Les Enfermés – John Scalzi

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Les Enfermés est un one-shot de science-fiction / uchronie / policier écrit par l’auteur américain qu’on ne présente plus, John Scalzi. Publié chez l’Atalante en 2016 dans sa collection la Dentelle du Cygne, vous trouverez ce roman au prix de 21.90 euros.
Je remercie Emma et les Éditions l’Atalante pour ce service presse.

Chris Shane est agent du FBI depuis quelques heures seulement quand une enquête impliquant un haden lui tombe sur le coin de la tête. Avec sa coéquipière, Leslie Vann, il va tenter de résoudre le mystère qui plane autour de cet intégrateur surpris en flagrant délit supposé. Mais peut-être qu’il y bien davantage derrière cette banale affaire de meurtre…

Ce que je retiens principalement des Enfermés, c’est son univers surprenant et très crédible. Il y a vingt-cinq ans, un virus a frappé l’humanité toute entière. Au début, on pensait à une forme de grippe aviaire mais les scientifiques ont vite compris que c’était bien plus grave. Au début du roman, on a droit à une introduction de quelques lignes pour poser le contexte et comprendre l’uchronie proposée par Scalzi. Parce qu’il s’agit bien de cela, finalement, à la différence que le point divergent de l’histoire se situe dans l’Histoire proche au lieu de siècles éloignés comme on trouve souvent dans ce genre littéraire. Après le roman en lui-même, on découvre une cinquante de pages intitulées « Libération » sous forme de documentaire (mais en version scripturale forcément) où les témoignages de plusieurs spécialistes, chercheurs, victimes, etc. s’enchaînent afin de renseigner en profondeur le lecteur sur l’histoire du virus haden. J’ai adoré cette idée même si une partie donnait l’impression de redite avec le contenu du roman. Ce que décrit Scalzi paraît tellement crédible que j’ai du mal à croire que ça ne soit pas réellement arrivé, que ça n’appartiennent pas à notre véritable histoire. Chapeau.

Pour vous donner quelques bases dans l’univers : si certains meurent de ce virus, d’autres finissent enfermés dans leur corps. On les appelle « haden » du nom de la première dame des États-Unis qui a elle aussi contracté le virus à l’époque. Pour cette raison, le Président a investi des sommes colossales dans la recherche afin de trouver un moyen de libérer ces personnes enfermées. Un système a été imaginé par des chercheurs qui sont passées par plusieurs phases (détaillées dans « Libération » ) pour finalement aboutir à la création de robots qu’on appelle des cispés. Ce sont des enveloppes mécaniques contrôlées par l’esprit des hadens enfermés qui réussissent à s’y transférer. Il existe également des intégrateurs, soit des personnes qui ont survécus au virus sans être enfermées mais dont le cerveau a été modifié si bien qu’ils peuvent se synchroniser avec des hadens et les inviter dans leur corps, ce qui peut donner parfois lieu à des dérives. Voilà, vous avez les clés de base pour appréhender l’univers. Je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus pour vous mettre l’eau à la bouche?

Les romans en lui-même, titré les Enfermés, raconte la première semaine au FBI de Chris Shane qui ne va pas chômer. Chris est un haden depuis l’enfance et le fils d’une star du basket. Il a été célèbre pour avoir contracté le virus et devenir l’un des premiers à bénéficier d’un cispé. Ils enquêtent au départ sur une agression qui serait peut être un suicide mais des éléments ne collent pas. Plus leur enquête va avancer et plus ils vont mettre à jour un plan assez glaçant. Ce sera l’occasion pour l’auteur d’aborder toute une série de thématiques importantes et d’inviter son lecteur à réfléchir, comme il a pu le faire dans la Controverse de Zara XXIII. Ce qui m’a le plus marquée, ici, c’est la polémique autour des hadens. Une entreprise n’était pas loin de réussir à trouver le moyen de les libérer en parvenant à leur rendre le contrôle de leur corps mais certains hadens s’y refusent et militent contre cette perspective en parlant de génocide envers toute une partie de la population. Ça parait très violent et insensé exprimé ainsi. Au début, j’ai moi-même eu du mal à appréhender leur point de vue mais finalement Scalzi exploite bien notre tendance culturo-centrée. Il la critique de manière intelligente et ça remue. Il faut dire que les hadens disposent d’un réseau appelé Agora où ils peuvent exister comme ils le souhaitent, chacun a son espace privé, peut y inviter d’autres hadens, etc. Faut-il vraiment vivre dans le monde réel pour exister? J’aime beaucoup cette question. D’ailleurs quand on suit le personnage de Chris en tant que lecteur, on s’aperçoit à peine qu’il est « handicapé ». On l’oublie souvent, sauf quand il se bat avec son cispé et qu’il en casse trois ou quatre sur sa première semaine, ou qu’il est confronté à son corps physique. Grâce à la narration à la première personne, on ressent vraiment que tout ça constitue sa normalité, son quotidien, qu’il n’a aucun problème à être un haden. Une belle réussite de la part de Scalzi. Je me permets un ajout après une discussion dans les commentaires avec Célindanaé (qui a aussi chroniqué ce roman d’ailleurs) et comme ça peut vous révéler un élément important, je le dissimule en blanc toutefois sentez vous libre de surligner pour en apprendre plus. Il s’avère que je n’avais pas remarqué mais Scalzi réalise un tour de force en écrivant tout le roman sans jamais préciser le sexe de Chris ! Je suis partie du principe qu’il s’agissait d’un homme (par habitude sans doute) mais il n’utilise jamais de pronom et ses interlocuteurs non plus, pas pour le définir. Du coup, je conserve le « il » mais ça pourrait très bien devenir un « elle ». Je suis bluffée !

