Elvira Time (3) – Mathieu Guibé

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Elvira Time est une série prévue sur quatre tomes (avec trois qui sont déjà parus et le quatrième pour cette année, je suppose (j’espère, sinon je fais un scandale ♥) ) écrite par Mathieu Guibé, illustrée par Diane Özdamar et publiée aux éditions du Chat Noir dans la collection Féline ! Chaque tome coûte 14,90 euros et il s’agit d’urban fantasy à la sauce vampire vieille école.

Elvira Time est une série à laquelle j’ai immédiatement accroché, pour son côté old school et moderne à la fois. Old school dans la construction et dans le concept, qui n’est pas sans rappeler une de mes séries favorites, à savoir Buffy, et l’univers de Josh Whedon plus globalement. Moderne, parce que les protagonistes sont des adolescents de notre époque qui baignent dans la popculture. Du coup, les références aux séries télévisées, films à succès, comics, jeux-vidéos, etc. ne manquent pas et c’est un vrai plaisir de décortiquer le texte pour y dénicher le moindre clin d’œil laissé par l’auteur. J’avais assez rapidement dévoré les deux premiers tomes, mais j’avais peur de me lancer dans ce troisième. C’est la raison pour laquelle j’ai mis un peu de temps à le lire (ça et ma bookjar qui avait envie de m’embêter).

Pourquoi, demanderez-vous? Simplement parce que ce tome est un flash-back. Il se passe avant le tome 1, empiète même un peu dessus sur la fin. Et sur un plan personnel, en tant que lectrice, j’ai du mal avec ce type de roman qui débarque au milieu d’une saga alors qu’on n’a qu’une envie, découvrir la suite. Pourquoi ne pas l’avoir gardé en bonus d’après publication de la trilogie principale ? Parce que depuis que j’ai terminé le tome 2 -qui se finit sur une scène sublime et déchirante- j’attends de connaître la suite et ça me frustre plus qu’autre chose d’avoir un tome de ce genre balancé comme ça. C’est un ressenti personnel, bien entendu, et ça n’enlève rien à la qualité de ce tome ou de la série. Si j’ai ce type de sentiment, c’est justement parce que j’adore Elvira Time et que le suspens installé par l’auteur m’est insupportable ! D’ailleurs, j’en profite pour préciser que après la publication de cet article, j’ai discuté avec Mathieu Guibé qui m’a expliqué que ce flashback était important pour le tome 4. Je rajoute donc cette information ici. Je suis toujours frustrée, mais je comprends et je suis contente qu’il y ait une bonne raison à ça.

Pour en revenir à ce qui nous intéresse, à savoir le contenu de ce troisième opus, nous vivons donc le passé d’Elvira, à travers les yeux de Jéricho, son meilleur ami. Jéricho est un personnage pour lequel j’ai immédiatement ressenti de la sympathie et de l’affection. C’est un geek gentil mais pas benêt, pas très sportif, qui aime les jeux vidéos et un intelligent, mais sans devenir un cliché ambulant pour autant. Enfin, certains éléments de sa personnalité collent à un archétype, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une existence propre. Il a un caractère qui me parle bien et passer 175 pages dans sa tête, ça m’a plu. D’autant que ça nous permet aussi de rencontrer le père d’Elvira, Justin (au passage, le jeu de mot sur son nom est juste génial. Débile, mais génial) qui pète la classe. On vit son décès, les conséquences que ça implique, mais aussi l’avant, la façon dont il entrainait sa fille, dont il en prenait soin. Et ça a, je trouve, d’autant plus d’impact à travers le regard de Jéricho, qui est comme un membre de la famille Time.

Comme je refuse de spoiler les éventuels lecteurs, qui n’ont pas encore découvert le premier tome ou lu celui-ci, je ne vais pas préciser pourquoi j’ai pleuré (dans le train en revenant de Bruxelles, merci Mathieu) et pourquoi ce roman m’a retournée. Je pense qu’on peut dire qu’un livre est bon quand il arrive à nous accrocher émotionnellement, à nous faire ressentir la même chose que face à une série télévisée. Je sais que j’ai la larme facile, mais quand même. Le ton familier utilisé par l’auteur, qui colle parfaitement au personnage de Jéricho et à l’écriture à la première personne, a renforcé l’affection immédiate qu’on ressent pour ce personnage et donc, forcément, par tout ce qu’il traverse. Et n’a pas aidé à contrôler mes canaux lacrymaux.

