Peau d’Homme – Hubert & Zanzim

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Peau d’Homme est une bande-dessinée en un volume scénarisé par Hubert et dessiné par Zanzim. Publié chez Glénat, vous trouverez ce chef-d’œuvre au prix de 27 euros.

De quoi ça parle ?
Dans une époque qui ressemble à l’Italie au temps de la Renaissance, Bianca doit se marier mais elle s’inquiète un peu et aimerait vraiment connaître son futur époux pour savoir à quoi s’attendre. Heureusement pour elle, les femmes de sa famille ont un secret : une peau d’homme qui leur permet de devenir Lorenzo, un jeune homme à la saisissante beauté. Ainsi déguisée et même transformée (puisqu’elle devient physiquement un homme avec tous les attributs liés), Bianca va se rapprocher de son époux, Giovanni, et découvrir qu’il apprécie davantage les hommes que les femmes…

Une bande-dessinée aux thématiques modernes et riches.
L’histoire a beau se dérouler pendant la Renaissance, soit il y a plusieurs siècles, le propos de Peau d’Homme est extrêmement moderne. L’histoire commence sur le fait que Bianca doit se marier et est littéralement vendue comme une marchandise à Giovanni, sans qu’on ne se tracasse de lui poser la moindre question. Elle le regrette un peu car elle souhaiterait connaître cet homme avant de partager sa vie, ce qui provoque des remarques allant de la condescendance à la moquerie dans son entourage. En effet, ses amies, déjà mariées, ne comprennent pas pourquoi elle se plaint puisque l’homme qu’on lui destine est beau…C’est connu, la beauté physique, ça résout tout ! (coucou Christian) La marraine de Bianca est la seule à comprendre ses tourments et c’est elle qui va lui léguer cette fameuse peau d’homme qui se transmet dans leur famille de génération en génération.

C’est à ce moment que la bande-dessinée tombe dans le registre du fantastique et va permettre à Bianca de vivre une expérience transgenre puisque cette peau n’est pas qu’un déguisement. Elle la transforme et lui permet d’avoir des organes sexuels masculins et donc de vraiment expérimenter ce qu’est être un homme. Impossible, donc, de la confondre dans sa ruse ! Ainsi, elle va se rendre à la rencontre de son futur époux, Giovanni, et apprendre que les hommes et les femmes vivent dans des mondes séparés avec des codes sociaux qui n’appartiennent qu’à eux et ne sont pas toujours compréhensibles par l’autre sexe. C’est par exemple le cas quand Bianca, déguisée en Lorenzo, entend son futur époux se vanter d’avoir déjà consommé leur mariage alors qu’il n’en est rien. Sa tante lui expliquera que les hommes agissent ainsi et que Giovanni joue un rôle en société, que ça ne révèle pas sa véritable personnalité. Cet ouvrage est plein de remarques pertinentes dans ce même style, qui poussent à réfléchir sur nos propres codes sociaux genrés.

L’œuvre interroge également le rapport qu’a la société à la sexualité féminine à travers le prisme de la religion et de la bonne morale publique. En effet, durant une grande partie de l’histoire, un prêtre -qui est le propre frère de Bianca- stigmatise les femmes dés qu’elles ont le malheur de montrer un bout de peau et ordonne des châtiments terribles pour celles qui osent tromper leur mari, même si le mari en question est un coureur avéré. Ce prêtre ne sera arrêté qu’une fois qu’il s’attaquera à la liberté des hommes. L’air de rien, cela en dit long… Et la transposition avec notre 21e siècle n’en est que plus aisée. Dans Peau d’Homme, les femmes doivent tout accepter et se satisfaire de leur sort, au contraire des hommes, et le jugement qu’on porte sur une même action varie en fonction du sexe. Un exemple flagrant est la colère de Giovanni quand Bianca annonce qu’elle prendra un amant puisque lui préfère les hommes. Elle le remettra à sa place en lui disant qu’il n’a vraiment pas de quoi se montrer jaloux vu ses propres actes et c’est très vrai. Giovanni lui-même parait embarrassé car il sait que sa femme a raison. On y parle également de la famille, du devoir familial mais aussi comment s’émanciper de ses parents et s’affirmer en tant que personne.

Et j’en oublie ou plutôt, je vous laisse quelques découvertes car je ne souhaite pas divulgâcher le contenu ou tout simplement gâcher votre plaisir à vous, futurs lecteurs ! J’ajoute que du point de vue de la représentation LGBTQIA+, cette œuvre est, je trouve, respectueuse, moderne et magistrale. Je ne me rappelle pas d’en avoir lu une aussi bien à ce niveau là depuis longtemps.

Bianca, une femme émancipée.
Au début de l’histoire, Bianca est une femme élevée avec les valeurs de l’Italie à la Renaissance. Si elle a quelques regrets sur son mari, sur le fait de ne pas le connaître, elle reste assez dans les clous jusqu’à se laisser enivrer par le pouvoir de la peau d’homme. Elle parle d’ailleurs de Lorenzo comme d’une personne à part, d’une entité dissociée d’elle en tant que femme, si bien qu’il lui est facile d’exposer sa nudité masculine ou d’avoir des relations sexuelles avec des hommes dans ces conditions. Vivre dans le monde masculin va permettre à Bianca de développer un esprit critique et de prendre vraiment conscience du gouffre qui existe entre leurs deux genres. Elle gagnera ainsi en caractère à mesure que l’intrigue avance, affirmant sa personnalité d’une façon très agréable.

Un graphisme particulier.
C’est toujours le souci quand je lis une œuvre graphique et ça vaut pour le manga comme pour la BD. Je suis assez sensible au charadesign, au trait de manière générale. J’ai trouvé ce titre assez dépouillé dans le but, probablement, de se concentrer vraiment sur le message et ne pas se laisser distraire par un visuel trop envahissant. Ce n’est pas spécialement un type de dessin auquel je suis sensible mais ça n’a en rien gêné ma lecture ou le plaisir que j’y ai pris. Si je le précise, c’est parce que je sais que certain/e sont comme moi et que je tiens à vous rassurer : ça vaut le coup, vraiment. Et on oublie facilement le graphisme qui, même s’il ne me séduit pas, colle quand même assez bien au titre et au propos. Après, je ne vais pas me permettre d’aller plus loin dans une analyse à ce sujet puisque je suis assez novice en la matière. Je me contente de vous partager un sentiment.

