Les découvertes de l’ombre #16

Bonjour à tous !
Déjà un mois et demi depuis le dernier épisode des découvertes de l’ombre ! Deviendrais-je plus difficile à tenter ? Heureusement, certains blogpotes ne perdent pas la main… Découvrons tout de suite la sélection de cette fois-ci avec les résultats en fin d’article.

En quelques mots, je vous rappelle le concept: Au quotidien, je suis beaucoup de chroniqueurs (vive l’application WordPress !) qui me font découvrir des livres intéressants. Ces livres, je me les note toujours sur le bloc-note de mon téléphone (merci à toi qui remplace le post-it que je perdais tout le temps). Puis je me suis dit… Bon sang que tu es égoïste ! Fais donc partager tes découvertes au monde entier, mets en danger les comptes en banque et les PàL qui menacent déjà de s’écrouler !

074-LES_AFFAIRES_DU_CLUB-premiere
Blog : les Chroniques du Chroniqueur
Un recueil de nouvelles qui s’inspire du style littéraire décadent tout droit tiré du 19e siècle. En quelques mots seulement, l’ami Chroniqueur a su titiller mon intérêt puisque vous le savez, j’adore le 19e siècle et ses différents mouvements littéraires.

alana-et-l-enfant-vampire-1300686-264-432
Blog : my dear ema
En ce moment je vois de plus en plus de romans jeunesses évoquer les thèmes de l’appartenance, du genre, des questionnements actuels mais nouveaux au sein de la littérature. Ema m’a donné envie de lire Alana et l’enfant vampire parce qu’on y parle de tout ça mais également des handicaps invisibles, des douleurs que les personnes en bonne santé n’imaginent même pas. J’ai la chance de ne pas en souffrir mais je connais plusieurs personnes dans mon entourage qui doivent vivre avec et lire un livre comme celui là m’intéresse parce que ça pourrait me permettre de mieux les comprendre. Bref, que du bon en perspective !

our_color_ful_days_1_akata
Blog : l’Apprenti Otaku
Je lis de plus en plus de romans sur la sexualité LGBTQIA+ parce que le sujet m’intéresse énormément. J’aime faire en sorte de comprendre correctement les choses en découvrant des œuvres écrites par les personnes concernées. Ce mangaka a déjà traité du sujet dans d’autres séries et ce qui m’attire ici, c’est l’aspect homophobie ordinaire. Pas celle des gens méchants idiots incapables de voir au-delà de leur normalité mais celle qu’on a peut-être tous un peu au quotidien. Je pense qu’on n’en parle pas suffisamment du coup il est clair que ce manga va rejoindre ma PàL.

le-monde-selon-setchan-lezard
Blog : l’Apprenti Otaku
La manière dont l’ami Otaku décrit ce titre m’a beaucoup intrigué: comme un moment de vie capté dont on sait qu’il va se terminer de manière tragique (puisque le manga s’ouvre sur la mort de l’héroïne). Je suis attirée par l’aspect un peu vain et désenchanté qui semble présent dans ce manga. En plus je n’ai jamais rien lu de cet éditeur, ce sera l’occasion !

pdf621-2000
Blog : le Culte d’Apophis
Dans l’Anthologie Apophienne récemment publiée (début juillet de mémoire) j’ai eu la surprise de découvrir un recueil de Robert Silverberg au sein duquel se trouve la novella « Tombouctou à l’heure du lion ». J’ai lu beaucoup d’uchronie toutefois elle est systématiquement écrite par un/e auteurice européen/ne (souvent français/e) ce qui fait que les modifications majeures se déroulent en général au moment de la révolution industrielle (ce qui donne souvent du steampunk) ou une société du 19e siècle qui a continué au-delà, neuf fois sur dix à Paris. J’ai été séduite par le postulat de départ où la peste a ravagé 75% de la population européenne, où la colonisation n’a pas eu lieu, bref où tout est vraiment très différent de ce qu’on peut imaginer. J’espère réussir à mettre la main un jour sur ce recueil.

Et voilà c’est déjà terminé pour cette fois ! L’heure des comptes est venue… Nous sommes donc à une tentation pour miss Chatterton et Chut maman lit ainsi que Célinedanae, FungiLumini, les livres de roses, Lutin et songes d’une walkyrie. Nous arrivons à deux tentations pour Ma Lecturothèque et l’ours inculte. Trois tentations pour les Chroniques du Chroniqueur et My Dear Ema qui se dégagent du peloton. L’Apprenti Otaku s’offre un beau doublé et écrase tout le monde avec quatre tentations ! Enfin, tout le monde… ou presque car bien entendu, le Grand Serpent maintient son avance avec cinq tentations. Qui osera lui disputer son titre ?

