Les Questions dangereuses – Lionel Davoust

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Les Questions dangereuses est un roman court proposé par l’auteur français Lionel Davoust. Quand je dis court, c’est court puisque ce texte comporte 55 pages au format numérique ! La version papier compte, quant à elle, 128 pages et est accompagnée d’un entretien de l’auteur réalisé par Nicolas Barret. Publié chez ActuSF pour une sortie le 3 Janvier 2019, Les Questions dangereuses est édité dans la collection Trois Souhaits.
Je remercie Samantha de chez ActuSF pour l’envoi de ce service presse.

L’intrigue se déroule en 1637 dans une France alternative. Nous suivons le mancequetaire Thésard de la Meulière, qui s’occupe de résoudre le meurtre odieux et sanguinaire du docteur Lacanne pendant l’enterrement d’un célèbre philosophe. Ce crime va le mener à affronter l’ennemi anglais mais aussi des Questions aux réponses trop vagues pour sa santé mentale…

J’ai lu ce texte court d’une traite, embarquée dans le style littéraire de l’auteur. Lionel Davoust s’inspire des maîtres classiques du roman de cape et d’épée, ce qui ne peut que faire mouche chez moi qui adore ce type de narration. On sent que l’auteur a lu beaucoup de cette littérature et qu’il l’aime puisqu’il la détourne avec habilité et maestria.

J’ai aussi été séduite par le concept. Ici, le fleuret et le mousquet sont remplacés par le Libram, livre d’énigmes propre à chaque mancequetaire. On se bat à la force des mots, en posant des Questions dont l’adversaire doit trouver la réponse au risque de subir des douleurs physiques importantes, voir de trouver la mort. La métaphore sur le pouvoir du verbal face à la violence brute est inspirée et bien maîtrisée. Et les énigmes sont vraiment tordues ! Bon, je n’ai jamais été très douée à ce jeu mais j’aurai fait une piètre mancequetaire.

On pourrait penser que, dans un texte aussi court, Lionel Davoust ne soigne pas ses personnages et propose une intrigue peut-être un peu bancale mais il n’en est rien. Si le déroulement reste assez classique (une enquête autour d’un meurtre), on ne s’ennuie pas un seul instant et le style particulier de narration permet aisément de dépeindre les personnages qui servent brillamment l’intrigue.

Dernier point fort et non des moindres, la quantité astronomique de clins d’œil tout au long du texte qui raviront les amateurs de littérature classique !

En bref, les Questions dangereuses est un texte court et inspiré à l’univers vraiment original. Mon seul regret? Qu’il n’ait pas fait l’objet d’un roman plus long car l’auteur nous met vraiment l’eau à la bouche avec ses idées, son concept et son héros. J’ai passé un excellent moment et je ne peux que vous recommander chaudement cette lecture.

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36 réflexions sur “Les Questions dangereuses – Lionel Davoust

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  6. Bonsoir !
    Je viens de le terminer (j’ai aussi lu l’entretien qui le suivait, puisque j’ai la version papier 😉 ), je suis une inconditionnelle de l’auteur, j’ai vraiment apprécié alors que comme lui les romans de capes et d’épées c’est pas mon truc.

    J’espère que tu pourras trouver l’entretien, il est très éclairant sur certains points aussi 🙂

    J’espère que tu continueras à découvrir l’auteur 😀 (le monde d’Évanégyre est très riche 😉 )

    • Bonsoir !
      Je compte bien l’emprunter en papier à une amie 🙂 C’est fou parce qu’en lisant, j’aurai vraiment juré qu’il adorait les romans de capes et d’épées (comme moi, je suis une grande fan). Comme quoi, parfois, les interprétations dépendent vraiment du lecteur.

      Je compte bien me pencher sur le reste de sa bibliographie en tout cas 🙂 Sûrement lors des Imaginales ou de Trolls et Légendes s’il s’y trouve.

      Merci pour ton commentaire ^-^

      • à mon humble avis, il se trouvera au moins aux imaginales 😉
        il y est souvent en masterclass avant et en tant que traducteur/auteur/modérateur pendant 😉 (par contre il est galère à trouver 😛 )

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  10. Comme tu me l’avais indiqué sur Insta, j’arrive pour découvrir ta chronique 🙂 Ah, oui, je ne m’attendais pas à un court texte ; mais je me suis peu renseignée. Oh, une métaphore sur le pouvoir du verbal, ça annonce du bon pour moi… j’ai juste peur de ne pas saisir toutes les références littéraires par contre.

    • Merci de ta visite ^_^
      Je pense que ce texte peut offrir plusieurs niveaux de lecture. On ne dispose pas tous de toutes les clés pour comprendre tous les textes, ça dépend de nos préférences, de notre vécu, de notre sensibilité. Moi qui adore la littérature plus ancienne et qui aime le 17e siècle, forcément, je m’y suis bien retrouvée.
      Puis de toute façon, au pire, il ne fait que 55 pages donc tu ne perdras pas trop ton temps 😛

  11. Tu n’avais pas l’entretien avec Lionel Davoust dans le format numérique? 😮 C’était une interview très intéressante sur cet ouvrage mais aussi sur le métier d’auteur et de traducteur, et justement il y dit qu’un des seuls livres qu’il n’a jamais réussi à terminer, c’est les Trois Mousquetaires 😀 Mais que cela n’empêche pas un auteur de s’inspirer d’une oeuvre fondatrice ! 🙂

    • Non malheureusement je ne l’avais pas et j’ai trouvé ça un peu dommage je t’avoue :/ J’aurai bien voulu lire cet entretien, ça m’aurait évité d’écrire des bêtises parce qu’on dirait vraiment qu’il est passionné par ce classique et qu’il l’aime vu la façon dont il s’en sert.

      • Apparemment, il l’a écrit pour un appel à textes qui demandait de réinterpréter un roman de capes et d’épées à la mode imaginaire. Je trouve ça vraiment étrange que la version numérique ne comprenne pas cet entretien 😮 Ils l’ont quand même mis en page pour la version papier, pourquoi ne pas la mettre dans la numérique 😮 Après, tu n’as pas forcément dit des bêtises, l’auteur aime sûrement d’autres romans d’aventures, il a juste mentionné qu’il avait du mal avec le style d’écriture des trois mousquetaires qu’il trouvait ennuyant et qui tire en longueur :p (et il explique que c’est sûrement parce que Dumas était payé à la ligne et pas au mot à l’époque, comme ça tu sauras tout 😀 )

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