#VendreciLecture (16)

Bonjour à tous !
J’espère que votre semaine s’est bien passée? On se retrouve pour un #VendrediLecture thématique vu que mercredi, je suis allée voir… Les crimes de Grindelwald é-vi-de-mment ♥ Et j’ai adoré. Donc je me suis dit qu’il était temps que je continue mon petit challenge « 1 an pour relire Harry Potter » en me replongeant dans le tome 6 qui est mon préféré. Enfin qui l’était, mais qu’en sera-t-il après cette lecture ?

Petit rappel du concept: Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

Harry Potter et le prince de sang-mêlé – J.K. Rowling
Lecture personnelle – Gallimard

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« Dans un monde de plus en plus inquiétant, Harry se prépare à retrouver Ron et Hermione. Bientôt, ce sera la rentrée à Poudlard, avec les autres étudiants de sixième année. Mais pourquoi le professeur Dumbledore vient-il en personne chercher Harry chez les Dursley ? Dans quels extraordinaires voyages au cœur de la mémoire va-t-il l’entraîner ? »

Retrouvez ce roman sur Babelio !

Et vous, relisez-vous Harry Potter pour les 20 ans de la traduction française?
Êtes-vous aussi un(e) Potterhead? 🙂

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Les ombres d’Esver – Katia Lanero Zamora

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Les ombres d’Esver est le nouveau roman de l’autrice belge Kata Lanero Zamora. Publié chez ActuSF sous le label Naos, ce livre sera disponible à partir du 22 novembre au prix de 14.90 euros.
Je remercie Jérôme et ActuSF pour ce service presse.

Au départ, je ne savais pas quoi penser de ce roman. J’ai été surtout intriguée par son résumé car sa couverture ne me parlait pas plus que ça au premier abord. C’est un style qui ne m’attire plus autant qu’avant, je l’admets volontiers. Pourtant, après ma lecture, je n’en imagine pas une autre.
Je commençais ce titre sans rien en attendre et j’ai été agréablement surprise par son contenu.

Dans ce roman écrit à la troisième personne, nous suivons Amaryllis qui vit avec sa mère, Gersande, dans le vaste domaine d’Esver. La grande maison tombe en ruine, elle est envahie par les plantes et les champignons. Toute une partie est même condamnée, une autre est restée telle quelle depuis dix ans, sinistre anniversaire d’un évènement dont on ne sait rien.
Gersande est botaniste et apprend sa discipline à sa fille dans l’espoir qu’elle entre dans un prestigieux institut parisien. Amaryllis n’a pas forcément de passion pour la botanique. Sans détester cette matière qu’elle maîtrise, elle est juste relativement indifférente et préfère rêver d’aventures. Elle comprend toutefois vite qu’elle ne va pas avoir le choix puisque si elle ne réussit pas à obtenir une bourse, elle sera mariée de force par son père qui la vend en même temps que le domaine familial. Sa vie déjà pas si stable est ainsi totalement bousculée. Pour ne rien arranger, Amaryllis souffre de cauchemars depuis des années. Dès que la nuit tombe et qu’elle s’endort, elle doit absolument prendre un médicament pour ne pas se laisser emporter. Médicament préparé par sa mère qui est une femme très stricte, bipolaire, un peu folle aussi depuis le certain évènement.

De nombreux mystères planent sur le domaine et l’atmosphère en huit clôt est bien maîtrisée par l’autrice. Les informations arrivent au compte goutte, bien dosées. Katia Lanero Zamora met juste ce qu’il faut de description pour immerger le lecteur sans alourdir son texte et développe de manière intéressante la psychologie de ses deux héroïnes. La plupart des chapitre sont du point de vue d’Amaryllis mais certains le sont aussi de celui de Gersande, ce qui est un plus non négligeable à mon sens. Certaines remarques désabusées de cette mère abandonnée m’ont touchées et je me sentais mieux dans son esprit que dans celui d’Amaryllis. Encore plus quand on apprend la vérité sur le certain évènement.

L’aspect onirique laisse toujours planer le doute quant à la présence de fantastique. Ce doute subsiste jusque dans les dernières pages et même après ma lecture, je continue à me poser certaines questions. Pour moi, les ombres d’Esver est une brillante métaphore sur l’imagination et la place qu’elle peut prendre dans une existence. C’est une ode contrastée et poétique qui ne manquera pas de toucher les lecteurs.