La conclusion de l’ombre :
Peau d’Homme est un véritable bijou de modernité (alors même que l’histoire se passe à la Renaissance italienne) qui aborde les thématiques de liberté de la femme, traite de la communauté LGBTQIA+ avec respect et bienveillance tout en transmettant des messages importants, en plus d’inviter à une prise de conscience sur nos habitudes culturelles genrées. L’ouvrage compte 160 pages et bouillonne de bonnes idées, de justesse et de richesse. J’ai adoré et je le recommande plus que chaudement !

PS: Une libraire m’a aimablement partagé un avant-propos écrit par Hubert au sujet de cette BD qui n’apparait pas dans la version définitive de l’ouvrage, peut-être à cause du décès de l’auteur ? En tout cas, je trouve cet apport intéressant donc je vous invite à cliquer ici pour accéder au tweet concerné et en apprendre davantage !

D’autres avis : Just a wordBoudicca (Le bibliocosme) – The notebook 14Les blablas de TachanLes voyages de LyYuyineLes tribulations de Miss Chatterton – vous ?

À l’ombre du Japon #29 { Chobits #5 ; Reborn ! #1 ; Tokyo Revengers #10 }

Ohayô minasan !
Nous voici déjà de retour avec un épisode consacré aux trois premiers mangas lus en 2021 ! Et c’était plutôt pas mal comme cuvée…

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Je n’ai pas encore évoqué Chobits sur le blog en format tome par tome. Je vous en ai parlé au détour d’un article ou l’autre, notamment dans les mangas que je vous conseillais de mettre sous le sapin en 2020 maiiiis voilà, j’ai envie de vous écrire quelques mots sur ce cinquième tome qui sert un peu de transition, apporte de nouveaux éléments et surtout, amorce une thématique qu’on connait bien quand on évoque des robots à apparence humaine : peuvent-ils remplacer l’humain en tant que personne genrée et donc, par extension, membre d’un couple ?

C’est quelque chose dont le tome 4 parlait déjà avec un retour sur le passé du patron de la boulangerie où Chii travaille. La fin du tome 5 le rappelle et remet le lecteur en face de ces questions compliquées qu’on a tendance à un peu oublier au contact de Chii et Hideki. De plus, depuis le tome précédent, Chii a été enlevée par un informaticien obsédé par les légendaires Chobits. Il est persuadé que Chii en est un et va tout mettre en œuvre pour percer ses secrets. Ainsi formulé, on oublie d’autant plus aisément que Chii est, en théorie, un simple ordinateur… C’est d’autant plus vrai que Hideki se morfond d’inquiétude à l’idée qu’on lui fasse le moindre mal, là où son ami Shinbo va justement incarner la « voix de la raison » pour lui rappeler que dans le pire des cas, il suffira d’effacer sa mémoire, car Chii n’est qu’un programme.

Mais l’est-elle vraiment ? Les quelques passages avec la mystérieuse autrice du livre pour enfant (dont je tais à dessein l’identité pour ne pas trop vous divulgâcher des éléments importants) qui semble raconter les éléments de la vie de Chii et Hideki laissent à penser que non et que le créateur de Chii poursuivait justement un certain but en la créant. Personnellement, j’imagine qu’il cherchait à prouver que les programmes peuvent développer des émotions mais je me trompe peut-être ? À voir.  Bref, cette intrigue ainsi les réactions des différents personnages permettent de construire un fond réflexif assez solide tout en donnant la parole à chaque point de vue sans pour autant oublier l’intérêt de l’histoire en elle-même. Un beau boulot et je n’ai qu’une hâte : lire le tome 6 !

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

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Lilysatis (aka Aurélie Mendonça) m’a offert le premier tome de Reborn ! lors d’un concours et j’étais très curieuse de découvrir ce manga qui compte tellement à ses yeux qu’elle en a tatoué l’un des personnages sur sa peau. Je dois dire que la lecture de ce premier tome m’a décontenancée… Et je vais tenter de vous expliquer pour quelle raison.

Déjà, le pitch de base n’est pas (si) banal : Tsunayoshi Sawada est un raté autant sur un plan scolaire que sportif. Sa mère décide donc d’engager un prof particulier, Reborn, qui est… un bébé en costume (?!) mais aussi le plus puissant tueur à gage de la mafia italienne. Il travaille d’ailleurs pour la famille Vongola dont le chef l’a envoyé au Japon pour former Tsuna à prendre sa suite puisque tous les autres candidats sont morts et qu’il est le dernier avec du sang Vongola dans les veines. Ma première réaction à la lecture du résumé a été de sourire et de penser : mais what the fuck ?!

On sent directement qu’il ne faut pas attendre de ce titre quelque chose de sérieux et juste se laisser porter par le délire. Il se passe d’ailleurs plein de choses pendant ce premier tome, presque… trop de choses si on veut être honnête. Les gags s’enchainent au point de devenir prévisibles et un peu lourds, des personnages arrivent trop rapidement, ça part dans tous les sens et dans tous les excès avec le concept de balle de la dernière volonté. En deux mots, il s’agit d’une technologie propre à la famille Vongola qui fait que quand on tire dans une partie du corps avec, on obtient un pouvoir spécifique et si elle « tue » elle ramène sa victime à la vie avec une énergie supérieure qui la pousse à accomplir sa dernière volonté. Au bout de cinq minutes, la personne redevient totalement normale. Par contre si on tire sur quelqu’un qui n’a pas de regret et donc de dernière volonté, la balle sert juste à le / la tuer…

Les idées sont présentes, hélas c’est un peu trop brouillon à mon goût et si j’ai souri une fois ou deux, j’ai quand même trouvé ce tome assez long, lourd, sans réussir à comprendre où le mangaka voulait aller. Je me suis alors renseignée, perplexe, pour comprendre ce qu’Aurélie trouvait de si extraordinaire à ce manga et je suis tombée sur un article qui expliquait qu’au tome 8 (la série en compte 42) le manga prend un tournant radical, gagne en sérieux, se complexifie, etc. Je pense donc continuer à découvrir cette série pour juger par moi-même mais plutôt en l’empruntant dans une bibliothèque. Après, honnêtement, si je n’avais du me fier qu’à ce premier tome sans savoir à quel point cette série comptait aux yeux d’une autrice que j’apprécie, j’aurais cessé l’aventure aussi sec. Comme quoi, parfois, cela vaut peut-être la peine d’aller un peu plus loin… Suite au prochain épisode donc !

