À l’ombre du Japon #38 { Beast complex, le format court version manga ! }

Ohayo mina !

Nous voici de retour avec un petit article manga qui va un peu traverser les formats puisqu’il commencera par une réflexion inspirée par ma récente expérience du #ProjetOmbre mais aussi par l’édito de la semaine chez l’Apprenti Otaku tout en vous parlant du très bon Beast Complex de l’inégalable Paru Itagaki.

Une question de terminologie…
Pour vous résumer grossièrement en deux mots, l’Apprenti Otaku expliquait que consommer du manga implique souvent un rapport de fidélité de longue durée car beaucoup de séries ont tendance à s’étaler sur au moins une dizaine de tomes. Alors que côté roman, c’est plutôt l’inverse. Il est assez rare (même si ça existe) de trouver des séries aussi étendues. Les raisons sont multiples mais viennent surtout, je pense, du modèle économique classique de notre édition. Du coup, j’ai eu envie de vous inviter à une petite réflexion à ce sujet, comme ça en passant.

Le format court est quelque chose qu’on connait bien en littérature : nouvelles, novelettes, novellas, autant de mots pour désigner des textes de moins de 40 000 mots, en fonction de leur longueur réelle. Le genre connait des hauts et des bas, des éditeurs comme Le Bélial lancent des collections dédiées, pour notre plus grand bonheur… Et de là, la question se pose : est-ce qu’il existe des mangas au format court ? Des mangas « nouvelles » ? Est-il pertinent d’accoler ces deux termes ?

C’est une réflexion un brin étrange, j’en conviens. On peut déjà se demander s’il est pertinent de chercher à appliquer des termes littéraires à un format axé sur le visuel. De plus, si vous lisez du manga, vous savez qu’il existe ce qu’on appelle des one-shot, des titres terminés en un seul tome. Est-ce qu’on peut considérer ces titres comme des nouvelles / novellas ? Ou est-ce qu’ils répondent à d’autres codes qui font que ces termes ne peuvent se transférer d’un format à l’autre ? Je vous le dis tout de suite, je n’ai pas la réponse à ces questions mais n’hésitez pas à me donner votre avis parce que l’échange autour de ce sujet m’intéresse sincèrement.

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Et Beast Complex, dans tout ça ?
Toujours est-il qu’avec Beast Complex, Paru Itagaki s’approche, à mes yeux, du format nouvelle tel qu’on le trouve classiquement en littérature (oui, tout ce blabla pour en arriver là !). La série comptera en tout trois volumes, chacun possédant plusieurs chapitres mais chaque chapitre racontant une histoire achevée sur elle-même, un peu à la manière d’un recueil, finalement. Peut-on dire qu’un chapitre = une nouvelle si ce chapitre raconte une histoire close au format court ? Et pourquoi pas, après tout… Car j’ai vraiment eu, lors de ma lecture, le même sentiment que quand je découvre un recueil au sens classique du terme. Sans parler des nombreuses qualités inhérentes à cette mangaka, dont j’ai déjà pu longuement vous parler dans d’autres articles sur Beastars.

Je sais que le manga divise, que son trait ne plait pas toujours, mais selon moi, cette femme est brillante, fine psychologue, curieuse de tout et a réussi l’exploit de me faire adorer une histoire avec des animaux anthropomorphisés, ce que j’ai en général en horreur. Je me suis longtemps demandée ce qui faisait la différence et elle y a répondu un peu par hasard dans la postface de ce premier volume en expliquant que, petite, elle aimait déjà dessiner les animaux et qu’elle se posait plein de questions concrètes sur les relations qui peuvent les unir en fonction des espèces. Du coup, ses réponses à ces interrogations me paraissent très crédibles et il y a une certaine logique dans la façon dont toutes ces espèces agissent entre elles.

C’est ce qui est raconté dans ce premier volume qui se compose de six chapitres -donc de six histoires closes sur elles-mêmes. La première est intitulée : le lion et la chauve-souris, elle met en scène des adolescents au lycée. Le lion Raul, chef de classe, est envoyé par son professeur pour apporter des notes de cours à un étudiant absent de longue durée, une chauve-souris prénommée Azumo. Sa mission est simple : convaincre l’élève de revenir en cours pour passer son équivalent BAC. Mais vu le drame qui a frappé Azumo, Raul n’est peut-être pas la personne la mieux placée pour réussir !
On découvre ensuite l’histoire du tigre et du castor qui raconte la touchante amitié de deux enfants d’une dizaine d’année qui n’appartiennent donc pas à la même espèce et approchent de l’âge fatidique où les carni’ développent leur envie de manger de la viande. Pourtant, ils sont amis depuis toujours et n’imaginent pas devoir se séparer…
Arrive alors le dromadaire et la louve, où on est cette fois confronté à des adultes. Elle dévoile comment Galom, journaliste sur le point de raccrocher, rencontre Abby, une mystérieuse louve avec qui il passera la nuit, nuit qui changera son destin… On part ensuite dans une ambiance plutôt désenchantée avec le kangourou et la panthère noire qui parle d’un gérant d’hôtel qui accueille une cliente bizarre porteuse d’une valise dont elle refuse de se séparer… Paru Itagaki revient ensuite sur un registre un peu plus léger tout en traitant le cœur de son concept avec le crocodile et la gazelle. Luna travaille depuis cinq ans dans l’émission de cuisine Happy Happy Cooking où elle est commis. Le chef herbi prend sa retraite et est remplacé… Par un crocodile ! De quoi effrayer la pauvre gazelle, surtout que son nouveau binôme enchaîne les remarques tendancieuses au sujet de la viande. Toutefois, il se peut que la personnalité du crocodile lui réserve des surprises… Enfin, ce premier tome se conclut sur la renarde et le caméléon, une belle histoire d’amitié dans un lycée qui évoque le thème du harcèlement et l’importance d’aider ses amis.

Une fois de plus, la mangaka parvient à aborder énormément de sujets en peu de pages et ce, avec efficacité. Dire que c’est sa première série ! Je n’en reviens toujours pas. Parce que oui, j’ai oublié de le préciser mais elle a commencé sa carrière avec Beast Complex qui, séduisant son éditeur, a donné ensuite naissance à Beastars

La conclusion de l’ombre :
Avec Beast Complex, Paru Itagaki propose un titre indispensable pour tous les fans de Beastars mais également parfait pour entrer dans son univers et la découvrir puisque ces histoires courtes n’influent pas du tout sur la trame principale que l’on connait, avec Legoshi, Louis, Haru et compagnie. Fidèle à ses qualités que l’on connait (un trait personnel et plein de caractère, une fine psychologie, une efficacité narrative prouvée), la mangaka aborde de nombreuses thématiques à travers six histoires courtes qui marqueront le/a lecteur/ice. J’ai adoré cette découverte et je me réjouis que la suite paraisse chez nous.

À l’ombre du Japon #37 { Pourquoi Im – Great Priest Imhotep est-il mon shônen préféré ? }

Bonjour à toutes et à tous !

En mai 2019, je publiais sur le blog un article qui présentait les deux premiers volumes de la série Im afin de vous partager mon enthousiasme. Je m’étais dit que j’allais écrire un article plus dense une fois que j’aurais lu les 11 tomes mais je ne l’ai jamais fait… Du coup, comme j’ai décidé qu’en 2021, j’allais me poser pour relire plusieurs sagas phares dans mon cœur, je fais d’une pierre deux coups !

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Im
est la première (et pour le moment la seule, en tout cas à ma connaissance et traduite en français) série de la mangaka Morishita Makoto qui s’est fait remarquée en arrivant deuxième à un concours manga organisé par Square Enix. Elle a travaillé sur Im entre 2015 et 2018 même si elle explique dans la postface du dernier tome qu’elle a dessiné plusieurs premiers jets sur lui à partir de 2013. C’est en visitant une exposition sur l’Égypte Antique qu’elle a eu envie de raconter une histoire sur ce prêtre légendaire et on peut dire qu’elle a été bien inspiré.

Mais de quoi ça parle ?
Hinome est issue d’une famille un peu bizarre qui a mauvaise réputation. Du coup, tout le monde l’évite et la dit maudite. À raison puisque qu’à chaque fois qu’elle tente de prononcer un mot, du feu sort de sa bouche ! Alors qu’elle rentre du lycée, elle tombe sur un drôle de gusse en cavale dans les rues qui s’invite chez elle en déclarant qu’il est le grand prêtre Imhotep, celui de l’Égypte antique, maintenu en sommeil pendant 3 000 ans par les dieux à cause d’un crime terrible qu’il aurait commis… Il a été réveillé pour combattre les magaïs, ces démons issus des Enfers, et il va commencer avec celui qui possède la pauvre Hinome !