Et vous, vous avez découvert quelque chose d’intéressant récemment? 🙂

BML #24 – juin 2020

Bonjour à tous !
J’espère que vous allez bien et que votre mois de juin a été riche en lectures agréables. Nous nous retrouvons (déjà !) pour le bilan mensuel et vous allez le voir, il y a eu quelques abandons, quelques déceptions, mais pas que car même dans l’ombre, on garde le moral 😀

Côté romans :

Les brigades fantômes – John Scalzi (SP – l’Atalante)
Thunder #1 – David S. Khara (SP – ActuSF)
Les secrets du premier coffre – Fabien Cerutti (SP – Mnémos)
La guerre des trois rois – Jean-Laurent Del Socorro (ActuSF Graphic)
Yardam – Aurélie Wellenstein (Scrineo)
Les anges oubliés – Graham Masterton (Livr’S – lecture en cours)

J’ai terminé seulement six romans et j’en ai abandonné deux. D’abord Rocaille dont j’attendais beaucoup hélas le texte m’a rapidement lassée avec sa romance inutile et son protagoniste principal qui n’est pas vraiment celui qu’on croit -et que je n’ai pas apprécié. Ensuite j’ai tenté le Tour Décrou au Chat Noir (comme quoi vous voyez y’a aussi des Chat Noir auxquels je n’accroche pas :P) mais là c’est le style d’écriture et le choix narratif qui n’a pas su me convaincre, j’ai préféré le mettre de côté pour le reprendre à un moment plus propice. Le truc c’est que ces deux textes, surtout Rocaille, m’ont pris pas mal de temps parce que je repoussais sans arrêt le moment de les abandonner. Pour ne rien arranger, les autres romans lus (à l’exception des valeurs sûres : Fabien Cerutti et Jean-Laurent Del Socorro) ne m’ont pas plus emballée que ça. C’était sympa, divertissant, pas transcendant du coup j’ai eu un goût de trop peu sur mon mois. Même le Scalzi, je l’ai trouvé en-dessous des qualités habituelles de l’auteur donc je suis restée sur ma faim. Espérons que la tendance s’améliorera avec le mois de juillet !

Côté mangas :

Chobits #2 (Pika)
Otaku Otaku #4 -> #7 (Kana)
Noragami #12 -> #18 (Pika)
Beastars #6 (Ki-oon)
Assistant Assassin #1 (Omaké)
Anonyme ! #1 (Soleil)

Heureusement les mangas ont bien rattrapé les déceptions littéraires. J’ai continué avec plaisir la saga Noragami à laquelle je suis accro. Je vous en ai d’ailleurs parlé dans un article spécial d’À l’ombre du Japon, tout comme Otaku Otaku qui a eu droit à son focus. Enfin, j’ai testé une nouvelle formule thématique en chroniquant deux mangas qui usent du même archétype en donnant pourtant un résultat totalement différent. Il reste également Chobits que j’ai pris plaisir à découvrir (je dois écrire dessus d’ailleurs) ainsi que Beastars dont je continue la découverte, en papier cette fois ! Un article à ce sujet viendra bientôt une fois que j’aurais pu récupérer les tomes suivants.

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Ce mois-ci a été un peu compliqué, pas très heureux dans l’ensemble (rien de dramatique rassurez-vous 😉 ) mais en creusant j’ai réussi à trouver quelques éléments positifs. Déjà, j’ai pu retourner à l’éducation canine avec Loki ce qui nous fait beaucoup de bien à tous les deux. Ensuite, le challenge S4F3 a commencé et c’est probablement mon défi littéraire préféré de tous les temps ♥

Et voilà, ce bilan se termine déjà. J’espère que vous passerez de bonnes vacances d’été et un beau mois de juillet ! 😀

Yardam – Aurélie Wellenstein

19
Yardam
est le nouveau one-shot de l’autrice française Aurélie Wellenstein. Publié chez Scrineo, vous trouverez ce roman au prix de 20 euros partout en librairie.

Je vous ai déjà parlé de l’autrice avec ses autres romans : le Roi des fauvesle Dieu OiseauMers Mortes. Si c’est ma quatrième lecture en sa compagnie, Yardam est en réalité son dixième roman ! Aurélie Wellenstein a donc désormais une certaine expérience même si c’est son premier roman étiqueté adulte, elle qui donne davantage dans le YA.

