Apocalypsis (intégrale 1) – Eli Esseriam

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Apocalypsis
est une saga fantastique de cinq romans écrit par l’autrice française Eli Esseriam. Elle a été rééditée dans la collection RE:Lynks en février 2018, en deux intégrales. La partie 1 (celle concernée par cette chronique) contient les trois premiers romans à savoir : Cavalier Blanc, Alice / Cavalier Rouge, Edo / Cavalier Noir, Maximillian. Vous retrouverez cette intégrale chez Lynks au prix de 14.90 euros.

Avant de vous parler du contenu, quelques remarques sur l’objet en tant que tel. Puisqu’il contient trois romans, il est assez volumineux ce qui n’est pas toujours très agréable pour la lecture, surtout au début et à la fin. Évidemment, c’est une remarque purement personnelle. Le livre est soigné, chaque partie a droit à une illustration d’entrée et le travail de Miésis est, comme toujours, très bon. J’ai pu comparer avec les anciennes couvertures et je préfère de loin la sobriété très évocatrice des nouvelles.

Apocalypsis comprend donc trois romans. Chacun est écrit du point de vue du personnage qu’il concerne et sert d’introduction au personnage en question ainsi qu’aux bases de l’univers. On apprend à connaître leur vie, leur passé mais aussi la façon dont ils vont s’approprier leurs pouvoirs, dont ils vont réagir en apprenant qu’ils sont des Cavaliers. Dans un premier temps, aucun ne connait les autres mais le lecteur attentif décèlera certains indices qui marqueront une relation préalable entre Alice, Edo et Maximillian.

Si le thème principale reste bien l’apocalypse, qui transparait partout, on évoque quand même surtout des tranches de vie étudiantes. Il suffit de lire la quatrième de couverture pour savoir que Quatre Cavaliers vont entamer la fin du monde et que seules 144.000 âmes (sur presque 6.5 milliards d’humain…) pourront être sauvées. Évidemment, si la majorité des gens ne remarquent rien, il existe des opposants à cette apocalypse qui vont se dresser face aux Cavaliers, les guetter et les traquer. Maintenant que je vous ai parlé du concept général, je vais m’attarder sur chacune des trois parties.

Cavalier blanc, Alice.
À peine ma lecture entamée, j’ai succombé au charme d’Alice. C’est pourtant un personnage très froid, cynique et parfaitement asocial. Difficile, à première vue, d’apprécier une héroïne comme elle et pourtant j’adore ce type de protagoniste. Pas très surprenant, n’est-ce pas? On la découvre en premier lieu dans son quotidien scolaire. Son cerveau est une véritable encyclopédie, elle possède d’office tous les savoirs du monde, devinez à qui elle le doit. Pourtant, les connaissances encyclopédiques ne font pas tout, comme elle l’apprendra à ses dépends. Alice n’est pas une personne mauvaise mais on ne peut pas dire qu’elle soit une sainte pour autant. Elle considère la plupart de ses congénères avec mépris, ses actes ont des conséquences parfois terribles qui ne l’émeuvent pas toujours. Rarement, même. Lorsqu’elle prend connaissance de ses pouvoirs, elle entre dans une phase d’expérimentation pragmatique, scientifique et cela va parfois très loin. Forcément, elle finira par en souffrir dans une métaphore très biblique de l’apprentissage par la douleur. Là se trouve la subtilité. Alice n’est pas dénuée de sentiments ou d’émotions, ce n’est pas une sociopathe. Non seulement elle m’a touchée mais en plus, elle m’a beaucoup fait rire. C’est rare, que j’accroche autant avec un personnage féminin.

Cavalier rouge, Edo.
J’ai tout de suite accroché à Edo. Un personnage brut de décoffrage, bestial, violent à la moralité plus que douteuse. On s’attendrait à des élus un minimum vertueux, mais non. Tout ce qui compte aux yeux d’Edo, c’est son petit frère, Anel. Il est le centre de son monde, sa lumière dans cette réalité pas franchement glorieuse. Émigré serbe avec ses parents, il vit dans une maison de chantier étroite avec un père alcoolique et une mère absente, très détachée, qui doit parfois se prostituer pour leur permettre de manger. Il gagne un petit supplément d’argent en se battant au vélodrome, des combats à mort qui lui procurent un certain soulagement. Son seul but dans la vie, c’est de se tirer, se payer un appartement et emmener son petit frère avec lui. Edo vit littéralement pour Anel. Il fait de son mieux pour préserver son innocence. Sauf que forcément, rien n’est facile. Edo est à deux doigts d’être renvoyé de l’école pour son absentéisme, ce que sa mère refuse (pour les allocations, elle le dit vraiment cash, comme ça). Il va donc devoir remonter ses notes en étant aidé par les bons élèves, être présent aux cours et voir le psy (ologue, pas iatre 😉 ) de l’école une fois par semaine. Tout cela va commencer à avoir un impact positif sur Edo mais quand on est le Cavalier Rouge, avoir une vie normale n’est pas conseillé. Le ton de ce tome est assez sombre, désabusé mais pas larmoyant. Edo n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Il prend ce que la vie a à donner et avance. Il n’est ni trop fermé, trop bad boy, ni trop gentil et niais. Ce fut vraiment un pur bonheur à lire du début à la fin.

