Hideout – Masasumi Kakizaki

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Hideout est un seinen horrifique en un seul tome scénarisé et dessiné par le mangaka Masasumi Kakizaki que vous connaissez peut-être davantage pour sa série Bestiarius. Publié chez Ki-oon, vous trouverez ce tome au prix de 7.65 euros partout en librairie.

Seiichi a décidé de tuer sa femme ce soir. Il n’en peut plus de la culpabilité qu’elle fait peser sur lui depuis la mort de leur fils. Il l’emmène donc sur une île sous prétexte de recoller les morceaux et, ensemble, ils vont pénétrer dans une mystérieuse grotte. La descente aux Enfers commence…

Voici grosso modo le contexte de ce one-shot. A priori, on pourrait se dire qu’il n’a rien de très original toutefois, s’il ne révolutionne pas le genre, Hideout possède de sympathiques qualités.

Je vais d’abord évoquer l’objet en tant que tel. La couverture a un aspect un peu rugueux sous les doigts, comme un papier tissé très finement. C’est plutôt un type de couverture qu’on retrouve sur des romans au sein de certaines maisons d’édition et ça se comprend vu son contenu. En effet, le personnage principal est écrivain et il relate son histoire dans son dernier livre. Je ne vous gâche pas l’effet final mais c’est plus original que ce qui y parait. Quant au dessin, il est extrêmement soigné.  On ressent l’aspect horrifique dès la couverture mais ce n’est rien à côté de l’intérieur. Le mangaka propose plusieurs doubles pages très réussies et marquantes qui plongent directement le lecteur dans l’angoisse. De plus, pour l’intrigue en elle-même, l’alternance des flashbacks et du présent se fait aussi de manière visuelle. Tout ce qui appartient au passé est dessiné d’une façon très lumineuse, c’est presque aveuglant en comparaison de la grotte où Masasumi Kakizaki joue magnifiquement avec les ombres. La maîtrise technique apparait selon moi comme indéniable.

Le visuel sert donc très bien le contenu. La tension de l’intrigue monte crescendo. On ressent d’abord énormément de compassion pour le héros avant de se rendre compte à quel point il a sombré dans la folie. C’est terrifiant de constater le pouvoir que peut avoir la pression sociale, le regard des autres ainsi que des problèmes d’argent sur la vie d’un individu.

Je ne vais pas trop vous en dévoiler sur le contenu en lui-même puisqu’il s’agit d’un tome unique. Les codes du genre horrifique sont bien respectés et flirtent avec le fantastique sans que le lecteur ne sache vraiment de quoi il en retourne. L’idée de mise en scène d’un écrivain qui perd les pédales m’a séduite, en plus de dépeindre subtilement la difficulté qu’il existe à subsister dans ce milieu.

Pour résumer, Hideout est pour moi une réussite, ce qui ne me surprend pas tant que ça de la part de Ki-Oon. Ce manga horrifique se lit d’une traite et provoque un malaise palpable à mesure que le personnage principal sombre dans la folie. Outre son intrigue prenante quoi que pas révolutionnaire, Hideout brille surtout par son chara-design efficace et maîtrisé qui sert magnifiquement son propos. À lire !

À l’ombre du Japon #1 {Reine d’Égypte #6, Teacher Killer #2, Berserk #3 & #4, Black Butler #28}

Bonjour à tous !

Je procrastine depuis longtemps (ça va devenir mon slogan…) sur la création d’une rubrique de ce type (j’assume ce titre, si si) concernant les mangas. J’ai tendance à chroniquer le premier tome d’une série quand je la juge prometteuse mais j’ai du mal à évoquer les suites pour deux raisons. La première, j’ai l’impression de me répéter (et j’aime pas ça) et la seconde, c’est que ça donne des articles vraiment trop courts. Donc j’ai décidé d’enfin (sortez les confettis) mettre en place un article qui regroupera plusieurs brefs avis sur les tomes suivants des sagas que je lis.

