Vita nostra – Marina & Sergueï Diatchenko

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Vita nostra
est le premier tome des Métamorphoses, une trilogie écrite par deux auteurs ukrainiens : Marina et Sergueï Diatchenko. Publié par l’Atalante, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 25.90 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse.

Notez que s’il s’agit bien d’une trilogie intitulée « Les Métamorphoses », chaque tome se veut indépendant.

De quoi ça parle ?
Alors qu’elle passe des vacances d’été avec sa mère, Sacha rencontre un mystérieux homme qui lui demande d’accomplir certaines tâches afin d’entrer à l’institut des technologies spéciales de Torpa. Torpa, un coin paumé à la campagne… Quant à cet institut, impossible de savoir ce qu’on y étudie véritablement, pourquoi les professeurs les contraignent à lire un livre incompréhensible ou encore pour quelle raison les étudiants plus âgés sont aussi bizarres. Hélas, contrainte par la peur, Sacha ne va pas avoir le choix que de donner le meilleur d’elle-même afin d’éviter que ses proches en paient le prix.

Un roman que l’on vit.
Difficile d’écrire en long en large et en travers au sujet de Vita nostra car tenter une analyse littéraire classique menacerait de rendre fou tout qui s’y attaquerait en profondeur. Évidemment, on pourrait parler de cette école étrange qui semble enseigner une forme de magie -bien que le terme ne soit jamais prononcé ou même écrit. On pourrait évoquer les obstacles auxquels sont confrontés les étudiants, qui doivent sacrifier leur moi profond dans leur pratique afin d’être reconstruits pour réussir à atteindre le véritable pouvoir et donc dire qu’il s’agit d’un roman initiatique avec une métaphore sur le passage à l’âge adulte. On pourrait évoquer le lien qui existe avec la philosophie, parler d’Ovide et parler du concept de Verbe (parce qu’au commencement était le Verbe, il paraît). On pourrait feindre avec un peu de poudre aux yeux d’avoir tout compris à chaque instant…

Mais ce serait un mensonge.

Vita nostra est un roman qui se vit, qui se ressent, qu’on doit lire en acceptant de ne pas tout saisir à chaque seconde tout en, paradoxalement, comprenant ce qui y est raconté -au moins sur le fond. C’est un texte au sein duquel on se plonge avec délice, terreur mais aussi un brin de voyeurisme malsain qui nous pousse à tourner les pages pour savoir ce qui arrivera ensuite, dans une frénésie incompréhensible. On tremble pour Sacha, on se demande si elle réussira à atteindre les objectifs exigés par ses professeurs ou si elle devra encaisser les conséquences de ses échecs. On s’interroge, on essaie de résoudre les mystères posés par ce duo d’auteurs et chaque fois qu’un début de réponse arrive, elle ne colle jamais à ce qu’on aurait pu imaginer.

On la suit, Sacha, pendant les trois premières années de sa scolarité. On la voit évoluer. On se sent proche d’elle, de plus en plus. On s’engage sur un chemin parallèle au sien. Nous aussi, en tant que lecteur, on change probablement un peu à la lecture de ce texte. C’est toute la magie de Vita nostra.

Vita nostra est brillant, voilà. On peut le résumer ainsi sans que ça ne lui rende totalement justice. Difficile d’en parler, difficile de mettre en avant des éléments au lieu d’autres car tout a été minutieusement tricoté pour former un ensemble cohérent, solide, addictif. C’était une lecture puissante, passionnante, marquante, que je ne peux que recommander chaudement. Je suis vraiment heureuse d’avoir lu ce roman dans ma vie.

D’autres avis : Dragon galactique –  Les critiques de Yuyine – Sometimes a book – Un papillon dans la Lune – L’épaule d’Orion – Quoi de neuf sur ma pile ? – Au pays des cave trolls – Nevertwhere – Chuuuut maman lit – Le Bibliocosme (Boudicca) – Baroona (233°c) vous ?

Humanité divisée – John Scalzi

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Humanité divisée est le cinquième opus de la saga Le vieil homme et la guerre écrite par l’auteur américain John Scalzi. Publié par l’Atalante, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 25.90 euros en grand format. Il existe également en poche chez Bragelonne.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse.

Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé de cette saga : Le Vieil Homme et la Guerre (1) – Les Brigades fantômes (2) – La dernière colonie (3) – Zoé (4).

De quoi ça parle ?
Grâce à John Perry, la Terre sait désormais que l’Union Coloniale se sert d’elle depuis deux siècles en la maintenant dans un état technologiquement arriéré, ce qui ne leur plait pas du tout. Scandalisés, les gouvernements terriens envisagent de se rapprocher du Conclave, l’ennemi de l’Union, privant ainsi définitivement ces derniers de leurs précieuses ressources humaines…

Une suite par épisodes.
Contrairement aux quatre opus précédents, Humanité divisée se compose de treize épisodes ainsi que de deux nouvelles indépendantes, présentes à la fin. Dans les remerciements de l’auteur, on peut lire qu’il s’est cassé la tête pour que ces épisodes puissent être lus de manière indépendante en formant quand même un roman cohérent. Hélas, selon moi, ce n’est pas vraiment possible puisqu’il s’agit d’aventures reliées entre elles par des personnages identiques ainsi qu’une intrigue sous-jacente claire et dans la ligne directe de ce qui a eu lieu précédemment : qui donc essaie d’attiser les tensions entre les deux camps en faisant soigneusement porter le chapeau à l’autre ? Je préfère donc considérer ce texte comme un roman au découpage particulier que comme un recueil de nouvelles.

Particulier signifie ici intéressant et inédit pour moi. J’ai vraiment apprécié cet aspect épisodique qui ponctue la lecture par beaucoup d’action et élimine les éventuelles longueurs qu’on peut trouver au sein d’un roman et que j’ai pu ressentir, par exemple, dans les Brigades fantômes. Scalzi a du ruser pour maintenir l’intérêt de chaque partie et il a, selon moi, très bien réussi son coup tout en maîtrisant les codes de la nouvelle puisque chaque aventure se termine au sein de son épisode mais les conséquences qu’elle induit sont reprises par la suite.

Je précise par contre qu’il est possible (toujours selon moi) de lire Humanité divisée sans avoir découvert les quatre opus précédents. D’une part parce que le personnage principal n’est plus le même et d’autre part parce que le texte contient suffisamment d’éléments de contexte pour qu’un lecteur novice ne soit pas perdu. Toutefois, vu l’intérêt des romans de Scalzi, je vous recommande quand même de lire les autres.

Une galerie de personnages intéressants.
Il n’est plus à prouver que Scalzi a un don pour construire des personnages auxquels on s’attache même si, quand on prend du recul, on se rend compte qu’ils ne sont pas fondamentalement originaux. Étrange paradoxe, je sais ! Pourtant, ça fonctionne sans problème -en tout cas sur moi. Dans ce roman, plusieurs figures se détachent contrairement aux opus précédents qui se focalisaient sur un seul protagoniste, avec une narration à la première personne (sauf pour les Brigades Fantômes). Ni Zoé ni John Perry ne sont au programme mais bien Harry Wilson, qui est présent dans quasiment tous les épisodes et endosse plus ou moins le rôle de « héros » d’Humanité divisée. Soldat des forces de l’union coloniale, le lecteur l’aura déjà rencontré dans le premier tome du vieil homme et la guerre puisqu’il a quitté la Terre en même temps que John Perry et est l’un des trois rescapés de leur équipe des Vieux Cons. Il a rejoint la section scientifique / technique des FDC et n’est plus à proprement parler en service actif sur le front. Cela ne l’empêche pas d’avoir conservé toutes ses particularités de soldat génétiquement amélioré et de savoir s’en servir.

