#PLIB2020 : les 20 sélectionnés – débriefing

Coucou tout le monde !

Samedi soir, nous avons eu le plaisir de découvrir quels romans étaient sélectionnés pour le PLIB. Pour rappel, je vous avais écrit un billet concernant ma propre sélection et j’ai eu envie de débriefer un peu avec vous sur les résultats finaux (même si je l’ai déjà fait en salon ce week end, faut que j’en parle pluuuuuuuus voilà parce que je vis le truc à fond). Alors attention, avant d’aller plus loin, je rappelle que mon avis ne concerne que moi et est purement subjectif ! Je partage avec vous mon ressenti, je ne me permettrais pas d’émettre un quelconque jugement de valeur ou de déprécier le choix de la majorité. Qu’on se le dise et que ce soit bien noté. Parce que le PLIB, c’est aussi et surtout découvrir de nouveaux auteurs dans de nouvelles structures 🙂

Sans plus attendre, voici les résultats:

Soit 7 romans de ma sélection initiale : Mers Mortes, les Héritiers d’Higashi, Magic Charly, Thorngrove, l’Apprentie Faucheuse, Je suis fille de rage et les Lames Vives. Je vous ai déjà donné une explication concernant mon vote donc je ne vais pas me répéter. Je suis évidemment ravie que ces titres soient dans les 20 sélectionnés et j’espère qu’ils iront plus loin bien qu’il n’y ait que 5 places pour la finale… Vous sentez déjà venir les dilemmes colossaux pour la suite ? ._.

Concernant mes déceptions générales :
– Il n’y a qu’un seul roman des Éditions du Chat Noir qui est parvenu à passer alors qu’il y en avait d’excellents dans la sélection. Je pense notamment au dernier Vincent Tassy et au roman de Marie-Lucie Bougon qui valent le détour. Ceci dit, je suis très contente concernant les Héritiers d’Higashi qui est un texte de qualité (japooooooon !!).
– Si je suis ravie que Thorngrove passe chez Lynks, j’aurai préféré voir le Garçon et la Ville qui ne souriait plus à la place des Nocturnes car si ce sont tous les deux de bons romans, je trouve que le Garçon et la Ville est porteur de messages plus forts et a un contexte plus intéressant, qui colle mieux à mes propres goûts. Toutefois je suis ravie que la maison d’édition soit si bien représentée !
– Aucun roman de Victor Fleury alors que ce sont des perles ! Injustice.

Concernant mes déceptions spécifiques :
– J’ai été surprise de voir les Noces de la Renarde dans les 20 sélectionnés puisque, de mémoire, beaucoup de jurés n’avaient pas apprécié Rouille plus que ça. C’était mon cas et j’ai très peur de lire ce roman même si a priori, il a tout pour me plaire ! Parce que c’était le cas de Rouille aussi… À voir donc. Je compte bien tenir ma parole et lire ce roman de Floriane Soulas qui, au demeurant, est une personne très sympa quand on la croise en salon. Je n’ai juste pas d’affinité avec son univers littéraire (et croyez moi, ça me frustre.)
Cendres ne me tente vraiment pas du tout si je me fie à son résumé qui parait déjà brouillon. J’ai très peur de le commencer mais là aussi, à voir !
– Je redoute de lire les Brumes de Cendrelune car mes précédentes expériences avec les romans de l’autrice n’ont pas été concluantes. Georgia Caldera écrit très bien, elle a de bonnes idées mais la romance passe toujours au premier plan et ce en dépit de l’univers, ce qui est frustrant. Lors de ma découverte de Victorian Fantasy, ça m’avait vraiment déçue vu la richesse que laissait entrevoir le monde esquissé. À voir donc. Peut-être que ce texte va me réconcilier avec l’autrice ?
– Je n’ai pas plus envie que ça de lire le Serment de l’Orage de Gabriel Katz. Pourtant, je n’ai eu que de bonnes expériences avec cet auteur mais les chroniques sur ce roman m’ont tellement refroidie… Je n’ai pas envie d’être déçue par lui ! Argh.