Notez que pour combattre le divulgâchage (si si, c’est beau non?), les informations à risque seront dissimulées comme d’habitude par une écriture en blanc que vous pourrez découvrir en surlignant.

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Ce volume s’étend sur plusieurs années et marque un tournant dans l’évolution d’Hatchepsout. Un nouveau personnage entre en scène à point nommé pour l’aider à développer le commerce égyptien. Pour rappel, c’est l’idée phare de la reine afin d’arrêter les guerres et d’unifier l’empire par autre chose que le sang. On n’a aucune nouvelle de son fils jusqu’aux dernières pages du volume qui laisse présager une suite plus sanglante.
Comme à chaque fois, j’ai été passionnée par ma lecture et par le personnage d’Hatchepsout, cette femme pharaon qui doit se battre contre les préjugés liés à son sexe et sans arrêt prouver sa valeur. Sans compter les sacrifices que cela implique… Franchement, j’ai été révoltée pendant ma lecture. J’ai hâte de lire la suite !

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Le pitch de base: Riko a perdu ses parents, assassinés par Mr Satou qui est aussi son enseignant. Mr Satou est un tueur de tueurs, Riko lui demande de lui apprendre son art afin qu’elle soit capable de le tuer un jour. Ouais, déjà le concept de base est bien barré : j’adore ! Dans ce tome, on apprend la vérité sur la mort des parents de Riko et deux nouveaux personnages entrent en scène. J’avoue sur le coup… J’ai freiné des quatre fers. Pas moyen, triangle amoureux en vue HELP ! Finalement, j’ai été rassurée par le mot de l’auteur à la fin qui n’a pas honte d’affirmer haut et fort son envie de pervertir les codes de la romance en les adaptant à la situation de son manga. Franchement, c’est plutôt malin et j’adore. Je vais donc continuer cette saga avec entrain.

Aaaah Berserk. C’est compliqué. Je suis complètement allergique au chara-design mais mon petit frère me harcèle pour que je continue de lire. Littéralement. Les suites apparaissent sur ma table de nuit avec des mots dessus style : LIS ! J’vous jure. Du coup, je fais de gros efforts pour passer outre et je dois avouer que tout l’aspect « passé » de Gutz est plutôt intéressant. Pas de quoi tout lâcher pour lire les quarante tomes d’une traite toutefois mais allez, je lui laisse encore sa chance pour deux volumes.

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Gros gros grooooos coup de cœur pour ce manga depuis des années. Dans le tome précédent, on a appris la vérité sur le pacte qui lie Ciel et Sebastian. Ici, on découvre les conséquences avec la réapparition du frère jumeau et l’éviction de l’imposteur. Ce frère, il lui manque une case et si je n’étais pas trop convaincue sur le tome d’avant, je le suis davantage désormais. J’ai failli perdre la foi, honte sur moi. Je hâte de lire leur affrontement mais ça risque de prendre encore un peu de temps puisque la publication française a rattrapé celle du Japon. Une saga incontournable selon moi qui appartient à mon top 3 des meilleurs mangas de tous les temps.

Et voilà, c’est déjà terminé 🙂
N’hésitez pas à me donner vos avis sur les séries dont je parle ici ♥

Gigant #1 – Oku Hiroya

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Gigant est un seinen de science-fiction actuellement en cours (4 tomes sont déjà parus au Japon) scénarisé et dessiné par Oku Hiroya qu’on connait notamment pour son travail sur Gantz. Édité chez Ki-oon, vous trouverez ce manga au prix de 7.90 euros.

Rei est un lycéen ordinaire fan de cinéma. Il ne l’avouera pas mais son actrice préférée n’est autre que Papico, une actrice porno. Un soir, des affiches injurieuses à l’encontre de son idole fleurissent dans son quartier. Rei décide donc de les retirer et c’est comme ça qu’il la rencontre. Ça aurait pu s’arrêter là… Sauf que Papico tombe sur un vieil homme qui lui colle un drôle de disque sur le bras avant de se transformer en peluche. Désormais, elle est capable de changer sa taille à volonté ! On pourrait craindre un délire pervers digne d’un hentaï mais non. Et c’est ce qui m’a séduite dans ce titre. Rien n’y est comme on le penserait au premier abord.