D’autres avis sur ce tome : SunreadAsia4Ever2 – vous ?

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Je vous ai parlé du tome 9 sur le blog à la fin du mois de novembre en partageant une réflexion au sujet des suites qui mettent trop longtemps à sortir (à mon goût) et font que mon intérêt a tendance à décliner, sauf pour de rares titres. Cela commençait à être le cas avec Tokyo Revengers mais le dixième opus a prouvé que, quand un mangaka s’en donne la peine, même plusieurs mois entre deux tomes ne constituent pas un réel problème pour stimuler l’intérêt des lecteurs. Je trouve que ce volume rend un nouveau souffle à la série et gagne encore en violence avec des enjeux qui se précisent et des décisions à prendre qui ne sont pas évidentes sur un plan moral. Une fois de plus, Takemichi a du retourner dans le passé afin d’empêcher un affrontement entre le Toman et le Black Dragon dont l’issue risque de changer totalement la personnalité de Hakkai, avec les conséquences que l’on sait sur le futur. Mais cette fois, il ne devra pas trouver seul des solutions puisqu’il va avouer toute la vérité à quelqu’un…

Même si je n’ai eu aucun mal à me replonger dans l’histoire, je regrette toujours que l’éditeur (ou le mangaka ?) n’ajoute pas un récapitulatif des personnages et des tomes précédents au début de cette série alors que ça se fait régulièrement ailleurs (et même chez Glénat de mémoire). Son absence pose un vrai problème à mon sens pour des tomes un peu plus « faibles » ou « de transition » comme l’était, par exemple, le 9.

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

Et voilà c’est déjà terminé ! Il faut dire qu’il n’y a pas toujours énormément à écrire au sujet des suites et c’est bien pour ça que je rassemble plusieurs tomes en un seul article. N’hésitez pas à me donner vos propres impressions dans les commentaires 🙂

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #22 { Kingdom of knowledge #1 ; Shikabana #1 ; Nosferatu #1 }

Bonjour à tous et à toutes !

On se retrouve pour un nouveau rendez-vous manga avec trois premiers tomes de séries qui sont sortis récemment et qui ont titillé mon intérêt. Malheureusement, comme vous allez le constater, ça n’a pas vraiment été une réussite…

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Fei est un gnome, il vit dans la bibliothèque de l’Empire avec son peuple car ils sont les seuls à pouvoir lire d’anciens manuscrits qui renferment d’immenses savoirs. Ils ont des milliers de volumes à traduire et ne pourront voir le monde extérieur qu’une fois ce travail achevé. C’est chose faite huit ans après le début du manga, sauf que ça sonne la fin des leurs, les humains refusant que leurs secrets soient répandus partout. Fei est le seul à en réchapper et il jure de se venger…

Ce manga est une nouveauté récente parue chez Kana dans sa collection Dark Kana. L’éditeur présente ce titre comme de la dark et de la tactical fantasy, autant dire que j’étais impatiente de le découvrir sauf que… Selon moi, le terme dark fantasy est très mal employé ici et ce serait super qu’on arrête de mettre dans ce sous-genre toute œuvre où on voit du sang et des morts. La dark fantasy, c’est plus que ça. C’est une idéologie d’ensemble qu’on ne ressent absolument pas sur ce premier volume trop classique à mon goût que ce soit sur son idée ou sur sa mise en place. Quant à l’aspect tactique, on ne peut nier sa présence puisque le héros utilise ses connaissances théoriques acquises dans des livres pour vaincre des ennemis toutefois j’ai trouvé que le (la ?) mangaka l’amenait d’une manière plutôt grossière. Tout va trop vite et paradoxalement, c’est long… Du coup, flop pour moi mais si vous êtes moins à cheval que moi sur les terminologies et les attentes générées par un tel titre, alors n’hésitez pas.

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Kyoto, de nos jours. Tsuyu vit avec Mizore, sa copine depuis le lycée et ne sait pas trop où il va dans la vie. Un soir, Mizore subit un accident de la route. Tuée sur le coup, ce nouveau malheur affecte Tsuyu qui se raccroche à une mystérieuse lettre laissée par Mizore qui le supplie de ne pas brûler son cadavre car un miracle pourrait se produire.

En guise de miracle, c’est plutôt un cauchemar. Ce premier tome se révèle très introductif mais c’est logique puisqu’il y a beaucoup à dire. En général, ça m’agace toutefois ici, ce n’est pas trop mal fait et ça s’incorpore plus ou moins bien dans le manga bien qu’il y ait un petit côté « explication à la Rukia » (les fans de Bleach comprendront) qui m’a fait tiquer. Pourtant, Kei Monri prend son temps pour poser la relation entre Tsuyu et Mizore, afin que le lecteur ne reste pas indifférent aux malheurs du garçon. Il y a un côté très tragique et sombre à ce titre qui m’a vraiment plu et qu’on ressent dés la couverture. Les soucis que j’ai rencontré avec Shikabana arrivent après, quand on découvre le concept de kuroe et qu’on apprend que ces créatures utilisent les cadavres comme vaisseau pour se développer avant de naître. Il existe (évidemment) une section plus ou moins secrète de la police qui les traque, groupe que va rejoindre Tsuyu dans l’espoir de sauver Mizore. Évidemment, Tsuyu n’est pas sorti indemne de sa rencontre avec le kuroe qui habite le corps de sa copine et développe des pouvoirs qui font tomber ce titre tête la première dans le horror-body.

