Simulacres Martiens – Eric Brown

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Sherlock Holmes sur Mars !

Simulacres Martiens est une novella qui s’inspire de la Guerre des mondes écrit par H. G. Wells et du célèbre duo créé par Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes et le Dr. Watson. Je dois confesser que je n’ai pas lu le roman de Wells et que même si j’aime beaucoup la figure de Holmes (notamment grâce à l’excellente série Sherlock) je n’ai lu qu’un seul de ses textes : le chien des Baskerville. J’ai donc abordé ce texte sans attentes particulières ni point de comparaison spécifique.

Concept :
Les Martiens ont envahi la Terre il y a une dizaine d’années, apportant avec eux quelques bénéfices pour l’humanité. La novella est racontée par le Docteur Watson, comme c’est toujours le cas pour les textes de Doyle mettant en scène Holmes. Watson évoque une enquête (à lire dans le Bifrost 105 dont j’attends l’arrivée sous peu dans ma boîte aux lettres) qui a tissé des liens entre Sherlock et l’ambassade de Mars. Ainsi, l’ambassadeur lui demande son aide pour tenter de résoudre un nouveau meurtre qui aurait été commis… Sur Mars.

Le célèbre détective et son ami devront donc embarquer dans un vaisseau pour trente-cinq jours de voyage ! Une aubaine pour Sherlock Holmes qui se passionne pour la culture martienne et a même appris leur langue. Mais pourquoi en appeler à lui spécifiquement pour résoudre un meurtre sur une autre planète qui dispose probablement d’enquêteurs compétents ? Rapidement, on se rend compte qu’il y a anguille sous roche…

Mon ressenti :
J’ai lu ce texte avec un certain plaisir. Les pages s’enchainent, les informations sur l’univers nous parviennent sans exposition inutile et on a envie de savoir où tout cela va mener. C’est bien maîtrisé dans l’ensemble toutefois j’ai été surprise par le déroulé des évènements. Quand on me parle de Sherlock Holmes, j’ai tendance à m’attendre à une véritable enquête théoriquement impossible à résoudre qui mettra à profit son intellect. Ici, on est plutôt dans une aventure au sens classique du terme et les talents de Sherlock ne servent pas à grand chose, si pas… à rien du tout. Tout comme Watson, il est spectateur des évènements et des rebondissements politiques qui se présentent à lui au point que j’ai l’impression que sa présence est davantage un prétexte à mettre en avant pour attirer l’œil sur le texte qu’autre chose. En soi, cela ne m’a pas gêné mais les personnes plus intéressées par l’aspect victorien-holmesien resteront probablement sur leur faim.

En parlant de fin (vous excuserez le jeu de mots !), je dois admettre que celle de cette novella me laisse perplexe. Rétrospectivement, Simulacres Martiens constitue plutôt une introduction au concept d’Eric Brown car le dernier chapitre ne conclut rien, que du contraire. Il annonce d’autres évènements à venir qui ne manqueront certainement pas d’intérêt ! Et que, je suppose, le Bélial traduira quand le moment sera venu. Mais du coup, j’ai l’impression d’avoir lu une sorte de bande-annonce très complète…

À ce stade, vous avez probablement l’impression que ma lecture s’est avérée, au mieux, mitigée mais ce n’est pas le cas. J’ai beaucoup apprécié le principe d’une uchronie victorienne où des envahisseurs aliens s’en prennent à l’humanité et où une faction rebelle tente de les chasser. C’est pourtant un principe classique mais l’époque de départ change tout pour moi, ça me séduit. Et la présence de Sherlock en rajoute une couche même s’il ne brille pas le moins du monde, au contraire du personnage de Freya Hadfield-Bell qui est très intéressante dans son rôle de rebelle militante et femme d’action. Je me demande si elle conservera cette saveur dans la suite.

La conclusion de l’ombre :
Simulacres Martiens est une uchronie de science-fiction où les Martiens ont envahi la Terre au début du 20e siècle. Contemporain de cette situation, Sherlock Holmes est sollicité par eux pour résoudre un crime sur Mars. Si j’ai regretté que le personnage de Sherlock Holmes soit plus un spectateur qu’autre chose et que la novella soit finalement une introduction plus qu’un texte terminé sur lui-même, les idées d’Éric Brown et son concept ont su m’intriguer et je me réjouis de lire ce qu’il écrira d’autre dans cet univers.