Harry Wilson a beau être un personnage attachant, on ressent tout de même une patte très américaine autour de lui et du reste des protagonistes. Il incarne un archétype du soldat dévoué mais qui n’en a pas perdu son cerveau pour autant. Il est capable de se montrer critique envers l’institution qui l’emploie et fait de son mieux pour assurer ce qu’on attend de lui. Je me suis immédiatement intéressée à ses aventures et à ce qu’il avait à proposer, presque autant que pour John Perry. Toutefois, cet aspect peut gêner (ou au contraire, attirer) certains lecteurs donc je me dois de le préciser.

Un world-building qui continue de s’étoffer.
Même si on reste sur un fond classique (l’opposition entre deux puissances d’envergure pour le contrôle de territoires spatiaux ou plus simplement, leur suprématie dans l’ensemble) je trouve que la façon dont Scalzi développe son univers est cohérente, intéressante et surtout, accessible à celleux qui n’ont pas l’habitude de ce type de littérature. Certains ont qualifié ce tome d’inutile et inintéressant, ce n’est pas mon cas. Les évènements d’Humanité divisée prennent place directement après la fin du tome 3 (ou 4 si vous considérez Zoé comme un 4 plutôt qu’un 3.5) quand John Perry apprend à la Terre que l’Union Coloniale la maintient dans l’ignorance d’énormément d’éléments concernant l’espace afin de s’en servir comme vivier pour peupler ses colonies et renforcer son armée. Humanité divisée nous montre les conséquences concrètes de cette action sur divers plans (et surtout le diplomatique) mais introduit aussi un troisième camps dont on se doute de l’existence depuis quelques temps, sans avoir toutefois de réelles preuves de son implication. Autre qu’en partant du principe que chaque camps dit la vérité sur son innocence, bien entendu… C’est là aussi tout le génie de Scalzi qui continue de jouer avec son lecteur tout en lui donnant l’impression de porter une jolie auréole au-dessus de sa tête. J’adore !

Humanité divisée explore aussi un nouveau volet : celui de la diplomatie. Le coup porté par Perry à l’Union Coloniale oblige cette dernière à revoir sa politique d’image de marque, si j’ose dire, et le texte se concentre d’ailleurs sur une équipe diplomatique que Wilson rejoint un peu malgré lui pour ses compétences de technicien. C’est l’occasion de rencontrer plusieurs nouveaux peuples extraterrestres, de se familiariser avec d’autres coutumes, de vivre une aventure improbable avec un chien (cet épisode m’a tellement fait rire !) et bien d’autres encore, je vous laisse les surprises. On pourrait craindre l’absence de batailles spatiales ou de tragique mais rassurez-vous, ce n’est pas le cas du tout, particulièrement dans l’épisode final.

Deux nouvelles bonus.
Petit mot sur les deux nouvelles qu’on trouve à la fin : la diplomatie en trois rounds et Hafte Sorvalh déguste un churro et s’entretient  avec la jeunesse d’aujourd’hui. La première remet en scène Harry Wilson quelques mois avant les évènements d’Humanité divisée où on lui demande de se battre contre le représentant d’un peuple avec qui l’Union Coloniale est en pourparlers et qui sont très intéressés par l’aspect militaire de l’UC. C’est un texte sympathique à lire, une aventure divertissante mais sans plus. Le véritable intérêt de ces suppléments réside selon moi dans la seconde nouvelle où on retrouve une ambassadrice du Conclave (qu’on a eu l’occasion de croiser au fil des épisodes) Hafte Sorvalh. C’est une Lalan, un peuple qui ressemble un peu à de gros reptiles de trois mètres en mode humanoïde. Lors de ses voyages sur Terre, elle s’est découverte une passion pour les churros et c’est en allant en manger qu’elle rencontre un groupe d’enfants en sortie scolaire, ce qui donne lieu à un échange assez touchant entre les enfants et elle. J’ai surtout apprécié les propos de tolérance et d’ouverture qui transparaissaient dans le texte même si, à nouveau, ce n’est rien de fondamentalement original. Mais ça ne m’a pas empêchée d’être touchée.

La conclusion de l’ombre : 
Humanité divisée est un roman construit en treize épisodes + deux nouvelles bonus et qui s’inscrit dans la lignée directe des évènements de la saga Le vieil homme et la guerre. Scalzi alterne cette fois entre plusieurs protagonistes et le format épisodique permet de maintenir tout du long l’intérêt du lecteur grâce à un enchainement d’action bien maitrisé. Scalzi reste fidèle à lui-même et met son talent au service du lecteur qui, probablement habitué et fan à ce stade, sera ravi de retrouver tout ce qui constitue un bon roman de cet auteur devenu incontournable : des personnages attachants, de l’action, un background solide, de l’humour bien dosé. Vous ne serez pas renversé : Scalzi continue d’écrire du Scalzi. Mais, personnellement, c’est bien ce qui me pousse à continuer à le lire.

D’autres avis : De livres en livres – vous ?

Maki

Rêveur Zéro – Elisa Beiram

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Rêveur Zéro
est le premier roman de l’autrice française Elisa Beiram. Publié par l’Atalante, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 23.90 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse numérique.

De quoi ça parle ?
Dans un futur proche, les rêves se matérialisent soudain dans la vie de tous les jours, entrainant une flopée de problèmes divers et variés. Certains sont inoffensifs. La plupart, non…

Un roman chorale ambitieux.
Pour un premier texte, Elisa Beiram voit les choses en grand et propose un roman chorale divisé en dix-huit jours et dix-huit nuits. Les nuits sont écrites à la première personne et donnent la parole à des rêveurs dont on ne connait pas toujours l’identité. Leurs rêves vont en général avoir une incidence sur la réalité dans le jour qui suit et je dois avouer que ces passages sont très déconcertants. Logique puisqu’il s’agit de songes mais j’ai eu du mal à m’intéresser à ces parties durant ma lecture tant elles partaient dans tous les sens. J’ai mis quelques chapitres à comprendre pour quelle raison elles existaient et j’ai parfois du me faire violence pour ne pas les sauter. Je précise que c’est un ressenti tout personnel.

Quant aux parties consacrées aux jours, les narrateurs sont assez nombreux et je me propose de vous les présenter succinctement :

On a tout d’abord Zahid, un trentenaire qui participait à une expérience sur le rêve lucide dans un laboratoire de Genève. Au début du roman, il retourne chez sa sœur Victoire plus tôt que la date prévue. On comprend qu’il a quitté le labo mais on ignore pendant longtemps les circonstances de ce départ et ce que ça implique. D’autant que le dit laboratoire disparait littéralement sans laisser de traces, du jour au lendemain… Zahid est donc activement recherché par les autorités pour apporter son témoignage, ce qui va le pousser à fuir à travers l’Europe.

