Cœur Vintage – Cécile Guillot

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Cœur Vintage
est un one-shot de young adult francophone écrit par l’autrice française Cécile Guillot. Premier né de la collection Chat Blanc aux Éditions du Chat Noir, il est disponible en papier au prix de 14.90 euros. Notez que Cécile sera en dédicace ce samedi aux Halliénnales pour la sortie officielle de son roman !
Ce titre entre dans le Pumpkin Autumn Challenge, menu « Automne douceur de vivre » catégorie « Pomme au four, tasse de thé et bougie » ainsi que dans le menu « Automne ensorcelant » catégorie « Balai Pattes ! »

Cœur Vintage, c’est l’histoire de Mina. Une jeune lycéenne américaine passionnée par la mode vintage qui entre dans sa dernière année de lycée. Elle commence à sortir avec le quaterback de l’équipe de foot, un garçon charmant, attentionné, populaire. Le rêve quoi. Mais Logan est-il si parfait que ça? Quand le doute commence à s’installer, Mina est forcée d’ouvrir les yeux sur une réalité douloureuse et va devoir prendre ses propres décisions, qui impacteront toute sa vie. Mina sera d’ailleurs influencée par l’histoire de Delia, adolescente en 1956. Leur lien? Une robe…

Alors, j’ai beaucoup de choses à dire et je vais essayer de le faire sans spoiler le contenu du roman !

Déjà, vous vous en doutez, ce n’est pas le genre de livre vers lequel je me dirige en règle générale. Déjà, le young adult, brrrrrr (oui ceci est un frisson de terreur) mais alors ces romances pseudo-parfaites décrites sur la quatrième de couverture… J’avais un peu peur. Beaucoup. Pourquoi, vous demandez-vous donc, ai-je acheté ce titre aux Aventuriales? Simplement parce que j’ai lu, je pense, tous les romans de Cécile Guillot à ce jour et je n’ai jamais été déçue. Pourtant, systématiquement, ce sont des livres qui me sortent de ma zone de confort (mais si, ce coin sombre et bizarre là, vous le connaissez !). Je lui ai donc donné sa chance et je ne le regrette pas.

Cœur Vintage est écrit à la première personne. De sa plume douce et fluide, Cécile nous plonge dans les pensées et le quotidien de Mina. Hormis une situation familiale compliquée (une mère dépressive et un père absent sauf pour la critiquer) notre lycéenne a des amies, une tante aimante qui tient une boutique de seconde main (le pied!), un meilleur ami qui est là pour elle. Quand Logan l’aborde un jour au lycée et lui propose de sortir, elle pense que tout lui réussi. Parce qu’elle sait que ce garçon n’est pas juste un beau gosse sportif. Elle l’a déjà vu lire sous un arbre pendant les vacances, un roman qu’elle aime beaucoup. Mina est donc persuadée que Logan est bien plus profond qu’il n’y parait.

Je vous le jure, dès le départ, je ne le sentais pas ce mec. Trop parfait, trop poli, il cachait quelque chose à moins que ça ne soit ma tendance à voir toujours le mauvais chez les autres. À travers cette relation entre deux adolescents, l’autrice aborde plusieurs thématiques importantes comme le respect dans un couple, le danger de la violence conjugale, l’importance de se confier, de ne pas avoir honte, la pression qui existe autour de l’acte sexuel…

Et à ce stade, tu te dis: attends, elle a parlé de young adult, pourquoi est-ce qu’il y a du sexe? Je me suis posée la même question. Je ne m’y connais pas trop dans le genre alors une fois ma lecture terminée, j’ai été discuter avec l’autrice pour comprendre et j’ai saisi la nuance. Oui, il y a deux ou trois scènes de sexe dans Cœur Vintage. Mais elles n’ont absolument rien d’érotiques. Et évidemment, il y a une vraie différence entre ces deux termes. Ce sont davantage des mises en situation pour la problématique principale du livre, à savoir la pression qui existe pour les femmes autour de ce sujet (et d’autres, mais nous y reviendront) qu’elle vienne d’elles-même ou des hommes. Les questions que se posent Mina suite à ce premier rapport, toutes les filles y ont déjà pensé au moins une fois et se sont senties mal à l’aise face à ce décalage entre la réalité et les fictions que nous lisons / voyons / consommons d’une manière ou d’une autre. J’ai trouvé ça très positif que Cécile Guillot aborde ces sujets, avec la sensibilité qui la caractérise. Elle ne porte pas de jugement, que ce soit dans un extrême ou dans l’autre. Je pense qu’un public adolescent pourrait trouver un certain réconfort à la lecture de ce roman.