Vous le sentez, cet aspect hyper classique et ce schéma convenu ? D’autant que la section élimine les kuroes, les tue quoi. Tsuyu se rend alors bien compte qu’il a commis une erreur en les rejoignant mais il reste quand même avec eux pour… Quoi ? Je n’ai pas bien saisi. Si les différents éléments de fond sont intéressants, la manière dont l’histoire est présentée sur ce premier tome est trop vue et revue à mon goût. Toutefois, je suis certaine qu’il ravira les adeptes d’horror body vu la qualité du chara-design et surtout, les lecteurs moins lassés que moi ! D’autant que la série est achevée en trois tomes et que c’est la première de ce duo d’auteurs donc… Pourquoi pas ?

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Je vais être sincère : j’ai acheté ce manga uniquement pour sa couverture magnifique en lisant à peine le résumé qui, pourtant, parle bien d’une femme amnésique (soit un des ressors narratifs que je déteste le plus au monde) ainsi que de créatures sanguinaires dans une époque qui ressemble un peu au Moyen-Âge… Vu, vu et revu, classique quand tu nous tiens. Toutefois, j’ai cédé à l’appel du chara-design et si ce titre est effectivement beau graphiquement, il ne contient rien de renversant en terme de concept ou d’intrigue, allant même jusqu’à récupérer grossièrement le mythe qui entoure la famille Bathory. Tous les poncifs du genre sont représentés : la belle femme amnésique qui se rappelle pourtant comment se battre avec son épée et ce, à la perfection, le jeune garçon innocent qui va partir avec elle à l’aventure, une gentille héritière qui se fait abuser par ses serviteurs et qui est mise de côté dans le remariage de son père, une église qui monte une troupe d’élite pour affronter les Nosferatu qui avaient disparu mais en fait non… et je suis trop lassée de ceux-ci pour aller voir au-delà de ce premier volume que j’ai pourtant apprécié lire, sans hélas ressentir l’étincelle qui me donne envie de continuer.

Et voilà, c’est déjà terminé ! J’ai conscience de passer pour une emmerdeuse aigrie via ces brefs retours mais si j’ai choisi de vous parler de ces mangas malgré mon sentiment tout personnel c’est parce que je pense sincèrement qu’ils peuvent plaire à un autre public que moi car ils ne sont pas dénués de qualité, autant sur un plan graphique que conceptuel. Ils ne me conviennent juste pas. Heureusement, sur les quatre nouveautés il y en a une qui a su me plaire et à laquelle je vais consacrer un article plus long très bientôt.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #19 { Billy Bat #1, Blue Flag #1 & Tokyo Revengers #1 aka les bons conseils de l’Apprenti Otaku ! }

Bonjour à tous !
Je vous propose aujourd’hui un épisode un peu spécial d’à l’ombre du Japon puisqu’il va rassembler un court retour sur trois premiers tomes lus récemment sous le conseil d’un blogueur que vous connaissez peut-être (et si ce n’est pas le cas, vous savez ce qu’il vous reste à faire 😉 ) à savoir l’Apprenti Otaku.

J’ai découvert ce blog par hasard il y a quelques mois déjà mais j’ai le sentiment de le lire depuis toujours. Grâce à son exploration du monde manga et de son Histoire, chaque article est une petite bulle culturelle à lui tout seul et il est à l’origine de certains de mes coups de coeur comme l’excellentissime Beastars. Récemment, j’ai acquis sous ses conseils plusieurs séries qui n’ont pourtant pas grand chose en commun… Hormis l’origine de leur achat ! C’est donc pour cette raison que je rassemble ces trois mangas en un seul article ainsi titré. À présent que les choses sont claires… C’est parti !

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Blue Flag est une tranche de vie / romance (attends avant de t’enfuir) dessinée et scénarisée par Kaito. Au départ, je dois avouer que je n’y croyais pas des masses pourtant j’ai immédiatement été séduite par le personnage principal : Taichi. Un garçon comme n’importe quel autre, qui se retrouve dans sa classe de Terminale avec son ancien ami d’enfance (Tôma) et une fille amoureuse de ce dernier (Futaba) qui va lui demander des conseils en pensant que les deux amis sont toujours proches. Le pitch de base ressemble à une mauvaise comédie romantique sauf que ça fonctionne à merveille. Le mangaka propose des volumes plutôt épais, ce qui permet aux relations de lentement se mettre en place. On découvre ainsi que Blue Flag possède une profondeur inattendue portée par un trait sensible et maîtrisé. Je ne me suis pas vue arriver à la fin et j’ai tout de suite commandé les tomes suivants à ma librairie. Un article plus détaillé viendra probablement lorsque j’aurai terminé la série qui compte huit tomes en tout.

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Billy Bat est… euh… un seinen, ça d’accord, sauf qu’il m’est difficile de le qualifier plus précisément tant il sort du lot ! À l’heure actuelle, j’ai lu trois tomes (gentiment prêté par mon libraire, merci Geoffrey :3) et je ne suis toujours pas bien sûre de ce que je suis en train de lire. En quelques mots, l’intrigue principale se déroule en 1949 et suit Kevin Yamagata, un dessinateur de BD américain mais d’origine japonaise, comme son nom l’indique. Il est derrière la fameuse série Billy Bat que beaucoup de gens adorent sauf qu’il apprend fortuitement que ce personnage existait déjà dans une BD japonaise qui date de plusieurs années. Craignant d’avoir plagié par accident et très à cheval sur son refus de voler (même sans le vouloir), Kevin part donc au Japon en quête des origines de Billy. C’est là que tout part en cacahuète parce que le pauvre Kevin s’embarque dans une histoire de dingue. Et tout ce qui lui arrive le ramène invariablement vers le personnage de Billy, qui semble bien plus ancien qu’il n’y paraît.
La série est terminée en vingt tomes et je compte tous les lire donc il y aura probablement un article plus complet à ce sujet mais je tiens déjà à souligner le travail d’écriture sidérant de la part de Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki. J’ai rarement été confrontée à un manga aussi complexe, aussi bien référencé. Chaque fois que je tourne une page, je ressens vraiment l’impression de me plonger dans un monument, une œuvre qui a ou va marquer l’histoire du manga.

