Vaisseau d’arcane #1 Les Hurleuses – Adrien Tomas

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Les Hurleuses
est le premier tome du diptyque Vaisseau d’arcane écrit par l’auteur français Adrien Tomas. Publié chez Mnémos pour la rentrée littéraire 2020, vous trouverez ce roman partout en librairie à partir du 28 août au prix de 21 euros.

De quoi ça parle ?
Sof est une infirmière sans histoire jusqu’au jour où son frère est frappé par un éclair d’arcane, devenant un Touché. Pour le soustraire aux autorités de la cité, la jeune femme décide de s’enfuir et va provoquer dans son sillage une série de catastrophes. En parallèle, Nym est un Opérateur (et non un vulgaire assassin comme il se plait à le préciser) qui se lance à leur poursuite pour de mystérieuses raisons. Quant à Gabba Do, ambassadeur des Abysses, il doit prendre la place de son prédécesseur à la Surface, prédécesseur qui vient juste d’être assassiné. Il va découvrir sur le terrain toutes les subtilités de la société humaine et tomber, bien évidemment, dans ses pièges.

Adrien Tomas, créateur d’univers.
Il n’est plus à démontrer qu’Adrien Tomas est un fantastique créateur d’univers. Peu importe le roman, son world-building est toujours remarquable et Vaisseau d’arcane ne fait pas exception. Ce texte se place dans le même univers que son roman jeunesse Engrenages et sortilèges mais peut se lire de manière complètement indépendante. La preuve : je n’ai pas lu Engrenages et sortilèges, ce qui ne m’a pas du tout empêché de comprendre l’univers, les enjeux ou les personnages.

L’action commence dans la ville de Mithrisias où Solal, éditorialiste génial et agitateur politique bien connu est soudain frappé par un éclair d’arcane, le transformant en un Touché. Un Touché est une personne remplie par une forme de magie qui détruit leur personnalité pour les transformer en réservoir de puissance inépuisable. Dans l’Édilat du Grimmark, ces personnes sont étudiées par des chaoticiens et utilisées ensuite pour alimenter des armes, des trains, bref toute la technologie développée autour de l’arcane.

L’arcane est l’énergie clé de ce monde en pleine révolution industrielle, que ce soit au Grimmark ou chez ses voisins. Chacun y consacre un usage qui lui est propre. Cette énergie n’est pas la seule originalité du roman puisque non content de dépeindre une société humaine, Adrien Tomas propose aussi des autres races intéressantes. D’une part, les Poissons-crânes qui sont des créatures aquatiques dotées d’une plus grande longévité par rapport aux humains. Plusieurs chapitres sont consacrés à Gabba Do, leur nouvel ambassadeur au Grimmark, ce qui est vraiment intéressant et offre un aperçu de leur technologie (comme ces scaphandres qui leur permettent de se déplacer à la surface) ainsi que de leur société. D’autre par, des orcs imprégnés par la nature au point de saigner vert et exploiter le bois comme d’autres le métal. Cette dernière société est davantage décrite puisque nos héros y font une halte prolongée.

Ces races apportent une dose de dépaysement bienvenu. Si on a l’habitude de croiser des orcs en fantasy, ceux-ci ne sont pas tout à fait ceux auxquels on s’attend et j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir tout ce qui concerne ces deux sociétés. Notez que je ne dépeins ici qu’une petite fraction de ce que l’auteur invente dans son roman, loin de moi l’envie de divulgâcher un contenu aussi intéressant.

Une fantasy steampunk ?
Je me dois tout de même de consacrer un paragraphe au sujet du classement de cette œuvre puisqu’on parle de steampunk sur la quatrième de couverture. Stricto sensu, ce n’est pas le cas. Sur base de mes quelques connaissances et sauf erreur de ma part, le steampunk en littérature implique une société du XIXe siècle dans notre univers ainsi qu’une technologie basée sur la vapeur et le charbon (d’où le nom, vapeur en anglais = steam). Dans Vaisseau d’arcane, la technologie est essentiellement basée sur l’arcane, justement. En tout cas je n’ai pas eu le sentiment de croiser autre chose et on parle même à un moment d’un équivalent à l’électricité (sans mentionner ce terme, c’est moi qui le comprend comme ça). Du coup, si on veut chipoter et je le précise pour les puristes : non, ce roman n’est pas un texte steampunk même si je comprends qu’on parle de ce genre littéraire pour créer un parallèle avec une forme d’esthétique plus visuelle. Par contre, oui, c’est de la fantasy en pleine révolution industrielle ce qui n’est pas sans rappeler le très bon Olangar de Clément Bouhélier.