J’ai beaucoup parlé de Mina, quid de Delia, notre héroïne des années cinquante? Déjà, je vous attendez pas à un roman en alternance de point de vue avec un chapitre pour chaque fille, comme je le pensais à la base. Mina est bien la protagoniste principale. Delia est présente en toile de fond, à travers les visions données à Mina par la robe. Et là, je vous entends à nouveau vous dire mais, elle a dit que le roman était dans la collection chat blanc… Pourquoi y a-t-il du fantastique? C’est le second point sur lequel j’ai tiqué (le premier, c’était le sexe mais tout s’est arrangé hein, si vous suivez un peu). On pourrait dire qu’on ne sait pas vraiment si Mina rêve de Delia qui serait une projection d’elle-même dans une époque qu’elle apprécie mais Mina s’étonne des mœurs de Delia, de ses conversations avec ses amies sur le sexe, de ce tabou qui existe à cette époque sur le passage à l’acte avant le mariage, leur absence de connaissances sur la contraception et le reste. Du coup, il y a bien une pointe de fantastique mais elle reste légère et sert surtout à traiter les thématiques du récit qui elles, sont beaucoup plus actuelles. Sur un plan personnel, j’aurai aimé que les chapitres s’alternent de manière plus équitable entre Delia et Mina, et que la robe soit un fil conducteur entre les deux parce que j’étais vraiment intéressée par l’idée de découvrir la vie adolescente dans ces années-là. Néanmoins, vu comment tournent les évènements, cela aurait donné une histoire complètement différente. Je rappelle ici que c’est juste mon opinion, ça ne change rien à la qualité du livre.

Bref, je parle, je parle (enfin, j’écris)… Que dire de Cœur Vintage, en quelques mots? Ce roman court et one-shot est très clairement destiné à un public adolescent et même d’adolescentes. Il aborde avec sensibilité des thématiques propres à cette période entre l’enfance et l’âge adulte, où on se pose beaucoup de questions sur le présent autant que sur l’avenir. La jolie plume de Cécile Guillot permet de passer un moment de détente agréable en compagnie d’un texte intelligent et social sur la condition de la femme, une thématique traitée sous de nombreux aspects et de nombreuses situations. J’ai passé un bon moment avec la lecture de ce texte que je recommande aux adeptes du young adult et aux jeunes filles qui doivent être sensibilisées rapidement à tous ces problèmes.

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Palimpsestes #3 Anachronisme – Emmanuelle Nuncq

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Anachronisme
est le troisième tome de la trilogie fantastique Palimpsestes proposée par l’autrice française (mais résidente belge) Emmanuelle Nuncq. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce titre au prix de 19.90 euros. Si cette saga vous intéresse, il existe également un pack comprenant les trois tomes.
Ce livre entre dans le challenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce livre entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne Ensorcelant » catégorie « Balai Pattes ! »

Palimpsestes est une trilogie fantastique, donc, sur le thème du voyage dans le temps qui se situe à la fin du 19e, début du 20e siècle. Dans le premier tome, nous suivons Clara et Samuel qui assistent à des évènements incroyables en plein milieu du Louvre: des scènes du passée surgissent de manière aléatoire depuis le début de l’exposition consacrée à Delphes. Clara, étudiante en art et Samuel, guide au musée, vont chercher à dénouer les fils de ce mystère. Le second tome nous en apprend davantage sur l’histoire de cette statue de la Pythie dont tout part et le troisième se concentre sur Louise, la fille de Clara, qui manifeste des pouvoirs semblables à ceux de la statue. Sa famille décide de garder le secret mais celui-ci éclate malgré tout, ce qui déchaine les passions. Autant du peuple que des politiciens qui ont tôt fait de monter la mission Kairos…