Cavalier noir, Maximillian.
J’ai eu beaucoup de mal avec le personnage de Maximillian pendant une bonne partie du roman. Pour vous dresser le tableau, Max est le fils d’une famille incroyablement riche avec une dose de sang bleu dans les veines. Tellement riche que ça en devient indécent. Il est beau, il le sait. Il est égocentrique, blasé, a tout essayé, est arrogant et globalement irrespectueux, doté d’un humour plus que douteux… Il m’a directement tapé sur le système. Mais plus l’histoire avance, plus on comprend d’une part son comportement et plus il évolue, surtout. Je trouve qu’il est celui doté du pouvoir le plus cruel et la prise de conscience qui y est liée aurait de quoi bouleverser n’importe qui. L’histoire de Max est tragique, peut-être un peu trop par moment. L’enchaînement de certains évènements parait parfois gros et le twist final me laisse un peu perplexe. J’ai été moins convaincue par ce personnage et par ce tome même si ça n’a pas cassé mon envie de découvrir les deux derniers.

J’ai parlé d’évènements qui paraissent parfois gros et tombés de nulle part. Dans la diégèse d’Apocalypsis, cela n’a rien de surprenant quand on y pense deux secondes. Le livre assume pleinement l’existence et l’intervention de Dieu non seulement dans la vie des Cavaliers mais aussi dans le déroulement de l’intrigue. C’est Dieu qui les a créé, façonné comme Il le voulait, qui a décidé de leurs épreuves. En somme, c’est assez terrifiant côté libre arbitre… Dieu a des dialogues directs avec Alice (j’ai trouvé ça assez couillu en vrai ne me demandez pas pourquoi, ça a fait mouche !), communique avec Edo d’une certaine manière et se manifeste également à Max de façon détournée. Chaque partie est précédée d’un extrait prophétique concernant l’Apocalypse. J’ai aimé le choix ambitieux de l’autrice, d’en faire un vrai personnage avec un orgueil qui transparait et une toute-puissance assumée.

Au niveau de la plume de l’autrice, elle est vraiment immersive. Chaque personnage voit sa personnalité retransmise avec brio à travers les mots d’Eli Essariam. Elle a par contre parfois tendance à la digression, ce qui est un brin frustrant.

En bref, que retenir de cette (longue) chronique? Lynks propose la réédition d’une œuvre ambitieuse à prix très réduit (14.90 euros pour trois romans, je vous défie de trouver mieux). Apocalypsis aborde des thèmes bibliques qu’on pourrait croire vus et revus avec un souffle pourtant nouveau. L’autrice prend le temps de poser chacun de ses personnages principaux dans un roman qui tourne uniquement autour d’elle / de lui et permet au lecteur de s’attacher à Alice, Edo et Maximillian. J’ai été ravie de découvrir la première partie d’Apocalypsis, je la recommande plus que chaudement car Alice et surtout Edo ont été de gros coups de cœur. J’ai hâte de lire le final de cette saga !

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Kidnapping – Geoffrey Claustriaux

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Kidnapping est le nouveau roman court (et horrifique, immonde, o-m-g ne le lisez pas pendant votre petit déjeuner) de l’auteur belge Geoffrey Claustriaux. Prévu chez Livr’S pour fin novembre (et disponible à Mon’s Livre ce week-end) vous trouverez ce petit bijou d’horreur au prix de 10 euros.

Kidnapping, c’est l’histoire d’une quarantaine d’adolescents belges qui partent en voyage scolaire en Allemagne. Tout dérape quand un officier nazi monte dans leur bus, descend leur professeur et les enferme dans un hangar où ils vont être achetés par les gens d’un village. Ouais je sais, c’est pas vraiment ce qu’on attend d’un résumé qui commence par « ce sont des ados en voyage scolaire » hein !
Pourquoi? Comment? Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler ce roman court qui ne compte qu’une centaine de pages. À vous de tenter cette (més)aventure.

