À l’ombre du Japon #15 { Black Butler : arc Weston College }

Bonjour à tous !

Durant le confinement, j’avais entamé une relecture d’un de mes mangas préférés de tous les temps : Black Butler en vous proposant des articles thématiques où je rassemblais les tomes parc arc (pour rappel : Sôma & Aghni + Noah’s Circus et meurtre au manoir + drame sur le Campania) Puis j’avais mis celle-ci en pause pour me ruer sur les nouveautés mais une envie subite de reprendre cette aventure m’est venue. Sur une soirée, je me suis donc refait l’intégralité de l’arc Weston College qui correspond aux tomes 15 à 18 (enfin une partie du 18). À ce jour, ces arcs n’ont pas été adaptés en animé.

Quand Black Butler vire « gakuen mono »
J’ai appris ce terme grâce au mot de l’autrice Yana Toboso sur le rabat du tome 17. Il s’agit d’un genre au sein des mangas où on parle de la vie scolaire d’élèves et étudiants. C’est clairement le cas ici puisque Ciel doit rejoindre le Weston College, une prestigieuse institution britannique, afin d’enquêter sur une série de disparitions dont celle d’un petit cousin de la reine Élisabeth. En théorie, aucun domestique n’a le droit d’accompagner ces fils de bonne famille dans l’établissement toutefois Sebastian réussit à se faire engager comme intendant, Ciel n’est donc pas totalement livré à lui-même pour ses recherches.

Le Weston College se divise en quatre maisons réparties selon des couleurs : Blue Owl, Green Lion, Scarlet Fox et Violet Wolf. Dans la Blue House, on retrouve plutôt les intellectuels. À la Green House, les sportifs. À la Red House, ceux qui ont un statut social particulièrement remarquable et une esthétique affirmée. Enfin, à la Purple House, ceux qui possèdent un don artistique. Chaque maison est dirigée par un préfet qui étudie en dernière année. À eux quatre, ils forment les « P4 » et ont droit à certains privilèges.

Dans cette école prestigieuse, on trouve un système de fag c’est-à-dire une relation de type fraternelle entre un élève plus jeune et un plus âgé qui le prend sous son aile. Le plus jeune « sert » le plus âgé mais le plus âgé lui apporte également son aide. Devenir le fag d’un préfet est un honneur très prestigieux que Ciel va tenter de décrocher puisque cela l’aidera grandement dans ses recherches en lui donnant accès à des évènements privés comme le fameux thé de minuit.

Hélas, les élèves des autres maisons ne peuvent pas pénétrer dans les dortoirs où ils ne sont pas affiliés, ce qui oblige Ciel à faire appel à un personnage qu’on a déjà croisé plus d’une fois : le prince Sôma ! Ce qui donne lieu à une scène d’anthologie avec un éléphant dans une écurie…

Quand Black Butler devient un manga… sportif.
Un qualificatif qui peut surprendre et pourtant cet arc est très tourné vers le sport, en particulier le fameux cricket. Le 4 juin de chaque année a lieu un tournoi entre les maisons où la compétition fait rage, ce qui donne à Yana Toboso l’opportunité d’expliquer les règles de ce sport qui a toujours été obscur pour moi et à Ciel l’occasion de briller par sa ruse pour se distinguer. Ce n’est pas vraiment le genre de thème ou d’intrigue que je préfère toutefois ça change, apportant un vent de fraicheur tout en reliant cet arc à celui du Campania d’une bien terrible manière. Je n’en dis pas davantage pour éviter de vous divulgâcher l’intrigue.

Ce tournoi de cricket occupe +- deux tomes entre la réception qui le précède et le match en lui-même que l’autrice développe dans le détail. On ne s’ennuie pourtant pas une seule minute et c’est quelqu’un qui n’a aucune affinité avec le sport qui vous l’affirme !

Un arc dans la continuité qualitative du manga.
Les aspects école et sport apportent une nouvelle dimension à Ciel qui va devoir s’adapter à une vie communautaire, lui qui avait opté pour une forme de solitude (à l’exception de ses domestiques) depuis son « accident ». Comme son dos est couvert de cicatrices et que son œil dissimule le signe du diable, il doit se montrer très prudent sans pour autant inspirer de l’antipathie aux autres élèves dont il espère se servir pour résoudre son enquête. Cet arc m’a laissé un sentiment en demi-teinte. D’un côté, observer ce jeune garçon de treize ans vivre une existence normale m’a inspiré une certaine peine pour lui à qui cette normalité reste inaccessible. De l’autre, il reste fidèle à lui-même et à ses valeurs tranchées, ne se laisse pas attendrir quand on l’attendrait et n’a pas une hésitation à aller jusqu’au bout de son rôle de chien de garde. Cet arc lui apporte une nuance supplémentaire et cela semble amuser Sebastian.

C’est ce que j’aime particulièrement dans Black Butler. On a tendance à oublier que Ciel n’est, en théorie, qu’un enfant et Yana Toboso offre de magnifiques pages d’une maitrise exquise doublée d’une ambiance assez malsaine pour nous le rappeler quand on s’y attend le moins. J’a-dore.

Pour information : les deux derniers chapitres du tome 18 sont consacrés à la mise en place d’un nouvel arc narratif qui se déroule en Allemagne ! Entre les deux, on trouve un chapitre de transition où un personnage entraperçu précédemment revient le temps d’évoquer le développement de la société Phantom qui s’intéresse désormais au marché féminin -un grand défi pour Ciel qui n’y connait rien.

