À l’ombre du Japon #8 { One Piece #3, Jagaaan #1, Black Butler #1, #2, #3, Beastars (anime) }

Bonjour à tous !
Nouveau rendez-vous manga avec des relectures de mes sagas fétiches et la découverte d’un titre proposé gratuitement par Kazé (que je remercie !). Sachez que plusieurs éditeurs mangas agissent pendant le confinement et offrent des tomes numériques ou la lecture accessible sur leur plateforme comme Glénat ou Kana. Kazé a poussé plus loin en offrant les trois premiers tomes de plusieurs séries que vous pouvez télécharger un peu partout à votre convenance. C’est un bon moyen de découvrir des titres vers lesquels on ne se serait pas tourné autrement.

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Ce tome marque la fin du combat contre Baggy et l’arrivée au village de Pipo (Usopp). Cela signifie que l’arc du Capitaine Crow s’ouvre. Mais si, cet homme qui se fait passer pour un gentil majordome dans le but d’hériter de la fortune d’une jeune fille malade et fragile qui est aussi l’amie de Pipo… À mon sens, dans ce tome, on abandonne le ton plus léger et superficiel entrevu auparavant pour aborder des thématiques plus sérieuses. Pipo est l’enfant d’un pirate qui appartient à l’équipage de Shanks (que Luffy a donc connu, comme c’est pratique). Pipo idéalise son père (qui l’a pourtant abandonné…) et comprend son besoin de liberté. Il rêve lui aussi de devenir pirate mais comme il est plutôt trouillard, disons que ça part mal. Pipo n’est pas un personnage que j’appréciais particulièrement auparavant mais mon opinion a changé en relisant ce tome, ce que je trouve intéressant comme expérience. Comme quoi, relire certains titres avec un regard plus adulte, ça change tout !

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Jagasaki est un flic de quartier qui mène une vie assez monotone. La plupart des gens lui marchent dessus et ne le respectent pas, du coup il rêve de les descendre… sans jamais passer à l’acte. Puis un beau jour, une pluie de grenouille s’abat sur la ville et va transformer les gens en détraqués, des espèces de monstres qui exacerbent les sentiments violents de leurs victimes. Un hibou bizarre du nom de Doku va expliquer les nouvelles règles du jeu à Jagasaki, qui semble être une sorte d’élu (achevez-moi). Lui aussi est d’ailleurs infecté par un têtard de détraqué (pitié…), ce qui explique qu’il puisse contenir et ralentir sa transformation (bah tiens c’est pratique). Comme ça ne suffira pas, il doit ingérer les crottes du hibou (ACHEVEZ-MOI) produites après qu’il ait mangé l’une des grenouilles qui infectait un corps. Corps que Jagasaki a tué, bien entendu.
Voilà voilà.
Alors je sais que souvent, quand on pense Japon, on imagine cet aspect what the fuck et je n’ai aucun problème avec ça mais… Sérieusement ? Selon moi, rien ne fonctionne dans cette intrigue qui exploite des poncifs vus et revus dans le genre en proposant un héros franchement pas très crédible. Il passe à l’acte d’un coup alors qu’il se retient depuis longtemps et n’inspire pas une once de compassion. Son seul atout de Jagaaan à mes yeux est son esthétique. Le dessinateur maîtrise très bien l’aspect horreur et émotion qu’on décrypte sans problèmes sur les visages. Si le style graphique n’est pas celui que je préfère, je ne peux pas nier le soin apporté à cette partie qui rend l’ambiance crédible à défaut du reste. Je ne suis pas mécontente d’avoir jugé par moi-même ce manga mais il est certain que je ne vais pas lire la suite, même si les trois premiers volumes sont gratuits en numérique.

