Bifrost n°106

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Ce 106e Bifrost est consacré à un auteur qu’on ne présente plus : Kim Stanley Robinson. Pour ma part, je ne l’ai jamais lu (c’est chose faite avec la nouvelle dans ce numéro) ce qui ne m’empêchait pas de plus ou moins être capable de le situer. J’étais très curieuse de découvrir le dossier à son sujet ainsi que son interview. J’avais envie d’être guidée pour savoir quel roman lire en premier mais je dois avouer qu’au terme de ces différents dossiers et après lecture de la nouvelle, je ne ressens plus trop l’envie de m’y mettre et l’interview n’a pas aidé. Un peu comme avec Dan Simmons, finalement… Qu’on en pense ce qu’on veut mais quand je n’accroche pas à la personnalité de l’auteur, je bloque. Pourtant, ce monsieur n’a rien de problématique ! J’ai simplement eu un mauvais feeling que je peux difficilement expliquer (en même temps personne ne me le demande), cela arrive.

Et cela ne m’a pas empêché d’apprendre beaucoup choses dans ce numéro. Cette fois, j’ai préféré la rubrique Scientifiction intitulée : Don’t look up, un caillou dans le ciel qui parle justement des œuvres de fiction où un objet venu de l’espace frappe la Terre et avec quelles conséquences. Un très intéressant article thématique.

Comme d’habitude, je vais m’attarder sur les nouvelles. C’est parti !

Venise engloutie de Kim Stanley Robinson
(traduction par Pierre-Paul Durastanti)
La montée des eaux frappe Venise de plein fouet, obligeant les habitants à changer de vie. Le lecteur suit un homme qui guide des touristes dans les ruines englouties de la ville et les aide parfois à dérober des objets d’art, même si ça lui coûte.

Je comprends le propos de la nouvelle sur l’écologie, la place de la mémoire du passé dans une société qui part à vau-l’eau (c’est le cas de le dire) et le sens des priorités mais je me suis ennuyée durant ma lecture et j’ai réussi à la trouver longuette. Du coup, intellectuellement j’ai saisi ce que l’auteur voulait dire mais il n’est pas parvenu à me toucher ni à m’embarquer.

On est peut-être des Sims de Rich Larson
(traduction par Pierre-Paul Durastanti)
Trois condamnés sont envoyés dans l’espace pour une mission précise. L’entente entre eux périclite quand l’un des hommes se persuade que tout ceci n’est qu’une simulation et que, pour en sortir, ils doivent se jeter dans le vide spatial.

C’est une nouvelle est principalement narrée par Beatriz, une junkie plus intéressée par ce qu’elle s’injecte dans les veines que tout le reste. Ce point de vue permet une certaine distance mais aussi une drôle d’analyse de ce qui se déroule sous ses yeux. Le dernier paragraphe n’apporte finalement aucune réponse claire et laisse au lectorat la liberté d’interpréter les enjeux du texte. C’est plutôt malin et bien mené, comme la plupart du temps chez Rich Larson. J’adhère !

Résonnance Lointaine de Johan Heliot
Après la pandémie COVID, une nouvelle épidémie s’abat sur l’humanité. Des gens tombent dans le coma et seulement une toute petite partie se réveille. Ceux qui ont cette « chance » voient leur cerveau totalement reconfiguré etgagnent une intelligence supérieure. Leur personnalité en est évidemment altérée…

L’histoire est racontée par Matthis, l’ex-mari d’une des victimes de ce syndrome qui va suivre l’évolution de son ex-femme et des autres éveillés. Elle met en scène l’humanité dans ce qu’elle a d’égoïste et parle aussi, d’une certaine manière, des différentes facettes du deuil. C’était plutôt intelligent et bien mené. Je n’avais jamais lu cet auteur au format court et cette première fois me convainc.

Expiation de Tade Thompson
(traduction par Jean-Daniel Brèque)
Des aliens sont venus visiter la Terre sans se rendre compte qu’elle était habitée par une forme de vie intelligente. Le temps que la pièce tombe, il ne restait que cinq survivants… Pour se faire pardonner, ces extra-terrestres proposent de reconstruire le monde qu’ils ont détruit. Ces survivants sont donc mis à profit afin de remodeler la Terre sur base de leurs souvenirs mais aussi de leurs valeurs…

La nouvelle est écrite à la première personne du point de vue de Storm un homme pas franchement sympathique qui souffre d’une grande frustration face aux évènements. Cet angle permet d’aborder tout un tas de thématique comme la considération apportée à l’existence, le fait que l’humain a besoin de ses semblables, etc. C’est le texte le plus long et probablement le plus riche, le plus inspiré, qui m’a donné envie de revenir à cet auteur.

La conclusion de l’ombre :
Ironiquement, je retiendrais de ce numéro tout ce qui ne concerne pas Kim Stanley Robinson. La nouvelle de Johan Heliot m’a fait découvrir cet auteur que je connais pourtant bien dans un autre format qui a su me convaincre. Rich Larson reste fidèle à lui-même. Quant à Tade Thompson, son texte me fait attendre ses prochains formats courts avec encore plus d’impatience ! Je note aussi le Scientifiction particulièrement savoureux. Toujours pas de regrets de mon côté car même si l’auteur présenté n’a pas titillé ma curiosité, je n’en ai pas moins étoffé ma culture littéraire et c’est finalement le plus important.

D’autres avis : Dragon GalactiqueConstellations – vous ?

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9 réflexions sur “Bifrost n°106

  1. Pingback: Des nouvelles de Bifrost #106 | Kim Stanley Robinson, Rich Larson, Johan Heliot, Tade Thompson – Le dragon galactique

  2. Si ça passe pas ça passe pas, malheureusement. J’avais bien aimé Chroniques des années noires de Robinson mais j’aimerais le relire un jour car je ne me souviens de quasi rien. Par contre a trilogie martienne ¯\_(ツ)_/¯ Je réessaierai quand je serai à la retraite 🤣

    J’ai beaucoup aimé la nouvelle de Johan Heliot, ça m’a fait penser à The leftovers par certains aspects qui est une de mes séries préférées entre toutes (et c’est pas peu de le dire : j’ai vu un paquet de séries XD)

    • 🤣 si tu t’en rappelles d’ici là !

      Je n’ai pas vu cette série donc je ne peux pas faire de parallèle mais clairement la nouvelle de Johan Heliot était d’une belle qualité et avec une saveur particulière en post pandémie en plus 😅 les trois nouvelles du Bifrost étaient tops en fait. Juste KSR j’ai pas réussi 🤷

  3. Pingback: Bifrost N° 106 : Kim Stanley Robinson – Constellations

    • Un ressenti c’est propre à chacun ! J’ai lu beaucoup de retours très enthousiastes sur lui et je ne doute pas de ses qualités littéraires. Il ne correspond juste pas à ce que j’aime lire.

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