À l’ombre du Japon #4 {DeadTube #12, Octave #1, Jeune dragon recherche appartement ou donjon #2, Given #1, Noragami #1}

Bonjour tout le monde !
Peu de temps après le dernier article d‘à l’ombre du Japon, voici déjà de nouveaux avis courts concernant les mangas lus récemment. Faut dire que j’ai un peu craqué à ma librairie. J’ai profité d’avoir abandonné plusieurs sagas pour en découvrir de nouvelles et il y a eu certaines promotions (avec des packs découvertes) qui font que… Globalement, hormis un titre, c’est plutôt une bonne fournée que je vais vous présenter.

4
DeadTube est une série que j’apprécie pour son côté volontairement trash et extrême. Je sais que ça dérange certains lecteurs mais j’aime ce manga parce qu’il montre des comportements dérangeants sans prendre de pincettes. Alors oui, il y a une certaine dose de fanservices et parfois on peut avoir le sentiment que le mangaka va trop loin mais je trouve qu’il y a chaque fois une intrigue solide et une critique des nouveaux médias plutôt pertinente. Ce tome 12 n’a rien de spécial en lui-même, il reste dans la continuité des précédents et me donne envie de continuer à lire la série. C’est déjà bien !

3.1
Octave est un manga sur lequel je fondais beaucoup d’espoir, notamment après avoir lu la critique de Lire en Bulles dont je vous mets le lien pour que vous ayez un autre avis. Hélas, ce manga n’a pas fonctionné avec moi. Je l’ai trouvé très long, ennuyeux et décevant dans l’ensemble. L’héroïne passe tout son temps à chouiner et à faire une fixette sur le fait qu’elle est vierge et n’a jamais connu d’hommes (dans une yuri c’est plutôt surprenant). Elle tombe amoureuse d’une fille en trois secondes chrono et la première fois qu’elles couchent ensemble, on n’est pas loin du viol. Dans cette planche, on voit l’héroïne figée, allongée et tétanisée, qui ne réagit pas et qui panique le lendemain… Quand même quoi. La manière dont la mangaka a choisi de présenter ça m’a vraiment dérangée. Je ne trouve pas que la découverte de la sexualité soit très bien traitée et les deux filles paraissent davantage bi que vraiment lesbiennes. Pour ne rien arranger, le dessin n’a pas su me séduire, beaucoup trop simple et manquant selon moi de travail. Un manga qui manque selon moi de profondeur et de recul.

4
Jeune dragon recherche appartement ou donjon est ma petite découverte doudou de l’année. Dans ce tome, on retrouve Letty qui cherche toujours l’habitation parfaite pour lui (donc tranquille, loin des héros et du danger parce que c’est pas franchement le dragon terrifiant de l’année) mais plus seulement pour lui puisqu’il se retrouve avec un bébé oiseau sur les bras ! C’est chou tout plein, ça déborde de bons sentiments sans devenir trop niais et l’intrigue a su se renouveler contrairement à ce que je craignais à la fin du premier tome. Je vais lire la suite sans une once d’hésitation !

6
J’entends parler de ce manga depuis longtemps. J’aime le yaoi et ce titre se traine une superbe réputation. Pourquoi est-ce que je ne le lis que maintenant? Aucune idée mais quelle belle découverte ! L’histoire se passe dans un lycée et nous suivons les quatre membres d’un groupe de rock amateur. Ce premier tome se concentre surtout sur Mafuyu et Ritsuka, la manière dont ils se rencontrent, dont Ritsuka tombe sous le charme de la voix de Mafuyu, un étrange garçon qui parait presque niais au départ mais dont on comprend petit à petit la profondeur. J’ai adoré ce premier tome à l’esthétique soignée et aux personnages crédibles. La mangaka fait très attention à développer correctement la psychologie de ses personnages et ses planches débordent d’émotions. De plus, contrairement à certains yaois, elle ne se sent pas obligée de mettre du sexe juste pour dire de. Et ça, c’est quelque chose que je trouve important et qui rajoute à la qualité de son manga. Je vais foncer acheter la suite !