Black Butler compte parmi mes sagas favorites que j’ai commencé il y a une éternité et la seule série longue dont je continue à acheter les tomes sans une hésitation. Mais en relisant le premier je dois avouer que je lui ai trouvé plusieurs défauts. C’est clairement un volume d’introduction qui laisse perplexe pendant les deux tiers de la lecture : qui est cet enfant ? Qui est ce majordome à qui rien ne semble résister et qui a plus que probablement des pouvoirs surnaturels pour gérer à ce point? Quel intérêt de nous raconter par le menu sa journée de travail et comment il a rattrapé les conneries des trois autres membres complètement inutiles du personnel ? Yana Toboso pose les bases de son univers avec une certaine maladresse et les chapitres s’enchaînent avec un rythme qui laisse parfois à désirer.
Pourtant…
Il y a ce dessin, qui clôture le chapitre deux ou trois. Celui où on voit le vrai sourire de Sebastian et où on comprend que ouais, clairement, ce mec est hyper louche et pas dans le bon sens du terme. Où on comprend aussi que ce ton humoristique british un peu what the fuck cache quelque chose. Je me rappelle, à l’époque, avoir eu envie de savoir quoi en partie parce que j’ai été conquise par le trait de Yana Toboso (je suis superficielle, tu peux me juger). J’ai donc acheté la suite pour ne plus jamais arrêter.
Dans le tome 2 commence l’arc classique de toute histoire londonienne du 19e siècle à savoir Jack l’Éventreur. Si j’avais entamé le manga maintenant, aucun doute, j’aurais abandonné en roulant des yeux très fort avant de balancer le manga dans un coin. Enfin… Peut-être pas. Parce qu’on commence à prendre conscience d’à quel point Sebastian est retord, d’à quel point sa relation avec Ciel est malsaine. Puis on découvre aussi de nouveaux personnages iconiques : L’Undertaker et Grell. Et enfin, la réécriture de la légende mainte fois usitée jusqu’à la corde est plutôt bien trouvée. Dans l’ensemble, j’adhère. Cet arc court sur les tomes 2 et 3. À la fin de ce dernier, on voit apparaître Agni et le Prince et ça m’a surprise car dans mes souvenirs, ça venait plus tard. Mais une bonne surprise, rassurez-vous…
Donc concrètement, Black Butler, c’est génial. Toutefois, si vous commencez la saga aujourd’hui, gardez à l’esprit que ça se bonifie clairement avec le temps. Autant l’histoire, l’intrigue, le rythme que la traduction française qui manquait quand même un peu de relecture sur les répétitions à l’époque…

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Quelques mots au sujet de cette saga dont j’ai souvent entendu parler chez l’ami Otaku mais qui ne m’attirait pas parce que son concept d’animaux humanoïdes… Meh. Pourtant, quand j’ai vu l’animé sur Netflix qui comptait douze épisodes et l’enthousiasme de certains je me suis dit que j’allais tenter l’aventure.
Oh.
Mon.
Dieu.
J’étais pas prête pour la claque que je me suis prise. L’animé couvre les six premiers tomes (il s’arrête +- à la moitié du 6) et la première chose que je fais quand ma librairie rouvre c’est d’aller acheter le tome 6 et tous les suivants. J’ai adoré ce manga d’une profondeur inattendue. L’intrigue prend place dans une école où les herbivores et les carnivores cohabitent. Un meurtre est commis sur un herbivore, c’est clairement l’œuvre d’un carnivore, mais lequel? C’est sur ce fond qu’on rencontre Legochi, un loup gris un peu gauche qui lutte contre ses instincts de prédateur et a de plus en plus de mal. Il appartient au club de théâtre comme régisseur technique et est le héros de cette histoire. Il est absolument fascinant, crédible, intense. Ses interactions avec le personnage de Louis provoquent des frissons et sa relation avec Haru est superbe. Pour ne rien gâcher, cette série traite de nombreux thèmes comme la discrimination, la difficulté de respecter les règles du vivre ensemble quand elles vont contre notre nature,… C’est une magnifique métaphore sur notre propre société qui nous met le nez dans nos travers. Je ne peux que vous recommander de jeter un œil à cet animé (ou à lire le premier tome si vous préférez) sur lequel je ne vais pas manquer de revenir à l’avenir. Personnellement, j’ai binge-watché les douze épisodes d’un coup en une soirée, ce qui ne m’était plus arrivé depuis une éternité. C’est dire à quel point ça vaut le coup.

