À l’ombre du Japon #35 { Blue Flag #8 ; Tokyo Revengers #11 ; Chobits #6 }

Ohayo minasan !
On se retrouve pour un nouvel épisode d’À l’ombre du Japon et je vous le dis tout de suite, ça ne va pas être tout rose. Vous le savez, je n’aime pas spécialement évoquer les romans / mangas que je n’ai pas aimé parce que je préfère me concentrer sur le positif. Le souci, c’est que j’ai parlé des séries concernées sur le blog en des termes élogieux et que les tomes concernés par le présent article (à l’exception de Chobits) ont provoqué un revirement sur les avis en question. Je me sens donc obligée de nuancer ce que j’ai pu écrire précédemment et c’est à travers ce billet que je vais m’y coller.

Attention, cela me semble logique mais je tiens à préciser que, comme j’évoque des suites, les avis qui suivent contiendront des éléments d’intrigue. Si vous poursuivez votre lecture, c’est à vos risques et périls !

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J’ai été assez élogieuse sur chacun des tomes de cette série qui parle d’homosexualité, de la façon dont on se découvre à l’adolescence, bref des thèmes qui m’intéressent et me tiennent à cœur. Je vous avais présenté le premier tome puis j’avais attendu d’avoir lu la totalité de la série pour vous proposer un article récapitulatif même si j’avais eu envie de parler du tome 7, qui ne faisait vraiment pas l’unanimité. Je me sentais comme un devoir de défendre cette série que j’aimais tellement. Bref, j’attendais beaucoup de la conclusion de la série et malheureusement, ça a été un échec pour moi.

Pour bien comprendre mon propos, vous devez savoir que le tome 8 se divise en deux parties sur la temporalité. La première reste au lycée et va régler les intrigues lancées durant les sept tomes antérieurs. La seconde, dans le dernier chapitre, se déroule quelques années plus tard à travers les yeux d’un personnage qu’on n’identifie pas tout de suite.

Concernant la première partie, plus j’avançais dans la lecture du tome et plus je trouvais les échanges entre les personnages assez artificiels. Que ce soit la manière dont Tôma et Futaba règlent leur différent, la façon dont Taichi s’y prend pour enfin parler en face à face à Tôma, rien ne sonne juste selon moi du coup j’ai eu l’impression d’une pseudo happy end forcée. Cela m’a profondément déçue même si, en y regardant bien, les prémices de cela se dessinaient déjà dans la mise en scène du tome 7. J’ai conscience que ce sentiment reste très personnel, j’ai lu des articles plutôt élogieux sur ces points donc c’est peut-être lié à ma propre sensibilité, à mon propre vécu. La sauce n’a tout simplement pas pris.

Concernant la deuxième partie, je dois avouer que deux choses m’ont posé problème. Déjà, le traitement de Masumi m’a vraiment heurtée. Durant tout le manga, elle est amoureuse de Futaba, ce qui sous-entend une attirance pour les femmes et permettait d’évoquer l’homosexualité féminine en plus de la masculine. Je regrettais un peu que ça soit secondaire dans l’intrigue tout en ayant conscience qu’on ne peut pas parler de tout au premier plan. Arrive alors ce chapitre final où on la retrouve… mariée avec un homme qui me donne surtout l’impression d’être un bouche trou, comme si Masumi était « revenue à la raison » (et je mets de gros guillemets). Je sais que, dans la vie, ce sont des choses qui arrivent aussi, que l’attirance sexuelle ou amoureuse n’est pas purement binaire et qu’on ne doit pas l’y réduire. Ce sont des choses auxquelles je crois fermement. Toutefois, la façon dont c’est présenté ne donne pas une très bonne image du personnage en plus d’aller à l’encontre de ce que souhaitait raconter le titre. Ou de ce que je pensais qu’il souhaitait raconter. Qu’elle choisisse cette voie ne me pose pas de soucis mais cela doit être amené, le lecteur a besoin de davantage d’informations pour comprendre son évolution et la rupture temporelle ne le permet pas. Cela semble donc véritablement arriver de nulle part. Sans compter le choix final de mettre en couple Tôma et Taichi qui n’est pas du tout préparé durant l’intrigue ou alors, mis en scène d’une façon trop subtile pour que je l’ai compris avant que ça arrive. Finalement, les sept premiers tomes de Blue Flag se concentrent presque sur des détails et il manque une énorme partie pour comprendre le chapitre final.

Je me rends compte que c’est ça, mon plus gros souci. Il se passe plusieurs années après les évènements principaux de Blue Flag et le dernier chapitre mais j’ai presque l’impression de ne pas avoir lu l’histoire qui amène à cela. Si le mangaka avait pris le temps de mieux préparer sa fin, peut-être que mon sentiment aurait été différent mais peut-être ne le lui a-t-on pas permis ? Je l’ignore. En tout cas, je suis très triste de ne pas avoir adhéré à la fin de cette série qui était un coup de cœur jusque là et qui m’avait fait ressentir beaucoup d’émotions positives.

D’autres avis : Les voyages de LyLes blablas de Tachan – vous ?

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À l’instar de Blue Flag, j’ai déjà parlé à plusieurs reprises de ce manga sur le blog. D’abord en vantant son premier tome prometteur puis en accrochant bien au concept sur plusieurs tomes avant d’être déçue par l’une ou l’autre transition que je trouvais trop longue ou peu intéressante. J’attendais qu’un arc s’achève pour vous proposer un article plus complet sauf que ça n’arrive toujours pas vraiment là où j’en suis. Le tome 10 relevait clairement le niveau mais le 11 dont il est ici question m’a laissé un sentiment de lassitude.

Je me rends compte que je ne suis plus du tout intéressée par cette histoire. Et c’est triste parce qu’il y a plein de bonnes idées, malheureusement l’auteur s’éloigne du noyau dur posé au début et qui avait su me séduire (avec Mickey, Draken, Takemichi) au point que des personnages emblématiques sont totalement absents pour être remplacés par d’autres, qui manquent de profondeur.