On a ensuite Alma, une spécialiste en neurosciences qui travaillait sur l’expérience à laquelle participait Zahid. Si elle n’a pas disparu avec le reste de ses collègues, c’est parce que son appartement a pris feu et qu’elle se trouvait sur place pour constater les dégâts. Coïncidence ? Peut-être… Forcément, tout le monde cherche à l’interroger pour comprendre de quoi il en retourne. De son côté, quand Alma va constater la disparition du laboratoire, elle va se mettre à la recherche de Zahid pour essayer de comprendre ce qui se passe.

Jannis est le troisième personnage important du roman et aussi le frère d’Alma. Il travaille chez Delta Blue, une boîte de gestions de données qui va tenter de comprendre le phénomène d’apparition des rêves et de mettre au point un schéma de propagation pour enrayer tout ça. Jannis a l’intuition que la situation est plus complexe qu’il n’y paraît et ses recherches vont le mener assez loin dans les méandres du net…

Victoire, de son côté, est donc la sœur de Zahid dont j’ai déjà parlé. Elle est infirmière dans un hôpital parisien et sa présence permet de traiter l’aspect humain de l’épidémie de rêves. En effet, la plupart des gens qui arrivent aux urgences en se pensant blessés ne le sont pas, en réalité. Mais leur cerveau est persuadé du contraire (en même temps imaginez, vous vous faites écraser par un piano en pleine rue… même si le piano n’existe pas, votre cerveau pense que si et ça créé un choc si pas une mort instantanée). Certains nécessitent juste un accompagnement psychologique mais d’autres sont dans le coma. En plus d’être infirmière, Victoire est mère et doit mener tout de front. J’ai particulièrement apprécié les moments qui lui étaient consacrés parce qu’ils font échos, je trouve, à notre actualité. Je vais y revenir.

Enfin, dernier personnage d’importance: Philipp, un policier haut gradé qui enquête sur les origines de cette épidémie et va être en contact avec tous les personnages précédents à un moment ou à un autre. Ce protagoniste est grosso modo l’archétype du policier un peu bourru, qui en a vu, qui est un brin passé de mode mais ne lâche jamais rien. Il n’est pas désagréable à suivre et ses parties permettent en général d’avancer dans l’intrigue.

Le lecteur croisera également de manière ponctuelle d’autres protagonistes de moindre importance dont je ne vais pas parler pour ne pas divulgâcher des éléments de l’intrigue.

L’épidémie… un thème d’actualité.
Tout au long de ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de distinguer des parallèles avec la situation sanitaire actuelle. Bien entendu, ce que nous vivons est moins meurtrier que l’épidémie de rêves au sein de la diégèse du roman et n’a pas pris (encore ?) de telles proportions. Toutefois le texte d’Elisa Beiram soulève certaines thématiques et problématiques qu’on a eu l’occasion de retrouver récemment dans notre actualité. Déjà, la pression qui repose sur le personnel soignant exténué qui a à peine le temps de prendre un peu de repos avant d’y retourner. Ensuite, la façon dont certaines personnes profitent du chaos pour leur propre compte. Enfin, les abus que cela génère immanquablement à tous les degrés de pouvoir. C’est un roman vraiment très actuel et je pense que ça a participé aux difficultés que j’ai eu à le lire. Ce n’était pas la bonne période pour moi pour découvrir un texte comme celui-là. Je l’ai trouvé anxiogène malgré la maîtrise manifeste de l’autrice et l’intelligence du propos développé. Sachez d’ailleurs que je ne vous présente ici qu’une infime partie de ce que contient le roman.

Finalement, la grande question qui pourrait résumer Rêveur Zéro c’est : comment l’humanité réagit-elle face à une épidémie d’ampleur mondiale ? Je pense que le roman était prévu au catalogue de l’Atalante bien avant la crise toutefois le hasard fait bien les choses pour le coup. Il prend vraiment une dimension supplémentaire liée à notre actualité, ça l’enrichit d’une certaine manière, en tout cas selon moi.

Cette question, Elisa Beiram propose d’y répondre à sa façon à travers la voix de plusieurs protagonistes tous très différents les uns des autres, aux préoccupations et aux existences plurielles, avec une pointe de métaphysique qui se lie sans problèmes à l’aspect scientifique révélé par la conclusion et divulgâché par le classement littéraire du roman parce qu’on aurait très bien pu penser à du fantastique pendant les trois quart de l’intrigue,. À mes yeux, ce n’est pas incompatible avec un futur proche qui possède une technologie un peu plus développée. L’autrice se montre à la hauteur de l’ambition qu’elle a souhaité pour son premier roman. Elle place la barre très haut et si je n’ai pas été séduite en tant que lectrice par Rêveur Zéro, je sais reconnaître les qualités d’un texte outre mes propres goûts -ce qui me pousse à vous en parler sur le blog.

La conclusion de l’ombre :
Rêveur Zéro est un roman de science-fiction qui se déroule dans un futur proche, un peu partout en Europe. Il s’agit du premier texte de l’autrice et celle-ci place la barre assez haut en proposant un roman chorale ambitieux sous-tendu par une question cruciale : comment l’humanité réagirait-elle face à une épidémie mondiale ? Texte hélas tristement d’actualité bien que l’épidémie dont il s’agit ici soit celle de rêves qui se manifestent dans la réalité. Une découverte intéressante qui pousse à réfléchir.

D’autres avis : Pas encore mais cela ne saurait tarder ! N’hésitez pas à renseigner votre chronique dans les commentaires 🙂

Danse avec les lutins – Catherine Dufour

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Danse avec les lutins
est un one-shot fantasy écrit par l’autrice française Catherine Dufour. Publié par l’Atalante, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 16.90 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse.

De quoi ça parle ?
Danse avec les lutins est une fresque, de petits morceaux de vie qui racontent comment le peuple ograin a pris de l’ampleur au détriment de la féérie, comment un adolescent en a eu assez de subir la discrimination et a décidé d’agir après avoir été copieusement endoctriné par des personnes mal intentionnées, uniquement motivées par l’appât du gain. Parce qu’une nouvelle guerre, ça génère du profit quand on travaille dans les banques et l’armement…

Une métaphore à grande échelle.
Le roman couvre une large période de temps et commence plus ou moins au moment où Dieu décide d’abandonner la Terre en allant faire un tour plus loin. Sans blague. Une genèse, donc, qui explique de quelle manière différentes espèces de la féérie sont créées et comment elles s’arrangent entre elles. Pas trop mal en réalité, jusqu’à ce que les ograins (nés de l’union ogre / nain donc) se détachent du lot, se reproduisent de plus en plus, gagnent en population et empiètent donc sur le territoire de leurs voisins fééries en utilisant plus de ressource que nécessaire, par exemple.

Ça ne vous rappelle pas quelqu’un, ça ?

En réalité, il serait plus juste de dire que Danse avec les lutins est un ensemble de nouvelles reliées entre elles par un univers commun et une thématique commune, jusqu’à ce qu’on arrive à l’histoire de Figuin qui intervient plus ou moins à la moitié du roman. Sur ce point, la quatrième de couverture m’interpelle puisqu’elle révèle des éléments fondamentaux de l’intrigue ou pas loin… Attention, donc !