Et voilà, c’est déjà terminé pour cette fois !
Et vous, vous (re)lisez quoi en ce moment ? 🙂

À l’ombre du Japon #7 {Noragami #4, Otaku Otaku #1, Parasites amoureux #1, One Piece #1 & #2}

Bonjour à tous !
C’est l’heure d’un nouveau rendez-vous manga qui a mis un peu de temps à arriver. Avec le confinement, je n’ai pas pu me procurer toutes les nouveautés que j’espérais. J’attends pour ça la réouverture de ma librairie préférée et je refuse de commander en ligne, histoire de les soutenir à ma mesure quand elle pourra reprendre son activité. Du coup, j’ai décidé de relire d’anciennes séries comme vous l’avez peut-être constaté dans le titre, ce qui m’a permis d’avoir assez de matière pour vous concocter un petit article.

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Ce tome reste dans la continuité qualitative des précédents. Il nous permet d’en apprendre davantage sur Bishamon et sur sa situation avec ses shikis. On découvre aussi davantage d’informations sur les manigances de Nora.. À l’instar des trois premiers, ce volume est bien rythmé entre émotions et révélations. L’auteur n’en fait pas trop, l’équilibre est nickel. J’ai hâte de dévorer la suite ! Je n’en reviens toujours pas de ne pas avoir commencé cette série plus tôt.

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En règle générale, je ne suis pas du tout attirée par un manga qui parle d’amour ou de relations amoureuses mais ma libraire m’a chaudement recommandé la lecture de ce titre. J’ai bien fait de l’écouter ! Otaku Otaku est un titre construit comme une série de scènes courtes avec un équilibre maîtrisé entre l’aspect comique et le côté plus sérieux. Narumi et Hirotaka ont 26 ans, sont amis d’enfance… et sont deux otakus ! Un soir, Narumi, saoule, désespère que sa condition d’otaku l’empêche de trouver un copain. Hirotaka lui propose de sortir avec lui et leur relation commence aussi simplement que ça. Les deux personnages sont attachants chacun à leur manière et je n’ai eu aucun mal à m’identifier à eux. Un autre point important à souligner, c’est le respect de l’auteur pour la condition d’otaku. On ne sent pas de réel jugement si ce n’est celui des autres, au sein du manga, et des difficultés que peuvent rencontrer les personnages à être ainsi au Japon. C’est clairement une œuvre bienveillante et intelligente dont j’ai très hâte de découvrir la suite ! Pour ne rien gâcher, le dessin est soigné et pas shojo pour un sou, ce qui est une très bonne chose pour moi.

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Kengo Kosaka est chômeur et Hijiri Sanagi une lycéenne qui ne va plus en cours. Un homme mystérieux fait chanter Kosaka pour qu’il devienne l’ami de Sanagi et lui fournisse des renseignements à son sujet. Pour cette raison, ils vont se rapprocher, apprendre à se connaître et découvrir les TOCs dont chacun souffre. J’ai beaucoup aimé la douceur et la mise en place de ce premier volume. Je trouvais l’histoire crédible et belle, ça aurait été un coup de cœur… sans les trois dernières pages qui transforment Parasites Amoureux en une espèce de science-fiction bizarre à base de parasite qui contrôle les émotions avec un cliffhanger forcé et si mal amené que ça en devient ridicule. J’ai eu vraiment l’impression que l’éditeur a demandé un tome 2 subitement et que le scénariste a balancé la première idée qui lui est passé par la tête. Alors vous allez me dire, c’est dans le titre… Sauf que y’a une explication métaphorique du titre dans le manga du coup, un peu naïvement, je me suis laissée avoir. Je pense que je vais considérer Parasites amoureux comme un one-shot sur la manière dont on peut vivre avec des TOCs, en guérir et sur l’importance de l’empathie. Et je vois pas pourquoi je n’aurais pas le droit de décider d’amputer des œuvres, voilà. /PAN/