Informations éditoriales :
Simulacres Martiens écrit par Éric Brown. Éditeur : Le Bélial. Traducteur : Michel Pagel. Illustration de couverture par Aurélien Police. Prix : 9.90 euros.

D’autres avis : Lutin82XapurGromovarLe Syndrome de QuicksonLe nocher des livresL’épaule d’OrionAu pays des cave trolls – vous ?

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Bonus : Lire un texte se déroulant sur Mars

Vingt plus 1 – Livre anniversaire des éditions ActuSF

Bonjour à tous/tes/x !

Il y a déjà plusieurs mois que ce petit ouvrage anniversaire trainait dans ma PàL. Il m’a gentiment été offert par une librairie indépendant qui en avait de trop et je l’avais laissé de côté, sans raison particulière. Le Winter Short Stories of SFFF a été l’occasion qu’il me manquait pour le sortir et le découvrir.

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Les 20 ans +1 d’ActuSF.

Cette introduction rédigée par Jérôme Vincent raconte l’histoire de la maison d’édition et en fait ensuite sa présentation succincte en expliquant ses différentes collections et initiatives. J’ai bien aimé découvrir la genèse de ce géant qu’est devenu ActuSF. L’éditeur (autrement nommé Grand Chef 😉 ) nous offre une origin story touchante qui brosse un peu ce qu’était le panorama de la littérature de l’imaginaire il y a vingt ans. Un document qui deviendra historique !

Cinq nouvelles sont ensuite proposées, écrites par des auteur.ices.x phares de la maison d’édition.

Sacrée saison – Karim Berrouka
Sacrée saison est une histoire de… héros et de vilains ! Surprenant, et pourtant… Le concept est simple : l’humanité a connu une épidémie de super-héros. Vous avez bien lu : une épidémie. Il y en avait beaucoup trop par rapport au reste de la population à sauver. Du coup, ceux-ci sont devenus fous et certains ont viré super-vilains… Je n’entre pas dans les détails pour ne pas divulgâcher le contenu de la nouvelle.

Pourquoi ce titre ? Et bien ces héros ne se réveillent que durant l’été, un mois sur douze donc (oui il y a un contrôle climatique strict) au cours duquel une agence tente de les détruire. On suit le déroulement de cette fameuse saison et, avec elle, un plan ambitieux des pouvoirs en place pour parvenir à totalement éradiquer cette menace…

Comme souvent avec les textes de Karim Berrouka, j’ai d’abord été déconcertée par ma lecture. Puis, en avançant, j’y ai décelé plusieurs messages sociaux comme la façon de traiter les personnes qui sortent de la norme, la stigmatisation d’une partie de la population pour des raisons arbitraires, le fait d’œuvrer à sa propre mise au chômage ou encore l’incapacité des politiciens à voir sur le long terme, préférant se concentrer sur les effets immédiats pour impressionner l’électorat.

Difficile de dire dans l’ensemble si j’ai aimé ou non cette lecture (comme souvent avec l’auteur) mais je salue l’imagination !

Mosquito Toast – Jeanne A. Debats
Cette nouvelle se passe dans l’ouest américain, pendant l’épidémie de fièvre jaune, et raconte l’histoire d’un vampire qui traque son créateur prénommé Gilles (vu la manière dont il est décrit ainsi que ses goûts pour les enfants, je pense que c’est une référence à Gilles de Rais si pas Gilles de Rais lui-même). Ce dernier a pour ambition de créer une sorte d’éden vampirique sur le territoire d’une tribu indigène. Cette tribu va engager notre vampire pour l’en empêcher.

Je n’ai pas grand chose à dire sur ce texte parce qu’il m’a semblé trop classique et prévisible. Il faut dire que je ne suis plus le public cible et que j’ai trop lu d’histoires de ce type pour vraiment m’y retrouver. C’est toutefois bien écrit, à la première personne du point de vue du vampire, et les lecteur.ices.x adeptes de ce type d’histoire y trouveront leur compte.

Danser dans la tempête – Morgan of Glencoe
Yuri quitte temporairement le Japon pour rencontrer la famille de sa mère à l’occasion d’une célébration annuelle où, se fiant à une ancienne légende, les femmes de l’île dansent avec les kelpies, nues, durant une nuit.