Du coup, au milieu de cet univers hyper riche, l’intrigue passe un peu au second plan. Ou plutôt, elle se révèle classique dans son développement et sa résolution. En soi, ce n’est pas forcément un mal mais je n’ai pas eu beaucoup de surprises de ce côté là. De plus, j’ai regretté quelques longueurs sur les explications au sein du texte en lui-même. Ça ne m’a pas gâché ma lecture mais ça me semblait important de le relever.

Pour résumer, les Enfermés est un roman de science-fiction / uchronie / policier à l’univers solide, très engagé et d’une redoutable intelligence. Tout ce à quoi Scalzi nous a habitué, en somme. Si j’ai regretté le côté classique de l’intrigue en elle-même, je me suis régalée avec son contenu et sa narration à forte portée signifiante. Je recommande donc volontiers ce texte, tout comme chaque roman de Scalzi lu jusqu’ici !

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Voyageur #1 L’espace d’un an – Becky Chambers

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L’espace d’un an
est le premier tome de la série Voyageur écrit par l’autrice américaine Becky Chambers. Publié chez l’Atalante dans sa collection La Dentelle du Cygne, vous trouverez ce roman au prix de 23.90 euros partout en librairie.
Je remercie Emma et les Éditions l’Atalante pour ce service presse !

Le Voyageur est un vaisseau tunnelier, c’est à dire qu’il creuse l’espace pour créer des passages entre différentes galaxies. Rosemary vient d’être engagée comme greffière à son bord et semble fuir un lourd passé. Dans une narration à différents points de vue, Becky Chambers nous raconte le voyage d’un an effectué par le Voyageur pour rejoindre une lointaine planète torémi qui doit être reliée au reste de l’Union Galactique suite à des accords diplomatiques qui ne font pas franchement l’unanimité.

Je ne savais pas précisément à quoi m’attendre avec ce roman. En général, quand je lis de la SF, j’espère des batailles spatiales, du militaire, de gros enjeux scientifiques. Comme je débute dans ce genre, je me réfère beaucoup à ce que je connais : Scalzi, Weber… Il n’y a pas grand chose de tout cela au sein de l’Espace d’un an et pourtant, j’ai vraiment apprécié ce texte.

Becky Chambers prend le parti d’une SF orientée sur les sentiments, les émotions, la famille que constitue le Voyageur. Sur le social, devrais-je dire, et sur tout l’aspect anthropologique / xénologique. Ainsi, les personnages et leurs cultures sont la grande force du récit. L’autrice les présente les uns après les autres, via des scènes clés et chaque en-tête de chapitre permet de suivre la date où se déroulent ces moments quotidiens, parfois séparés de longues périodes à vide.

Le lecteur rencontre d’abord Rosemary et c’est une entrée en matière qui m’a un peu refroidie car au premier abord, elle me paraissait très clichée, peu intéressante. Une humaine qui fuit sa planète natale (Mars) sans jamais trop en révéler… Ce qui est arrivé est tellement horrible, blablabla. Je roulais des yeux. Puis sont arrivés les autres. Le capitaine Ashby Santoro, un humain exodien droit dans ses bottes qui essaie de jongler avec ses différentes casquettes et la relation secrète qu’il entretient avec une autre capitaine d’une race différente de la sienne. Sissix, la pilote reptilienne appartenant à la race aandrisk qui a une culture et des mœurs très éloignés de ce qu’on croise habituellement au coin de la rue. Jenks, le technicien de petite taille et étrangement formé qui est amoureux de Lovey, l’IA dotée d’une personnalité qui gère le vaisseau. Le Docteur Miam, l’un des derniers représentants d’une race en voie de disparition qui apporte son lot de sagesse. Ohan, infecté par un virus qui fait de lui une paire sianate et lui permet de percevoir l’imperceptible dans l’espace. Kizzy, l’autre technicienne totalement excentrique qui n’aurait pas cloché dans Borderlands. Corbin, le misanthrope qui s’occupe des algues (et donc du carburant) du vaisseau, un spéciste franchement désagréable à qui on collerait bien une claque ou deux.