Une narration chorale.
Autre habitude de l’auteur : la narration chorale. Adrien Tomas commence d’abord par introduire Sof, Solal et Nym avant de diversifier les points de vue pour amener Gabba Do, les membres du Conclave et l’un ou l’autre personnage secondaire qui permettra d’en apprendre plus à un moment clé de l’intrigue pour que les pièces du puzzle se mettent en place. Le risque avec ce choix c’est que, forcément, certains personnages sont plus intéressants à suivre que d’autres et l’intrigue s’éparpille avant de trouver une cohérence sur les derniers chapitres. Jusque là, le lecteur moyen (catégorie où je me place volontiers) froncera plus d’une fois les sourcils, surtout si le lecteur en question n’a pas l’habitude de lire un roman d’Adrien Tomas.

Évoquons en quelques mots ces personnages « principaux ». Sof choisit de se dresser contre les autorités de sa ville pour sauver son frère dont elle est persuadée qu’il a conservé sa conscience. C’est une jeune femme déterminée, débrouillarde, qui a parfois des réactions plutôt agaçantes toutefois elle est intéressante en tant que personnage féminin nuancé. Solal, son frère, a également droit à des chapitres que je vais qualifier de mystérieux faute d’un meilleur terme. Il faut attendre l’épilogue de ce premier tome pour entrevoir un début d’explication sur l’intérêt de ces chapitres en question. Quant à Nym, il poursuit une mission dont on ne sait pas grand chose pour le compte d’un commanditaire inconnu, se déclarant au service du peuple et non du gouvernement. Sa situation s’éclaircit également lors des derniers chapitres du roman et je dois avouer que ça a été, pour moi, une très agréable surprise. J’appréciais déjà ce personnage et mon sentiment s’est renforcé. Quant à Gabba Do, il essaie de se dépêtrer des exigences de sa fonction bien que son gouvernement ne l’ait placé là que comme un pantin manipulable après la mort de son prédécesseur. Évidemment, sa jeunesse et son inexpérience vont faire que, malgré son intelligence affutée, il va devenir le jouet de certains et ce avec des conséquences dramatiques. J’ai adoré ses chapitres et j’espère le retrouver dans la suite, ce protagoniste a un vrai potentiel !

Une intrigue pourtant classique.
On ne va pas se mentir, l’ensemble de l’intrigue reste assez classique. La construction de l’univers est suffisamment impressionnante pour qu’on l’oublie mais même s’il se passe plein de choses, j’ai par moment eu le sentiment que l’action n’avançait pas vraiment. De plus, Sof a trop tendance à l’introspection et comme je n’apprécie pas spécialement le personnage, ça m’a clairement gonflée à certains moments de ma lecture. Je ne dis pas que c’est inutile ni ne remets en cause les choix de l’auteur. Simplement, à mon goût, c’était un peu trop.

Toutefois, je l’ai déjà dit à plusieurs reprises sur le blog, classique n’est pas synonyme de mauvais ou d’ennuyeux. Le roman se lit tout seul avec fluidité et va crescendo jusqu’à un final surprenant que je n’avais pas anticipé. Il ouvre une série de possibles enthousiasmants et donne envie d’enchaîner sur le tome suivant. Hélas, il faudra attendre encore un peu pour cela puisque ce premier tome va paraître à la rentrée littéraire 2020.

La conclusion de l’ombre :
Avec le premier tome de ce diptyque fantasy en pleine révolution industrielle, Adrien Tomas pose les bases d’un univers riche, démontrant une fois de plus son talent de constructeur de mondes. À l’aide d’une narration chorale, l’auteur nous embarque entre différents personnages, différents peuples, voués à s’affronter dans une intrigue au déroulement classique, certes, mais qui ne manque pas d’intérêt. Pour moi, Les Hurleuses est une réussite et je suis impatiente de découvrir la suite de cette histoire.