Comme je vous ai déjà présenté le manga (voir ici) je ne vais pas revenir sur les concepts de base ou les personnages mais plutôt l’aborder par ses thématiques et surtout la plus importante d’entre elle : l’amitié.

Le shônen & la notion d’amitié.
Dans le genre du shônen, l’amitié est une valeur mise en avant et au centre de tout. Il suffit de regarder les titres les plus vendus dans cette catégorie éditoriale pour s’en assurer. Une amitié profonde lie les membres de Fairy Tail comme l’équipage Mugiwara. C’est son amitié pour Rukia qui pousse Ichigo à se rendre au Seireitei pour la sauver de son exécution tout comme c’est l’amitié que Naruto porte à Sasuke qui est un des grands moteurs de l’intrigue du manga du même nom. Les exemples sont légions et je trouve qu’Im matérialise cela encore mieux puisque c’est l’amitié qui se retrouve au centre de toutes les relations et de toute l’intrigue du manga, du début à la fin. C’est elle qui a poussé Im à devenir un criminel il y a 3 000 ans, c’est elle aussi qui donne à Hinome la force de défendre le grand prêtre quand il le faut, elle encore qui permet aux enfants du corbeau d’avancer et de surpasser leurs traumatismes. L’amitié est mise en scène sous toutes ses formes et l’autrice montre toute la puissance qui peut en émaner tout comme les extrémités auxquelles elle peut pousser.

Deux extraits marquants :
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Dans le premier tome, Hinome explique qu’elle rejette tout le monde pour éviter qu’iels soient blessé.es à cause de ses pouvoirs incontrôlables, ce qui ne l’empêche pas de souffrir d’une profonde solitude. Son rêve est d’ailleurs d’avoir dans sa vie une personne avec qui partager son déjeuner. C’est touchant et on comprend qu’Im se retrouve en elle puisqu’il y a 3 000 ans, le prince Djéser l’a lui aussi sorti de la profonde solitude inhérente à sa fonction de grand juge des enfers.

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C’est ce que montre l’extrait ci-dessus dans l’un des flashbacks qui détaille le fameux crime dont Imhotep est accusé. Cette scène se déroule après qu’Im ait sauvé la vie d’un enfant alors même que les prêtres et la famille royale sont en conflit, si bien que les premiers ne veulent pas aider le peuple dont la famille royale est responsable, afin de rappeler à tous et toutes leur importance. Ouais, c’est pas joli… Toujours est-il que Djéser est un prince un peu particulier, qui trouve que ces petites gué-guerres ne mènent à rien et qui aimeraient changer les choses. Un idéaliste quoi. Quand Im décide de sauver ce garçon, Djéser voit quelque chose en lui qui le pousse à vouloir devenir son ami, avec les conséquences que vous découvrirez en lisant ce manga.

Je suis personnellement bien plus sensible aux questions d’amitié que d’amour. Pour moi, l’amitié est fondamental dans la vie et j’aspire à des relations peut-être trop idéalisée, justement influencée par tous ces shônens avec lesquels j’ai grandi. Je n’ai aucun regret par rapport à cela mais ça explique que ce manga résonne autant en moi et que j’ai toujours les larmes aux yeux en lisant les dernières planches qui comptent parmi les plus belles conclusions d’histoire que j’ai pu lire dans ma vie.

Ma seule grande interrogation c’est : pourquoi Morishita Makoto n’a-t-elle plus publié depuis ? Dans la postface, elle explique qu’elle est reconnaissante d’avoir pu aller au bout de son œuvre même si elle n’a jamais pu faire la couverture du magazine où elle la publiait et qu’elle n’a pas eu le succès escompté. D’ailleurs, elle espérait une adaptation en animé qui, sauf erreur de ma part, n’a jamais eu lieu et c’est un très grand mystère pour moi quand je vois ce qu’on peut adapter… À mes yeux, Im est clairement un manga qui mériterait un plus grand rayonnement et qui fait partie de ces œuvres injustement délaissées alors que tout y est très bon, du chara-design au découpage de l’action, avec un rythme d’intrigue constant et bien mené, une galerie de personnages plutôt variée et tous.tes doté.es d’une vraie personnalité… Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?

Brève réflexion sur l’interculturalité entre l’Égypte et le Japon
Je me souviens de m’être dit que j’avais vu beaucoup de mangas sur le thème de l’Égypte antique et ça m’avait intrigué. Je l’ai même écrit il n’y a pas si longtemps dans une autre chronique manga. Pourtant, en effectuant quelques recherches, les seuls mangas vraiment basés sur cette période sont Reine d’Égypte et Im, tous les deux chez Ki-oon et tous les deux excellents dans leur genre. On notera aussi Cléopâtre chez Nobi-Nobi mais je ne l’ai pas lu donc je ne me permets pas d’en parler. Je pense que mon erreur vient du fait que les deux titres sont arrivés sur le marché du manga plus ou moins en même temps et que je les ai connu à quelques mois d’intervalle mais aussi que, d’une manière plus générale, j’ai grandi en étant baignée dans la mythologie égyptienne avec des œuvres comme Papyrus ou encore les films de la Momie. À l’instar du Japon, la mythologie égyptienne est polythéiste et très riche, elle déborde de mythes, de légendes, de dieux avec des figures semblables (y’a des serpents partout ! #Apophisme4ever) et c’est peut-être la raison pour laquelle il n’y a pas davantage de mangas inspirés par cette culture ? Les japonais ne la trouve probablement pas aussi originale et inspirante que nous, européen.nes ? Si vous avez des idées ou des théories à ce sujet, n’hésitez pas à les partager.

(Édit 20/06/2021: On me rappelle dans les commentaires qu’il y a également le manga Yu Gi Oh qui est très inspiré de l’Égypte antique, comment ai-je pu l’oublier ?! J’ai énormément regardé l’animé et lu les deux ou trois premiers tomes du manga. Le fameux « c’est l’heure du dudududu-el restera à jamais dans les mémoires… Merci Nana Coubo pour avoir réparé cet oubli.)

Quoi qu’il en soit, j’espère que ma petite présentation vous aura donné envie de jeter un œil à ce manga si cher à mon cœur et surtout, que ce sera pour vous une belle découverte ! 

À l’ombre du Japon #36 { Je me réconcilie avec Urasawa grâce à Pluto ! }

Bonjour tout le monde !

Voici un titre un peu racoleur et surtout, un peu interpelant si on n’a pas la référence… Non, je ne vais pas parler ici de Disney et son célèbre chien mais bien du manga Pluto dessiné et scénarisé par Naoki Urasawa, aidé au scénario par Nagasaki Takashi. Naoki Urasawa est un mangaka qu’on ne présente plus tant il possède une bibliographie impressionnante qui a marqué l’histoire du manga. Il est très aimé et encensé, notamment par l’ami Apprenti Otaku qui désespérait de lire que je ne parvenais pas à accrocher à ses œuvres. En effet, pour rappel, j’avais commencé Billy Bat et si j’avais d’abord été très impressionnée par le concept, j’ai décroché au bout d’une dizaine de tomes à cause d’un gros souci de rythme, trop lent pour moi. Et pourtant, j’enchainais les tomes puisqu’on me les prêtait et qu’en plus, la série est terminée depuis plusieurs années…

Je m’étais donc détournée de l’œuvre du mangaka, pas plus attirée que ça par ses autres titres, jusqu’à lire un article très enthousiaste de l’Apprenti Otaku (encore lui !) au sujet de Pluto. Comme c’est lui qui m’a fait sauter le pas de l’achat, il me semble juste de vous inviter à lire son billet. Ainsi, par sa faute, j’ai acheté les 8 tomes parus chez Kana et je les ai lu sur le mois de mai. On peut donc dire qu’il s’agit d’une réussite ! 

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De quoi ça parle ?