7
Je n’avais jamais entendu parler de Noragami auparavant et j’ai découvert son existence… grâce à son opening ! Il m’arrive d’écouter des playlists aléatoires de génériques d’animés sur YouTube et « Hey kids ! » déchire franchement. Du coup quand j’ai vu que Pika proposait un pack découverte avec le premier tome + le second gratuit, je n’ai pas hésité longtemps (si si, y’a un lien ->). Comme j’ai bien fait ! Je n’avais plus ressenti autant d’enthousiasme pour un shônen depuis une éternité. Pour le pitch de base, en gros, c’est l’histoire de Yato, un dieu oublié qui laisse son numéro de téléphone un peu partout afin d’exaucer les vœux des humains et convertir assez de fidèles pour se bâtir un temple digne de ce nom. Franchement, c’est un con assez arrogant mais qui a des étincelles de bonté de temps en temps. Je le trouve à mourir de rire dans le genre pas de bol. Il va rencontrer Hiyori Iki, une collégienne qui va lui sauver la vie et se transformer par accident en demi ayakashi ce qui signifie qu’elle va errer à la frontière de la vie et de la mort, ce qui lui a conféré certains pouvoirs. Leur duo fonctionne super bien et l’introduction de Yukine, « l’arme » de Yato, sur les dernières pages est savoureuse. Ça promet. D’autant que le dessin est franchement canon et maîtrisée alors que la mangaka débute, si j’en crois ses explications dans les pages consacrées à l’autrice ! Franchement, chapeau. J’ai hâte de lire la suite.

Et voilà, on arrive déjà au bout 🙂 J’espère que ces avis vous ont plu et que vous avez découvert des titres sympas. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode ♥

Depth of Field (deux tomes) – Enjo

Depth of Field est un diptyque qui s’inscrit dans la veine yaoi / tranche de vie. Dessiné et scénarisé par la mangaka japonaise Enjo, chaque tome coûte 7.95 euros et parait chez IDP dans la collection Hana.

Je sais. Je sais. Vous vous dites: elle n’aime pas la romance et elle lit du yaoi tranche de vie. What the hell? Comme pour tout, il y a des exceptions et ce titre en est une belle.

Depth of Field raconte l’histoire de Sûichirô et Konno. Ils ont pris l’habitude de se retrouver sur le toit entre les cours et parfois, pendant. Ils discutent de tout et de rien. Sûichirô ressent une certaine jalousie envers Konno, doublée d’un complexe d’infériorité car il a le droit de vivre sa passion pour la photographie, contrairement à lui qui a dû abandonner ses rêves.

À mon sens, ce manga a énormément de qualité. La première, c’est le soin que la mangaka apporte à son histoire. Sur deux tomes, elle prend le temps de développer ses scènes et la psychologie de ses héros. Elle exploite avec soin les caractères et passés de Sûichirô et Konno, ce qui distille beaucoup d’émotion à chacune des pages. Impossible de poser ce titre une fois commencé. D’ailleurs, c’est simple: après avoir lu le premier tome j’ai été directement chez mon libraire pour acheter le deuxième !

Mais il n’y a pas que ça. Là où la plupart des mangakas yaoi enchaînent les scènes de sexe parfois sans véritable raison, Enjo se tempère et surtout, propose un sexe gay très réaliste. Cela peut paraître bête mais il est très rare que les personnages de yaoi utilisent des préservatifs ou songent au fait qu’une pénétration anale doit se préparer plus qu’une minute et demi (quand ils pensent à la préparer). J’ai trouvé que ça valait la peine de le relever.

En plus de cela, la romance entre Sûichiro et Konno prend son temps. Elle évolue d’une manière cohérente, frustrante aussi et immerge complètement le lecteur dans l’histoire de ces deux personnages. Pour ne rien gâcher, le dessin d’Enjo est vraiment beau et soigné, il colle parfaitement à l’ambiance de l’histoire.

Je recommande très chaudement ce manga, non seulement aux adeptes de yaoi mais aussi à ceux qui voudraient s’y essayer. Depth of Field est un très bon titre pour commencer mais place la barre très haut en terme de qualité. Ce fut une agréable surprise !

