talentueuse qui n’a plus rien à prouver. Ce roman devrait être lu par le plus grand nombre car il tire la sonnette d’alarme d’une manière accessible, même à ceux qui ne connaissent rien sur les problématiques climatiques et humaines qui rythment pourtant notre actualité. À lire de toute urgence !

Teacher Killer #1 – Hanten Sharoh

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Teacher Killer
est le nouveau seinen de chez Soleil dont le premier tome vient de sortir pour la Japan Expo. Scénarisé et dessiné par le mangaka débutant Hanten Sharoh, vous trouverez ce manga au prix de 7.99 euros.

Riko Asiru suit des cours de meurtre, avec son professeur de biologie, Mr Satou. Ils se rejoignent après la classe pour étudier des affaires en cours et châtier les tueurs. Riko abhorre les meurtriers et plus particulièrement Mr Satou, responsable de la mort de ses parents. Elle a juré de se venger et il l’a prise sous son aile pour lui apprendre à le tuer correctement.

Le concept m’a immédiatement séduite. Une fille traumatisée et paumée qui entretient une relation borderline et malsaine avec son professeur, qui est aussi un serial-killer plutôt badass (et sexy, c’était la minute superficielle)… Y’avait tous les ingrédients pour me plaire. Et de fait, j’ai adoré découvrir ce premier tome !

Le schéma reste semblable au fil des chapitres: le duo une affaire, piège le tueur et l’assassine d’une manière semblable à son mode opératoire. J’ai d’abord craint la redondance mais les affaires étudiées sont toutes différentes et originales. De plus, l’aspect psychologique est bien développé ce qui créé un équilibre avec le côté gore du manga.

Pour ne rien gâcher, le chara-design est soigné et moderne. Aucun fan-service à l’horizon et des détails maîtrisés pour les scènes de meurtre, c’est tout ce qu’on désire en lisant ce genre de titres. Le mangaka ne tombe à aucun moment dans la surexposition, ce qui n’est pas simple surtout que c’est un peu la mode en ce moment.

Pour résumer, le premier tome de Teacher Killer est une réussite qui parvient à conserver un bel équilibre entre l’aspect psychologique et visuel des meurtres. Il ne tombe jamais dans l’excès et propose un concept sympathique qu’il exploite correctement. Quand on le referme, on n’a qu’une envie : arriver en octobre pour la sortie du second tome !

#VendrediLecture (48)

Salut tout le monde !
Un VendrediLecture un peu particulier puisque publié le samedi (mais antidaté, wouhou :3) le temps de laisser les votes sur la page se clôturer. Il faut dire qu’en ce moment, j’ai envie de lire sans avoir envie. En période compliquée comme celle là, je me tourne plus volontiers vers des mangas. J’ai donc demandé de l’aide à mes abonnés en les faisant choisir parmi ma PàL du challenge S4F3s5. Voici le titre qui en ressort, avec une écrasante majorité.

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

Mers Mortes – Aurélie Wellenstein
Lecture perso – Scrinéo
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« Les humains ont massacré les mers et les océans. L’eau s’est évaporée ; les animaux sont morts.
Quelques années plus tard, les mers et les océans reviennent. Ils déferlent sur le monde sous la forme de marées fantômes et déplacent des vagues de poissons spectraux, tous avides de vengeance. Les fantômes arrachent leurs âmes aux hommes et les dévorent. Bientôt, les humains eux aussi seront éteints… Leur dernier rempart face à la mort : les exorcistes.
Caste indispensable à l’humanité, les exorcistes sont bien entendu très convoités.
L’un d’eux, Oural, va se faire kidnapper par une bande de pirates qui navigue sur les mers mortes à bord d’un bateau fantôme.
Voilà notre héros embarqué de force dans une quête sanglante et obligé, tôt ou tard, de se salir les mains… »

Voici quelques avis sur Babélio !