Rei est passionné par le cinéma. C’est un lycéen discret, pas populaire mais pas marginal non plus. Il discute énormément avec son ami, ils ont prévu de tourner un film ensemble mais se font planter par le premier rôle qui subit les humeurs d’un copain jaloux. Un peu comme Papico, c’est un motif récurent dans le manga et j’apprécie qu’on en parle. Cette dernière a une relation vraiment toxique avec son mec qui m’a plus d’une fois révoltée. J’ai eu envie de la secouer jusqu’à comprendre à quel point cette fille est vraiment trop gentille. Elle se fait juger par tout le monde et exploiter pour son argent mais elle reste digne sans se plaindre. Elle a un bon fond. L’un comme l’autre se révèlent comme héros inhabituels, surtout dans un manga.

La vie de Papico bascule quand elle tombe sur un vieil excentrique qui se fait renverser devant ses yeux. Il lui colle sur le poignet une sorte de disque métallique qui lui permet de modifier sa taille à volonté -d’où le titre du manga qui n’a donc rien en commun avec la grosseur de sa poitrine même si cette dernière est évidemment particulièrement volumineuse. Je pense que le mangaka a choisi de prendre le contrepied des habitudes. Il assume que son héroïne ait des gros seins, elle les utilise dans son métier d’actrice porno mais ça ne la défini pas en tant que personne.Un autre bon point.

À partir du moment où son pouvoir se révèle, le manga prend une tournure carrément surnaturelle. L’éditeur parle de SF et on comprend par certaines touches, notamment via le DVD, que ce manga nous réserve encore bien des surprises.

Le chara-design est, quant à lui, dans la veine assez réaliste sur les traits des personnages et sur les décors au point que j’en viens à me demander si on n’a pas dessiné par-dessus des photos. En général, ce n’est pas ce que j’apprécie mais ici, ça passe super bien et ça rend les personnages encore plus attachants. J’ai adoré le duo principal, on ressent une vraie alchimie entre eux qui donne envie de tourner les pages sans s’arrêter.

Pour résumer, ce premier tome pose les bases d’un concept surprenant avec un contexte inhabituel. Une actrice porno en héroïne avec son fan en prime, on pourrait craindre un hentai déguisé mais ce n’est pas du tout le cas, au contraire. J’ai trouvé le fond vraiment bien pensé et dense, on sent que les choix narratifs servent à quelque chose et ça a été une belle surprise. Je me réjouis de la sortie du second tome !

La malédiction de Loki #1 – Hachi

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La malédiction de Loki est une série d’aventure fantastique en cours de parution, scénarisée et dessinée par Hachi dont ça semble être le premier manga. Édité chez Delcourt-Tonkam, vous trouverez chaque tome au prix de 7.99 euros. Actuellement, cinq volumes sont édités au Japon et la série est toujours en cours.

Vous le savez, je vous parle souvent des premiers tomes prometteurs que je lis et septembre rime avec rentrée littéraire, aussi bien chez les éditeurs romans que les éditeurs mangas. C’est donc avec plaisir que j’ai découvert la Malédiction de Loki et je ne vais pas y aller par quatre chemins, c’est un coup de cœur. J’en profite pour préciser qu’il n’y a pas de lien flagrant avec la mythologie nordique, du moins pas à ma connaissance. Il ne s’agit pas du tout ici d’une aventure mettant en scène le dieu Loki donc ne soyez pas déçus si c’est ce que vous attendiez !