Publié dans la collection « jeunesse » des indés, je trouve que ce roman peut convenir à un très large public mais qu’il ne sera pas forcément bien appréhendé par les plus jeunes. Si certaines scènes, surtout celles dans l’autre monde, sont résolument classiques, presque enfantines, les révélations de ce qu’elles représentent donnent un ton beaucoup plus mâture aux ombres d’Esren. Je le recommande aux amateurs d’ambiance gothique qui ont envie de se plonger dans un roman court (264 pages au format papier !), rythmé et poétique. Je ressors très satisfaite de ma lecture.

Comment le dire à la Nuit – Vincent Tassy

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Comment le dire à la Nuit est un one-shot fantastique écrit par l’auteur français Vincent Tassy. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce livre au prix de 19.90 euros.
Je lis ce roman dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge catégorie « vous prendrez bien un verre de True Blood ? »

À mon sens, ce roman est très (trop ?) complexe à chroniquer. Comment le dire à la Nuit n’est pas un texte dont on parle, c’est un texte que l’on vit. Rien de ce que je ne vais dire à son sujet ne saurait lui rendre justice car il se situe au-delà des mots. Pour cette raison, cette chronique sera brève mais j’espère qu’elle vous donnera envie de tenter l’aventure.

C’est l’amour qui tient la place principale au sein de l’intrigue. Mais pas l’amour comme une romance comme on peut en lire des centaines de nos jours. Quoi qu’on en parle, de cet amour-là, de cet univers-là, d’une certaine manière. L’amour sous diverses formes, l’amour sans idéalisation. L’amour dans le plus pur style des romantiques du XIXe, époque où ce livre n’aurait d’ailleurs pas dénoté. Que ça soit en France ou en Angleterre, d’ailleurs, puisqu’il s’inscrit admirablement dans la mouvance gothique par son ambiance et le déroulé de son intrigue.

Chaque chapitre est dédié à un personnage. Vincent Tassy écrit à la troisième personne mais cela n’empêche pas chaque protagoniste de disposer d’un caractère et d’un style littéraire bien à lui. Il y a Athalie, la fameuse dame en noir. Adriel, son enfant et prisonnier. Egmont, un noble amoureux de son ami Léopold qui doit pourtant épouser Carolina, par intérêt familial. Rachel, dont la mort de sa sœur jumelle a amputé une partie de son être et enfin Parascève, une éditrice de romance qui aura une très grande influence sur l’intrigue du récit. Ces différents personnages vont se croiser au fil du temps (le roman couvre plusieurs siècles) et on va découvrir les moments clés de leur vie. J’ai été particulièrement touchée par Egmont mais aussi par l’histoire d’Athalie, finalement, qui est une pure héroïne de tragédie. Vincent Tassy nous propose une galerie de personnages complexes et travaillés qui constituent l’une des grandes forces de son roman. Il ne faut pas chercher à s’identifier à eux mais plutôt se laisser porter par leurs réflexions et les émotions qu’ils dégagent. Elles ne manqueront pas, à un moment ou à un autre, de faire écho chez le lecteur.

Une fois de plus, la mélancolie règne sur ce récit transcendé par un mal du siècle palpable. Je l’ai dit en commençant cette chronique: Comment le dire à la Nuit n’est pas un roman dont on parle, c’est un livre qu’on vit, qui caresse notre âme. On le lit dans le noir à la lueur d’une bougie, cloîtré dans une pièce sans fenêtres. On s’y plonge d’une traite et on ne le repose pas avant de tourner la dernière page.

Toutefois, hélas, mille fois hélas, il ne conviendra pas à tous les lecteurs et n’est pas à mettre entre toutes les mains. Beaucoup resteront probablement perplexes devant cette plume si recherchée et les émotions brutes dégagées par le roman. Il faut, je pense, une certaine sensibilité classique pour l’apprécier dans toute sa splendeur. À l’instar d’Apostasie, premier roman de l’auteur, Comment le dire à la Nuit fait partie de ces livres qu’on doit relire à plusieurs reprises afin d’en prendre la pleine mesure. J’ai rarement lu un texte aussi inspiré. Vincent Tassy est un auteur talentueux et précieux dans le paysage littéraire francophone, à découvrir d’urgence.

#VendrediLecture (15)

Bonjour tout le monde !
J’espère que vous allez bien? 🙂 Plein de petites choses sont arrivées dans ma vie cette dernière semaine. Déjà, mon copain et moi avons adopté un chien à la SRPA que nous avons baptisé Loki. Un petit monstre plein d’amour qui porte bien son nom, on ne va pas se mentir 😛 Il dort à côté de moi pendant que j’écris cet article. Et même si ça chamboule une vie, je suis contente qu’il soit là.
J’ai pu recommencer à lire davantage et j’entame mon troisième roman de la semaine, sortez les confettis ! Curieux de savoir de quoi il s’agit? Petit indice: je le lis dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge.