Et parce que je ne vais pas faire que râler :
– Comme je l’ai dit, je suis super heureuse de voir passer 7 romans de ma sélection ! Dedans, il y a même plusieurs coups de cœur que je vais défendre du mieux que je peux.
– Plusieurs titres m’intriguent sur base des résumés alors que je ne les aurai probablement jamais découvert sans le PLIB. Une bonne occasion à saisir et je l’espère, de bonnes surprises en perspective.
– La majorité des titres sélectionnés font l’objet d’un service presse de la part des maisons d’édition, ce que je trouve vraiment génial de leur part. Ça va me permettre de tenir mon engagement de lire les vingt romans et le tout, sans me ruiner avec des textes qui risquent de ne pas trop me plaire. Merci MILLE FOIS de jouer le jeu ♥

Je termine ce billet par une réflexion un peu plus personnelle en réaction à certaines discussions ou articles que j’ai pu lire.
Quand on s’engage en tant que juré(e) dans le PLIB, on s’attend forcément à ne pas voir que des titres qu’on connait déjà ou uniquement des maisons d’édition qu’on soutient. Sur le moment, j’ai ressenti de la déception mais avec du recul… Je suis plutôt heureuse. Heureuse que cette aventure existe et chanceuse d’y participer comme jurée. Il y a plusieurs maisons d’édition qui ont des romans sélectionnés dont je n’ai jamais lu un seul titre, comme SNAG par exemple ! C’est l’occasion de laisser mes préjugés et mes a-priori derrière moi. Évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire mais je suis sure que ça va m’enrichir sur un plan personnel et intellectuel. C’est ce que j’aime particulièrement dans cette aventure, d’ailleurs 🙂

J’en profite également pour remercier toute la super équipe du PLIB qui gère à 2000% et qui m’impressionne un peu plus chaque jour ♥

Et vous, que pensez-vous de cette sélection? 🙂

Les attracteurs de Rose Street – Lucius Shepard

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Les attracteurs de Rose Street
est une novella fantastique écrite par l’auteur américain Lucius Shepard. Publiée dans la collection Une Heure Lumière aux éditions du Bélial, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 9.90 euros.

Londres, 19e siècle. Samuel Prothero est un jeune aliéniste qui fait ses premiers pas dans la Société des Inventeurs. Il rencontre par ce biais Jeffrey Richmond, inventeur lui aussi qui souffre d’une très mauvaise réputation et subit la loi du silence chaque fois qu’il se rend au club. Un soir, Jeffrey aborde Samuel en rue pour lui proposer un travail d’un jour ou deux dans sa maison de Rose Street. Pour ce service, Jeffrey est prêt à payer le double du tarif habituel de l’aliéniste qui le suit, poussé par la curiosité. C’est alors que Samuel découvre l’existence des fantômes et plus particulièrement celui de Christine, la sœur de Jeffrey…

Les attracteurs de Rose Street est un texte narré à la première personne dans un style très 19e en Angleterre: une forme de journal, de compte-rendu faussement romancé d’un témoin privilégié d’évènements surprenants. Ce n’est pas sans rappeler les habitudes d’auteurs comme Conan Doyle et je trouve que le sujet, ainsi que l’époque, s’y prêtent très bien. Le narrateur est donc Samuel Prothero, auquel on s’attache rapidement grâce à son traitement terriblement humain. On le suit donc avec plaisir dans ses découvertes des mystères de Rose Street.

Il apparaît que Christine, la sœur de Jeffrey, a été assassinée et que celui-ci cherche à débusquer le coupable. Jeffrey exerce la profession d’inventeur : il a mis au point des machines supposées attirer les particules néfastes qui planent sur Londres afin de purifier l’air. D’une manière assez étrange, ses machines attirent plutôt des fantômes, des esprits, des reliquats d’âmes, on ne sait pas très bien. Comme il s’est installé dans l’ancienne maison de sa sœur, celle-ci revient à de nombreuses reprises, condamnée à rejouer des scènes du passé allant de son meurtre à d’autres activités bien plus suggestives. Parce que Christine tenait visiblement une maison de passe et ça ne plait pas trop à Jeffrey…

J’avais déjà fait connaissance avec l’auteur en lisant sa novella Abimagique et j’ai trouvé certaines similitudes entre les deux textes, surtout dans l’ambiance et l’atmosphère qui s’en dégage. À nouveau, Lucius Shepard ne cherche pas à donner une explication aux phénomènes surnaturels qu’il met en scène car Samuel, chargé de les étudier, a l’esprit ailleurs à cause de la belle Jane. Jane est une ancienne employée de Christine qui se montre étrangement fidèle à Jeffrey. Elle prend de plus en plus de place dans les pensées et le cœur de notre héros si bien qu’il se détourne de sa mission et met trop longtemps à comprendre des éléments évidents pour le lecteur. Si je n’ai pas été surprise par la plupart des rebondissements de l’intrigue, je n’en ai pas moins apprécié ma lecture.