Et vous, avez-vous lu ce livre? En avez-vous envie?
Que lisez-vous? 🙂

Journal d’un AssaSynth #1 Défaillances systèmes – Martha Wells

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Défaillances systèmes
est le premier tome du Journal d’un AssaSynth écrit par l’autrice américaine Martha Wells. Publié chez l’Atalante, vous trouverez cette novella au prix de 10.90 euros en papier.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse.
Ceci est ma 3e lecture pour le challenge S4F3s5 organisé par le Lutin !

L’AssaSynth est un androïde qui a réussi à pirater son système pour gagner son libre arbitre. Iel continue pourtant à feindre la soumission, pour plus de tranquillité. Ce qui l’intéresse? Le contenu multimédia qu’iel peut télécharger, particulièrement les séries télévisées. Sa mission? Protéger une équipe d’exploration sur une planète hostile. Alors quand l’AssaSynth découvre que de mystérieux individus veulent éliminer ses clients, iel ne va pas laisser faire sans réagir.

Pas évident de résumer cette novella d’une centaine de pages sans divulguer trop d’informations. Coupée en huit chapitres, l’intrigue se concentre autour de la découverte de cette planète et de qui cherche à mettre des bâtons dans les roues de l’équipe envoyée sur place. On se rend rapidement compte qu’un sabotage a lieu et que des informations sur les menaces répertoriées ont disparu du dossier de recherche. L’équipe composée de quelques chercheurs court un grave danger ! Malheureusement, je ne suis pas parvenue à vraiment compatir ni même me sentir concernée par leurs problèmes parce que les personnages autour de l’AssaSynth sont des archétypes qui manquent de profondeur. Sans compter que le déroulement de l’intrigue demeure assez classique et c’est la novice en SF qui vous le dit.

J’ai toutefois trouvé original le fait de donner la parole à un androïde. L’expérience a le mérite de dépayser le lecteur parce que l’AssaSynth n’a pas le même genre de préoccupations que les humains et l’autrice n’est pas, selon moi, tombée dans l’anthropocentrisme. J’ai ressenti beaucoup de cynisme et d’ironie à la lecture de ce texte, ce qui me séduit toujours. Petit détail, j’ai apprécié l’emploi du pronom « iel » pour désigner cet androïde asexué. Ç’avait son importance sur un plan symbolique et ça me fait plaisir de le voir utilisé dans un roman. Ce n’est probablement pas le premier mais c’est la première fois que je le croise.

Je n’ai pas grand chose à dire sur ce texte qui est surtout un bon divertissement. L’autrice a voulu exploiter l’éveil de la conscience ainsi que l’exercice du libre arbitre (selon le site de l’éditeur) mais je pense qu’il y avait peut être une meilleure façon d’y parvenir parce que sur un si petit nombre de pages, beaucoup d’éléments passent à la trappe et j’ai finalement un goût de trop peu. On sait par exemple que ces androïdes se composent de tissus organiques pour partie mais on ignore à quelle fin exactement. Cela manque de détails pour vraiment saisir les enjeux. Il est probable qu’il soit nécessaire de lire la série entière (elle comporte 4 novellas en tout) pour saisir les intentions de l’autrice mais dans ce cas, il aurait peut-être mieux valu publier une sorte d’intégrale en quatre parties ? Parce qu’un seul tome ne suffit malheureusement pas pour réellement accrocher et c’est dommage car le concept de base me bottait vraiment bien.

Pour résumer, Défaillances Systèmes est un divertissement de science-fiction qui se lit vite (ce qui est un bon point pour les lecteurs pressés) mais manque d’enjeux. Il donne la parole à un androïde asexué s’éveillant à la conscience et qui doit composer avec des humains, pour son plus grand malheur. Si l’intrigue reste classique et trop rapide à mon goût, le ton tout en ironie ne manque pas de saveur et parviendra à séduire certains lecteurs. Je vous le recommande si vous cherchez un roman de science-fiction sans prise de tête.

