À l’ombre du Japon #50 { Premier contact avec… Bakemonogatari }

Un peu d’histoire…
Le premier tome de cette série date de mai 2019 et j’ai tout de suite été attirée par la couverture. Il faut dire que le dessin de Oh ! Great à qui on doit également la série Air Gear (dont je garde un vague mais bon souvenir) est d’une qualité exceptionnelle. Pourquoi avoir attendu presque trois ans, dans ce cas ? Et bien tout simplement parce que le résumé parlait d’un lycée mordu par un vampire…

Et franchement, j’en ai ma claque des vampires.

J’en suis à un stade de rejet pathologique alors même que j’adorais cette créature et que j’ai du lire presque tout ce qu’on a écrit sur le sujet entre le début de la parution d’Anita Blake et 2017 / 2018. Bon, j’exagère, mais pas loin… Du coup, j’ai reposé le manga et j’ai acheté autre chose.

Puis récemment, j’ai vu la couverture du tome 13 et mon petit cœur a fondu alors même que C’EST CLICHÉ BORDEL. Tout dans la composition de cette couverture l’est mais je ne sais pas, ça a réveillé quelque chose en moi. Ne cherchez pas. Je me suis donc dit que j’avais peut-être jugé un peu vite, que parfois les histoires de vampires, c’est bien… Et en plus j’avais rien à acheter d’autre là tout de suite… Et c’est bien de découvrir de nouvelles choses…

Bref j’ai acheté le tome 1, puis j’ai lu le tome 1, puis… Puis j’ai acheté les tomes 2 et 3. Et j’envisage d’acheter le 4. Pourquoi seulement « envisage » ? On va y revenir.

De quoi ça parle ?
Koyomi Araragi est un lycée qui a été récemment mordu par une vieille vampire sauf que le premier tome ne tourne pas du tout autour de lui et les deux suivants non plus, pas que. Sa sensibilité aux choses surnaturelles lui permet de découvrir le problème d’une camarade de classe, la glaciale Hitagi, dont le poids a été volé par un kami…

Hitagi est un personnage étrange, atypique, froide et violente, qui s’exprime d’une drôle de façon et m’a tout de suite intriguée. Je ne sais pas encore comment me positionner à son sujet toutefois j’ai envie d’en savoir plus. Quant à Koyomi, il m’a un peu rappelé Ichigo en moins sanguin -il a même deux petites sœurs… Il semble disposer d’un cerveau en état de marche, il a des poses stylées et dégage une aura qui me plait bien. Mais…

Ce foutu fan-service.
Il y a du fan-service modèle géant sur les personnages féminins. Dans le premier tome, ça tourne autour d’une adolescente de dix-sept ans (ce qui est habituel dans les mangas quoi que problématique aussi on ne va pas se mentir) mais dans le suivant, on montre la culotte d’une collégienne à plusieurs reprises et on voit Koyomi renifler l’intérieur de sa chaussure, pour une raison qui m’échappe.

D’un côté, il y a une logique à ce fan service puisque Koyomi est un adolescent et que je me rappelle avoir aussi été obsédée par le sexe et les attributs sexuels des personnes autour de moi à cette époque. J’étais intriguée parce qu’il y avait ce tabou autour du sujet, donc forcément… Ça fait partie de l’adolescence et ce serait plutôt malhonnête de ma part que d’affirmer le contraire. Je pense d’ailleurs que c’est le cas de beaucoup de gens et même si je ne suis plus comme ça aujourd’hui, je ne dois pas pour autant me poser en donneuse de leçons.

