Chevauche-Brumes – Thibaud Latil-Nicolas

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Chevauche-Brumes est le premier roman de l’auteur français Thibaud Latil-Nicolas. Pépite de l’imaginaire 2019 publiée chez Mnémos, vous pourrez vous procurer ce roman au prix de 19 euros.
Je remercie chaleureusement Nathalie de chez Mnémos pour ce service presse !
Ceci est ma première lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone 2019.

Chevauche-Brumes nous raconte l’histoire de la neuvième compagnie du Roy officiant dans le Bleu-Royaume. À peine revenue d’une mission difficile, on l’envoie à Crevet, une cité menacée par les créatures sorties de la brume (autrement nommées mélampyges). Ils ne partent pas seuls, heureusement pour eux ! Épaulés par une compagnie de cavalières (les doryactes) et deux mages (enfin un mage confirmé et son apprenti) ils ont pour mission de pénétrer dans la brume pour parvenir à un édifice qui pourrait détenir la clé de leur problème.

Voilà pour le pitch global.

Mais Chevauche-Brumes, c’est plus que ça.
Dans une fantasy à la frontière du Moyen-Âge et de la Renaissance (notamment pour son utilisation d’armes à poudre), Thibaud Latil-Nicolas nous dépeint une compagnie militaire sous tous les angles. Il prend le temps de parler de l’aspect intendance, des différentes fonctions, des combats, de l’ambiance mais aussi de développer les personnages qui la composent. Il nous permet donc de rencontrer, outre Saléon dans son rôle de chefs, d’autres figures intéressantes comme Belon le soigneur des bêtes, Quintaine le vétéran, Franc-Caquet le maître de discipline… Mais aussi Malandie, l’aspidacte des cavalières (leur cheffe quoi), la mage Isore, l’apprenti Jerod, le chef-par-intérim-qui-aimerait-mieux-pas-être-là Varago, et j’en passe. Ces personnages nombreux prennent tous vie sous la plume de l’auteur qui parvient à poser une ambiance intimiste sans sacrifier à l’action. On ressent l’esprit de camaraderie, les tensions, l’ambiance un peu soudard mais très soldatesque. C’est quelque chose qui me plait énormément en fantasy et que j’ai adoré retrouver dans ce roman. Un excellent point !

D’ailleurs, tant qu’on évoque les personnages, j’ai particulièrement apprécié la place des femmes dans ce roman. Elles ne sont pas oubliées et l’équilibre trouvé avec les protagonistes masculins est convainquant. Il ne s’agit pas de les placer sur le devant de la scène mais bien de les intégrer d’une manière cohérente. Elles sont guerrières ou mages, humaines avant tout et même si certains tiquent sur leur présence, elles parviennent à se faire leur place en tant qu’individu et plus seulement représentante d’un sexe. Parfois (ok, souvent), cela manque en fantasy ou alors on remarque une seule femme, pas plusieurs. Elles ne font pas figure de norme et dans son interview à ActuSF (dont je vous recommande la lecture) Thibaud Latil-Nicolas s’en étonne. En cela, Chevauche-Brumes s’inscrit dans ce que j’appelle la nouvelle vague française de fantasy aux côtés d’autrices comme Estelle Faye ou Manon Fargetton pour ne citer qu’elles.

Nous sommes donc dans une fantasy très militaire (vous savez à quel point j’adore ça ♥). Le roman contient beaucoup de scènes armées bien rythmées et maîtrisées. L’auteur connaît le vocabulaire adéquat et la stratégie, ce qui lui permet de proposer non seulement des personnages crédibles mais aussi des scènes d’action prenantes. La tension monte petit à petit face à ces créatures cauchemardesques sorties de la brume qui m’ont donné le sentiment d’une influence un peu manga (mais c’est peut-être moi qui transpose). Le style littéraire de l’auteur est très visuel, on n’a aucun mal à se représenter l’apparence de ces monstres et les ravages qu’ils causent.

L’auteur ne sacrifie pour autant pas le côté magique. Dans cet univers, elle est présente mais ne domine pas. Les mages sont des soigneurs, des bâtisseurs, mais il n’existe aucune unité de combat même si certains essaient de mettre ça en place. Les mages puisent dans la source pour parvenir à façonner des actions qui sont liées à leur personnalité. Ozgar vous l’expliquera bien mieux que moi dans le livre ! Je trouve l’idée originale, surtout vu la manière dont l’auteur l’exploite.

Au final, Chevauche-Brumes peut être un one-shot mais on espère vivement qu’il y ait une suite aux aventures de ces personnages car Thibaud Latil-Nicolas pose ici les bases d’un univers riche et prometteur. J’ai du mal à croire que je viens de lire un premier roman tant il apparait soigné, subtil et maîtrisé. Son style littéraire déjà affirmé laisse présager à cet auteur une longue et belle carrière parmi la nouvelle vague de fantasy francophone. Pour ne rien gâcher, le soin qu’il apporte à ses protagonistes ne manquera pas d’attacher favorablement les lecteurs aux péripéties de ces hommes et femmes du Bleu-Royaume. C’est une très belle perle dénichée par Mnémos (une de plus !) dont je recommande très chaudement la lecture aux adeptes de fantasy militaire. Un coup de cœur pour moi !

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20 réflexions sur “Chevauche-Brumes – Thibaud Latil-Nicolas

    • Franchement ça a été une magnifique découverte, surtout pour un premier roman. Le cadre militaire est bien présent mais pas oppressant je trouve, c’est très plaisant. Mais bon moi c’est ma came alors je manque d’objectivité…

  1. Une nouvelle confirmation que je dois me procurer ce livre à Trolls&Légendes (mais y aura peut-être pas l’auteur 😥 ). Des scènes de bataille, des démons, de la gouaille, mais que demande le peuple en fait ? Merci pour ce retour de lecture enthousiaste !

  2. Pingback: Chevauche-Brumes, de Thibaud-Latil Nicolas – Les Chroniques du Chroniqueur

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