Pluto est une œuvre de commande réalisée pour l’anniversaire d’Astro qui, dans le manga éponyme, a été créé en 2003. Pluto se présente comme une réécriture mais n’ayant pas lu Astro, je ne peux pas l’affirmer. Par contre, il est tout à fait possible de lire Pluto sans rien connaître à Astro. Mon libraire le recommande même car dans le cas contraire, il paraît qu’on devine rapidement les tenants et aboutissants de l’intrigue. 
Pluto se déroule dans un futur proche du nôtre quoi que dans un monde à la géographie redessinée, où les robots ont une apparence humaine et des droits civils. Quelqu’un commence à assassiner les robots les plus perfectionnés de la Terre ainsi que des personnes pro-robots, ce qui mène à une enquête dirigée par Gesicht, un inspecteur robot d’Europol. Par le biais de cette enquête et de l’intrigue, le lecteur va rencontrer les robots les plus perfectionnés de ce monde qui sont des cibles, va voyager au sein de plusieurs pays et va découvrir que toute l’affaire est peut-être lié à la 39e Guerre d’Asie à laquelle les sept robots en question ont plus ou moins participé d’une façon ou d’une autre…

Un thriller de science-fiction efficace aux thèmes multiples.
Pluto est, comme je l’ai dit, un thriller de science-fiction. Thriller parce que Gesicht doit contrecarrer les plans du mystérieux criminel qui élimine les robots et leurs alliés les uns après les autres. Le suspens est rondement mené grâce à un découpage efficace et très cinématographique. Science-fiction parce qu’on évolue dans un univers où les robots sont tellement perfectionnés qu’ils ressemblent aux humains sur un plan physique… et même mental, à quelques détails près. Ce qui permet d’aborder des grands thèmes propres à ce genre littéraire comme le développement de l’intelligence artificielle et la notion de conscience. En effet, les robots existent, possèdent une IA, copient les humains jusqu’à feindre de boire et de manger. À force de copier, ils imitent également les émotions au point d’arriver à les ressentir spontanément quand la situation s’y prête. Cela pose énormément de questions sur ce qui compose la vie comme la conscience. Certaines références y sont d’ailleurs très littéraires, on y retrouve les lois d’Asimov bien qu’elles ne soient pas citées comme telles. Il est par exemple impossible pour un robot de faire du mal à un humain… Quoi que ? Toujours est-il que, les robots appartenant totalement à notre société, ils doivent parfois affronter du racisme de la part d’autres humains et même si des lois les protègent, certains groupes extrémistes existent et veulent les réduire au statut d’esclave. C’était d’ailleurs une partie des motivations de la fameuse 39e Guerre d’Asie…

Le traitement des émotions est véritablement au cœur du récit. Malheureusement, je ne peux pas en parler dans le détail au risque de vous gâcher des éléments d’intrigue mais je peux par contre vous dire que j’ai trouvé l’approche intelligente, réussie et subtile. Je vous ai sélectionné deux extraits plutôt parlant, l’un du premier tome et l’un du troisième. Aucun ne divulgâche l’intrigue, rassurez-vous ! Comme on m’a fait remarquer que les éditeurs mangas aimaient bien qu’on mette des extraits visuels, je teste une première fois pour voir si ça vous intéresse. Évidemment, les droits de ces images appartiennent à Kana et sont utilisés ici dans le but d’agrémenter mes explications au sujet de l’œuvre. 

Le premier est une scène où Gesicht rend visite à l’épouse d’un policier robot décédé en service afin de lui apporter sa puce mémoire. Tout, dans l’attitude de Gesicht (lui-même robot !) à celle de son épouse rappelle finalement un échange qui pourrait très bien se dérouler dans une série policière contemporaine. Dans sa posture, on sent la peine ressentie par l’épouse et dans celle de Gesicht, le respect qu’il voue à une vie, même robotique.

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Le second est une discussion entre Astro et sa petite sœur qui est capable de ressentir les émotions des humains et qui les comprend très bien. La manière dont ils en parlent montre que les robots ne sont pas insensibles, loin de là ! Ils abordent juste les émotions d’une autre façon.

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Je l’ai signalé plus haut, l’intrigue de Pluto se déroule dans plusieurs endroits du monde. C’est la seconde œuvre d’Urasawa que je lis qui a un encrage très européen et, par extension, un trait réaliste qui représente bien les morphologies occidentales. Si je le précise, c’est parce que cela peut dépayser les lecteurices qui cherchent du manga typé japonais dans le trait et l’univers. Il n’y a rien de tout cela ici, hormis pour ce qui est lié directement à Astro vu que le petit robot vit au Japon et a été créé par un japonais.
Je dis une œuvre très européenne mais je devrais également parler d’une œuvre très américaine. Les causes de la 39e Guerre d’Asie rappelleront de manière très troublante notre histoire récente tout comme un certain ours en peluche semble être une métaphore d’un certain président. Les clins d’œil et les références sont nombreux et raviront les amateurices d’Histoire ! J’ai été impressionnée par cet aspect et ça m’a poussé à m’interroger.

Réflexion personnelle : l’interculturalité Europe – Japon.
Je n’ai pas pour ambition d’écrire un essai sur le sujet mais le hasard veut qu’un de mes étudiants prépare actuellement un TFE sur l’interculturalité entre l’Europe et le Japon, ce qui l’a poussé à s’intéresser à pas mal d’œuvres et moi à réfléchir également sur le sujet pour l’aider. Comme Pluto s’y prête, j’en profite pour partager ça avec vous.

J’ai l’impression qu’à l’instar de l’Égypte antique et de l’Angleterre victorienne (on en reparlera dans le détail ultérieurement), l’Europe moderne exerce une fascination sur plusieurs mangakas japonais au point d’en faire leur marque de fabrique, ce qui se remarque tout particulièrement chez Urasawa. Si vous avez d’autres exemples, d’ailleurs, n’hésitez pas à me les renseigner ! C’est interpellant car on a souvent l’impression que l’inspiration ne va que dans un sens : ici, en Europe (je parle surtout pour la France et la Belgique, je ne connais pas tous les milieux littéraires européens) je remarque une fascination de plus en plus présente pour le Japon qu’on retrouve beaucoup représenté dans les romans (il suffit de voir la collection Neko du Chat Noir, par exemple) mais aussi dans la bande-dessinée avec l’apparition du « manga français » (dessins typés nippons et format) ou, plus subtil, un trait « manga » dans un format BD européen classique. Preuve en est avec Pluto que cet intérêt va dans les deux sens et qu’on est vraiment dans un échange interculturel. Ça m’intéresserait de savoir à quel point les japonais/es sont fascinés (ou non) par notre culture ! Si vous avez des ouvrages qui en parlent, n’hésitez pas à me les renseigner aussi. 

Évidemment, je n’ai pas de chiffres précis à présenter et je n’ai pas lus tous les mangas qui existent (loin s’en faut !) donc ce paragraphe n’a aucune valeur scientifique. C’est simplement une réflexion personnelle qui vise à échanger sur le sujet si vous en ressentez l’envie. 

La conclusion de l’ombre :
Pluto est un thriller de science-fiction réalisé par Naoki Urasawa et Nagasaki Takashi, inspiré par l’histoire d’Astro Boy d’Ozamu Tezuka. Gesicht, un inspecteur robot, cherche à résoudre une série de crimes qui semble viser les robots les plus perfectionnés du monde et les personnes qui sont favorables à cette science robotique. L’enquête est presque un prétexte pour aborder des questions fondamentales qu’on retrouve régulièrement en science-fiction : l’intelligence artificielle, son développement, la frontière du vivant / conscience et l’importance des émotions. Le découpage précis, quasiment cinématographique, permet une gestion du suspens admirable. Cette œuvre riche de multiples références et clins d’œil à notre propre Histoire récente mérite vraiment le détour !

À l’ombre du Japon #34 { Comme sur un nuage #2 ; Nos temps contraires #3 }

Ohayô minasan !

Nouvel article manga consacré cette fois-ci à deux nouveautés chez l’éditeur Akata dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler sur le blog. J’aime beaucoup leur engagement à promouvoir la diversité et ces deux séries sont des réussites pour moi, si bien que j’attends toujours le tome suivant avec impatience. Allons un peu plus dans le détail…

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On retrouve deux grandes parties au sein de ce volume. La première concerne l’amitié qui lie Sanada et Ayumi depuis l’école primaire. Noshiro comprend que la jeune fille voue à Sanada des sentiments qui semblent amoureux et essaie de les rapprocher, alors même qu’il sait que Sanada préfère les hommes ! Cela donnera lieu à des questionnements sur la nature de l’amour, sur le fait d’aimer ses amis et la différence entre amour et amitié. Est-ce vraiment si éloigné ? On sent beaucoup de maladresse dans le personnage de Noshiro qui essaie de bien faire, se démenant pour que tout le monde soit heureux. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions…

La seconde partie est consacrée à l’arrivée d’un nouveau protagoniste qui m’a vraiment gonflé : Makoto Morinaga. Il est également au lycée mais semble plus jeune d’un an ou deux que Noshiro, Sanada et Ayumi. Il est tombé amoureux de Noshiro en trois secondes à tout péter après que ce dernier ait performé lors d’une course relais. Depuis, il ne l’a plus lâché. Suite à un qui pro quo, Makoto est persuadé que Noshiro est homosexuel et donc qu’il a toutes ses chances avec lui ! Le flou va durer longtemps et c’est finalement Sanada qui va devoir régler la situation en mettant un peu de plomb dans la tête de ces deux andouilles.

