Tokyo, la nuit – Nick Bradley

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Tokyo, la nuit
est le premier roman de l’auteur anglo-allemand Nick Bradley. Publié par Belfond, vous trouverez ce texte au prix de 21 euros partout en librairie.

J’ai découvert ce texte grâce à Amélia Chatterton durant le Hanami Book Challenge, je la remercie pour cela et vous invite à lire sa chronique.

De quoi ça parle ?
À Tokyo, de nombreuses vies se croisent, se touchent et s’influencent sans en avoir conscience. Dans ce roman fix-up, le lecteur suit plusieurs personnages tous connectés entre eux d’une manière ou d’une autre et souvent par la présence d’un mystérieux chat…

Un roman à la frontière des genres.
De prime abord, on pourrait croire que Tokyo, la nuit est un texte de littérature blanche qui prend place dans un Japon moderne et décrit des tranches de vie (presque) banales. De prime abord seulement. En effet, on se rend rapidement compte que tout le roman est traversé par un sentiment de fantastique onirique, de surnaturel léger propre à la littérature japonaise. Ce n’est pas tout ! L’un des chapitres est également consacré à une nouvelle de science-fiction intitulée Copy-cat de Nishi Furuni, un écrivain fictif que l’auteur, dans une interview, avoue être inspiré en partie de Hoshi Shin’ichi. Cette nouvelle a tout à fait sa place dans Tokyo, la nuit puisqu’elle est traduite par l’un des personnages que l’on rencontre et que l’auteur en question est le père et le grand-père de trois autres protagonistes que l’on va suivre ensuite.
Vous pensiez les surprises terminées ? Que nenni ! Le roman contient aussi plusieurs planches d’un manga dessiné par un enfant qui met en scène sa rencontre avec un hikikomori, rencontre qui a lieu grâce au chat calico présent tout au long des différents récits.
Enfin, on pourrait même évoquer une uchronie puisque le roman se déroule en 2020, une année sans la moindre trace de pandémie au point que les Jeux Olympiques s’ouvrent dans les dernières pages. J’ai trouvé ça amusant et je me demande si c’est voulu par l’auteur (et si oui, quel message cela cache-t-il ?) puisque le roman semble avoir été publié en VO en 2020 justement…

Nous voici donc en compagnie d’un petit OLNI qui, non content de traverser les genres, traverse également les médias !

Un roman mosaïque.
J’ai découvert ce terme en cherchant comment qualifier ce texte et il me semble tout à fait adapté. Dans Tokyo, la nuit, le lecteur suit une galerie de personnages très différents, à un moment de leur présent, durant l’année 2020. Un tatoueur à l’ancienne qui reçoit une étrange demande d’une femme pour un tatouage atypique, deux collègues qui se découvrent une passion commune pour Street Fighter, une traductrice américaine qui étouffe à Tokyo, un couple dysfonctionnel, des chauffeurs de taxi, des sans-abris qui disparaissent mystérieusement des rues, un détective à la recherche d’un jeune homme disparu… Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres de profils qui permettent de brosser un portrait crédible et réaliste de la société japonaise aujourd’hui avec ses codes, ses attentes, ses frustrations, la sensation d’étouffement qu’un/e occidental/e (ou un/e japonais/e) peut ressentir à son contact mais aussi la beauté et la diversité de sa culture, de ses psychologies, de ses traditions.

Les pages se tournent sans qu’on n’y prenne garde, embarqué dans ces moments de vie volés souvent aperçus par notre mystérieux chat calico. La construction du récit est maîtrisée, cela laisse présager de belles choses pour les prochains textes de Nick Bradley car même s’il ne répond pas à toutes les questions et ne donne pas de clé à tous les mystères (notamment celui du chat -ce qui ne me pose pas de soucis car je ne suis pas une lectrice qui attend qu’on lui explique tout mais je sais que ça pourrait déranger certain/es) on sent chez lui une inventivité et un amour de la culture nippone, la vraie, qui me parle forcément.

La conclusion de l’ombre :
Tokyo, la nuit est un roman mosaïque à la frontière des genres qui saura séduire les japanophiles. Nick Bradley propose une multitude d’instantanés de la vie de plusieurs personnages en 2020 qui ont deux choses en commun : iels vivent à Tokyo et iels vont croiser la route d’un étrange chat calico. J’ai adoré l’ambiance générale qui se dégage de ce roman original et maîtrisé. Je le recommande très chaudement !

D’autres avis : Les tribulations de miss Chatterton – vous ?

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#S4F3s7 : 8e lecture.

27 réflexions sur “Tokyo, la nuit – Nick Bradley

  1. Pingback: Bilan mensuel de l’ombre #37 – juillet 2021 | OmbreBones

  2. Franchement, quand je lis tes retours, j’aimerai être rentier et avoir rien d’autre à faire dans ma vie que de me divertir. J’en ai parlé récemment dans des commentaires je sais plus où, c’est une source de frustration infinie de se dire qu’il y a tellement de choses à découvrir dans tous les domaines, et qu’on n’aura jamais le temps finalement.

    C’est pour ça que je n’arrive plus à lire de romans, pour une question de temps, et Dieu sait que j’aimerai pourtant.

    Enfin bref, j’ai beaucoup aimé ton article et ce roman m’a l’air franchement attirant… Du coup je le note pour la médiathèque ! Au moins nos lecteurs pourront le lire, eux !

  3. Repéré pour sa couverture et son résumé, il me tente beaucoup, notamment pour ce surnaturel léger que tu mentionnes et que j’adore en littérature japonaise même si parfois, j’ai l’impression de ne pas tout comprendre….

    • C’est la particularité de cette littérature, la présence d’un fantastique léger, onirique, qui met le doute sur ce qu’on lit et sur les interprétations qu’on peut en faire. On retrouvait cela également dans la fille qui tressait les nuages de Céline Chevet, par exemple !
      J’espère que tu te laisseras tenter et que ça te plaira 🙂

  4. C’est vrai la couverture est très belle.
    Je le lirai des que je peux y mettre la main dessus. Et en plus avec le chat qui est un peu le fil conducteur ça me va bien. Les personnages et leur destins croisés,le côté Murakami .J’ai hâte de le lire.
    Merci de nous l’avoir présenté .

  5. Japanophile je suis alors cet OLNI m’intéresse beaucoup. Je ne l’avais pas vu passer alors merci pour la découverte. (La couverture ne m’a pas du tout fait craquer avec son chat immeuble, non non 😆)

    • Haha avec plaisir (et j’avoue la couverture est vachement cool) ! Je ne l’avais pas du tout remarqué non plus à sa sortie, sans une blogueuse que je suis assidument je l’aurais loupé alors je suis contente de contribuer à le faire connaître auprès des japanophiles :3
      Je te souhaite une belle lecture !

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