Aisya est une jeune orpheline au macabre talent. Quand elle peint avec son propre sang, ses œuvres prennent vie ! Si Aisya a de bonnes intentions et tente d’aider les gens, elle finira enfermée, exploitée et ses peintures seront baptisées « les peintures maudites de la sorcière ». Comprenant à quel point l’humain est sombre, Aisya supplie alors Loki, son unique ami, de détruire les 144 tableaux…

Le premier élément très touchant de ce manga, c’est le personnage d’Aisya et sa relation avec Loki. Je n’avais plus eu un tel pincement au cœur depuis longtemps. Celle qu’on surnomme la sorcière est innocente, douce et un peu naïve. Son histoire se révèle tragique et touchante, impossible de rester de marbre face à une telle pureté. Loki incarne quant à lui un anti-héros dont on ne peut que soutenir la quête. On se rend rapidement compte qu’il est lui aussi un tableau, un dessin créé par Aisya pour avoir un ami, qui a pris vie pour réaliser l’ultime vœu  de la sorcière. Il déteste les humains, est assez taciturne et renfermé. Il a rejoint une guilde pour traquer les tableaux avec plus de facilités. La seconde partie du manga se déroule d’ailleurs une centaine d’années plus tard, toujours de son point de vue.

J’ai trouvé ce premier tome bien équilibré et rondement mené. Les informations sont correctement distillées pour répondre aux questions mais sans abrutir le lecteur. Du coup, j’ai eu tout le loisir de m’attacher aux personnages, d’admirer les décors et le souci du détail d’Hachi. On est de suite touché par ce qui se passe et chaque phase de la traque des tableaux apporte son lot d’émotions. Le retournement de situation qui conclut ce tome est double et donne envie d’en apprendre plus. Ça brûle littéralement les doigts ! Je vous conseille donc de vous lancer en achetant les deux premiers volumes, que l’éditeur a eu la bonne idée de commercialiser en même temps.

Le dessin est très soigné et maîtrisé, plutôt classique au sens usuel du terme mais ça me plaît et les personnages sont très bien caractérisés. Impossible de se tromper ou de confondre deux personnages secondaires, ce qui est appréciable parce que ça arrive malheureusement trop souvent. On sent qu’Hachi a pris soin de chaque détail.

Pour résumer en quelques mots, la Malédiction de Loki est un manga très prometteur porté par une intrigue intelligente et des personnages touchants. Pour ne rien gâcher, le dessin soigné d’Hachi offre un premier tome de qualité. Il me tarde de lire la suite !

Teacher Killer #1 – Hanten Sharoh

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Teacher Killer
est le nouveau seinen de chez Soleil dont le premier tome vient de sortir pour la Japan Expo. Scénarisé et dessiné par le mangaka débutant Hanten Sharoh, vous trouverez ce manga au prix de 7.99 euros.

Riko Asiru suit des cours de meurtre, avec son professeur de biologie, Mr Satou. Ils se rejoignent après la classe pour étudier des affaires en cours et châtier les tueurs. Riko abhorre les meurtriers et plus particulièrement Mr Satou, responsable de la mort de ses parents. Elle a juré de se venger et il l’a prise sous son aile pour lui apprendre à le tuer correctement.

Le concept m’a immédiatement séduite. Une fille traumatisée et paumée qui entretient une relation borderline et malsaine avec son professeur, qui est aussi un serial-killer plutôt badass (et sexy, c’était la minute superficielle)… Y’avait tous les ingrédients pour me plaire. Et de fait, j’ai adoré découvrir ce premier tome !

Le schéma reste semblable au fil des chapitres: le duo une affaire, piège le tueur et l’assassine d’une manière semblable à son mode opératoire. J’ai d’abord craint la redondance mais les affaires étudiées sont toutes différentes et originales. De plus, l’aspect psychologique est bien développé ce qui créé un équilibre avec le côté gore du manga.