Autre point positif de ce livre: les illustrations. Il n’y en a pas tant que ça, mais elles sont très belles et j’ai envie d’accrocher au mur un poster de la couverture du tome 3, tellement elle est lourde de sens. Je crois que cette scène, je ne vais jamais l’oublier.

Il y a quand même un point négatif, qui m’a un peu gênée. C’est supposé être LE tome de Jéricho, mais à deux reprises, on est transporté un peu brusquement dans la tête d’Elvira. Alors, oui, c’est marqué par un saut à la ligne, ce n’est pas d’une phrase à l’autre comme ça, mais ça m’a sortie de ma lecture. D’autant que, pour la scène de l’entrepôt, je n’ai pas bien compris l’intérêt. Celle plus loin, oui, parce que clairement… Voilà, mais quand même. J’aurais préféré n’avoir que son point de vue à lui, du début à la fin.

Pour résumer un peu tout ça, ce tome 3 d’Elvira Time tient ses promesses. Il a un intérêt narratif certain pour ceux qui sont fans de Jéricho (comme moi !) et introduit, selon les dires de l’auteur, des éléments importants pour le tome 4. Ce roman est bon, bien écrit et dynamique. Je l’ai lu en deux heures et demi à tout péter,  c’est addictif comme une bonne série américaine et ça vaut la peine d’être découvert. Je vous recommande la saga complète, surtout si vous êtes, comme moi, une fan des vieilles séries sur les vampires, de l’humour à deux balles et des personnages qui ont une vraie personnalité. Une belle réussite au Chat Noir, une fois de plus !

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Notre-Dame des Loups – Adrien Tomas

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Notre-Dame des Loups est un one-shot de type western horrifique écrit par l’auteur français Adrien Tomas et publié d’abord chez Mnémos en 2014, avant d’être réédité en poche chez Hélios, un peu plus tard. C’est cette version que je possède et qui m’a été offerte pour mon anniversaire ! Vous la trouverez au prix de 8.90 euros.

Il est 23h. Après une longue journée pénible et fatigante, je me dis que je vais aller me coucher tôt, lire quelques pages de ma lecture en cours et probablement m’endormir dessus. 1h30 du matin, je referme ce bijou, je n’ai plus envie de dormir tellement je suis surexcitée par le contenu du livre, par cette action qui n’en finit jamais, par cette ambiance sombre dans l’ouest américain, avec ses personnages typiques et pourtant, si particuliers.

Je crois qu’on peut parler de coup de cœur, et j’en suis la première surprise, parce que ce n’est pas forcément le type de lecture vers lequel je me tourne d’habitude et que je n’ai pas forcément d’affection pour les ambiances western, grand ouest, etc. Et pourtant !

Ce n’est pas mon premier roman d’Adrien Tomas. J’avais déjà lu la Geste du Sixième Royaume il y a deux ans et j’avais aussi beaucoup aimé. C’est un auteur qui sait sortir des sentiers battus en proposant des histoires extraordinaires alors qu’il part d’un pitch ordinaire. Parce que, au fond, Notre-Dame des Loups, ce n’est « que » l’histoire d’un groupe de Veneurs qui traque les lycanthropes du Nouveau Monde et plus précisément, leur reine. C’est simple, on peut même dire que c’est du déjà-vu.
Sauf que non, pas à la sauce Adrien Tomas.

La première force de ce roman, c’est son style narratif. Chaque chapitre, qui sont plus ou moins longs d’ailleurs, représente un personnage qui raconte un morceau d’histoire. On apprend un peu son passé, on avance avec lui dans la traque, et on change ensuite pour une raison x ou y. Pour le premier, ça m’a tellement scotchée que j’en suis restée la bouche ouverte. Je n’ai plus l’habitude, surtout dans un roman écrit à la première personne, et déjà rien que là, je savais que j’allais adorer l’aventure.

D’ailleurs, même si c’est écrit à la première personne, le style s’adapte à la psychologie de chaque personnage. C’est immersif et pas du tout perturbant comme on pourrait le craindre, car au début de chaque partie (ce terme convient mieux que « chapitre » je trouve) on nous indique dans quelle tête on se trouve.