J’ai un estomac assez bien accroché de manière générale mais ce texte d’horreur m’a vraiment dégoûtée. En même temps, ça m’apprendra à lire pendant mon petit-déjeuner… Geoffrey Claustriaux y dépeint des situations et des comportements odieux, immondes, inhumains même alors que quand on y réfléchit… C’est pas si éloigné de la nature humaine que ça. Oui, mon côté pessimiste parle encore. Nous suivons, au fil du récit, plusieurs des adolescents à qui il arrive des situations vraiment horribles que je ne vais pas détailler parce que 1) ce blog reste tout public et 2) je suis anti-spoil.
Sincèrement, âmes sensibles s’abstenir.

Une foi de plus, le travail éditorial réalisé par Livr’S est très soigné sur ce livre. Il s’ouvre sur la copie réelle d’un rapport de police et contient des extraits d’un journal intime, celui de Catherine, qui sont manuscrits dans le texte. Ce qu’on doit, comme nous l’apprennent les remerciements, à la compagne de l’auteur. Ces petits détails rendent le roman beaucoup plus immersifs. À la fin, on trouve également la copie d’un livre ou plutôt d’un chapitre de livre intitulé « Les secrets du IIIe Reich ». J’ai vérifié, plusieurs livres existent sous ce titre donc j’ignore si c’est inspiré de faits réels ou non. Selon les mots de l’auteur, tout est parti d’un cauchemar et ce texte date de son adolescence mais l’un empêche pas l’autre. Une chose est sûre: je refuse ca-té-go-ri-que-ment de m’assoir à nouveau à côté de lui !

Évidemment, je plaisante. J’ai trouvé ce texte très bon dans le genre où il officie. En général, je n’en lis pas beaucoup parce que je trouve difficile de toucher le lecteur d’horreur, de réussir à le choquer sans que ça ne devienne ridicule ou exagéré. Ici, Geoffrey Claustriaux est parvenu à ses fins. Kidnapping ravira les amateurs d’horreur bien gore et sans censure, qui tomberait presque dans le grand-guignolesque sans l’aspect psychologique pregnant au fil des pages. Ce n’est pas une histoire qu’on retient pour ses protagonistes ou pour son intrigue, mais plutôt pour son propos et sa portée significatrice. J’ai un peu de mal à parler et à qualifier ce texte, je l’admets sans honte. Il appartient à cette catégorie de livre qu’on vit plutôt que d’en parler. Ce qui est certain… C’est qu’il ne vous laissera pas indifférent !

Les ombres d’Esver – Katia Lanero Zamora

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Les ombres d’Esver est le nouveau roman de l’autrice belge Kata Lanero Zamora. Publié chez ActuSF sous le label Naos, ce livre sera disponible à partir du 22 novembre au prix de 14.90 euros.
Je remercie Jérôme et ActuSF pour ce service presse.

Au départ, je ne savais pas quoi penser de ce roman. J’ai été surtout intriguée par son résumé car sa couverture ne me parlait pas plus que ça au premier abord. C’est un style qui ne m’attire plus autant qu’avant, je l’admets volontiers. Pourtant, après ma lecture, je n’en imagine pas une autre.
Je commençais ce titre sans rien en attendre et j’ai été agréablement surprise par son contenu.

Dans ce roman écrit à la troisième personne, nous suivons Amaryllis qui vit avec sa mère, Gersande, dans le vaste domaine d’Esver. La grande maison tombe en ruine, elle est envahie par les plantes et les champignons. Toute une partie est même condamnée, une autre est restée telle quelle depuis dix ans, sinistre anniversaire d’un évènement dont on ne sait rien.
Gersande est botaniste et apprend sa discipline à sa fille dans l’espoir qu’elle entre dans un prestigieux institut parisien. Amaryllis n’a pas forcément de passion pour la botanique. Sans détester cette matière qu’elle maîtrise, elle est juste relativement indifférente et préfère rêver d’aventures. Elle comprend toutefois vite qu’elle ne va pas avoir le choix puisque si elle ne réussit pas à obtenir une bourse, elle sera mariée de force par son père qui la vend en même temps que le domaine familial. Sa vie déjà pas si stable est ainsi totalement bousculée. Pour ne rien arranger, Amaryllis souffre de cauchemars depuis des années. Dès que la nuit tombe et qu’elle s’endort, elle doit absolument prendre un médicament pour ne pas se laisser emporter. Médicament préparé par sa mère qui est une femme très stricte, bipolaire, un peu folle aussi depuis le certain évènement.

De nombreux mystères planent sur le domaine et l’atmosphère en huit clôt est bien maîtrisée par l’autrice. Les informations arrivent au compte goutte, bien dosées. Katia Lanero Zamora met juste ce qu’il faut de description pour immerger le lecteur sans alourdir son texte et développe de manière intéressante la psychologie de ses deux héroïnes. La plupart des chapitre sont du point de vue d’Amaryllis mais certains le sont aussi de celui de Gersande, ce qui est un plus non négligeable à mon sens. Certaines remarques désabusées de cette mère abandonnée m’ont touchées et je me sentais mieux dans son esprit que dans celui d’Amaryllis. Encore plus quand on apprend la vérité sur le certain évènement.