Petit rappel : Qu’est-ce donc que ce concept? Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

Comment le dire à la nuit – Vincent Tassy
Lecture personnelle – Éditions du Chat Noir

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« La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu’elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs.
Elle l’enleva.
Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d’amour et de nuit qui traverserait les siècles. »

Retrouvez la page de ce roman sur Babelio.
Retrouvez ma chronique d’un autre roman de Vincent Tassy, Apostasie, qui fut un coup de cœur.

Connaissez-vous cet auteur? Et ce roman?
Bonne lecture et bon week-end à tous ♥

Kayla Marchal #3 La Source – Estelle Vagner

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La source
est le troisième et dernier tome des aventures de Kayla Marchal, une trilogie d’urban fantasy proposée par Estelle Vagner. Publiée aux Éditions du Chat Noir, chaque tome coûte 19.90 euros.

Je vous ai déjà parlé du premier et du deuxième volume de Kayla Marchal. En relisant mes chroniques pour me remettre dans le bain, je me rends compte que je n’ai pas grand chose de plus à dire sur cette saga. Dans le sens, rien d’inédit. Estelle Vagner reste constante dans la qualité de ce qu’elle propose et c’est déjà, je trouve, un bon point à souligner ! Trop souvent j’ai été déçue par un dernier tome qui me donnait le sentiment d’avoir été bouclé à la va-vite, sans le soin nécessaire à sa réalisation. Du coup, ce fut une bonne surprise dans l’ensemble.

Nous retrouvons Kayla et sa joyeuse bande en route vers les pays de l’Est afin de trouver la fameuse source du pouvoir, qui lui permettra de vaincre Aymeric et libérer les (poly)morphes de son joug tyrannique. Se sachant proche de sa fin, Kayla a préféré abandonner son âme sœur en pensant le préserver et ses derniers mots la hantent… Voici où nous en sommes et je ne vais pas vous en dire davantage afin de vous garder la surprise.

À ce stade, les lecteurs aguerris habitués du blog auront peut-être eu les poils qui se dressent. Alerte, une quête beaucoup trop classique ! Double alerte: UNE ROMANCE QUI TOURNE MAL ! Vite, fuyons ! Et bien non, restez ici, ça vaut la peine d’aller au bout bon sang.

Sur le fond, l’intrigue proposée par l’autrice reste classique, on ne va pas se mentir. C’est une quête millénaire au nom d’une divinité afin de réparer une faute commise. Une quête qui va nécessiter un terrible sacrifice de la part de Kayla. Si quelques points restent prévisibles, le dynamisme de l’action nous le fait facilement oublier. Estelle Vagner opte pour un rythme à 200 à l’heure (comme d’hab !) dans le déroulement de son histoire, ce qui est très agréable. Du coup, les 300 pages du roman se lisent presque d’une traite. Dans mon cas, c’est parce que je l’ai commencé en soirée après une journée de boulot, sinon je crois que j’aurai tout lu d’un coup sans vraiment m’en rendre compte.

Ce rythme, l’autrice l’installe aussi par son style d’écriture à la première personne. Petite nouveauté pour ce tome, nous ne suivrons pas uniquement Kayla ! J’ai été surprise de le découvrir et ça m’a fait plaisir d’avoir un peu le point de vue de Jeremiah, Jade et Max sur la situation. Cela permet de mieux connaître ces protagonistes, autrement qu’à travers le jugement ou les yeux parfois biaisés de Kayla. C’est l’inconvénient, évidemment, d’une narration à la première personne mais Estelle a trouvé la parade et c’est tant mieux. Encore une fois, je n’en dis pas davantage, vous le verrez par vous-même.

La mythologie inventée par Estelle continue de se compléter. Évidemment, on a déjà le plus gros avec les deux tomes précédents mais les pouvoirs que Kayla acquièrent sont sympas, surtout sa nouvelle forme ! J’ai été assez surprise que ça soit possible mais après tout, pourquoi pas. Je le rappelle, nous avons un roman d’urban fantasy qui se passe EN FRANCE, est écrit par une autrice FRANÇAISE avec une mythologie ORIGINALE qui met en avant des personnes capables de se transformer en animaux (mais oubliez le terme « garou », on les appelle des morphes !). J’en avais déjà parlé dans ma chronique du premier tome, mais ça me botte toujours autant, comme démarche.