De quoi ça parle ?
Kazan exerce la profession de voleur à Yardam et il ne se contente pas de dérober des tableaux : il ingère également des âmes, laissant derrière lui des coquilles qui prolifèrent de plus en plus dans la ville… Au point d’entrainer une désastreuse quarantaine. Au désespoir, Kazan rencontre un couple de médecins : Feliks et Nadja, qui affirment pouvoir guérir cette maladie. Commence alors la descente aux Enfers…

Les bases de l’univers : de bonnes idées bien exploitées.
L’intrigue se déroule en intégralité au sein de la ville de Yardam, une cité inventée par l’autrice dont on a un peu de mal à situer l’époque et la localisation. Sur base des descriptions, je la visualise comme une ville dans l’est de l’Europe au début de l’ère industrielle, fin 19e / début 20e siècle. J’ai apprécié l’aspect fictif de l’endroit qui permet beaucoup de libertés en matière de suspension de l’incrédulité. Toutefois, l’aspect fictif ne signifie pas que l’autrice fait n’importe quoi, au contraire : j’ai trouvé l’ambiance crédible, l’écrin très bon pour l’histoire qu’elle désirait raconter puisque Yardam se trouve à cheval entre deux époques. Pas suffisamment éclairée pour ne pas tomber dans les extrêmes religieux en situation de crise et pas suffisamment attardée pour tomber dans une opposition manichéenne peu intéressante.

Une épidémie sévit au sein de cette ville de Yardam. Depuis un moment, des coquilles apparaissent un peu partout, sans raison connue. Une coquille, c’est un corps humain dépourvu d’âme qui erre dans les rues en devenant de plus en plus générique car ces coquilles perdent leurs caractéristiques physiques. Hommes comme femmes n’ont plus de cheveux, de formes, leur peau blanchit et leur regard reste fixé sur la Lune, ce qui donne lieu à des spéculations autant que des surnoms peu flatteurs. Personne ne sait ce qui cause cela sauf ceux qui, comme Kazan, sont infectés par cette maladie sexuellement transmissible les transformant en voleurs d’âme. Kazan l’a eue grâce à une femme, Lara, mais celle-ci la lui a donnée après lui avoir expliqué ce que cela impliquait et en l’aidant ensuite à vivre avec -un schéma que Kazan va reproduire. Kazan n’est donc pas une victime, il a choisi son état et je trouve que ça offre une nuance intéressante.

Malgré les avertissements, l’attrait de la puissance se révèle trop impérieux pour que les nouveaux voleurs d’âme se rendent compte de ce qu’ils abandonnent derrière eux, des morts en sursis qu’ils deviennent. Quand ils aspirent une âme, ils acquièrent toutes les connaissances qu’elle contient, toutes les capacités physiques également. Ces âmes sont enfermées dans le corps du voleur, toujours conscientes, ce qui leur permet de parler, de menacer, bref de transformer la vie du vampire psychique en véritable Enfer jusqu’à le pousser au point de rupture.

J’ai trouvé le concept de base plutôt intéressant, il m’a tout de suite emballée surtout que l’autrice développe très bien la psychologie de ses personnages en poussant ainsi son concept jusqu’au bout. Toutefois, les lecteurs qui aiment disposer de toutes les réponses ressortiront probablement frustrés par cette lecture puisque, à aucun moment, les médecins ne trouvent une explication logique ou cohérente à ce phénomène. Il est là, on ignore comment guérir la coquille ou le vampire psychique et c’est tout. Une partie du roman consiste d’ailleurs en une quête de réponses, des réponses qui ne viendront pas pour la plupart. Je le précise parce que je sais que ça énerve certains. Toutefois, sur un plan personnel, l’explication ne m’a pas manquée le moins du monde.

Une pluralité d’antihéros.
Au début de Yardam, le lecteur rencontre Kazan, un monte-en-l’air qui a aspiré l’âme d’un gardien de musée afin de réaliser un vol qui lui permettra de vivre tranquillement le reste de sa courte vie. Dés le départ, Aurélie Wellenstein joue avec son lecteur en lui inspirant des sentiments ambigus. D’un côté, on compatit au sort de Kazan et de l’autre, quand on prend un peu de recul, on se rend compte qu’il est quand même très égoïste et commet des actes plus que répréhensibles en plus d’éprouver des pulsions malsaines envers les autres personnages du roman. Kazan est typiquement le genre de protagoniste que j’adore suivre car tout n’est pas blanc ou noir. L’autrice offre un antihéros nuancé et fascinant, en équilibre précaire.

Lorsque l’Empereur annonce la quarantaine, Kazan tente de s’enfuir mais tombe sur un couple de médecins qu’on empêche d’entrer dans la ville alors qu’ils souhaitent aider à endiguer l’épidémie : Feliks et Nadja. Ces deux médecins sont persuadés de pouvoir guérir les coquilles, Kazan y voit son salut et décide de les aider à rentrer, restant ainsi lui-même prisonnier de Yardam. Rapidement, toutefois, le voleur d’âme se rend compte que les deux médecins n’ont aucune idée de ce dont souffrent les coquilles ni de comment les aider, ils sont simplement plein de bonne volonté. Sauf que l’enfer est pavé de bonnes intentions -ç’aurait pu être le sous-titre de Yardam au passage.