D’autres avis : CélinedanaeFantasy à la carteBookenstock (Dup) – Le Bibliocosme (Boudicca) – Les chroniques du chroniqueur – vous ?

BML #5 – novembre 2018

Bonjour tout le monde !
On se retrouve pour un nouveau bilan mensuel de lecture. Ce mois-ci, j’ai terminé le Pumpkin Autumn Challenge avec succès et j’ai bien avancé dans mes derniers services presses. Je ne compte plus en prendre avant l’année prochaine, d’ailleurs, histoire de vider ma PàL (qui fera l’objet d’un article d’ici quelques jours 😉 ). Je vous réserve également plusieurs articles typiques de la fin d’année, comme le bilan annuel, les livres que j’ai découvert grâce aux autres blogueurs… Si ça vous tente !

Bref, sans plus attendre, voici les titres lus ce mois-ci :

 La voix de l’Empereur – Nabil Ouali (Mnémos – SP)
Kayla Marchal#3 la Source – Estelle Vagner (Chat Noir)
Comment le dire à la Nuit ? – Vincent Tassy (Chat Noir)
Les Ombres d’Esver – Katia Lanero Zamova (ActuSF – SP)
Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé – J.K. Rowling (Gallimard)
Kidnapping – Geoffrey Claustriaux (Livr’S -SP)
Les Hommes Dénaturés – Nancy Kress (ActuSF – SP)
Apocalypsis partie 1 (tome 1 – Alice, tome 2 – Edo et tome 3 – Maximillian) – Eli Esseriam (Lynks -SP. Chronique à venir début de semaine)

Alors en fonction de comment on compte, j’ai lu 8 ou 10 romans. Apocalypsis étant une intégrale de trois tomes… Je suis contente de ce bilan puisque durant le mois d’octobre, j’avais vraiment peu lu et ça me pesait.

J’ai également pris le temps de découvrir deux mangas ainsi qu’un comics.

Le second tome de Depth of Field qui a vraiment été un coup de cœur pour moi, ainsi que le premier tome de Noob Reroll qui était plutôt sympa mais sans plus. J’ai également terminé la lecture de Super Sons, que j’apprécie toujours autant surtout que les Teen Titans étaient de la partie :3

Ce qui porte le total à 10 romans, 2 mangas et 1 comics.

Et vous, quel est votre bilan lecture pour novembre? 🙂

FOCUS – Mon bilan lecture de 2017

Bon, en vrai, je triche un peu !
J’ai fait les comptes: du 15 décembre 2016 au 15 décembre 2017, j’ai lu en tout 66 romans (si si, je vous jure…) et 43 mangas. Ce qui fait plus d’un roman par semaine. Je sais que beaucoup sont à davantage mais je lis pour le plaisir et je vous en parle pour la même raison. Je précise toutefois que je n’ai pas compté les livres / les articles lus dans le cadre de mes études.

Dans tout ça, il y avait du bon et du moins bon. Je vous propose donc de découvrir mon petit bilan personnel, qui mettra l’accent uniquement sur le positif ! Comme toujours sur le blog.

Ma plus belle découverte française de l’année:
Sans conteste, il s’agit de Morgane Caussarieu. Une auteure qu’on a passé des années à me recommander (enfin, depuis 2015 quoi), que j’ai longtemps boudé, pour finalement la découvrir grâce aux promotions de l’été chez Mnémos. Et quel bonheur ! Une Poppy Z Brite à la française qui a su s’affranchir de cette étiquette, définir sa propre personnalité littéraire. Si « Dans les veines » rappelle l’iconique auteure américaine, « Chéloïdes » ne manquera pas de vous retourner complètement le cerveau. Sans parler de sa nouvelle parue dans « Black Mambo » ! J’adore découvrir les connexions entre chaque texte et j’ai hâte de vider ma PAL papier pour enfin dévorer « Je suis ton ombre » qui est le dernier roman qu’il me reste à lire d’elle. Notez qu’en février, elle va en sortir un nouveau dans la collection Naos de chez Mnémos et j’ai vraiment hâte. En bref, si vous aimez les univers malsains, trashs, etc. c’est un must-read.