C’est ce que raconte cette nouvelle. En quelques pages, Morgan of Glencoe arrive à instiller des éléments inclusifs comme une femme transgenre qui participe à la célébration, ce qui surprend d’abord Yuri avant que son amie ne lui dise que l’important, c’est que la personne se considère comme une femme, pas ce qu’elle a entre les jambes. C’est tout à fait vrai et la réflexion ainsi que la réponse se marient bien au reste du récit. Ça n’a rien d’artificiel. Ainsi, l’autrice raconte une jolie petite histoire qui m’a finalement bien plu alors que je n’avais pas terminé le premier tome de sa saga. Comme quoi !

Toi que j’ai bue quatre fois – Sylvie Lainé
Je vais être honnête, je n’ai pas su terminer cette nouvelle. J’ai lu une page et elle m’est tombée des mains, tout simplement parce que l’érotisme et moi, ça fait douze. Je n’apprécie plus du tout en lire et je n’avais pas tilté qu’il s’agissait de ce type d’écrit à la base. Cela ne remet pas en question la qualité du texte ou son contenu, ce sont mes goûts personnels mais j’ai ressenti un malaise au bout de quelques lignes, si bien que j’ai préféré laisser tomber.

Gabin sans « aime » – Jean Laurent Del Socorro
Je vous ai déjà parlé de cette nouvelle dans un article antérieur car j’avais eu le plaisir de la découvrir dans l’édition collector de Royaume de Vent et Colères. Ç’avait été un absolu coup de cœur, j’ai donc pris beaucoup de plaisir à la relire et j’en ressors tout aussi bouleversée. Jean Laurent Del Socorro est sans conteste l’un de mes auteurs francophones favoris !

La conclusion de l’ombre :
Vingt plus un est un petit ouvrage collector sympathique et indispensable pour toutes les personnes qui aiment les éditions ActuSF. Une chouette initiative pour fêter leur anniversaire. On ne peut que leur souhaiter une longue vie !

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Bonus : Lire un/e auteur/ice francophone + faire preuve d’éclectisme.

Colonie Kitej : Afterwave – Vincent Mondiot & Élodie Denis

Afterwave est un volume intermédiaire au sein de la trilogie Colonie Kitej écrite par Vincent Mondiot et édité (si on peut dire…) par les Saisons de l’Étrange. Il contient cinq nouvelles se déroulant entre Toute entrée est définitive, dont je vous ai précédemment parlé sur le blog, et Élections et exécutions, la suite qui se trouve dans ma PàL.

Mais avant toute chose… 
Au départ, honnêtement, je ne voulais pas écrire d’article sur mon blog à propos de ces titres parce que ça donne de la visibilité à une initiative éditoriale qui, selon moi, n’en mérite pas vu le peu de considération qu’elle semble (c’est ce que je constate de l’extérieur en tout cas) avoir pour ses propres titres (aucune annonce pour la sortie officielle, mauvais suivi pour les envois aux contributeurs, etc.). Mais j’apprécie Vincent. J’apprécie son travail. Et je suis autrice moi-même. Je sais ce que ça fait d’écrire un titre « dans l’eau », un titre qui nous tient à cœur parce qu’on y a mis notre âme, qu’on y a mis tout ce qu’on aime, tout ce qu’on est, pour lequel on ressent une profonde fierté, mais que personne ou presque ne va lire, sur lequel personne ou presque ne va écrire, parce qu’invisible dans la masse. C’est le jeu de l’édition, me direz-vous. Sauf qu’ici, Kitej n’a même pas eu le début d’une chance… Et merde, c’est injuste.

Alors aujourd’hui, j’enfile ma cape et mes collants (de modératrice) j’écris ce billet pour soutenir un auteur que j’aime et lui montrer que oui, ses textes valent le coup qu’on écrive une chronique à leur sujet. J’écris pour Vincent et pour vous encourager à le suivre LUI directement. Il prépare des surprises sympas pour cette année, ce serait dommage de rater ça :  Son facebookson twitterson blog.

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Rentrons dés à présent dans le vif du sujet ! Parce qu’on est là pour parler littérature, au départ, quand même.