L’aspect onirique laisse toujours planer le doute quant à la présence de fantastique. Ce doute subsiste jusque dans les dernières pages et même après ma lecture, je continue à me poser certaines questions. Pour moi, les ombres d’Esver est une brillante métaphore sur l’imagination et la place qu’elle peut prendre dans une existence. C’est une ode contrastée et poétique qui ne manquera pas de toucher les lecteurs.

Publié dans la collection « jeunesse » des indés, je trouve que ce roman peut convenir à un très large public mais qu’il ne sera pas forcément bien appréhendé par les plus jeunes. Si certaines scènes, surtout celles dans l’autre monde, sont résolument classiques, presque enfantines, les révélations de ce qu’elles représentent donnent un ton beaucoup plus mâture aux ombres d’Esren. Je le recommande aux amateurs d’ambiance gothique qui ont envie de se plonger dans un roman court (264 pages au format papier !), rythmé et poétique. Je ressors très satisfaite de ma lecture.

#PLIB2019 Comment le dire à la Nuit – Vincent Tassy

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Comment le dire à la Nuit est un one-shot fantastique écrit par l’auteur français Vincent Tassy. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce livre au prix de 19.90 euros.
Je lis ce roman dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge catégorie « vous prendrez bien un verre de True Blood ? »
Ce roman a été sélectionné par le #PLIB2019. #ISBN9782375680897

À mon sens, ce roman est très (trop ?) complexe à chroniquer. Comment le dire à la Nuit n’est pas un texte dont on parle, c’est un texte que l’on vit. Rien de ce que je ne vais dire à son sujet ne saurait lui rendre justice car il se situe au-delà des mots. Pour cette raison, cette chronique sera brève mais j’espère qu’elle vous donnera envie de tenter l’aventure.

C’est l’amour qui tient la place principale au sein de l’intrigue. Mais pas l’amour comme une romance comme on peut en lire des centaines de nos jours. Quoi qu’on en parle, de cet amour-là, de cet univers-là, d’une certaine manière. L’amour sous diverses formes, l’amour sans idéalisation. L’amour dans le plus pur style des romantiques du XIXe, époque où ce livre n’aurait d’ailleurs pas dénoté. Que ça soit en France ou en Angleterre, d’ailleurs, puisqu’il s’inscrit admirablement dans la mouvance gothique par son ambiance et le déroulé de son intrigue.

Chaque chapitre est dédié à un personnage. Vincent Tassy écrit à la troisième personne mais cela n’empêche pas chaque protagoniste de disposer d’un caractère et d’un style littéraire bien à lui. Il y a Athalie, la fameuse dame en noir. Adriel, son enfant et prisonnier. Egmont, un noble amoureux de son ami Léopold qui doit pourtant épouser Carolina, par intérêt familial. Rachel, dont la mort de sa sœur jumelle a amputé une partie de son être et enfin Parascève, une éditrice de romance qui aura une très grande influence sur l’intrigue du récit. Ces différents personnages vont se croiser au fil du temps (le roman couvre plusieurs siècles) et on va découvrir les moments clés de leur vie. J’ai été particulièrement touchée par Egmont mais aussi par l’histoire d’Athalie, finalement, qui est une pure héroïne de tragédie. Vincent Tassy nous propose une galerie de personnages complexes et travaillés qui constituent l’une des grandes forces de son roman. Il ne faut pas chercher à s’identifier à eux mais plutôt se laisser porter par leurs réflexions et les émotions qu’ils dégagent. Elles ne manqueront pas, à un moment ou à un autre, de faire écho chez le lecteur.

Une fois de plus, la mélancolie règne sur ce récit transcendé par un mal du siècle palpable. Je l’ai dit en commençant cette chronique: Comment le dire à la Nuit n’est pas un roman dont on parle, c’est un livre qu’on vit, qui caresse notre âme. On le lit dans le noir à la lueur d’une bougie, cloîtré dans une pièce sans fenêtres. On s’y plonge d’une traite et on ne le repose pas avant de tourner la dernière page.

Toutefois, hélas, mille fois hélas, il ne conviendra pas à tous les lecteurs et n’est pas à mettre entre toutes les mains. Beaucoup resteront probablement perplexes devant cette plume si recherchée et les émotions brutes dégagées par le roman. Il faut, je pense, une certaine sensibilité classique pour l’apprécier dans toute sa splendeur. À l’instar d’Apostasie, premier roman de l’auteur, Comment le dire à la Nuit fait partie de ces livres qu’on doit relire à plusieurs reprises afin d’en prendre la pleine mesure. J’ai rarement lu un texte aussi inspiré. Vincent Tassy est un auteur talentueux et précieux dans le paysage littéraire francophone, à découvrir d’urgence.