J’ai vendu mon âme en bitcoins – Jake Adelstein

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J’ai vendu mon âme en bitcoins est la nouvelle enquête du journaliste d’investigation Jake Adelstein. Publié chez Marchialy, vous trouverez ce texte au prix de 20 euros.
Je remercie Laure Anne pour m’avoir prêté ce livre !

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de ce journaliste bien connu, d’abord avec Tokyo Vice puis avec le dernier des yakuzas. J’aime beaucoup son travail et j’étais curieuse de le voir traiter un nouveau type d’affaire qui s’éloigne du milieu criminel plus classique. Quand il m’a annoncé -en réponse à une question après ma lecture du dernier des yakuzas- travailler sur le milieu du bitcoins, ma curiosité a immédiatement été titillée.

Je n’y connaissais pas grand chose en bitcoins en commençant cet ouvrage. Je savais juste qu’il s’agissait d’une monnaie virtuelle et… et voilà. Je n’irai pas jusqu’à me qualifier de spécialiste après la lecture de ce livre mais je comprends déjà beaucoup mieux le système et ses enjeux financiers comme politiques. Avec sa pédagogie habituelle, l’auteur éclaire notre lanterne et développe les détails de son enquête menée dans le but d’innocenter le PDG de Mt. Gox, Mark Karpelès, soupçonné d’avoir détourné 850 000 bitcoins soit 500 millions de dollars. Mark Karpelès, ce n’est pas n’importe qui. Ressortissant français de même pas 30 ans et petit génie du codage, il va se retrouver au cœur du plus gros braquage numérique de l’histoire et tout le monde va vouloir sa peau.

Jake Adelstein pose les différentes balises de cette affaire en nous expliquant son degré d’implication et de quelle manière il a enquêté sur le sujet avec sa collègue Nathalie qui, selon son propre aveu, aurait presque du co-signer l’ouvrage (mais son nom est sur la couverture en réalité, en kanji. Habile !). J’ai vendu mon âme en bitcoins est donc une plongée dans les méandres du web aux côtés des idéalistes, des libertariens, des barons de la drogue, des geeks aussi ou surtout des administrateurs qui perdent pied. C’est aussi un bon moyen de parler du système judiciaire japonais, déjà évoqué dans Tokyo Vice. On se rend vraiment compte que la présomption d’innocence est un concept rarement respecté et que les méthodes de la police ne sont pas géniales du tout (coucou, je suis un euphémisme). C’est une société à part le Japon ! Les étrangers n’y sont pas forcément bien considérés. J’aime beaucoup les ouvrages de ce journaliste parce qu’ils me permettent vraiment de faire la part des choses entre le Japon fantasmé par les mangas et la réalité. C’est édifiant.

Sur presque 250 pages, le lecteur découvre les différentes étapes de l’affaire et une chose est sûre : ce texte est extrêmement addictif, je l’ai d’ailleurs lu quasi d’une traite. C’est typique du talent de Jake Adelstein qui n’a pas fini de passionner son public. J’ai adoré ! Et la traduction française est vraiment soignée, autant que le livre objet qu’on a plaisir à manipuler. Son format est idéal pour le transport sans sacrifier à la qualité du papier ou de la mise en page si particulière à laquelle j’adhère. Bravo aux éditions Marchialy pour ce travail.

En bref, une chronique certes courtes mais je ne me vois pas vous spoiler toute cette étrange affaire pour l’allonger inutilement. Parfois, quelques mots valent mieux qu’un long discours et je vous encourage à découvrir le travail de ce journaliste si vous ne le connaissez pas encore. Si le concept de bitcoins vous intéresse et si vous avez envie de plonger dans les méandres d’internet sans vous y perdre alors ce livre n’attend que vous ! Bien écrit, pédagogue et addictif, J’ai vendu mon âme en bitcoins expose son propos de manière claire et intéressante, comme toujours avec Jake Adelstein. Je recommande chaudement ce texte !