Twittering birds never fly – Kou Yoneda

4116530-01
Twittering birds never fly
est un manga yaoi écrit et dessiné par Kou Yoneda. Elle compte actuellement cinq tomes, publiés chez Taifu Comics, et est toujours en cours au Japon. Chaque tome coûte environs 9 euros.

Ce manga m’a été conseillé par une dame du staff Taifu à la Made In Asia. Je lui ai expliqué que j’aimais le milieu yakuza dans mes yaois et elle m’a naturellement dirigée vers ce titre. Soit, je décide de lui faire confiance, parce qu’elle a l’air de savoir de quoi elle parle… Et de fait !

Nous suivons Yashiro, un chef yakuza névrosé et accro au sexe. Si, au départ, le personnage est interpellant, on se rend rapidement compte que ce n’est que le début… La face visible de l’iceberg. On le prend pour un « simple » pervers masochiste mais il est beaucoup plus que ça. Yashiro est un homme complexe, profond, ambigu et il nous entraine dans son quotidien oppressant, dans un milieu qui ne le respecte pas à cause de ce qui est jugé comme des déviances. Difficile de le cerner, de comprendre ce qu’il ressent. Il est surprenant et quand il commence à s’ouvrir, on ne s’y attend vraiment pas. C’est sale, décadent… Franchement, c’est génial !

Je dois avouer que son passé m’a particulièrement touché et l’auteure a été intelligente en plaçant ce chapitre tout à la fin du manga, car ça donne un relief particulier au reste de l’histoire. Avant d’en apprendre plus à son sujet, nous découvrons Dômeki, le nouveau garde du corps de Yashiro. Assez taciturne, il sort tout juste de prison et a, lui aussi, quelques problèmes à gérer. La relation qui s’installe entre eux est à la fois poétique et malsaine, tout ce que j’aime.

Je me rends compte qu’il est assez difficile de parler de Twittering birds never fly sans trop en dévoiler. J’ai eu du mal à rentrer dedans à cause du chara-design parfois un peu trop épuré (je confondais certains personnages) et à la foule de protagonistes qui sont présentés au début, mais je ne regrette pas d’avoir persévéré car cette histoire vaut vraiment la peine d’être découverte. J’espère que le tome 2 (et à plus forte raison, la totalité de la saga) saura conserver ce rythme et cette ambiance particulière. Je pense qu’on se dirige vers un coup de cœur et j’ai hâte de lire la suite.

En bref, je vous recommande ce manga si vous aimez le milieu yakuza, le yaoi et les histoires qui sortent des sentiers battus. J’ai adoré et je me réjouis d’aller en librairie me procurer la suite ♥

10 count #1 – Rihito Takarai

Couv_273286
10 count
est un manga écrit et illustré par Rihito Takarai qui comprendra six tomes en tout. Le dernier est prévu pour bientôt chez Taifu, qui édite toute la saga (forcément). Il s’agit d’un yaoi très prometteur et chaque tome vous coûtera environs 9 euros.

10 count, c’est l’histoire de Shirotani, l’assistant d’un important directeur d’entreprise qui souffre de mysophobie. C’est-à-dire qu’il a la phobie des microbes et forcément, ce n’est pas facile tous les jours, même avec un patron compréhensif. Un jour, il rencontre Kurose, un psychiatre décidé à aider Shirotani à surmonter sa maladie. Mais pour quelle raison s’investit-il autant avec un patient qu’il ne voit même pas à son cabinet?

Ce premier tome est très intime sur un plan psychologique. Il ne se passe rien sexuellement et je dois avouer que ça ne m’a pas dérangé du tout, tellement l’histoire est fine et crédible. Elle nous prend directement au cœur et ne précipite pas cette étrange relation, ce qui est plutôt agréable car c’est malheureusement trop souvent le cas dans le yaoi. Le personnage de Kurose est très mystérieux, ses réactions surprenantes. Quant à Shirotani, il est immédiatement attachant et très crédible, je trouve. Je ne connaissais pas bien la mysophobie (hormis à travers des personnages comme Monk) et en y réfléchissant, on prend conscience de ce que c’est, au quotidien.