Confinement oblige, j’ai du me rabattre sur de vieilles séries et je me dis… quoi de mieux que One Piece en cette période trouble et un peu malsaine? Vous connaissez tous probablement l’histoire de Monkey D. Luffy, le garçon élastique qui rêve de devenir Seigneur des pirates et va pour cela rassembler un équipage hors du commun. J’ai retrouvé avec plaisir et surtout beaucoup de nostalgie les débuts de ce héros inégalable : son enfance où on apprend l’origine de son chapeau et de son désir de piraterie, sa rencontre avec Zorro et Nami, le premier combat d’envergure contre Baggy le Clown… Baggy quoi ! Quel personnage, franchement. Je me souviens que c’est lui qui, à l’époque, m’a fait adhérer au manga. Après, clairement, One Piece est un shōnen qui en respecte les codes à la lettre et qui a presque participé à la création des codes en question tant c’est une institution. Si je le lisais aujourd’hui, je crois que ça me gonflerait prodigieusement. Mais la nostalgie, les bons souvenirs et la certitude que ça gagne en maturité par la suite font que je préfère m’imprégner de la loyauté et de l’amitié mise en avant par Eiichiro Oda. Ça fait du bien un peu de beauté dans ce monde de brute. Vous assistez donc ici à un superbe exemple de poudre aux yeux et de mauvaise foi de ma part, je plaide coupable.

Et voilà c’est déjà terminé !
N’hésitez pas à me parler de vos dernières lectures mangas 🙂
Qu’est-ce que vous reliriez bien pendant ce confinement ?

À l’ombre du Japon #1 {Reine d’Égypte #6, Teacher Killer #2, Berserk #3 & #4, Black Butler #28}

Bonjour à tous !

Je procrastine depuis longtemps (ça va devenir mon slogan…) sur la création d’une rubrique de ce type (j’assume ce titre, si si) concernant les mangas. J’ai tendance à chroniquer le premier tome d’une série quand je la juge prometteuse mais j’ai du mal à évoquer les suites pour deux raisons. La première, j’ai l’impression de me répéter (et j’aime pas ça) et la seconde, c’est que ça donne des articles vraiment trop courts. Donc j’ai décidé d’enfin (sortez les confettis) mettre en place un article qui regroupera plusieurs brefs avis sur les tomes suivants des sagas que je lis.

Notez que pour combattre le divulgâchage (si si, c’est beau non?), les informations à risque seront dissimulées comme d’habitude par une écriture en blanc que vous pourrez découvrir en surlignant.

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Ce volume s’étend sur plusieurs années et marque un tournant dans l’évolution d’Hatchepsout. Un nouveau personnage entre en scène à point nommé pour l’aider à développer le commerce égyptien. Pour rappel, c’est l’idée phare de la reine afin d’arrêter les guerres et d’unifier l’empire par autre chose que le sang. On n’a aucune nouvelle de son fils jusqu’aux dernières pages du volume qui laisse présager une suite plus sanglante.
Comme à chaque fois, j’ai été passionnée par ma lecture et par le personnage d’Hatchepsout, cette femme pharaon qui doit se battre contre les préjugés liés à son sexe et sans arrêt prouver sa valeur. Sans compter les sacrifices que cela implique… Franchement, j’ai été révoltée pendant ma lecture. J’ai hâte de lire la suite !