Si j’ai retrouvé la bienveillance et l’intelligence dans le traitement des thématiques autour de la sexualité, ce nouveau personnage ne m’a pas vraiment convaincue et même plutôt refroidie. Comme la série s’achève au prochain tome, je vais tout de même l’acheter pour découvrir le dénouement mais je me demande un peu ce que ça va donner, vu la direction prise à la fin…

D’autres avis : Les blablas de Tachan – vous ?

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Encore un tome bourré d’émotions et de retournements de situation ! Comme le laisse penser la couverture, ce volume va davantage parler de Caesar et de Louis, du couple qu’ils forment, de comment ils en sont arrivés là et des conséquences que ça a sur leurs vies. Les deux néotènes souffrent et ne se comprennent décidément pas, ce qui va mener à des situations très problématiques, autant pour eux que pour Tara et Arata, leurs amis d’enfance.

Mais outre ces éléments, Gin Toriko va cette fois-ci évoquer un nouveau thème en lien avec la maladie de Daphnée, à savoir la pédophilie. On met ici en scène une déviance où la victime est manipulée puis punie par le système au contraire de son agresseur, ce qui révolte Tara et souligne un peu plus les disparités présentes dans cette société qu’on pourrait presque croire idéale au premier abord. La présence plus forte du personnage de Louis permet de le rappeler puisque, cynique et désenchanté, il met le doigt sur l’aspect plus sombre de cette vie dont il est déjà fatigué.

J’ai ressenti beaucoup d’émotions lors de ma lecture et un criant sentiment d’injustice mêlé à une bonne dose de frustration. C’est, finalement, la marque d’un bon manga puisque je me suis impliquée émotionnellement avec les personnages. Je suis très curieuse de découvrir la suite !

D’autres avis : Les blablas de Tachan – vous ?

Et voilà, c’est déjà terminé pour aujourd’hui ! J’espère que je vous ai donné envie de découvrir / continuer ces deux séries ou, en tout cas, de vous pencher sur le catalogue de l’éditeur. On se retrouve très bientôt pour parler d’autres suites.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #33 { Beastars #15 ; Les carnets de l’apothicaire #2 ; le renard et le petit tanuki #2 }

Ohayô minasan !
On se retrouve pour un rendez-vous manga entièrement consacré à l’éditeur Ki-oon. Vous le savez, j’ai pour eux une affection particulière (même si tous leurs titres ne sont pas des coups de cœur ou ne me séduisent pas, coucou My Broken Mariko) car ils proposent régulièrement des séries originales, qui sortent du lot. C’est le cas avec les trois titres dont il est ici question et qui ont été d’énormes coup de cœur. Je n’ai qu’une hâte : arriver au mois de mai pour avoir les suites.

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Je ne présente plus cette série qui a été pour moi une vraie révélation. Je dévore chaque tome dés leur sortie et j’en ressors chaque fois avec des étoiles plein les yeux tant Paru Itagaki est douée pour mener son intrigue, doser son action, proposer sans arrêt de nouveaux éléments sans pour autant oublier les anciens, ce qui permet d’accrocher le lecteur de tome en tome. Je n’ai pas souvenir d’un seul moment plus faible, d’un seul tome « de remplissage » et ce quinzième volume ne fait pas exception à la règle…

Ce tome, donc, se focalise sur la question des relations interespèces. En effet, on a découvert dans le volume précédent l’existence d’un tueur qui est à la fois herbi et carni, issu de l’union d’une gazelle et d’un léopard. C’est l’occasion pour Legoshi de réfléchir à l’avenir de sa relation avec Haru, puisque, s’ils ont des enfants, ce seront également des hybrides… Tout comme sa propre mère l’a été puisque, pour rappel, le grand-père de Legoshi a eu un enfant avec une louve, alors que lui-même est un varan de komodo. Le lecteur va également découvrir une partie du passé de la mère de Legoshi et entrevoir les raisons possibles de son suicide. Louis, de son côté, va tomber nez à nez avec son ancienne bande, non loin du marché noir. À nouveau, les péripéties s’enchainent, des personnages qu’on pensait oubliés reviennent sur le devant de la scène et le suspens est à son comble quant à ce qui va arriver ensuite. J’adore !

Si vous n’avez pas encore donné sa chance à ce titre, n’hésitez plus… Surtout que la série va se terminer bientôt, donc vous savez où vous allez !

D’autres avis sur ce tome : pas encore, mais cela ne saurait tarder !

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Si j’ai été très convaincue par le premier tome des Carnets de l’Apothicaire, ce n’était rien à côté de celui-ci qui m’emballe plus que de raison, si bien que j’ai à présent des attentes extrêmement élevées concernant cette série. Ce second volume est l’occasion d’en apprendre plus sur le fonctionnement du système des concubines et des dames de compagnie ainsi que sur le métier de gouteuse, exercé malgré elle par Mao Mao.

Ce personnage prend aussi de l’ampleur car on en apprend davantage sur ses taches de rousseur (j’ai adoré cet aspect même s’il fait froid dans le dos) tout en la voyant en action dans son métier, implacable, capable de faire preuve d’un fort caractère assez terrifiant tout en se montrant préoccupée du bien être des autres. Cette héroïne est l’une des plus réussies que j’ai pu croiser récemment dans un manga !

Pour ne rien gâcher, l’esthétique superbe du titre se confirme. Chaque planche est soignée, millimétrée, rien n’est laissé au hasard, encore moins la caractérisation des personnages qui rend l’ensemble très aisé à suivre. Je me réjouis d’avoir le troisième tome entre les mains !

D’autres avis sur ce tome : Les voyages de LyLes blablas de Tachan – vous ?

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Souvenez-vous, je vous avais déjà présenté le premier tome de cette série qui parait jeunesse mais ne l’est pas du tout. Le dessin m’avait conquise ainsi que l’aspect adorable du petit tanuki prénommé Manpachi, couplé au sale caractère de Senzo, le redoutable renard noir. Mais la série possède-t-elle ce qu’il faut pour durer ? Après la lecture de ce tome, ma réponse est oui !

Dans ce tome, le renard noir se lance à la poursuite du blaireau Momoji qui a menti à Manpachi pour l’attirer dans sa montagne d’origine, lui promettant de l’aider à retrouver ses parents. C’est l’occasion d’une très belle scène avec l’esprit protecteur de la montagne même si elle est précédée d’un moment crève-cœur sur la façon dont les autres esprits traitent Manpachi.

C’est toujours doux, drôle, mignon mais le titre possède aussi une part de noirceur qui fonctionne d’autant mieux au milieu des éléments précités. J’ai très envie de découvrir la suite et je suis assez curieuse de voir où tout cela va nous mener…

D’autres avis sur ce tome : La pomme qui rougitles voyages de LyLes blablas de Tachan – vous ?

Et voilà, c’est déjà terminé pour cette fois. J’espère que vous avez apprécié ce tour d’horizon des séries qui se confirment et semblent faites pour durer chez Ki-oon… Je vais conclure en disant : bien vite le mois de mai ! Mais rassurez-vous, on se retrouvera avant dans ce rendez-vous manga.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #32 { je découvre One Punch Man ! }

Ohayô minasan !

Nous voici déjà de retour avec un article un peu spécial consacré à un manga que je commence tout juste (mille ans après tout le monde donc…) One Punch Man ! Alors je sais, vous m’avez probablement déjà entendu dire que le shonen (je sais certains parlent de seinen pour ce titre mais Kurokawa le sort dans sa collection shonen donc voilà) et moi, ça le fait plus. Ou que j’en avais un peu marre des mangas où on ne fait que se mettre sur la gueule. Du coup, a priori, ce titre n’était pas du tout fait pour moi ! Et pourtant, sous ses airs d’œuvre bourrine, One Punch Man cache une vraie richesse.