À travers un univers typé fantasy par son bestiaire, Catherine Dufour dessine une métaphore intelligente de notre propre Histoire, de notre propre société. Quand on regarde la couverture sans avoir lu le roman, on n’a pas l’impression de s’apprêter à lire un texte aussi sombre quoi que parsemé d’humour un peu absurde qui sert le propos. On y parle de jeunesse perdue, de terrorisme, de discrimination, d’écologie… L’autrice exploite avec intelligence de très nombreux thèmes actuels pour dessiner une fresque glaçante. Faites l’exercice, regardez l’illustration de couverture après votre lecture… Elle prend tout son sens, un sens totalement différent de celui qu’on interprète de prime abord. C’est un détail mais j’adore le soin que Didier Graffet a apporté à ce dessin en réussissant à lui donner une telle profondeur signifiante.

Un peu trop de thèmes ?
C’est bien là le seul vrai souci du roman. Si j’ai aimé le découvrir, si je l’ai trouvé très inspiré et important dans tout ce qu’il aborde, j’ai parfois eu du mal à m’y retrouver entre les ellipses, les sauts temporels, les personnages qui apparaissent et disparaissent sans crier gare pour seulement une page ou deux et qui ont parfois des noms qui se ressemblent. En arrivant à la fin on comprend pour quelle raison le texte se présente de cette manière mais ça le rend tout de même un peu difficile à suivre pour le lecteur qui manque de concentration. Ce n’est pas un ouvrage à lire pour se divertir ou entre deux correspondances de train / bus. Il faut s’y plonger, s’en imprégner, pour vraiment ressentir toute sa profondeur et la force de son propos. Il mérite qu’on l’analyse, qu’on le découpe, qu’on le relise aussi. C’est un texte important, vraiment. Mais je regrette tout de même ce sentiment parfois brouillon que j’ai ressenti, même si c’est justifié dans la diégèse du texte, même si l’idée est bonne, même si, même si.

La conclusion de l’ombre :
Danse avec les lutins est un one-shot de fantasy écrit par l’autrice française Catherine Dufour. Derrière une couverture qui parait de prime abord légère et un folklore féérique bien exploité se cache une puissante métaphore de l’Histoire humaine -de ses erreurs surtout. L’autrice aborde des thèmes modernes et importants : la jeunesse perdue et influençable, le terrorisme, l’endoctrinement, les ravages capitalistes, l’écologie, l’identité historique, proposant ainsi un roman fort et très recommandable. Une réussite de plus au catalogue de l’Atalante !

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Apprendre, si par bonheur – Becky Chambers

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Apprendre, si par bonheur
est une novella de science-fiction positive écrite par l’autrice américaine Becky Chambers. Publié par l’Atalante pour la rentrée littéraire 2020, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 12.90 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse numérique.

Je vous ai déjà parlé de cette autrice sur le blog en chroniquant sa saga les Voyageurs : L’espace d’un anLibrationArchives de l’Exode.
(NB : il semble que suite à une fausse manipulation, j’ai supprimé ma chronique sur Libration. Vous pouvez toutefois la retrouver sur le site de l’Atalante dans sa totalité !)

De quoi ça parle ?
Les quatre membres de l’expédition Lawki 6 quittent la Terre pour un voyage de plusieurs décennies dans le but d’explorer quatre exoplanètes à quatorze années lumières de là : Aecor, Mirabilis, Opéra et Votum. Ariadne, l’ingénieure du vaisseau Merian, raconte leur périple sous forme de carnet de bord romancé et ce avec un but bien précis…

De la SF positive et de la représentation.
Ce texte court de 144 pages invite le lecteur à suivre un groupe de quatre astronautes : Ariadne, qui s’occupe de l’aspect technique du voyage. Elena, spécialiste météorologique. Jack, géologue et Chikondi, biologiste. Ne vous laissez pas abuser, si chacun a sa spécialité, tous s’entraident car comme le précise justement Ariadne, c’est comme ça qu’on peut avancer en sciences. Becky Chambers nous a habitué à de la diversité et elle continue d’œuvrer pour la représentation et l’égalité des genres. Ainsi, pas de sexisme ni d’hétérocentrisme malvenu. L’autrice propose même un personnage asexuel, fait que je retrouve dans plusieurs lectures ces derniers temps et qui me plait beaucoup. Non seulement les protagonistes ne sortent pas tous du même moule mais ils ont également l’avantage d’être très humains, avec tout ce que cela implique. À nouveau, l’autrice démontre son habileté à construire des personnages solides et intéressants.

Leur mission n’a rien de politique et n’enclenchera pas une vague de conquêtes comme on le trouve souvent dans la littérature SF -en tout cas celle que j’ai pu lire. Elle a pour but de découvrir, de comprendre les mécanismes de la vie, d’apprendre, tout simplement. D’où le titre et la citation sur la quatrième de couverture que j’aime tout particulièrement au point de l’avoir noté car je trouve qu’elle résume très bien l’esprit du texte : « Nous n’avons rien trouvé que vous pourrez vendre. Nous n’avons rien trouvé d’utile. Nous n’avons trouvé aucune planète qu’on puisse coloniser facilement ou sans dilemme moral, si c’est un but important. Nous n’avons rien satisfait que la curiosité, rien gagné que du savoir. »

L’expédition Lawki 6 est d’ailleurs financée par les citoyens de la Terre et non pas par un pays en particulier comme c’était le cas au début des conquêtes spatiales. Ce financement est possible via une organisation connue sous l’acronyme GAO. Des initiatives de ce type existent également dans notre société bien qu’elles n’en soient pas encore à ce stade de développement.

Un rapport romancé…
Cette novella se présente donc comme un rapport divisé en quatre parties, une pour chaque planète visitée par le groupe : Aecor, Mirabilis, Opéra et Votum. La première possède un paysage glacé avec de mystérieuses lumières sous la surface. La seconde a une pesanteur bien supérieure à celle de la Terre et abrite une quantité phénoménale de formes vivantes. Opéra est un enfer aquatique à la météo tempétueuse et enfin Votum est un désert silencieux. On pourrait craindre que la forme de rapport empêche une intrigue intéressante ou un attachement de se créer vis à vis des personnages mais ce n’est pas le cas. Becky Chambers propose un bel équilibre entre l’aspect scientifique et humain, si bien que la lecture ne m’a jamais parue longue ou hors de ma portée. L’autrice donne dans la vulgarisation scientifique en expliquant de quelle manière les astronautes réussissent à tenir face aux différences entre la Terre et les planètes visitées ainsi que les longues distances parcourues sans pour autant mourir de vieillesse avant d’arriver. Pour moi qui suis novice sur un plan scientifique (et un peu en SF aussi, je poursuis mon apprentissage), je trouve qu’elle s’y prend très bien.

On ne comprend le but de ce rapport qu’une fois à la toute dernière page. Je ne vais pas révéler le twist final mais j’en ai eu des frissons. C’était intense, frappant, bref c’était parfait et ça justifie mon coup de coeur pour cette novella.

… avec une base scientifique solide.
On apprend grâce aux remerciements que Becky Chambers a été très influencée par les travaux d’une scientifique qui pourraient permettre, à terme, de rendre tout ça possible : Lisa Nip. Cette chercheuse du MIT propose de recourir à la biologie synthétique pour résoudre les difficultés du voyage spatial humain. Elle n’est pas la seule si on se fie à ces remerciements car l’autrice s’est appuyée sur des faits scientifiques avérés et solides pour écrire cette novella.

