La dernière colonie – John Scalzi

9
La dernière colonie
est le troisième tome de la saga du Vieil Homme et la Guerre écrite par l’auteur américain John Scalzi. Publié par l’Atalante, vous trouverez ce roman au prix de 19.90 euros. Il existe également au format poche chez Bragelonne.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse numérique.

Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé de cette saga : Le Vieil Homme et la Guerre (1) – Les Brigades fantômes (2).

De quoi ça parle ?
John vit une existence tranquille sur Huckleberry aux côtés de Jane (revenue à la vie civile dans le tome précédent) et de Zoé, leur fille adoptive. Tout se passe pour le mieux, rien de plus grave à régler que des problèmes de chèvre. Enfin… jusqu’à ce qu’un officiel des Forces de Défense Coloniale débarque pour leur proposer de superviser l’installation d’une nouvelle colonie. Il y a bien entendu anguille sous roche puisque cette colonie est un pied de nez au Conclave, avec tout ce que ça implique sur un plan politique. John et Jane vont devoir se montrer à la hauteur s’ils veulent sauver ces 2500 âmes qui n’ont rien demandé à personne et sont pourtant utilisées par les FDC comme des pions dans une bataille bien plus grande. Dommage qu’ils s’en rendent compte si tard.

De la guerre ouverte à la colonisation.
Dans le Vieil Homme et la Guerre, Scalzi posait les bases d’un univers développé ensuite de façon plus subtile dans les Brigades fantômes -je vous invite à lire mes deux chroniques pour obtenir les détails. On se trouvait clairement dans une SF au parfum militaire, avec tout ce que cela implique sur l’ambiance, les combats, la violence, les horreurs de la guerre. La situation évolue avec ce troisième opus. John et sa femme, Jane, vivent tranquillement sur une planète où lui règle les conflits de voisinage pendant qu’elle est shérif. Ils acceptent de laisser cela derrière eux pour aider à l’implantation de la colonie Roanoke, avant de se rendre compte qu’on se sert d’eux.

Pendant une bonne moitié du roman, le lecteur découvre le quotidien tranquille du couple puis la manière dont s’implante une colonie sur une planète. On est dans le calme, la discussion, les explications facilement accessibles au lecteur novice. C’est une ambiance totalement différente de ce à quoi nous a habitué Scalzi dans cette saga (ou de manière générale) mais ce n’est pas dénué d’intérêt pour autant car tout est présenté d’une manière intéressante. Je n’ai, a aucun moment, eu le sentiment de me noyer sous les informations ni n’ai vu mon intérêt décliner. Que du contraire, je suis arrivée à la fin du roman sans l’avoir vu passer.

Un univers qui se développe.
Avec toute la maîtrise qu’on lui connait, Scalzi continue de développer cet univers en le complexifiant. Dans la dernière colonie, il oppose le Conclave à l’Union Coloniale. Le Conclave est une organisation entre plusieurs espèces qui prône une forme d’entente et d’entraide pour ne laisser personne sur le carreau lors de la découverte de l’univers infini. Sur le papier, l’idée ne manque pas d’intérêt et est portée par le Général Gau, un personnage honorable à la personnalité vraiment intéressante.

Même si un peu de plus quatre cents espèces ont accepté de les rejoindre, d’autres refusent en craignant pour leur souveraineté. C’est le cas de l’humanité (ouais tu l’avais pas vu venir hein), représentée par l’UC, qui veut même aller plus loin que ça en annihilant le Conclave. C’est ce but qui est poursuivi dans ce tome, à travers l’implantation de Roanoke puisque le Conclave a interdit à toute espèce qui n’y appartient pas de coloniser une nouvelle planète. Ce privilège leur appartient et ils espèrent créer des colonies mixtes afin de favoriser la collaboration entre les espèces. Si une espèce désobéit, le Général Gau se rend sur place, offre à la colonie de se rendre et si ceux-ci refusent de « trahir » leur nation, il les détruit tous jusqu’au dernier -et seulement dans ce cas. L’homme se montre très diplomate, serein. Je lui ai trouvé un côté général sage asiatique qui n’hésite pas au moment d’agir mais qui respecte ses adversaires et accepte ses propres défaites. J’espère vraiment qu’il réapparaitra dans les prochains romans.

Sur base de cette succincte explication, vous imaginez sans peine les enjeux, les retournements de situation, les informations dissimulées par les autorités et nos pauvres protagonistes qui doivent se débrouiller tant bien que mal… avec l’aide bienvenue de Pirouette et Cacahouète, deux Obins qui ne quittent pas Zoé d’une semelle. Je ne vais pas approfondir afin d’éviter de vous divulgâcher des pans importants de l’intrigue. Toutefois, sachez que ça bouge, que ça trahit, que ça réfléchit, que ça se tape dessus -juste un peu moins que dans les tomes d’avant concernant ce dernier point.

John Perry, un narrateur attachant.
Le personnage de John Perry me plait beaucoup et j’avais été déçue d’en changer dans les Brigades fantômes bien que je comprenne l’intérêt sur un plan scénaristique. Ça permettait de mieux comprendre la problématique des forces spéciales, de leur presque humanité, un thème qui revient ici. John, quant à lui, incarne l’humanité dans ce qu’elle a de plus compliqué. Il tient a sa famille, ne manque pas d’honneur, sait se servir de son cerveau et affronte les difficultés avec aplomb. J’aime ses traits d’humour et j’éprouve énormément de sympathie à son égard si bien que j’ai dévoré ce roman sans m’en rendre compte, prise que j’étais dans sa psyché, dans son quotidien, dans ses difficultés.

La conclusion de l’ombre :
Pour résumer, la dernière colonie est une réussite de plus au palmarès de Scalzi et cela n’a rien d’étonnant quand on connait un peu la bibliographie de l’auteur. Ce roman quitte l’aspect purement militaire des deux autres opus pour se concentrer sur la politique et la colonisation, sans manquer d’action pour autant. Les nouveaux personnages proposés se révèlent très intéressants, j’ai personnellement hâte de les retrouver. Quant au narrateur, John Perry, c’est un vrai plaisir de le suivre aux commandes de cette aventure. Je ne vais pas attendre trop longtemps avant de me plonger dans le quatrième volume… Et je vous recommande évidemment la saga tout comme l’auteur de manière générale.

D’autres avis : je pense que le titre est trop « ancien » pour la blogo car je n’en ai pas trouvé.

8 réflexions sur “La dernière colonie – John Scalzi

  1. Pingback: La fin de tout – John Scalzi | OmbreBones

  2. Pingback: Humanité divisée – John Scalzi | OmbreBones

  3. Pingback: BML #26 – août 2020 | OmbreBones

  4. Pingback: Zoé – John Scalzi | OmbreBones

  5. En effet, je l’ai lu avant d’avoir mon blog, donc pas de chronique de mon coté.
    Un tome que j’avais trouvé très sympa aussi 🙂
    On commence vraiment à parler du sujet qui sera le principal jusqu’à la fin (à savoir le coté « conseil » et diplomatique des humains vis à vis des autres races extraterrestres et des habitants de la Terre)

    • Je pense que c’est le cas de beaucoup, en même temps le roman date déjà de 2007 ^^’ Et c’est une suite de saga. Je me réjouis que ce sujet arrive au centre des préoccupations parce que je le trouve vraiment intéressant. Scalzi en parle bien ! À mon avis je vais terminer la saga d’ici septembre. Mais bon après j’aurais plus de Scalzi à lire x.x

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s