Binti – Nnedi Okorafor

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Binti est un ouvrage de space-opera contenant deux novellas écrit par l’autrice americano-nigérianne Nnedi Okorafor : Binti et Binti : Home. Traduit en français par Hermine Hémon pour ActuSF, vous trouverez ce recueil sous le label Naos au prix de 17.9 euros.
Je remercie Jérôme, Gaëlle et les Éditions ActuSF pour ce service presse.
Il s’agit de ma seconde lecture pour le Projet Maki.

Binti est une adolescente née au sein de la tribu Himba. Son don en mathématique et ses pouvoirs d’harmonisatrice attirent sur elle l’attention de l’université d’Oomza, qui lui propose de venir étudier chez eux. Cela signifie quitter son village, quitter sa planète et devenir une paria. Tiraillée entre les traditions et son envie de s’accomplir, Binti décide de prendre la navette et d’entamer son voyage.

Comme je l’ai signalé en introduction, ce volume contient en réalité deux novellas mais cela ne se ressent pas vraiment à la lecture. Ç’aurait tout aussi bien pu être un seul roman et je ne suis pas sûre que je me serais rendue compte de la division si je n’avais pas lu des chroniques chez d’autres blogpotes, qui en parlent. Je comprends le choix d’ActuSF de réunir ces deux textes en un seul tome. C’est aussi pour ça que je le compte seulement pour un dans le Projet Maki.

Dans la première novella, sobrement intitulée du prénom de l’héroïne (Binti donc, pour ceux qui ne suivent pas), Binti décide d’entreprendre un voyage vers l’université d’Oomza, malgré les craintes qu’elle éprouve et le désaccord de sa famille. Dès qu’elle sort de son village, la jeune fille est confrontée à de la curiosité déplacée et à un sans-gêne vraiment choquant de la part des personnes rencontrées dans le spatioport. La raison ? Binti est une himba et cela se voit. Les femmes himbas s’enduisent le corps d’un onguent spécial qui sert aussi à les nettoyer. Elles en ont également sur les cheveux, qu’elles tressent à leur manière. Certaines femmes du peuple koush n’hésitent d’ailleurs pas à les lui prendre pour les tâter, comme on le ferait d’un animal curieux et exotique. C’est l’un des premiers thèmes abordé par l’autrice : la manière dont on considère la différence.

Quand Binti arrive dans la navette, elle rencontre d’autres étudiants de la race humaine qui, comme elle, se rendent à l’université d’Oomza. L’ambiance est immédiatement différente et Binti se sent acceptée pour la toute première fois. On ressent vraiment l’écart entre ces intellectuels en devenir et les gens rencontrés précédemment par l’héroïne. Ici, j’ai eu le sentiment que l’autrice voulait mettre en avant l’importance du savoir et de l’ouverture d’esprit, face aux personnes qui restent enfermées dans leurs habitudes et leurs certitudes. Peut-être que j’extrapole mais c’est ce que j’ai ressenti à ma lecture et j’ai trouvé la transmission de ces valeurs importante.

Malheureusement pour Binti, son bonheur ne va pas durer longtemps. Une attaque se produit un peu avant l’arrivée à destination de la navette et tout le monde meurt. Tout le monde sauf Binti, qui ne doit sa survie qu’à un vieil artefact (son edan) trouvé par elle dans le désert il y a des années. L’attaque, aussi rapide que brutale, fait éclater la bulle de tranquillité dans laquelle le lecteur commençait seulement à s’installer. Je ne peux m’empêcher d’y voir une métaphore du quotidien dans certaines régions d’Afrique. Au départ, on ne comprend pas vraiment les Méduses, pourquoi elles agissent ainsi, aussi soudainement, sans la moindre raison apparente. Pour Binti, il existait jusqu’ici un statu quo relatif entre les Humains et les Méduses, comme il doit en exister, je présume, entre différentes tribus avant que l’idée prenne à l’une d’elle de s’engager sur la voie de la guerre. À nouveau, j’extrapole peut-être mais j’ai lu ce roman en étant épatée par la quantité de liens que je parvenais à faire entre notre réalité, les messages de l’autrice et son intrigue.

À ce stade, Binti doit survivre et tenter de trouver une solution. Arrive alors un des autres thèmes importants qu’aborde Nnedi Okorafor : le pouvoir de la parole. Comme dans beaucoup de romans mais aussi, hélas, dans notre réalité, les problèmes naissent d’une incompréhension culturelle, d’un manque de connaissance de l’autre. L’autrice contraint son lecteur à réfléchir à tout cela et je trouve qu’elle y parvient bien. En soi, son intrigue n’a rien de fondamentalement original mais les valeurs transmises sont vraiment importantes, surtout au sein d’un label jeunesse comme Naos.