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Encore un shonen de bagarre sauf que celui-ci est bien plus solide et sérieux que d’autres que j’ai pu lire jusqu’ici. Pourtant, ça partait mal puisque le concept se base sur le voyage dans le temps et vous savez à quel point je déteste ça. Ici, toutefois, ça fonctionne assez bien et n’étouffe pas l’intrigue. En quelques mots, du haut de ses 26 ans, Takemichi a globalement raté sa vie. Un jour, il entend à la télévision que sa petite amie du collège a été tuée dans un affrontement entre yakuzas. Choqué, il a un accident (en passant sous un train) qui le ramène douze ans en arrière, à l’époque où il pourrait peut-être changer les choses en prenant des décisions différentes pour son avenir. Des décisions qui l’amèneront à fréquenter le leader du gang Tokyo Manji-Kai.
Tout fonctionne dans ce titre, des personnages à l’intrigue. Le seul point qui m’emballe un peu moins, c’est le chara-design. Je ne le déteste pas mais ce n’est pas trop mon type de trait. Pourtant, je n’ai eu aucun mal à passer outre… Dingue, quand on sait à quel point je peux être pointilleuse là-dessus ! Cette série est toujours en cours avec 18 tomes au Japon pour 8 chez nous. C’est donc une série longue qui se profile mais si elle reste dans la continuité qualitative de ce premier tome, je crois que je ne vais pas me priver de la suite.

On se quitte déjà mais rassurez-vous, je lis tellement de mangas ces derniers jours que je vais enchaîner les articles à ce sujet en mettant un peu les romans de côté. Enfin, pas trop quand même, parce que j’ai des services presses qui m’attendent. Ceux qui préfèrent ce type d’article ne seront donc pas en reste, pas de panique !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #8 { One Piece #3, Jagaaan #1, Black Butler #1, #2, #3, Beastars (anime) }

Bonjour à tous !
Nouveau rendez-vous manga avec des relectures de mes sagas fétiches et la découverte d’un titre proposé gratuitement par Kazé (que je remercie !). Sachez que plusieurs éditeurs mangas agissent pendant le confinement et offrent des tomes numériques ou la lecture accessible sur leur plateforme comme Glénat ou Kana. Kazé a poussé plus loin en offrant les trois premiers tomes de plusieurs séries que vous pouvez télécharger un peu partout à votre convenance. C’est un bon moyen de découvrir des titres vers lesquels on ne se serait pas tourné autrement.

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Ce tome marque la fin du combat contre Baggy et l’arrivée au village de Pipo (Usopp). Cela signifie que l’arc du Capitaine Crow s’ouvre. Mais si, cet homme qui se fait passer pour un gentil majordome dans le but d’hériter de la fortune d’une jeune fille malade et fragile qui est aussi l’amie de Pipo… À mon sens, dans ce tome, on abandonne le ton plus léger et superficiel entrevu auparavant pour aborder des thématiques plus sérieuses. Pipo est l’enfant d’un pirate qui appartient à l’équipage de Shanks (que Luffy a donc connu, comme c’est pratique). Pipo idéalise son père (qui l’a pourtant abandonné…) et comprend son besoin de liberté. Il rêve lui aussi de devenir pirate mais comme il est plutôt trouillard, disons que ça part mal. Pipo n’est pas un personnage que j’appréciais particulièrement auparavant mais mon opinion a changé en relisant ce tome, ce que je trouve intéressant comme expérience. Comme quoi, relire certains titres avec un regard plus adulte, ça change tout !

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Jagasaki est un flic de quartier qui mène une vie assez monotone. La plupart des gens lui marchent dessus et ne le respectent pas, du coup il rêve de les descendre… sans jamais passer à l’acte. Puis un beau jour, une pluie de grenouille s’abat sur la ville et va transformer les gens en détraqués, des espèces de monstres qui exacerbent les sentiments violents de leurs victimes. Un hibou bizarre du nom de Doku va expliquer les nouvelles règles du jeu à Jagasaki, qui semble être une sorte d’élu (achevez-moi). Lui aussi est d’ailleurs infecté par un têtard de détraqué (pitié…), ce qui explique qu’il puisse contenir et ralentir sa transformation (bah tiens c’est pratique). Comme ça ne suffira pas, il doit ingérer les crottes du hibou (ACHEVEZ-MOI) produites après qu’il ait mangé l’une des grenouilles qui infectait un corps. Corps que Jagasaki a tué, bien entendu.
Voilà voilà.
Alors je sais que souvent, quand on pense Japon, on imagine cet aspect what the fuck et je n’ai aucun problème avec ça mais… Sérieusement ? Selon moi, rien ne fonctionne dans cette intrigue qui exploite des poncifs vus et revus dans le genre en proposant un héros franchement pas très crédible. Il passe à l’acte d’un coup alors qu’il se retient depuis longtemps et n’inspire pas une once de compassion. Son seul atout de Jagaaan à mes yeux est son esthétique. Le dessinateur maîtrise très bien l’aspect horreur et émotion qu’on décrypte sans problèmes sur les visages. Si le style graphique n’est pas celui que je préfère, je ne peux pas nier le soin apporté à cette partie qui rend l’ambiance crédible à défaut du reste. Je ne suis pas mécontente d’avoir jugé par moi-même ce manga mais il est certain que je ne vais pas lire la suite, même si les trois premiers volumes sont gratuits en numérique.

