La Confrérie de la Dague Noire (14) – J. R. Ward

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La Confrérie de la Dague Noire est une série d’actuellement quatorze tomes (toujours en cours) écrite par l’auteure américaine J.R. Ward. Elle dispose également d’un spin-off, l’Héritage de la Dague Noire, qui se déroule en parallèle avec la série principale (mais lire les deux n’est pas obligatoire pour comprendre le contenu). Publiée chez Milady dans la collection bit-lit, chaque tome coûte environs 10 euros.

La Confrérie est la seule série classée « bit-lit » que je continue à lire, avec Anita Blake. Contrairement à cette dernière, je ne me souviens pas d’un tome qui m’ait vraiment déçue. Au début, les schémas narratifs sont assez répétitifs: chaque Frère trouve la femme de sa vie, enchainant des péripéties diverses et variées jusqu’à ce que, finalement, tout s’arrange en mode « happy end ». Mais plus on avance dans la saga, plus l’intrigue se complexifie. La politique vampire prend une grande place, on se focalise sur d’anciens personnages, on découvre des liens insoupçonnés entre eux et un monde beaucoup plus riche que ne le laisse penser les premiers tomes.

C’est une saga qui sait se renouveler et surtout, qui aborde des thèmes important. Dans celui-ci, notamment: la maladie, la mort, le deuil d’un parent (et ses processus), le désir d’enfant, l’adoption, qui sont traités avec justesse. On retrouve Rhage et Mary (les héros du tome 2) et on explore aussi d’autres relations comme celle de V. et Jane. Celle de Layla et Xcor continue, on a d’ailleurs plusieurs révélations incroyables qui sont faites à son sujet ! On retrouve également ce cher Asshaut, un personnage que j’apprécie tout particulièrement et je l’ai adoré dans ce tome. Je m’arrête ici comme je ne veux pas spoiler, mais cet opus m’a vraiment tenue en haleine. Je l’ai lu très vite alors qu’il est plutôt épais (environs 670 pages) ce qui témoigne du talent de l’auteure à raconter des histoires passionnantes.

Son style littéraire n’est pas particulièrement remarquable, il est même assez familier et s’accorde à la psychologie des différents personnages. Il reste quelques coquilles dans la traduction mais ça ne gâche absolument pas le voyage. Je trouve que J.R. Ward a du talent pour raconter des histoires et créer des personnages attachants, plus complexes qu’au premier abord. Elle dispose d’une vraie imagination fertile et je suis contente qu’elle continue de développer son univers, toujours plus loin.

Pour résumer, ce tome 14 est à la hauteur de la saga, continue de maintenir mon intérêt et me donne surtout envie de lire le tome 15 (qui sera, je l’espère, le tome que j’attends depuis longtemps sur Layla et Xcor?). Je sais que la série est longue, mais si vous aimez l’urban fantasy qui sort de l’ordinaire, qui propose un véritable univers travaillé, intelligent, qui aborde des thèmes importants (et qui nous concernent aussi en tant qu’humain) qui continue à suivre les couples créés auparavant dans une ambiance toujours plus mâture, je vous la recommande chaudement. Le traitement du vampire est original et unique, les personnages sont géniaux… Sincèrement, pour que je continue malgré la longueur de la saga, c’est qu’elle vaut vraiment le coup.

Lisez la Confrérie, vous ne le regretterez pas.

Les chroniques homérides #1 le Souffle de Midas – Alison Germain

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Le Souffle de Midas est le premier tome des chroniques homérides, premier roman écrit par Alison Germain et publié aux Éditions du Chat Noir dans la collection Féline. Il s’agit d’urban fantasy inspirée de mythologie grecque. Le roman est disponible au prix de 19.90 euros au format papier. J’en profite pour saluer l’excellent travail de Miesis sur la couverture qui est tout simplement sublime.

Le Souffle de Midas, c’est avant tout l’histoire de Louise. Une étudiante en lettres qui, en rentrant un soir après son travail à la boutique de gemmes, entend des hurlements dans un parc près de chez elle. Hésitant entre passer son chemin et secourir la victime, elle opte pour la seconde solution et assiste aux derniers instants d’une jeune femme atrocement mutilée et baignant dans son propre sang. Après avoir embrassé Louise, notre héroïne perd connaissance et se réveille à l’hôpital. Là-bas, nulle trace d’une quelconque inconnue gravement mutilée et au bord de la mort. Persuadée d’avoir eu des hallucinations, Louise va petit à petit comprendre que non, elle n’a pas rêvé. Et le mystérieux détective Angus Fitzgerald va l’y aider. D’autant que, pour ne rien arranger, il s’avère que désormais, Louise est capable de transformer les objets qu’elle touche en or ! Un don convoité qui lui marquera une cible de choix sur le front.

Le premier élément à relever sur ce roman, c’est le style narratif. Nous sommes dans un récit à la première personne, ce qui nous permet de ressentir énormément d’empathie pour le personnage de Louise. Personnellement, je l’ai adorée et elle m’a rappelée de bons souvenirs qui datent de l’époque où j’ai rencontré l’auteure, sur un forum RPG. Si je relève le style d’écriture, c’est aussi pour souligner à quel point il a mûri, à quel point Alison a effectué un travail sérieux dessus. Ses phrases sonnent juste, à l’instar de ses dialogues et de son personnage principal (les personnages secondaires aussi, notez, même si c’est Louise qui marque le plus). Il y a juste assez de descriptions pour qu’on ne soit pas perdus mais pas trop pour alourdir le texte et rendre la narration à la première personne non-pertinente. J’avais lu les premiers chapitres du roman sur Wattpad et cette version finale a grandement évolué. On peut saluer le travail éditorial mais aussi l’investissement d’Alison.

Le second élément qu’on retiendra, c’est l’originalité de l’univers. Si l’histoire en elle-même a un déroulement plutôt classique qui respecte les codes tacites de l’urban fantasy, l’univers est vraiment immersif et sort des sentiers battus. Finalement, peu d’auteurs dans cette veine ont exploité la mythologie grecque de cette manière. Alison ne se contente pas de nous balancer le bestiaire habituel du genre vampire, loup-garou, ou autre, non. Ils sont totalement absents ici et ça fait du bien ! Elle a travaillé à plus de subtilité, elle a réécrit des mythes avec justesse et nous propose ainsi une ambiance vraiment hors du commun avec un bestiaire bien à elle.

Ce sont, à mon sens, les deux points forts du roman qui est un vrai page-turner. Je l’ai lu en peu de temps, il est absolument passionnant. Les chapitres couts permettent de mettre l’accent sur le dynamisme de l’histoire, qui ne souffre d’aucune longueur superflue. Le rythme est bon, accrocheur, et va crescendo. J’ai particulièrement adoré la fin, l’introduction de ces deux nouveaux personnages m’a intriguée (même si je devine qui est le griffon !) et je suis frustrée à l’idée de devoir attendre un an pour en apprendre plus sur O’Flammel. Je ne sais pas pourquoi, je sens que je vais l’aimer… Bon, j’admets, je l’aime déjà. Je crois qu’on peut m’enfermer !

En bref, Alison Germain propose le premier tome d’une trilogie d’urban fantasy certes classique mais qui brille par son univers et son héroïne imparfaite, ce qui la rend justement très attachante. C’est une saga que je conseille aux fans du genre sans une once d’hésitation car il se pourrait bien que ce soit la prochaine « Geste des Exilés » ! Qu’on se le dise et qu’on dévore ce tome de toute urgence.