La seconde novella (Binti : Home) va plus loin et développe les conséquences de cette attaque sur Binti. Elle subit forcément un grand traumatisme qu’elle essaie de soigner et va passer par plusieurs étapes. La psychologie, déjà très présente dans la première novella, se développe davantage et de manière plutôt crédible. J’ai particulièrement apprécié la relation entre Binti et Okwu. Dans un premier temps, ça m’a plutôt choquée et interpelée qu’elle parvienne à lier une amitié avec le potentiel meurtrier de ses amis. Puis l’autrice nous montre justement les doutes, les traumatismes de son héroïne et cette relation un peu en demi-teinte devient de plus en plus crédible.

Dans ce deuxième texte, on ressent davantage la force des traditions, le cocon confortable du connu vers lequel on est toujours tenté de se réfugier pour guérir. Binti : Home permet d’en apprendre davantage sur la culture Himba et sur la manière dont ses représentants pensent. Les échanges qu’a Binti avec les membres de sa famille et son ancien meilleur ami sont interpellants. En tant que lectrice, j’ai immédiatement ressenti une profonde empathie pour cette héroïne, empathie renforcée par une narration à la première personne véritablement efficace.

On tourne les pages sans vraiment s’en rendre compte et on arrive à la fin avec l’envie d’enchaîner sur la suite. Certains regrettaient un manque d’approfondissement de l’univers mais personnellement, je n’ai pas du tout été gênée par cela. Nnedi Okorafor nous dit ce qu’on a besoin de savoir pour comprendre son intrigue et ses messages, sans ressentir le besoin de nous abrutir d’informations secondaires. Cela rend le pouvoir signifiant de son texte encore plus fort. L’autrice semble savoir ce qu’elle veut avec ses écrits et j’adhère.

Pour résumer, Binti est un space-opera young adult dans la veine afrofuturiste plutôt réussi. Nnedi Okorafor propose une héroïne attachante à la psychologie aussi crédible que développée, le tout dans une narration à la première personne maîtrisée. Les deux novellas sont traversées par la défense de valeurs importantes comme la tolérance, l’ouverture aux autres cultures, la résolution de conflit sans violence et le tiraillement entre épanouissement personnel et tradition familiale. En plus d’être divertissant, Binti est donc un texte intelligent et bien représentatif de la qualité du label Naos. Je le recommande !

Maki

À l’ombre du Japon #3 {Perfect Crime #9, La malédiction de Loki #3, Ice Pig #3, Shaman King #1, Jeune dragon recherche appartement ou donjon #1 }

Bonjour à tous !
Nouvelle fournée d’avis courts concernant des mangas lus récemment. Au départ je ne voulais parler que des suites mais je me rends compte qu’écrire un avis complet sur un premier tome n’est pas forcément toujours pertinent. Du coup je pense que mes avis mangas se retrouveront systématiquement dans cette rubrique, sauf exception.

Alors accrochez-vous parce que dans cet épisode, il y a quand même pas mal de déceptions. Heureusement, les lectures récentes rattrapent le coup mais les séries longues souffrent un peu.

J’en profite pour vous annoncer qu’il s’agit du 500e article publié sur le blog ♥ Saké pour tout le monde !

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Perfect Crime est une série que j’appréciais beaucoup mais qui commence à me lasser par la lenteur de l’action et les « je te cherche moi non plus » à n’en plus finir, sans parler des meurtres qui se déroulent toujours selon le même schéma. Je l’ai particulièrement ressenti dans ce tome-ci qui reprend les ingrédients des précédents mais sans laisser une impression durable, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Je me rends compte que si je ne lis pas la suite, ça ne me manquera pas spécialement donc je vais voir ce que je décide au moment de la sortie du tome 10. Comprenons-nous : c’est un chouette manga avec un concept sympa mais il ne se renouvèle pas assez pour moi.

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J’apprécie toujours autant le chara-design et l’univers (bien que cette couverture-ci soit largement en dessous des deux premières) pourtant ce tome m’a laissé un sentiment de transition. Nécessaire mais pas forcément inoubliable. J’ai tout de même envie de lire la suite car ça reste une série très prometteuse au concept fort et au héros attachant. J’ai immédiatement ressenti une grande empathie pour le personnage de Loki et j’ai envie de voir où l’intrigue va nous mener.

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Encore une série dont le concept de base me parlait bien mais qui s’essouffle rapidement, plus vite encore que Perfect Crime. J’ai lu ce tome 3 d’Ice Pig sans m’ennuyer mais sans réellement me sentir concernée non plus par son contenu. Un peu comme quand on regarde une série d’un œil à la télévision en faisant autre chose en même temps. Je ne pense pas la continuer. Dommage parce qu’il y avait du potentiel !