Black Butler compte parmi mes sagas favorites que j’ai commencé il y a une éternité et la seule série longue dont je continue à acheter les tomes sans une hésitation. Mais en relisant le premier je dois avouer que je lui ai trouvé plusieurs défauts. C’est clairement un volume d’introduction qui laisse perplexe pendant les deux tiers de la lecture : qui est cet enfant ? Qui est ce majordome à qui rien ne semble résister et qui a plus que probablement des pouvoirs surnaturels pour gérer à ce point? Quel intérêt de nous raconter par le menu sa journée de travail et comment il a rattrapé les conneries des trois autres membres complètement inutiles du personnel ? Yana Toboso pose les bases de son univers avec une certaine maladresse et les chapitres s’enchaînent avec un rythme qui laisse parfois à désirer.
Pourtant…
Il y a ce dessin, qui clôture le chapitre deux ou trois. Celui où on voit le vrai sourire de Sebastian et où on comprend que ouais, clairement, ce mec est hyper louche et pas dans le bon sens du terme. Où on comprend aussi que ce ton humoristique british un peu what the fuck cache quelque chose. Je me rappelle, à l’époque, avoir eu envie de savoir quoi en partie parce que j’ai été conquise par le trait de Yana Toboso (je suis superficielle, tu peux me juger). J’ai donc acheté la suite pour ne plus jamais arrêter.
Dans le tome 2 commence l’arc classique de toute histoire londonienne du 19e siècle à savoir Jack l’Éventreur. Si j’avais entamé le manga maintenant, aucun doute, j’aurais abandonné en roulant des yeux très fort avant de balancer le manga dans un coin. Enfin… Peut-être pas. Parce qu’on commence à prendre conscience d’à quel point Sebastian est retord, d’à quel point sa relation avec Ciel est malsaine. Puis on découvre aussi de nouveaux personnages iconiques : L’Undertaker et Grell. Et enfin, la réécriture de la légende mainte fois usitée jusqu’à la corde est plutôt bien trouvée. Dans l’ensemble, j’adhère. Cet arc court sur les tomes 2 et 3. À la fin de ce dernier, on voit apparaître Agni et le Prince et ça m’a surprise car dans mes souvenirs, ça venait plus tard. Mais une bonne surprise, rassurez-vous…
Donc concrètement, Black Butler, c’est génial. Toutefois, si vous commencez la saga aujourd’hui, gardez à l’esprit que ça se bonifie clairement avec le temps. Autant l’histoire, l’intrigue, le rythme que la traduction française qui manquait quand même un peu de relecture sur les répétitions à l’époque…

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Quelques mots au sujet de cette saga dont j’ai souvent entendu parler chez l’ami Otaku mais qui ne m’attirait pas parce que son concept d’animaux humanoïdes… Meh. Pourtant, quand j’ai vu l’animé sur Netflix qui comptait douze épisodes et l’enthousiasme de certains je me suis dit que j’allais tenter l’aventure.
Oh.
Mon.
Dieu.
J’étais pas prête pour la claque que je me suis prise. L’animé couvre les six premiers tomes (il s’arrête +- à la moitié du 6) et la première chose que je fais quand ma librairie rouvre c’est d’aller acheter le tome 6 et tous les suivants. J’ai adoré ce manga d’une profondeur inattendue. L’intrigue prend place dans une école où les herbivores et les carnivores cohabitent. Un meurtre est commis sur un herbivore, c’est clairement l’œuvre d’un carnivore, mais lequel? C’est sur ce fond qu’on rencontre Legochi, un loup gris un peu gauche qui lutte contre ses instincts de prédateur et a de plus en plus de mal. Il appartient au club de théâtre comme régisseur technique et est le héros de cette histoire. Il est absolument fascinant, crédible, intense. Ses interactions avec le personnage de Louis provoquent des frissons et sa relation avec Haru est superbe. Pour ne rien gâcher, cette série traite de nombreux thèmes comme la discrimination, la difficulté de respecter les règles du vivre ensemble quand elles vont contre notre nature,… C’est une magnifique métaphore sur notre propre société qui nous met le nez dans nos travers. Je ne peux que vous recommander de jeter un œil à cet animé (ou à lire le premier tome si vous préférez) sur lequel je ne vais pas manquer de revenir à l’avenir. Personnellement, j’ai binge-watché les douze épisodes d’un coup en une soirée, ce qui ne m’était plus arrivé depuis une éternité. C’est dire à quel point ça vaut le coup.

Et voilà, c’est déjà terminé pour cette fois !
Et vous, vous (re)lisez quoi en ce moment ? 🙂

À l’ombre du Japon #7 {Noragami #4, Otaku Otaku #1, Parasites amoureux #1, One Piece #1 & #2}

Bonjour à tous !
C’est l’heure d’un nouveau rendez-vous manga qui a mis un peu de temps à arriver. Avec le confinement, je n’ai pas pu me procurer toutes les nouveautés que j’espérais. J’attends pour ça la réouverture de ma librairie préférée et je refuse de commander en ligne, histoire de les soutenir à ma mesure quand elle pourra reprendre son activité. Du coup, j’ai décidé de relire d’anciennes séries comme vous l’avez peut-être constaté dans le titre, ce qui m’a permis d’avoir assez de matière pour vous concocter un petit article.

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Ce tome reste dans la continuité qualitative des précédents. Il nous permet d’en apprendre davantage sur Bishamon et sur sa situation avec ses shikis. On découvre aussi davantage d’informations sur les manigances de Nora.. À l’instar des trois premiers, ce volume est bien rythmé entre émotions et révélations. L’auteur n’en fait pas trop, l’équilibre est nickel. J’ai hâte de dévorer la suite ! Je n’en reviens toujours pas de ne pas avoir commencé cette série plus tôt.

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En règle générale, je ne suis pas du tout attirée par un manga qui parle d’amour ou de relations amoureuses mais ma libraire m’a chaudement recommandé la lecture de ce titre. J’ai bien fait de l’écouter ! Otaku Otaku est un titre construit comme une série de scènes courtes avec un équilibre maîtrisé entre l’aspect comique et le côté plus sérieux. Narumi et Hirotaka ont 26 ans, sont amis d’enfance… et sont deux otakus ! Un soir, Narumi, saoule, désespère que sa condition d’otaku l’empêche de trouver un copain. Hirotaka lui propose de sortir avec lui et leur relation commence aussi simplement que ça. Les deux personnages sont attachants chacun à leur manière et je n’ai eu aucun mal à m’identifier à eux. Un autre point important à souligner, c’est le respect de l’auteur pour la condition d’otaku. On ne sent pas de réel jugement si ce n’est celui des autres, au sein du manga, et des difficultés que peuvent rencontrer les personnages à être ainsi au Japon. C’est clairement une œuvre bienveillante et intelligente dont j’ai très hâte de découvrir la suite ! Pour ne rien gâcher, le dessin est soigné et pas shojo pour un sou, ce qui est une très bonne chose pour moi.