Ma plus belle découverte belge de l’année:
Mon cœur a balancé entre deux noms mais je me dois d’être honnête, il s’agit de Vincent Vallée. Rien ne le prédestinait à figurer dans ce classement, puisqu’il écrit de la littérature générale, mais « Verlaine avoue Rimbaud » m’a complètement bouleversée. J’ai adoré chaque ligne de ce merveilleux ouvrage que je vous recommande plus que chaudement. Quant à l’autre nom, il s’agit d’Emilie Ansciaux.  J’ai trop longtemps laissé de mauvaises langues me détourner de ses écrits et j’ai découvert « la Mélodie » (un roman court et effrayant) avec grand plaisir. Elle dispose de vraies qualités littéraires et son dernier roman attend sagement dans ma PAL que ma bookjar daigne l’en sortir. Je vous invite à vous pencher sur la bibliographie de ces deux auteurs belges qui méritent d’être découverts !

Ma plus belle découverte littéraire de l’année:
Il ne s’agit pas tant d’un auteur que d’une série, trilogie devenue quadrilogie (j’attends la version poche pour que ça ne cloche pas dans ma bibliothèque mais vous n’imaginez pas comme c’est difficile…). Si vous me suivez un peu, vous savez que je parle de «Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé » de Raphaël Albert. J’ai eu un énorme coup de cœur pour le personnage de Sylvo, un anti-héro elfique vraiment hors du commun. J’en ai longuement parlé dans mon article sur la trilogie (donc je vais éviter de continuer à radoter ->) mais je ne peux que vous encourager à découvrir cette histoire peu banale, elle vaut vraiment le détour et a su me faire vibrer sur le long terme.

Ma plus belle découverte manga de l’année:
J’ai hésité entre plusieurs séries mais rendons à César ce qui est à César… Ou plutôt, donnons-le à Atchepsout, la Reine d’Égypte de chez Ki-oon ! Ce manga ne m’attirait pas du tout au premier abord, je n’aimais pas la couverture du tome 1 (à cause des yeux du personnage) et je ne l’aurai jamais lu si je n’avais pas fait la file pendant deux heures à Livre Paris pour rencontrer l’auteure, afin de lui faire signer un exemplaire pour Kazabulles, ma librairie favorite. Cette série est extraordinaire, prenante, dure, bien documentée, on s’attache immédiatement à l’héroïne et on attend chaque tome en trépignant d’impatience. Sérieusement, si vous ne devez lire qu’un seul manga, lisez celui-la !

Et voilà, c’est tout pour 2017 ! Concernant 2018, j’attends tellement de romans que je vais vous épargner la longue liste. Je sais que ça va être une année riche en excellentes lectures et je me réjouis déjà d’y être. Et vous, quels sont vos coups de cœur pour 2017 ? Dites-moi tout dans les commentaires !

Le Roi des Fauves – Aurélie Wellenstein

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Le Roi des Fauves est un one-shot de dark medieval fantasy écrit par Aurélie Wellenstein. Publié d’abord chez Scrineo au prix de 16.90 euros, il est également disponible en format poche chez Pocket au prix de 7 euros. Depuis 2015, il a été finaliste à de nombreux prix comme celui des Halliénnales ou le prix Imaginale des Lycéens.

Je vois passer ce roman depuis que j’ai commencé à fréquenter les salons littéraires en 2015. Et pour cause, ce roman a commencé sa carrière en même temps que moi… La première chose qui m’a intriguée, c’est sa couverture absolument sublime. J’adore cette illustration, elle est sombre, malsaine et elle prend tout son sens après la lecture du livre. Je ne sais pas pourquoi j’ai mis si longtemps à me procurer ce roman, ni pourquoi il est resté dans ma PAL depuis avril 2017. Je regrette vraiment de ne pas l’avoir lu avant, parce que nous sommes en présence d’un très bon texte !

