Le Jardin, Paris – Gaëlle Geniller

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Le Jardin, Paris
est une bande-dessinée scénarisée, illustrée et colorisée par l’artiste française Gaëlle Geniller. Publié par Delcourt, vous trouverez cette bande-dessinée partout en librairie au prix de 25.50 euros.

Cet article contient deux extraits de la BD qui servent uniquement à illustrer des éléments de ma chronique. Ces extraits appartiennent évidemment à l’autrice et à sa maison d’édition.

De quoi ça parle ?
Paris, 1920. Rose est un jeune homme de dix-neuf ans qui a vécu toute sa vie dans le cabaret « le Jardin ». Le lecteur le rencontre au soir de sa première apparition sur scène, car Rose aime danser et compte bien suivre les pas de sa mère.

Une BD bienveillante.
Il suffit d’un mot pour résumer l’œuvre de Gaëlle Geniller, un mot qu’on peut trop rarement apposer sur bien des fictions de nos jours. Ce mot, c’est bienveillance. L’autrice met en scène la vie du cabaret le Jardin à travers le personnage de Rose, dix-neuf ans, fils de la propriétaire. Rose grandit dans ce jardin (avec et sans majuscule d’ailleurs) entouré par plusieurs danseuses qui portent elles aussi des noms de fleurs. Au sein de ce groupe féminin, Rose se sent bien, soutenu, épanoui. Les personnages entretiennent des relations saines et positives basées sur l’encouragement, le dépassement de soi. La mesquinerie ne semble pas exister au Jardin, aucune bassesse ni jalousie, on frôle l’utopie.

Mais cela fait du bien et permet de traiter finement des thématiques importantes comme le poids du patriarcat ou encore l’importance (ici relative) du genre. Voyez plutôt…

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Dans le premier cas, on assiste à plusieurs scènes où Rose, habillé en femme, fait sa première expérience de harcèlement de rue ou encore reçoit une remarque d’un homme qui, en substance, lui dit qu’il ne comprend pas pourquoi il renonce à sa supériorité en « devenant une femme » (représenté par l’extrait ci-dessus). Sous-entendu, les femmes sont inférieures… Pourtant, l’homme en question n’apparait pas malveillant et Rose lui adresse une répartie très intelligente avec le sourire. Ce ne sont que deux exemples parmi d’autres qui permettent d’aborder cette thématique sans pour autant noircir inutilement ce joli univers floral. Gaëlle Geniller a, à mon sens, trouvé un bel équilibre là-dessus.

La question du genre.
J’évoquais également plus haut la question de l’importance (relative) du genre. En effet, Rose est un homme au sens biologique du terme mais il aime s’habiller en femme, se produire sur scène en tant que femme. Pourtant, il n’est pas transgenre car il préfère qu’on utilise avec lui le pronom masculin. Il entretient également une relation platonique avec un homme, relation très belle, basée sur le respect et l’écoute. C’était la première fois que je croisais une relation de ce type dans un ouvrage autre que classique et j’en ai été enchantée même si j’avoue qu’à chaque page, je m’attendais à ce que ça tourne d’une manière plus classique. Arriver à la fin en ayant été détrompée m’a ravie !

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Toutefois, je dois dire que les personnes qui ressentent le besoin de qualifier chaque chose et de mettre des éléments dans des cases ressortiront frustrés de cette lecture. Mon analyse toute personnelle consiste à penser que l’autrice a voulu souffler un vent de tolérance et de bienveillance, en rappelant que peu importe qu’on comprenne ou non, qu’on cautionne ou non, chacun/e a bien le droit d’être heureux/se comme iel l’entend, sans devoir justifier ou s’inquiéter de se conformer à la binarité genrée qui prédomine actuellement dans nos sociétés.

La conclusion de l’ombre :
Le Jardin, Paris est un petit bonbon à savourer pour retrouver le sourire et l’apaisement. Gaëlle Geniller parle d’acceptation de soi avec beaucoup de bienveillance dans un contexte parisien du début du 20e siècle un brin utopique mais ça ne fait que renforcer son propos. J’ai beaucoup aimé découvrir cette bande-dessinée que je recommande largement.

D’autres avis : La bibliothèque d’Aelinel – vous ?

14 réflexions sur “Le Jardin, Paris – Gaëlle Geniller

  1. Pingback: Bilan mensuel de l’ombre #37 – juillet 2021 | OmbreBones

  2. Tu vas croire que j’ai un commentaire tout prêt que je copie collé à chaque fois, mais ça va partir dans une prochaine commande pour la médiathèque !

    Et je pense même que je l’emprunterait pour ma femme qui aime beaucoup ce genre de thématique.

    Une fois de plus, merci pour la decouverte !

  3. J’attends impatiemment que ma collègue la libère pour la lire. J’avais adoré Fleurs de grand frère de la même autrice, aussi sur la question de l’acceptation de soi. Celle-ci a l’air tout aussi superbe.

  4. Tolérance et bienveillance, deux valeurs que le genre humain aurait bien besoin de s’approprier plus souvent. La BD me tentait déjà, mais ton analyse me donne encore plus envie de la découvrir, notamment en raison de ton interprétation quant au message de l’autrice qui me parler beaucoup.

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