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Kengo Kosaka est chômeur et Hijiri Sanagi une lycéenne qui ne va plus en cours. Un homme mystérieux fait chanter Kosaka pour qu’il devienne l’ami de Sanagi et lui fournisse des renseignements à son sujet. Pour cette raison, ils vont se rapprocher, apprendre à se connaître et découvrir les TOCs dont chacun souffre. J’ai beaucoup aimé la douceur et la mise en place de ce premier volume. Je trouvais l’histoire crédible et belle, ça aurait été un coup de cœur… sans les trois dernières pages qui transforment Parasites Amoureux en une espèce de science-fiction bizarre à base de parasite qui contrôle les émotions avec un cliffhanger forcé et si mal amené que ça en devient ridicule. J’ai eu vraiment l’impression que l’éditeur a demandé un tome 2 subitement et que le scénariste a balancé la première idée qui lui est passé par la tête. Alors vous allez me dire, c’est dans le titre… Sauf que y’a une explication métaphorique du titre dans le manga du coup, un peu naïvement, je me suis laissée avoir. Je pense que je vais considérer Parasites amoureux comme un one-shot sur la manière dont on peut vivre avec des TOCs, en guérir et sur l’importance de l’empathie. Et je vois pas pourquoi je n’aurais pas le droit de décider d’amputer des œuvres, voilà. /PAN/

Confinement oblige, j’ai du me rabattre sur de vieilles séries et je me dis… quoi de mieux que One Piece en cette période trouble et un peu malsaine? Vous connaissez tous probablement l’histoire de Monkey D. Luffy, le garçon élastique qui rêve de devenir Seigneur des pirates et va pour cela rassembler un équipage hors du commun. J’ai retrouvé avec plaisir et surtout beaucoup de nostalgie les débuts de ce héros inégalable : son enfance où on apprend l’origine de son chapeau et de son désir de piraterie, sa rencontre avec Zorro et Nami, le premier combat d’envergure contre Baggy le Clown… Baggy quoi ! Quel personnage, franchement. Je me souviens que c’est lui qui, à l’époque, m’a fait adhérer au manga. Après, clairement, One Piece est un shōnen qui en respecte les codes à la lettre et qui a presque participé à la création des codes en question tant c’est une institution. Si je le lisais aujourd’hui, je crois que ça me gonflerait prodigieusement. Mais la nostalgie, les bons souvenirs et la certitude que ça gagne en maturité par la suite font que je préfère m’imprégner de la loyauté et de l’amitié mise en avant par Eiichiro Oda. Ça fait du bien un peu de beauté dans ce monde de brute. Vous assistez donc ici à un superbe exemple de poudre aux yeux et de mauvaise foi de ma part, je plaide coupable.

Et voilà c’est déjà terminé !
N’hésitez pas à me parler de vos dernières lectures mangas 🙂
Qu’est-ce que vous reliriez bien pendant ce confinement ?

À l’ombre du Japon #1 {Reine d’Égypte #6, Teacher Killer #2, Berserk #3 & #4, Black Butler #28}

Bonjour à tous !

Je procrastine depuis longtemps (ça va devenir mon slogan…) sur la création d’une rubrique de ce type (j’assume ce titre, si si) concernant les mangas. J’ai tendance à chroniquer le premier tome d’une série quand je la juge prometteuse mais j’ai du mal à évoquer les suites pour deux raisons. La première, j’ai l’impression de me répéter (et j’aime pas ça) et la seconde, c’est que ça donne des articles vraiment trop courts. Donc j’ai décidé d’enfin (sortez les confettis) mettre en place un article qui regroupera plusieurs brefs avis sur les tomes suivants des sagas que je lis.

Notez que pour combattre le divulgâchage (si si, c’est beau non?), les informations à risque seront dissimulées comme d’habitude par une écriture en blanc que vous pourrez découvrir en surlignant.

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Ce volume s’étend sur plusieurs années et marque un tournant dans l’évolution d’Hatchepsout. Un nouveau personnage entre en scène à point nommé pour l’aider à développer le commerce égyptien. Pour rappel, c’est l’idée phare de la reine afin d’arrêter les guerres et d’unifier l’empire par autre chose que le sang. On n’a aucune nouvelle de son fils jusqu’aux dernières pages du volume qui laisse présager une suite plus sanglante.
Comme à chaque fois, j’ai été passionnée par ma lecture et par le personnage d’Hatchepsout, cette femme pharaon qui doit se battre contre les préjugés liés à son sexe et sans arrêt prouver sa valeur. Sans compter les sacrifices que cela implique… Franchement, j’ai été révoltée pendant ma lecture. J’ai hâte de lire la suite !

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Le pitch de base: Riko a perdu ses parents, assassinés par Mr Satou qui est aussi son enseignant. Mr Satou est un tueur de tueurs, Riko lui demande de lui apprendre son art afin qu’elle soit capable de le tuer un jour. Ouais, déjà le concept de base est bien barré : j’adore ! Dans ce tome, on apprend la vérité sur la mort des parents de Riko et deux nouveaux personnages entrent en scène. J’avoue sur le coup… J’ai freiné des quatre fers. Pas moyen, triangle amoureux en vue HELP ! Finalement, j’ai été rassurée par le mot de l’auteur à la fin qui n’a pas honte d’affirmer haut et fort son envie de pervertir les codes de la romance en les adaptant à la situation de son manga. Franchement, c’est plutôt malin et j’adore. Je vais donc continuer cette saga avec entrain.

Aaaah Berserk. C’est compliqué. Je suis complètement allergique au chara-design mais mon petit frère me harcèle pour que je continue de lire. Littéralement. Les suites apparaissent sur ma table de nuit avec des mots dessus style : LIS ! J’vous jure. Du coup, je fais de gros efforts pour passer outre et je dois avouer que tout l’aspect « passé » de Gutz est plutôt intéressant. Pas de quoi tout lâcher pour lire les quarante tomes d’une traite toutefois mais allez, je lui laisse encore sa chance pour deux volumes.