Je n’avais pas encore eu l’occasion de parler de cette saga sur le blog puisque j’ai lu les deux autres tomes avant l’ouverture. Je garde du premier un souvenir assez agréable, une lecture détente pleine de références historiques. Et du second celui d’un roman de voyage qui m’a un peu rappelé des films d’aventure que j’aimais regarder plus jeune. Plus on avance dans la trilogie et plus le ton s’assombrit, ce qui n’est pas un mal en soi puisque les enjeux deviennent plus importants également. À mes yeux, la grande force de ce roman se situe dans l’amour qu’a l’autrice pour l’Histoire. Il se ressent à chaque page, à chaque référence, ce qui transforme Palimpsestes en œuvre très riche. Surtout aux yeux de ceux qui, comme moi, sont férus d’Histoire.

Un autre point positif, ce sont les personnages. Dans le premier tome, j’avais beaucoup apprécié le tempérament de Clara. Là où certains la trouvaient illogique et désagréable, je découvrais une femme forte qui sait ce qu’elle désire et qui aime profiter de la vie. Quand elle prend des décisions, elle assume et ce même si elle se pose toujours des questions. Emmanuelle Nuncq nous dépeint des femmes toutes en nuance qui sont assez réalistes, elle ose dire les choses au lieu de les magnifier bêtement. Cela trouve un écho en moi, en tant que personne.
L’héroïne de ce tome-ci ne fait pas exception. Louise est beaucoup plus naïve que sa mère, plus jeune aussi et plus sensible, pourtant elle est parvenue à me toucher. J’ai vraiment apprécié son évolution et les rapports qu’elle entretenait avec les différents membres d’équipage, ainsi qu’avec sa famille. Quant aux derniers chapitres… Je ne veux pas spoiler mais j’ai été touchée par les choix narratifs de l’autrice qui donnent à Palimpsestes un côté plus mâture et plus réaliste. Ça m’a vraiment beaucoup emballée et a rehaussé encore davantage mon attrait pour ce livre, lu (ou plutôt dévoré) en une journée.

L’intrigue bien ficelée quoi que prévisible par moment permettra aux lecteurs de se questionner sur tout un tas de thématiques propres à l’exploitation du voyage dans le temps (mais pas que). Si cela ne révolutionne pas le genre, Emmanuelle Nuncq dispose toutefois d’une sensibilité qui nous font prendre à cœur ces interrogations. Doit-on modifier l’Histoire si on en a la possibilité? L’être humain peut-il se contenter d’observer sans toucher? Qui a le droit de vivre ou de mourir? Qui sauverait-on si on le pouvait? Et quelles conséquences cela aurait? Comment la meilleure volonté du monde finit-elle pervertie de la sorte? Quelle est la place du savoir dans notre société? De la culture? J’ai trouvé ce troisième tome très engagé à ce niveau, ce que j’ai énormément apprécié puisque ce n’est pas si courant.

Pour résumer, Anachronisme conclut avec brio une trilogie qui va crescendo sur la thématique du voyage dans le temps. Les amoureux de l’Histoire y trouveront forcément leur compte ainsi que les adeptes du steampunk léger et des romans de voyage. Pour ne rien gâcher, l’autrice aborde énormément de thématiques liées à des questionnements culturels et sociaux qui raviront les lecteurs adeptes de textes plus engagés. J’ai passé un excellent moment en compagnie de la famille Morgenstern et je recommande chaudement la lecture de cette trilogie.

Paradoxes #3 L’éveil de la Troisième Force – L. A. Braun

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Le troisième et dernier tome de Paradoxes s’intitule L’éveil de la troisième force. Proposé par l’autrice belge L. A. Braun, il termine sa première trilogie avec brio. Disponible en papier au prix de 15 euros. Sa sortie est prévue le 26 septembre lors d’une soirée exceptionnelle à Bruxelles où je vous invite à vous rendre !
Pour commander les deux premiers tomes, cliquez ici.
Pour précommander le tome 3, cliquez là.

