Ashwood #1 – C. J. Malarsky

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Ashwood est le premier tome d’une saga en deux volumes proposée par l’autrice américaine C. J. Malarsky. Vous trouverez ce roman dans sa version française aux Éditions du Chat Noir dans la collection Cheshire, au prix de 17.90 euros en papier.

Il s’agit du premier tome d’une série mais après discussion avec l’éditrice, il s’avère qu’Ashwood est vraiment construit comme un one-shot. Dans le « tome 2 » on voit à peine l’héroïne de celui-ci ce qui est bon à savoir car ça rend la fin vraiment osée. Du coup, j’en parle à dessein comme d’un tome unique.

Willow a 16 ans, aime les vêtements excentriques, la SFFF et les jeux vidéos. En compagnie de son cousin Devin et deux autres amis, elle part faire un shooting photo dans un asile abandonné. Le fameux Ashwood. Pas de bol, cet endroit est hanté et les peurs de Willow attirent sur elle l’attention malvenue d’esprits affamés qui mettent son âme en péril.

Je vous le concède volontiers: au premier abord, ça parait cliché. Dans les premiers chapitres aussi. Ça transpire le roman d’épouvante classique par toutes les lignes de la page au point que je lisais presque sans faire attention, comme quand on regarde un téléfilm sur AB3 (M6 en traduction pour la France) quoi. Un œil dessus et le reste du cerveau ailleurs.

Puis il s’est passé quelque chose de quasi miraculeux. Sans m’en rendre compte, Ashwood captait de plus en plus mon attention et je tournais les pages sans parvenir à le reposer. Pourtant, le style de l’autrice n’est pas particulièrement transcendant. Ni bon, ni mauvais, juste pas remarquable. Mais voilà, elle est parvenue à m’attraper dans ses filets (oserais-je dire à papillons?). Si bien que j’ai lu les 253 pages qui composent ce premier tome en une journée seulement. Un bon dimanche lecture comme je les aime !

C’est que, l’air de rien, le personnage de Willow est intéressant et inspire la sympathie. Pour une ado de seize ans, elle a une personnalité crédible et les mots de l’autrice nous transmettent très bien ses émotions. Willow est une lolita qui se passionne pour la pop culture, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des amis, une vie sociale, même si elle se sent un peu à l’écart. Les nuances apportées par C. J. Mallarsky sont plaisantes à trouver dans ce type de roman destiné à un public young adult.

Déjà dans l’asile, Willow n’est pas très rassurée et les blagues stupides d’Archimède (le colloc de son cousin alias la-tête-à-claque/enfoiré-de-première pitié qu’un mora mange ce type) ne font rien pour l’aider. Parce que c’est rigolo d’enfermer quelqu’un dans le tiroir d’une morgue, é-vi-de-mment. C’est là que Willow a ses premiers cauchemars et ça ne va pas aller en s’arrangeant. Au point que le réel se confond avec les ombres, même pour le lecteur qui ne sait plus à quel saint se vouer. Plus d’une fois, j’étais dans le doute et ça provoquait en moi une réelle tension. J’adore quand les auteurs parviennent à jouer avec mes nerfs et mes perceptions comme ça: chapeau !

L’intrigue d’Ashwood est simple mais prenante. Je trouve intéressant que l’autrice se soit inspirée de Jung (on en parle quand même moins que Freud) mais aussi de la mythologie russe pour tout ce qui touche à la dimension surnaturelle du roman. C’est plutôt rare comme choix et ça me parle bien.

Le seul petit point noir que j’ai à relever, c’est la présence de la pseudo romance avec Ilya. Elle ne me gênait pas trop jusqu’au dernier chapitre où j’ai roulé des yeux quand le mot « amour » a fait son apparition mais disons que le dernier paragraphe a rattrapé ce petit écart typique à la littérature young adult. Et ça reste cohérent avec le genre littéraire, c’est juste que je suis vite saoulée par ces détails.