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Shaman King et moi, c’est une longue histoire (attention, ceci est un moment #mavie). Quand j’étais petite, l’animé passait à la télévision et j’étais ultra fan. Pas moyen de rater un épisode, c’était le drame de ma vie et si je ne chantais pas le générique, j’étais trop malheureuse. Du coup, quand j’ai appris que Kana rééditait le manga en édition star et qu’en plus ils publiaient la vraie fin… J’ai eu très envie de me lancer. L’édition star, pour vous situer, c’est en fait la réédition des tomes deux par deux. Celle-ci contient donc le volume 1 ainsi que le volume 2. Selon Kana, l’auteur a retravaillé ses planches, fort de son expérience mais je dois avouer que j’ai quand même trouvé le dessin un peu vieille école (ce qui n’est pas un mal, c’est juste que moi, j’aime moins) et que les combats manquent d’aboutissement. Je pense que si la nostalgie n’avait pas joué son rôle, j’aurai été déçue par ma lecture mais je ressens quand même l’envie de continuer parce que l’histoire me plait, ainsi que les personnages.
Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, Yoh Asakura est un jeune shaman qui s’entraine pour participer à une compétition vouée à désigner le roi des shamans. Un shonen dans toute sa splendeur, on ne va pas se mentir, mais ce qui est fun avec le personnage de Yoh c’est qu’il est assez fainéant et que s’il veut devenir roi des shamans, c’est pour pouvoir glander sans se prendre la tête. Outre ça, il a un grand cœur et est très attachant ! Même si mon crush quand j’étais plus jeune c’était son frère, Hao (me jugez pas ->).

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Jeune dragon recherche appartement ou donjon est un manga qui m’a frappé quand je l’ai vu dans les rayons de ma librairie parce que… Bah sans déconner, rien que le titre est hyper accrocheur non? On se demande immédiatement de quoi ça parle, comment les auteurs ont développé ce concept. Mon libraire me l’a conseillé en me confirmant que c’était fun et j’avais envie d’une histoire comme celle-là. Du coup, si vite acheté, si vite lu et sans aucun regret.
De quoi ça parle? Letty est un jeune dragon maladroit, peureux et pas très puissant qui se fait jeter hors de chez lui par ses parents après avoir échoué à protéger un œuf. Il doit donc se trouver un endroit pour vivre, aspirant à la paix et à la sécurité. Sauf que tout le monde a envie de tuer un dragon, histoire de récupérer ses morceaux et de les revendre à prix d’or. La quête de Letty n’est pas de tout repos… Heureusement, il va rencontrer Dearia, l’elfe architecte / agent immobilier. Il s’agit d’un manga plein d’humour sans que ça devienne lourd. Le personnage de Letty est terriblement attachant et sur un plan graphique, c’est vraiment très réussi. Les adeptes de jeu de rôles y retrouveront plein de clins d’œil (les classes, les caractéristiques, les objectifs de quête, les donjons, etc.). C’est un bon divertissement sans prise de tête et bien réalisé. J’adhère et je compte lire la suite !

Et voilà c’est déjà terminé ! J’espère que vous avez pris plaisir à lire mes courts retours sur mes derniers mangas en date.

N’hésitez pas à me parler des titres que vous avez lu récemment, je suis toujours en recherche de nouveautés sympas 🙂

La Trilogie de la Lune #3 La lune vous salue bien – Johan Heliot (3/3)

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La lune vous salue bien
est le troisième tome de la Trilogie de la Lune écrit par l’auteur français Johan Heliot. Réédité chez Mnémos en intégrale prestige à la fin de l’année 2019, vous trouverez ce bel objet au prix de 30 euros partout en librairie.
Je remercie Nathalie, Estelle et les éditions Mnémos pour ce service presse.

Rappelez-vous, je vous ai déjà parlé des deux tomes précédents : la lune seule le sait et la lune n’est pas pour nous.

Ce volume se déroule dans les années 1950. Les américains ont débarqué en sauveurs pour aider l’Europe et ont ramené une forme de lumière après les Années Sombres, grâce à un système de miroirs. Boris Van, agent du secret français, va devoir mener une mission aux États-Unis après un passage par l’Afrique. Son but ? Comprendre ce qui se trame dans les hautes strates américaines et peut-être empêcher un désastre.

Contrairement aux volumes précédents, La lune vous salue bien est écrit à la première personne, du point de vue de Boris, à l’exception des débuts de chapitres qui sont toujours du point de vue d’un autre protagoniste, afin de comprendre davantage les enjeux de l’intrigue. Ce changement marque un certain dépaysement mais n’est pas dénué d’intérêt puisque ça aide à rendre le texte un peu plus immersif. Pas suffisamment pour moi, hélas (je vais y revenir) mais tout de même.