Et voilà nous arrivons déjà à la fin de ce petit article concernant ce nouvel arc de Black Butler. Le prochain ne tardera pas autant, promis ♥

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #10 { Black Butler : meurtre(s) au manoir & terreur sur le Campania }

Bonjour à tous !
Voici déjà un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon puisque je continue activement ma relecture du manga Black Butler. Une relecture peut-être mise en pause puisqu’à partir d’aujourd’hui, en Belgique, les librairies peuvent rouvrir ce qui va me permettre de passer chez Kazabulles pour faire le plein, en prenant évidemment les précautions qui s’imposent ! Je vais d’ailleurs attendre plutôt demain, en dehors des heures de pointe et en voiture histoire de minimiser l’impact de ma sortie.

Les volumes concernés par cet article vous du 9 au 14 et se divisent en deux arcs dont je vais vous parler en profondeur tout en évitant au maximum de divulgâcher des éléments importants.

Tomes 9 à 11 : meurtre(s) au manoir.
La Reine demande à Ciel d’organiser une réception au manoir pour la venue d’un parent à elle qui souhaite rencontrer du beau monde. Sebastian, comme d’habitude, s’occupe de tout. Parmi les invités prestigieux, on retrouve un jeune écrivain qui débute à peine : un certain Arthur, auteur d’une étude en rouge… Il est le seul à avoir été convié en personne par Ciel. Pour quelle raison ? Mystère sur lequel on n’a pas le temps de s’attarder puisqu’un meurtre est commis en chambre close, premier d’une série qui va semer la terreur parmi les convives.

On retrouve dans cet arc des éléments très classiques de la littérature policière anglaise : un manoir où des gens se retrouvent coincés pendant une tempête, des nobles, un crime où tout le monde est suspect, un spécialiste (soit détective, soit écrivain, soit policier) qui va prendre l’affaire en mains… Yana Toboso rend ici clairement hommage au genre. Certaines ficelles sont plutôt visibles quand on s’y connait un peu et quand on a lu les tomes précédents, surtout en ce qui concerne Sebastian. Cet arc n’est pas franchement mon préféré mais il a le mérite d’être divertissant et de remplir son rôle de transition.

Tomes 11 à 14 : Terreur sur le Campania / Book of Atlantis
Le dernier chapitre du tome 11 introduit le nouvel arc consacré au bateau Campania, arc qui se clôture dans le tome 14 à la fin duquel on trouve également l’introduction à l’arc suivant, Weston Manor. Mais nous n’y sommes pas encore ! Cet arc correspond également à un film disponible sur Netflix qui s’appelle : Black Butler – Book of Atlantis que j’ai regardé avant d’écrire cet article. Contrairement aux deux premières saisons de l’animé, cette production respecte à la lettre le scénario de Yana Toboso dans le manga papier toutefois l’animation des décors à l’ordinateur laisse par moment à désirer. C’est très sympa à voir en complément mais un fan qui se contente juste des animés aura un goût de trop peu.

Élisabeth invite Ciel à participer à une croisière où elle se rend avec sa famille, invitation que le Comte refuse sous prétexte de travail dont il ne peut s’éloigner. Lors d’un dîner, Lau (protagoniste qui appartient à la mafia chinoise et qu’on a déjà croisé auparavant) lui révèle qu’il a détecté des activités bizarres sur les docks. En effet, le personnel d’un hôpital achète des humains pour, selon toute vraisemblance, mener des expériences interdites. Grâce à une enquête diligemment menée par Sebastian, le chien de garde de la reine découvre que la société Aurora est mêlée à tout ça et qu’elle va justement se réunir sur le navire où se trouve Élisabeth pour on congrès immanquable et secret. Ciel va donc embarquer avec son majordome et Snake, son valet engagé au terme de l’arc Noah’s Ark Circus.

Cet arc narratif est extrêmement riche sur plusieurs plans. Déjà, il permet de développer des personnages secondaires de manière surprenante comme Undertaker ou Élisabeth. Cette dernière a le don de m’agacer prodigieusement depuis quatorze tomes donc il était temps qu’on la nuance un peu. L’éclairage apporté par Yana Toboso à son sujet rend compréhensible plusieurs de ses comportements pénibles et permet au lecteur de ressentir une forme de compassion à son égard.

On va également retrouver Grell (YEAH !) ainsi qu’un nouveau shinigami, Ronald Knox, son binôme. Pourquoi sont-ils présents sur le Campania ? L’arc répondra à cette question et permettra de développer un peu plus l’univers des shinigamis. On en apprendra davantage sur les faux de la mort, sur pourquoi ils portent tous des lunettes… Mais si, c’est important et non, ça n’a rien avoir avec le style.

Une fois de plus, cet arc est très référencé. Le Campania rappelle le Titanic par bien des points et se base entièrement sur la notion de « mort ». Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la découverte à ceux d’entre vous qui ont envie de se lancer.

Et voilà, nous sommes déjà au terme de cet épisode spécial ! Le prochain devrait contenir bien plus de diversité puisque je compte me rendre à ma librairie sous peu. Je vous donne donc rendez-vous bientôt pour un nouveau passage au Japon.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)