En bref, Ashwood est un page-turner d’épouvante classique mais bien mené avec quelques touches d’originalité qui font toute la différence. Ce premier tome présente une héroïne qui sonne juste et à laquelle on s’attache rapidement. Quant à la fin, elle est magistrale et comme il s’agit finalement d’un tome unique en ce qui concerne Willow du moins, je peux sans hésiter la qualifier d’osée, d’assumée et même de culottée. Je le recommande sans hésiter.

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Evil #1 Vicious – V.E. Schwab

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Vicious est le premier tome de la saga Evil proposée par l’autrice américaine V. E. Schwab. Publiée chez Lumen, vous trouverez ce tome au prix de 16 euros dans toutes les librairies.

Victor et Eli étaient meilleurs amis (quoi que tout est relatif, vous vous en rendrez compte en lisant). Seulement, Eli a trahi Victor et ce dernier a passé dix ans en prison par sa faute. Quand il parvient à s’évader en compagnie de Mitch, Victor est bien décidé à aller régler ses comptes.
Dans un mon semblable au nôtre, il existe des EO -ExtraOrdinaires. Ce sont des personnes qui, pour une raison obscure, sont parvenues à développer des pouvoirs. Eli décide d’en faire son sujet de thèse et ses découvertes lui permettent d’avancer des hypothèses solides sur la manière de créer ces personnes hors du commun. Du coup, son colocataire Victor lui propose de tester ses théories et ça tourne très mal.

Le scénario de Vicious n’est pas sans rappeler certaines licences bien connues comme notamment X-Men. Ce titre, en fait, aurait pu être un comics que ça n’en aurait été que mieux. Tout, de l’aspect couverture (que je trouve d’ailleurs assez chouette) jusqu’aux interactions entre les protagonistes, rappelle ce médium. Avec ses qualités et ses défauts. La thématique principale étant, évidemment, l’acceptation de la différence (ou plutôt de l’évolution?) et le danger représenté par certains individus affreusement partiaux. La métaphore est d’actualité et me parle bien. J’achète.

Ce roman est construit dans une alternance de point de vue entre le passé et le présent de la narration, ce qui rend plutôt compliqué la présentation de Vicious sans vous spoiler des parties entières. Déjà que j’ai été un peu trop loin en vous évoquant les thèmes principaux… Ce procédé narratif ne m’a pas vraiment plu même si les en-têtes de chapitre renseignent très clairement à quel moment on se trouve. En tant que lecteur, nous ne sommes jamais vraiment perdus mais par moment j’éprouvais souvent une lassitude et un sentiment de longueur dans certaines parties. Le rythme se brisait, justement à cause de ces sauts. Du coup, pendant toute la première partie du roman, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire et à vraiment m’y intéresser. Pour tout dire, j’ai même failli le laisser de côté et le rendre à Laure-Anne qui a eu la gentillesse de me le prêter.

La seconde partie décolle davantage, surtout en termes d’action et de résolution. Beaucoup plus de dynamisme même si les explications du passé de certains personnages tombaient comme des cheveux dans la soupe. Et oui je mets l’expression au pluriel. Tout s’accélère alors pour arriver à un final magistral… Qui me fait amèrement regretter que ce roman ne soit pas un one-shot. Pour moi, l’autrice devait s’arrêter à ce moment. Peut-être que le second tome ne concerne pas du tout Eli et Victor mais si c’est le cas, je trouve ça très dommage. Parce que cette fin a su à la fois me séduire et me convaincre, assez pour oublier les faiblesses narratives formelles (sans parler des incohérences, surtout au niveau des pouvoirs de Victor) et dire que ce roman est plutôt bon.

D’un point de vue des personnages, ils sont tous intéressants et utiles d’une manière ou d’une autre à l’histoire. L’autrice ne s’éparpille pas sur de trop nombreux protagonistes et les psychés des deux « héros » (si si, on a besoin de guillemets) se révèlent originales, profondes, nuancées. Eli est très clairement un sociopathe là où Victor est beaucoup plus vivant, passionné, enragé. À mon sens, les protagonistes de Vicious représentent l’aspect le plus réussi du roman et sa grande force. Plus que l’intrigue qui, en elle-même, n’a rien d’absolument transcendant. C’est sympa mais ça manque un peu de surprise.