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Le pitch de base: Riko a perdu ses parents, assassinés par Mr Satou qui est aussi son enseignant. Mr Satou est un tueur de tueurs, Riko lui demande de lui apprendre son art afin qu’elle soit capable de le tuer un jour. Ouais, déjà le concept de base est bien barré : j’adore ! Dans ce tome, on apprend la vérité sur la mort des parents de Riko et deux nouveaux personnages entrent en scène. J’avoue sur le coup… J’ai freiné des quatre fers. Pas moyen, triangle amoureux en vue HELP ! Finalement, j’ai été rassurée par le mot de l’auteur à la fin qui n’a pas honte d’affirmer haut et fort son envie de pervertir les codes de la romance en les adaptant à la situation de son manga. Franchement, c’est plutôt malin et j’adore. Je vais donc continuer cette saga avec entrain.

Aaaah Berserk. C’est compliqué. Je suis complètement allergique au chara-design mais mon petit frère me harcèle pour que je continue de lire. Littéralement. Les suites apparaissent sur ma table de nuit avec des mots dessus style : LIS ! J’vous jure. Du coup, je fais de gros efforts pour passer outre et je dois avouer que tout l’aspect « passé » de Gutz est plutôt intéressant. Pas de quoi tout lâcher pour lire les quarante tomes d’une traite toutefois mais allez, je lui laisse encore sa chance pour deux volumes.

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Gros gros grooooos coup de cœur pour ce manga depuis des années. Dans le tome précédent, on a appris la vérité sur le pacte qui lie Ciel et Sebastian. Ici, on découvre les conséquences avec la réapparition du frère jumeau et l’éviction de l’imposteur. Ce frère, il lui manque une case et si je n’étais pas trop convaincue sur le tome d’avant, je le suis davantage désormais. J’ai failli perdre la foi, honte sur moi. Je hâte de lire leur affrontement mais ça risque de prendre encore un peu de temps puisque la publication française a rattrapé celle du Japon. Une saga incontournable selon moi qui appartient à mon top 3 des meilleurs mangas de tous les temps.

Et voilà, c’est déjà terminé 🙂
N’hésitez pas à me donner vos avis sur les séries dont je parle ici ♥

4life #1 crépuscule – Antoine Dole & Vinhnyu

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4life est le premier tome d’un diptyque de manga français dans le genre seinen, scénarisé par Antoine Dole et dessiné par Vinhnyu, lauréat du second tremplin Ki-oon. Le premier tome vient de sortir, à l’occasion de la Japan Expo, et est disponible au prix de 7.60 euros.

Si vous êtes comme moi, quand vous voyez un manga français, vous faites demi tour et reposez rapidement l’hérésie concernée sur l’étagère de votre librairie en pestant pendant au moins une heure avec vos libraires. Je suis assez carrée là-dessus, à la limite de l’emmerdeuse professionnelle. Je n’ai encore jamais lu un manga français qui soit à la hauteur mais c’est vrai que mes quelques malheureuses expériences ne m’ont pas non plus donné envie de me pencher sur la production dans le détail. Alors, me demanderez-vous, pourquoi ai-je acheté 4life?  Déjà parce que je n’avais pas lu le nom de l’auteur (ouais, je sais…) et ensuite, parce que le résumé me branchait bien. Et vous savez quoi? Les préjugés, c’est mal, voilà. Parce que ce tome 1, l’air de rien, est prometteur !

4Life raconte l’histoire de quatre parisiennes, passionnées par le manga et le cosplay. En se rendant en convention, leur bus a un grave accident qui les expédie à l’hôpital. Quand elles se réveillent, des évènements étranges commencent à se produire, en lien avec leurs cosplays. Et elles auront besoin de ces nouveaux pouvoirs pour affronter la menace qui vient d’apparaitre en ville.