Je pense donc arrêter la série. Ce qui a contribué à ma décision c’est d’apprendre que la saga comptait déjà une vingtaine de tomes au Japon et qu’on était loin de la fin. Si je trouve déjà des longueurs maintenant, je n’ose pas imaginer par la suite. Peut-être que le mangaka va se remettre sur les rails, hélas j’ai décidé de ne plus m’acharner sur des séries qui ne sont pas de qualité constante et Tokyo Revengers avait déjà eu droit à sa seconde chance sur des tomes précédents. Il y a trop de titres à lire pour que je puisse me le permettre. Dommage !

D’autres avis : Les blablas de Tachan – vous ?

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Après ces deux lectures mitigées, j’avais presque peur de me lancer dans la lecture de Chobits en me demandant si j’allais aussi être déçue par cette série -ce que j’aurais encore plus mal vécu. Ne dit on pas « jamais deux sans trois » ? Heureusement, CLAMP se confirme comme une valeur sûre dans le milieu du manga !

Ce tome met davantage l’accent sur la relation entre les humains puisque le Patron a enfin l’occasion de s’expliquer avec Yumi sur sa relation passée avec un ordinateur. En effet, pour rappel, Yumi a travaillé à la pâtisserie avant Chii et est tombée amoureuse de son gérant, avant d’apprendre que ce dernier avait épousé son PC et que le PC en question portait le même prénom qu’elle. L’explication sortie de son contexte parait effarante mais dans le prisme du manga, on comprend que le sujet est abordé pour offrir une forme de réflexion sur l’amour mais aussi sur la conscience et sur ce qu’on peut qualifier de « vivant ».

C’est aussi l’occasion de revenir un peu sur Minoru et son propre pc qu’il a construit à l’image de sa défunte sœur. Il l’a donc programmée pour être comme elle mais certains actes du PC posent question et laissent planer un doute sur la conscience développée par ces machines. La tension narrative reste à son comble et on se demande vraiment comment tout cela va se terminer.

Moderne et passionnant, voilà un manga que je ne regrette pas d’avoir découvert dans sa version papier. Il reste deux tomes avant la fin et je me réjouis de les lire pour vous proposer ensuite un article plus complet !

D’autres avis : pas que je sache !

Et voilà c’est déjà terminé ! J’espère que mes avis négatifs n’ont pas été trop désagréables à lire et que vous comprenez pour quelle raison je me sentais comme un devoir de rectifier ce que j’avais pu dire précédemment au sujet de ces séries. On se retrouve bientôt pour un épisode un peu plus positif !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #32 { je découvre One Punch Man ! }

Ohayô minasan !

Nous voici déjà de retour avec un article un peu spécial consacré à un manga que je commence tout juste (mille ans après tout le monde donc…) One Punch Man ! Alors je sais, vous m’avez probablement déjà entendu dire que le shonen (je sais certains parlent de seinen pour ce titre mais Kurokawa le sort dans sa collection shonen donc voilà) et moi, ça le fait plus. Ou que j’en avais un peu marre des mangas où on ne fait que se mettre sur la gueule. Du coup, a priori, ce titre n’était pas du tout fait pour moi ! Et pourtant, sous ses airs d’œuvre bourrine, One Punch Man cache une vraie richesse.

Dans ce billet, j’ai envie de mettre en avant les qualités du titre qui font que j’ai enchaîné les 14 premiers tomes en moins d’une semaine, coupant juste avec la lecture d’un service presse (au demeurant excellent même si cela n’a rien avoir avec le sujet qui nous occupe ici). Mon but est de vous faire découvrir ce manga et de, peut être, vous permettre de réviser vos a priori car je suppose que je ne suis pas la seule à en avoir par rapport à ce titre. Toutefois, même si j’ai déjà lu 14 tomes, cette chronique concernera surtout le contenu des 8 premiers volumes car le personnage de Garoh apparaît à partir du 8e et il marque, selon moi, un gros tournant au sein de la série qui vaut bien un article à part. Je vais voir à quel moment cela arrivera en continuant ma découverte.

/!\ Je précise également que cet article contient des images ajoutées en groupe par l’outil média. Si jamais elles débordent sur le texte quand vous me lisez via l’application WordPress, passez l’article en « version web » pour arranger cela. 

La genèse du manga
ONE est un mangaka très mystérieux sur lequel on ne sait pas grand chose et dont on n’a même pas de photographies. On sait qu’il est japonais et qu’il a 34 ans. J’utilise un « il » générique car si tout le monde use de ce pronom, je ne suis même pas certaine qu’on connaisse son sexe. En 2009, il publie les premiers chapitres de One Punch Man sur son site Internet, ce qui va lui valoir une popularité immédiate et grandissante. Imaginez, il avait +- 20 000 visites par jour pour le lire !
Ce succès attire l’attention des éditeurs. En 2012, une collaboration commence entre ONE et le mangaka Yusuke Murata qui va redessiner l’histoire d’une manière un peu plus professionnelle. C’est ainsi qu’arrive ce manga dans un format plus classique… Mais ONE ne s’arrête pas à One Punch Man, il est également connu pour son travail sur Mob Psycho 100 que je n’ai pas encore lu.

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Le concept

La première fois que j’ai entendu parler du manga, c’était à ma librairie et le premier tome venait d’arriver dans les rayons. Mon libraire le sortait des cartons pendant qu’on discutait et on a rigolé sur la couverture en se demandant vraiment quel genre d’histoire ça pouvait raconter. Il avait déjà quelques renseignements et me l’a pitché en me disant que c’était grosso modo un gars au chômage qui devient super fort et tue tous les monstres en un seul coup de poing. Faut avouer, ça ne vend pas trop du rêve donc je me suis dit que j’allais passer mon chemin.