Niveau 1.18,5 : la voie du modérateur.
Ce texte d’introduction multiplie les points de vue. Le lecteur retrouve Mme Azul qui désespère d’avoir rouvert son bar, rencontre Arthur Bones alias Skull, un modérateur plutôt extrême ainsi que deux criminels à la petite semaine. L’intrigue est assez linéaire mais sert surtout à poser une ambiance et à illustrer un peu plus dans le détail la profession de modérateur, sorte de vigilant qui se chargent de faire vaguement respecter une forme de justice sur la colonie Kitej.

Pour vous donner une petite idée du ton, voici comment se conclut ce texte: « (…) le nombre de modérateurs dans la colonie spatiale Kitej était estimé à deux mille cent individus, pour une population totale de six millions d’habitants. Parmi ces modérateurs, seuls quarante-neuf détenaient une licence professionnelle accordée par la Mairie. »

Chaque nouvelle s’achève d’ailleurs par un paragraphe en italique qui donne une information surprenante, un brin ironique et surtout qui prête à sourire (si on aime l’humour noir).

Niveau 1.2 : Kitej Plage
Probablement la nouvelle qui m’a le plus parlée. On y rencontre Hayden Tegan, amie de Soraya (une des principales protagonistes du premier volume) qui se désespère des idées débiles de la Mairie (après, j’admets, Kitej Plage, il fallait l’oser… ) et porte un regard plutôt cynique sur le monde.

Hayden est une jeune adulte, avec des réflexions et des considérations propres à son âge. Elle est pourtant très touchante dans sa colère et sa rébellion intérieure. C’est une nouvelle à taille humaine, qui parle d’amitié et du passage à l’âge adulte, de l’angoisse du futur. Un thème qu’on va retrouver dans le texte suivant.

Niveau 1.3 : Afterwave
Dieter Papadiamandis est le plus célèbre DJ de Kitej, connu sous le pseudonyme de Saintish. Comme beaucoup d’artistes, il a l’impression que son activité est vaine et semble souffrir d’une forme de dépression. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir une forme de catharsis de la part de l’auteur ? Dans ce texte, on le retrouve aux côtés d’Ariane, une fan qui semble au départ avoir juste envie d’un contact sexuel avec lui (c’est la manière polie de dire qu’elle lui demande toutes les deux minutes s’il a envie qu’elle le suce) mais avec qui il partagera finalement bien davantage.

C’est un texte assez touchant sur le passage du temps, le sens de la vie et le fait de se contenter des petites choses pour être heureux. Si Ariane m’agaçait au départ dans sa manière de tout ramener au sexe, j’ai finalement vu davantage derrière ce personnage. L’esquisse est subtile, c’est un texte qui comporte beaucoup de non-dits mais aussi d’émotions, du moins j’en ai ressenti en le lisant. Une belle réussite !

Niveau 1.4 : Dentaculaire (par Élodie Denis)
Dans ce texte, le seul du recueil qui ne soit pas écrit par Vincent Mondiot, on retrouve Soraya et Guillermo, personnages principaux de Toute entrée est définitive, dans une enquête qui va leur faire rencontrer un nouveau modérateur justicier et qui va évoquer la cause animale sur la colonie… un sujet que je n’aurais pas pensé être abordé ici !

C’est également le texte le plus long, un peu plus de 40 pages. Je n’ai pas grand chose à en dire car je l’ai trouvé divertissant mais sans plus. Il lui manquait la portée émotionnelle des deux précédents pour vraiment réussir à me toucher.

Niveau 2.1,5 : ni juge ni bourreau
Ce texte est très court, huit pages à peine, et me fait plutôt l’impression d’un prologue ou d’un teasing, d’une mise en bouche quoi, pour Élections et exécutions (le second tome de Colonie Kitej) plutôt que d’une nouvelle au sens classique du terme car les dernières lignes ne terminent rien, que du contraire ! Elles lancent le tout et donnent envie de découvrir ce qui va se passer…

Et pourquoi pas, d’ailleurs ? Il n’a jamais été annoncé nulle part sur cet ouvrage qu’il s’agissait uniquement de nouvelles au sens classique du terme.

La conclusion de l’ombre :
Ce volume intermédiaire et bonus de Colonie Kitej est un divertissement efficace qui permet de se plonger davantage dans l’univers désenchanté imaginé par Vincent Mondiot. C’est sombre, étouffant mais c’est aussi terriblement humain, avec plein d’action et une esthétique toujours indubitablement influencée par le manga. À consommer sa modération (ni modérateur, si vous tenez à la vie).