La conclusion de l’ombre :
Avec Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers offre une novella de science-fiction positive tournée vers l’humain avec une base scientifique solide. L’autrice raconte comment quatre astronautes mènent une mission d’exploration sur quatre planètes différentes dans le but de comprendre l’origine de la vie. Elle prend le temps de mettre en scène les protocoles de recherche et de vulgariser ce qui doit l’être pour rendre son texte accessible au plus grand nombre sans jamais que cela ne devienne ennuyeux, même pour ceux qui n’ont pas d’atomes crochus avec ces matières. J’ai dévoré d’une traite ce court roman que je recommande avec enthousiasme.

D’autres avis : le Syndrome de QuicksonLes lectures du Maki – vous ?

BML #26 – août 2020

Bonjour à tous !
Qui dit 1er du mois dit jour de bilan et il y en a des choses à dire sur ce mois d’août, littérairement parlant en tout cas.

Côté romans :

L’Imparfé #1 – Johan Heliot (Gulf Stream – SP)
Sept Redditions – Ada Palmer (Le Bélial – ♥)
Les derniers des branleurs – Vincent Mondiot (Actes Sud Jr – ♥)
Nixi Turner #5 – Fabien Clavel (Chat Noir)
La dernière colonie – John Scalzi (L’Atalante – SP)
L’hypothèse du lézard – Alan Moore & Cindy Canévet (ActuSF)
Zoé – John Scalzi (L’Atalante – SP)
Vaisseau d’Arcane #1 – Adrien Tomas (Mnémos – SP)
Quitter les Monts d’Automne – Émilie Querbalec (Albin Michel Imaginaire – SP)
Bénies soient vos entrailles – Marianne Stern (Chat Noir – SP)
Apprendre, si par bonheur – Becky Chambers (L’Atalante – SP – chronique à venir)

C’est donc 11 romans que j’ai découvert au mois d’août et pour la plupart, ce furent plutôt de bonnes lectures avec des valeurs sûres : Scalzi, Palmer, Mondiot, Tomas, difficile d’être déçue par ces auteurices. Il y a quand même eu quelques titres moins enthousiasmants mais dans l’ensemble, je suis assez contente de ce que j’ai pu lire avec deux coups de coeur dont un inattendu. Ça fait du bien, vu les derniers bilans mensuels !

Côté mangas :

Gewalt (trilogie)
Sun Ken Rock #1
Sayonara Miniskirt #1
GTO Paradise Lost #12

Niveau manga, par contre, le bilan n’est pas terrible. Si je vous prépare un article très enthousiaste sur Sayonara Miniskirt, je garde un sentiment mitigé à propos de Gewalt (sympa mais sans plus). De plus, j’ai détesté ma prise de contact avec Sun Ken Rock. J’attendais totalement autre chose de ce manga encensé par tous. J’ai presque cru à une mauvaise blague collective ^^’ Enfin, ça arrive ! J’ai également continué ma lecture de GTO Paradise Lost et je dois avouer avoir ressenti une certaine lassitude couplée à un désintérêt pour l’histoire. Déjà, les tomes mettent énormément de temps à sortir donc j’ai oublié une bonne partie de l’intrigue. Ensuite, j’ai détesté (mais genre, vraiment détesté) le dernier chapitre qui présente le nouveau prof « Animal Joe ». Ce personnage me donne envie de vomir et je ne vois pas du tout l’intérêt de la scène course poursuite en voiture avec sa maîtresse en chaleur au téléphone (je vous passe les détails pour les plus jeunes et j’en profite pour m’excuser du terme crû « en chaleur » sauf qu’il n’y a vraiment aucune autre expression pour la décrire, on se croyait dans un hentaï presque). C’est beauf, vulgaire, bref ça m’a saoulée. Pourtant je sais que dans un GTO on a toujours une dose de vulgarité mais là, Onizuka craignait dans ses réactions et ce nouveau personnage aussi. Je pense m’arrêter là pour ce titre et j’en suis la première déçue.

Ce qui fait 6 mangas en tout.

Côté « autre »
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J’ai entamé la lecture du nouveau livre de Max Bird ! Il est vraiment très sympa, bourré d’humour et d’informations intéressantes. Je ne sais pas encore si je vais lui consacrer un article une fois à la fin (je lis par petits bouts) mais je le recommande vivement.

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Sauf que j’avoue, ce mois-ci… C’est plutôt compliqué hormis concernant le début des précommandes pour mon nouveau roman : Clément Coudpel contre les spectres de Samain (toujours en cours jusqu’au 10 septembre). C’est une nouvelle aventure littéraire qui commence pour moi et je regrette qu’elle se lance dans une période si compliquée pour le milieu culturel. Toutefois, j’ai été très agréablement surprise du soutien et du suivi de ma communauté de lecteurs que j’en profite pour remercier ici ♥

Et voilà, ce bilan arrive déjà à son terme ! J’espère que votre mois d’août a été agréable et je vous souhaite une belle rentrée 🙂

Zoé – John Scalzi

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Zoé
est le quatrième volume de la saga du Vieil Homme et la Guerre écrite par l’auteur américain John Scalzi. Édité chez l’Atalante, vous trouverez ce roman au prix de 19.90 euros. Il existe également au format poche chez Bragelonne.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse.

Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé de cette saga : Le Vieil Homme et la Guerre (1) – Les Brigades fantômes (2) – La dernière colonie (3).

De quoi ça parle ?
Zoé raconte les évènements qui se déroulent dans La dernière colonie dont je vous ai parlé il y a quelques jours… du point de vue de Zoé, adolescente adoptée par John et Jane Perry à la fin des Brigades fantômes, fille de Charles Boutin et enfant précieuse aux yeux du peuple Obins.

En règle générale, je dois avouer ne pas apprécier plus que ça les textes qui offrent un autre point de vue sur des évènements que je connais déjà. Je préfère que l’auteur opte pour une narration alternée au sein du même volume. Alors quand j’ai compris que Zoé n’avançait pas du tout l’intrigue, j’ai freiné des quatre fers et failli ne pas le lire bien qu’à certains moments, lors de ma lecture de La dernière colonie, je trouvais cela dommage que Scalzi s’en tienne à John Perry car Zoé vit pas mal d’aventures de son côté et on n’en a qu’un très bref aperçu lorsqu’elle en discute avec ses parents. J’avais donc un petit goût de trop peu, c’est vrai. Au point de relire la même histoire d’un autre point de vue moins de trois jours après avoir terminé le tome précédent ?

Et bien… Oui.
Et sans le moindre regret, finalement ! Comme quoi, tout arrive.

Quand Scalzi s’essaie au young adult.
Ça y est, je l’ai dit. Oui, Zoé est un roman young-adult selon moi puisqu’il colle aux codes (fluctuants, certes) du genre et je ne me fie pas (que) à l’âge de la protagoniste pour cela. Certes, c’est souvent un argument qui revient mais, personnellement, il ne me convient pas. Il suffit de prendre pour exemple des romans très sombres et durs avec des enfants en guise de héros (je pense à Je suis ton ombre, ce n’est pas le seul) pour s’en convaincre. Toutefois, Zoé affronte bien les tourments de l’adolescence qui sont en partie au coeur de ce texte : les premiers émois amoureux (erk.), un déménagement qui l’oblige à tourner le dos à tout ce qu’elle connait, la nécessité de nouer de nouvelles amitiés, sa quête identitaire, diviser qui elle est de ce qu’elle est, etc. Ce sont des tropes communs au genre même si le roman de Scalzi ne s’y cantonne pas. Alors sachez-le, si ce sont des sujets qui ne vous intéressent pas, ne lisez pas Zoé. Ça va vous saouler. Et si vous aimez seulement le young-adult, ne lisez pas Zoé non plus car ce texte ne peut pas se découvrir en dehors de la saga principale. C’est un complément, pas un roman à part.