Puis j’ai vu un jour mon petit frère regarder l’animé sur Netflix. J’ai pris un épisode en passant et très honnêtement, je ne sais plus lequel. Je me suis dit mh ça a l’air sympa mais plutôt à regarder que lire. Pourtant, lui achetait également le manga en version papier donc il aurait très bien pu me le prêter si j’avais voulu. Sur le moment, je ne le sentais pas, donc j’ai encore retardé ma découverte. Puis nous voilà finalement à mardi dernier donc il y a très exactement une semaine (et un jour). Je l’ai pris en voiture pour faire une course et il entend l’opening de One Punch Man (l’animé donc) passer sur ma playlist. La discussion sur le manga reprend, la ferveur qu’il met pour en parler m’intrigue, me décide une bonne fois. Et nous y voilà !

Alors c’est vrai qu’au début du premier tome, on rencontre bien un gars un peu raté qui est au chômage et se rend à un entretien quand il tombe sur un monstre qui veut s’en prendre à un gamin. La rencontre ne se passe pas super bien, le type décide alors de s’entrainer pour devenir plus fort et réussir à affronter ce type de créature. Trois années plus tard, on retrouve ce fameux gars, chauve, avec un costume pas génial, qui réussit à étaler tous ses ennemis d’un seul coup de poing. Cela donne des scènes plutôt amusantes où les monstres font un peu leur show et sont coupés dans leur élan égocentrique par une droite bien placée. L’humour est bien là mais le concept risque vite de tourner en rond…

Et là, coup de génie.

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Saitama l’invincible.

Notre héros s’appelle Saitama et on se rend rapidement compte qu’étaler tous ses adversaires en un coup ne lui procure aucun plaisir, aucune réelle satisfaction. Pour lui, il n’y a plus d’enjeux, plus de frisson. Il souffre d’être à ce point au-dessus de tout le monde en termes de puissance et essaie de retrouver un peu de plaisir, un peu de piment dans cette vie de héros indépendant. Je trouve l’idée très intéressante car elle prend à contrepied ce qu’on a l’habitude de voir dans les shonens de bagarre. Ici, le héros ne va pas gagner en puissance pour affronter des ennemis toujours plus forts et cruels sur des arcs qui tirent en longueur. Au début du manga, il y a presque un monstre différent par chapitre ! Ça va vite et le lecteur ressent très bien l’impression de lassitude qu’a le héros tout en continuant à se demander où tout ça va bien pouvoir mener.

Un mot sur Saitama : s’il est très fort physiquement, il ne brille pas forcément par son intelligence. Pas qu’il soit un crétin qui fonce dans le tas mais il a conscience que son point fort, c’est justement sa force physique. Quand Genos et lui passent les tests de l’association des héros, Saitama se plante sur l’écrit d’une manière magistrale et réussit par contre les épreuves physiques haut la main avec des scores jamais égalés jusqu’ici. Saitama est plutôt un gars tranquille, un peu paresseux qui vit sa vie en lisant des mangas et jouant parfois à des jeux. Souvent, il s’ennuie et n’a rien à faire. Il est plutôt sympathique mais aussi simple dans sa manière d’aborder les ennemis ou les problèmes qui se présentent à lui. J’ai tout de suite accroché à son concept même si ce n’est pas le seul à être remarquable…

Une galerie de personnages très diversifiée pour une parodie rondement menée.
Parce que si tout le manga ne tournait qu’autour de Saitama, effectivement, on s’ennuierait vite et il n’y aurait pas déjà une vingtaine de tomes publiés à l’heure actuelle. Heureusement, l’auteur créé une floppée de personnages divers et variés qui ont tous des caractéristiques propres ainsi que des degrés de puissance différents. Je n’ai jamais eu aussi facile de ne pas m’emmêler les pinceaux ! C’est un souci que j’ai par moment dans certains mangas où tous les garçons sont créés sur le même modèle avec juste des coupes de cheveux qui changent par exemple et où il y a un vrai souci de distinction entre chaque, que ce soit physiquement ou nominalement. Ici, tous sont parfaitement caractérisés et le dessin de Yusuke Murata est d’une précision à couper le souffle, que ce soit sur les traits des personnages, sur les décors ou sur les scènes de combat qu’il maîtrise sublimement. J’ai rarement autant aimé lire un manga de baston. Il peut passer du chibi un peu ridicule pour Saitama à un trait très sérieux qui souligne la profondeur du personnage. Il suffit de voir les couvertures pour se rendre compte non seulement de la diversité présente au sein du titre mais aussi de son talent pour la caractérisation. Le chara-design est très clairement un point clé de ce titre.

Pour le moment, j’aime beaucoup Genos et Sonic le Foudroyant qui me fait beaucoup rire (à ses dépends…) chaque fois qu’il apparait. Je sais qu’ils comptent parmi les personnages les plus connus et les plus importants mais qu’y puis-je… J’apprécie également beaucoup le concept de King, ce héros surpuissant qui terrifie d’un regard mais qui n’est, en réalité, qu’un imposteur ! Lui comme d’autres apportent un côté un peu absurde au manga qui passe très bien.

Hélas, la plupart de ces personnages ont des noms… Au mieux ridicule. Ce qui se justifie parce que One Punch Man est avant tout et selon moi une sorte de parodie, de contre-shonen, un gros doigt dressé à tout ce qu’on a pu lire comme nekketsu depuis des années qui reprennent souvent le même genre de formule mais également, peut-être, à cette folie, cette fébrilité, qui s’empare du grand public depuis l’avènement du MCU et donc la redécouverte des héros classiques de comics. Il y a un aspect moqueur qui passe à travers l’humour, à travers les noms ridicules des héros (le pauvre Saitama va devenir le Chauve Capé… On a aussi Chien de garde-man ou Pri Pri Prisonnier sans parler de Roulette-man… Des exemples parmi d’autres) Ça ne vend pas du rêve mais ça passe comme une lettre à la poste à partir du moment où l’Association des héros est présentée comme un espèce d’organisme récent et pas très sérieux qui fonctionne sur base de dons publics avec, à sa tête, des riches abrutis qui sont contents de faire leur BA du moment (et de s’en vanter allègrement). Ça change des rassemblements ultra secrets qui forment les plus grands guerriers du monde ! Là où j’en suis, on apprend même l’existence du pendant monstrueux, l’organisation des monstres, un concept que j’aime bien mais sur lequel je ne vais pas trop m’attarder puisqu’on en reparlera dans ma chronique des arcs suivants .