#PLIB2019 Le Passageur #1 le Coq et l’Enfant – Andoryss

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Le premier tome du Passageur, intitulé « le Coq et l’Enfant », a été écrit par l’autrice française Andoryss. Publié aux éditions Lynks, ce tome est disponible partout au prix de 15.90 euros.
Ce livre entre dans le Pumpkin Autumn Challenge, menu « automne frissonnant » catégorie « le fantôme de l’opéra » !
Ce livre a été sélectionné pour le #PLIB2019. #ISBN9791097434151.
Je remercie Bleuenn de chez Lynks pour ce service presse ♥

Avant de vous parler du livre en lui-même, quelques mots sur l’objet. La couverture ne m’attirait pas du tout au départ et ce sont vraiment les articles d’autres blogueurs qui m’ont donné envie. Pas parce qu’elle est moche mais simplement parce qu’elle ne colle pas à mes goûts personnels. Pourtant, une fois l’objet entre mes mains, je dois avouer que j’ai apprécié l’aspect un peu ancien de la couverture, ce papier si particulier utilisé, un peu recyclé j’ai l’impression. On a le sentiment que la couverture est peinte sous nos doigts et les dorures légères du titre ressortent très bien. C’est un livre agréable à tenir en main et je tiens à saluer le travail de l’éditeur là-dessus.

Le Passageur est un roman au présent à la première personne qui raconte l’histoire de Matéo. Ce jeune adolescent Rom qui vit hors du camp avec le reste de sa famille subit un racisme quotidien et les brimades de son propre père, qui le tient pour responsable de la mort de sa mère et de sa sœur aînée. La situation de Matéo ne va pas en s’arrangeant quand il commence à voir des fantômes. Il comprend alors qu’il a hérité du pouvoir et de la charge de sa mère, celle de Passageur, un mot normalement féminin car seules les femmes sont supposées disposer d’un tel pouvoir. Contraint de lutter contre un trushal odji (une sorte d’âme en peine dévastatrice) Matéo va devoir voyager dans le passé, pendant la Commune de Paris, pour tenter d’aider l’âme en question avant que celle-ci ne le broie.

J’ai beaucoup de choses à dire sur ce roman et je vais essayer de ne pas m’éparpiller. Mon retour sur ce texte est globalement très positif !

Le premier élément remarquable, outre l’univers sur lequel je vais m’attarder plus loin, c’est le personnage de Matéo. La narration de l’autrice permet une immersion totale dans la vie et la psyché de ce jeune homme qui, personnellement, m’a beaucoup touchée. Il n’a pas eu une vie facile mais il ne se comporte ni comme une victime persécutée, ni comme un super-héros. Andoryss maîtrise bien sa psychologie, Matéo sonne « vrai », ses réactions sont très cohérentes et on ressent en lui les malaises profonds propres à l’adolescence. J’ai aimé la manière dont il évolue, petit à petit, sans changement trop radical toutefois. Il montre ses faiblesses, essaie de les dépasser, avec une force qu’il a parfois du mal à trouver. Il craque, comme tout le monde, mais pas dans l’excès non plus… L’équilibre est bien là.

Le second point fort du roman, c’est son univers. L’histoire se place dans la banlieue parisienne moderne ce qui permet à l’autrice de montrer des réalités sociales très actuelles. Le parallèle avec la Commune de Paris est, à mon sens, vraiment intelligent car on sent la critique sous-jacente et l’envie d’aider le lecteur à prendre conscience de certaines urgences qui forment notre quotidien, tout en restant subtile. Comme tous les romans de chez Lynks, celui-ci est indubitablement engagé sans pour autant sermonner le lecteur. Il lui prend la main et l’accompagne sur un chemin, à charge de celui qui lit d’adhérer ou non au propos.

Toujours dans l’univers, j’ai vraiment apprécié découvrir un pan plus méconnu de l’Histoire française. J’avais déjà entendu parler de la Commune à l’école mais comme le dit si bien le prof de Matéo, c’est une partie de l’Histoire sur laquelle on passe généralement très vite et en quelques mots seulement. Même en Belgique ! J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié la répartie du prof, dans cette scène. Moi qui suis férue de cette matière, j’ai vraiment eu le sentiment de me trouver en pleine Commune avec Matéo, complètement immergée dans le texte. Les descriptions sonnent juste, l’horreur est dépeinte avec brio sans pour autant tomber dans le gore ou la facilité sanguinaire. Les mots de vocabulaire propres à l’époque sont présents juste assez pour qu’on s’y sente projetés.