Et c’est en grande partie grâce aux personnages évoqués plus haut mais également à l’atmosphère sombre, étouffante, qui se dégage de cette novella. Lucius Shepard use de descriptions précises, courtes et efficaces qui immergent le lecteur sans lui laisser la possibilité de refermer ce texte avant de l’avoir terminé. La première qui m’a marquée est sans conteste celle du quartier où se trouve la maison de Richmond. On approche du génie. Lucius Shepard nous transmet les expériences et les sentiments de Samuel avec brio. Il use de ce même talent pour nous peindre une galerie de protagonistes qui, s’ils entrent dans des archétypes, n’en restent pas moins intéressants dans l’expression de leurs passions qui frise parfois la folie. À cet égard, Jeffrey Richmond est pour moi une délicieuse réussite.

Comme je l’ai dit, l’intrigue ne m’a pas véritablement surprise dans son déroulement. Par contre, j’ai apprécié les choix finaux de l’auteur tant pour Samuel que pour Jeffrey.

Pour résumer, les attracteurs de Rose Street est une novella fantastique très agréable à lire. Elle prend pour cadre le Londres du 19e siècle, étouffant et sombre, pour proposer une histoire de fantômes à l’atmosphère maîtrisée et aux personnages fascinants. Si l’intrigue reste, à mon goût, assez classique, Lucius Shepard offre tout de même une fin très satisfaisante. Je vous recommande volontiers ce texte qui s’ajoute au palmarès des réussites dans la collection Une Heure Lumière !

#VendrediLecture (66)

C’est déjà vendredi ! Demain commence le salon Mons Livre, dernier rendez-vous de l’année pour moi donc n’hésitez pas à venir en profiter d’autant que l’évènement est gratuit. Je doute de lire beaucoup ce week-end ou d’avoir le temps d’alimenter le blog donc ne soyez pas surpris si cet article est le dernier de la semaine.

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

Les attracteurs de Rose Street – Lucius Shepard
Lecture perso’ – le Bélial

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« Londres, fin du 19e siècle. La ville est polluée par l’industrialisation. Samuel Prothero, aliéniste reconnu et membre du club des inventeurs, est sollicité par l’ingénieur Jeffery Richmond. Celui-ci est le concepteur des attracteurs, des machines destinées à purifier l’air londonien. Mais son invention attire aussi les fantômes, en particulier celui de sa sœur décédée dans des conditions étranges… »

Je l’ai à peine entamé mais j’apprécie beaucoup le style et le concept. À voir sur le reste de ma lecture 🙂

Retrouvez plus d’avis sur Babélio !

Et vous, que lisez-vous?

Le Carrousel Éternel #3 Marionette – Anya Allyn

Marionette (en anglais pour ceux qui se posent la question donc non, ce n’est pas une faute de ma part 😛 ) est le troisième (et pénultième (j’ai pas pu m’en empêcher)) tome de la saga Carrousel Éternel écrite par Anya Allyn. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce roman au sein de la collection Cheshire au prix de 19.90 euros.

Ça commence à devenir compliqué de résumer le contenu d’un troisième roman sans spoiler. Comme d’habitude, les éléments de divulgâchage (marque déposée ->) sont à surligner en blanc si vous désirez les lire.

Trahie par Zack et sa famille (quelle surprise…) Cassie et Molly sont prisonnières du Château. Elles ne peuvent en sortir que pour se rendre dans le monde des glaces à travers les Ombres, afin de retrouver le second volume du Speculum Nemus. Cassie apprend que cet univers glacé est en fait celui dont elle est originaire et elle y retrouve l’Ethan avec qui elle était prisonnière dans la Maison de Poupée. Ses sentiments refont surface mais ce serait bien beau si elle avait le temps de s’en soucier. Captive de ce château et de ses mœurs étranges, le sort s’acharne sur cette pauvre fille…

J’ai trouvé ce tome globalement assez inégal et si je vous en parle malgré tout, c’est principalement à cause de sa fin qui promet un ultime volume en apothéose. Pour moi, Marionette est très clairement une transition qui souffre de certaines longueurs et a un aspect un peu trop brouillon.