Bref, les hormones travaillent donc Koyomi, pourtant il ne se comporte pas comme un gros lourd obsessionnel et la narration montre qu’il est davantage intéressé par la personnalité des femmes que leur corps -même si leur corps l’intéresse aussi. Du coup, je n’arrive pas à me positionner vraiment sur la présence de ce fan-service, justement parce qu’il ne définit par le manga. De plus, quand la culotte de la collégienne est dessinée, Koyomi répète à plusieurs reprises qu’il n’est pas un pédophile et ne fantasme pas sur les filles plus jeunes que lui. Le problème c’est de définir pourquoi les auteurs se sentent obligés de sexualiser les femmes, surtout les mineures (en même temps on n’a pas encore croisé de femme adulte dans le manga hormis la vampire qui a mordu Koyomi mais on en sait trop peu sur elle), tout en tenant à côté un discours qui laisse penser qu’ils ne veulent pas les ramener qu’à leur corps…

Cette ambiguïté me perturbe et ça m’agace. J’ai envie de lire le quatrième tome pour voir comment l’histoire évolue et d’un autre côté, je n’ai pas envie de fermer les yeux sur cet aspect fan service, peu importe à quel point le dessin est magnifique et maîtrisé. D’un autre côté, si je veux être parfaitement honnête, les hommes sont aussi exposés d’une manière semblable. L’exorciste est torse nu la plupart du temps et on voit ses abdos bien dessinés, il est clairement sexy à sa manière, un peu style Urahara (décidément les parallèles avec Bleach…). C’est moins le cas pour Koyomi mais il n’en reste pas moins agréable à regarder dans le genre beau gosse ténébreux. Du coup j’ai un peu l’impression que tout le monde est sexualisé, finalement, et que c’est un parti-pris des auteurs. Un parti-pris qui se justifie aussi sur le fait que régulièrement, les histoires de vampire impliquent implicitement une érotisation. Ça pourrait être un argument qui expliquerait peut-être que ça me dérange moins (hormis pour la collégienne).

Et le scénario qui balaie les scrupules…
J’essaie de prendre du recul sur cette question complexe et de vous partager mes réflexions. Vous avez tout à fait le droit de décider que je me trouve des excuses ! Je n’ai aucune réponse à apporter. Toutefois, je tente de poser un regard critique sur cette question, motivée sans doute par la maîtrise scénaristique de NisiOisiN qui n’est probablement pas pour rien dans mon dilemme. Je l’ai dit plus haut, Bakemonogatari ne se réduit pas aux culottes, aux seins et aux abdos bien dessinés. L’histoire qui est racontée dans les trois premiers tomes me parait solide quoi qu’encore à ses débuts, sombre aussi comme j’aime et la psychologie des personnages, qu’ils soient féminins ou masculins, vraiment bien maîtrisées. Il y a une justesse dans le traitement des émotions négatives et dans la noirceur ambiante qui me fait me demander si, finalement, les instants culottes ne sont pas là pour offrir un peu de respiration au lectorat et ne pas le noyer dans les ténèbres.

Est-ce pour autant la meilleure technique ? Non. Pas à mes yeux. Mais je sais que je vais quand même lire au moins le tome 4 pour voir et que si l’histoire continue de m’ensorceler, je vais poursuivre. Sauf si les auteurs tombent dans les considérations pédophiles. J’ose espérer que ça aurait créé un scandale et que j’en aurais entendu parler, si c’était le cas.

Est-ce que je recommande cette série ? Après tout, vous êtes un peu là pour ça je suppose… Et bien oui, si le fan-service n’est pas un problème pour vous. Je réserve évidemment mon jugement final pour plus tard car je débute à peine mais à la lecture des trois premiers tomes, j’ai vraiment envie de voir au-delà.

Petite information ludique pour clôturer ce billet : chaque tome propose une jaquette réversible ! Il y a donc à chaque fois deux illustrations, dont une cachée, et un crayonné sur la couverture en elle-même. J’aime beaucoup.

D’autres avis : pas que je sache mais manifestez-vous !

Informations éditoriales :
Bakemonogatari scénarisé par NisiOisiN, dessiné par Oh ! Great. Éditeur : Pika. Traduction : Yohan Leclerc. Prix par volume : 7,20 euros. Série en cours de publication.