L’univers du roman est simple et efficace. Les personnages n’ont, en soi, rien d’extraordinaire. Pas de grande destinée, de prédisposition particulière (sauf peut-être pour l’Allemand). Ce sont des écorchés de la vie, qui respectent des règles extrêmement strictes et qui veillent sur l’humanité, qu’ils regardent d’un œil désabusé. Pour autant, ils ne se prennent pas pour des héros. Jonas le dit très bien, ils le font parce que personne d’autre ne le fera, c’est tout, mais ils ne cherchent ni la gloire, ni la reconnaissance.

Paradoxalement, même si le roman se déroule en extérieur, dans les vastes plaines de l’ouest, je l’ai ressenti comme un huit-clos sur cette Vènerie, ce qui nous permet de plonger dans la psychologie des personnages, sans pour autant sacrifier à l’action. Un excellent mélange de western, de fantastique, d’horreur, de suspens et d’action, parfaitement équilibré, dynamique à souhait, au point que les pages s’enchaînent sans qu’on les voit passer. Et la fin, cette confession écrite par la Dame, qui retourne toutes nos certitudes… Brillant, vraiment. Au départ, je n’étais pas convaincue mais en lisant la toute dernière page, j’ai compris. Bon sang, que c’était intelligent !

Je recommande chaudement ce roman, que vous soyez fan de fantastique ou non. C’est un livre qui mérite d’être lu car il prend des risques, transgresse intelligemment les codes et s’en sert parfois, juste assez pour égarer le lecteur dans ses certitudes. Difficile de prévoir la fin: c’est sombre, sale, dur et violent et je n’arrive pas à trouver un véritable point négatif car j’ai vraiment été transportée dans cette aventure. C’est un coup de cœur !

Nozokiana – Wakoh Honna

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Nozokiana est une série en treize volumes (terminée) publiée entre 2012 et 2015 chez Kurokawa et toujours disponible actuellement. Il s’agit d’un seinen qui flirte avec le hentaï, écrit et dessiné par Wakoh Honna. Il est déconseillé aux moins de 16 ans pour sa nudité et ses thématiques.

Nozokiana nous raconte l’histoire de Tatsuhiko Kido, un étudiant qui débarque à Tokyo pour commencer une nouvelle vie dans une école d’art. Il découvre un trou, dans le mur de son appartement, qui donne directement dans celui de sa très jolie voisine, Emiru Ikuno. Loin d’être effrayée par cette nouvelle, celle-ci propose à Tatsuhiko de l’épier la moitié de la semaine et lui permet de le faire également pendant l’autre moitié, à l’exception du dimanche qui sera un « jour de repos ». L’idée révulse ce jeune garçon respectueux, il prend sa voisine pour une voyeuse folle mais, victime d’un chantage, il est obligé de laisser le trou en place et donc, de subir cette intrusion dans sa vie privée.

C’est mon libraire qui m’a conseillé ce manga, il y a plusieurs mois déjà. Entre les nouveautés et le reste, je ne m’étais pas encore lancée dans l’aventure, jusqu’à craquer pour ma première vague d’achat en 2018. Et comme j’ai bien fait, car j’ai dévoré le premier tome ! Si, au début, j’ai été un peu déstabilisée par le personnage d’Emiru, on se rend rapidement compte que l’auteure pose les bases d’une histoire plus complexe qu’il n’y paraît, avec une psychologie différente de ce qu’on trouve habituellement dans ce genre de manga. Non seulement ça intrigue, mais on tourne les pages sans s’en rendre compte !

Le chara-design est assez standard dans ce type d’œuvre mais je trouve que l’auteure a un coup de crayon bien particulier, surtout pour le personnage d’Emiru. Elle est vraiment douée pour mettre en scène le corps féminin sans pour autant tomber dans une dérangeante vulgarité et sans proposer des personnages qui servent juste de « sac à foutre ». D’ailleurs, mention spéciale au fait que, quand Tatsuhiko est sur le point de coucher avec une de ses camarades de classe, cette dernière pense au préservatif. Je trouve que ce n’est pas si courant, alors que c’est extrêmement important !