Zoé, une adolescente pas comme les autres.
Zoé n’est pas une ado ordinaire : elle est la fille de Charles Boutin, celui qui a permis au peuple Obins d’accéder à la conscience. Du coup, elle vit avec deux Obins depuis l’enfance, Pirouette et Cacahuète (quand t’es enfant, tu nommes les gens comme tu peux, surtout les extra-terrestres, jugez pas) qui la protègent comme un trésor national. Ils enregistrent leurs moments en sa compagnie pour diffuser ces images au reste de leur nation, qui apprend alors à vivre, à utiliser cette conscience qu’ils désiraient avec ardeur sans trop savoir quoi en faire maintenant qu’ils l’ont.

L’intérêt du roman Zoé est surtout, à mon sens, d’en apprendre davantage sur les Obins dont on nous parle depuis deux tomes. On connait bien mieux leur genèse, leurs habitudes, on cerne les enjeux autour de Zoé et les comportements étranges de Pirouette et Cacahouète. On en a un aperçu dans La dernière colonie toutefois, à ce niveau, il est clair que ce roman apporte un complément important pour tout qui s’intéresse à l’univers du Vieil Homme et la Guerre. Il permet aussi -enfin- de poser la question qui me trotte en tête depuis deux tomes à savoir : mais pourquoi ça ne choque personne qu’une ado ait le pouvoir de manipuler un peuple entier au point qu’ils acceptent limite de se suicider pour ses beaux yeux ? Une chance, toute la fin du roman permet une évolution et une grosse prise de conscience, qui s’accompagne chez Zoé d’un gain de maturité. Pas du luxe.

Un must-read, vraiment ?
Mais voilà… On ne va pas se mentir, hormis pour satisfaire une curiosité bien légitime sur la façon précise dont Zoé a rencontré le Général Gau (j’avoue, je me suis décidée à lire le roman juste pour ça au départ) et comment elle a réussi à ramener une arme Consue sur Roanoke en sauvant les fesses de la colonie… Ce texte reste dispensable. Dispensable dans le sens qu’il n’apporte aucune nouvelle information fondamentale à l’intrigue. C’est davantage un complément, un tome 3 bis qu’un véritable tome 4. Ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. Zoé est un chouette divertissement si l’aspect adolescent ne vous rechigne pas et si les Obins vous intéressent. Dans le cas contraire, je pense que vous pouvez sans trop de soucis passer directement au tome 5. Toutefois, j’attends sa lecture pour l’affirmer à 100% (encore quelques jours de suspens.)

La conclusion de l’ombre :
Zoé est le quatrième tome de la saga du Vieil Homme et la Guerre. Le roman raconte à l’identique les évènements de La dernière colonie, du point de vue de Zoé (comme son titre l’indique) ce qui permet de combler certains trous du volume précédent. Des trous somme toute facultatifs, on ne va pas se mentir. Toutefois, le texte ne manque pas d’intérêt pour tout fan de l’univers du Vieil Homme et la Guerre et tout qui a envie de mieux comprendre le peuple Obins. Ça a été, pour moi, une chouette lecture que je ne regrette pas. En avant pour la suite !

D’autres avis : Le chien critique – vous ? (manifestez-vous en commentaire si je vous ai oublié !)

La dernière colonie – John Scalzi

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La dernière colonie
est le troisième tome de la saga du Vieil Homme et la Guerre écrite par l’auteur américain John Scalzi. Publié par l’Atalante, vous trouverez ce roman au prix de 19.90 euros. Il existe également au format poche chez Bragelonne.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse numérique.

Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé de cette saga : Le Vieil Homme et la Guerre (1) – Les Brigades fantômes (2).

De quoi ça parle ?
John vit une existence tranquille sur Huckleberry aux côtés de Jane (revenue à la vie civile dans le tome précédent) et de Zoé, leur fille adoptive. Tout se passe pour le mieux, rien de plus grave à régler que des problèmes de chèvre. Enfin… jusqu’à ce qu’un officiel des Forces de Défense Coloniale débarque pour leur proposer de superviser l’installation d’une nouvelle colonie. Il y a bien entendu anguille sous roche puisque cette colonie est un pied de nez au Conclave, avec tout ce que ça implique sur un plan politique. John et Jane vont devoir se montrer à la hauteur s’ils veulent sauver ces 2500 âmes qui n’ont rien demandé à personne et sont pourtant utilisées par les FDC comme des pions dans une bataille bien plus grande. Dommage qu’ils s’en rendent compte si tard.

De la guerre ouverte à la colonisation.
Dans le Vieil Homme et la Guerre, Scalzi posait les bases d’un univers développé ensuite de façon plus subtile dans les Brigades fantômes -je vous invite à lire mes deux chroniques pour obtenir les détails. On se trouvait clairement dans une SF au parfum militaire, avec tout ce que cela implique sur l’ambiance, les combats, la violence, les horreurs de la guerre. La situation évolue avec ce troisième opus. John et sa femme, Jane, vivent tranquillement sur une planète où lui règle les conflits de voisinage pendant qu’elle est shérif. Ils acceptent de laisser cela derrière eux pour aider à l’implantation de la colonie Roanoke, avant de se rendre compte qu’on se sert d’eux.

Pendant une bonne moitié du roman, le lecteur découvre le quotidien tranquille du couple puis la manière dont s’implante une colonie sur une planète. On est dans le calme, la discussion, les explications facilement accessibles au lecteur novice. C’est une ambiance totalement différente de ce à quoi nous a habitué Scalzi dans cette saga (ou de manière générale) mais ce n’est pas dénué d’intérêt pour autant car tout est présenté d’une manière intéressante. Je n’ai, a aucun moment, eu le sentiment de me noyer sous les informations ni n’ai vu mon intérêt décliner. Que du contraire, je suis arrivée à la fin du roman sans l’avoir vu passer.

Un univers qui se développe.
Avec toute la maîtrise qu’on lui connait, Scalzi continue de développer cet univers en le complexifiant. Dans la dernière colonie, il oppose le Conclave à l’Union Coloniale. Le Conclave est une organisation entre plusieurs espèces qui prône une forme d’entente et d’entraide pour ne laisser personne sur le carreau lors de la découverte de l’univers infini. Sur le papier, l’idée ne manque pas d’intérêt et est portée par le Général Gau, un personnage honorable à la personnalité vraiment intéressante.