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Avancée du challenge : 27 nouvelles lues.
Bonus : Lire un auteur francophone + lire un texte qui se passe dans une ville spécifique.

À l’ombre du (104e) Bifrost : les nouvelles

Bonjour tout le monde !

C’est un peu la semaine du Bélial sur le blog entre une chronique UHL mardi et un Bifrost aujourd’hui… Mais je ne pouvais pas m’abstenir d’écrire un retour sur trois des quatre nouvelles présentes dans ce numéro. Pourquoi trois ? Et bien je dois avouer être totalement passée à côté de celle de Stanislas Lem -à qui était en plus consacré ce numéro. Dommage ! Et pourquoi juste les nouvelles ? Et bien parce que je n’ai pas grand chose à dire sur le contenu de la revue, c’est toujours très intéressant à lire, je me cultive, j’apprends et je radote sur le fait que vous devriez penser à vous abonner… Autant résumer ça en une phrase, non ?

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Willie le zinzin de Stephen King

Apparemment inédit tout court et publié en français avant de l’être en anglais ! Super pour le Bélial même si ça tient un peu du hasard (il me semble que la crise sanitaire est passée par là ?) Premier texte de l’auteur pour moi et ce fut une réussite. Je sais, vous êtes toujours en train de buguer sur mon aveu de la phrase d’avant… Quand j’ai eu le malheur de dire sur Twitter que je n’avais jamais lu King, sa fanbase s’est mis en tête de me noyer sous les conseils de lecture (alors que je n’avais rien demandé…) ce qui a tendance à plutôt repousser mon envie de lire. J’ai fini par arrêter de répondre. Désolée pour cell.eux qui ne pensaient pas à mal mais je trouve cette tendance un brin pénible. Donnez des conseils quand on vous en demande, arrêtez d’imposer de force vos avis…

Ceci étant dit, de quoi parle Willie le zinzin ? Et bien de… Willie donc qui est un garçon un peu étrange et fasciné par la mort. On le découvre dans son quotidien au sein de sa famille en plus d’apprendre des choses sur lui au détour des conversations entre sa mère et sa sœur. Willie est proche de son grand-père alors quand il apprend que celui-ci va mourir… Et bien il n’a pas l’air de le vivre si mal que ça, à l’incompréhension générale.

La nouvelle est assez courte et bien ficelée. On sent l’expérience de l’auteur en la matière car il parvient à poser un contexte, un concept, en quelques lignes, avec une ambiance réussie et des personnages correctement caractérisés qui font qu’on lit avec une sorte de fascination teintée d’appréhension quant aux évènements qui vont suivre. Peut-être parce que c’était mon premier King, je n’ai pas du tout vu arriver le twist finale et je suis restée bouche bée, stupéfaite de ce qui venait de se passer puisque, jusque là, je laissais le bénéfice du doute… Bref, je ne vais pas trop en dire, si ce n’est que j’ai été très enthousiasmée par ce texte. Je lirais d’autres nouvelles de King et peut-être l’un ou l’autre de ses romans à l’occasion.

Mais que je choisirai toute seule comme une grande.

Un soupçon de bleu de Ken Liu
Cette nouvelle prend place dans une société ressemblant à la nôtre mais qui diffère sur sa source d’énergie. J’invoque le Grand Apophis et son pouvoir taxinomique afin de nommer ceci ! Toujours est-il, donc, que les gens se servent du souffle des dragons, apparus un peu comme ça du jour au lendemain, pour tout. Évidemment, certaines personnes sont pour les dragons, d’autres contre, surtout ceux qui ont dans leur famille un individu disposant du pouvoir de se « faire obéir » de ces « animaux » paresseux.

La nouvelle est construite comme un reportage, ce qui rappellera l’homme qui mit fin à l’histoire même si la comparaison s’arrête là. J’ai trouvé ce texte ambitieux dans l’idée, très joli sur sa conclusion mais un peu moins réussi dans son exécution jusqu’à être longuet par moment – à  mon goût. Pas le meilleur Liu que j’ai pu lire mais pas à jeter pour autant.