Mais ce n’est pas cette prudence et cette volonté d’éducation sexuelle qui me fait aimer Nozokiana. J’ai l’impression que le manga va traiter avec une certaine justesse de ce que notre société qualifie de déviance sexuelle, à travers la relation qui existe entre Emiru et Tatsuhiko. Jusqu’à nous montrer que, finalement, tant que les deux parties sont consentantes, qui sommes nous pour juger des fantasmes des autres? En tout cas, ce premier tome prometteur m’a donné envie d’acheter la suite. Avantage non négligeable, la série est terminée, donc on sait dans quoi on s’engage.

En bref, je conseille Nozokiana à ceux qui aiment les tranches de vie étudiantes et érotiques qui traitent de thématique qu’on ne croise pas forcément souvent dans les mangas. Ce premier tome est prometteur et je me réjouis de compléter la série pour vous en faire un compte rendu détaillé.

Les chroniques de l’Après-Monde – Geoffrey Claustriaux

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Les Chroniques de l’Après-Monde est un one-shot post-apocalyptique écrit par l’auteur belge Geoffrey Claustriaux et publié chez Terres de Brume en 2014. Il est disponible à la vente au prix de 18 euros.

Je connais l’auteur depuis un long moment maintenant, à force de nous croiser en salon. Humainement, c’est quelqu’un de très aimable, dynamique et drôle, c’est toujours un plaisir de discuter avec lui. Pourtant, je ne m’étais encore jamais vraiment arrêtée sur ses romans, parce que les thématiques ne m’inspiraient pas. Jusqu’à ce que ma complice L-A Braun m’offre les Chroniques de l’Après-Monde, en m’assurant que j’allais forcément adorer. De moi-même, je ne me serais pas tournée vers ce livre, parce que je n’aime pas du tout les romans post-apocalyptiques. Comme quoi, il faut parfois aller voir un peu plus loin, au-delà de la première impression ou d’un genre qu’on n’apprécie pas. Il y a des perles dissimulées où on s’y attend le moins !

Dans les Chroniques de l’Après-Monde, nous suivons Casca tout au long de sa vie. Le récit est présenté sous forme d’une confession, écrite par la jeune fille une fois plus âgée (et même vieille dame), ce qui nous offre une narration à la première personne et en flashback, depuis le début de sa vie dans un abri / colonie jusqu’à l’épidémie qui l’a ravagé et la nécessité, ensuite, d’en sortir pour survivre. En sa compagnie, à travers ses yeux, nous découvrons ce monde ravagé… Ou pas tant que ça, en fait. Casca a vécu à l’écart de toute civilisation, les systèmes de communication étant coupés, et si elle se croit d’abord seule humaine rescapée, elle se rend compte que c’est loin d’être le cas. Que des gens sont déjà sortis de leurs abris respectifs, qu’ils ont fondé des villes depuis parfois deux ou trois siècles, que les retombées atomiques ne sont plus que de l’histoire ancienne, l’air étant de nouveau respirable. Elle entreprend alors de voyager, de rencontrer ces peuplades, de découvrir son monde, et elle n’en sortira pas indemne.

Si, au début, nous suivons une jeune fille naïve, elle est rapidement obligée de grandir et est influencée par le monde où elle évolue. Ce roman me fait penser à un road-movie couplé à une ambiance plutôt Doomsday, dans une version plus subtile quoi que tout aussi dure. L’auteur, à travers sa plume travaillée et efficace, nous raconte un périple passionnant sans jamais tomber dans les excès de grandiloquence, les leçons de morale pénibles ou les situations improbables. Certes, il y a des moments où on se demande comment Casca peut s’en sortir, mais les solutions apportées ne sont jamais illogiques et l’héroïne admet elle-même qu’elle a eu beaucoup de chance.