Même si un peu de plus quatre cents espèces ont accepté de les rejoindre, d’autres refusent en craignant pour leur souveraineté. C’est le cas de l’humanité (ouais tu l’avais pas vu venir hein), représentée par l’UC, qui veut même aller plus loin que ça en annihilant le Conclave. C’est ce but qui est poursuivi dans ce tome, à travers l’implantation de Roanoke puisque le Conclave a interdit à toute espèce qui n’y appartient pas de coloniser une nouvelle planète. Ce privilège leur appartient et ils espèrent créer des colonies mixtes afin de favoriser la collaboration entre les espèces. Si une espèce désobéit, le Général Gau se rend sur place, offre à la colonie de se rendre et si ceux-ci refusent de « trahir » leur nation, il les détruit tous jusqu’au dernier -et seulement dans ce cas. L’homme se montre très diplomate, serein. Je lui ai trouvé un côté général sage asiatique qui n’hésite pas au moment d’agir mais qui respecte ses adversaires et accepte ses propres défaites. J’espère vraiment qu’il réapparaitra dans les prochains romans.

Sur base de cette succincte explication, vous imaginez sans peine les enjeux, les retournements de situation, les informations dissimulées par les autorités et nos pauvres protagonistes qui doivent se débrouiller tant bien que mal… avec l’aide bienvenue de Pirouette et Cacahouète, deux Obins qui ne quittent pas Zoé d’une semelle. Je ne vais pas approfondir afin d’éviter de vous divulgâcher des pans importants de l’intrigue. Toutefois, sachez que ça bouge, que ça trahit, que ça réfléchit, que ça se tape dessus -juste un peu moins que dans les tomes d’avant concernant ce dernier point.

John Perry, un narrateur attachant.
Le personnage de John Perry me plait beaucoup et j’avais été déçue d’en changer dans les Brigades fantômes bien que je comprenne l’intérêt sur un plan scénaristique. Ça permettait de mieux comprendre la problématique des forces spéciales, de leur presque humanité, un thème qui revient ici. John, quant à lui, incarne l’humanité dans ce qu’elle a de plus compliqué. Il tient a sa famille, ne manque pas d’honneur, sait se servir de son cerveau et affronte les difficultés avec aplomb. J’aime ses traits d’humour et j’éprouve énormément de sympathie à son égard si bien que j’ai dévoré ce roman sans m’en rendre compte, prise que j’étais dans sa psyché, dans son quotidien, dans ses difficultés.

La conclusion de l’ombre :
Pour résumer, la dernière colonie est une réussite de plus au palmarès de Scalzi et cela n’a rien d’étonnant quand on connait un peu la bibliographie de l’auteur. Ce roman quitte l’aspect purement militaire des deux autres opus pour se concentrer sur la politique et la colonisation, sans manquer d’action pour autant. Les nouveaux personnages proposés se révèlent très intéressants, j’ai personnellement hâte de les retrouver. Quant au narrateur, John Perry, c’est un vrai plaisir de le suivre aux commandes de cette aventure. Je ne vais pas attendre trop longtemps avant de me plonger dans le quatrième volume… Et je vous recommande évidemment la saga tout comme l’auteur de manière générale.

D’autres avis : je pense que le titre est trop « ancien » pour la blogo car je n’en ai pas trouvé.

#TAG – mes 9 incontournables (récents) en SFFF

incontournablesSFFF
Tout a commencé un jour d’été…
Enfin, plus ou moins. Tout a commencé par une prise de conscience de Nevertwhere. Souvent, au début des périodes type « vacances » on voit fleurir bon nombre de listes, des conseils sur les romans incontournables… Mais si, tu la connais, cette liste où on te dit que tu dois lire Tolkien et Asimov et Martin et machin et ainsi de suite des fois que tu vives dans une grotte et que tu n’aies jamais entendu parler des classiques SFFF. Sauf que, spoiler alert, il existe d’excellents romans récents qu’on peut également classer parmi les incontournables de la SFFF. Par récent, on entend tout ce qui a été publié au 21e siècle donc après 2000. La date de publication en VO fait foi mais j’ai noté celle en VF parce que bah… Je lis en français donc voilà. J’ai vérifié quand même, les neuf titres respectent la règle !

Comme plusieurs blogpotes, je réponds donc présente à cet appel et je génère ma propre liste qui compte neuf romans. Croyez moi, ça n’a pas été simple de les choisir… J’ai fixé ma bibliothèque en me demandant pourquoi ce roman-là plutôt que celui d’à côté, raison pour laquelle je publie trois plombes après tout le monde. J’ai finalement opté pour des textes qui -selon moi- sont innovants, différents, qui apportent vraiment quelque chose au genre qu’ils représentent pour une raison ou une autre que je vais évidemment détailler au lieu de « juste » prendre les romans que j’ai aimé lire. Si vous cliquez sur le titre, vous retrouverez chaque fois le lien de ma chronique complète qui vous apportera un complément non négligeable d’informations.

Je songe d’ailleurs à adapter ce tag pour les mangas dans un futur plus ou moins proche mais on aura l’occasion d’en reparler. N’hésitez pas à me donner votre avis sur cette idée !

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Terra Ignota #1 Trop semblable à l’éclair – Ada Palmer (Le Bélial en 2016)
Immense surprise que de trouver ce roman dans cette liste, n’est-ce pas (non.) ? À ce jour il compte parmi les plus grosses claques littéraires que j’ai pu prendre dans ma vie et je vous détaille pour quelle raison dans ma chronique. Ce roman n’est pas accessible à tous, je pense qu’il est nécessaire de préparer en amont sa lecture pour en profiter correctement toutefois c’est très clairement un énorme chef-d’œuvre incontournable.

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Les poisons de Katharz – Audrey Alwett (ActuSF en 2016)
Un one-shot brillant bourré d’humour noir qui prend place dans un univers medieval fantasy. L’autrice prend le contrepied des codes du genre et s’éclate avec, ça se sent. Tout est parfait dans ce texte, ça a été un coup de coeur magistral que je recommande à ceux qui d’une part aiment ce genre mais aussi qui ont une petite affinité avec la parodie à la Pratchett / Lang.

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Je suis ton ombre – Morgane Caussarieu (Mnémos – 2014)
Grosse surprise aussi pour celui-là, pas vrai (non, encore.) ? Si vous trainez un peu sur le blog, vous savez à quel point je vénère Morgane Caussarieu en tant qu’autrice. Pour moi, elle est la reine du genre vampirique et elle atteint sa quintessence dans ce roman aussi cruel que décadent. Un must read.

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Redshirts – John Scalzi (L’atalante – 2013)
Il s’agit du premier Scalzi que j’ai lu et je garde une affection toute particulière pour lui parce que ça a été une grosse claque ainsi que la découverte d’un de mes auteurs devenu préféré. Dans Redshirts, on se retrouve dans un univers qui rappelle les séries à la Star Trek où les personnages sans grade ont tendance à mourir alors que leurs supérieurs survivent toujours. Étrange… On va donc suivre l’un de ces sans grade qui va essayer de comprendre pourquoi les siens meurent et comment y échapper. C’est aussi drôle qu’intelligent, un équilibre parfait comme seul Scalzi peut en trouver. Franchement, si vous ne devez en lire qu’un seul dans votre vie, choisissez celui-ci.