Dans ce billet, j’ai envie de mettre en avant les qualités du titre qui font que j’ai enchaîné les 14 premiers tomes en moins d’une semaine, coupant juste avec la lecture d’un service presse (au demeurant excellent même si cela n’a rien avoir avec le sujet qui nous occupe ici). Mon but est de vous faire découvrir ce manga et de, peut être, vous permettre de réviser vos a priori car je suppose que je ne suis pas la seule à en avoir par rapport à ce titre. Toutefois, même si j’ai déjà lu 14 tomes, cette chronique concernera surtout le contenu des 8 premiers volumes car le personnage de Garoh apparaît à partir du 8e et il marque, selon moi, un gros tournant au sein de la série qui vaut bien un article à part. Je vais voir à quel moment cela arrivera en continuant ma découverte.

/!\ Je précise également que cet article contient des images ajoutées en groupe par l’outil média. Si jamais elles débordent sur le texte quand vous me lisez via l’application WordPress, passez l’article en « version web » pour arranger cela. 

La genèse du manga
ONE est un mangaka très mystérieux sur lequel on ne sait pas grand chose et dont on n’a même pas de photographies. On sait qu’il est japonais et qu’il a 34 ans. J’utilise un « il » générique car si tout le monde use de ce pronom, je ne suis même pas certaine qu’on connaisse son sexe. En 2009, il publie les premiers chapitres de One Punch Man sur son site Internet, ce qui va lui valoir une popularité immédiate et grandissante. Imaginez, il avait +- 20 000 visites par jour pour le lire !
Ce succès attire l’attention des éditeurs. En 2012, une collaboration commence entre ONE et le mangaka Yusuke Murata qui va redessiner l’histoire d’une manière un peu plus professionnelle. C’est ainsi qu’arrive ce manga dans un format plus classique… Mais ONE ne s’arrête pas à One Punch Man, il est également connu pour son travail sur Mob Psycho 100 que je n’ai pas encore lu.

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Le concept

La première fois que j’ai entendu parler du manga, c’était à ma librairie et le premier tome venait d’arriver dans les rayons. Mon libraire le sortait des cartons pendant qu’on discutait et on a rigolé sur la couverture en se demandant vraiment quel genre d’histoire ça pouvait raconter. Il avait déjà quelques renseignements et me l’a pitché en me disant que c’était grosso modo un gars au chômage qui devient super fort et tue tous les monstres en un seul coup de poing. Faut avouer, ça ne vend pas trop du rêve donc je me suis dit que j’allais passer mon chemin.

Puis j’ai vu un jour mon petit frère regarder l’animé sur Netflix. J’ai pris un épisode en passant et très honnêtement, je ne sais plus lequel. Je me suis dit mh ça a l’air sympa mais plutôt à regarder que lire. Pourtant, lui achetait également le manga en version papier donc il aurait très bien pu me le prêter si j’avais voulu. Sur le moment, je ne le sentais pas, donc j’ai encore retardé ma découverte. Puis nous voilà finalement à mardi dernier donc il y a très exactement une semaine (et un jour). Je l’ai pris en voiture pour faire une course et il entend l’opening de One Punch Man (l’animé donc) passer sur ma playlist. La discussion sur le manga reprend, la ferveur qu’il met pour en parler m’intrigue, me décide une bonne fois. Et nous y voilà !

Alors c’est vrai qu’au début du premier tome, on rencontre bien un gars un peu raté qui est au chômage et se rend à un entretien quand il tombe sur un monstre qui veut s’en prendre à un gamin. La rencontre ne se passe pas super bien, le type décide alors de s’entrainer pour devenir plus fort et réussir à affronter ce type de créature. Trois années plus tard, on retrouve ce fameux gars, chauve, avec un costume pas génial, qui réussit à étaler tous ses ennemis d’un seul coup de poing. Cela donne des scènes plutôt amusantes où les monstres font un peu leur show et sont coupés dans leur élan égocentrique par une droite bien placée. L’humour est bien là mais le concept risque vite de tourner en rond…

Et là, coup de génie.

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Saitama l’invincible.

Notre héros s’appelle Saitama et on se rend rapidement compte qu’étaler tous ses adversaires en un coup ne lui procure aucun plaisir, aucune réelle satisfaction. Pour lui, il n’y a plus d’enjeux, plus de frisson. Il souffre d’être à ce point au-dessus de tout le monde en termes de puissance et essaie de retrouver un peu de plaisir, un peu de piment dans cette vie de héros indépendant. Je trouve l’idée très intéressante car elle prend à contrepied ce qu’on a l’habitude de voir dans les shonens de bagarre. Ici, le héros ne va pas gagner en puissance pour affronter des ennemis toujours plus forts et cruels sur des arcs qui tirent en longueur. Au début du manga, il y a presque un monstre différent par chapitre ! Ça va vite et le lecteur ressent très bien l’impression de lassitude qu’a le héros tout en continuant à se demander où tout ça va bien pouvoir mener.

Un mot sur Saitama : s’il est très fort physiquement, il ne brille pas forcément par son intelligence. Pas qu’il soit un crétin qui fonce dans le tas mais il a conscience que son point fort, c’est justement sa force physique. Quand Genos et lui passent les tests de l’association des héros, Saitama se plante sur l’écrit d’une manière magistrale et réussit par contre les épreuves physiques haut la main avec des scores jamais égalés jusqu’ici. Saitama est plutôt un gars tranquille, un peu paresseux qui vit sa vie en lisant des mangas et jouant parfois à des jeux. Souvent, il s’ennuie et n’a rien à faire. Il est plutôt sympathique mais aussi simple dans sa manière d’aborder les ennemis ou les problèmes qui se présentent à lui. J’ai tout de suite accroché à son concept même si ce n’est pas le seul à être remarquable…

Une galerie de personnages très diversifiée pour une parodie rondement menée.
Parce que si tout le manga ne tournait qu’autour de Saitama, effectivement, on s’ennuierait vite et il n’y aurait pas déjà une vingtaine de tomes publiés à l’heure actuelle. Heureusement, l’auteur créé une floppée de personnages divers et variés qui ont tous des caractéristiques propres ainsi que des degrés de puissance différents. Je n’ai jamais eu aussi facile de ne pas m’emmêler les pinceaux ! C’est un souci que j’ai par moment dans certains mangas où tous les garçons sont créés sur le même modèle avec juste des coupes de cheveux qui changent par exemple et où il y a un vrai souci de distinction entre chaque, que ce soit physiquement ou nominalement. Ici, tous sont parfaitement caractérisés et le dessin de Yusuke Murata est d’une précision à couper le souffle, que ce soit sur les traits des personnages, sur les décors ou sur les scènes de combat qu’il maîtrise sublimement. J’ai rarement autant aimé lire un manga de baston. Il peut passer du chibi un peu ridicule pour Saitama à un trait très sérieux qui souligne la profondeur du personnage. Il suffit de voir les couvertures pour se rendre compte non seulement de la diversité présente au sein du titre mais aussi de son talent pour la caractérisation. Le chara-design est très clairement un point clé de ce titre.

Pour le moment, j’aime beaucoup Genos et Sonic le Foudroyant qui me fait beaucoup rire (à ses dépends…) chaque fois qu’il apparait. Je sais qu’ils comptent parmi les personnages les plus connus et les plus importants mais qu’y puis-je… J’apprécie également beaucoup le concept de King, ce héros surpuissant qui terrifie d’un regard mais qui n’est, en réalité, qu’un imposteur ! Lui comme d’autres apportent un côté un peu absurde au manga qui passe très bien.

Hélas, la plupart de ces personnages ont des noms… Au mieux ridicule. Ce qui se justifie parce que One Punch Man est avant tout et selon moi une sorte de parodie, de contre-shonen, un gros doigt dressé à tout ce qu’on a pu lire comme nekketsu depuis des années qui reprennent souvent le même genre de formule mais également, peut-être, à cette folie, cette fébrilité, qui s’empare du grand public depuis l’avènement du MCU et donc la redécouverte des héros classiques de comics. Il y a un aspect moqueur qui passe à travers l’humour, à travers les noms ridicules des héros (le pauvre Saitama va devenir le Chauve Capé… On a aussi Chien de garde-man ou Pri Pri Prisonnier sans parler de Roulette-man… Des exemples parmi d’autres) Ça ne vend pas du rêve mais ça passe comme une lettre à la poste à partir du moment où l’Association des héros est présentée comme un espèce d’organisme récent et pas très sérieux qui fonctionne sur base de dons publics avec, à sa tête, des riches abrutis qui sont contents de faire leur BA du moment (et de s’en vanter allègrement). Ça change des rassemblements ultra secrets qui forment les plus grands guerriers du monde ! Là où j’en suis, on apprend même l’existence du pendant monstrueux, l’organisation des monstres, un concept que j’aime bien mais sur lequel je ne vais pas trop m’attarder puisqu’on en reparlera dans ma chronique des arcs suivants .