Dans cette uchronie, les États-Unis sont venus aider l’Europe après les évènements du volume 2, ce qui a permis une forme d’américanisation très présente pendant tout le roman. Comme Johan Heliot choisit d’écrire du point de vue de Boris, on prend conscience des nombreux mots anglais qui ont envahis le vocabulaire de tous les jours et qui sont écris phonétiquement dans le texte (nouillorque, bloudjine, etc.) Ce choix donne une saveur particulière à la narration, une couleur locale plutôt forte. Impossible de louper l’influence américaine sur la société européenne. L’écho est d’autant plus fort pour nous en tant que lecteur.

L’époque et le lieu permettent de développer les thématiques du patriotisme exacerbé, de la manipulation de masse par les médias télévisuels, de la force qu’a l’aura d’une star sur son public mais aussi des expériences secrètes aux conséquences terribles, rendues possibles par la mondialisation et l’interdépendance des pays. On retrouve là un sujet cher à l’auteur puisqu’il l’évoque de manière régulière dans ses œuvres. À mesure que l’intrigue avance, le lecteur prend conscience de quelle manière se construit une élection présidentielle, du poids des apparences, des enjeux du support privé, etc. Comme à chaque fois, Johan Heliot frappe fort avec ces thématiques malheureusement toujours actuelles.

Mais… Et c’est là que le bât blesse, c’est que ce tome supposé être un polar / roman d’espionnage se transforme justement un peu trop en pamphlet politique engagé à mon goût. Si j’ai aimé l’épilogue résolument cynique, j’ai ressenti plusieurs longueurs dans les échanges et explications entre les différents personnages. Je devais parfois résister à la tentation de passer des pages, la faute à des scènes d’exposition qui duraient trop longtemps pour se terminer presque chaque fois sur une explosion de violence avec un goût de « tout ça pour ça ». Pourtant, il y a de bonnes idées comme la manière dont le gouvernement américain a exploité les écrivains pour se développer (coucou, ça vous rappelle quelque chose les amis français ?), la tentation du contrôle de masse sur l’agressivité pour empêcher les guerres, la mince frontière entre sauveur et tyran… Franchement, oui, il y a un fond cohérent et riche. Sauf que la manière de présenter les idées manquait de rythme et de subtilité à mon goût.

Dans son souci de fidélité historique, Johan Heliot parle évidemment du racisme, à travers le personnage noir de Lothair qui, au final, n’a pas de réel poids et s’oublie assez vite. Quand je dis qu’il en parle… Disons qu’il le montre vaguement sans aller plus loin. Je sais que ce n’était pas le propos du livre mais quand même, il y a ici un manque de mise en contexte. Il montre aussi une image assez peu flatteuse des femmes. Cette fois-ci, elles sont complètement absentes à l’exception de Lolita (décrite comme une fille facile et montrée comme objet du désir lubrique d’un peu tout le monde) et… Et c’est tout en fait, je n’ai même pas envie de considérer Jayne comme un personnage représentatif. Nous sommes d’accord, c’est cohérent avec l’époque, je pense que c’est ce que l’auteur voulait montrer, mais ça en devient un peu lassant et c’est précisément pour toutes ces raisons que ce tome est celui qui m’a le moins séduit des trois. Mais je m’en doutais un peu quand j’ai découvert l’époque où il se déroulait. Ce n’est pas un contexte historique que j’apprécie et j’en ai un peu ma claque des histoires politiques. Du coup, la sauce n’a pas pris.

Sans compter que la Lune en elle-même, les Sélénites et les Ishkiss sont plutôt absents de ce roman. Le titre prend sens littéralement à la toute dernière ligne. On apprend que le peuple lunaire s’est mis en route dans l’espace à la recherche d’un nouvel endroit où vivre et qu’il a laissé derrière lui ceux qui n’avaient pas envie de les accompagner en les déposant au passage sur Mars. Ce sont ces gens, des jeunes pour la plupart, qui vont intervenir dans la politique américaine pour tenter de trouver une solution à leur déchéance programmée (ouais parce que c’est un peu la galère sur la planète rouge en terme de ressources). L’auteur raconte donc les conséquences de tout ce qui a pu arriver avant mais je pense sincèrement qu’il aurait pu s’arrêter au tome précédent sans que, sur un plan personnel, je ressente un manque quelconque.

Mais ce n’est pas parce que ça n’a pas fonctionné avec moi que le roman en devient mauvais pour la cause. Au contraire ! Johan Heliot continue de défendre sa place de maestro ès uchronie. On sent qu’il connait son sujet à fond et qu’il le traite avec la minutie de l’historien. Il réfléchit soigneusement sur la manière d’adapter ses thématiques au genre du roman et s’en sort plus qu’honorablement. Ses choix ne manquent pas de justesse ou d’intelligence et sur un plan formel, ce roman est bon. Il ne colle juste pas à mes goûts et à ce que j’attendais de cette trilogie.