L’intrigue prend donc de l’ampleur au fil des tomes. L’avantage c’est que chaque volume propose un rappel des personnages ainsi qu’un résumé des tomes précédents, ce qui n’est pas inutile du tout ! J’apprécie beaucoup l’initiative même si elle a moins d’impact quand on peut enchaîner les tomes.

La conclusion de l’ombre :
J’ai enchaîné 14 tomes de One Punch Man en une semaine, on peut donc dire que je suis très enthousiaste sur cette série. Sa grande force se situe dans ses personnages diversifiés et dans le dessin d’une précision chirurgicale de Yusuke Murata. On pourrait craindre que son concept s’essouffle vite mais Saitama est un protagoniste très intéressant qui permet de poser un questionnement original dans ce type d’œuvre : quand le héros est déjà l’homme le plus fort du monde, comment réussit-il à retrouver un peu d’intérêt à la vie ? Tout fonctionne très bien dans ce manga et je vous encourage à passer outre vos a priori pour lui laisser une chance.

Je tiens à dire aussi que je n’ai pas encore regardé l’animé donc je ne peux pas faire de parallèle avec le manga papier ni vous renseigner sur sa qualité. Si j’en crois mon frère, la première saison est très bien et réalisée par un studio sérieux. Je compte m’y pencher plus tard, une fois à jour, donc on aura également l’occasion d’en reparler.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #27 : { Nos temps contraires #2 ; Je suis un assassin (et je surpasse le héros) #2 ; Blue Flag #7 }

Ohayô minasan !

Premier article consacré à mes lectures mangas de l’année 2021, c’est pas beau ? Au programme du jour, uniquement des suites et quelles suites…

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Souvenez-vous, je vous ai parlé de ce manga il y a quelques semaines. J’avais trouvé le premier tome brouillon et peu clair au point d’avoir du mal à rentrer dedans. Finalement, la sensibilité dégagée par l’intrigue et les questionnements philosophiques de la fin ont réussi à me donner envie de lire le tome 2 et j’ai très bien fait ! Déjà, celui-ci s’ouvre sur un récapitulatif très complet et plus que bienvenu. On rappelle les personnages, les évènements du tome précédent mais on explique également les concepts comme les contrats sociaux, les niveaux de parenté des néotènes, la façon dont tout s’emboîte pour former cette société futuriste. Ce glossaire permet de reprendre la lecture dans les meilleures conditions.

Ce tome 2 se déroule une vingtaine d’années après le premier. On retrouve Arata, devenu ingénieur, qui cherche à mettre au point un système de survie pour les personnes atteintes de la maladie de Daphnée. Il s’occupe d’ailleurs d’une petite fille de huit ans, Gigi, qui souffre elle aussi de ce mal. Dans ce tome, on évoque beaucoup la mort et la façon dont celle-ci est régulée au sein de cette société, ce qui pose pas mal de questions éthiques pour un lecteur du 21e siècle. En effet, les personnes vouées à mourir pour x raison ont leur nom qui apparait sur une liste et doivent se présenter pour une euthanasie, en ayant seulement le droit d’être accompagnée par son partenaire tertiaire pour lui tenir la main dans ce passage d’un état vers un autre. Pour arriver sur cette liste, il faut remplir un certain nombre de critères qui restent assez nébuleux et qu’on imagine liés à l’utilité que la personne peut avoir pour la société. Il ne faut pas oublier que la place est limitée dans ces stations et qu’on ne peut enfanter qu’avec une autorisation. Pour que cela soit possible, il faut donc que des gens meurent. Quant aux néotènes, à la longévité si extraordinaire, on comprend alors qu’ils doivent se montrer très utiles pour gagner le droit de « prendre une place » pendant si longtemps.

Contrairement au premier volume, celui-ci est très clair, au rythme bien maîtrisé et déborde d’émotions. C’est vraiment un manga captivant et d’une fine intelligence, je suis contente d’avoir persévéré dans ma lecture et j’ai hâte de lire le tome 3 !

D’autres avis : Pas encore sur le second tome mais ça ne saurait tarder.

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J’avais consacré tout un article au premier tome de Je suis un assassin (et je surpasse le héros) pour évoquer l’aspect fantasy et JDR qui transcende ce titre. Dans cette suite, on retrouve tous les ingrédients du premier volume avec des enjeux qui se précisent. Suite à la mort du Commandant, Akira décide de farmer seul un donjon qui compte des dizaines de niveaux afin de développer ses compétences et d’affronter ses ennemis qui ne cessent de se multiplier. C’est l’occasion pour lui de rencontrer une coéquipière inattendue et pour le lecteur de comprendre que cette magie de l’ombre a plus d’un tour dans son sac. C’est un volume un peu de transition quoi qu’il ne manque pas d’intérêt, d’action ou de dynamisme. Je continue à apprécier ma lecture et il est certain que je vais lire le tome 3 dés sa sortie !

D’autres avis : Pas encore sur le tome 2 mais cela ne saurait tarder !