Ce qui est aussi appréciable, c’est tout ce qui concerne les Roms. Ce peuple nomade est toujours mal considéré, même au 21e siècle. Pourtant, il joue un rôle central dans ce roman et les éléments culturels qu’Andoryss nous permet d’apprendre sont dignes d’intérêts. Je ne sais pas dans quelle mesure ils collent à la réalité mais dans la diégèse du roman, ils me paraissent très crédibles. L’exploitation d’un peuple généralement laissé de côté et la manière dont l’autrice présente son intrigue, ses personnages, m’a fait ressentir un message de tolérance. Ou plutôt, un appel à la tolérance puisque Matéo subit du racisme, du harcèlement, que ce soient d’adultes ou d’autres lycéens. Souvent, on ignore carrément son existence et parfois, on trouve aussi des gens pour passer outre. C’est un roman terriblement humain, terriblement réaliste aussi.

L’aspect fantastique de l’univers est inspiré et bien pensé. J’ai juste regretté un manque de réflexion sur l’aspect temps / espace et sa logique d’exécution, même si Matéo s’en étonne lui-même. C’est mon côté un peu tatillonne mais on met facilement ce détail de côté pour plonger dans l’intrigue.

Enfin, l’écriture d’Andoryss ne manque pas de poésie et de sensibilité. C’est un tour de force que de réussir à s’exprimer comme un adolescent tout en conservant un certain niveau dans la langue. Forcément, on retrouve quelques répétitions et tournures populaires qui déplairont aux puristes mais j’ai trouvé, personnellement, que ça se mariait bien au texte. Les mots nous tiennent en haleine et il est difficile de refermer ce livre tant les chapitres s’enchaînent avec une facilité déconcertante. À ce propos, j’en profite pour souligner le rythme du roman, que j’ai trouvé bien construit et maîtrisé.

Pour résumer, je ne peux que vous recommander la lecture de ce premier tome. Si vous aimez les romans fantastiques qui restent ancrés dans le réel, si vous aimez l’Histoire et si vous avez envie de suivre un personnage touchant, le Passageur est fait pour vous. J’ai passé un excellent moment et j’attends avec une grande impatience la sortie du second tome !

Cœur Vintage – Cécile Guillot

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Cœur Vintage
est un one-shot de young adult francophone écrit par l’autrice française Cécile Guillot. Premier né de la collection Chat Blanc aux Éditions du Chat Noir, il est disponible en papier au prix de 14.90 euros. Notez que Cécile sera en dédicace ce samedi aux Halliénnales pour la sortie officielle de son roman !
Ce titre entre dans le Pumpkin Autumn Challenge, menu « Automne douceur de vivre » catégorie « Pomme au four, tasse de thé et bougie » ainsi que dans le menu « Automne ensorcelant » catégorie « Balai Pattes ! »

Cœur Vintage, c’est l’histoire de Mina. Une jeune lycéenne américaine passionnée par la mode vintage qui entre dans sa dernière année de lycée. Elle commence à sortir avec le quaterback de l’équipe de foot, un garçon charmant, attentionné, populaire. Le rêve quoi. Mais Logan est-il si parfait que ça? Quand le doute commence à s’installer, Mina est forcée d’ouvrir les yeux sur une réalité douloureuse et va devoir prendre ses propres décisions, qui impacteront toute sa vie. Mina sera d’ailleurs influencée par l’histoire de Delia, adolescente en 1956. Leur lien? Une robe…

Alors, j’ai beaucoup de choses à dire et je vais essayer de le faire sans spoiler le contenu du roman !

Déjà, vous vous en doutez, ce n’est pas le genre de livre vers lequel je me dirige en règle générale. Déjà, le young adult, brrrrrr (oui ceci est un frisson de terreur) mais alors ces romances pseudo-parfaites décrites sur la quatrième de couverture… J’avais un peu peur. Beaucoup. Pourquoi, vous demandez-vous donc, ai-je acheté ce titre aux Aventuriales? Simplement parce que j’ai lu, je pense, tous les romans de Cécile Guillot à ce jour et je n’ai jamais été déçue. Pourtant, systématiquement, ce sont des livres qui me sortent de ma zone de confort (mais si, ce coin sombre et bizarre là, vous le connaissez !). Je lui ai donc donné sa chance et je ne le regrette pas.

