Les Brigades fantômes – John Scalzi

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Les Brigades fantômes est un roman de space-opera écrit par l’auteur américain John Scalzi. Publié chez l’Atalante, vous trouverez ce texte au prix de 19.9 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse !

De quoi ça parle ?
Jared Dirac parlait à soixante secondes, marchait à deux minutes et prenait une navette pour le centre d’entraînement des Brigades fantômes à une heure dix. Jared a été créé sur base du code génétique d’un traitre afin d’y incorporer un enregistrement de son esprit, ce dans l’espoir d’empêcher la destruction de l’humanité. Une expérience ratée, voilà ce qu’est Jared. Mais l’est-il vraiment ?

Une suite ?
Les Brigades fantômes prend place dans le même univers que le Vieil Homme et la Guerre dont je vous ai déjà parlé il y a un long moment maintenant. Chronologiquement, il fait même suite aux évènements sur Corail et on y retrouve certains personnages comme Jane Sagan. Toutefois, il est possible de lire ce tome de manière totalement indépendante bien que je recommande la lecture dans l’ordre de parution pour mieux appréhender l’histoire. Scalzi réutilise son univers déjà présenté en le rendant accessible à un lecteur novice. D’autant qu’ici, il se concentre surtout sur les Brigades fantômes, une unité mystérieuse qui apparaît dans le premier tome sans que le lecteur n’en sache beaucoup à son sujet en dehors des rumeurs qui courent. Il propose aussi des personnages nouveaux (hormis Jane mais ce qu’on sait d’elle dans le premier volume n’est pas forcément utile ici). Il s’agit donc bien d’une suite mais d’une vraie suite indépendante.

Une mise en place trop longue.
Le problème c’est que, pour quelqu’un qui connait déjà l’univers, la mise en place paraît un peu longue et redondante avec un schéma narratif propre à l’auteur qu’on connait déjà. Certes, le lecteur est confronté à de nouvelles informations. Il apprend ce que sont les Brigades fantômes, comment se passe leur entraînement, comment ils se familiarisent avec l’humanité, leur mission de la défendre, etc. Tout cela prend un bon premier tiers du roman et donne lieu à moult questionnements philosophiques assez intéressants. Hélas, il me manquait cette petite étincelle en plus, ce peps qui m’avait séduite dans le premier volume à travers le personnage de John Perry et sa narration à la première personne. Dans les Brigades fantômes, Scalzi préfère partir sur une narration chorale en multipliant les points de vue, un peu comme dans l’Interdépendance. Le système n’est pas mauvais en soi et l’auteur, fidèle à lui-même, le maîtrise très bien. Hélas ce n’est pas ce que j’attendais de la part de cette série, j’ai donc éprouvé une déception toute personnelle. D’autant que Jared est moins intéressant que John, du moins jusqu’à la fin du roman où le texte prend toute sa puissance.

Un univers qui s’étend.
Dans le Vieil homme et la guerre, le lecteur a l’occasion de se familiariser avec l’existence de plusieurs races extra-terrestres et d’en affronter une sur Corail via les aventures de John Perry. Dans ce tome, Scalzi développe davantage deux autres races, les Éneshans et les Obins, qui prennent une grande place dans ce texte. Les premiers sont de type insectoïde et vivent dans une société matriarcale basée sur une élection dans différentes tribus. Depuis un moment, la même tribu garde le pouvoir et maintient la paix en épousant un représentant d’une autre tribu. Pour rester reine, la matriarche doit obligatoirement avoir une fille à sacrer dans les deux ans. Scalzi gère très bien la mise en place et le passage sur la planète des Éneshans a de quoi retourner les tripes en plus de poser la question qui fâche : jusqu’où peut-on aller pour le plus grand bien?