Fantômes électriques de Rich Larson
Voilà un auteur dont j’adore généralement les textes courts (je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire sur du roman). Celui-ci ne compte pas parmi mes favoris mais j’ai apprécié son idée globale. Il se déroule au Canada, peu après que des sortes d’aliens soient arrivés sur Terre. Benny, paumé et drogué, en rencontre un et est chargé par lui de retrouver les autres pour les sauver. Une mission en échange de laquelle il pourra revoir Ém, son amour perdu.

L’alternance entre passé (pour expliquer comment Benny en arrive là) et présent (Benny tente de récupérer un autre alien) est assez brouillonne et pourrait perdre le.a lecteur.ice. Puisque le narrateur est à la première personne, cela peut se justifier par sa consommation de drogue et son désespoir qui semble le faire totalement vriller. Je n’ai donc pas eu de soucis avec ça et j’ai beaucoup aimé la fin même si elle était un peu trop ouverte à mon goût. Il manquait quelques éléments de contexte bien que je ne suis pas certaine que ça ait été l’intention de base de l’auteur. Ça ne serait pas la première fois qu’il se concentre davantage sur l’humain en se servant des évènements pour aborder les conséquences psychologiques sur ses personnages et ça me convient.

Trois nouvelles, trois grands auteurs reconnus pour leur maîtrise du format court, trois textes que j’ai pris plaisir à lire. Je garde un regret pour celui de Stanislas Lem, j’aurais vraiment voulu accrocher à sa plume mais on ne peut pas tout aimer, hélas.

D’autres avis : XapurLe Dragon GalactiqueApophis – vous ?

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Total : 3

Je participe au Winter short stories of SFFF !

Bonjour tout le monde !

Souvenez-vous, début d’année, j’avais lancé le #ProjetOmbre en reprise du #ProjetMaki. Il devait durer toute l’année mais plein de choses ont fait que ça s’est terminé plus tôt que prévu. Je vous invite à lire mon billet explicatif pour plus d’informations.

Heureusement, dans les sombres cavernes se trouvait une Trollesse bien décidée à ne pas laisser le format court se perdre dans les ombres… C’est ainsi que naquit le WSS (qui sera son petit nom officiel, au moins le temps de cet article.) !

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L’idéologie du challenge reste la même, simplement il se déroulera sur une période de temps plus courte afin de pouvoir optimiser le temps de lecture-sous-un-plaid. Je vous propose de lire le billet dédié sur le blog d’Au pays des cave Trolls pour en savoir plus et surtout, pour vous inscrire !

Cet article a deux objectifs. Le premier, attirer votre attention sur ce nouveau challenge car vous êtes peut-être passé.e à côté, pour une obscure raison. La seconde, vous partager mes intentions de lecture car je me suis inscrite avec l’objectif « troll des cavernes », ça ne rigole pas. Je compte aussi tenter de remplir un maximum de défis même si je n’ai pas forcément d’idée pour tous. En même temps, je ne connais pas encore le contenu des nouvelles, donc…

Voici une petite photo de ma PàL prévisionnelle !

À l’instar de Lune qui consacra son année à découvrir les intégrales de P. K. Dick, je compte participer au challenge en lisant au moins une fois par semaine une nouvelle tirée du recueil « le robot qui rêvait » d’Isaac Asimov avec le double objectif de découvrir un auteur classique de SF et de lire du format court, qui me convient bien mieux en ce moment. Ce recueil comporte 19 nouvelles pour un challenge de 18 semaines, cela fera donc une nouvelle par semaine et une semaine où je devrais en lire deux. Je vais aviser en fonction de mon intérêt pour ces textes. Je ne sais pas encore non plus sous quelle forme je vais écrire ma chronique mais elle sera probablement coupée en plusieurs parties afin d’évoquer chaque texte plus en profondeur.

Pour varier les plaisirs, je me garde également le 104e Bifrost (qui contient 4 nouvelles) et l’anthologie anniversaire pour les 21 ans d’ActuSF (5 nouvelles), qui traine depuis des mois dans ma PàL. Ce sera l’occasion !

Si je lis tout ce que je prévois, je devrais arriver à 28 nouvelles et donc atteindre l’objectif visé. Évidemment, comme en ce moment j’ai du mal à me motiver à lire et que je n’aime rien ou presque, il faudra voir si je m’y tiens… Sans compter que j’ai du mal pour les challenges, la plupart du temps. Mais je vais tout faire pour que ça soit une réussite !

Et vous, avez-vous prévu de participer ? 🙂