Cœur Vintage est écrit à la première personne. De sa plume douce et fluide, Cécile nous plonge dans les pensées et le quotidien de Mina. Hormis une situation familiale compliquée (une mère dépressive et un père absent sauf pour la critiquer) notre lycéenne a des amies, une tante aimante qui tient une boutique de seconde main (le pied!), un meilleur ami qui est là pour elle. Quand Logan l’aborde un jour au lycée et lui propose de sortir, elle pense que tout lui réussi. Parce qu’elle sait que ce garçon n’est pas juste un beau gosse sportif. Elle l’a déjà vu lire sous un arbre pendant les vacances, un roman qu’elle aime beaucoup. Mina est donc persuadée que Logan est bien plus profond qu’il n’y parait.

Je vous le jure, dès le départ, je ne le sentais pas ce mec. Trop parfait, trop poli, il cachait quelque chose à moins que ça ne soit ma tendance à voir toujours le mauvais chez les autres. À travers cette relation entre deux adolescents, l’autrice aborde plusieurs thématiques importantes comme le respect dans un couple, le danger de la violence conjugale, l’importance de se confier, de ne pas avoir honte, la pression qui existe autour de l’acte sexuel…

Et à ce stade, tu te dis: attends, elle a parlé de young adult, pourquoi est-ce qu’il y a du sexe? Je me suis posée la même question. Je ne m’y connais pas trop dans le genre alors une fois ma lecture terminée, j’ai été discuter avec l’autrice pour comprendre et j’ai saisi la nuance. Oui, il y a deux ou trois scènes de sexe dans Cœur Vintage. Mais elles n’ont absolument rien d’érotiques. Et évidemment, il y a une vraie différence entre ces deux termes. Ce sont davantage des mises en situation pour la problématique principale du livre, à savoir la pression qui existe pour les femmes autour de ce sujet (et d’autres, mais nous y reviendront) qu’elle vienne d’elles-même ou des hommes. Les questions que se posent Mina suite à ce premier rapport, toutes les filles y ont déjà pensé au moins une fois et se sont senties mal à l’aise face à ce décalage entre la réalité et les fictions que nous lisons / voyons / consommons d’une manière ou d’une autre. J’ai trouvé ça très positif que Cécile Guillot aborde ces sujets, avec la sensibilité qui la caractérise. Elle ne porte pas de jugement, que ce soit dans un extrême ou dans l’autre. Je pense qu’un public adolescent pourrait trouver un certain réconfort à la lecture de ce roman.

J’ai beaucoup parlé de Mina, quid de Delia, notre héroïne des années cinquante? Déjà, je vous attendez pas à un roman en alternance de point de vue avec un chapitre pour chaque fille, comme je le pensais à la base. Mina est bien la protagoniste principale. Delia est présente en toile de fond, à travers les visions données à Mina par la robe. Et là, je vous entends à nouveau vous dire mais, elle a dit que le roman était dans la collection chat blanc… Pourquoi y a-t-il du fantastique? C’est le second point sur lequel j’ai tiqué (le premier, c’était le sexe mais tout s’est arrangé hein, si vous suivez un peu). On pourrait dire qu’on ne sait pas vraiment si Mina rêve de Delia qui serait une projection d’elle-même dans une époque qu’elle apprécie mais Mina s’étonne des mœurs de Delia, de ses conversations avec ses amies sur le sexe, de ce tabou qui existe à cette époque sur le passage à l’acte avant le mariage, leur absence de connaissances sur la contraception et le reste. Du coup, il y a bien une pointe de fantastique mais elle reste légère et sert surtout à traiter les thématiques du récit qui elles, sont beaucoup plus actuelles. Sur un plan personnel, j’aurai aimé que les chapitres s’alternent de manière plus équitable entre Delia et Mina, et que la robe soit un fil conducteur entre les deux parce que j’étais vraiment intéressée par l’idée de découvrir la vie adolescente dans ces années-là. Néanmoins, vu comment tournent les évènements, cela aurait donné une histoire complètement différente. Je rappelle ici que c’est juste mon opinion, ça ne change rien à la qualité du livre.

Bref, je parle, je parle (enfin, j’écris)… Que dire de Cœur Vintage, en quelques mots? Ce roman court et one-shot est très clairement destiné à un public adolescent et même d’adolescentes. Il aborde avec sensibilité des thématiques propres à cette période entre l’enfance et l’âge adulte, où on se pose beaucoup de questions sur le présent autant que sur l’avenir. La jolie plume de Cécile Guillot permet de passer un moment de détente agréable en compagnie d’un texte intelligent et social sur la condition de la femme, une thématique traitée sous de nombreux aspects et de nombreuses situations. J’ai passé un bon moment avec la lecture de ce texte que je recommande aux adeptes du young adult et aux jeunes filles qui doivent être sensibilisées rapidement à tous ces problèmes.