Le Roi des Fauves raconte l’histoire de trois adolescents: Ivar, Kaya et Oswald. Dans leur village, la famine règne et ils en sont réduits à oser braconner sur les terres du Jarl, pour se nourrir, eux et leur famille. Ils sont surpris par un jeune seigneur et son berserkir, arrêtés puis condamnés à un sort pire que la mort. Enfermés sur des terres maudites, contenus par une barrière magique après avoir été obligé d’avaler un parasite, ils vont se transformer, au bout de sept jours, en berserkir. Des hommes bêtes enragés, dépourvus d’humanité.

En lisant la quatrième de couverture, je ne m’attendais pas à un roman de ce genre. En réalité, je ne sais pas à quoi je m’attendais et j’ai un peu de mal à rassembler mes idées, tant j’ai des choses à dire sur ce livre. Excusez par avance si ça parait brouillon !

Nous évoluons dans un univers de type médiéval, inspiré de la mythologie nordique. On le ressent à travers l’utilisation du terme « jarl » mais aussi le nom des villages, des lieux, et le bestiaire exploité. Je n’ai pas eu l’occasion de lire beaucoup d’œuvres qui y trouvaient leur inspiration et j’en ai été enchantée. Par contre, difficile de définir si ça se passe dans un monde semblable au nôtre ou dans un tout autre endroit. J’aurais tendance à opter pour cette seconde option, ce qui justifierait un point qui m’a un peu dérangé: la façon dont s’expriment les personnages. Par moment, ces adolescents ont des expressions un peu trop modernes. J’ai tiqué sur l’utilisation du mot « fringue » ou « putain de merde » qui me paraissent tellement contemporain et incongrus dans ce contexte que ça m’a fait sortir du livre pendant quelques pages. C’est un détail, mais je me devais de le relever, parce qu’il y a peut-être une explication qui m’a échappée.

Les personnages sont intéressants et douloureusement humains. Ivar est celui au travers de qui on vit cette mésaventure, bien que le roman soit écrit à la troisième personne. C’est un jeune homme qui manque parfois un peu de caractère, qui ne prend pas les bonnes décisions ou en tout cas, pas au bon moment. C’est un garçon qui veut bien faire mais qui rate son coup à chaque fois, ça pourrait être n’importe qui. Oswald est un lâche peureux qui tient à ses amis et on sent que c’est cette amitié qui le tire vers l’avant. Quant à Kaya, c’est une fille au fort caractère, qui est difficile à cerner, c’est celle que j’ai la moins appréciée parce que je la trouvais injuste et inconstante. Pourtant, c’est imputable à son humanité, au fait que, finalement, nous non plus, on n’est pas toujours logique ou cohérent dans nos actions, quand elles sont dictées par la peur et / ou des situations extrêmes.

La plume de l’auteure est travaillée et colle à la thématique du texte tout en restant accessible. La troisième personne permet de décrire l’environnement et l’univers sans que ça ne sonne faux dans la bouche du personnage, mais cela ne l’empêche pas de nous plonger dans les tourments intérieurs d’Ivar. Elle utilise toujours le bon mot qui touche juste, ce qui nous offre un texte immersif sans être alourdi par des adjectifs pompeux. Il y a une vraie maîtrise du vocabulaire, qu’on peut saluer.

J’ai particulièrement apprécié la dernière partie du livre, surtout les deux derniers chapitres. Je n’en dit pas trop parce que je refuse de spoiler, mais c’est ce qui me fait classer ce roman en dark fantasy et me pousse à le conseiller avec ferveur. Parce que l’intrigue en elle-même est assez classique pour de la fantasy, mais je trouve que les derniers chapitres changent totalement la donne.

En bref, j’ai passé un très bon moment avec cette lecture ! Je recommande ce roman aux lecteurs qui aiment les histoires sombres, violentes, qui apprécient la mythologie nordique et qui ont envie de découvrir un one-shot qui sort du lot. Il mérite, selon moi, amplement sa nomination et sa victoire dans tous ces prix littéraires. J’ai passé un très bon moment avec le Roi des Fauves et je vais me pencher sur le reste de la bibliographie d’Aurélie Wellenstein, qui a une vraie personnalité littéraire.

