Loin de lui le soleil – Vincent Tassy

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Loin de lui le soleil
est le nouveau roman gothique de l’auteur français Vincent Tassy. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce titre au prix de 14.90 euro à partir du 31 octobre 2019, date de sa sortie officielle.

Ce texte est une préquelle du roman Apostasie dont je vous ai déjà parlé par le passé. Un texte si enthousiasmant que j’en ai écrit une chronique sur le blog alors que je l’ai lu un an avant, lors de sa sortie en 2016. Si vous ne connaissez pas cet auteur ou son travail, je vous encourage très chaudement à vous jeter dessus sans attendre une seconde de plus. Évidemment, son univers particulier et sa plume unique ne plaira pas à tout le monde mais pour ma part, je le lis chaque fois avec un plaisir immense.

À l’instar d’Apostasie, il me parait difficile de chroniquer Loin de lui le soleil. Du moins, pas d’une manière classique. Il y a des romans qu’on ne peut simplement pas résumer ou expliquer sans en gâcher la magie. Il m’est seulement possible, en quelques mots, de vous dévoiler le contexte: Alvare a aimé Alphée dés qu’il a posé les yeux sur lui. Il imagine donc son histoire passée et raconte la leur à partir de leur rencontre. Alvare l’explique lui même, ce livre dévoile peut être la vérité, peut être pas. Il l’ignore. La réponse n’arrive jamais vraiment et au fond, on n’en a pas besoin.

Comme d’habitude, Vincent Tassy nous offre un roman puissant et onirique au seuil duquel il vaut mieux laisser son esprit cartésien. Il ne faut pas chercher à comprendre, à poser des mots ou des concepts modernes sur ce qu’on lit. Le lecteur doit se laisser porter par la musicalité du texte, intensifiée par une ponctuation totalement signifiante. Un magnifique travail d’auteur. J’entendais les mots chanter dans ma tête à mesure que je tournais les pages et une fois arrivée à la fin, au moment de refermer le livre, j’ai ressenti un vide, un tournis. Il est assez rare qu’un auteur parvienne à me captiver autant. Lire un roman de Vincent Tassy, c’est une expérience toujours savoureuse et unique. Chaque texte se ressemble et pourtant, ses lecteurs le comprendront, chacun d’eux a sa propre personnalité.

Je ne vais pas en dire davantage. Il y a des romans sur lesquels il n’est pas nécessaire de disserter en long et en large. Des textes qu’on ne doit pas déconstruire pour les réduire à une liste de thématiques car ça revient à révéler des secrets que vous, lecteur, méritez de découvrir seuls en tête à tête avec ces pages. Loin de lui le soleil est un roman inscrit dans la mouvance gothique, assez dur et sombre mais sublime dans sa noirceur. Il ne vous laissera pas indifférent pourvu que vous acceptiez de jouer le jeu de l’auteur. C’est une histoire d’amour, celle d’une passion dévorante qui mériterait qu’on lui invente un terme pour rendre justice à son intensité. C’est aussi une histoire de vampires, comme on aimerait en lire plus souvent.

Pour résumer et si ce n’était pas clair, Loin de lui le soleil est un coup de cœur dont je recommande la lecture. Comme tous les romans de Vincent Tassy, il peut se lire de manière indépendante et ce même s’il est bien une préquelle à l’excellent Apostasie. Texte gothique et onirique servi par une plume poétiquement sublime, Loin de lui le soleil est une nouvelle réussite pour l’excellente collection Griffe Sombre des Éditions du Chat Noir.

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#PLIB2019 Comment le dire à la Nuit – Vincent Tassy

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Comment le dire à la Nuit est un one-shot fantastique écrit par l’auteur français Vincent Tassy. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce livre au prix de 19.90 euros.
Je lis ce roman dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge catégorie « vous prendrez bien un verre de True Blood ? »
Ce roman a été sélectionné par le #PLIB2019. #ISBN9782375680897

À mon sens, ce roman est très (trop ?) complexe à chroniquer. Comment le dire à la Nuit n’est pas un texte dont on parle, c’est un texte que l’on vit. Rien de ce que je ne vais dire à son sujet ne saurait lui rendre justice car il se situe au-delà des mots. Pour cette raison, cette chronique sera brève mais j’espère qu’elle vous donnera envie de tenter l’aventure.