Je vous ai déjà parlé de la saga Paradoxes puisque j’ai chroniqué les deux premiers tomes (tome 1tome 2). Une histoire difficilement classable qui mélange fantastique, science-fiction, policier dans une Bruxelles futuriste. Ce tome se passe pourtant majoritairement à Paris (vous savez pourquoi si vous avez lu le 2 !) et nous dévoile des pans entiers de l’univers créé par l’auteur. Peut-être un peu trop d’un coup, mais je vais y revenir.

Nous retrouvons Jared dans la situation où nous l’avons laissé (pas très brillante) et nous rencontrons de nouveaux protagonistes. C’est le premier gros reproche que j’ai à faire (et sûrement le seul en fait) : la multiplication des personnages m’a empêchée de vraiment m’attacher à eux. L’action ne manquait pas mais je la suivais un peu comme quand on regarde un film par hasard en le prenant en cours de route parce qu’on a zappé sur la chaîne à ce moment-là. J’étais accrochée, j’avais envie de savoir où l’autrice me menait, mas je ne m’intéressais pas spécialement au devenir des personnages, à une ou deux exceptions.

Et franchement, comme je le lisais en bêta lecture (cette chronique date du mois de mai mais je la publie seulement maintenant pour la sortie !), j’étais déjà paniquée rien qu’à l’idée de le lui annoncer. À ce stade, je trouvais que ça aurait mérité une révision complète. Puis j’ai lu la fin.
Et ma vie a changé.
Bon d’accord, peut-être pas à ce point-là. Mais cette fin, quelle claque ! Je m’en suis même exclamée tout haut, tellement je ne m’y attendais pas, tellement je ne la voyais pas venir mais alors pas du tout. Redoutable, osée et plutôt intelligente, je ne vais pas vous la spoiler mais rien que pour ça, ça vaut vraiment la peine.

Est-ce que Paradoxes est une saga parfaite? Non. Mais ce sont les débuts littéraires d’une autrice belge prometteuse qui réfléchit sur ses textes, qui évolue au fil de ses romans et acquiert toujours plus d’expérience qu’elle met à profit. Une page se tourne avec cette trilogie et pas des moindres. Je vous la recommande tout de même si vous aimez le mélange des genres, si vous êtes rôliste, si vous avez envie de sortir des sentiers battus et de découvrir un univers riche. Je suis personnellement heureuse du voyage !

Immortel Ad Vitam – Cécile Pommereau

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Immortel Ad Vitam
est un one-shot dans la veine fantastique écrit par Cécile Pommereau. Réédité récemment chez Noir d’Absinthe, vous pouvez trouver ce roman au prix de 15 euros en papier et 4.99 en numérique.
Ce roman entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne Frissonnant » catégorie « Le fantôme de l’apéro ».
Ce roman est lu dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus, catégorie Imaginaire pour lequel je suis jurée.

Immortel Ad Vitam raconte l’histoire de Fred, un gars un peu paumé et banal avec qui la vie n’a pas été tendre. Ancien pompier, il tue un homme par accident et se retrouve en prison. Quand il en sort, toute sa vie a foutu le camp et il décide de se suicider… Sauf qu’après s’être fait exploser le crâne avec un fusil, Fred revient à la vie comme si de rien n’était.
Mais c’est aussi l’histoire de Jean, un flic pas loin de la retraite qui a la surprise de constater qu’un cadavre s’est tiré de sa scène de crime. Cadavre qui paraît bien vivant quand il le croise dans un bar !
Vous vous en doutez, leurs chemins vont se croiser et ça va faire des chocapics des étincelles.

Ce n’est pas forcément clair en lisant le résumé mais ce roman court est bourré d’humour caustique et noir. Sur 168 pages (en numérique), Cécile Pommereau nous entraine dans le quotidien navrant de Fred, pour qui on ne peut s’empêcher d’éprouver une forme d’empathie. Elle alterne les chapitres et les points de vue, faisant la navette entre Fred et Jean tout en gardant une écriture à la première personne. Malgré des chapitres assez courts, le lecteur n’oubliera jamais dans la tête de qui il se trouve car les deux personnalités sont plutôt bien marquées.