Le gros reproche que j’ai à adresser à ce titre, c’est qu’on a du mal à s’y retrouver avec ces histoires d’univers parallèles. Il faut attendre un moment avant que le volume fasse le point et j’ai toujours un peu de mal à accepter la théorie qui justifie l’aspect possible de tout cela. Enfin, pas tant l’existence d’un Multivers que ses conséquences. Par exemple, en quoi rencontrer son double dans une dimension implique forcément qu’on fusionne avec lui? Pourquoi tous les univers seraient identiques jusqu’à ce que quelque chose les modifie? Je vous remets ici la phrase quasi telle quelle que dans le livre… J’ai eu envie de dire… Bah oui, merci captain obvious. Du coup, l’autrice nous donne des clés qui finalement ne rentrent pas dans les serrures. J’aurai préféré pas d’explications du tout. Très honnêtement, j’ai décidé de passer outre pour continuer ma lecture mais je crois que je commence à lire trop de science-fiction pour me contenter de rester dans le vague à ce niveau. J’ai donc eu des difficultés à rentrer dans cette suite pendant tout le premier tiers du livre. Si je n’avais pas déjà lu deux tomes de cette saga, je l’aurai probablement reposé au bout de cent pages.

Après, heureusement, le talent de l’autrice pour transmettre des émotions reprend le dessus. Elle met en place une atmosphère sombre, de plus en plus désespérée et étrange, qu’on ressent très bien à la lecture. J’apprécie le fait que, si Cassie a conscience de ses sentiments envers Zach et Ethan, ça ne soit pas sa priorité. Ce qui ne nous épargne pas quelques scènes larmoyantes avec des garçons qui montrent un peu trop de ferveur pour être crédibles à mon goût mais on va mettre ça sur mon côté cynique. Cassie, donc, ne perd pas de vue l’essentiel. Son amitié avec Molly et le fait de survivre passent avant tout, ce qui est agréable. J’ai beaucoup aimé la maturité dans ses choix même s’ils ont un goût vain et désespéré. On ne peut pas rester de marbre devant de telles horreurs. La pression psychologique exercée sur elle par les Batiste est juste infâme et ça la contraint à des choix terribles. À nouveau, Anya Allyn gère très bien le côté psychologique. Le pire arrive sur le dernier quart du roman et c’est cette partie qui m’a décidé à quand même vous parler de Marionette mais surtout, de lire le dernier tome.

Un autre point m’a un peu gênée, c’est qu’il manque clairement une relecture à ce texte. En règle générale, soit je ne vois pas les fautes parce que je suis à fond dans l’histoire, soit il n’y en a qu’une ou deux et je n’ai aucun intérêt à le signaler. Sauf qu’ici, il y a plusieurs endroits où il manque un -s, où la terminaison du verbe n’est pas correcte, et je parle seulement de ce qui m’a sauté aux yeux. Et ce sont uniquement des fautes d’inattention qui auraient disparu avec une relecture attentive. Je sais que le rythme de parution pour cette saga a été assez rapide, que l’éditeur est une plus petite structure et qu’ils font leur maximum avec les moyens qu’ils ont mais c’est un peu dommage d’offrir un si bel emballage au roman (la couverture superbe, les en-têtes de chapitres travaillées) sans soigner suffisamment le texte en lui-même.

Marionette fut donc une lecture en demi-teinte qui s’est grandement bonifiée sur la fin car l’aspect gothique et horrifique prend des proportions aussi importantes que plaisantes. En refermant ce tome, j’ai ressenti l’envie de lire la suite, ce qui est plutôt un bon point.

Pour résumer, Marionette s’inscrit comme un tome de transition avant le grand final de la saga du Carrousel Éternel. Il faut attendre le dernier quart du roman pour que l’autrice déploie tout le talent qu’on lui connait à dépeindre des situations oppressantes, tragiques et horrifiques. Malgré les faiblesses de ce tome, ça vaut la peine de tenir le coup donc je continue de vous recommander cette saga. J’espère que le quatrième volume sera mieux équilibré.