Pour ne rien gâcher, le chara-design est soigné et moderne. Aucun fan-service à l’horizon et des détails maîtrisés pour les scènes de meurtre, c’est tout ce qu’on désire en lisant ce genre de titres. Le mangaka ne tombe à aucun moment dans la surexposition, ce qui n’est pas simple surtout que c’est un peu la mode en ce moment.

Pour résumer, le premier tome de Teacher Killer est une réussite qui parvient à conserver un bel équilibre entre l’aspect psychologique et visuel des meurtres. Il ne tombe jamais dans l’excès et propose un concept sympathique qu’il exploite correctement. Quand on le referme, on n’a qu’une envie : arriver en octobre pour la sortie du second tome !

From End, le prix de la liberté #1 – Shimokitazawa Mitsuo

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From End est le premier tome d’une trilogie manga scénarisée et dessinée par la mangaka Shimokitazawa Mitsuo. Publié chez Kana dans la collection Big Kana, vous trouverez ce shojo au prix de 6.85 euros.

From End raconte l’histoire de Shinomiya Rui, une jeune enseignante dynamique et motivée qui prend soin de ses élèves et est très populaire auprès d’eux. Elle s’inquiète particulièrement pour Hayase, solitaire qui lit beaucoup. Un soir, on l’appelle pour la prévenir que cet élève a commis un vol à l’étalage. Rui rencontre alors le père de son élève… qui l’a sexuellement abusée du temps où elle était au lycée, en plus d’avoir été son prof. Le cauchemar recommence et comme elle ne veut pas abandonner Hayase à son sort (lui aussi est devenu la victime de cet homme), elle va lui proposer un plan osé supposé leur apporter la liberté.

Ce manga est classé comme un shojo mais c’est un shojo différent de l’idée qu’on se fait habituellement du genre. Il ne parle pas d’une histoire d’amour sur fond d’école et n’est pas du tout naïf ni niais. Je pense que j’ai une image tronquée de ce genre puisque finalement, shojo signifie que le public de destination est féminin et jeune. Ce manga est toutefois conseillé à un lectorat de plus de 14 ans sur manga news, du coup… Perplexe je suis ? Je pense qu’il se classe à la frontière des genres et des publics. Attention donc car le contenu est assez malsain, du moins sur un plan psychologique. Parce que From End parle d’abus sexuels, subis par des jeunes au sein de leur famille puis du chantage exercé par une personne de confiance ou supposée l’être. Je pense, compte tenu de la censure sur certaines scènes, que le but n’est pas l’exposition dérangeante limite morbide (coucou DeadTube) mais bien l’évocation d’un fait social et la façon appropriée d’y réagir. Donc pas du tout celle choisie par les protagonistes. Vraiment pas.

Du shojo classique, toutefois, From End hérite du chara-design avec des graphismes fins et axés sur les émotions, ce qui est assez perturbant en soi mais contribue à la force évocatrice du manga.

Pour résumer, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ce premier tome très prometteur. Série courte finie en trois volumes, From End évoque des thématiques difficiles (abus sexuels par des proches, comment s’en protéger, réagir) mais importantes à travers un thriller psychologique qui gère bien son suspens autour du motif « vengeance ». L’ambiance malsaine est renforcée par un chara-design très fin qui rappelle les codes graphiques du shojo. Le tout fonctionne vraiment bien et je n’ai qu’une seule hâte: découvrir la suite !

L’atelier des sorciers #1 – Shirahama Kamome

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L’atelier des sorciers est un seinen (selon manga-news) écrit et dessiné par la mangaka Shirahama Kamome. Publiée chez Pika, la série compte actuellement quatre tomes en VO comme en VF et est en cours de parution au Japon. Vous trouverez chaque tome au prix de 7.50 euros.