Alors, je parle du dernier tome d’une trilogie… Est-ce que j’ai aimé la fin? Oui et non, mais c’est surtout une question de goût. Comme j’ai envie d’en parler et de potentiellement débriefer avec les lecteurs de ce tome 3, voici un petit passage de spoil, surlignez le texte pour en savoir plus : En règle générale, les happy end me gonflent parce qu’ils manquent de logique et qu’on sent derrière une démarche trop fan-service. Ici, l’autrice a été plutôt cruelle avec ses personnages pendant tout le roman et a gardé une logique dans le développement psychologique de son héroïne. J’ai particulièrement aimé les différentes phases par lesquelles Kayla passe en sachant son heure venue. Quand Kayla meurt, elle se réincarne une nouvelle fois, persuadée d’avoir été trahie par Max. On rencontre donc Lexie, qui va retrouver Jeremiah, Jade et Shahin, être obligée de tuer Max pour réparer ses propres fautes… En fait, si ç’avait été moi, je me serai arrêtée au fait que Kayla se sacrifie pour tuer Aymeric en pensant avoir été trahie et que tout le plan de Max tombe à l’eau, donc presque quatre-vingt pages avant la fin. Là, ouais, j’aurai été hyper satisfaite du culot de l’autrice et de cette « fin heureuse » en demi-teinte. En fait, on est en plein dans ce que j’appelle un « complexe harry potter ». D’autant que sincèrement, le plan de Max, je l’ai trouvé assez bancal, d’où les réserves que j’ai sur la globalité de cette fin. Toutefois, ce que propose Estelle Vagner respecte les codes du genre dans lequel elle écrit et surtout le public auquel elle s’adresse ! Public qui n’est pas du tout moi, à l’origine, rappelons le. Et ça ne m’a pas empêché d’aimer cette lecture.

Pour en revenir à la chronique en elle-même, je vais conclure en disant que Kayla Marchal est une saga d’urban fantasy de qualité typiquement « chat noir ». Elle ne révolutionne pas le genre et on ne lui demande pas, de toute façon. C’est un bon divertissement qui permet de passer un agréable moment dans un univers construit avec une héroïne de caractère et une part d’humour bien dosée. Dans le genre lecture détente, c’est pile ce dont j’avais besoin pour le moment ! Une autrice à découvrir que je recommande chaudement aux adeptes du genre. Ça vaut la peine de se lancer.

La voix de l’Empereur #1 Le corbeau et la torche – Nabil Ouali

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Le Corbeau et la Torche est le premier tome de la trilogie de la Voix de l’Empereur écrite par l’auteur français Nabil Ouali. Publié chez Mnémos, chaque tome coûte 21 euros et se présente sous la forme d’un beau livre objet avec couverture cartonnée.
Je remercie chaleureusement Nathalie de chez Mnémos pour ce service presse !

Il m’est très difficile de résumer ce roman en quelques mots. J’ai tenté plusieurs méthodes sans vraiment être satisfaite. Du coup, une fois n’est pas coutume, je vais vous laisser avec la quatrième de couverture:
« Voici l’histoire de quatre destins réunis au cœur d’un empire mourant. L’enfant du village gelé, le paladin hanté par un sombre secret, le prêtre émérite d’un ordre qu’il méprise, et le fils de l’empereur. Dans les rues des cités fourmillantes ou les profondes forêts, chacun accomplit un voyage sur les routes de l’empire mais aussi dans les méandres de son être : quelles sont les ficelles que tire le clergé dans les coulisses ? Qui a tenté de tuer l’empereur et d’éteindre à jamais sa voix ? Sur le sentier escarpé qui mène au pouvoir, le chemin est infiniment plus important que le sommet. »

Le corbeau et la torche est un roman dont il est compliqué de parler. Il subit, sans conteste, l’influence de ses prédécesseurs et grands noms de la fantasy. Il ne révolutionne pas le genre en proposant une intrigue assez classique à base de complots religieux, de tentatives d’assassinats et d’une prophétie mystérieuse qui désigne trois garçons dont on suit le destin à travers toute une galerie de personnages.

Je n’ai pas beaucoup de reproches à faire à ce roman mais celui-ci en fait partie: trop de personnages tue le personnage et trop de mystères… tue le mystère. Les protagonistes se multiplient, les scènes s’enchainent comme les épisodes d’une série, les révélations en moins. En cela, on peut parler de « roman à tableaux » dans sa construction et sa présentation. Le lecteur assiste à tout un tas d’évènements mais il n’y comprend pas grand chose. Il les note, au mieux, dans un coin de sa tête et essaie de les assembler plus tard. Des personnages secondaires vont et viennent, leur seule raison d’exister est de croiser les protagonistes, les garçons de la prophétie, ou plus simplement de mourir. Du coup, l’attention est détournée des vrais « héros » auxquels on ne parvient pas à s’attacher plus que ça.