Ce panel de personnage permet d’une part de développer plusieurs cultures intéressantes et d’autre part d’exploiter des thématiques vraiment importantes qui cassent nos habitudes anthropocentristes. Quand Rosemary rencontre l’équipage pour la première fois, elle essaie de comprendre les mœurs aliens avec ses propres valeurs et doit se rappeler sans arrêt que ça n’a pas de sens. Comme Becky Chambers multiplie les points de vue, ça permet aussi d’être dans la tête des aliens comme Sissix qui a du mal avec les habitudes des humains, qu’elle trouve prise de tête. D’ailleurs, dans une discussion qu’elle a avec le Docteur Miam, elle dit une phrase qui m’a fait sourire: si seulement ils pouvaient être NORMAUX ! Ça nous fait grandement relativiser le concept de normalité et j’ai adoré ce bousculement dans mes habitudes.

L’univers en lui-même m’a paru bien construit et crédible. Becky Chambers donne un certain nombre d’informations pertinentes sans trop noyer le lecteur (même s’il y a des longueurs) et utilise certaines astuces comme des échanges de mail ou des recherches effectuées par Rosemary. Hélas… Tout cela a beau créer un roman riche, il est aussi assez lent. Les trois premiers quarts du roman sont consacrés à la vie quotidienne de l’équipage et s’il y a parfois un peu d’action, elle disparait vite au profit des conséquences psychologiques sur chacun d’eux et des intrigues privées de l’un ou l’autre. Cela plaira aux lecteurs qui aiment quand le récit se met tranquillement en place mais L’espace d’un an est très clairement un tome introductif, voué à poser les bases, initier le lecteur pour la suite que j’imagine plus intense en action. C’est seulement sur le dernier quart que survient un évènement violent mais il ne dure finalement pas si longtemps que ça. Ses conséquences, par contre…

Malgré cette lenteur, j’ai vraiment aimé ma lecture et le soin apporté par l’autrice, par exemple, à l’utilisation de pronoms comme iel pour désigner les espèces asexuées ou le pluriel pour la paire sianate (ce qui donne de drôles de phrase !) vu qu’ils sont deux dans un seul corps. Tout, dans ce livre, jusqu’à la forme du récit, passe un message de respect des différences et de tolérance qui ne peut qu’avoir un gros écho dans notre société actuelle.

Pour résumer, l’Espace d’un an est un très bon livre que je conseille plutôt à des débutants en SF (ce que je suis !). Becky Chambers propose de peindre le portrait d’une famille de cœur à bord du vaisseau tunnelier Voyageur. Son roman, très orienté sur la psychologie et la découverte de son univers, est clairement un tome d’introduction qui souffre d’un rythme assez lent sur la majorité du titre car il prend pas mal le lecteur par la main en enchainant les scènes d’exposition afin de détailler les particularités socio-culturelles de chacun. Il doit très clairement être lu dans l’optique de continuer la saga et en acceptant son statut introductif. L’autrice réussit très bien ses personnages auxquels on s’attache et pour qui on se passionne. Elle a créé un univers crédible (selon moi) et intéressant au sujet duquel j’ai très envie d’en apprendre davantage. Je vais donc continuer avec plaisir la saga Voyageur que je recommande pour débuter dans le genre.

Les meurtres de Molly Southbourne – Tade Thompson

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Les meurtres de Molly Southbourne
est une novella écrite par l’auteur anglais Tade Thompson. Publié dans la collection Une Heure Lumière chez le Bélial, vous trouverez ce texte au prix de 9.90 euros.
Ceci est ma dix-septième lecture dans le cadre du challenge S4F3s5 organisé par l’ami Lutin !

Molly Southbourne souffre d’une étrange malédiction. Quand elle saigne, elle créé des clones d’elle-même qui tentent parfois de la tuer. Ses parents mettent alors un certain nombre de règles en place pour la sauvegarder. Cette histoire, c’est donc celle de Molly…

Difficile en réalité de vous résumer cette novella avec mes propres mots sans spoiler beaucoup d’éléments. Mais quel coup de cœur ça a été ! Je l’ai d’ailleurs lu d’une traite (d’accord elle fait 125 pages mais quand même) impossible de la lâcher tant j’ai été prise dedans, fascinée par ce que je lisais.

Le roman s’ouvre sur une mystérieuse fille, attachée dans un sous-sol par des chaines rouillées, assise dans une marre de sang. Une autre fille lui rend visite, lui parle, la lave, l’habille et elle finit par lui raconter son histoire. C’est ainsi que le lecteur est amené à rencontrer Molly Southbourne.