J’ai apprécié de suivre Fred autant que Jean qui sont deux personnages très vivants. J’ai tout de même une préférence pour ce policier bougon et blasé qui se prend d’affection pour Fred. Je pense que certains lecteurs trouveront que la relation type « bromance » qui existe entre eux se construit beaucoup trop rapidement, parce que je me suis fait la même réflexion. Puis, en y réfléchissant, je me dis que vu les circonstances… Ça n’a rien de surprenant.

Immortel Ad Vitam est une œuvre dynamique. Pour preuve, je l’ai lue d’une traite ce matin sans m’ennuyer une seconde. Les pages se tournent avec facilité et on se laisse prendre dans l’intrigue. Cette dernière est plutôt classique: on ignore pourquoi Fred est devenu immortel, comment tout cela fonctionne, alors les protagonistes vont mener une enquête en remontant la piste de celui qui lui a transmis ce cadeau empoisonné. Une piste qui m’a d’abord paru vraiment trop facile… jusqu’à la toute fin. Plus j’approchais des dernières pages et plus je craignais les explications tarabiscotées, les deus ex machina ou un truc cliché au possible. Et finalement… non. Je n’en dirai pas plus mais j’ai vraiment aimé ce que Cécile Pommereau a choisi comme fin. C’était plutôt intelligent, ça montrait une certaine réflexion. Le message que l’autrice choisit de faire passer surprend dans un roman qu’on pourrait, au premier abord, croire exister uniquement dans une perspective de divertissement.

Certains lecteurs auront un goût de trop peu, surtout ceux qui ont besoin de connaître toutes les réponses. À ceux-là, je dis, pas de panique ! Une nouvelle gratuite (que je n’ai pas encore lue) est disponible sur le site de Noir d’Absinthe qui, je n’en doute pas, donnera les explications manquantes sur ce mystère d’immortalité. Du moins, si je me fie au titre.

Pour résumer, Immortel Ad Vitam est une lecture détente. Un chouette petit roman court qui vous mettra de bonne humeur avec des personnages attachants et un rythme maîtrisé. Cécile Pommereau signe une œuvre agréable dont je recommande la lecture pour les jours où le moral n’est pas au beau fixe.

Les amoureux de la lune – Lizzie Felton

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Les amoureux de la lune
est un one-shot écrit par l’autrice française Lizzie Felton. Publié aux Éditions du Chat Noir dans la collection Cheshire, le livre est disponible au prix de 19.90 euros.
Ce roman entre dans le chalenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne douceur de vivre » catégorie « pomme au four, tasse de thé et bougie » puisqu’il s’agit d’une romance. Il peut aussi convenir au menu « Automne ensorcelant » catégorie « cristaux, tarot et encens » pour son côté très mystérieux et étrange. Je n’en dit pas plus pour ne pas spoiler mais ceux qui l’ont lu comprendront.

Pour être très honnête avec vous, je n’ai pas acheté ce livre et je ne l’aurai pas acheté malgré les bonnes critiques que j’ai pu lire dessus et le fait que l’autrice soit absolument adorable. Assez simplement parce que ce n’est pas du tout mon style de littérature, que ça ne me correspond pas le moins du monde. Pourtant, justement parce que Lizzie Felton est une fille super gentille avec qui j’ai longtemps discuté aux Imaginales, j’ai accepté avec plaisir que FungiLumini, du blog Livraisons Littéraires, me le prête. J’en profite pour vous glisser le lien de sa chronique sur le roman. Voici donc comment j’en suis venue à lire les Amoureux de la Lune et à me prendre une grande claque.

Nous suivons le personnage de Lucie, une parisienne pure souche qui doit déménager en province le temps d’une année, pour le job de son père. Lucie n’est pas une gentille fille sans être non plus une terreur. Ses parents ne lui font pas vraiment confiance et l’école ne la veut pas en internat à cause de son comportement. Du coup, la voilà partie dans le Sud avec sa famille. Son intégration à la jeunesse dorée de la côte d’Azur se fait sans le moindre problème. Mais tout change quand Lucie rencontre Ulysse, un mystérieux garçon qui appartient à la famille Lovelace, des gens qui vivent à l’écart des autres. Ulysse va la toucher et la transformer à tout jamais, en lui montrant une autre vision du monde.

