UP / Athnuachan #1 L’Académie – Cyrielle Bandura

Couverture Athnuachan
L’Académie
est le premier tome de la saga Athnuachan de l’autrice française Cyrielle Bandura. D’abord publié en auto-édition, ce roman s’offre une nouvelle version dans la maison d’édition Noir d’Absinthe qui va également publier la suite (wouhou !). Vous trouverez ce roman retravaillé pour l’occasion au prix de 19.90 euros en format papier et 5.99 au format numérique.

À l’occasion de la réédition du roman Athnuachan de Cyrielle Bandura, j’up mon ancienne chronique avec la nouvelle couverture (absolument SUBLIME) signée par Tiphs. Je vous encourage à découvrir ce livre qui souffle un vent d’air frais sur la fantasy française et propose une œuvre à la fois travaillée et engagée. Il s’agit d’un premier roman et vu la qualité de celui-ci, ça laisse présager le meilleur pour la suite.

Il s’agit d’une série de fantasy post-apocalyptique (un peu dans la même idée que les Chroniques de Shannara, donc un retour en arrière de l’humanité après un trop plein technologique) marquée par la mythologie celtique.

Athnuachan nous raconte l’histoire de Sélène, une jeune fille qui a été appelée à l’Académie des Guerrières, supposées protéger Mór-roinn des attaques de Dragons. Sélène n’a jamais aimé les femmes de l’Académie, qu’elle qualifie volontiers de harpies, mais elle ne veut pas faire honte à sa mère et se résout donc à y aller. Ce roman est avant tout l’histoire de son initiation, de son entraînement, de la manière dont elle va mûrir et découvrir les secrets qui entourent son existence. Comme Sélène ignore beaucoup de choses au sujet des Gardiennes, nous découvrons et apprenons l’univers en même temps qu’elle, au travers de ses cours, de ses propres interrogation, ce qui nous permet d’obtenir énormément d’informations et de ne pas se perdre dans la lecture.

Le roman s’étale sur plusieurs années, douze ans exactement. Ne vous attendez donc pas à n’assister qu’à un seul évènement. Sélène a une vie bien remplie ! Je trouve d’ailleurs qu’elle est une héroïne intéressante, profonde et travaillée. Le roman est écrit à la première personne, au passé simple. Nous vivons donc tout à travers ses yeux. Elle n’est pas une gentille petite fille parfaite ni une rebelle sans cervelle qui va mettre tout le monde en danger avec ses caprices. Elle sonne vraie, humaine, elle a ses qualités et ses défauts, toute en nuance. Ses relations avec les autres sont toujours uniques, j’ai eu l’impression d’être transportée dans cet univers avec elle et j’ai trouvé agréable que, pour une fois, on ne nous serve pas une romance entre l’héroïne et son meilleur ami, ou l’éternel triangle amoureux. Il y a bien une relation intime, mais elle n’écrase pas le récit, loin de là. D’ailleurs, les différents passages entre les combats, le développement psychologique et les découvertes diverses sont bien rythmés. C’est assez impressionnant, surtout pour un premier roman.

L’univers d’Athnuachan est très riche. On sent que l’autrice s’est arrêtée sur tous les détails, qu’elle a beaucoup songé à la cohérence de son roman. Il y a un véritable travail derrière qu’on peut saluer. Cela évite à Athnuachan de tomber dans les pièges des premiers romans avec les éternelles facilités scénaristiques. Certains éléments sont plutôt prévisibles, comme l’identité du père de Sélène ou son avenir au sein de l’Académie, mais ça n’empêche pas le texte de nous réserver un sacré lot de surprises.

Pour résumer, Athnuachan est un excellent premier roman. J’ai toujours du mal à croire que c’est le premier, d’ailleurs ! Son récit a une construction assez classique (celui de l’initiation de l’héroïne) mais il est très documenté avec une mythologie qui lui appartient tout en s’inspirant de diverses sources qui raviront, notamment, les fans de mythologie irlandaise. Je le recommande chaudement à tous les amateurs de fantasy. Cyrielle Bandura est une autrice prometteuse qui mérite d’être lue.

Publicités

UP / Apostasie – Vincent Tassy

C1-Hélios-Apostasie-2-620x1024
Apostasie est un one-shot fantastique et décadent écrit par l’auteur français Vincent Tassy. Préalablement publié aux Éditions du Chat Noir en grand format (19.90 euros) il a été réédité chez Mnémos dans la collection Hélios au prix de 11.90 euros avec une nouvelle couverture. Comme je n’avais pas de blog à ce moment-là, j’écris et développe mon avis posté auparavant sur Booknode pour vous parler de cet incroyable titre !

Le 11 juin 2016 à 23h28 très exactement (merci l’historique de conversation facebook avec l’auteur), je refermais Apostasie, fébrile et sous le charme, consciente que je venais de lire un ouvrage extraordinaire, complètement bouleversée. Le hasard aura voulu que le jour avant, j’ai justement examen de littérature du 19e et 20e siècle, ce qui m’a permis de saisir encore davantage la profondeur et le talent de cet auteur.

Parce qu’Apostasie, c’est avant tout une perle littéraire qui s’inscrit à merveille dans le courant décadent. Bourré de références littéraires (peut-être trop pour les non initiés, qui passeront à côté d’une partie du talent de Vincent Tassy) il questionne l’essence même des histoires et des rêves. Les hommages subtiles et multiples sont parfaitement amenés. Comment ne pas voir le parallèle entre ce roman et À rebours d’Huysmans? Tout simplement délicieux.

Lu d’une traite, j’ai vibré à chaque page. On y ressent le mal, le mal du siècle, dans une parfaite imperfection. Vincent Tassy manie avec brio les mots pour nous offrir une fresque où transpire le morbide merveilleux. À mes yeux, Vincent Tassy est un génie né deux siècles trop tard mais dont le roman laissera une trace indélébile dans mon cœur. Je le recommande très chaudement mais je vous mets aussi en garde: il n’est pas à mettre entre toutes les mains ni à lire n’importe quand. Ce n’est pas une simple œuvre de divertissement et il dispose de plusieurs niveaux de lecture. Il mérite qu’on le lise plusieurs fois jusqu’à comprendre, jusqu’à trouver, tout ce que l’auteur a dissimulé dans son texte. Si vous ne connaissez pas encore ou si vous craigniez de vous lancer, je vous encourage à craquer de toute urgence. Ce fut, en 2016, l’un de mes plus gros coups de cœur !