Plus qu’un roman, les Chroniques de l’Après-Monde est une critique de notre société et de nos mœurs. Si tout s’est effondré, c’est à cause d’Internet, des abus de pouvoir, de l’hyper protectionnisme des états, des egos surdimensionnés de quelques puissants. Et si elle rencontre effectivement des peuples dégénérés (selon nos critères sociaux), des barbares, des cannibales, des bandits ou des arnaqueurs, elle croise aussi des personnes au grand cœur qui n’hésitent pas à l’aider. Rien n’est manichéen, dans ce périple. Et cela nous force à réfléchir sur notre actualité, sur nos actes, sur notre vision parfois trop pessimiste de l’être humain. Les messages forts sont présents tout au long du récit, à travers les anecdotes de l’héroïsme, sans toutefois nous écraser. Casca n’a rien d’une moralisatrice. Elle est terriblement humaine, dans chacun de ses actes, depuis sa naïveté à son cynisme, puis à sa reprise d’espoir.

Pour moi, ce roman est clairement une réussite sur tous les points. Il est addictif (je l’ai lu en deux jours seulement !), bien écrit, engagé sans être lourd, et nous permet de suivre une héroïne à laquelle il est facile de s’identifier. Comme je lis très peu de post-apocalyptique (jamais en fait) je ne sais pas s’il contient des clichés ou des maladresses liés au genre littéraire concerné. Ce dont je suis sûre, en revanche, c’est que nous devrions tous prendre la peine de lire les Chroniques de l’Après-Monde et de réfléchir aux thématiques qu’aborde le roman, qui me paraissent plus importantes que jamais dans notre monde actuel.

J’ai été ravie de découvrir Goeffrey Claustriaux, qui n’a pas volé son succès en salon! Je suis impatiente de lire d’autres romans de sa plume, en espérant qu’ils soient aussi bon. Je vous recommande très chaudement les Chroniques de l’Après-Monde, une lecture dont vous ne sortirez pas indemne.

Mais je fais quoi du corps? – Olivier Gay

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Mais je fais quoi du corps? est le troisième tome de la série Fitz, écrite par Olivier Gay, mais qui a la particularité de proposer des tomes à lecture indépendante. Et c’est une chance parce qu’une petite voleuse m’a dérobée le tome 1 juste sous mon nez (coucou Sonia si tu passes par là :3) Cette série est publiée aux éditions du Masque en format poche au petit prix de 6.90 euros. Il s’agit de littérature contemporaine, un peu policière / action qui se déroule à Paris.

J’ai commencé à lire Olivier Gay avec son diptyque les Épées de Glace (un coup de cœur) et j’ai eu la chance de recevoir le premier tome de la Magie de Paris en service presse, un roman avec lequel j’ai passé un très bon moment. Je connaissais donc déjà l’auteur dans deux genres différents et j’avais très envie de le découvrir dans du contemporain même si, jusqu’à Ménétrol, j’ignorais qu’il en écrivait.

Cette lecture ne fait que renforcer mon impression sur Olivier Gay, à savoir que c’est un très bon auteur avec beaucoup de talent pour les intrigues et les personnages bras cassés qui sont pourtant attachants. J’ai adoré Fitz, parce qu’il n’a justement rien du héros classique ni même de l’anti-héros classique. C’est un petit dealer de coke parisien qui fait sa vie tranquillement et qui se retrouve embarqué dans des histoires qui le dépassent. Il n’est pas forcément très futé, prend de (très) mauvaises décisions (mais pas que, heureusement il a une bonne étoile !) et finalement, tout ça le rend très humain. Que ce soit sa relation avec Deb ou son ex Jessica, son amitié avec Moussah, la façon dont il s’inquiète des autres tout en réussissant à garder quelques touches de superficialité au milieu de tout ce chaos (c’est important les belles chemises quand on risque de mourir, il faut penser au légiste après hein !) c’est, je trouve, un personnage principal très réussi. Il est à la fois simple et complexe, simple parce qu’il pourrait être n’importe qui, complexe parce qu’il n’est pas juste un cliché ou un personnage fonction. Bref, il y a beaucoup à dire sur Fitz mais je vais résumer en: je l’adore !

C’est bien la force d’Olivier Gay: parvenir à nous proposer des personnages qui sont extraordinaires alors qu’on pourrait très bien les croiser au coin de la rue. Fitz n’est qu’un exemple, j’ai aimé son côté branleur qui n’a pas envie de grandir, ses prises de conscience sur sa vie, sur ses relations, et cette certitude, pourtant, qu’il ne changera pas vraiment. J’ai apprécié aussi découvrir une série où il n’est pas nécessaire de lire tous les tomes pour comprendre l’histoire. L’auteur fait, évidemment, des références aux opus précédents mais c’est léger et sans réelle incidence sur l’intrigue en cours, ce qui permet de commencer par le titre qu’on préfère et de lire totalement dans le désordre.