En bref, je suis finalement contente d’avoir découvert Vicious. Ce texte propose une histoire nuancée qui rejette le manichéisme, ce qui est assez rare pour qu’on le souligne. Les protagonistes principaux sont « des méchants » plus ou moins gris auxquels on s’attache facilement car leur psyché est très bien dépeinte. C’est un bon divertissement qui souffre toutefois de quelques longueurs et d’un système narratif qui n’a pas su m’emballer (mais qui plaira à d’autres, j’en suis sûre) sans parler d’une intrigue un peu trop simple qui permet aisément de deviner la fin et de quelques incohérences. Quant à savoir comment personne dans le staff éditorial ne s’en est rendu compte… C’est tout de même une lecture que je recommande à ceux qui apprécient les univers typés comics d’anticipation.

Une aventure de Lucifer Box #1 Le Club Vesuvius – Mark Gatiss

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Le Club Vesuvius
est le premier tome de ce qui est présenté comme une saga ayant pour personnage principal Lucifer Box. Écrit par Mark Gatiss, cet ouvrage steampunk est disponible au format poche chez Bragelonne au prix de 9.90 euros.
Ce roman peut convenir au Pumpkin Autumn Challenge dans le menu « Automne Douceur de Vivre » catégorie « La feuille d’automne emportée par le vent (…) » pour sa couverture aux couleurs rouges / marrons un peu automne.

Dans ce premier tome, nous rencontrons le personnage de Lucifer Box: dandy, bad boy, peintre talentueux et espion au service de la Reine. Il va s’intéresser de près à une drôle d’affaire qui menace la couronne et qui le mènera de Londres à Naples.

Et oui, c’est tout.
Je veux dire, comprenons nous bien. Le roman fait un peu moins de trois cents pages et c’est un bel objet. La couverture est soignée, les dorures tiennent plutôt bien, l’intérieur du bouquin comprend d’intéressantes illustrations et les débuts de chapitres sont travaillés avec une mise en page spéciale. Mais en dehors du support physique, ce roman n’offre pas grand chose de plus qu’un divertissement. Parfois, c’est ce qu’on attend d’un livre et d’autres, non. Moi, j’en voulais davantage et je ressors de ma lecture un peu mitigée à cause de ça.

Pourquoi est-ce que j’en attendais trop?

Parce que Mark Gatiss est un homme dont j’apprécie le travail. Vous le connaissez sûrement en tant qu’acteur (et producteur et scénariste) dans Sherlock (aka une de mes séries préférées de tous les temps) ainsi que scénariste sur Doctor Who, entre autres. Je ne peux pas nier son talent tout britannique dans ces domaines, ni son style, ni cette aura particulière qu’il dégage quand il joue. Mais si son roman n’est pas mauvais, il n’est pas non plus transcendant et loin du niveau auquel il a pu habituer son public dans d’autres arts. Du coup, forcément, j’en attendais énormément et je ressors déçue alors que le livre en lui-même n’est pas mauvais.

Le scénario est très classique pour ne pas dire prévisible, à quelques exceptions. Je ne me suis pas sentie concernée ni même prise dans l’intrigue. Je n’avais aucun mal à le refermer pour passer à autre chose et je lui ai même trouvé quelques longueurs. Les personnages sont tous des caricatures, en particulier le héros. Pourtant, j’adore les anti-héros dans ce genre-là mais Lucifer Box sonne faux, sonne « trop » : trop parfait, trop beau, trop talentueux, pour qu’on parvienne à s’y attacher. Il manque de nuances, de profondeur psychologique. Et si ses réflexions très british prêtent à sourire, on se lasse assez vite de ses tentatives pour paraître scandaleux. Tentatives qui tombent souvent à plat.