La novella est construite sur un enchaînement de scènes relativement courtes qui constituent l’histoire de Molly. Ses débuts avec ses parents, la façon dont elle gère sa maladie, son désir de voir le monde au lieu d’obéir et de rester sagement enfermée dans la ferme familiale. J’ai immédiatement adoré ce concept et cette narration efficace, sobre, dynamique. L’auteur maîtrise très bien sa plume et c’est un régal. Chaque scène explose dans le cerveau du lecteur avec une étonnante clarté pour s’imprimer durablement dans ses neurones.

Ce texte est assez psychologique. Le lecteur suit Molly dans son évolution, dans son apprentissage aussi parce qu’il faut bien savoir comment survivre quand on peut se faire attaquer à n’importe quel moment dès qu’on a ses règles. On constate avec effroi et fascination la façon dont elle se refroidit à chaque étape de son existence, comment elle perd l’innocence enfantine pour expérimenter d’une façon assez glauque ce qui touche aux mollys, puis grandir, sombrer dans la sociopathie. Éblouissant et glaçant, voilà deux mots qui résument parfaitement cette novella.

La seule chose qui me gêne un peu, c’est la perspective d’une suite au sein d’une collection qui, si je l’ai bien compris, met en avant des one-shots. En effet, une interview se trouve à la fin du texte où l’auteur répond à certaines questions sur les influences de son roman et sur ses projets, ce qui est assez intéressant à découvrir. D’ailleurs, ça m’a donné envie de lire davantage de sa bibliographie. Mais bref, je trouve dommage qu’une suite possible vienne entacher la fin superbe des meurtres de Molly Southbourne !

Pour résumer, les meurtres de Molly Southbourne est un coup de cœur pour moi. Cette novella maîtrisée axée sur la psychologie propose de suivre un personnage atypique, une anti-héroïne fascinante dans un univers teinté de science-fiction même si ça reste assez léger. C’était ma première incursion au Bélial et certainement pas la dernière si tous leurs textes ont cette qualité. Je le recommande plus que chaudement mais attention, âmes sensibles s’abstenir car ce texte est glauque, plutôt malsain et n’épargne personne. Moi, c’est ma came ! Et vous?

 

La controverse de Zara XXIII – John Scalzi

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La controverse de Zara XXIII
est un one-shot de science-fiction proposé par l’auteur américain John Scalzi. Publié chez l’Atalante, vous trouverez cet ouvrage au prix de 19.90 euros.
Ceci est ma quatorzième lecture dans le cadre du challenge S4F3s5 organisé par l’ami Lutin !
Je remercie Emma et les Éditions l’Atalante pour ce service presse.

Jack Holloway est prospecteur indépendant sur la planète Zara XXIII. Il y travaille  comme sous traitant pour l’immense compagnie Zarathoustra et c’est dans le cadre de ce contrat qu’il découvre un filon de pierres précieuses qui promet de faire sa fortune. Hélas (pour lui), il découvre une nouvelle espèce jusqu’ici inconnue sur la planète. De gros enjeux pèsent alors sur les épaules du prospecteur car si cette espèce est reconnue intelligente, la compagnie va perdre des milliards de crédit ainsi que le droit d’exploiter la planète. Et lui, tout l’argent lié au filon. Ainsi débute la fameuse controverse.

Dans une courte présentation, Scalzi explique que ce roman se veut comme une refonte des Hommes de poche de H. Beam Piper publié en 1962. De son propre aveu, il en garde certains éléments dont la trame principale ainsi que plusieurs personnages auxquels il ajoute ses personnages à lui, de nouveaux rebondissements et la touche toute scalzienne à laquelle je suis très sensible. Je n’ai pas lu les Hommes de poche donc il ne m’est pas possible d’effectuer une comparaison mais je trouve l’honnêteté intellectuelle dont Scalzi fait preuve vraiment à son honneur.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce texte conseillé par la responsable des services presses chez l’Atalante quand je lui ai dit vouloir continuer à lire du Scalzi sans savoir par quel bout le prendre. J’ai retrouvé avec plaisir sa plume maîtrisée et son grain de folie. En effet, le roman s’ouvre sur Jack qui s’apprête à déclencher une explosion… ou plutôt, à demander à son chien, Carl, de le faire pour lui ! Malheureusement, ça provoque une réaction en chaine qui cause de sacrés dégâts et son supérieur ne va pas se priver de le virer. Il faut dire que l’homme a déjà un sacré passif, c’était un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase. J’ai immédiatement apprécié ce personnage plutôt roublard, ancien avocat radié du barreau qui va toujours chercher la petite bête. Une réussite.

Il n’est d’ailleurs pas le seul. Si le roman se concentre sur les enjeux philosophico-éthiques de la controverse, il n’oublie pas de développer des personnages crédibles et attachants que ce soit du côté humain (Bourne, Isabel, Sullivan) ou du côté des toudous. Il réussit même l’exploit avec Carl le chien !