Ce manga au chara-design somptueux (cette couverture quoi ♥) paraît, au premier abord, assez classique si pas cliché quand on se fie au résumé. Il se révèle pourtant profond, intelligent, bien dosé et agréable à découvrir. J’ai passé un excellent moment et je le recommande très chaudement. Moi, je fonce en librairie m’acheter la suite !

Void – Ranmaru Zariya

void-taifu

Void est un manga yaoi réservé à un public averti, écrit et dessiné par Ranmaru Zariya et publié par Taifu dans une version spéciale que j’ai la chance d’avoir. Et oui, j’ai pu obtenir le premier tirage, avec le pelliculage brillant lissé, grand format! Je suis trop contente, le tout pour le prix de 11.90 euros.

Void nous raconte l’histoire de Maki, un homme blessé, toujours en deuil d’un amour mort sept ans plus tôt dans de tragiques circonstances. Un amour pas si idyllique que ça, comme nous le découvrons au fil des pages. Au début de l’histoire, son ami Rowen, qui travaille dans la division de protection des humanoïdes, lui confie Arata, un humanoïde créé sur base de certains souvenirs et d’une partie de la personnalité de Ren, l’homme décédé dont Maki était amoureux. Commence alors une relation particulière et assez malsaine, Maki cherchant à régler ses comptes avec Ren à travers Arata, d’une façon particulièrement violente.

Lorsque j’ai découvert la publication de ce manga, via la page facebook de l’éditeur, j’ai été très intriguée par la couverture d’abord (qui est absolument superbe), et par le résumé ensuite, qui était pourtant très court et en anglais. La première chose que m’a dite mon libraire, c’est qu’il ne comprenait pas que le titre ne soit pas arrivé emballé, vu son contenu très explicite. Et franchement, après lecture, ça me surprend tout autant. Non pas que je sois choquée, mais le contenu est extrêmement explicite, c’est du hentaï, n’ayons pas peur des mots. Donc si vous êtes sensibles à ça, si ça vous gêne ou vous dégoûte, Void n’est pas fait pour vous.

Et ce serait dommage, parce que Void est un bon hentaï, avec une histoire intelligente et profonde, qui nous fait réfléchir sur l’amour, sur le bien fondé de certaines relations, sur les extrémités auxquelles peut mener la douleur morale. Le chara-design est un peu particulier, mais les personnages sont attachants, tout comme l’univers est intriguant.

En fait, je regrette que ce manga soit un one-shot. J’aurai vraiment aimé que certaines scènes, certaines interactions, certains morceaux de l’histoire, soient davantage approfondis. D’autant que je trouve l’univers vraiment intéressant, il y a largement de la matière à d’autres histoires ou même à un développement plus dans le détail.

En bref, Void est un très bon yaoi qui traite de thèmes intelligents et propose des scènes assez chaudes entre les protagonistes: c’est ce qu’on attend d’un yaoi digne de ce nom. Le chara-design est soigné, l’histoire nous entraine et on est surtout déçu parce que la fin arrive trop vite. Il manque probablement un peu de détails, de profondeur sur certains éléments, mais c’est un one-shot qui vaut la peine et que je recommande !

In These Words – Jun Togai & Neko Kichiku

in these wordsIn These Words est un thriller yaoi originaire de Taïwan. Il est publié chez Taifu et coûte environs 9 euros le tome. Les deux premiers volumes sont disponibles en librairie, le tome 3 est prévu pour octobre 2017 si la date ne change pas d’ici là. Croisons les doigts, parce que l’attente va être dure !

Avant de passer à la chronique à proprement dite, je me dois de relever quelque chose sur lequel j’ai tiqué. Le manga commence… Sur un chapitre écrit. Le prologue est constituée uniquement de texte et non de cases avec des dessins, comme si on commençait un roman. J’ai trouvé ce choix particulièrement étrange et inadapté. Si on propose un manga, on le dessine entièrement ou alors on fait un roman graphique. On ne commence pas par raconter une histoire avec du texte pour ensuite basculer dans le dessin. Évidemment, ça a un peu plus de sens quand on lit l’histoire, puisqu’on comprend que révéler le visage de l’homme qui aborde Katsuya ferait s’écrouler l’intrigue entière, mais je pense toutefois qu’il y aurait eu possibilité de le présenter sous une forme plus traditionnelle.