Ma découverte de la Trilogie de la Lune s’achève donc sur une note mitigée mais je continue à recommander la lecture de cet ouvrage et des autres titres de l’auteur, en particulier Grand Siècle (au risque de radoter), que je considère comme une réussite totale.

Pour résumer, La lune vous salue bien n’a pas su me séduire tout simplement parce que le roman ne correspond pas à mes goûts. Il se déroule dans les années 1950 et s’appuie sur la thématique principale de la manipulation médiatique. Construit comme un polar et même comme un roman d’espionnage, il contient trop de scènes d’exposition pour vraiment me plaire en plus du racisme / sexisme typique de l’époque qui m’agace au plus haut point. Si ça n’a pas fonctionné avec moi, cela n’empêche pas La lune vous salue bien d’être un texte de qualité qui confirme Johan Heliot comme maître de l’uchronie.

#VendrediLecture (77)

Bonjour à tous !
Comment s’est déroulée votre semaine de lecture? J’espère que vous avez fait de belles découvertes. De mon côté, je continue de vider ma PàL en espérant y arriver avant la foire du livre de Bruxelles début mars. On peut rêver non ? Bref, je vous parle aujourd’hui d’un service presse reçu par ActuSF et dont le résumé m’enthousiasme beaucoup. J’ai commencé la lecture et je suis déjà séduite par le personnage de Binti ainsi que l’intrigue qui semble se dessiner.

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

Binti – Nnedi Okorafor
Service presse – ActuSF (Naos)

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« Maîtresse harmonisatrice du peuple Himba, Binti est vouée à reprendre la boutique d’astrolabes de son père… Mais l’incroyable don pour les mathématiques de l’adolescente lui ouvre les portes de la prestigieuse université interplanétaire Oomza.
Binti embarque sur le Troisième Poisson à l’insu de sa famille. Mais au cours du trajet, les Méduses, ennemies millénaires des humains, abordent le vaisseau pour en massacrer les passagers. Commence alors pour Binti un combat pour sa survie et celle de ceux qui lui sont chers. »
Sachez que ce roman sort aujourd’hui !
Retrouvez donc plus d’informations sur le site de ActuSF.

Et vous, que lisez-vous ?

L’épée brisée – Poul Anderson

L’épée brisée est un one-shot de dark fantasy écrit par l’auteur américain Poul Anderson. Édité à l’origine par le Bélial en 2014 dans une belle version illustrée par Nicolas Fructus au prix de 21 euros, vous pourrez également trouver une version poche (mais sans illustrations) chez le Livre de Poche au prix de 7.9 euros. J’avoue, j’ai lu la version poche achetée quand j’avais de moindres moyens mais je regrette maintenant de ne pas avoir profité de la belle édition illustrée quand j’ai rencontré Nicolas Fructus à un petit salon à Chaudfontaine en novembre parce que j’ai a-do-ré ce roman. Bon, ce n’est que partie remise !

Orm a contrarié la mauvaise sorcière qui maudit sa lignée. Son premier né, Skafloc, est dérobé par l’elfe Imric et remplacé par un changelin, Valgard. Les deux enfants grandissent loin l’un de l’autre et Skafloc ne regrette en rien cette vie elfique offerte par son beau-père. Jusqu’à ce que la sorcière s’en mêle à nouveau… Parallèlement à ces drames domestiques, les trolls du Trollheim se rassemblent pour détruire les elfes, la guerre se prépare, les comptes se règlent et seule l’épée qui fut jadis brisée par Thor pourra peut-être sauver la nation elfe.

Si vous êtes comme moi, à ce moment de votre lecture vous vous dites que toute cette histoire parait bien classique. L’auteur exploite très clairement les folklores celtiques et nordiques, le trope de l’artefact maléfique qu’on-ne-doit-pas-ramener-mais-on-va-le-faire-quand-même-parce-que-zut-ya-pas-d’histoire-sans-ça, une guerre entre deux races dont l’inimité n’est plus à prouver, le tout sous l’influence de dieux qui n’ont que ça à faire de jouer aux échecs avec leurs inférieurs parce que hey, c’est chiant d’être un immortel… On en roulerait des yeux, pas vrai?
Et bien non, en fait.

Poul Anderson a beau exploiter un schéma vu et revu (mais l’était-il vraiment en 1954, date de la première publication du roman ?) avec des ingrédients plus que classiques, il s’en sort magnifiquement bien. Une fois ce livre ouvert, difficile de le poser -ce qui est problématique quand vous le lisez sur le chemin du boulot, sachez le. L’écriture de l’auteur a ceci de magique qu’elle plonge immédiatement son lecteur dans cet univers si proche de nos temps anciens. Il faut dire que Poul Anderson écrit à la manière d’un scalde, poèmes en prime. Pendant les 375 pages constituées par ce roman, j’ai eu le sentiment d’avoir en face de moi un poète des temps anciens qui me soufflait cette terrible légende un soir d’hiver au coin du feu, au fin fond d’une taverne un peu glauque. Je dois saluer la maestria de l’auteur mais aussi celle du traducteur, Jean-Daniel Brèque, pour avoir réussi à rendre cet effet dans notre propre langue.