Les découvertes de l’ombre #9

Salutations la blogo !

Le rythme s’accélère pour ces épisodes des découvertes de l’ombre. Quand je pense que je comptais en écrire un par mois, à l’origine… Je ne peux que vous féliciter (et vous maudire) pour m’aider à découvrir autant de titres intéressants. Dans cette fournée, on retrouvera une ambiance assez sombre. Je suppose que ça se marie bien avec la période. Bref, sans plus attendre…

En quelques mots, je vous rappelle le concept: Au quotidien, je suis beaucoup de chroniqueurs (vive l’application WordPress !) qui me font découvrir des livres intéressants. Ces livres, je me les note toujours sur le bloc-note de mon téléphone (merci à toi qui remplace le post-it que je perdais tout le temps). Puis je me suis dit… Bon sang que tu es égoïste ! Fais donc partager tes découvertes au monde entier, mets en danger les comptes en banque et les PàL qui menacent déjà de s’écrouler !

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Arslan
– M.J. Engh (De Noël)
Blog : L’épaule d’Orion
Même si Orion affirme que ce roman ne peut pas fonctionner sur l’aspect possible des évènements, sa chronique m’a tout de même donné très envie de le découvrir. La cause principale réside dans le traitement psychologique poussé des personnages et l’aspect huit-clos violent. Je ne sais pas trop ce que ça révèle sur moi notez…

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Cadavre Exquis
– Agustina Bazterrica
Blog: Un bouquin sinon rien
C’est grâce à Instagram que j’ai découvert ce titre dont le résumé m’a proprement glacé le sang. Je trouve le postulat de départ aussi immonde que grandiose. Une fois tous les animaux disparus de la terre, des scientifiques créent une nouvelle race basée sur le génome humain qui servira de bétail pour la consommation. Un monde de thèmes super intéressant s’ouvre brutalement face à ce concept et franchement, j’adore même si ça me fait froid dans le dos.

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Les veilleurs #1 enfant du chaos
– Eva Simonin
Blog: La bulle d’Eleyna
Un roman classé dans une collection young adult mais qui n’en est pas. Voilà un genre de curiosité qui me plait parce qu’à l’instar d’Eleyna, j’en ai un peu marre qu’on classe un livre en «YA» dès que le protagoniste n’est pas majeur. À mon sens, il y a d’autres critères à respecter et ici, visiblement, l’autrice propose un roman plutôt profond, mature et abouti avec un univers intéressant et une intrigue qui se développe sur plusieurs niveaux. Ça me donne bien envie de tenter ma chance !

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Zombillénium
– Arthur de Pins
Blog : my dear ema
J’ai déjà entendu parler de cette BD même si je ne savais rien de son adaptation animée. Franchement, le terme zombie a tendance, en règle générale, à me faire prendre mes jambes à mon cou. Pas là ! Parce qu’on parle d’un parc d’attraction, parce que le concept est plutôt cool, parce que le dessin est franchement canon (#superficiellejusquaubout). Pour toutes ces raisons, j’ai bien envie de laisser sa chance à cette série.

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La voie des ombres #1 L’ange de la nuit
– Brent Weeks
Blog: Albédo
Rangez vos fourches ! Non, je n’ai pas encore lu cet auteur et pourtant il me semble avoir ce premier tome quelque part dans ma PàL numérique. Grâce à l’amie Lutin, j’ai très envie de l’en sortir. En même temps, elle parle d’une veine dark fantasy, d’un roman plein de peps, de violence, de cadavres. J’aime bien tout ça moi. Dans la littérature, évidemment.

Voilà, c’est déjà terminé ! Pas d’inquiétudes cependant, j’ai déjà de quoi vous préparer un épisode 10.

Et vous, des découvertes intéressantes récemment? 🙂

Hideout – Masasumi Kakizaki

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Hideout est un seinen horrifique en un seul tome scénarisé et dessiné par le mangaka Masasumi Kakizaki que vous connaissez peut-être davantage pour sa série Bestiarius. Publié chez Ki-oon, vous trouverez ce tome au prix de 7.65 euros partout en librairie.

