#TAG – mes 10 autrices incontournables en SFFF


Cet été, Nevertwhere revient avec un nouveau tag #incontournables ! Précédemment, il s’agissait d’évoquer nos incontournables récents en SFFF afin de prouver que la production dans les genres de l’imaginaire est aussi qualitative aujourd’hui, vu qu’on nous rabâche sans arrêt les vieux classiques.

Cette fois-ci, la thématique s’avère plus spécifique en se concentrant sur les autrices et je ne peux que m’en réjouir. J’avais moi-même écrit il y a quelques années un billet sur le sujet qui présentait 10 autrices incontournables (et bien vivantes) dans l’imaginaire francophone, en réponse à un article de Babelio qui n’en évoquait que deux sur son top dix. En le redécouvrant, j’étais curieuse de voir quels noms resteraient ou pas. D’office, le constat est biaisé puisque je me concentrais uniquement sur les francophones alors que ce n’est pas le cas ici mais tout de même…

Je précise que les autrices ci-dessous ne sont pas classées par ordre de préférence et que le fait de commencer par Ada Palmer est une pure *tousse* *tousse* coïncidence. Il me semble aussi évident que cette liste est pertinente à un instant T, nos goûts évoluent sans arrêt.

Je vous invite à lire l’article de présentation sur le blog de Nevertwhere et à suivre son travail.
Le logo a été réalisé par Anne-Laure du blog Chut Maman lit !

Terra Ignota d’Ada Palmer
(je mets une saga si j’veux, oh.)
Impossible de ne pas commencer en évoquant cette autrice qui a changé ma vie de lectrice grâce à Terra Ignota dont le dernier volume est à paraître fin de cette année au Bélial. Elle parvient à mêler les classiques de la littérature à une réflexion sociale et politique ambitieuse au sein d’un récit à la narration osée, atypique… Bref, elle est mon modèle, je l’adore du fond du cœur et même si ses romans sont exigeants, je ne peux que vous encourager à les lire.

Trop semblable à l’éclair (tome 1), Sept Reddition (tome 2), La volonté de se battre (tome 3), L’Alphabet des créateurs (tome 4).

À la pointe de l’épée d’Ellen Kushner
Quel concept étrange que celui de fantasy de mœurs. Étrange ? Inattendu, plutôt. Et nouveau pour moi. Ellen Kushner est une autrice dont j’ai lu deux romans traduits sur les trois qui, dans un univers typé cape et épée, met en scène des personnages malmenés dans une histoire toujours subtilement engagée. Le tout avec une plume délicieuse (-ment traduite !). Pour ne rien gâcher, elle est humainement magnifique et avoir pu la rencontrer aux Imaginales a été un de mes plus beaux moments.

Si je choisis de mettre en avant À la pointe de l’épée c’est parce que le roman était plus sombre, malsain, plus proche de ce que j’aime. Le Duc Fou est toujours présent dans la suite (l’excellent le Privilège de l’épée) mais j’ai un petit cœur tout noir et faible alors…

Les poisons de Katharz d’Audrey Alwett
Autrice française de talent, j’ai d’abord connu Audrey Alwett avec son one-shot de dark fantasy humoristique les Poisons de Katharz qui a été un coup de cœur et m’a apporté un gigantesque réconfort dans une période où j’en avais désespérément besoin. Rien que pour ça, elle méritait de figurer dans ce classement… Mais depuis, elle s’est lancée dans une ambitieuse trilogie jeunesse : Magic Charly, le genre de roman avec lequel j’aurais aimé grandir et qui est un trésor d’imagination. Pour ne rien gâcher, c’est une femme engagée qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui est humainement une source d’inspiration.

Les révoltés de Bohen d’Estelle Faye
J’adore Estelle. J’adore sa personnalité, son imaginaire et sa gentillesse. C’est une personne magnifique en plus d’une autrice talentueuse. J’ai tendance à lire tous ses romans mais parmi sa prolifique production, le texte qui m’a le plus marqué reste les deux volumes de Bohen. Il m’a impressionnée par son envergure et son parti-pris ainsi que par ses personnages. J’ai décidé de mettre le second en avant parce que je l’ai trouvé plus abouti, on sent que l’autrice a beaucoup progressé alors que les Seigneurs de Bohen était déjà d’un excellent niveau.

Beastars de Paru Itagaki
Paru Itagaki est la mangaka à l’origine de l’exceptionnel Beastars, qui est son premier manga, donc. Du haut de ses presque vingt-neuf ans, elle a montré à chaque tome un souci du détail et une maîtrise extraordinaire de son intrigue, de son rythme, au point qu’il n’y a pas un seul volume à jeter ni qui soit plus faible que les autres. Elle a tout d’une grande, je suis sûre qu’elle inscrira son nom au panthéon des mangakas inoubliables.

Je compte relire les 22 tomes bientôt et y consacrer une série d’articles.

Black Butler de Yana Toboso
Encore une mangaka ! Je suis clairement de parti-pris mais Yana Toboso est à l’origine de Black Butler, qui est un manga toujours en cours de parution que je suis depuis des années (largement plus de dix ans) et qui parvient à maintenir mon intérêt malgré un rythme d’un ou deux tomes par an. C’est déjà suffisamment extraordinaire pour être souligné… Je ne sais pas si mon amour pour elle vient de son esthétique fabuleuse ou de son habilité à mettre en scène la noirceur de l’âme humaine mais elle me parle plus que de raison.

Pendant la pandémie, j’avais consacré du temps à une relecture de la saga et j’avais écrit sur les différents arcs : IntroductionLe Prince Sôma et Aghni + Noah’s Ark CircusMeurtres au Manoir et terreur sur le CampaniaWeston CollegeSieglinde SarivanMusic-hall, coup de théâtre et flashback.

Apprendre, si par bonheur de Becky Chambers
On a tous besoin d’un peu de positif dans la vie, pourquoi pas donc de la science-fiction positive ? Becky Chambers est la reine dans ce domaine et si j’ai trouvé quelques longueurs à sa saga Voyageur, j’ai par contre dévoré Apprendre, si par bonheur qui est une novella frôlant la perfection. Inclusive, touchante, rythmée, elle m’a retourné le cerveau et profondément émue.

Je suis ton ombre de Morgane Caussarieu
Un classique que je n’ose pas relire par peur qu’il perde de sa saveur mais dont le souvenir reste impérissable puis il est représentatif d’une période vampirique dans la littérature de l’imaginaire francophone. Morgane Caussarieu écrit des histoires sales, dérangeantes, et elle le fait merveilleusement bien. S’il n’y a qu’un titre à lire d’elle, c’est celui-là.

La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet
J’avais été très touchée par ce one-shot inspiré du surréalisme japonais. Céline Chevet aime le Japon, elle le met en scène divinement en proposant un thriller psychologique avec des personnages adolescents en souffrance. C’est vraiment bien réalisé et ça restera le roman qui m’a le plus enthousiasmé jusqu’ici dans sa bibliographie.

La divine proportion de Céline Saint-Charle
Céline Saint-Charle est une autrice qui n’écrit que dans des genres que je n’aime pas plus que ça (post-apo, zombie, dystopie) et dont j’adore pourtant les romans à chaque fois. Cette magicienne auvergnate me ravit toujours par je ne sais quel miracle et si j’ai choisi de mettre en avant La divine proportion au lieu des deux autres (les très bons #SeulAuMonde et L’apocalypse selon Sandra) c’est parce que je trouve les questionnements qui y sont contenus très en phase avec notre actualité et que je l’ai vu évoluer depuis le comité de lecture jusqu’à la version finale. Un petit bijou.

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