Ce parti-pris sur la narration offre un roman aux multiples points de vue, ce qui empêche la présence de manichéisme qu’on a trop souvent tendance à retrouver dans la fantasy, encore plus lorsqu’elle commence à date. Il n’y a pas les gentils / beaux elfes d’un côté et les méchants / moches trolls de l’autre. Poul Anderson reste tout en nuances, mais en nuances de noir puisque ce texte est indéniablement sombre. On ressent l’hiver entre ses pages, la tension du drame et du destin tragique immuable, les choix horribles des protagonistes, leurs pulsions à assouvir. La manière dont l’auteur raconte pourrait porter à craindre un survol des sentiments ressentis par les personnages mais c’est loin d’être le cas, encore moins à mesure qu’on avance dans le roman. C’est surtout frappant avec Valgard et Skafloc. Le premier est un bâtard orc et elfe, élevé par des humains dont il ne se sent jamais proche. Il a un caractère affreux et des tendances berserkers. Il se rend toujours compte après coup de la violence dont il a fait preuve et parfois, le regret pointe le bout de son nez. On sent qu’il se cherche et ça le pousse sur des chemins pas très fréquentables. Quant à Skafloc, c’est un jeune homme au bon fond, guerrier doué qui a soif de vivre et dont on va suivre petit à petit la chute. Le gouffre qui sépare le Skafloc du début du roman avec celui de la fin est abyssal et montre que Poul Anderson a pris grand soin de la psychologie de ses protagonistes, sans jamais céder à la facilité.

L’intrigue est principalement guerrière et concerne beaucoup de personnages masculins puisque ce sont eux qui portent les armes (ahem). Les femmes présentes dans le roman sont décrites comme des objets de désir. Elles sont physiquement magnifiques pour la plupart mais servent surtout des enjeux sexuels (on les monnaie pour s’attirer des faveurs quand elles utilisent leurs corps pour tromper les ennemis parce que c’est ça leur pouvoir de femmes (c’est écrit dans le roman, je précise)). Elles sont présentées comme rancunières (la sorcière), jalouses et manipulatrices (Leea) ou femmes dévouées à l’amour, à leur foyer, à leurs enfants, à leur époux (comme la sidhe mariée à Mananaan). Seule Freda a un rôle un peu plus consistant mais incarne finalement un agent du malheur, un pion du destin qui va sceller le sort de Skafloc comme celui de Valgard. Pour l’image positive de la femme, on repassera. Si on compare cette fantasy avec ce qui s’écrit de nos jours, c’est un point qui dérangera les lecteurs en quête de modernisme mais je pense qu’il est nécessaire de faire la part des choses en replaçant le texte dans son contexte socio-historique. C’est d’ailleurs le seul vrai reproche que j’ai à lui adresser.

Bon, je mens. Il y a peut-être aussi cette histoire d’épée qui donne son titre au livre mais qui ne gagne vraiment en importance que dans le dernier tiers. Ici, je ne peux pas reprocher l’aspect deus ex machina puisque l’existence / intervention des dieux est clairement assumée depuis le départ, toutefois ça m’a laissé un arrière-goût de trop et de trop peu à la fois. Trop parce que le final épique se règle en limite un paragraphe, c’est fort. Trop peu parce que comme la légende est censée tourner autour de l’épée, l’auteur choisit de ne pas développer certaines parties du voyage retour de Skafloc et Mananaan alors qu’il a quand même digressé pas mal sur l’enfance de Skafloc et de Valgard ainsi que sur leurs vies respectives. En fait, si je râle, c’est parce que ce roman m’a vraiment enthousiasmé et j’ai eu envie de poursuivre l’aventure avec ces personnages. J’aurai aimé que l’auteur s’en donne la peine bien que son choix se justifie par son parti-pris narratif. Sur un plan formel, je n’ai pas le droit de lui adresser un reproche comme celui-là mais sur un plan personnel, ma frustration de lectrice s’exprime sans remords.

Pour résumer, j’ai été ravie de découvrir ce classique de la fantasy. L’épée brisée exploite tous les tropes classiques du genre sans devenir morne ou prévisible. L’écriture poétique de Poul Anderson passionne son lecteur qui tourne les pages avec avidité et arrive à la fin avec frustration. On a envie d’en lire plus et c’est finalement la marque d’une bonne histoire. Je recommande très chaudement ce texte à tous les adeptes du genre. Si vous aimez les mythologies celtiques et nordiques, la magie et les ambiances sombres, l’Épée brisée est faite pour vous !