7
Royaume de vent et de colères – Jean-Laurent Del Socorro (ActuSF – 2018)
J’ai lu ce texte récemment et je l’ai trouvé parfait. Certes il s’agit davantage d’un roman historique avec une pointe de magie toutefois il appartient au genre SFFF et mérite d’être lu. Avec Fabien Cerutti, je trouve que cet auteur fait autorité dans le genre historico-magique (bien que les deux soient très différents dans leur approche) et moi qui adore l’Histoire, forcément… Pour ne rien gâcher, Jean-Laurent Del Socorro maîtrise très bien la psychologie de ses personnages et ce à un remarquable degré. N’hésitez pas ! J’ai opté pour ce roman parce que c’est celui que j’ai préféré dans la bibliographie de l’auteur mais sachez que chacun de ses textes est tout à fait recommandable.

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La fille qui tressait les nuages – Céline Chevet (Chat Noir – 2018)
Proposer un roman surréaliste en 2018, fallait déjà l’oser. Le placer au Japon ? Encore plus. Pourtant, ce texte n’arrête pas de surprendre, de vivre, de décrocher des prix aussi. Je le comprends aisément. Tout qui possède une petite sensibilité avec la culture et l’ambiance nippone ne peut qu’adhérer à ce thriller fantastique maîtrisé de bout en bout et porteur d’une délicieuse touche de cruauté. Franchement ça a été une énorme claque pour moi et la découverte d’une autrice talentueuse à suivre assurément.

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L’homme qui mit fin à l’histoire – Ken Liu (Le Bélial – 2016)
Cette novella reste à ce jour et selon moi le meilleur UHL publié par le Bélial. En une centaine de pages et avec une narration originale sous forme de documentaire, Ken Liu interroge, révèle, dérange avec une maîtrise stupéfiante. J’ai rarement lu un texte qui m’a autant fait me questionner. En plus, on est dans la SF, oui, mais avec un fort bagage historique sur des évènements de la seconde guerre mondiale qu’on connaît assez peu.

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Le Bâtard de Kosigan – Fabien Cerutti (Mnémos – 2014)
Outre le fait qu’il s’agit du premier Mnémos que j’ai lu dans ma vie -ce qui lui donne une saveur particulière- je trouve cette saga incontournable dans le paysage de la fantasy moderne, même s’il s’agit de fantasy historique. Fabien Cerutti est passionné par l’Histoire avec un grand H et s’amuse à exploiter ses failles en proposant un folklore et un concept vraiment novateur. Et si les légendes avaient existé ? Et si quelqu’un avait effacé leur présence des archives humaines? Et si…
Outre un solide background, l’auteur créé aussi des personnages intéressants et une intrigue où on ne s’ennuie jamais.

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Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye (Critic – 2017)
Je ne vais pas dire que je gardais le meilleur pour la fin… Mais pas loin. Pour moi Estelle Faye est à la tête d’une nouvelle vague en fantasy francophone qui met l’accent sur la représentation et la diversité dans ses textes, sans sacrifier à son intrigue et sans tomber dans le manichéisme. L’univers de Bohen est passionnant et on y est vite accro grâce à ses personnages riches. Il existe une suite, les Révoltés de Bohen, que je trouve encore meilleure (c’est dire !) donc je recommande bien entendu la lecture de l’ensemble.

Comme je l’ai signalé au début de ce billet, la liste a été difficile à établir pour moi et c’est en lisant celle des blogpotes que d’autres idées me sont venues. Je vous invite donc à vraiment découvrir chacune des listes ci-dessous afin de vous en inspirer au maximum pour vos prochaines lectures 🙂

D’autres listes : LorkhanLes notes d’AnouchkaChut… Maman lit !l’ours incultele chien critiqueL’épaule d’OrionAu pays des cave trollsLa bibliothèque d’AelinelLes chroniques d’AcherontiaXapur – Lianne de livres en livres (fantasySF) – vous ?

Vous aussi, fournissez votre propre liste et partagez la avec le #incontournablesSFFF !

BML #24 – juin 2020

Bonjour à tous !
J’espère que vous allez bien et que votre mois de juin a été riche en lectures agréables. Nous nous retrouvons (déjà !) pour le bilan mensuel et vous allez le voir, il y a eu quelques abandons, quelques déceptions, mais pas que car même dans l’ombre, on garde le moral 😀

Côté romans :

Les brigades fantômes – John Scalzi (SP – l’Atalante)
Thunder #1 – David S. Khara (SP – ActuSF)
Les secrets du premier coffre – Fabien Cerutti (SP – Mnémos)
La guerre des trois rois – Jean-Laurent Del Socorro (ActuSF Graphic)
Yardam – Aurélie Wellenstein (Scrineo)
Les anges oubliés – Graham Masterton (Livr’S – lecture en cours)

J’ai terminé seulement six romans et j’en ai abandonné deux. D’abord Rocaille dont j’attendais beaucoup hélas le texte m’a rapidement lassée avec sa romance inutile et son protagoniste principal qui n’est pas vraiment celui qu’on croit -et que je n’ai pas apprécié. Ensuite j’ai tenté le Tour Décrou au Chat Noir (comme quoi vous voyez y’a aussi des Chat Noir auxquels je n’accroche pas :P) mais là c’est le style d’écriture et le choix narratif qui n’a pas su me convaincre, j’ai préféré le mettre de côté pour le reprendre à un moment plus propice. Le truc c’est que ces deux textes, surtout Rocaille, m’ont pris pas mal de temps parce que je repoussais sans arrêt le moment de les abandonner. Pour ne rien arranger, les autres romans lus (à l’exception des valeurs sûres : Fabien Cerutti et Jean-Laurent Del Socorro) ne m’ont pas plus emballée que ça. C’était sympa, divertissant, pas transcendant du coup j’ai eu un goût de trop peu sur mon mois. Même le Scalzi, je l’ai trouvé en-dessous des qualités habituelles de l’auteur donc je suis restée sur ma faim. Espérons que la tendance s’améliorera avec le mois de juillet !

Côté mangas :

Chobits #2 (Pika)
Otaku Otaku #4 -> #7 (Kana)
Noragami #12 -> #18 (Pika)
Beastars #6 (Ki-oon)
Assistant Assassin #1 (Omaké)
Anonyme ! #1 (Soleil)

Heureusement les mangas ont bien rattrapé les déceptions littéraires. J’ai continué avec plaisir la saga Noragami à laquelle je suis accro. Je vous en ai d’ailleurs parlé dans un article spécial d’À l’ombre du Japon, tout comme Otaku Otaku qui a eu droit à son focus. Enfin, j’ai testé une nouvelle formule thématique en chroniquant deux mangas qui usent du même archétype en donnant pourtant un résultat totalement différent. Il reste également Chobits que j’ai pris plaisir à découvrir (je dois écrire dessus d’ailleurs) ainsi que Beastars dont je continue la découverte, en papier cette fois ! Un article à ce sujet viendra bientôt une fois que j’aurais pu récupérer les tomes suivants.

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Ce mois-ci a été un peu compliqué, pas très heureux dans l’ensemble (rien de dramatique rassurez-vous 😉 ) mais en creusant j’ai réussi à trouver quelques éléments positifs. Déjà, j’ai pu retourner à l’éducation canine avec Loki ce qui nous fait beaucoup de bien à tous les deux. Ensuite, le challenge S4F3 a commencé et c’est probablement mon défi littéraire préféré de tous les temps ♥

Et voilà, ce bilan se termine déjà. J’espère que vous passerez de bonnes vacances d’été et un beau mois de juillet ! 😀