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Ce n’est que la seconde fois que j’évoque ce manga sur le blog alors que je viens de lire le septième volume. Je voulais y consacrer un article plus développé tant ce titre est une magnifique découverte mais voilà, je ne résiste pas à l’envie d’écrire quelques lignes au sujet du pénultième volume de cette série tranche de vie / lycéenne où on aborde la question de l’homosexualité au Japon, de l’avenir, de l’identité tout court de manière générale. Ce volume est plein de très belles pages et de questions fines : le jugement des homophobes, le jugement SUR les homophobes, ce qu’est l’amitié et ce qu’elle implique, les ravages que peut causer une simple rumeur dans un environnement fermé sur lui-même comme le lycée… C’est bien fichu avec ce qu’il faut de drama et de bienveillance pour que ça ne devienne pas inutilement lourd. Le ton global est plus sérieux mais cela devait arriver et permet à la tension de monter petit à petit avant le gros final. J’ai eu les larmes aux yeux en arrivant à la fin et l’attente jusque mars va être longue puisque c’est à ce moment-là que doit sortir l’ultime tome de la saga.

Toutefois, j’ai lu à quelques reprises que certaines personnes avaient eu du mal avec ce tome, jugé artificiel dans les interactions entre les personnages qui ont des réflexions trop poussées pour des adolescents et qui n’ont, jusqu’ici, pas eu d’interactions aussi « peu naturelles ». Je dois avouer que c’est en y pensant après coup que cette réflexion m’est venue, tant j’ai été prise par la justesse des propos avancés. Le seul élément qu’on peut regretter c’est que, finalement, ce septième tome est aussi une transition (avec ce que ça implique de maladresses ?) vers la fin qui va devoir taper très haut pour ne pas décevoir.

D’autres avis : Les voyages de LyLe parfum des motsÀ la découverte du JaponIl était une fois un manga – vous ?

Et voilà, c’est déjà terminé pour cette fois ! J’espère que vous avez apprécié ces courts retours et qu’ils vous ont donné envie de commencer ces séries, si ce n’était pas déjà fait.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

BML #30 – décembre 2020

Bonjour à toutes et à tous !

Nous voici (déjà ?) à la fin du mois de décembre, c’est donc l’heure du dernier bilan mensuel avant 2021 (sauf si un 13e mois pope le 31 décembre à minuit, perso je ne m’étonne plus de rien…) et il a été plutôt fructueux comme vous allez le constater.

Côté romans : 

Acadie de Dave Hutchinson au Bélial.
La ville sans vent #2 d’Éléonore Devillepoix chez Hachette (SP).
L’Anti-magicien #2 de Sébastien de Castell chez Gallimard.
Hors-série 2020 Une Heure Lumière du Bélial.
L’homme chocolat d’Aurélie Mendonça chez 1115 éditions.
L’arbre d’imagination d’Aurélie Mendonça chez 1115 éditions.
La Première Loi #2 Haut et court de Joe Abercrombie chez Bragelonne.
La passe-miroir #2 les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos chez Gallimard. (chronique à venir)
La passe-miroir #3 la mémoire de Babel de Christelle Dabos chez Gallimard. (chronique à venir)

Nous avons donc 5 romans, 2 novellas et 2 nouvelles ! Je compte également deux abandons ce mois-ci, deux services presses numériques dans lesquels je ne suis pas parvenue à me plonger. Du coup, j’ai préféré les laisser de côté pour m’en tenir à mes bonnes résolutions et ne plus me contraindre à la lecture. J’ai également décidé de me lancer dans la lecture de la Passe-miroir en enchainant les tomes puisque je me suis offert le coffret collector proposé par Gallimard en édition limitée. Je passe pour le moment un excellent moment et je ne regrette pas ma décision de finir 2020 avec ces romans. Pour rappel, j’avais lu le premier tome il y a presque deux ans maintenant…

Côté mangas :

Nos temps contraires #1, #2 (akata)
Comme sur un nuage #1 (akata)
Cautious hero #1 (doki-doki)
Chobits #4 (pika)
Je suis un assassin (et je surpasse le héros) #2 (doki-doki)
Blue Flag #7 (kurokawa)
Black Butler #23 -> #27 (kana)

Pour un total de 12 mangas avec uniquement de bonnes lectures (ou relectures) et pas le moindre abandon. Wouhou ! Pour le moment je n’ai parlé que de Nos temps contraires et Comme sur un nuage dans un article dédié mais j’ai déjà écrit les prochains billets sur les autres tomes, ils sont programmés pour début 2021. Encore un peu de patience !

Côté comics :

Harleen de Stjepan Sejic (Urban comics)
Joker, le deuil de la famille (Urban comics)
Sunstone #1 et #2 de Stjepan Sejic (Panini comics)

J’ai lu davantage de comics ce mois-ci avec quatre titres en tout donc trois du même auteur qui m’a tant séduite avec Harleen que j’ai souhaité continuer à découvrir son œuvre. Sunstone est radicalement différent mais pas dénué d’intérêt ni de talent, au contraire ! J’ai reçu tous les tomes pour Noël donc je compte écrire un article global dessus lorsque j’aurai tout lu. Ces deux volumes sont déjà prometteurs. Quant au Deuil de la famille, je ne vais pas m’appesantir dessus tant j’ai été déçue. Les trois quart du tome sont vraiment dingues, malsaines et tout ce qu’on veut, puis la fin gâche tout en annulant tous les enjeux posés précédemment… Je n’ai vraiment pas compris l’intérêt de ne pas assumer jusqu’au bout, surtout pour un album relié au Joker. Dommage !

Petit bonheur du mois : 
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Ce mois-ci je vais surtout retenir l’achat de ma première voiture ! J’ai mon permis depuis juin 2019 et un travail stable depuis novembre 2019, il était temps que je saute le pas et m’offre cette beauté qui me facilite déjà tellement la vie. Enfin ça se ressentira surtout quand on sortira du confinement (ouais je suis comme ça moi, je m’offre une voiture quand je peux le moins m’en servir ._.) mais je n’ai pas de regrets. J’ai l’impression de devenir adulte, c’est perturbant.