L’intrigue prend donc de l’ampleur au fil des tomes. L’avantage c’est que chaque volume propose un rappel des personnages ainsi qu’un résumé des tomes précédents, ce qui n’est pas inutile du tout ! J’apprécie beaucoup l’initiative même si elle a moins d’impact quand on peut enchaîner les tomes.

La conclusion de l’ombre :
J’ai enchaîné 14 tomes de One Punch Man en une semaine, on peut donc dire que je suis très enthousiaste sur cette série. Sa grande force se situe dans ses personnages diversifiés et dans le dessin d’une précision chirurgicale de Yusuke Murata. On pourrait craindre que son concept s’essouffle vite mais Saitama est un protagoniste très intéressant qui permet de poser un questionnement original dans ce type d’œuvre : quand le héros est déjà l’homme le plus fort du monde, comment réussit-il à retrouver un peu d’intérêt à la vie ? Tout fonctionne très bien dans ce manga et je vous encourage à passer outre vos a priori pour lui laisser une chance.

Je tiens à dire aussi que je n’ai pas encore regardé l’animé donc je ne peux pas faire de parallèle avec le manga papier ni vous renseigner sur sa qualité. Si j’en crois mon frère, la première saison est très bien et réalisée par un studio sérieux. Je compte m’y pencher plus tard, une fois à jour, donc on aura également l’occasion d’en reparler.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #29 { Chobits #5 ; Reborn ! #1 ; Tokyo Revengers #10 }

Ohayô minasan !
Nous voici déjà de retour avec un épisode consacré aux trois premiers mangas lus en 2021 ! Et c’était plutôt pas mal comme cuvée…

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Je n’ai pas encore évoqué Chobits sur le blog en format tome par tome. Je vous en ai parlé au détour d’un article ou l’autre, notamment dans les mangas que je vous conseillais de mettre sous le sapin en 2020 maiiiis voilà, j’ai envie de vous écrire quelques mots sur ce cinquième tome qui sert un peu de transition, apporte de nouveaux éléments et surtout, amorce une thématique qu’on connait bien quand on évoque des robots à apparence humaine : peuvent-ils remplacer l’humain en tant que personne genrée et donc, par extension, membre d’un couple ?

C’est quelque chose dont le tome 4 parlait déjà avec un retour sur le passé du patron de la boulangerie où Chii travaille. La fin du tome 5 le rappelle et remet le lecteur en face de ces questions compliquées qu’on a tendance à un peu oublier au contact de Chii et Hideki. De plus, depuis le tome précédent, Chii a été enlevée par un informaticien obsédé par les légendaires Chobits. Il est persuadé que Chii en est un et va tout mettre en œuvre pour percer ses secrets. Ainsi formulé, on oublie d’autant plus aisément que Chii est, en théorie, un simple ordinateur… C’est d’autant plus vrai que Hideki se morfond d’inquiétude à l’idée qu’on lui fasse le moindre mal, là où son ami Shinbo va justement incarner la « voix de la raison » pour lui rappeler que dans le pire des cas, il suffira d’effacer sa mémoire, car Chii n’est qu’un programme.

Mais l’est-elle vraiment ? Les quelques passages avec la mystérieuse autrice du livre pour enfant (dont je tais à dessein l’identité pour ne pas trop vous divulgâcher des éléments importants) qui semble raconter les éléments de la vie de Chii et Hideki laissent à penser que non et que le créateur de Chii poursuivait justement un certain but en la créant. Personnellement, j’imagine qu’il cherchait à prouver que les programmes peuvent développer des émotions mais je me trompe peut-être ? À voir.  Bref, cette intrigue ainsi les réactions des différents personnages permettent de construire un fond réflexif assez solide tout en donnant la parole à chaque point de vue sans pour autant oublier l’intérêt de l’histoire en elle-même. Un beau boulot et je n’ai qu’une hâte : lire le tome 6 !

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

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Lilysatis (aka Aurélie Mendonça) m’a offert le premier tome de Reborn ! lors d’un concours et j’étais très curieuse de découvrir ce manga qui compte tellement à ses yeux qu’elle en a tatoué l’un des personnages sur sa peau. Je dois dire que la lecture de ce premier tome m’a décontenancée… Et je vais tenter de vous expliquer pour quelle raison.

Déjà, le pitch de base n’est pas (si) banal : Tsunayoshi Sawada est un raté autant sur un plan scolaire que sportif. Sa mère décide donc d’engager un prof particulier, Reborn, qui est… un bébé en costume (?!) mais aussi le plus puissant tueur à gage de la mafia italienne. Il travaille d’ailleurs pour la famille Vongola dont le chef l’a envoyé au Japon pour former Tsuna à prendre sa suite puisque tous les autres candidats sont morts et qu’il est le dernier avec du sang Vongola dans les veines. Ma première réaction à la lecture du résumé a été de sourire et de penser : mais what the fuck ?!

On sent directement qu’il ne faut pas attendre de ce titre quelque chose de sérieux et juste se laisser porter par le délire. Il se passe d’ailleurs plein de choses pendant ce premier tome, presque… trop de choses si on veut être honnête. Les gags s’enchainent au point de devenir prévisibles et un peu lourds, des personnages arrivent trop rapidement, ça part dans tous les sens et dans tous les excès avec le concept de balle de la dernière volonté. En deux mots, il s’agit d’une technologie propre à la famille Vongola qui fait que quand on tire dans une partie du corps avec, on obtient un pouvoir spécifique et si elle « tue » elle ramène sa victime à la vie avec une énergie supérieure qui la pousse à accomplir sa dernière volonté. Au bout de cinq minutes, la personne redevient totalement normale. Par contre si on tire sur quelqu’un qui n’a pas de regret et donc de dernière volonté, la balle sert juste à le / la tuer…

Les idées sont présentes, hélas c’est un peu trop brouillon à mon goût et si j’ai souri une fois ou deux, j’ai quand même trouvé ce tome assez long, lourd, sans réussir à comprendre où le mangaka voulait aller. Je me suis alors renseignée, perplexe, pour comprendre ce qu’Aurélie trouvait de si extraordinaire à ce manga et je suis tombée sur un article qui expliquait qu’au tome 8 (la série en compte 42) le manga prend un tournant radical, gagne en sérieux, se complexifie, etc. Je pense donc continuer à découvrir cette série pour juger par moi-même mais plutôt en l’empruntant dans une bibliothèque. Après, honnêtement, si je n’avais du me fier qu’à ce premier tome sans savoir à quel point cette série comptait aux yeux d’une autrice que j’apprécie, j’aurais cessé l’aventure aussi sec. Comme quoi, parfois, cela vaut peut-être la peine d’aller un peu plus loin… Suite au prochain épisode donc !

D’autres avis sur ce tome : SunreadAsia4Ever2 – vous ?

5
Je vous ai parlé du tome 9 sur le blog à la fin du mois de novembre en partageant une réflexion au sujet des suites qui mettent trop longtemps à sortir (à mon goût) et font que mon intérêt a tendance à décliner, sauf pour de rares titres. Cela commençait à être le cas avec Tokyo Revengers mais le dixième opus a prouvé que, quand un mangaka s’en donne la peine, même plusieurs mois entre deux tomes ne constituent pas un réel problème pour stimuler l’intérêt des lecteurs. Je trouve que ce volume rend un nouveau souffle à la série et gagne encore en violence avec des enjeux qui se précisent et des décisions à prendre qui ne sont pas évidentes sur un plan moral. Une fois de plus, Takemichi a du retourner dans le passé afin d’empêcher un affrontement entre le Toman et le Black Dragon dont l’issue risque de changer totalement la personnalité de Hakkai, avec les conséquences que l’on sait sur le futur. Mais cette fois, il ne devra pas trouver seul des solutions puisqu’il va avouer toute la vérité à quelqu’un…

Même si je n’ai eu aucun mal à me replonger dans l’histoire, je regrette toujours que l’éditeur (ou le mangaka ?) n’ajoute pas un récapitulatif des personnages et des tomes précédents au début de cette série alors que ça se fait régulièrement ailleurs (et même chez Glénat de mémoire). Son absence pose un vrai problème à mon sens pour des tomes un peu plus « faibles » ou « de transition » comme l’était, par exemple, le 9.

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

Et voilà c’est déjà terminé ! Il faut dire qu’il n’y a pas toujours énormément à écrire au sujet des suites et c’est bien pour ça que je rassemble plusieurs tomes en un seul article. N’hésitez pas à me donner vos propres impressions dans les commentaires 🙂

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du sapin : quels mangas / comics offrir en 2020 ?