Dans ce roman, nous retrouvons Fitz qui est forcé de quitter un dîner de famille pour livrer un client très spécial. Pas de bol, le client en question lui a posé un lapin et il est retrouvé mort chez lui le lendemain. La thèse du suicide est dans tous les quotidiens de Paris, mais alors, pourquoi quelqu’un s’acharne-t-il sur Fitz? Est-ce lié? A quel point est-il dans la merde? Voici, en quelques mots, le pitch du roman. Je sais, ça a l’air vraiment banal comme ça, mais je me suis faite balader comme une bleue tout du long !

En bref, j’ai passé un très bon moment avec ce roman qui m’a permis de découvrir un auteur que j’apprécie beaucoup, sous un nouveau jour. J’ai hâte de le recroiser en salon pour me procurer ses autres ouvrages et je vous encourage vivement à le lire si vous ne l’avez pas encore fait. L’avantage, c’est qu’il écrit dans plusieurs genres (fantasy adulte et sombre, urban fantasy pour adolescents, roman contemporain) et qu’il y aura forcément, dans sa longue bibliographie, de quoi vous satisfaire.

Olivier Gay fait partie de ces auteurs qui laissera, je pense, une marque indélébile dans la littérature imaginaire contemporaine.

Aeternia, la marche du prophète (1) – Gabriel Katz

Aeternia est un diptyque dont le premier tome s’intitule la marche du prophète. Il est écrit par l’auteur français Gabriel Katz et a d’abord été publié chez Scrineo, avant d’être réédité en format poche chez Pocket. Je vous mets les deux couvertures, même si celle de Scrineo est carrément cent fois plus belle et adaptée au contenu ! Il s’agit de fantasy médiévale et je vous le dis tout de suite, c’est probablement un coup de cœur. Non, en fait, oubliez le « probablement ».

Je traine ce roman depuis Troll et Légendes, où j’ai rencontré l’auteur le dimanche, dans un moment de grand creux, ce qui nous a permis de discuter. J’en profite pour glisser qu’il est vraiment très sympa et a beaucoup d’humour en plus de beaucoup de talent, ce qui ne gâche rien. Bref, après une superbe dédicace (avec un dessin de dragon :3 ) je m’en suis allée et j’ai posé ce livre dans ma PAL, où il est resté jusqu’ici. Pourquoi je ne l’en ai pas sorti avant? Je me fais souvent cette réflexion, ces derniers temps… Ma bookjar est une vraie bénédiction !

J’ai entendu parler d’Aeternia pour la première fois sur la chaîne de Lili Bouquine et le pitch me tentait: un champion d’arène qui se retrouve embarqué malgré lui dans des querelles religieuses, ça promettait. Parce que c’est tout ce que j’aime: un héros qui soit un vrai guerrier et des querelles malsaines entre cultes aussi pourris les uns que les autres. Certes, les éléments de l’intrigue empruntent aux thèmes communs de la fantasy mais c’est le traitement des personnages qui fait toute la richesse de ce roman. Leth Marek est immédiatement attachant et on développe vite une très forte empathie pour lui. Les personnages secondaires sont tout aussi riches, mention spéciale à Varian (que je ne pensais pas aimer) et à Desmeon, l’irrésistible. Ah et au petit chien. C’est peut-être mon côté fille, mais j’adore ce chien et je jure de maudire l’auteur s’il lui arrive quelque chose de mal.

L’intrigue va de rebondissement en rebondissement et l’auteur n’a pas peur de malmener ses personnages, sans pour autant en faire de trop. Il entretient le suspens, nous garde en haleine, nous fait croire qu’il ne va pas oser faire ça… Alors que si ! Et cette fin, CETTE FIN. Je ne m’en remets pas. Sérieusement, je me doutais bien que tout n’était pas blanc ou noir, on ressent l’absence totale de manichéisme dans Aeternia, mais je n’avais pas vu ça venir du tout. Je suis peut-être juste un peu trop naïve… Mais je préfère croire que Gabriel Katz est extrêmement doué.