Il faut rappeler, à ce stade, qu’il s’agit d’un premier roman. En tant que tel, le Corbeau et la Torche est assez bon. Le style littéraire de Nabil Ouali est travaillé et musical. Il a mis plus de soin dans la forme que dans le fond mais classique ne rime pas avec mauvais pour autant. Cela convient très bien à énormément de lecteurs, qu’ils soient ou non des adeptes de fantasy. Son intrigue reste intéressante et efficace malgré les quelques points soulevés au-dessus et on a envie d’enchaîner les vingt cinq chapitres, qui sont plutôt courts et dynamiques. Ce livre se lit d’ailleurs très rapidement et offre un bon moment de divertissement.

Outre son style littéraire, j’ai particulièrement apprécié les leçons du prince avec Glawol. Ce sont d’ailleurs les personnages les plus réussis, à mon sens et je crois que j’aurai, sur un plan personnel, goûté que le roman soit articulé uniquement autour d’eux et de leur point de vue. À travers ces leçons, Nabil Ouali revient à ses racines de philosophe, du moins si je me fie à sa biographie. Certaines discussions m’ont rappelée mes cours en philosophie morale à l’université et ça m’a fait sourire. J’ai été très sensible à cet aspect du roman qui invite subtilement à la réflexion et souhaite éveiller l’esprit de ses lecteurs à des considérations importantes.

Pour résumer, un premier roman n’est jamais parfait mais Nabil Ouali pose dans le Corbeau et la Torche les bases d’un univers classique et accrocheur. Sa plume poétique et maîtrisée promet de belles choses pour la suite. Ses influences classiques, que ce soit auprès des maîtres de la fantasy ou auprès des philosophes moralistes, en fait un roman très intéressant à décrypter avec plusieurs niveaux de lecture. C’est un univers auquel il faut laisser sa chance et un auteur à surveiller pour l’avenir ! Je recommande.

Depth of Field (deux tomes) – Enjo

Depth of Field est un diptyque qui s’inscrit dans la veine yaoi / tranche de vie. Dessiné et scénarisé par la mangaka japonaise Enjo, chaque tome coûte 7.95 euros et parait chez IDP dans la collection Hana.

Je sais. Je sais. Vous vous dites: elle n’aime pas la romance et elle lit du yaoi tranche de vie. What the hell? Comme pour tout, il y a des exceptions et ce titre en est une belle.

Depth of Field raconte l’histoire de Sûichirô et Konno. Ils ont pris l’habitude de se retrouver sur le toit entre les cours et parfois, pendant. Ils discutent de tout et de rien. Sûichirô ressent une certaine jalousie envers Konno, doublée d’un complexe d’infériorité car il a le droit de vivre sa passion pour la photographie, contrairement à lui qui a dû abandonner ses rêves.

À mon sens, ce manga a énormément de qualité. La première, c’est le soin que la mangaka apporte à son histoire. Sur deux tomes, elle prend le temps de développer ses scènes et la psychologie de ses héros. Elle exploite avec soin les caractères et passés de Sûichirô et Konno, ce qui distille beaucoup d’émotion à chacune des pages. Impossible de poser ce titre une fois commencé. D’ailleurs, c’est simple: après avoir lu le premier tome j’ai été directement chez mon libraire pour acheter le deuxième !

Mais il n’y a pas que ça. Là où la plupart des mangakas yaoi enchaînent les scènes de sexe parfois sans véritable raison, Enjo se tempère et surtout, propose un sexe gay très réaliste. Cela peut paraître bête mais il est très rare que les personnages de yaoi utilisent des préservatifs ou songent au fait qu’une pénétration anale doit se préparer plus qu’une minute et demi (quand ils pensent à la préparer). J’ai trouvé que ça valait la peine de le relever.

En plus de cela, la romance entre Sûichiro et Konno prend son temps. Elle évolue d’une manière cohérente, frustrante aussi et immerge complètement le lecteur dans l’histoire de ces deux personnages. Pour ne rien gâcher, le dessin d’Enjo est vraiment beau et soigné, il colle parfaitement à l’ambiance de l’histoire.

Je recommande très chaudement ce manga, non seulement aux adeptes de yaoi mais aussi à ceux qui voudraient s’y essayer. Depth of Field est un très bon titre pour commencer mais place la barre très haut en terme de qualité. Ce fut une agréable surprise !