Les sorties de l’ombre #1 – janvier 2020

Bonjour à tous !
J’inaugure cette année un nouveau rendez-vous destiné à vous présenter les sorties à venir chez les éditeurs que j’affectionne particulièrement. Tous les mois, je compte sélectionner cinq romans à paraître que j’attends avec impatience. J’opère la sélection sur base de mes goûts personnels : tous les éditeurs ne seront pas forcément présentés à chaque fois, toutes leurs nouveautés non plus car je n’ai pas pour ambition de faire un tour complet du panorama littéraire de l’imaginaire. J’ai simplement envie de partager avec vous mon enthousiasme face aux sorties à venir 🙂

On commence doucement en Janvier avec deux romans à paraître aux Éditions du Chat Noir et dont les précommandes sont ouvertes depuis le 15 de ce mois, raison pour laquelle je vous en parle déjà. Il s’agit d’un Chat Blanc : Tu es belle Apolline de Marianne Stern et d’une traduction : The Dead House de Dawn Kurtagich Très honnêtement, si le Chat Blanc n’avait pas été écrit par une autrice que j’apprécie beaucoup, je ne suis pas sûre que j’aurai eu envie de le lire. Mais ma curiosité est piquée donc nous verrons ce que cela donnera. Notez que je vais acheter ces romans début mars à la Foire du Livre de Bruxelles, donc on n’en parlera pas tout de suite.

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Mi-janvier, Bragelonne a eu la bonne idée de sortir la suite de Wyld de Nicholas Eames intitulée Rose de Sang. Elle n’a pas eu le temps de s’installer dans les rayons de ma librairie que je repartais déjà avec tant le premier tome avait été une vraie bouffée d’oxygène pour moi. J’ai hâte de dévorer celui-ci !

Les-Six-Cauchemars-moran
On continue en compagnie de Mnémos qui commence fort cette année avec les Six Cauchemars de Patrick Moran,  un roman indépendant qui met à nouveau la Crécerelle en scène. J’avais déjà lu le précédent et j’avais adoré. J’ai eu la chance de recevoir celui-ci en service presse (j’en profite pour remercier l’équipe éditoriale au taquet !) il devrait donc être lu ce mois-ci, début février au plus tard.

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Et enfin, on termine avec une nouveauté ActuSF à savoir Binti de Nnedi Okorafor. Je n’ai encore jamais lu cette autrice mais le pitch de ce roman me vend du rêve. Je suis impatiente de voir ce qu’il va donner. D’ailleurs, je l’ai reçu en service presse (merci Jérôme et Gaëlle !) et ce sera ma lecture de la semaine.

C’est déjà terminé pour le mois de Janvier ! Je vais essayer de préparer l’article de février un peu plus tôt dans le mois mais j’attendais les couvertures / annonces de tout le monde pour faire ça bien.

Allez-vous craquer pour certains de ces romans? 🙂

La Trilogie de la Lune #2 la lune n’est pas pour nous – Johan Heliot (2/3)

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La lune n’est pas pour nous
est le second tome de la Trilogie de la Lune écrit par l’auteur français Johan Heliot. Réédité chez Mnémos en intégrale prestige à la fin de l’année 2019, vous trouverez ce bel objet au prix de 30 euros partout en librairie.
Je remercie Nathalie, Estelle et les éditions Mnémos pour ce service presse.

L’histoire de ce tome commence en 1933 soit une cinquantaine d’années après les évènements racontés dans La lune seule le sait dont je vous ai déjà parlé précédemment. Suite à la chute de l’Empire, une Guerre Totale s’est déroulée, gagnée par Hitler qui en profite pour assoir la domination allemande et développer son idéologie aryenne. Il ne fait pas bon vivre sur Terre et cela exacerbe la rancœur des Terriens envers les Sélénites au sujet desquels la rumeur raconte qu’ils vivent plus que confortablement et ne souffrent pas de la faim.

Le lecteur est invité à suivre plusieurs protagonistes dont certain qu’il a déjà pu rencontrer dans le premier volume, à savoir Isidore (souvenez-vous de ce journaliste ami de Jules Verne !) et Jaume, le commissaire zélé qui approche de la retraite et ne rêve que de partir au soleil avec son épouse. Jaume connait d’ailleurs une évolution très intéressante et j’ai presque eu le sentiment de côtoyer un autre personnage tant il me plaisait dans ce volume et m’exaspérait dans le précédent.
À eux s’ajoutent Léo, un cambrioleur qui n’a décidément pas beaucoup de chance dans sa vie ainsi que des hauts dignitaires du parti nazi. Je parle évidemment de Himmler, Goebbels et bien entendu, Hitler en personne. À mon sens, il s’agit ici d’un choix plutôt osé de la part de l’auteur et j’ai ressenti un certain malaise à la lecture de ces chapitres. On a tellement ancré en nous l’horreur de la seconde guerre mondiale que suivre des figures aussi importantes, qui ont commis des actes aussi affreux dans notre réalité et en arriver à ressentir par moment une forme d’intérêt et de compassion pour eux, c’est malaisant. Johan Heliot les humanise, ce qui n’est pas un mal en soi car après tout ils étaient humains, ils avaient aussi leurs émotions et leurs tourments, mais je pense que je n’étais pas préparée à être confrontée à quelque chose comme cela. Qu’on se comprenne bien : à aucun moment l’auteur ne fait l’apologie de l’idéologie nazie, au contraire. C’est juste qu’il nous oblige à voir que ces gens, qu’on qualifie de monstres, étaient aussi humains que n’importe qui. Et à les côtoyer.

