Les Chevaliers du Tintamarre – Raphaël Bardas

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Les Chevaliers du Tintamarre
est un one-shot de fantasy cape et épée (enfin, hachoir et poing ->) écrit par l’auteur français Raphaël Bradas. Pépite de l’imaginaire 2020, vous retrouverez ce roman chez Mnémos au prix de 19 euros.
Je remercie les éditions Mnémos, Nathalie et Estelle pour ce service presse.

Des orphelines disparaissent à Morguepierre et des marie-morganes s’échouent sur la plage. Alors que certains enquêtent déjà, d’autres se font adouber chevalier pour dénouer ce mystère. C’est ainsi que Silas, Rossignol et la Morue deviennent les Chevaliers du Tintamarre et se retrouvent embarqués dans une mésaventure où les coups de poing pleuvent. Baston !

Raphaël Bardas propose ici trois anti-héros, représentants parfaits des bas-fonds de Morguepierre. Silas est charcutier mais a des rêves de grandeur et de noblesse. Rossignol est un musicien en mal de reconnaissance qui aime étaler son maigre savoir. Quant à la Morue, il est poissonnier et a l’odeur qui va avec. Il se bat aussi pour de l’argent et a reçu pas mal de coups sur la tête. On ne comprend pas toujours bien ce qu’il dit quand il le dit mais ça participe à son charme. Quand Silas, occupé à faire sa petite affaire avec une vieille dame, assiste à l’enlèvement d’une jeune fille, impossible de détourner le regard et de laisser faire. Il a vu les coupables ! Il embarque alors ses deux copains dans cette sombre affaire… L’auteur ne s’arrête pas à ces drôles de personnage puisqu’il propose aussi un capitaine grande gueule avec des pierres au rein, un cadet imbu de sa personne, un spadassinge redoutable et un vieux noble mystérieux. Sa galerie de personnage est aussi riche que sa plume et si certains passent à première vue pour des archétypes, on comprend vite notre erreur. Grâce à une narration aux points de vue multiples, l’auteur nous permet de suivre l’intrigue sur différents niveaux et d’essayer tant bien que mal de créer des liens. Parce que ça part dans tous les sens ! Et j’ai pas vu venir grand chose.

J’ai évoqué plus haut la plume de Raphaël Bardas, il y a beaucoup à en dire ! Je l’ai trouvé hyper immersive et maîtrisée pour un auteur débutant. Il utilise un vocabulaire adéquat pour le style d’époque où il place les Chevaliers avec un rythme maîtrisé et des mots assez fleuris. Si fréquenter des personnages à la grande gueule et aux tendances vulgaires vous rebute, alors passez votre chemin. Moi, j’ai adoré et j’ai souvent eu un sourire devant leurs répliques bien senties. Ce roman aurait sans problème pu s’intituler les trois mousquetaires des bas-fonds tant j’ai eu plaisir à retrouver des caractéristiques de la plume, si pas de Dumas, au moins de ces grands auteurs du 19e qui donnent dans le roman de cape et d’épée. En quelque sorte, c’est le genre auquel appartient les Chevaliers du Tintamarre avec des éléments fantasy en plus.

Et oui, l’univers dispose de sa propre magie et de ses créatures remarquables, avec son bestiaire inspiré des légendes bretonnes. Le roman sent la mer mais également la poussière des grottes et des villes étouffantes. L’ambiance retranscrite par Raphaël Bardas fonctionne très bien et je n’ai eu aucun mal à m’immerger dans son univers. J’ai apprécié la manière dont il a marié les éléments surnaturels au reste de son monde original, par exemple via l’utilisation de drogues assez odieuses (qui a envie de chiquer des bouts de créatures magiques, sérieusement ?!) ou sur les récits des origines qui sont exploités ici.

J’ai également su apprécier son souci du réalisme. Si vous cherchez des personnages frais et propres sur eux, passez votre chemin. Dans cette époque inspirée du début de la Renaissance, on ne connait pas le dentiste, vaguement les médecins et on se débrouille comme on peut. En soi, ça ne fait pas rêver mais ça participe à la crédibilité du texte. C’est le genre de détails auxquels je suis sensible.

Si j’ai quelque chose à reprocher à ce roman, c’est peut-être son rythme trop rapide sur la fin. C’est un choix de l’auteur, je ne le critique pas en tant que tel mais mon moi lectrice a eu un goût de trop peu bien que j’ai particulièrement apprécié l’épilogue et le choix du message véhiculé. Ça change de manière agréable ! Après, voilà, je chicane parce que dans l’ensemble et d’autant plus pour un premier roman, c’est une belle réussite.

Pour résumer, les Chevaliers du Tintamarre est une pépite de l’imaginaire qui mérite bien son titre. Armé d’une plume redoutable, Raphaël Bardas nous raconte l’histoire de cet improbable trio embarqué dans une histoire qui fleure bon le sel (et l’alcool). En posant les bases de son univers original, l’auteur propose une intrigue qui paraît simple -retrouver des jeunes filles disparues- et qui va se compliquer à mesure qu’on avance dans le récit. Si, à mon goût, la fin était trop rapide, je suis sidérée par la qualité de ce premier roman de l’auteur dont je recommande très chaudement la lecture.

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