C’est déjà la fin de ce bilan qui sera le dernier article publié en 2020 ! 2021 s’ouvrira sur le bilan annuel et parlera également de l’avenir du blog, de ce que j’ai envie d’accomplir, de mes bonnes résolutions littéraires. J’espère que vous serez au rendez-vous et je vous souhaite déjà une très belle année, prenez soin de vous ♥

À l’ombre du sapin : quels mangas / comics offrir en 2020 ?

Ohayô minasan !
J’espère que vous allez bien. Comme promis, on se retrouve pour un nouveau rendez-vous de décembre concentré cette fois sur les mangas et les comics. J’en ai lu pas mal en 2020 et quelques titres se sont largement détachés du lot… Pour rappel, la semaine dernière, je vous ai proposé ma liste concernant les romans à offrir en 2020.

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Sans surprise, le premier manga dont je vais (encore) vous parler est Beastars. Ce titre ne m’inspirait rien de prime abord parce que je n’aime vraiment pas les animaux anthropomorphes. Mais ça, c’était avant de me plonger dans cet incroyable titre où TOUT fonctionne parfaitement. Les personnages sont pluriels et solides, l’intrigue est intéressante, sans le moindre temps mort. Le dessin de Paru Itagaki parait étrange quand on le découvre toutefois il sert admirablement bien l’histoire et a le mérite de posséder une patte unique. C’est mon gigantesque coup de cœur de l’année et je ne remercierais jamais assez l’Apprenti Otaku pour cette découverte. Sincèrement, si vous ne devez offrir qu’un seul titre de cette liste, c’est bien celui-là qui convient à tous les publics dés l’adolescence.
Plus de détails dans ma chronique.

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Je n’aime pas la romance, vous le savez. Pourtant, j’ai dévoré les huit premiers tomes de ce manga pendant le confinement de mars et ça m’a fait grand bien. Cette série contient beaucoup de bienveillance à l’égard des otakus et des geeks de manière plus générale, bref des personnes… comme moi. Les personnages sont attachants et crédibles, le format scènes courtes qui forment sur le long terme une intrigue plus globale est bien trouvé et maîtrisé. Il plaira aux personnes qui ont envie d’une romance différente et moderne. Par contre, j’ai testé la version animée et je n’ai pas du tout accroché… Cherchez l’erreur.
Plus de détails dans ma chronique.

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Je m’étais désintéressée du genre shônen, agacée par ses codes vus et revus. Pourtant, si on classe Noragami dans cette catégorie, je trouve qu’il s’en dégage largement par sa maturité et la complexité de son intrigue. Les inspirations du folklore japonais sont multiples et participent à proposer un titre vraiment riche sur tous les plans. C’est une série assez longue, toujours en cours et les tomes mettent un peu de temps à arriver par contre donc si, comme vous, vous les dévorez, la frustration n’en sera que plus intense…
Plus de détails dans ma chronique.

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Tranche de vie lycéenne qui parait banale MAIS se démarque par son sujet ou plutôt, par la manière dont est traité son sujet. On y évoque trois adolescents qui se découvrent, eux et leurs attirances, avec les conséquences que cela aura sur leur moral et leur quotidien. Bien entendu, on y parle aussi d’homosexualité et des difficultés que cela représente au Japon de nos jours. J’ai été très touchée par la douceur et la poésie un peu dramatique qui se dégagent de ce titre, terminé en 8 volumes donc c’est pour bientôt.
Plus de détails dans ma chronique.

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Un peu de fun, de peps et de mignonitude avec Jeune dragon recherche appartement ou donjon. Voilà un titre qui plaira aux adeptes de fantasy et de JDR puisqu’on en retrouve tous les ingrédients, avec un peu de parodie mais surtout beaucoup de subtilité et de douceur. J’adore suivre les aventures immobilières de Letty et plus les tomes avancent, plus le manga gagne en intérêt. Moi qui craignait que ça s’essouffle ! C’est un titre parfaitement recommandable pour tous les âges qui plus est.
Plus de détails dans ma chronique.

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Cette année, Pika s’est lancé dans la réédition des œuvres du collectif Clamp et j’ai été immédiatement attirée par Chobits dont j’avais vu l’animé il y a une petite éternité. La version papier me laisse une impression bien plus forte et bien plus positive. Quand on pense que le manga date du début des années 2000, il est très moderne dans ses thématiques abordées comme l’humanisation des I.A. J’attends la sortie des 8 tomes pour écrire un article plus complet dessus. Toutefois, ne vous privez pas d’offrir les 4 premiers volumes qui contiennent tous une carte collector absolument sublime à collectionner.

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Je ne parle pas souvent de comics sur le blog mais j’en lis de temps en temps, quand je trouve le bon filon. J’ai craqué récemment sur Batman White Knight qui est un one-shot (même s’il existe une « suite » que je n’ai pas encore lue mais on peut s’en passer vu que l’histoire peut se conclure dans le seul premier volume) vachement bien foutu. C’est un Batman alternatif, donc il reprend des éléments actés de l’univers et les tords complètement pour proposer une intrigue originale qu’on peut suivre en étant ou non un érudit du sujet. L’idée de base c’est que le Joker va prendre un sérum pour maîtriser ses psychoses et devenir le Chevalier Blanc face à un Batman qu’on critique de plus en plus pour ses excès de violence et de destruction. Si j’ai moins accroché au dessin (mais ça, c’est une question de goût) l’histoire m’a vraiment retournée et ça a été un coup de cœur.

Et vous, quel manga / comics offririez-vous pour les fêtes ? 🙂

À l’ombre du Japon #19 { Billy Bat #1, Blue Flag #1 & Tokyo Revengers #1 aka les bons conseils de l’Apprenti Otaku ! }

Bonjour à tous !
Je vous propose aujourd’hui un épisode un peu spécial d’à l’ombre du Japon puisqu’il va rassembler un court retour sur trois premiers tomes lus récemment sous le conseil d’un blogueur que vous connaissez peut-être (et si ce n’est pas le cas, vous savez ce qu’il vous reste à faire 😉 ) à savoir l’Apprenti Otaku.