Je sais, expliqué comme ça, le roman a l’air vraiment banal. Et pourtant ! Il est assez compliqué de parler des Amoureux de la Lune, que ça soit de son genre littéraire ou son intrigue, sans vous dévoiler des pans entiers du mystère savamment entretenu par Lizzie. Elle maîtrise bien son intrigue et son suspens, en distillant des informations ici et là, en provoquant le doute chez les lecteurs qui n’est pas toujours certain de se trouver dans un roman fantastique. Dans le premier tiers du livre, j’ai eu l’impression de suivre une adolescente agaçante et sans saveur. Pourtant, je n’ai pas réussi à poser les Amoureux de la Lune. Je continuais à le lire, plongée dans la vie de Lucie, happée par l’écriture simple mais poétique de l’autrice. Si j’ai parfois eu du mal à la comprendre, je dois avouer que cette jeune fille m’a finalement touchée plus que je ne l’aurai cru. Finalement, les adolescentes et les jeunes adultes s’y identifieront facilement et ses élans amoureux parleront à toutes les filles un brin sensible. C’est une fille comme les autres, submergée par un sentiment d’une puissance inouïe. Certains trouveront peut-être qu’elle en fait trop. Je leur dirais qu’ils ont vite oublié ce que c’est, d’être ado.

On pourrait se demander pourquoi ce livre est au Chat Noir, quand on le referme. Avant de se rendre compte qu’il n’aurait pas pu être ailleurs. C’est la maison d’édition parfaite pour un ouvrage de ce type, si original et disposant d’une vraie personnalité. Si j’ai parfois trouvé dommage que certaines scènes soient un peu rushées, comme les dialogues entre Lucie et Marie ou la manière dont Lucie s’installe dans sa nouvelle vie, je referme pourtant ce livre avec un sentiment positif, sans aucune frustration et la tête pleine de magnifiques citations. C’est en arrivant à la fin de ces trois cent pages qu’on comprend les choix narratifs de l’autrice et qu’on saisit la mesure réelle de sa sensibilité.

Pour résumer, les Amoureux de la Lune est une magnifique histoire qui, je l’espère, vous touchera autant que moi. Ce texte a réussi à me faire verser une larme. Lizzie Felton signe un premier roman qui déborde de poésie et de sensibilité artistique. Une autrice à suivre et un titre à découvrir. Ce fut un coup de cœur pour moi ♥

Les Sœurs Carmines #3 Dolorine à l’école – Ariel Holzl

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Dolorine à l’école
est le troisième (et dernier?) tome de la saga des Sœurs Carmines écrite par l’auteur français Ariel Holzl. Publiée chez Mnémos, chaque tome coûte 17 euros.
Je remercie les éditions Mnémos pour ce service presse !
Cette lecture entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.

Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé des Sœurs Carmines en chroniquant le tome 1 et le tome 2. J’avais été emballée par le concept sur le premier et avait été enchantée par les aventures de Tristabelle dans le deuxième. Ce troisième tome nous permet de suivre Dolorine, la petite sœur Carmine âgée d’une dizaine d’année seulement, qui va entrer au pensionnat de Mme Boggartine. En arrivant sur place, Dolorine se rend compte que plusieurs choses ne vont pas. Déjà, les élèves sont anormalement gentils avec elle. Ensuite, les fantômes ont tous disparu, du jamais vu ! La fillette décide alors de mener l’enquête et ça n’ira pas sans mal.

Ce qu’on craint naturellement avec une héroïne aussi jeune, c’est de tomber sur un texte trop enfantin ou trop immature. Ce n’est pas le cas du tout ! Dolorine est d’une touchante naïveté qui se mêle à son éducation « grisaillaise » pour offrir au lecteur des réflexions aussi amusantes qu’incongrues. Là où le premier tome restait introductif avec une sœur un peu plus fade comparée aux autres et où le second offrait une Tristabelle brillante et détestable, ce troisième continue sur sa lancée pour dépayser son lecteur.