Depuis toujours, Coco entretient une fascination pour la magie. Hélas pour elle, celle-ci ne peut se pratiquer que par les sorciers de naissance… C’est du moins ce dont elle est persuadée jusqu’à ce que le sorcier Kieffrey arrive dans son village. Malgré l’interdiction formelle énoncée par le praticien, Coco l’observe en train de pratiquer son art et décide d’essayer, elle aussi, de dessiner un sort. Malheureusement, ce dernier fonctionne et fige sa mère ! Pour la sauver, Coco va devoir apprendre la magie et devenir l’apprentie de Kieffrey. Ce dernier l’emmènera dans sa demeure où Coco rencontrera ses trois autres apprenties..

J’entends énormément parler de ce manga depuis sa sortie. Il a fait un petit carton et forte impression sur beaucoup de mes connaissances. Malheureusement, sur un plan personnel, je n’étais pas du tout attirée par le chara-design. Pourquoi avoir finalement craqué? Et bien on dit merci au combo libraires insistants + 48h BD qui m’a fait acheter le premier tome à seulement 2 euros.

Si je ne regrette pas la découverte, je dois tout de même avouer ne pas avoir entièrement été séduite par ce manga. Je lui reconnais pourtant volontiers de nombreuses qualités.

Déjà, l’univers proposé par la mangaka est bien pensé et original. Je n’avais plus entendu parler de sorts dessinés depuis un moment et honnêtement, je ne me rappelle même plus à quelle occasion. Son système de magie est plaisant et la complète ignorance de Coco dans ces arts permet au lecteur de s’y initier en même temps qu’elle. Si le procédé narratif est convenu, il n’en reste pas moins efficace et permet d’exposer les différents éléments pertinents à l’intrigue.

Les personnages ont également leur intérêt mais c’est ici que le bât blesse pour moi. Coco est trop jeune, trop naïve et aurait été une parfaite héroïne de shônen plutôt que de seinen. Elle devient rapidement agaçante et cumule les poncifs, finalement, puisqu’elle réussit une épreuve quasiment impossible sans rien connaître en magie. Quant aux trois autres apprenties, on a la taiseuse, la gentille fille enthousiaste et la garce hautaine. Sans parler du maître, auréolé d’un mystère qui ne tient pas vraiment en haleine. J’ai ressenti un peu trop fort l’aspect archétypal des protagonistes. Tout me paraissait trop joli, trop mignon, même si on introduit une confrérie (des capuchons, ouais, sans rire elle s’appelle vraiment comme ça) un peu plus maléfique pour assombrir le tout. Le dernier chapitre me donne l’impression que l’intrigue va se complexifier et devenir plus adulte mais ma crainte, du coup, c’est la création d’un gouffre trop important entre le tome 1 et le tome 2 pour les lecteurs qui ont pu apprécier l’ambiance de départ. Si quelqu’un a lu la suite, qu’il n’hésite pas à me donner son ressenti dans les commentaires !

Je souhaite toutefois lire la suite et ce malgré la particularité du chara-design. Shirahama Kamome a un vrai talent et un grand souci du détail, malheureusement je n’apprécie pas trop son trait réaliste. En noir et blanc, en tout cas, parce que je possède une farde plastique promotionnelle en couleur qui est tout simplement sublime. Mais sur les couvertures, l’utilisation de couleurs fades, trop pastel, n’a pas su m’attirer et on retrouve cette même impression sur le dessin. L’air de rien, dans un manga, l’esthétique compte autant que l’histoire. C’est bien la raison pour laquelle je regarde l’Attaque des Titans au lieu de le lire.Du coup, sur moi, le charme n’a pas opéré même si je reconnais volontiers le talent de la mangaka. Il ne colle juste pas à mes goûts.

Pour résumer, si ce premier tome n’a pas su complètement me séduire sur son esthétique ou m’accrocher à ses personnages, il ne manque pas pour autant de qualités sur un plan narratif et je pense donner sa chance à la suite afin de vérifier certaines théories. L’univers riche et réfléchi créé par la mangaka possède un vrai potentiel ainsi qu’une identité propre que, j’espère, elle n’hésitera pas à exploiter dans une veine plus sombre au sein des prochaines volumes.