J’ai découvert ce blog par hasard il y a quelques mois déjà mais j’ai le sentiment de le lire depuis toujours. Grâce à son exploration du monde manga et de son Histoire, chaque article est une petite bulle culturelle à lui tout seul et il est à l’origine de certains de mes coups de coeur comme l’excellentissime Beastars. Récemment, j’ai acquis sous ses conseils plusieurs séries qui n’ont pourtant pas grand chose en commun… Hormis l’origine de leur achat ! C’est donc pour cette raison que je rassemble ces trois mangas en un seul article ainsi titré. À présent que les choses sont claires… C’est parti !

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Blue Flag est une tranche de vie / romance (attends avant de t’enfuir) dessinée et scénarisée par Kaito. Au départ, je dois avouer que je n’y croyais pas des masses pourtant j’ai immédiatement été séduite par le personnage principal : Taichi. Un garçon comme n’importe quel autre, qui se retrouve dans sa classe de Terminale avec son ancien ami d’enfance (Tôma) et une fille amoureuse de ce dernier (Futaba) qui va lui demander des conseils en pensant que les deux amis sont toujours proches. Le pitch de base ressemble à une mauvaise comédie romantique sauf que ça fonctionne à merveille. Le mangaka propose des volumes plutôt épais, ce qui permet aux relations de lentement se mettre en place. On découvre ainsi que Blue Flag possède une profondeur inattendue portée par un trait sensible et maîtrisé. Je ne me suis pas vue arriver à la fin et j’ai tout de suite commandé les tomes suivants à ma librairie. Un article plus détaillé viendra probablement lorsque j’aurai terminé la série qui compte huit tomes en tout.

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Billy Bat est… euh… un seinen, ça d’accord, sauf qu’il m’est difficile de le qualifier plus précisément tant il sort du lot ! À l’heure actuelle, j’ai lu trois tomes (gentiment prêté par mon libraire, merci Geoffrey :3) et je ne suis toujours pas bien sûre de ce que je suis en train de lire. En quelques mots, l’intrigue principale se déroule en 1949 et suit Kevin Yamagata, un dessinateur de BD américain mais d’origine japonaise, comme son nom l’indique. Il est derrière la fameuse série Billy Bat que beaucoup de gens adorent sauf qu’il apprend fortuitement que ce personnage existait déjà dans une BD japonaise qui date de plusieurs années. Craignant d’avoir plagié par accident et très à cheval sur son refus de voler (même sans le vouloir), Kevin part donc au Japon en quête des origines de Billy. C’est là que tout part en cacahuète parce que le pauvre Kevin s’embarque dans une histoire de dingue. Et tout ce qui lui arrive le ramène invariablement vers le personnage de Billy, qui semble bien plus ancien qu’il n’y paraît.
La série est terminée en vingt tomes et je compte tous les lire donc il y aura probablement un article plus complet à ce sujet mais je tiens déjà à souligner le travail d’écriture sidérant de la part de Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki. J’ai rarement été confrontée à un manga aussi complexe, aussi bien référencé. Chaque fois que je tourne une page, je ressens vraiment l’impression de me plonger dans un monument, une œuvre qui a ou va marquer l’histoire du manga.

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Encore un shonen de bagarre sauf que celui-ci est bien plus solide et sérieux que d’autres que j’ai pu lire jusqu’ici. Pourtant, ça partait mal puisque le concept se base sur le voyage dans le temps et vous savez à quel point je déteste ça. Ici, toutefois, ça fonctionne assez bien et n’étouffe pas l’intrigue. En quelques mots, du haut de ses 26 ans, Takemichi a globalement raté sa vie. Un jour, il entend à la télévision que sa petite amie du collège a été tuée dans un affrontement entre yakuzas. Choqué, il a un accident (en passant sous un train) qui le ramène douze ans en arrière, à l’époque où il pourrait peut-être changer les choses en prenant des décisions différentes pour son avenir. Des décisions qui l’amèneront à fréquenter le leader du gang Tokyo Manji-Kai.
Tout fonctionne dans ce titre, des personnages à l’intrigue. Le seul point qui m’emballe un peu moins, c’est le chara-design. Je ne le déteste pas mais ce n’est pas trop mon type de trait. Pourtant, je n’ai eu aucun mal à passer outre… Dingue, quand on sait à quel point je peux être pointilleuse là-dessus ! Cette série est toujours en cours avec 18 tomes au Japon pour 8 chez nous. C’est donc une série longue qui se profile mais si elle reste dans la continuité qualitative de ce premier tome, je crois que je ne vais pas me priver de la suite.

On se quitte déjà mais rassurez-vous, je lis tellement de mangas ces derniers jours que je vais enchaîner les articles à ce sujet en mettant un peu les romans de côté. Enfin, pas trop quand même, parce que j’ai des services presses qui m’attendent. Ceux qui préfèrent ce type d’article ne seront donc pas en reste, pas de panique !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

My Home Hero #1 – Asaki Masashi et Yamakawa Naoki

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My Home Hero est une nouveauté de chez l’éditeur Kurokawa, à paraître le 10 Janvier 2019. On retrouve Asaki Masashi au dessin et Yamakawa Naoki au scénario. La série est en cours et compte actuellement 5 tomes au Japon. Vous trouverez ce roman dans vos librairies au prix de 7.65 euros.
Je remercie Babelio et les éditions Kurokawa pour ce service presse reçu dans le cadre de la Masse Critique de décembre !