Et c’est ça le problème majeur du Club Vesuvius: il est terriblement grand public. Il colle strictement aux codes de ce type de roman. Cette remarque ne se veut pas condescendante, loin de là. Il y a des livres qui collent à une image précise, à destination d’un public cible qui consomme ce type de littérature à la pelle et il y en a d’autres qui se démarquent, qui cherchent plus loin, qui apportent un peu plus. Ça ne fait pas des romans grands publics de mauvais livres, au contraire. Simplement, ils sont inadaptés à des lecteurs comme moi qui ont une autre vision du steampunk, bien plus poussée, avec des autrices comme Marianne Stern ou Esther Brassac. Ou une autre vision de la littérature, tout simplement. J’en suis à un stade de ma vie de lectrice où je n’ai pas envie de lire un roman interchangeable avec un autre comme je le faisais volontiers plus jeune avec la bit-lit par exemple. Je connais d’ailleurs aussi ce phénomène dans la sphère audiovisuelle.

Malgré ma déception, ce roman trouvera un public. Il est certain que le Club Vesuvius ne marquera pas votre mémoire de lecteur, en positif comme en négatif. N’empêche, il reste sympathique à découvrir si vous souhaitez démêler une enquête dans un univers steampunk avec un personnage qui se voudra récurrent sur plusieurs tomes.

Les Sœurs Carmines #1 le complot des corbeaux – Ariel Holzl

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Le premier tome des Soeurs Carmines, intitulé « le complot des corbeaux » est écrit par l’auteur français Ariel Holzl et publié aux Éditions Mnémos au prix de 17 euros par tome.
Je remercie chaleureusement les Éditions Mnémos pour ce service presse.
Ce livre rentre dans le challenge S4F3 proposé par Albédo.

J’entends parler de ce roman sur la blogosphère depuis un bon moment et comme souvent quand un livre créé le buzz, j’ai peur de me lancer et d’être déçue. J’ai donc retardé au maximum ma lecture mais j’ai finalement craqué aux Imaginales en le demandant avec d’autres SPs. J’ai quand même eu besoin d’un bon mois pour me lancer dans l’aventure et je dois avouer que j’ai été très agréablement surprise !

Les sœurs Carmines sont au nombre de trois: Merryvère, Tristabelle et Dolorine. Nous suivons la première, Merry, qui est voleuse de profession même si elle manque un peu de chance dans l’exercice du crime. Le roman s’ouvre sur Merry et Tristabelle en train de profaner une tombe pour récupérer un doigt, qui servira de clé pour ouvrir un coffre… Autant dire que son contenu n’a pas fini de causer des soucis aux sœurs Carmines ! L’action se passe à Grisaille, une ville pas franchement accueillante que se partagent plusieurs maisons. Certaines sont spécialisées dans la nécromancie, d’autres ne comptent que des vampires, l’ambiance macabre et morbide est au rendez-vous, mais l’auteur ne donne pas dans l’oppressant ou le lourd, non. C’est un monde tout en nuance de brume et de noir, riche en couleurs sombres.

La première chose qui m’a séduite, c’est donc l’univers. Dès le début du livre, on ressent une ambiance très Tim Burton, annoncée sur la page de lancement du livre. Un macabre merveilleux absolument délicieux à découvrir et qui prête souvent à sourire, dans le bon sens du terme. En cela, la plume de l’auteur sert admirablement son ambiance: Ariel Holzl maîtrise son vocabulaire et offre une musicalité unique à son texte.

Si j’ai d’abord eu du mal à m’attacher à Merry et Tristabelle, j’ai immédiatement été séduite par Dolorine. J’ai adoré découvrir les chapitres de son journal, sa poupée m’intrigue et ses capacités également. Elle ajoute une plus-value non négligeable au livre, là où je trouve Merry un peu fade (surtout en comparaison des deux autres en fait, pas en elle-même) et Tristabelle détestable. Pour autant, plus j’avançais dans le livre et plus je souriais de ses réflexions carrément égocentriques et déplacées. La magie opère !