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Gros gros grooooos coup de cœur pour ce manga depuis des années. Dans le tome précédent, on a appris la vérité sur le pacte qui lie Ciel et Sebastian. Ici, on découvre les conséquences avec la réapparition du frère jumeau et l’éviction de l’imposteur. Ce frère, il lui manque une case et si je n’étais pas trop convaincue sur le tome d’avant, je le suis davantage désormais. J’ai failli perdre la foi, honte sur moi. Je hâte de lire leur affrontement mais ça risque de prendre encore un peu de temps puisque la publication française a rattrapé celle du Japon. Une saga incontournable selon moi qui appartient à mon top 3 des meilleurs mangas de tous les temps.

Et voilà, c’est déjà terminé 🙂
N’hésitez pas à me donner vos avis sur les séries dont je parle ici ♥

4life #1 crépuscule – Antoine Dole & Vinhnyu

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4life est le premier tome d’un diptyque de manga français dans le genre seinen, scénarisé par Antoine Dole et dessiné par Vinhnyu, lauréat du second tremplin Ki-oon. Le premier tome vient de sortir, à l’occasion de la Japan Expo, et est disponible au prix de 7.60 euros.

Si vous êtes comme moi, quand vous voyez un manga français, vous faites demi tour et reposez rapidement l’hérésie concernée sur l’étagère de votre librairie en pestant pendant au moins une heure avec vos libraires. Je suis assez carrée là-dessus, à la limite de l’emmerdeuse professionnelle. Je n’ai encore jamais lu un manga français qui soit à la hauteur mais c’est vrai que mes quelques malheureuses expériences ne m’ont pas non plus donné envie de me pencher sur la production dans le détail. Alors, me demanderez-vous, pourquoi ai-je acheté 4life?  Déjà parce que je n’avais pas lu le nom de l’auteur (ouais, je sais…) et ensuite, parce que le résumé me branchait bien. Et vous savez quoi? Les préjugés, c’est mal, voilà. Parce que ce tome 1, l’air de rien, est prometteur !

4Life raconte l’histoire de quatre parisiennes, passionnées par le manga et le cosplay. En se rendant en convention, leur bus a un grave accident qui les expédie à l’hôpital. Quand elles se réveillent, des évènements étranges commencent à se produire, en lien avec leurs cosplays. Et elles auront besoin de ces nouveaux pouvoirs pour affronter la menace qui vient d’apparaitre en ville.

Au départ, je m’attendais à lire du magical girl assez classique. Quelle surprise de découvrir un univers carrément sombre et tordu ! Chaque héroïne a une situation familiale qui lui est propre et des goûts particuliers en matière de cosplay. Elles représentent plusieurs profils de cosplayeuses même si elles entrent dans des archétypes convenus. J’ai trouvé les références intéressantes et le traitement des fans de manga plutôt bienveillant. Quant aux idées du scénario, si c’est parfois un peu brouillon et rapide, Antoine Dole se montre plutôt inspiré pour les rebondissements. Au point de lire ce tome d’une traite en moins d’une demi heure !

Quant au dessin de Vinhnyu, je le trouve très asiatique, loin de ce que je reproche d’habitude aux dessinateurs européens qui s’essaient au manga. Il me paraît plus que prometteur. C’est simple, avant de remarquer un nom français sur la couverture, je pensais lire un vrai manga venu du Japon. Pas le meilleur, pas le plus original ni le plus marquant, mais un bon divertissement tout de même avec des idées qui sortent du lot.

En bref, je recommande ce seinen à ceux qui aiment l’univers du cosplay et qui apprécient les histoires courtes, rythmées. 4Life me rend un peu d’espoir concernant la production française de manga et je suis ravie d’avoir découvert cette histoire. Je sais déjà que je lirai le tome 2 !

Sur la piste des dragons oubliés – Élian Black’mor & Carine – M

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Sur les pistes des dragons oubliés est un ouvrage graphique publié aux éditions Glénat au prix de 39,5 euros. Il a été réalisé par Élian Black’mor et Carine-M, un duo qui a produit plusieurs ouvrages extraordinaires que je vous invite à découvrir sur leurs sites respectifs, en cliquant sur leurs noms. Magnifiquement illustré, il met en scène le journal de l’aventurier Élian Black’mor dans sa quête des légendaires dragons.

Il m’est assez difficile d’évoquer un ouvrage de ce genre, parce que je ne suis pas familière de ses codes et des attentes qu’on peut en avoir. Je vais donc me contenter de vous livrer mon ressenti après lecture, ce sera un peu plus court que d’habitude mais ça vient du cœur.

Déjà, les illustrations sont magnifiques. De ce que j’ai compris, les deux auteures travaillent ensemble et le résultat est absolument sublime. Les croquis des dragons, l’impression de vraiment feuilleter un journal de recherche, ils ont pensé à tous les petits détails: du billet de train aux marques de papier collant, aux ratures, à l’écriture manuscrite, c’est un objet sublime que je suis très heureuse de posséder. On perd facilement plusieurs minutes à scruter chaque page à la recherche d’un détail qui aurait pu nous échapper, à déplier certaines illustrations, à tourner et retourner le livre dans tous les sens pour lire les légendes de certaines photographies ou les annotations. C’est vraiment ludique !

L’histoire en elle-même est, par moment, un peu difficile à suivre, mais c’est le format du journal qui veut ça. D’ailleurs, j’ai trouvé le concept plutôt intéressant: tout n’est pas très clair tout le temps, mais si on lisait nous-même le journal d’un aventurier, est-ce qu’on comprendrait les moindres détails? Il y a forcément des éléments qui resteront obscurs, parce qu’ils étaient clairs dans l’esprit de l’auteur et qu’il n’a pas ressenti le besoin de les noter. Finalement, ça participe au réalisme du livre, même si ça a un petit côté frustrant et pas toujours très clair.

Si vous aimez les ouvrages graphiques et les illustrateurs de talent, je vous recommande très chaudement ce carnet de voyage fantastique. La version que j’ai lue rassemble plusieurs tomes qui constituent le premier cycle. Le prix peut paraître très élevé au premier abord mais, honnêtement, le travail effectué sur le livre en fait surtout un livre-objet, tout est en couleur, les nuances sont bien gérées, la personne qui a fait la maquette a dû partir en dépression nerveuse dans la foulée tellement c’est millimétré. Vraiment un beau travail !

C’est sans conteste un ouvrage indispensable pour tous les accros aux dragons et aux voyages extraordinaires.