Autre peuple d’importance dans les Brigades fantômes : les Obins. Il s’agit d’une race créée par les Consus, une espèce largement supérieure à toutes les autres qui ont tranquillement mené leur petite expérience en dotant les Obins d’une conscience mais pas d’une âme. Ils existent, ils parlent, ils échangent sauf qu’il manque quelque chose de fondamental et c’est ce que notre traitre se propose de leur offrir en échange d’une aide  pour faire tomber l’Union Coloniale (UC). Une idée passionnante qui ouvre un champ réflexif assez large…

Des thèmes puissants.
Les Brigades fantômes parle d’abord de génétique en évoquant les questions morales que cela implique. Les membres de cette brigade ne sont pas des « vrais-nés ». On les fabrique sur base du code génétique des engagés morts avant d’avoir 75 ans et dont on ne peut donc pas réimplanter la conscience comme on l’a vu dans le Vieil Homme et la Guerre. Ils naissent avec un esprit vierge et évoluent en groupe le temps de se former, d’apprendre, de se développer. Un processus qui ne prend pas tellement de temps d’ailleurs à l’échelle d’une vie. Mais surtout, on expérimente beaucoup sur eux comme on l’apprend quand Jared rencontre une nouvelle race « humaine » adaptée à la vie dans l’espace, qui n’a d’humaine que le nom en réalité. En tant que lecteur, on ne peut pas s’empêcher de se poser des questions sur l’éthique et de ressentir une gêne à laquelle on ne se confronte jamais directement puisque, fidèle à lui-même, Scalzi ne tombe pas dans le pamphlet engagé. Il met en scène le débat via son intrigue, subtil, et nous laisse tirer nos propres conclusions.

Scalzi s’interroge donc sur l’éthique mais aussi sur l’âme, le libre arbitre ou encore la manière dont on se repose sur les nouvelles technologies. Je pense vous avoir évoqué les Amicerveaux dans ma chronique précédente, sorte de super ordinateur implanté chez les humains au sein de l’armée qui permettent des performances supérieures sauf que… Imaginons qu’Amicerveau cesse de fonctionner ? On peut sans problème effectuer un parallèle avec une problématique centrale au sein de nos sociétés modernes.

La conclusion de l’ombre :
Les Brigades fantômes est un roman qui s’inscrit dans le cycle du Vieil Homme et la Guerre mais peut se lire de manière indépendante. Avec celui-ci, John Scalzi explore diverses thématiques comme l’éthique autour des manipulations génétiques, l’importance du libre arbitre ou le poids des technologies dans nos vies. Si ce texte est parfaitement recommandable et à la hauteur de son auteur, il souffre quand même de quelques longueurs et d’un personnage principal moins intéressant que John Perry, du moins pendant une bonne partie du roman. Il reste toutefois indispensable au cycle que je vais m’empresser de continuer à découvrir !

D’autres avis : Lutin82le chien critiqueAu bazar des mots.

14 réflexions sur “Les Brigades fantômes – John Scalzi

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  5. Je l’ai trouvé mieux que le précédent de mon coté !

    En fait je trouvais justement que le premier manquait de thèmes marquants, c’était plus du boumboum décomplexé. (en plus l’humour n’a pas vraiment fonctionné sur ce tome ci, enfin je n’ai pas souri ni rigolé en dehors d’une ou 2 rares fois, pas assez pour que ça devienne remarquable) Sympa mais guère plus en fait.

    Du coup celui ci était bien plus réussi sur ce point ce qui a su me séduire. D’autant plus que la fin m’a vraiment faite pleurer, et j’adore les fins de ce genre xD

    • Oui comme la plupart des gens visiblement ! Et je comprends, d’autant que les goûts et les couleurs… Ce qui m’a séduite dans le premier et manqué dans celui ci, c’est vraiment le personnage de John et la sensibilité très humaine qui se dégageait de la narration. J’aimais vraiment bien même si oui, les thèmes sont peut-être moins poussés (après tout c’est un tome 1) et qu’il y a beaucoup de baston (après j’aime ça moi la baston ->). Du coup oui, les brigades fantômes, c’était sympa, y’avait de bonnes idées et la fin a largement remonté mon sentiment général (comme toi j’avais les larmes aux yeux), mais c’était pas vraiment ce à quoi je m’attendais.

      Je précise aussi que je frôlais la panne de lecture, je la frôle toujours, donc je pense que mon humeur a du jouer aussi un peu sur mon ressenti ^^’

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