Même si les rouages de l’intrigue se devinent assez facilement, le roman reste passionnant et dynamique. On ne s’ennuie pas une seule seconde et les pages s’enchaînent très vite, au point que j’ai lu ce tome en deux jours seulement (et je bosse en journée, imaginez !). Je me réjouis vraiment de découvrir la suite des aventures des trois sœurs, surtout que la fin a eu le mérite de me laisser « sur le cul » et sur ma faim. Un cliffhanger aussi frustrant que bien placé, comme de juste dans le premier volume d’une série.

En bref, j’ai adoré ce premier tome des Sœurs Carmines que je recommande au plus grand nombre. Ce roman, à destination d’un large public, propose une fantasy urbaine influencée par l’esthétique de Tim Burton, avec des personnages qui marquent les esprits et ne manquent pas de relief. Un lancement addictif, à consommer sans modération !

Récits du monde mécanique #3 Realm of Broken Faces – Marianne Stern

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Realm of Broken Faces
est le troisième (et dernier, nooooooon !) tome des récits du monde mécanique par l’auteure française Marianne Stern. Il s’agit d’un roman steampunk très sombre publié aux Éditions du Chat Noir au prix de 19.90 euros. Mention spéciale pour la magnifique couverture réalisée par Miesis qui a su parfaitement rendre l’ambiance et le ton du roman en une seule image, chapeau ! Non seulement elle attire immédiatement mas quand on la regarde après la lecture, elle prend vraiment tout son sens. Bravo pour ce travail et son investissement !

Vous le savez, Marianne Stern est une auteure que j’apprécie beaucoup que ça soit humainement ou dans son écriture. Je la trouve vraiment talentueuse, elle aborde des thématiques qui me parlent, créée des personnages auxquels je m’attache rapidement et a un style qui lui est propre. Je l’ai découverte pour la première fois avec Smog of Germania (le premier tome des récits du monde mécanique) et j’avais été rapidement séduite. Depuis, j’ai lu plusieurs de ses romans (tous en fait, Ô rage Ô désespoir me voilà à jour) et je ne peux que constater l’évolution de son écriture et de sa qualité littéraire.

Pour en revenir au sujet qui nous intéresse, je parle de troisième tome mais en réalité, on pourrait choisir de lire chaque roman composant les récits des mondes mécaniques de manière indépendante. On y perdrait peut-être un brin en intensité narrative mais ils constituent chacun un tout sur eux-mêmes. Une information intéressante pour ceux qui n’aiment pas les séries !

Ce troisième tome est de loin mon préféré et sans surprise, ce fut un vrai coup de cœur. Il se passe dans l’Est français, plus précisément dans une sorte de village informel dirigé par le mystérieux (et excentrique) Monsieur. L’endroit rassemble quantité de criminels mais aussi d’anciens combattants trop dérangés dans leur tête ou leur corps pour retourner à la vie civile. Une bonne brochette de tarés comme on les aime dans une ambiance qui suinte le sang, la crasse et la boue. On a cette impression poisseuse qui nous colle perpétuellement à la peau au fil des lignes, ce qui dénote une vraie maîtrise narrative.

Le roman est divisé en quatre parties. Dans la première, nous suivons le Quenottier, un personnage très attachant par sa mentalité particulière et son phrasé propre. Il faut dire que même si la narration est à la troisième personne, l’auteure s’adapte à la mentalité de son personnage, ce qui offre dans ce cas-ci des chapitres rédigés sur un ton familier, presque argotique. Délicieux à découvrir ! Dans la seconde, nous retournons à Germania pour voir comment s’en sort le Kaiser Joachim… Pas terrible, on ne va pas se mentir. Si, au début, il me faisait de la peine et que je ressentais une certaine empathie pour lui, j’ai rapidement eu envie de lui coller une bonne paire de claque. On alterne ainsi jusqu’à la dernière partie où tous les protagonistes se rejoignent pour un final explosif. Plus on avance et plus l’auteure nous offre des micro chapitres du point de vue de certains personnages présentés précédemment, ce qui sert le récit. Cela ne m’a pas gênée, parce que la personnalité de chacun ressort vraiment bien et ça reste utile à l’intrigue.