Palimpsestes #3 Anachronisme – Emmanuelle Nuncq

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Anachronisme
est le troisième tome de la trilogie fantastique Palimpsestes proposée par l’autrice française (mais résidente belge) Emmanuelle Nuncq. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce titre au prix de 19.90 euros. Si cette saga vous intéresse, il existe également un pack comprenant les trois tomes.
Ce livre entre dans le challenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce livre entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne Ensorcelant » catégorie « Balai Pattes ! »

Palimpsestes est une trilogie fantastique, donc, sur le thème du voyage dans le temps qui se situe à la fin du 19e, début du 20e siècle. Dans le premier tome, nous suivons Clara et Samuel qui assistent à des évènements incroyables en plein milieu du Louvre: des scènes du passée surgissent de manière aléatoire depuis le début de l’exposition consacrée à Delphes. Clara, étudiante en art et Samuel, guide au musée, vont chercher à dénouer les fils de ce mystère. Le second tome nous en apprend davantage sur l’histoire de cette statue de la Pythie dont tout part et le troisième se concentre sur Louise, la fille de Clara, qui manifeste des pouvoirs semblables à ceux de la statue. Sa famille décide de garder le secret mais celui-ci éclate malgré tout, ce qui déchaine les passions. Autant du peuple que des politiciens qui ont tôt fait de monter la mission Kairos…

Je n’avais pas encore eu l’occasion de parler de cette saga sur le blog puisque j’ai lu les deux autres tomes avant l’ouverture. Je garde du premier un souvenir assez agréable, une lecture détente pleine de références historiques. Et du second celui d’un roman de voyage qui m’a un peu rappelé des films d’aventure que j’aimais regarder plus jeune. Plus on avance dans la trilogie et plus le ton s’assombrit, ce qui n’est pas un mal en soi puisque les enjeux deviennent plus importants également. À mes yeux, la grande force de ce roman se situe dans l’amour qu’a l’autrice pour l’Histoire. Il se ressent à chaque page, à chaque référence, ce qui transforme Palimpsestes en œuvre très riche. Surtout aux yeux de ceux qui, comme moi, sont férus d’Histoire.

Un autre point positif, ce sont les personnages. Dans le premier tome, j’avais beaucoup apprécié le tempérament de Clara. Là où certains la trouvaient illogique et désagréable, je découvrais une femme forte qui sait ce qu’elle désire et qui aime profiter de la vie. Quand elle prend des décisions, elle assume et ce même si elle se pose toujours des questions. Emmanuelle Nuncq nous dépeint des femmes toutes en nuance qui sont assez réalistes, elle ose dire les choses au lieu de les magnifier bêtement. Cela trouve un écho en moi, en tant que personne.
L’héroïne de ce tome-ci ne fait pas exception. Louise est beaucoup plus naïve que sa mère, plus jeune aussi et plus sensible, pourtant elle est parvenue à me toucher. J’ai vraiment apprécié son évolution et les rapports qu’elle entretenait avec les différents membres d’équipage, ainsi qu’avec sa famille. Quant aux derniers chapitres… Je ne veux pas spoiler mais j’ai été touchée par les choix narratifs de l’autrice qui donnent à Palimpsestes un côté plus mâture et plus réaliste. Ça m’a vraiment beaucoup emballée et a rehaussé encore davantage mon attrait pour ce livre, lu (ou plutôt dévoré) en une journée.

L’intrigue bien ficelée quoi que prévisible par moment permettra aux lecteurs de se questionner sur tout un tas de thématiques propres à l’exploitation du voyage dans le temps (mais pas que). Si cela ne révolutionne pas le genre, Emmanuelle Nuncq dispose toutefois d’une sensibilité qui nous font prendre à cœur ces interrogations. Doit-on modifier l’Histoire si on en a la possibilité? L’être humain peut-il se contenter d’observer sans toucher? Qui a le droit de vivre ou de mourir? Qui sauverait-on si on le pouvait? Et quelles conséquences cela aurait? Comment la meilleure volonté du monde finit-elle pervertie de la sorte? Quelle est la place du savoir dans notre société? De la culture? J’ai trouvé ce troisième tome très engagé à ce niveau, ce que j’ai énormément apprécié puisque ce n’est pas si courant.

Pour résumer, Anachronisme conclut avec brio une trilogie qui va crescendo sur la thématique du voyage dans le temps. Les amoureux de l’Histoire y trouveront forcément leur compte ainsi que les adeptes du steampunk léger et des romans de voyage. Pour ne rien gâcher, l’autrice aborde énormément de thématiques liées à des questionnements culturels et sociaux qui raviront les lecteurs adeptes de textes plus engagés. J’ai passé un excellent moment en compagnie de la famille Morgenstern et je recommande chaudement la lecture de cette trilogie.