Mais ce qui marque surtout dans ce texte, ce ne sont pas tant les protagonistes que le fond. La Controverse de Zara XXIII a beau dater des années soixante, on y trouve des thématiques très fortes à l’heure actuelle. D’ailleurs je parle de science-fiction mais le texte pourrait très bien se dérouler dans notre monde et à notre époque, il se classe dans cette catégorie parce qu’on a une planète autre que la Terre, exploitée par une société humaine pour ses richesses ainsi qu’un plus grand développement sur les procédures de préservation (au passage, y’a des idées à appliquer, avis aux politiciens de passage).
Jack découvre donc une nouvelle espèce qu’il prend pour animale et se rend rapidement compte de leur intelligence. Il va donc consulter son ex, une biologiste douée qui va leur prêter une intelligence forte, douée de raison, à la hauteur de celle des humains. Commence alors des débats aux enjeux faramineux. Jack a tout à perdre dans la reconnaissance de cette intelligence car il ne pourra pas exploiter son filon. D’un autre côté, il s’attache à ceux qu’il a appelé « les toudous » et va devoir lutter contre les pontes de la compagnie qui essaient de le faire taire d’une façon assez violente. Et définitive.

Le lecteur est alors embarqué dans des péripéties juridiques et des retournements de situation assez inattendus. Je me sentais comme dans une bonne série avec des avocats talentueux qui trouvent toujours des ruses pour arriver à leur fin. Personnellement, ça me passionne et j’ai eu très difficile de lâcher ce texte.

Scalzi aborde des questions fondamentales dans ce roman confirmant, selon l’éditeur, ses penchants humanistes (je ne connais hélas pas l’auteur personnellement mais vu ses textes, je veux bien le croire). Finalement, qu’est-ce qui définit une race comme intelligente? Peut-on se contenter d’une liste de critères abstraits ? Qu’apporte la parole au débat? Qui doit-on protéger dans un écosystème et pourquoi? Est-ce qu’il suffit d’obliger des compagnies exploitantes à remettre tout en état quand elles ont terminé pour autoriser n’importe quoi? Peut-on tout autoriser si les bénéfices à la clé sont suffisants? Quelle est la valeur d’une vie? J’ai trouvé à cet égard la Controverse de Zara XXIII d’une remarquable intelligence.

Pour résumer, j’ai adoré ce one-shot difficile à lâcher ! La Controverse de Zara XXIII est un bijou. À travers une idée qui peut paraître simple et déjà exploitée (la découverte d’une nouvelle espèce sur une planète au sol assez riche pour attirer les convoitises), John Scalzi use de tout le talent qu’on lui connait pour s’intéresser à la préservation de la faune. Il propose un antihéros attachant et laisse la part belle aux espèces extraterrestres dont il se sert pour porter sa réflexion. L’intrigue est passionnante, le style d’écriture toujours aussi dynamique et les quelques pointes d’humour teinté de cynisme bien dosé font qu’on reconnait sans peine le style du maître qui ne se repose visiblement pas sur ses lauriers. Je recommande chaudement ce roman à tout le monde, que vous soyez habitués de science-fiction ou non car cet aspect reste léger (surtout comparé aux habitudes de Scalzi) et tourne vraiment davantage autour des questions philosophiques ainsi que les aspects juridiques inhérents à une telle controverse. Encore une magnifique réussite pour l’Atalante !

Le Gambit du Renard – Yoon Ha Lee

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Le Gambit du Renard
est le premier tome de la trilogie The Machineries of Empire écrit par l’auteur américain d’origine coréenne Yoon Ha Lee. Publié chez Denoël dans sa collection Lunes d’encre, vous trouverez ce roman au prix de 23 euros.
Il s’agit de ma douzième lecture dans le cadre du challenge S4F3s5 organisé par l’ami Lutin ! Elle faisait d’ailleurs partie de sa sélection conseillée pour l’été.

Kel Cheris se fait remarquer par son commandement et ce n’est jamais une très bonne chose dans cette étrange société dépeinte par Yoon Ha Lee. On la promeut générale à titre temporaire et on ancre en elle l’esprit du général traitre Shuos Jedao, mort des siècles auparavant mais as de la stratégie qui n’a jamais perdu de bataille. Leur mission? Récupérer la forteresse des Aiguilles Diffuses. Mais il semble que leur hiérarchie cache certaines informations d’importance…

J’ignore encore si cette chronique prendra la forme d’une critique ou d’une expérience de lecture. C’est la blogo qui a attiré mon attention sur ce texte à plus d’une reprise et en lisant le résumé, j’ai directement été intriguée par la perspective d’une cohabitation entre deux personnes au sein d’un même corps, surtout quand l’un des deux est un traitre fou et sanguinaire. Du coup, je n’ai pas trop hésité à l’acheter… Et j’ai plus d’une fois manqué d’abandonner ce roman parce que je ne comprenais rien. Pendant le premier tiers, je lisais des mots dont je connaissais le sens mais qui, mis ensemble, ne m’évoquaient rien de cohérent, rien à quoi me raccrocher ou assimiler. L’auteur exploite des concepts totalement nouveaux (pour moi en tout cas) sans les expliquer de manière claire. Du coup, ma lecture du Gambit du Renard ressemblait à un jeu de pistes et d’énigmes pour essayer désespérément de rattacher ça à quoi que ce soit de connu.