Le Printemps de l’Imaginaire francophone

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Certains ont peut-être entendu parler du fameux Printemps de l’Imaginaire francophone, organisé par le blog Monde Fantasy. Il s’agissait de lire, entre le 1er mars et le 1er juin, des œuvres de SFFF écrites par des auteurs francophones. Il existait trois paliers de difficultés: lire au moins un ouvrage, au moins trois ou au moins six, avec différentes options (petits éditeurs, auto-édités, etc.). Quand j’ai entendu parler de ce challenge, j’ai immédiatement été séduite. Pourquoi? Premièrement, je suis moi-même une auteure francophone de Fantasy et une telle initiative me réjouissait. Ensuite, elle permettait de mettre en avant la production française, trop souvent laissée dans l’ombre. Je vous invite d’ailleurs à lire l’article de Monde Fantasy sur l’imaginaire francophone en péril, qui propose un état des lieux aussi pertinent d’inquiétant.

Bref, comme un auteur est aussi (et avant tout) un lecteur, je me suis inscrite à ce challenge en optant pour le palier six avec option « scientifique fou » à savoir que je devais intégrer, dans mes lectures, au moins un roman auto-édité. Voici la liste de mes différentes lectures pendant ces trois mois. Comme je les ai chroniqué sur ma page facebook avant l’ouverture de ce blog, je me propose d’insérer les liens vers les chroniques de ces différents ouvrages. Vous n’aurez qu’à cliquer sur le titre du livre pour connaître mon avis dessus ! Au total, donc, j’en ai lu 12 :

  1. Palimpsestes #2 d’Emmanuelle Nuncq
  2. Scents of Orient de Marianne Stern
  3. Paradoxes #1 de L-A Braun
  4. Rebecca Kean #6 de Cassandra O’Donnell
  5. Tragic Circus de Cécile Guillot et Mathieu Guibé
  6. La Mélodie d’Emilie Ansciau
  7. Le Chrysanthème Noir de Feldrik Rivat
  8. Rebels #2 d’Aspi Deth
  9. Octavie d’Urville #1 – sous l’ombre du vampire de Esther Brassac
  10. Les extraordinaires & fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé #1 – Rue Farfadet de Raphaël Albert
  11. Les extraordinaires & fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé #2 – Avant le déluge de Raphaël Albert
  12. Le Paris des Merveilles #2 l’Élixir d’Oubli, de Pierre Pevel

Six romans d’éditeurs indépendants, deux auto-éditées et quatre romans de plus grosses structures. Tous par des auteurs francophones et même avec trois belges dans le tas ! Je suis vraiment contente de ce challenge. Certes, douze romans sur trois mois, cela paraîtra peu en miroir de certaines personnes qui ont lu le double (chapeau d’ailleurs !) mais d’une part ça fait plus ou moins un roman par semaine (ce qui a toujours été ma moyenne) et d’autre part, je n’ai véritablement lu QUE des auteurs francophones pendant ces trois mois. Hormis quelques mangas, évidemment.

L’autre point fort de ce challenge était son groupe facebook, qui nous permettait de partager nos lectures et nos ressentis avec les différents participants. Et je peux vous dire qu’on échangeait beaucoup ! Outre les likes sur les publications, personne n’hésitait à donner son opinion sur un roman, provoquant parfois de petits débats, ou à se renseigner après avoir lu notre avis dessus. J’ai trouvé ces échanges dynamiques et enrichissants ce qui, je l’avoue, m’a surprise. Si l’intention de départ était belle, je craignais que ça ne s’essouffle au fil des semaines mais ça n’a pas du tout été le cas, au contraire.

En résumé, le Printemps de l’Imaginaire francophone est une très belle initiative à laquelle je compte participer de nouveau l’année prochaine. L’instigatrice de ce mouvement propose d’ailleurs un questionnaire destiné à améliorer le défi pour l’année prochaine. N’hésitez pas à, vous aussi, donner votre opinion !

Vous avez participé au PIF? Comment avez-vous vécu cette expérience? Racontez-moi 🙂