C’est toutefois un détail, le seul négatif (mais c’est parce que je suis un peu chiante aussi) que j’ai trouvé à relever sur les deux tomes de ce petit bijou. En quelques mots, In These Words raconte l’histoire de Katsuya Asano, un psychologue qui a poursuivi ses études aux États-Unis et est engagé par la police de Tokyo comme profiler. Il a aidé à arrêter un tueur en série particulièrement brutal qui sévissait dans la capitale depuis trois ans. Ce tueur, nommé Shinohara Keiji, est obsédé par Katsuya puisqu’il est à l’origine de son arrestation. Il accepte de faire des aveux, à la seule condition que ce soit Katsuya qui vienne les recueillir. Mais à peine Katsuya accepte-t-il cette affaire qu’il est victime de cauchemars… En sont-ils vraiment? Réponse dans le manga ! Je refuse de vous spoiler une telle intrigue, mais si vous vous lancez là-dedans, j’espère que vous avez le cœur bien accroché.

Le scénario est vraiment bien mené, je me suis totalement laissée balader et j’étais loin d’imaginer ce qui se passerait dans le tome 2. Si le tome 1 est extrêmement sombre et violent, surtout dans les abus sexuels dont est victime Katsuya, le second est plus doux, il dévoile Katsuya sous un autre angle et nous force à l’envisager autrement, ce qui est profondément perturbant. D’ailleurs, les révélations qui y sont faites sont tout simplement incroyables. On sent que la scénariste maîtrise la psychologie (j’ai appris qu’elle avait travaillé dix ans dans la police) et qu’elle est préoccupée par la cohérence de son histoire. Impossible de distinguer le réel de l’illusion, le vrai de la manipulation, pas sans l’aide d’un tome 3 qui est prévu pour dans trop longtemps à mon goût. Et c’est une lectrice frustrée qui parle ! Parce que j’ai adoré, si ce n’était pas encore clair.

Outre ce scénario génial, mention spéciale pour le chara-design que je trouve magnifique. Les couvertures sont des chefs-d’œuvre, les illustrations couleurs au début du manga sont magnifiques et celles dans le manga en lui-même le sont tout autant. Le trait est plutôt réaliste sans être cru. Dans les scènes intimes, on montre ce qu’il faut avec une vraie justesse, sans jouer la fausse pudeur mais sans tomber dans le voyeurisme pornographique. Même les scènes de viol sont érotiques, au point que ça en devient perturbant, parce qu’on ne tombe pas dans le mélodrame hyper émouvant mais on lit dans le regard de Kaguya qu’il n’est pas consentant le moins du monde. C’est un point fort du manga: il ne banalise pas son propos, un viol est un viol, rien ne l’excuse, et l’attitude du tueur en série participe au malaise général. Même le dessin sans le texte nous fait ressentir ces émotions et cela témoigne d’une vraie maîtrise que je tenais à souligner.

En résumé, In These Words est un excellent manga, certes yaoi, mais très loin des clichés du genre. C’est un thriller psychologique avant tout, violent, audacieux et malsain qui plaira aux amateurs du genre, mais attention… Âmes sensibles s’abstenir. Ici, il n’est pas question de confondre « amour » et « dépendance » ni même de cautionner des comportements anormaux, criminels. Le viol reste un viol, les auteures parviennent à l’érotiser sans jamais sacrifier le côté anormal de la situation, sans jamais nous laisser croire que la victime « aime ça » et qu’elle va forcément tomber sous le charme de son bourreau. C’est un tour de force que je salue franchement et c’est certainement ce que j’ai le plus aimé dans In These Words. C’est un excellent exemple de dark romance et je vous invite à lire l’article de We Need More Safe Sex Books qui vous explique en profondeur pour quelles raisons, ce que je ne peux faire moi-même dans ma chronique sans risquer de vous spoiler l’intrigue.

Je vous recommande chaudement ce manga !