Seiichi a décidé de tuer sa femme ce soir. Il n’en peut plus de la culpabilité qu’elle fait peser sur lui depuis la mort de leur fils. Il l’emmène donc sur une île sous prétexte de recoller les morceaux et, ensemble, ils vont pénétrer dans une mystérieuse grotte. La descente aux Enfers commence…

Voici grosso modo le contexte de ce one-shot. A priori, on pourrait se dire qu’il n’a rien de très original toutefois, s’il ne révolutionne pas le genre, Hideout possède de sympathiques qualités.

Je vais d’abord évoquer l’objet en tant que tel. La couverture a un aspect un peu rugueux sous les doigts, comme un papier tissé très finement. C’est plutôt un type de couverture qu’on retrouve sur des romans au sein de certaines maisons d’édition et ça se comprend vu son contenu. En effet, le personnage principal est écrivain et il relate son histoire dans son dernier livre. Je ne vous gâche pas l’effet final mais c’est plus original que ce qui y parait. Quant au dessin, il est extrêmement soigné.  On ressent l’aspect horrifique dès la couverture mais ce n’est rien à côté de l’intérieur. Le mangaka propose plusieurs doubles pages très réussies et marquantes qui plongent directement le lecteur dans l’angoisse. De plus, pour l’intrigue en elle-même, l’alternance des flashbacks et du présent se fait aussi de manière visuelle. Tout ce qui appartient au passé est dessiné d’une façon très lumineuse, c’est presque aveuglant en comparaison de la grotte où Masasumi Kakizaki joue magnifiquement avec les ombres. La maîtrise technique apparait selon moi comme indéniable.

Le visuel sert donc très bien le contenu. La tension de l’intrigue monte crescendo. On ressent d’abord énormément de compassion pour le héros avant de se rendre compte à quel point il a sombré dans la folie. C’est terrifiant de constater le pouvoir que peut avoir la pression sociale, le regard des autres ainsi que des problèmes d’argent sur la vie d’un individu.

Je ne vais pas trop vous en dévoiler sur le contenu en lui-même puisqu’il s’agit d’un tome unique. Les codes du genre horrifique sont bien respectés et flirtent avec le fantastique sans que le lecteur ne sache vraiment de quoi il en retourne. L’idée de mise en scène d’un écrivain qui perd les pédales m’a séduite, en plus de dépeindre subtilement la difficulté qu’il existe à subsister dans ce milieu.

Pour résumer, Hideout est pour moi une réussite, ce qui ne me surprend pas tant que ça de la part de Ki-Oon. Ce manga horrifique se lit d’une traite et provoque un malaise palpable à mesure que le personnage principal sombre dans la folie. Outre son intrigue prenante quoi que pas révolutionnaire, Hideout brille surtout par son chara-design efficace et maîtrisé qui sert magnifiquement son propos. À lire !

La Ballade de Black Tom – Victor Lavalle

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La Ballade de Black Tom
est une novella fantastique d’inspiration lovecraftienne écrite par l’auteur américain Victor Lavalle. Publié au Bélial dans la collection Une Heure Lumière, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 9.90 euros.

L’intrigue se déroule en 1924. Charles Thomas Tester est un musicien sans grand talent qui compense par son sens de l’escroquerie. Il doit livrer un grimoire à une sorcière, livre qui ne lui inspire pas la moindre confiance. Il n’imagine pas encore à quel point il a raison.

Comme je l’ai souligné, il s’agit d’une réaction à un texte court écrit par Lovecraft, intitulé « Horreur à Red Hook » et qualifié de controversé pour le racisme qu’il contient. N’y allons pas par quatre chemins, le racisme est effectivement au cœur du texte mais Victor Lavalle réussit l’exploit de le traiter avec justesse pour nous en transmettre toute l’horreur sans pour autant nous donner l’impression de cautionner les réactions de ses personnages « Blancs ». Une fois cette novella achevée, on se rend compte que l’intrigue  n’aurait pas lieu d’être sans le racisme car le héros n’aurait certainement pas fait les mêmes choix. Il suffit d’un extrait pour s’en convaincre : « ils m’ont traité comme si j’étais un monstre. Alors puisque c’est comme ça, je serai le pire monstre qu’on ait jamais vu. »