C’est l’amour qui tient la place principale au sein de l’intrigue. Mais pas l’amour comme une romance comme on peut en lire des centaines de nos jours. Quoi qu’on en parle, de cet amour-là, de cet univers-là, d’une certaine manière. L’amour sous diverses formes, l’amour sans idéalisation. L’amour dans le plus pur style des romantiques du XIXe, époque où ce livre n’aurait d’ailleurs pas dénoté. Que ça soit en France ou en Angleterre, d’ailleurs, puisqu’il s’inscrit admirablement dans la mouvance gothique par son ambiance et le déroulé de son intrigue.

Chaque chapitre est dédié à un personnage. Vincent Tassy écrit à la troisième personne mais cela n’empêche pas chaque protagoniste de disposer d’un caractère et d’un style littéraire bien à lui. Il y a Athalie, la fameuse dame en noir. Adriel, son enfant et prisonnier. Egmont, un noble amoureux de son ami Léopold qui doit pourtant épouser Carolina, par intérêt familial. Rachel, dont la mort de sa sœur jumelle a amputé une partie de son être et enfin Parascève, une éditrice de romance qui aura une très grande influence sur l’intrigue du récit. Ces différents personnages vont se croiser au fil du temps (le roman couvre plusieurs siècles) et on va découvrir les moments clés de leur vie. J’ai été particulièrement touchée par Egmont mais aussi par l’histoire d’Athalie, finalement, qui est une pure héroïne de tragédie. Vincent Tassy nous propose une galerie de personnages complexes et travaillés qui constituent l’une des grandes forces de son roman. Il ne faut pas chercher à s’identifier à eux mais plutôt se laisser porter par leurs réflexions et les émotions qu’ils dégagent. Elles ne manqueront pas, à un moment ou à un autre, de faire écho chez le lecteur.

Une fois de plus, la mélancolie règne sur ce récit transcendé par un mal du siècle palpable. Je l’ai dit en commençant cette chronique: Comment le dire à la Nuit n’est pas un roman dont on parle, c’est un livre qu’on vit, qui caresse notre âme. On le lit dans le noir à la lueur d’une bougie, cloîtré dans une pièce sans fenêtres. On s’y plonge d’une traite et on ne le repose pas avant de tourner la dernière page.

Toutefois, hélas, mille fois hélas, il ne conviendra pas à tous les lecteurs et n’est pas à mettre entre toutes les mains. Beaucoup resteront probablement perplexes devant cette plume si recherchée et les émotions brutes dégagées par le roman. Il faut, je pense, une certaine sensibilité classique pour l’apprécier dans toute sa splendeur. À l’instar d’Apostasie, premier roman de l’auteur, Comment le dire à la Nuit fait partie de ces livres qu’on doit relire à plusieurs reprises afin d’en prendre la pleine mesure. J’ai rarement lu un texte aussi inspiré. Vincent Tassy est un auteur talentueux et précieux dans le paysage littéraire francophone, à découvrir d’urgence.

UP / Apostasie – Vincent Tassy

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Apostasie est un one-shot fantastique et décadent écrit par l’auteur français Vincent Tassy. Préalablement publié aux Éditions du Chat Noir en grand format (19.90 euros) il a été réédité chez Mnémos dans la collection Hélios au prix de 11.90 euros avec une nouvelle couverture. Comme je n’avais pas de blog à ce moment-là, j’écris et développe mon avis posté auparavant sur Booknode pour vous parler de cet incroyable titre !

Le 11 juin 2016 à 23h28 très exactement (merci l’historique de conversation facebook avec l’auteur), je refermais Apostasie, fébrile et sous le charme, consciente que je venais de lire un ouvrage extraordinaire, complètement bouleversée. Le hasard aura voulu que le jour avant, j’ai justement examen de littérature du 19e et 20e siècle, ce qui m’a permis de saisir encore davantage la profondeur et le talent de cet auteur.

Parce qu’Apostasie, c’est avant tout une perle littéraire qui s’inscrit à merveille dans le courant décadent. Bourré de références littéraires (peut-être trop pour les non initiés, qui passeront à côté d’une partie du talent de Vincent Tassy) il questionne l’essence même des histoires et des rêves. Les hommages subtiles et multiples sont parfaitement amenés. Comment ne pas voir le parallèle entre ce roman et À rebours d’Huysmans? Tout simplement délicieux.

