Overlord #1 Hugin Muyama & Kugane Maruyama

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Overlord est le premier tome d’un manga adapté d’un light-novel écrit par Kugane Maruyama. On doit l’adaptation manga à Hugin Muyama, même si ce n’est pas forcément clair sur la couverture. Notez qu’il existe également un anime. La version française est publiée par Ototo Manga, dont c’est le premier titre que je découvre. Il s’agit d’un seinen réservé aux plus de 12 ans selon le classement (même si je n’ai pas trop compris pour quelle raison en lisant ce premier tome, je vous explique plus bas) que vous trouverez en librairie au prix de 8 euros.

Le concept d’Overlord est assez intriguant. En l’an 2138, le DMMO-RPG Yggdrasil est sur le point de fermer ses serveurs. Momonga, nécromancien et chef d’une des dix plus puissantes guildes du jeu (si pas la plus puissante, appelée Ainz Ooal Gown) compte vivre l’évènement en direct, très attristé par ce qu’il considère comme la fin d’une époque. Sauf qu’à minuit, il n’est pas déconnecté du serveur… Et se retrouve coincé dans le jeu! Les PNJ de la guilde se dotent d’une conscience, qui ressemble à celle de leurs créateurs d’origine, les amis de Momonga. Perturbé, ce dernier décide de conquérir ce nouveau monde en espérant que son nom se répande et attire, éventuellement, d’autres joueurs dans la même situation que lui. Quant à sortir du jeu? Il y pense environs deux minutes avant de passer à autre chose…

Quand j’ai entendu parler du manga, on me l’a vendu comme une aventure avec un anti-héros, un vrai méchant, et ça m’a emballée. Du coup, j’avais beaucoup d’attentes envers ce tome 1, probablement de trop. Quelle déconvenue… Le personnage principal n’a rien de maléfique, il manque même de crédibilité en tant que seigneur du mal. Cela se justifie par le côté MMORPG, puisque c’est son créateur humain qui le dirige et non lui-même, mais bon… L’auteur aurait pu utiliser cette justification pour prendre le contre-pied des évènements et rendre acceptable des comportements violents et dépravés, mais ça n’a pas été le cas. Au contraire, ce chef de guilde va jusqu’à sauver un village… moyen non, pour un méchant? Du coup je me suis dis que mon libraire m’avait mal expliqué l’idée (sait-on jamais) sauf que non, le pitch sur manga-news clame bien ceci: « Surpuissant chef de l’une des meilleures guildes du jeu « Yggdrassil », un seigneur des forces du mal va se lancer dans une nouvelle quête qui risque de dépasser bien plus que ses espérances… »

Si le personnage principal manque cruellement de crédibilité et me laisse globalement froide, j’ai décidé de vous parler de ce manga pour son univers, qui sauve les meubles. J’ai trouvé l’idée de base vraiment intéressante. Entre chaque chapitre, on a des explications concernant le jeu en lui-même, les possibilités qu’il offre et à chaque fois je me disais que franchement, ce serait énorme de jouer à Yggdrasil. Évidemment, le concept est très futuriste et je n’ose imaginer la taille des serveurs nécessaires pour le faire tourner. N’empêche, l’univers est bien construit, il mérite qu’on s’y attarde. Il a un gros potentiel que j’espère plus exploité dans les tomes suivants. Le tout est servi par un chara-design qui, à défaut d’être original, répond aux standards modernes du manga et est plutôt propre, agréable à regarder. Chaque personnage a sa propre personnalité graphique, ce n’est pas brouillon ou flou, les éléments de décors sont soignés.

D’ailleurs, les personnages qui gravitent autour du héros (on va l’appeler comme ça) ont plus de potentiel que lui même. Ils sont intrigants, on a envie d’en apprendre plus sur eux et j’espère qu’ils prendront plus d’ampleur dans la suite.

Bref, sur un plan technique, ce manga est sympathique, un divertissement correct, mais je n’ai pas accroché au personnage principal que j’ai trouvé cliché et peu intéressant. En plus, je n’aime pas trop l’esquisse de l’image qu’il donne du gamer, mais je lui laisse le bénéfice du doute. Je pense que je ne suis pas du tout le public cible pour cette lecture, toutefois, j’ai distingué quelques qualités en fond qui me poussent à vous en parler. Je suis aussi persuadée qu’on me l’a mal vendu et que mon a priori de base m’a empêchée de lui donner toutes ses chances. Si je ne m’étais pas attendue à quelque chose d’assez sombre, j’aurais mieux apprécié cette lecture en l’abordant sous un angle différent.

Je le recommande pour un public plus jeune, très clairement adolescent, qui aime l’aventure, l’univers du MMORPG et l’humour propre au shonen. D’ailleurs, si on se fie au premier tome, ce manga devrait être classé en shonen plutôt qu’en seinen mais c’est un avis personnel.

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