Ce roman est coupé en parties, chaque partie correspond à une année qui s’étend entre 1933 et 1937. En tant que lectrice, j’ai mis un moment à suivre correctement l’intrigue et à comprendre les liens tissés par l’auteur. Johan Heliot prend son temps, ce qui plaira à certains et peut-être moins à ceux qui, comme moi, aiment que ça bouge tout le temps. L’auteur en profite pour traiter de nombreuses thématiques et la principale d’entre elles reste bien entendu la propagande. Mais ce n’est pas celle qui m’a le plus marquée puisque l’auteur pousse le culot encore plus loin en interrogeant notre perception même du réel. Je m’explique : Jaume, à nouveau sous couverture, entre en possession d’un manuscrit écrit par l’auteur allemand Hanns Heinz Ewers (personnage historique, j’ai vérifié) qui raconte une autre version de la guerre… La nôtre, celle de notre monde à nous ! Il y décrit un univers où les Sélénites ne sont jamais entrés en contact avec les humains, où le parti nazi a lancé son plan d’extermination des juifs (il découvre du même coup l’existence de camps) et où ce sont les alliés qui ont remporté la guerre. La mise en contact avec ce manuscrit va radicalement changer les convictions de Jaume. Là où Johan Heliot est absolument génial, c’est qu’il joue avec sa propre uchronie au point que le lecteur en vient à se demander s’il n’évolue pas lui-même au quotidien dans le roman d’un auteur venu d’ailleurs. J’ai adoré ce concept et la façon dont ce manuscrit poussait les protagonistes à réfléchir au-delà de ce qu’on essaie de leur faire croire via la propagande. Cela montre également le redoutable pouvoir des livres, des fois qu’on l’oublie (et beaucoup ont tendance à l’oublier).

Johan Heliot pourrait s’arrêter là, il en aurait assez fait. Mais non ! Avec ce roman, il touche désormais à la science-fiction puisqu’il développe dans son uchronie une technologie avancée pour l’époque, plus que ce qu’elle ne devrait, et s’accapare également à une forme de mutation dans la fusion entre un humain et un sélénite. Léo est, à mon sens, une sorte de figure super-héroïque moderne avec des pouvoirs mutants qui lui permettent d’accomplir les exploits les plus fous, jusqu’à défier la mort. La ville de Germania est également dépeinte comme une ville futuriste qui m’a un peu évoqué Metropolis de Fritz Lang. Ce n’est pas spécialement surprenant puisque dans ce volume, c’est le cinéma qui dame le pion à la littérature et le lecteur va avoir le plaisir de croiser énormément d’acteurs et d’actrices de l’époque qui ont dans l’histoire un rôle purement figuratif mais ont le mérite d’être là pour renforcer l’effet réel. Léo lui-même va se faire passer pour un acteur et un festival de cinéma organisé à Germania deviendra le théâtre du dénouement de l’intrigue de ce tome.

Mais voilà, si ce roman est divertissant et déborde de références culturelles qu’on s’amuse à traquer, je l’ai trouvé par moment un peu longuet. Il faut vraiment attendre le dernier tiers (si pas quart) pour que les évènements s’accélèrent et qu’il devienne difficile de lâcher sa lecture. On ne peut pas nier la qualité de ce texte, rien que par la manière magistrale qu’a Johan Heliot de jouer avec l’Histoire, mais sur le plan du pur divertissement, certains auront peut-être un goût de trop peu.

Pour résumer, La lune n’est pas pour nous est une suite à la hauteur de La lune seule le sait. L’histoire se déroule cinquante ans après et voir fleurir une Germania victorieuse de la Guerre Totale avec, à sa tête, un Hitler plus glaçant que jamais. Johan Heliot n’a rien perdu de sa maestria quand il s’agit de jouer avec l’Histoire et la culture, parfois au détriment du rythme de l’intrigue. Je m’en vais de ce pas découvrir le troisième -et dernier- tome de cette superbe intégrale prestige dont je vous recommande la lecture !