Que seriez-vous prêt à faire pour sauver la vie de votre enfant? C’est la question centrale de ce premier tome où on rencontre le personnage de Tetsuo Tosu. Père de famille, il rend visite à sa fille qui a tout juste quitté la maison et découvre qu’elle porte des traces de coups. Elle affirme s’être cognée à un poteau mais Tetsuo a un peu de mal à y croire. Il décide donc de la suivre et découvre rapidement qu’elle a bien un petit ami violent. En entendant comment ce dernier parle de Reika, Tetsuo comprend qu’il va devoir agir pour sauver sa fille…

Pourtant, on ne va pas se mentir, Tetsuo n’a rien d’un gars courageux ou particulièrement remarquable. C’est un homme comme les autres qui écrit des romans policiers sur internet et travaille dans une compagnie de jouets. Sa famille est tout pour lui, surtout sa fille, Reika, qu’il aime d’un amour aveugle. Alors comment en vient-il à commettre ce crime? C’est ce qu’on va découvrir.

Ce premier tome pose les bases d’une intrigue prometteuse et sous tension. Si elle reste assez classique (du moins pour l’instant) les évènements gardent le lecteur sous tension. Les points de vue se multiplient: D’un côté, on a les parents de Reika qui essaient de sauver leur fille et de l’autre, un groupe de yakuzas qui ne sont pas prêts de les laisser tranquille. On alterne entre les deux ce qui donne une vision d’ensemble assez riche.

Je ne sais pas précisément à quoi je m’attendais en découvrant ce manga. Pas à ça, surtout vu la couverture. C’est peut-être un des rares bémols, je trouve (personnellement) qu’elle ne correspond pas au contenu de My Home Hero. Elle en donne une fausse image. Toutefois, ma surprise fut bonne. Le traitement du crime et les réactions du père sont vraiment très nippones (vous comprendrez, je ne veux pas vous spoiler). Le dessin réaliste participe à l’ancrage dans le réel de ce thriller qui mérite qu’on lui donne une chance. Autre détail qui me pose un peu problème: il y a déjà cinq tomes publiés au Japon et vu la fin du premier, je me demande comment les auteurs sont parvenus à étirer leur intrigue. J’ai peur qu’ils rajoutent du contenu inutile en surfant sur la vague de leur succès mais je leur laisse le bénéfice du doute vu la qualité de ce que j’ai déjà lu.

En bref, le premier tome de My Home Hero est prometteur. Il offre un thriller sur fond de drame familial avec des personnages terriblement humains et normaux. Ce pourrait très bien être votre père… Il ravira les adeptes de réalisme, en espérant que les auteurs ne tirent pas trop leur scénario sur la longueur.

Blood Lad (série complète) – Yûki Kodama

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Blood Lad est un manga de type seinen publié chez Kurokawa. Il s’agit d’une série fantastique terminée en 17 volumes. En Belgique, chaque tome coûte 8.60 euros (merci la tabelle) mais en France, il est 1 euro moins cher. Un anime existe également depuis 2013, il compte 10 épisodes et semble être en cours. Pour info, je n’ai pas pu le regarder parce qu’il est licencié, donc je ne sais pas ce qu’il vaut. Mais s’il est à la hauteur du manga, ça peut valoir le détour !

Ce qui m’a en premier lieu attirée chez Blood Lad, c’est la couverture. Le style de dessin m’a tapé dans l’œil mais surtout les couleurs, assez atypiques sur une couverture. C’est très flashy sur le fond, avec l’effet crayonné sur les personnages. Forcément, j’ai craqué immédiatement sur le sale genre de Staz (le héros) et je me suis offerte le premier tome. Pour info, j’ai été acheter les quatre suivants le lendemain…. Même si, au départ, je m’étais demandée un peu où j’étais tombée !

Blood Lad ressemble à une parodie de shonen. On rencontre Fuyumi, une jeune fille qui se retrouve dans le monde des démons et est mangée par la plante carnivore d’un vampire. Oui, déjà là… J’avoue que j’étais pliée. Devenue fantôme, Staz, le vampire en question, se promet de l’aider à ressusciter. Sauf que pour ça, il a besoin de l’aide de son frère, Blaz, avec qui il n’entretient pas d’excellentes relations, pour diverses raisons. De fil en aiguille, l’histoire se tisse, des embûches tombent sur le chemin de ces improbables héros qui vont finalement devoir sauver le monde des démons d’une menace particulière.

Je sais, l’histoire a l’air cliché et, d’une certaine manière, elle l’est. Pourtant, on sent que l’auteur est un vrai fan de manga doublé d’un otaku. Les références aux œuvres de ses collègues sont nombreuses, il respecte les codes du shonen (alors qu’on est dans un seinen, je le rappelle) et s’amuse parfois à les tourner en ridicule ou à forcer le trait, avec une certaine maîtrise. En plus de cela, il amène une forme de maturité dans le traitement des relations entre les personnages, dans le sens où l’amour n’est pas du tout un tabou. Enfin, je ne développe pas ce point pour ne pas risquer de vous spoiler des choses, mais c’est un élément que j’ai apprécié.

Évidemment, ce manga n’est pas parfait. Certains tomes font, à mon sens, office de remplissage pour tirer encore un peu profit d’une saga qui connait du succès. Le côté ecchi un peu fan service ne me dérange pas personnellement (au contraire, j’avoue !) mais peut déplaire à certains. L’humour est bien présent tout du long, parfois un peu lourd mais il touche quand même souvent juste. Si les tomes sont inégaux et parfois un peu brouillon parce que beaucoup de nouveaux personnages (pas forcément utiles je trouve) apparaissent, l’ensemble reste cohérent, intéressant et de qualité.

En gros, Blood Lad est une saga à lire, une bien belle découverte qui plaira aux fans du genre et qui en surprendra plus d’un. Pour ma part, je viens de terminer à l’instant le tome 17 et je ne m’attendais pas du tout à ce dénouement. J’ai été surprise. C’était bien amené, touchant, ça a achevé de me convaincre. J’espère que ce mangaka va sortir autre chose dans cet univers, même si la fin est bien en soi. Blood Lad n’est pas un coup de cœur absolu (pas comme j’ai pu en avoir pour Tokyo Ghoul, Psycho Pass ou Black Butler) mais c’est un bon divertissement qui vaut le détour.