Ne nous mentons d’ailleurs pas. Doué, il l’est. Son style d’écriture a un petit quelque chose en plus qui nous ensorcèle et nous fait tourner les pages à une vitesse folle. Les chapitres sont courts, dynamiques, l’accent est mis sur l’action et les descriptions sont bien dosées, juste assez pour qu’on sache ce qu’on a besoin de savoir, et pas trop pour ne pas alourdir le texte. C’est vraiment un excellent livre et je vais m’empresser, mardi, de commander la suite chez mon libraire.

En bref, ce premier tome d’Aeternia est un coup de cœur avec lequel j’ai passé un très bon moment. Les personnages sont remarquables et attachants, l’intrigue est bien menée, l’action correctement rythmée, avec un style littéraire addictif. Pour moi, c’est un roman à découvrir absolument ! De la bonne fantasy à la française qui vaut le détour. Une belle façon de terminer 2017.

La Confrérie de la Dague Noire (14) – J. R. Ward

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La Confrérie de la Dague Noire est une série d’actuellement quatorze tomes (toujours en cours) écrite par l’auteure américaine J.R. Ward. Elle dispose également d’un spin-off, l’Héritage de la Dague Noire, qui se déroule en parallèle avec la série principale (mais lire les deux n’est pas obligatoire pour comprendre le contenu). Publiée chez Milady dans la collection bit-lit, chaque tome coûte environs 10 euros.

La Confrérie est la seule série classée « bit-lit » que je continue à lire, avec Anita Blake. Contrairement à cette dernière, je ne me souviens pas d’un tome qui m’ait vraiment déçue. Au début, les schémas narratifs sont assez répétitifs: chaque Frère trouve la femme de sa vie, enchainant des péripéties diverses et variées jusqu’à ce que, finalement, tout s’arrange en mode « happy end ». Mais plus on avance dans la saga, plus l’intrigue se complexifie. La politique vampire prend une grande place, on se focalise sur d’anciens personnages, on découvre des liens insoupçonnés entre eux et un monde beaucoup plus riche que ne le laisse penser les premiers tomes.

C’est une saga qui sait se renouveler et surtout, qui aborde des thèmes important. Dans celui-ci, notamment: la maladie, la mort, le deuil d’un parent (et ses processus), le désir d’enfant, l’adoption, qui sont traités avec justesse. On retrouve Rhage et Mary (les héros du tome 2) et on explore aussi d’autres relations comme celle de V. et Jane. Celle de Layla et Xcor continue, on a d’ailleurs plusieurs révélations incroyables qui sont faites à son sujet ! On retrouve également ce cher Asshaut, un personnage que j’apprécie tout particulièrement et je l’ai adoré dans ce tome. Je m’arrête ici comme je ne veux pas spoiler, mais cet opus m’a vraiment tenue en haleine. Je l’ai lu très vite alors qu’il est plutôt épais (environs 670 pages) ce qui témoigne du talent de l’auteure à raconter des histoires passionnantes.

Son style littéraire n’est pas particulièrement remarquable, il est même assez familier et s’accorde à la psychologie des différents personnages. Il reste quelques coquilles dans la traduction mais ça ne gâche absolument pas le voyage. Je trouve que J.R. Ward a du talent pour raconter des histoires et créer des personnages attachants, plus complexes qu’au premier abord. Elle dispose d’une vraie imagination fertile et je suis contente qu’elle continue de développer son univers, toujours plus loin.

Pour résumer, ce tome 14 est à la hauteur de la saga, continue de maintenir mon intérêt et me donne surtout envie de lire le tome 15 (qui sera, je l’espère, le tome que j’attends depuis longtemps sur Layla et Xcor?). Je sais que la série est longue, mais si vous aimez l’urban fantasy qui sort de l’ordinaire, qui propose un véritable univers travaillé, intelligent, qui aborde des thèmes importants (et qui nous concernent aussi en tant qu’humain) qui continue à suivre les couples créés auparavant dans une ambiance toujours plus mâture, je vous la recommande chaudement. Le traitement du vampire est original et unique, les personnages sont géniaux… Sincèrement, pour que je continue malgré la longueur de la saga, c’est qu’elle vaut vraiment le coup.

Lisez la Confrérie, vous ne le regretterez pas.