Si vous aimez les romans très clairs et carrés, les lectures purement détente, ce texte n’est pas pour vous. Pourtant, quelle richesse ! Yoon Ha Lee a inventé un monde complet avec son propre calendrier, son propre mode de fonctionnement basé sur les mathématiques, ses propres factions et surtout sa propre culture qui va complètement bousculer les habitudes du lecteur. Un vrai tour de force et un parti pris, je pense, de nous laisser découvrir les choses petit à petit. Aurais-je aimé avoir toutes les informations bien classées dans un lexique au début ou à la fin? Peut-être… D’un autre côté, j’ai vraiment ressenti un profond dépaysement et passé l’agacement des soixante premières pages, je me suis laissée prendre au jeu. Finalement, dans l’ensemble, les traits de l’Hexarcat se dessinent bien. En refermant le livre, j’avais compris les grandes lignes et même certaines subtilités (oui, moment de fierté).

Il faut dire qu’outre l’univers très riche et curieux, le duo principal fonctionne à merveille. Kel Cheris était capitaine au sein de la faction Kel et on la découvre d’abord lors d’une de ses missions qu’elle parvient à boucler en effectuant une manœuvre peu conventionnelle (et quand on est Kel, ça frise l’hérésie !). Du coup, elle devient une candidate intéressante pour prêter son corps à Jedao et enfiler le rôle d’ancre. Jedao est un général de l’armée Kel, d’origine Shuos, qui a commis un véritable massacre quatre siècles auparavant et a du coup été enfermé dans le Berceau Noir. Il a été exécuté, privé de son corps, mais son fantôme reste et continue de servir les Kels à travers différentes incarnations, quand le besoin s’en fait sentir. Non seulement le principe est hyper malsain mais en plus, le caractère de chaque personnage apporte du dynamisme, de l’intelligence et du réalisme au duo. C’est ce qui m’a permis de tenir pendant une partie du roman, j’étais curieuse de voir ce que ça allait donner sur le long terme. Je n’ai d’ailleurs pas été déçue.

Toutefois, ne vous attendez pas à croiser beaucoup de personnages remarquables en dehors de Cheris et Jedao bien que l’action se centre ponctuellement sur d’autres, afin de donner au lecteur un aperçu de la situation à un moment donné de l’histoire, sur un point géographique clé. Cela apporte un peu de diversité, tout comme les échanges de mémos entre deux rebelles (enfin plutôt, le spamm à sens unique d’une mercenaire) qui eux ne manquent pas d’ironie ni d’un peu d’humour, surtout en ce qui concerne les dates. Mention spéciale à la vache adipeuse.

L’éditeur parle de space-opera pour classer ce roman. J’ajouterai également qu’il s’agit de SF militaire à un degré très poussé, surtout concernant la stratégie. Personnellement, j’aime beaucoup mais je sais que pas mal de lecteurs y sont allergiques donc ça me parait important de le préciser.

Je n’arrive toujours pas à décider si j’ai aimé ou non ce livre. En tout cas, le lire fut une sacrée expérience que je ne regrette pas du tout et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’écrire à son sujet. Je peine à croire qu’il s’agit véritablement du premier roman de l’auteur tant il est brillant dans sa conception et dans son parti pris.

Pour résumer, je pense que le Gambit du Renard s’adresse à un public habitué à la SF qui pourra apprécier son inventivité et sa complexité. Dans un univers totalement original qui bouscule tous nos codes socio-culturels, le lecteur est invité à suivre une bataille pour récupérer la forteresse des Aiguilles Diffuses avec son lot de sacrifices et de stratégie militaire à un degré poussé. Le duo de personnages principaux ne manque pas de piquant et vaut la peine qu’on s’accroche face à la difficulté première du texte. Un indispensable pour les amateurs mais attention aux débutants (auxquels j’appartiens) ça ne va pas être facile de vous y retrouver !

Stranger Things : Runaway Max – Brenna Yovanoff

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Runaway Max
est un roman one-shot lié à l’univers de Stranger Things. Écrit par l’autrice américaine Brenna Yovanoff, vous trouverez ce roman chez Hachette au prix de 15.90 euros.
Je remercie NetGalley et les Éditions Hachette pour ce service presse.
Ceci est ma neuvième lecture pour le challenge S4F3s5 organisé par l’ami Lutin !

ATTENTION ! Cette chronique contient des éléments des deux premières saisons de Stranger Things puisque le roman s’y déroule en partie. Si vous avez du retard dans votre visionnage, je vous déconseille de la lire.