Ohayô minasan !
J’espère que vous allez bien. Comme promis, on se retrouve pour un nouveau rendez-vous de décembre concentré cette fois sur les mangas et les comics. J’en ai lu pas mal en 2020 et quelques titres se sont largement détachés du lot… Pour rappel, la semaine dernière, je vous ai proposé ma liste concernant les romans à offrir en 2020.

1
Sans surprise, le premier manga dont je vais (encore) vous parler est Beastars. Ce titre ne m’inspirait rien de prime abord parce que je n’aime vraiment pas les animaux anthropomorphes. Mais ça, c’était avant de me plonger dans cet incroyable titre où TOUT fonctionne parfaitement. Les personnages sont pluriels et solides, l’intrigue est intéressante, sans le moindre temps mort. Le dessin de Paru Itagaki parait étrange quand on le découvre toutefois il sert admirablement bien l’histoire et a le mérite de posséder une patte unique. C’est mon gigantesque coup de cœur de l’année et je ne remercierais jamais assez l’Apprenti Otaku pour cette découverte. Sincèrement, si vous ne devez offrir qu’un seul titre de cette liste, c’est bien celui-là qui convient à tous les publics dés l’adolescence.
Plus de détails dans ma chronique.

6
Je n’aime pas la romance, vous le savez. Pourtant, j’ai dévoré les huit premiers tomes de ce manga pendant le confinement de mars et ça m’a fait grand bien. Cette série contient beaucoup de bienveillance à l’égard des otakus et des geeks de manière plus générale, bref des personnes… comme moi. Les personnages sont attachants et crédibles, le format scènes courtes qui forment sur le long terme une intrigue plus globale est bien trouvé et maîtrisé. Il plaira aux personnes qui ont envie d’une romance différente et moderne. Par contre, j’ai testé la version animée et je n’ai pas du tout accroché… Cherchez l’erreur.
Plus de détails dans ma chronique.

7
Je m’étais désintéressée du genre shônen, agacée par ses codes vus et revus. Pourtant, si on classe Noragami dans cette catégorie, je trouve qu’il s’en dégage largement par sa maturité et la complexité de son intrigue. Les inspirations du folklore japonais sont multiples et participent à proposer un titre vraiment riche sur tous les plans. C’est une série assez longue, toujours en cours et les tomes mettent un peu de temps à arriver par contre donc si, comme vous, vous les dévorez, la frustration n’en sera que plus intense…
Plus de détails dans ma chronique.

2
Tranche de vie lycéenne qui parait banale MAIS se démarque par son sujet ou plutôt, par la manière dont est traité son sujet. On y évoque trois adolescents qui se découvrent, eux et leurs attirances, avec les conséquences que cela aura sur leur moral et leur quotidien. Bien entendu, on y parle aussi d’homosexualité et des difficultés que cela représente au Japon de nos jours. J’ai été très touchée par la douceur et la poésie un peu dramatique qui se dégagent de ce titre, terminé en 8 volumes donc c’est pour bientôt.
Plus de détails dans ma chronique.

8
Un peu de fun, de peps et de mignonitude avec Jeune dragon recherche appartement ou donjon. Voilà un titre qui plaira aux adeptes de fantasy et de JDR puisqu’on en retrouve tous les ingrédients, avec un peu de parodie mais surtout beaucoup de subtilité et de douceur. J’adore suivre les aventures immobilières de Letty et plus les tomes avancent, plus le manga gagne en intérêt. Moi qui craignait que ça s’essouffle ! C’est un titre parfaitement recommandable pour tous les âges qui plus est.
Plus de détails dans ma chronique.

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Cette année, Pika s’est lancé dans la réédition des œuvres du collectif Clamp et j’ai été immédiatement attirée par Chobits dont j’avais vu l’animé il y a une petite éternité. La version papier me laisse une impression bien plus forte et bien plus positive. Quand on pense que le manga date du début des années 2000, il est très moderne dans ses thématiques abordées comme l’humanisation des I.A. J’attends la sortie des 8 tomes pour écrire un article plus complet dessus. Toutefois, ne vous privez pas d’offrir les 4 premiers volumes qui contiennent tous une carte collector absolument sublime à collectionner.

7
Je ne parle pas souvent de comics sur le blog mais j’en lis de temps en temps, quand je trouve le bon filon. J’ai craqué récemment sur Batman White Knight qui est un one-shot (même s’il existe une « suite » que je n’ai pas encore lue mais on peut s’en passer vu que l’histoire peut se conclure dans le seul premier volume) vachement bien foutu. C’est un Batman alternatif, donc il reprend des éléments actés de l’univers et les tords complètement pour proposer une intrigue originale qu’on peut suivre en étant ou non un érudit du sujet. L’idée de base c’est que le Joker va prendre un sérum pour maîtriser ses psychoses et devenir le Chevalier Blanc face à un Batman qu’on critique de plus en plus pour ses excès de violence et de destruction. Si j’ai moins accroché au dessin (mais ça, c’est une question de goût) l’histoire m’a vraiment retournée et ça a été un coup de cœur.

Et vous, quel manga / comics offririez-vous pour les fêtes ? 🙂

À l’ombre du Japon #24 { Beastars #13 ; Magus of the Library #4 ; Le Renard et le Petit Tanuki #1 }

Bonjour tout le monde !
On se retrouve pour un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon spécialement consacré aux nouveautés Ki-oon de cette fin d’année. Avec le confinement et la fermeture des librairies françaises, certains ont préféré décaler les sorties mais ce n’est pas le cas de Ki-oon qui envoie du lourd avec les suites de Beastars et Magus of the Library ainsi que le premier tome du Renard et le Petit Tanuki.

Attention, cet article peut contenir des éléments d’intrigue en ce qui concerne les parties sur les suites. Ne lisez pas ces morceaux si vous voulez éviter le divulgâchage.

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Le renard et le petit tanuki est un manga qui, de prime abord, ne m’attirait pas trop à cause de sa couverture. Elle est adorable, choupinette à souhait, vraiment, sauf qu’on s’attend à une histoire enfantine en la regardant… Puis j’ai lu le résumé et je me suis dit, ma foi, pourquoi pas. C’est l’article de l’Apprenti Otaku (encore et toujours lui !) qui a achevé de me convaincre et je suis bien contente d’avoir sauté le pas.

Certains animaux naissent avec des dons spéciaux ce qui entraine un rejet de la part de leur famille. Ça a été le cas de Senzo, renard surpuissant qui a semé une belle pagaille au point que la déesse l’a enfermé pendant trois cents ans. Elle le laisse finalement sortir, diminué, enchaîné, afin d’élever Manpachi, un petit tanuki possédant lui aussi d’incroyables capacités. Forcément, Senzo n’a pas trop envie de s’y coller mais on ne lui laisse pas le choix. Débute alors cette aventure…

Tous les éléments s’imbriquent bien pour proposer un tome d’introduction de qualité. On en apprend suffisamment sur l’univers sans pour autant devoir tout digérer d’un coup. Les personnages sont variés, bien esquissés, ils ne manquent pas d’intérêts. Les différents chapitres posent les enjeux à venir, entretenant l’intérêt sans tout résoudre d’un coup. Notez que je ne suis pas une grande fan d’anthropomorphisme toutefois ici on parle de divinités, de serviteurs divins, de métamorphes, donc ça passe très bien puisqu’il s’agit d’une exploitation du folklore japonais et non de simples animaux dotés de parole. De plus, Mi Tagawa aborde des thèmes comme le rejet familial, la différence, la peur de l’inconnu qui pousse aux pires bêtises, tout en se concentrant sur une représentation familiale de substitution qui ne peut pas laisser indifférent. C’est mignon, oui, mais pas que et ça se lira très bien chez des adultes (c’est d’ailleurs un josei selon l’éditeur !) Je suis très emballée par ce tome dont j’attends la suite avec impatience !

D’autres avis : L’Apprenti OtakuSonges d’une nuit d’étéLes voyages de Ly – vous ?