Je meurs littéralement de frustration, parce que j’ai envie de détailler chaque élément de l’intrigue mais ça vous gâcherait le plaisir. Du coup je vais plutôt évoquer les points forts du roman, à commencer par l’écriture de l’auteure. Comme signalé plus haut, elle s’adapte à chaque fois au personnage sur qui se centre la narration et est particulièrement immersive. Le milieu particulier du livre offre une utilisation riche (et maîtrisée !) du champ sémantique rattaché à la guerre mais aussi au monde militaire, ce que j’ai adoré puisque je suis particulièrement sensible à ce type de milieu.

Les personnages ne sont pas en reste ! Je ne vais pas évoquer les anciens qui sont présents pour ne pas risquer de spoiler les lecteurs qui ne sont pas à jour (ou les futurs lecteurs !) et plutôt me concentrer sur les nouveaux. En règle générale, je trouve que Marianne Stern ne créé pas de bons personnages féminins et ça m’avait particulièrement frappée dans Scents of Orient (le tome 2 des récits des mondes mécaniques). La seule exception: sa pilote Anya dans 1993. Pourtant, ici, j’ai noté une très nette amélioration. Certes, la capitaine Meike ressemble à Anya mais elle n’en reste pas moins un personnage féminin travaillé et intéressant. La gamine prénommée Murmure est vraiment surprenante elle aussi et plutôt drôle, surtout dans ses interactions avec les autres. Deux vraies réussites et un sacré bond en avant à ce niveau ! Quant au Quenottier, on découvre un homme à la fois simple et complexe. Un gars comme les autres, traumatisé par la guerre à sa manière mais qui reste les deux pieds sur terre et continue de vivre alors que beaucoup, à sa place, auraient baissé les bras. Ses réflexions, ses choix, bref tout ce qui le concerne m’a vraiment intéressée, je le trouve très bien géré et hyper attachant. Mention spéciale à Monsieur quand même (je le devais !), mais je n’en dit pas plus ♥

Le ton général du roman, comme je l’ai signalé, est assez sombre et on en ressort avec l’impression que la boue, la sueur et la crasse nous collent à la peau, ce que je trouve délicieux. L’auteure développe un univers uchronique intéressant et très travaillé, surtout au niveau des prouesses technologiques liées à l’art de l’orfèvrerie. Son univers est réaliste, en dehors de ça, mais ce simple petit pouvoir possédé par quelques rares élus rythme finalement toute la saga pour offrir une uchronie renversante parsemée de scènes fortes parfaitement détaillées. J’en ai une gravée dans la rétine, qui arrive vers la fin, que je vais identifier par « celle avec les éclairs et les mines » (vous comprendrez) juste… Parfaite ♥ Puis celle dans l’araignée puis… D’accord, je m’arrête là.

Fidèle à son habitude, Marianne Stern laisse une grande place à l’univers militaire et plus particulièrement celui de l’aviation. On ressent sa passion et ses connaissances qui nous entrainent facilement dans ces sphères où, personnellement, j’adore me perdre !

Je me rends compte que la chronique commence à tirer en longueur et je vais donc m’arrêter ici. Ce troisième tome aura été un véritable coup de cœur auquel j’ai du mal à trouver des défauts. Il contient tout ce que j’aime chez cette auteure et tout ce que je recherche dans un livre: un univers sombre, des personnages travaillés et torturés qui sortent du lot, une identité littéraire dans l’écriture et une mentalité particulière qu’on ne retrouve que trop rarement dans la littérature SFFF francophone à l’exception de quelques auteurs dont je parle assez souvent sur le blog. Je ne peux que vous conseiller la lecture de ses ouvrages, particulièrement si vous aimez les ambiances militaires, les univers uchroniques et les protagonistes inoubliables. J’ai tourné les dernières pages avec émotion en disant adieu à ce monde et à cette saga qui a donné naissance à l’un de mes personnages littéraires préférés (c’est vous dire !). Merci Marianne pour cet extraordinaire voyage dans les mondes mécaniques ♥

La Magie de Paris #2 le calme et la tempête – Olivier Gay

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La Magie de Paris
est une saga à destination d’un public adolescent écrite par l’auteur français Olivier Gay. Rappelez-vous, je vous ai déjà parlé du premier tome ! Elle est éditée chez Castlemore au prix de 15 euros par tome.