Lu d’une traite, j’ai vibré à chaque page. On y ressent le mal, le mal du siècle, dans une parfaite imperfection. Vincent Tassy manie avec brio les mots pour nous offrir une fresque où transpire le morbide merveilleux. À mes yeux, Vincent Tassy est un génie né deux siècles trop tard mais dont le roman laissera une trace indélébile dans mon cœur. Je le recommande très chaudement mais je vous mets aussi en garde: il n’est pas à mettre entre toutes les mains ni à lire n’importe quand. Ce n’est pas une simple œuvre de divertissement et il dispose de plusieurs niveaux de lecture. Il mérite qu’on le lise plusieurs fois jusqu’à comprendre, jusqu’à trouver, tout ce que l’auteur a dissimulé dans son texte. Si vous ne connaissez pas encore ou si vous craigniez de vous lancer, je vous encourage à craquer de toute urgence. Ce fut, en 2016, l’un de mes plus gros coups de cœur !

Lake Ephemeral – Anya Allyn

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(c) Miesis

Lake Ephemeral est un roman d’origine anglophone sortit en février 2017 aux éditions du Chat Noir. Il a été écrit par Anya Allyn et traduit par Vincent Tassy, l’auteur de l’excellent Apostasie. Cette œuvre est disponible en papier et en un seul volume pour le prix de 19.90 euros. Il appartient à la collection Cheshire, qui rassemble les romans young-adult.

La première fois que j’ai vu un post au sujet de Lake Ephemeral, c’était pour annoncer sa sortie et je suis tombée amoureuse de la couverture, illustrée par la talentueuse Miesis dont je vous recommande le travail. Par contre, j’ai déchanté en lisant le résumé, certaine que ce n’était pas du tout mon type de lecture. Un peu déçue, je me suis dis que ça ne valait pas vraiment la peine de faire l’investissement… Mais à force de voir de bonnes chroniques, de constater que des auteurs en qui j’ai confiance en terme de goûts littéraires le conseiller, et après que les éditeurs eux-mêmes m’aient bien vendus l’histoire (avec promesse de pouvoir assommer l’éditeur en question avec le roman susnommé (qui est bien épais forcément) si ça ne me plaisait pas :3) je me suis lancée !

Toutefois, à l’instar du Club des punks contre l’apocalypse zombie, j’ai mis du temps avant d’ouvrir ce roman. J’ignore pourquoi ça m’est subitement venu il y a deux jours… Par contre, une chose est sure: je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt !

Lake Ephemeral est une véritable surprise. Dès les premières pages, je me suis retrouvée happée dans un univers unique par la plume gracieuse et poétique de l’auteure, magnifiquement traduite par Vincent Tassy. N’ayant pas lu en anglais, j’ignore quelle part il y a du traducteur dans le texte mais sincèrement, cette manière d’écrire est addictive, elle nous attire, comme des papillons vers la lumière, et on se brûle rapidement les ailes. Comprenez qu’on a du mal à refermer le livre, tant nous sommes immergés dedans. C’est un roman très addictif et on ne le devinerait pas en lisant la quatrième de couverture.

Lake Ephemeral est loin du type de roman que je lis d’habitude. Je suis surprise d’avoir autant apprécié cette histoire hors du commun et je suis frustrée de ne pas pouvoir développer plus précisément son contenu, ou même le classer dans un genre précis. Malheureusement, si je le fais, je risque de vous spoiler l’histoire tant l’intrigue est complexe, bien ficelée, bien menée. Je n’ai pas envie de vous gâcher toutes les surprises contenues dans ce livre vraiment spécial, ce serait injuste pour vous ! Notez qu’il y a évidemment quelques raccourcis scénaristiques, mais rien de bien méchants. L’intrigue reste très originale, rythmée et douce à la fois, elle dénote une véritable maîtrise de la part de l’auteure.

Notez que pour ne rien gâcher, l’objet en lui-même est très beau. S’il n’est pas parsemé d’illustrations comme Souvenirs Volés, chaque page est décorée d’un bel effet qui rappelle les papillons, et chaque partie nous est joliment présenté avec une mise en page particulière créée spécialement pour le roman. En prime, les papillons en relief sur la couverture rendent vraiment très bien et font de ce livre un bel objet à posséder.

Pour résumer en quelques mots, Lake Ephemeral est un roman étonnant, mené par la plume exquise d’une auteure talentueuse. C’est un récit poétique qui force à réfléchir sur la condition humaine à travers des personnages attachants, sur fond de paradis idyllique empoisonné. Lake Ephemeral est un coup de cœur que je recommande chaudement. Attendez-vous à être surpris !