Au départ, je m’attendais à lire du magical girl assez classique. Quelle surprise de découvrir un univers carrément sombre et tordu ! Chaque héroïne a une situation familiale qui lui est propre et des goûts particuliers en matière de cosplay. Elles représentent plusieurs profils de cosplayeuses même si elles entrent dans des archétypes convenus. J’ai trouvé les références intéressantes et le traitement des fans de manga plutôt bienveillant. Quant aux idées du scénario, si c’est parfois un peu brouillon et rapide, Antoine Dole se montre plutôt inspiré pour les rebondissements. Au point de lire ce tome d’une traite en moins d’une demi heure !

Quant au dessin de Vinhnyu, je le trouve très asiatique, loin de ce que je reproche d’habitude aux dessinateurs européens qui s’essaient au manga. Il me paraît plus que prometteur. C’est simple, avant de remarquer un nom français sur la couverture, je pensais lire un vrai manga venu du Japon. Pas le meilleur, pas le plus original ni le plus marquant, mais un bon divertissement tout de même avec des idées qui sortent du lot.

En bref, je recommande ce seinen à ceux qui aiment l’univers du cosplay et qui apprécient les histoires courtes, rythmées. 4Life me rend un peu d’espoir concernant la production française de manga et je suis ravie d’avoir découvert cette histoire. Je sais déjà que je lirai le tome 2 !

Sur la piste des dragons oubliés – Élian Black’mor & Carine – M

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Sur les pistes des dragons oubliés est un ouvrage graphique publié aux éditions Glénat au prix de 39,5 euros. Il a été réalisé par Élian Black’mor et Carine-M, un duo qui a produit plusieurs ouvrages extraordinaires que je vous invite à découvrir sur leurs sites respectifs, en cliquant sur leurs noms. Magnifiquement illustré, il met en scène le journal de l’aventurier Élian Black’mor dans sa quête des légendaires dragons.

Il m’est assez difficile d’évoquer un ouvrage de ce genre, parce que je ne suis pas familière de ses codes et des attentes qu’on peut en avoir. Je vais donc me contenter de vous livrer mon ressenti après lecture, ce sera un peu plus court que d’habitude mais ça vient du cœur.

Déjà, les illustrations sont magnifiques. De ce que j’ai compris, les deux auteures travaillent ensemble et le résultat est absolument sublime. Les croquis des dragons, l’impression de vraiment feuilleter un journal de recherche, ils ont pensé à tous les petits détails: du billet de train aux marques de papier collant, aux ratures, à l’écriture manuscrite, c’est un objet sublime que je suis très heureuse de posséder. On perd facilement plusieurs minutes à scruter chaque page à la recherche d’un détail qui aurait pu nous échapper, à déplier certaines illustrations, à tourner et retourner le livre dans tous les sens pour lire les légendes de certaines photographies ou les annotations. C’est vraiment ludique !

L’histoire en elle-même est, par moment, un peu difficile à suivre, mais c’est le format du journal qui veut ça. D’ailleurs, j’ai trouvé le concept plutôt intéressant: tout n’est pas très clair tout le temps, mais si on lisait nous-même le journal d’un aventurier, est-ce qu’on comprendrait les moindres détails? Il y a forcément des éléments qui resteront obscurs, parce qu’ils étaient clairs dans l’esprit de l’auteur et qu’il n’a pas ressenti le besoin de les noter. Finalement, ça participe au réalisme du livre, même si ça a un petit côté frustrant et pas toujours très clair.

Si vous aimez les ouvrages graphiques et les illustrateurs de talent, je vous recommande très chaudement ce carnet de voyage fantastique. La version que j’ai lue rassemble plusieurs tomes qui constituent le premier cycle. Le prix peut paraître très élevé au premier abord mais, honnêtement, le travail effectué sur le livre en fait surtout un livre-objet, tout est en couleur, les nuances sont bien gérées, la personne qui a fait la maquette a dû partir en dépression nerveuse dans la foulée tellement c’est millimétré. Vraiment un beau travail !

C’est sans conteste un ouvrage indispensable pour tous les accros aux dragons et aux voyages extraordinaires.