C’est glaçant. Cette atmosphère dérange et secoue à la lecture. Le pire, c’est qu’on ne peut même pas se consoler en se disant que c’est derrière nous et que la société a évolué depuis. Elle l’a fait, c’est certain, mais beaucoup de gens sont encore confrontés au quotidien à un racisme comme celui là, surtout aux États-Unis. Personnellement, j’ai été particulièrement choquée par la scène du privé qui donne sa déposition à la police après le meurtre du père de Black Tom. C’est lui qui entre par effraction chez ce pauvre homme malade, qui le descend sous un faux prétexte et on arrive encore à remettre la faute sur « le Noir ». Parce que dans l’obscurité, il a cru qu’il tenait une arme mais en fait non, c’était sa guitare. Enfin, il ne pouvait pas deviner, du coup c’est normal qu’il ait vidé deux chargeurs dans la poitrine de ce pauvre monsieur. J’étais sidérée et le pire, c’est que je suis certaine que ça a déjà eu lieu. Ceci n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.

Le récit se divise en deux parties. La première est racontée du point de vue de Black Tom, avant qu’il n’opte pour ce surnom. Vers le milieu, l’auteur nous propose de suivre l’inspecteur Malone, un policier qui a déjà rencontré Black Tom. Même s’il n’est pas une ordure de la pire espèce, contrairement au détective privé… On sent qu’il a quand même certains préjugés. En fait, l’auteur nous peint un homme Blanc ordinaire dans cette époque. Pendant un moment, il se présente comme quelqu’un d’ouvert, qui se fond dans la masse des étrangers. Puis dans une discussion avec Black Tom, il le menace en lui disant que sa place est à Harlem et nulle part ailleurs. La bienveillance a des limites… Je l’ai trouvé d’une hypocrisie terrible bien qu’au fond, ce ne soit pas un mauvais bougre. Pour moi, Victor Lavalle peint des personnages en phase avec leur époque et ce, avec un talent manifeste.

L’intrigue proposée par l’auteur est simple en soi mais bien rythmée. On évolue d’abord avec ce musicien escroc qui possède une certaine sensibilité. On ressent malgré nous de la pitié, on aimerait pouvoir l’aider mais nous sommes réduis à l’impuissance face à sa descente aux Enfers. Mauvaises rencontres, mauvais choix, quand l’Humanité nous tourne le dos, les êtres maléfiques deviennent attirants… En règle générale, je ne suis pas spécialement attirée par ce type de texte au style plus classique dans l’imaginaire mais ici, je me suis totalement laissée emporter par mon empathie pour Black Tom.

Sachez-le, je ne suis pas spécialiste de Lovecraft et ce n’est pas un auteur qui m’attire du tout. On a déjà essayé de me convaincre de mille façons, j’ai eu un aperçu d’un de ses textes pendant mes études et je n’ai pas eu envie de pousser plus loin. Ne perdez donc pas votre temps à essayer de me convaincre de m’y mettre, c’est peine perdue ! Si je vous le dis, c’est surtout pour souligner mon incompétence à effectuer un parallèle avec ses œuvres ou juger les liens / emprunts avec la nouvelle dont s’inspire l’auteur. Je connais les bases, j’ai entendu parler de Cthulhu (et je réussis même à l’écrire sans faute, wouhou) et ça suffit largement pour s’en sortir avec la Ballade de Black Tom. Si vous cherchez des retours un peu plus spécialisés sur cet aspect, je vous encourage à explorer le site de l’éditeur qui recense pas mal de chroniques.

Toutefois, ce que je peux affirmer avec ma voix de modeste lectrice, c’est que cette novella est très bonne. Je l’ai lue presque d’une traite, à la fois fascinée et dégoûtée par son contenu. J’ai apprécié son final plutôt sombre et les choix narratifs assumés de l’auteur qui maîtrise son sujet et son texte de bout en bout.

Pour résumer, la Ballade de Black Tom peut se lire qu’on aime / connaisse Lovecraft ou non. Cette novella appartenant au genre fantastique est une belle réussite (une de plus dans la collection Une Heure Lumière) qui développe la thématique du racisme dans les années 1920 avec brio. Je vous recommande chaudement la lecture de ces 144 pages qu’on ne sent pas passer.