Le récit à la troisième personne est parsemé des pages du journal de Dolorine pour une plus grande immersion dans le personnage mais aussi, nouveauté, du journal de son institutrice et d’un exposé réalisé par ses camarades de classe qui se montrera capital pour la suite. J’ai vraiment apprécié les choix narratifs de l’auteur à ce niveau et les dessins qui parsèment le livre. Ce sont parfois des bonhommes assez simplistes et à d’autres moments, des croquis plus aboutis qui apportent véritablement quelque chose au livre. Les pages du journal de Dolorine comportent des taches et des ratures pour donner cet aspect vieillot à ces parties. Les moments de narration, quant à eux, contiennent parfois des mots barrés et corrigés comme d’une façon manuscrite, probablement par Dolorine elle-même, ce que j’ai trouvé amusant et enrichissant.

Outre ces éléments esthétiques et ces choix de l’auteur, l’intrigue qui se développe aborde des thèmes intéressants, comme celui de la mort et des conséquences d’une lutte contre elle. Cela reste classique mais la manière dont Ariel Holzl met cela en place m’a captivée au point de lire ce tome presque d’une traite. On en apprend également davantage sur la dernière des filles Carmine, ce qui pose finalement plus de questions qu’autre chose. Je doute en fait que ce tome soit le dernier car l’auteur se ménage pas mal d’éléments pour continuer sa saga en laissant des questions en suspend. Puis n’oublions pas bébé Dram !

Pour le reste, l’univers se maintient à la hauteur des deux tomes précédents en s’enrichissant toujours un peu plus. On retrouve avec plaisir cette ambiance de merveilleux noir où le progrès technologique commence à menacer les habitudes un peu plus magiques des habitants de Grisaille. Le dénouement de cette malheureuse affaire était vraiment épique, l’auteur n’a peur de rien et ne manque pas d’imagination ! Je me demande s’il envisage des produits dérivés, d’ailleurs. J’adorerai avoir un Monsieur Nyx.

Pour résumer, ce troisième tome des Sœurs Carmines est à la hauteur de sa saga. Contrairement à ce que je craignais, suivre Dolorine n’empêche pas le lecteur plus âgé de s’immerger, que du contraire. Chaque tome a un ton différent, relié par un univers de merveilleux noir avec quelques tendances au steampunk plus que prometteuses. Ariel Holzl signe un nouveau roman réussi et en tant que lecteur, on a qu’une question à lui poser: À quand la suite?

Lena Wilder #1 Sauvage – Johan Heliot

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Sauvage est le premier tome du diptyque Lena Wilder écrit par l’auteur français Johan Heliot (dont je vous ai déjà parlé pour sa saga Grand Siècle). Publié chez Lynks Éditions, vous trouverez facilement ce tome urban fantasy young adult partout en librairie au prix de 16.90 euros. Je tiens à remercier l’éditeur pour ce service presse !

Lena Wilder, c’est l’histoire de… Lena Wilder donc, narratrice à la première personne qui a passé sa vie à fuir aux côtés de sa mère. Qui ou quoi? Des hommes mystérieux appelés les Démarcheurs dont elle ne sait pas grand chose. Les deux femmes ne restent jamais plus de six mois au même endroit et Lena en a plus que marre. Sa mère et elle arrivent, au début du roman, dans la petite ville d’Arkhoon où tout va changer radicalement dans leur quotidien. Et pas uniquement à cause du voisinage…

Comme je l’ai précisé, il s’agit d’un roman young adult doublé par un livre type urban fantasy (même si on peut chipoter sur le terme dans ce cas-ci), autant dire de moins en moins mon type de lecture. Si ça n’avait pas été écrit par Johan Heliot, je ne pense pas que j’aurai posé les yeux sur ce roman, pourtant, j’ai été agréablement surprise par cette découverte. Après, très honnêtement, je n’ai trouvé aucune similitude (même pas de style) entre ce livre et les autres que j’ai pu lire de l’auteur, ce qui était assez perturbant en soi. Cela n’enlève rien au côté sympa du roman ! Évidemment, l’amourette entre Lena et Gerry m’a un peu saoulée parce que je la trouve trop rapide et trop peu crédible (comme souvent) mais il n’y a que cet élément, en plus de certaines facilités scénaristiques (dont je ne dresse pas la liste pour éviter de vous spoiler l’intrigue), qui m’a vraiment posé problème. Et en soi, pour ce genre littéraire, il se contente de respecter les codes donc ce sera un point positif pour beaucoup de lecteurs. C’est simplement que moi, en tant que lectrice, je n’apprécie plus spécialement.