Runaway Max, comme son titre l’indique, propose un focus sur le personnage de Max qui débarque à Hawkins au début de la saison 2. Qui est-elle? D’où vient-elle? Pourquoi a-t-elle quitté la Californie pour l’Indiana? Ce roman se construit comme un ajout à la série, un préquel à cheval sur les évènements de la saison 2 qui permet d’en apprendre plus sur Max comme sur Billy.

Donc oui, il est nécessaire d’avoir vu la série pour le lire. Déjà, pour éviter de vous spoiler mais surtout parce que, même si les évènements sont résumés… Justement, ils sont juste résumés. Une personne non familière à l’univers n’y comprendra pas grand chose et aura le sentiment d’un texte bâclé, pas suffisamment approfondi. Ce roman est donc destiné aux fans, il constitue un réel complément à l’univers mais ne peut pas se découvrir indépendamment. Pas dans de bonnes conditions.

Pour ma part, j’ai passé un très bon moment avec ce roman lu d’une traite, un vrai page-turner ! Il est court (plus ou moins 150 pages) et l’écriture de Brenna Yovanoff est dynamique, immersive et on ne lui en demande pas plus. Rédigé à la première personne, Runaway Max nous dépeint les pensées d’une pré-adolescente en proie à des difficultés familiales, avec un père démissionnaire qu’elle idéalise pourtant, une mère soumise, un beau-père violent et un demi-frère carrément flippant. Le roman éclaircit des points à peine sous-entendus dans la série ce qui permet de ressentir beaucoup d’empathie pour Max… et de mieux comprendre le personnage de Billy qui se révèle vraiment intéressant.

Runaway Max remplit son rôle de divertissement tout en abordant des thèmes forts. J’ai évoqué la situation difficile de Max au niveau de sa famille mais le texte brasse également des sujets comme la difficulté de se faire de nouveaux amis, différencier une relation toxique d’une relation normale, sans parler des quelques réflexions de Max sur les femmes et leur rôle culturo-social. J’ai trouvé ces remarques pertinentes et importantes, surtout dans la bouche d’une héroïne pré-adolescente. Ce sont des thématiques assez régulières dans les romans de ce type mais j’ai trouvé que l’autrice les abordait correctement, de manière crédible, sans trop en rajouter. Et ça… Ce n’est pas si simple.

Hélas, plus la fin approche et plus le roman devient un résumé de la saison 2. Pendant les trois-quart du roman, l’autrice propose un certain nombre de scènes inédites et intéressantes mais dès qu’on arrive à la décharge (si vous avez vu la série, vous savez de quoi je parle) il n’y a plus rien d’inédit et c’est dommage. Qu’on s’entende, l’histoire se construit à cheval entre le présent (la saison 2) et les souvenirs de Max. Mais à la toute fin, il n’y a plus que le contenu de la saison 2 du coup le souffle retombe un peu pour le fan avide d’en avoir plus. La tentation de passer des pages brûle les doigts et je trouve ça dommage d’autant que tout va beaucoup trop vite. Il y aurait eu possibilité de transformer Runaway Max en un roman indépendant, lié à la série mais accessible à ceux qui ne l’ont pas encore vue. Personnellement, c’était un peu ce que j’attendais. Dommage !

En bref, Runaway Max remplit son rôle de préquel à la série et permet d’en apprendre davantage sur la mystérieuse Max. Véritable page-turner, il se révèle indispensable pour les fans et ne manque pas de qualités: son prix, sa longueur, ses thématiques fortes… Une réussite qui me donne envie de découvrir les autres romans liés à l’univers en espérant qu’ils soient tous aussi agréables. Attention toutefois, il ne peut pas être lu indépendamment du visionnage de Stranger Things car il contient énormément d’éléments de la saison 2 !

Trois hourras pour Lady Évangeline – Jean-Claude Dunyach

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Trois hourras pour Lady Évangeline
est un one-shot de space-opera écrit par l’auteur français Jean-Claude Dunyach. Publié chez l’Atalante, vous trouverez ce roman au prix de 16.90 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse.
Ce roman est ma sixième lecture dans le cadre du challenge S4F3s5 organisé par l’ami Lutin !

Lady Évangeline a contrarié son père ambassadeur une fois de trop. Direction l’internat sur une planète isolée. Pas de chance, cette dernière subit l’invasion de la Ruche, une entité collective qui recycle tout. Absolument tout. Seule Évangeline survit, opportunément cachée dans un conteneur. Au contact de cette espèce totalement différente d’elle, la jeune fille va profondément changer.
Parallèlement à ces évènements, le vaisseau qui abrite le père d’Évangeline est confronté à un nuage de particules, destructeur et intelligent, qui dévore tout ce qu’il rencontre et recycle la matière. Leurs deux situations ont évidemment un lien et pour parvenir à s’en sortir, Évangeline et son père vont devoir s’entraider.