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Quand je parle de Beastars, j’ai un peu le sentiment de raconter toujours la même chose qu’on peut résumer ainsi : LISEZ CE MANGA IL EST TROP BIEN. Je sais, ce degré d’argumentation vous laisse probablement pantois/e…
Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce tome, c’est la révélation qu’a eu Legoshi sur lui-même et sur son attrait pour les herbis ainsi que la manière dont il décide de gérer cela. Ce moment est épique et les réflexions qu’il a ensuite sur le sujet tout autant. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Je suis un peu frustrée qu’on n’ait pas davantage vu Haru mais les nouveaux personnages introduits dans ce volume, à savoir les habitants de l’immeuble où Legoshi a déménagé, sont vraiment intéressants et permettent d’ouvrir l’horizon de cet univers aux animaux marins, qu’on n’avait pas encore pu rencontrer jusque là. C’est également l’occasion de revoir Louis (quelle scène ♥) mais aussi d’en apprendre davantage sur le passé de Gosha, le grand-père de Legoshi, et surtout sur son lien avec le Beastar… Une fois de plus, Paru Itagaki signe ici un tome très riche, abouti, en un mot : parfait.
Et donc, lisez ce manga, il est trop bien.

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

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J’avais été séduite par Magus of the Library dont j’ai déjà pu parler sur le blog. Sauver les livres, c’est sauver le monde ! Le concept du manga ne peut que parler à une passionnée de littérature et à mon sens, tout est réussi : le fond, le visuel, l’histoire. Oui, mais… J’ai eu un peu plus de mal avec ce tome qu’avec les autres. Pourtant, l’univers et le background se développent davantage et les véritables enjeux se posent, en partie grâce à deux planches finales d’une rare beauté. L’Apprenti Otaku se disait l’autre jour dans un échange sur Je suis un assassin (et je surpasse le héros) que les japonais avaient un peu de mal pour développer des univers de fantasy étoffés… et bien il reverra son jugement à la lecture de ce volume. Malheureusement, le souci ici, c’est qu’il y a beaucoup (trop) de nouveaux personnages et de nouvelles informations. Mais surtout de nouveaux personnages. Près d’une vingtaine à savoir tous les jeunes qui ont réussi l’examen pour devenir kahunas et qui commencent leur formation. Même si le dessin tente de les différencier, ça ne fonctionne pas toujours, surtout pour les personnages féminins. C’est un peu dommage, je pense que l’équilibre aurait pu être mieux trouvé, les arrivées distillées petit à petit car il sera plus que nécessaire de tout relire pour se plonger dans la suite et à la limite, presque de prendre des notes pour ne rien louper. Bien que je me sois sentie perdue une partie de ma lecture, j’ai quand même énormément apprécié me replonger dans cet univers dont j’ai hâte de découvrir la suite.

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

Et voilà, c’est déjà terminé pour cette édition spéciale Ki-oon ! Rassurez-vous, on va encore parler manga dans pas longtemps puisque j’ai acheté cinq ou six premiers tomes de série…

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #22 { Kingdom of knowledge #1 ; Shikabana #1 ; Nosferatu #1 }

Bonjour à tous et à toutes !

On se retrouve pour un nouveau rendez-vous manga avec trois premiers tomes de séries qui sont sortis récemment et qui ont titillé mon intérêt. Malheureusement, comme vous allez le constater, ça n’a pas vraiment été une réussite…

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Fei est un gnome, il vit dans la bibliothèque de l’Empire avec son peuple car ils sont les seuls à pouvoir lire d’anciens manuscrits qui renferment d’immenses savoirs. Ils ont des milliers de volumes à traduire et ne pourront voir le monde extérieur qu’une fois ce travail achevé. C’est chose faite huit ans après le début du manga, sauf que ça sonne la fin des leurs, les humains refusant que leurs secrets soient répandus partout. Fei est le seul à en réchapper et il jure de se venger…

Ce manga est une nouveauté récente parue chez Kana dans sa collection Dark Kana. L’éditeur présente ce titre comme de la dark et de la tactical fantasy, autant dire que j’étais impatiente de le découvrir sauf que… Selon moi, le terme dark fantasy est très mal employé ici et ce serait super qu’on arrête de mettre dans ce sous-genre toute œuvre où on voit du sang et des morts. La dark fantasy, c’est plus que ça. C’est une idéologie d’ensemble qu’on ne ressent absolument pas sur ce premier volume trop classique à mon goût que ce soit sur son idée ou sur sa mise en place. Quant à l’aspect tactique, on ne peut nier sa présence puisque le héros utilise ses connaissances théoriques acquises dans des livres pour vaincre des ennemis toutefois j’ai trouvé que le (la ?) mangaka l’amenait d’une manière plutôt grossière. Tout va trop vite et paradoxalement, c’est long… Du coup, flop pour moi mais si vous êtes moins à cheval que moi sur les terminologies et les attentes générées par un tel titre, alors n’hésitez pas.

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Kyoto, de nos jours. Tsuyu vit avec Mizore, sa copine depuis le lycée et ne sait pas trop où il va dans la vie. Un soir, Mizore subit un accident de la route. Tuée sur le coup, ce nouveau malheur affecte Tsuyu qui se raccroche à une mystérieuse lettre laissée par Mizore qui le supplie de ne pas brûler son cadavre car un miracle pourrait se produire.

En guise de miracle, c’est plutôt un cauchemar. Ce premier tome se révèle très introductif mais c’est logique puisqu’il y a beaucoup à dire. En général, ça m’agace toutefois ici, ce n’est pas trop mal fait et ça s’incorpore plus ou moins bien dans le manga bien qu’il y ait un petit côté « explication à la Rukia » (les fans de Bleach comprendront) qui m’a fait tiquer. Pourtant, Kei Monri prend son temps pour poser la relation entre Tsuyu et Mizore, afin que le lecteur ne reste pas indifférent aux malheurs du garçon. Il y a un côté très tragique et sombre à ce titre qui m’a vraiment plu et qu’on ressent dés la couverture. Les soucis que j’ai rencontré avec Shikabana arrivent après, quand on découvre le concept de kuroe et qu’on apprend que ces créatures utilisent les cadavres comme vaisseau pour se développer avant de naître. Il existe (évidemment) une section plus ou moins secrète de la police qui les traque, groupe que va rejoindre Tsuyu dans l’espoir de sauver Mizore. Évidemment, Tsuyu n’est pas sorti indemne de sa rencontre avec le kuroe qui habite le corps de sa copine et développe des pouvoirs qui font tomber ce titre tête la première dans le horror-body.

Vous le sentez, cet aspect hyper classique et ce schéma convenu ? D’autant que la section élimine les kuroes, les tue quoi. Tsuyu se rend alors bien compte qu’il a commis une erreur en les rejoignant mais il reste quand même avec eux pour… Quoi ? Je n’ai pas bien saisi. Si les différents éléments de fond sont intéressants, la manière dont l’histoire est présentée sur ce premier tome est trop vue et revue à mon goût. Toutefois, je suis certaine qu’il ravira les adeptes d’horror body vu la qualité du chara-design et surtout, les lecteurs moins lassés que moi ! D’autant que la série est achevée en trois tomes et que c’est la première de ce duo d’auteurs donc… Pourquoi pas ?

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Je vais être sincère : j’ai acheté ce manga uniquement pour sa couverture magnifique en lisant à peine le résumé qui, pourtant, parle bien d’une femme amnésique (soit un des ressors narratifs que je déteste le plus au monde) ainsi que de créatures sanguinaires dans une époque qui ressemble un peu au Moyen-Âge… Vu, vu et revu, classique quand tu nous tiens. Toutefois, j’ai cédé à l’appel du chara-design et si ce titre est effectivement beau graphiquement, il ne contient rien de renversant en terme de concept ou d’intrigue, allant même jusqu’à récupérer grossièrement le mythe qui entoure la famille Bathory. Tous les poncifs du genre sont représentés : la belle femme amnésique qui se rappelle pourtant comment se battre avec son épée et ce, à la perfection, le jeune garçon innocent qui va partir avec elle à l’aventure, une gentille héritière qui se fait abuser par ses serviteurs et qui est mise de côté dans le remariage de son père, une église qui monte une troupe d’élite pour affronter les Nosferatu qui avaient disparu mais en fait non… et je suis trop lassée de ceux-ci pour aller voir au-delà de ce premier volume que j’ai pourtant apprécié lire, sans hélas ressentir l’étincelle qui me donne envie de continuer.

Et voilà, c’est déjà terminé ! J’ai conscience de passer pour une emmerdeuse aigrie via ces brefs retours mais si j’ai choisi de vous parler de ces mangas malgré mon sentiment tout personnel c’est parce que je pense sincèrement qu’ils peuvent plaire à un autre public que moi car ils ne sont pas dénués de qualité, autant sur un plan graphique que conceptuel. Ils ne me conviennent juste pas. Heureusement, sur les quatre nouveautés il y en a une qui a su me plaire et à laquelle je vais consacrer un article plus long très bientôt.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)