Je vais commencer par évoquer l’univers. L’action se passe en Amérique, une Amérique profonde ambiance trou perdu avec une mentalité très en retard sur l’égalité, le racisme, etc. L’ambiance est bien décrite par l’auteur, on s’imagine sans problème notre environnement, on sent presque la poussière se coller sur une mince pellicule de sueur. L’auteur incorpore une mythologie assez novatrice et à la fois classique. Il évoque le mythe du loup-garou à l’ancienne: pas de transformation en véritable loup, plutôt une forme hybride qui prend le pas sur celle humaine, le tout avec des explications scientifiques et de vrais concepts comme l’atavisme. J’ai trouvé ça original et plutôt intéressant, ça sort du garou des romans habituels. Je ne vais pas trop en révéler sur les théories évoquées dans le livre, pour ne pas spoiler, mais ça change.

On sent que l’auteur a pas mal réfléchi sur la question et il en profite pour aborder des thèmes plutôt classiques comme la tolérance, le danger de la haine, de l’extrémisme et du rejet, l’importance du vivre ensemble. Il ne révolutionne pas le genre mais je trouve que, face à notre actualité, ce n’est pas plus mal de rappeler certains principes fondamentaux comme ceux-là.

Le personnage de Lena ressemble à celui de n’importe quelle adolescente avec une touche supplémentaire de maturité puisqu’elle n’a pas le même type de préoccupations que la plupart des filles de son âge. La faute à son manque de sociabilité: pas facile de se faire des copines quand on déménage sans arrêt ! Je ne me suis pas particulièrement attachée à elle, mais je ne l’ai pas détestée non plus. Par contre, pour les garçons et surtout pour Gerry, c’est une autre histoire… Heureusement, même si j’ai trouvé que leur relation allait très (trop) vite, Lena ne devient pas une poupée enamourée qui ne pense qu’à son « mec ». Elle garde le sens des priorités, elle se débrouille sans forcément compter sur lui et c’est plutôt agréable. Les autres personnages ne m’ont pas forcément marqués, ils remplissent leur rôle sans laisser une trace réellement indélébile sur le lecteur. Et cela s’explique quand, une fois à la fin, on se rend compte que tout le livre est raconté par Lena, littéralement. Elle est en train de l’écrire. Du coup, ça « excuse » les passages parfois trop rapides et le manque de profondeur de certains protagonistes. Disons que ça reste cohérent avec le style narratif choisi par l’auteur, qui nous offre une écriture dynamique et prenante.

L’intrigue en elle-même reste assez classique mais on n’attend pas forcément de chaque roman qu’il révolutionne son genre littéraire. J’ai tout de même trouvé dommage que la fin soit si précipitée. J’ai eu un sentiment un peu de bâclé, ça aurait mérité quelques pages supplémentaires et davantage de suspens, parce qu’on s’y attend vraiment.

Pour résumer, si le premier carnet de Lena Wilder ne propose pas de grosses surprises scénaristiques et pousse parfois à grimacer face à la force de l’héroïne (qui n’a que 18 ans…), il reste néanmoins agréable à lire. Les 302 pages se tournent facilement et on se surprend à être embarqué dans l’histoire. Ce roman se lit vite et remplit efficacement son rôle de bon divertissement. Il plaira beaucoup aux lecteurs adeptes du Young Adult et des univers surnaturels, qui ont envie d’une héroïne moins nunuche que la moyenne dans ce genre littéraire. J’ai passé un agréable moment avec Lena Wilder qui est une lecture détente, sans prise de tête, et je suis quand même curieuse de découvrir le second tome.