Olivier Gay est un auteur que je n’ai plus besoin de présenter. J’en parle souvent sur mon blog puisque j’ai lu plusieurs de ses romans et que j’en ai encore deux qui attendent dans ma liseuse. J’apprécie beaucoup sa plume, son humour, ses univers et ses personnages. Je trouve qu’il a énormément de talent et qu’il fait partie des auteurs marquants de cette génération. Non, il ne m’a pas payé pour que je dise ça :3 (même si j’attends mon chèque aux Imaginales) Mais bref, venons en au sujet qui nous préoccupe à savoir, ce fameux tome 2! Et ce même si c’est difficile de parler d’une suite sans trop spoiler le contenu. Je vais tâcher de m’y atteler.

J’avais déjà adoré le premier, pour plusieurs raisons. Déjà, l’héroïne, Chloé, dont je me sens très proche parce que nous partageons beaucoup de points communs. Ensuite, les personnages secondaires qui vivent autant que le personnage principal. Thomas est génial avec son amour, David m’intrigue, Nour est l’amie que j’aurai aimé avoir, Clélia m’agace, Cassandre provoque en moi des pulsions de meurtre et je ne vais pas parler de Mickael… Tous nous font ressentir quelque chose, ce qui s’apparente à un tour de force. Ce sont majoritairement des adolescents et à mes yeux, ils sont plutôt réussis. Je me retrouve à l’école, quand je le lis. Le même genre de feintes un peu pourries, de dynamiques sociales, c’est dingue ! On a l’impression que l’auteur a quitté le Lycée hier et c’est rare un traitement aussi juste et aussi peu condescendant de l’adolescent par quelqu’un d’adulte, de nos jours. Chapeau.

Ah et au passage, après la scène dans la pièce secrète, je suis définitivement Team Thomas. Enfin un personnage dans ce genre de littérature qui a de la fierté et du respect de lui-même ! J’en dis pas plus, mais vous comprendrez.

L’univers est toujours aussi bien construit et exploité. La façon dont on use de magie me plait vraiment (et me donne envie de chanter des comptines débiles). C’est original, bien pensé. L’intrigue ne ralentit pas et ne souffre d’aucune longueur. Un nouvel antagoniste apparaît, lié à celui du premier tome, ce qui permet de relancer l’intrigue sur les chapeaux de roue en plus du fameux « problème » de Chloé (pas de spoil j’ai dit). Tous les compliments adressés au premier tome sont valables également pour cette suite, qui est à la hauteur du ton donné par Olivier Gay à sa saga. J’essaie, je cherche, mais je ne trouve pas un seul bémol à mes yeux. Je me suis totalement éclatée en lisant ce tome et je l’ai fait presque d’une traite. On peut parler de coup de cœur ! La Magie de Paris reprend tout ce que j’aime généralement dans une saga de ce genre, passe à côté des clichés, propose des personnages travaillés avec une écriture soignée, que demander de plus?

Si la Magie de Paris est destiné à un public adolescent, aucun doute que les adultes y trouveront aussi leur compte. Les références pop cultures glissées habilement au long du texte l’enrichissent et provoquent parfois (ok, souvent) de francs éclats de rire. La personnalité que l’auteur laisse transparaître en salon se retrouve fortement à chaque page et c’est une réussite.

En bref, je vous recommande très fortement non seulement cette saga mais aussi Olivier Gay de manière plus générale, qui a d’autres œuvres plus adultes à son catalogue. Je vous renvoie à ma chronique sur les Épées de Glace (tome 1tome 2) et sur la série Fitz pour vous donner une idée. Bien vite les Imaginales pour la sortie du tome 3 de cette super aventure ♥