Je vous ai déjà évoqué le travail de Jean-Claude Dunyach dont j’ai lu deux romans chez le même éditeur : l’Instinct du Troll et l’Enfer du Troll, une fantasy à l’humour très administratif. Ce roman est assez différent mais n’en est pas moins chouette à lire. On reconnait d’ailleurs la patte de l’auteur, notamment sur le traitement des espèces non humaines et son rejet de l’anthropocentrisme (ce que j’adore !).

Le sujet principal de ce roman est, à mon sens, celui de la communication. Il se développe sur plusieurs axes: Évangeline et son père, Évangeline et la ruche, Évangeline avec le nuage mais surtout, Évangeline au sein de la société humaine. L’auteur exploite, par ce biais, un grand nombre de thématiques intéressantes. Avec l’aspect familial, Jean Claude Dunyach montre à son lecteur une jeune fille paumée qui essaie simplement d’attirer l’attention pour combler le vide qu’elle ressent. Avec l’aspect société, il montre l’importance que revêt l’apparence et le paraître pour certains, la manière dont on se cache derrière les procédures. Avec l’aspect Ruche et nuage, l’auteur développe une réflexion pertinente sur les origines des conflits qui sont le plus souvent dus à la mauvaise utilisation d’un langage ou à l’impossibilité de se comprendre. Ces métaphores trouvent forcément un écho dans notre actualité et au sein de l’humanité. Un aspect très bien géré.

Dans Trois hourrah pour Lady Évangeline, Jean-Claude Dunyach met en scène le corps qui est représenté dans le détail. Il accorde une importance particulière aux odeurs et aux fluides qui sont des moyens de communication non-verbaux centraux à l’échelle du récit. Cela offre au roman une dimension supplémentaire assez originale. Personnellement, depuis le Parfum de Suskind je n’avais plus lu de texte de ce genre et ça m’a plu justement parce que ça sort du lot.

Fidèle à son habitude, l’auteur propose aussi d’explorer des êtres non humains. Cette fois, le narrateur n’est pas un Troll et la narration n’est pas à la première personne. Il reste dans la tête tantôt d’Évangeline, tantôt de son père, parfois en incluant un personnage ou l’autre parmi les fusiliers. Et là, vous vous dites… Mais t’as parlé de non humains, ils sont humains ces gens non ? Oui, mais… Pendant la première moitié du texte, Évangeline abandonne petit à petit son humanité pour s’intégrer à la Ruche et lire son évolution (ou sa régression, à chacun son point de vue !) a quelque chose de fascinant. Cela permet d’observer la société « Ruche » de l’intérieur qui ne s’embarrasse pas de longs discours. Tous ces passages ne comportent d’ailleurs aucun dialogue, ce qui peut gêner certains lecteurs.

Si l’intrigue reste classique (une civilisation humaine face à une menace inconnue et destructrice que personne sauf une personne n’arrive à comprendre) le personnage d’Évangeline et son évolution sont très intéressants à suivre. On commence avec une adolescente qui parait très superficielle et enfant gâtée, réduite à rien par la terreur suite à l’invasion et son désir de survivre, au point de changer en profondeur puis de saisir l’occasion qui se présente pour revenir à la civilisation, même si elle ne le désire pas et ne s’y sent pas épanouie. Son expérience au sein de la Ruche lui permettra d’avoir l’ouverture d’esprit nécessaire pour proposer des solutions utiles à l’équipage et qui serviront à régler la situation de crise. Il y a, derrière tout ça, une belle métaphore sur l’importance de ne pas s’arrêter aux apparences. Que ce soit celle d’Évangeline ou de la Ruche.

Enfin, dernier point positif et non des moindres, j’ai trouvé ce roman de science-fiction vraiment accessible à tous les lecteurs. Il est particulier dans sa forme avec sa mise en avant du corps mais n’utilise pas trop de termes techniques ni de concepts propres au genre. Au contraire: on ignore la majeure partie des choses qui composent cet univers, on sait juste que les voyages spatiaux s’effectuent par une série de « sauts » et qu’il y a un nuage qui apparait un jour, doté d’une forme de conscience. En même temps, on n’a pas besoin d’en savoir davantage puisque toute l’intrigue se déroule sur et en orbite de la planète Esmeralda, théâtre des drames.

Pour résumer, Trois hourrah pour Lady Évangeline est un one-shot de space-opera vraiment sympathique à découvrir qui met en scène l’importance que revêt la communication et ce, en exploitant plusieurs axes. Il accorde une grande importance au corps et à ses fluides, ce qui dégoûtera peut-être certains lecteurs mais qui a le mérite d’apporter un aspect très réaliste au roman. Porteur d’une intrigue assez classique, ce texte se lit tout seul et ne manque pas d’intérêt. J’en recommande la lecture à tous les adeptes de SF mais aussi aux novices car il est assez accessible !