Feliks et Nadja sont deux étrangers, leurs prénoms évoquent tout de suite une origine slave de même que la blondeur et les yeux clairs de Feliks. Le couple est très amoureux et se soutient dans les épreuves, ils deviennent assez vite agaçants jusqu’à ce que Kazan absorbe Nadja pour l’empêcher de révéler son secret à Feliks. Là, tout part en sucette.

C’est à partir de cet instant que le texte devient vraiment intéressant.

Névroses & cie.
Kazan est un gamin abandonné par sa famille, il a besoin d’amour et se plonge dans les souvenirs de Nadja pour en vivre à travers elle. Feliks est désespéré par la maladie de sa femme -devenue coquille- et voit d’abord en Kazan un soutien, inconscient du rôle qu’il y a joué. Les deux tiers du roman se basent sur cette tension psychologique que l’autrice installe très bien ainsi que sur de nombreux retournements de situations qui, au final, servent de théâtre à l’expression de ce que l’humanité a de pire en elle. C’est sombre. Poisseux. Oppressant. Bien foutu. Une maîtrise que je n’avais plus ressentie depuis ma lecture du Roi des fauves.

Soyons clair, dans ce roman, on trouve non seulement des protagonistes névrosés mais également une grande violence dans les évènements relatés ainsi que dans les situations vécues par les personnages. C’est pas joli du tout et honnêtement, ça a un côté angoissant, surtout vu la crise que nous venons de vivre avec le COVID-19, la quarantaine, tout ça. Si vous avez besoin d’un bon bol d’air et de justice, ce n’est clairement pas le roman à ouvrir pour le moment. Son ambiance oppressante de confinement, les habitants qui sombrent de plus en plus vers la folie, ces puissants qui se pensent au-dessus des lois, tout cela vous rappellera une actualité pas si lointaine et ça peut heurter les plus sensibles parmi vous. Moi-même j’ai failli reposer le roman pour repousser sa lecture mais j’avais envie de connaître le dénouement donc j’ai persévéré avec une sorte de boule au ventre. Sans regrets hormis pour la dernière page -je n’en dit pas davantage et c’est un sentiment tout à fait subjectif.

Que de qualités, et pourtant…
Yardam est un roman que j’ai lu avec difficulté en partie pour son ambiance (la période ne s’y prêtait pas du tout, on ne va pas se mentir puis je suis pas loin de la panne de lecture depuis un moment) mais aussi parce qu’il m’a manqué un petit quelque chose pour le hisser à la hauteur du Roi des fauves, détrônant ma première lecture de l’autrice. Je pense que ça vient en grande partie de moi, de mes attentes, de mon propre sentiment globale à cause de l’instant mal choisi pour ma lecture mais je me devais de le préciser pour être totalement honnête avec vous. Si on pose un œil critique sur ce roman, il porte de nombreuses qualités et je le trouve vraiment réussi, surtout sur un plan psychologique mais il y a deux trois éléments un peu dommage dans l’intrigue, deux trois frustrations totalement subjectives que je ne peux pas développer pour vous préserver du divulgâchage, ce petit quelque chose sur lequel je ne mets pas vraiment le doigt ainsi que la fin qui m’a un peu déçue une nouvelle fois. Sur un plan personnel, mon expérience avec le roman est donc en demi-teinte ce qui ne m’empêche pas de lui voir beaucoup de qualités ni d’avoir envie de le recommander parce qu’il a tous les atouts pour plaire à la majorité des lecteurs. Il suffit de voir les chroniques chez les autres blogpotes (les liens sont renseignés en bas) !

La conclusion de l’ombre :
Avec Yardam, Aurélie Wellenstein s’impose brillamment dans la littérature imaginaire adulte. Roman à la croisée des genres, Yardam se veut sombre, oppressant, angoissant, toile vivante de ce que l’humanité a de pire en elle. Les personnages, même secondaires, sont crédibles et travaillés avec un soin apporté à leur psychologie que je trouve remarquable, ce pour offrir un texte tout à fait recommandable ! Une nouvelle réussite à accrocher au palmarès de cette autrice dont le talent n’est plus à prouver.

D’autres avis : The Notebook 14My Dear EmaLes fantasy d’AmandaLes livres enchantésLe tempo des livres – vous ?

#PLIB2019 Rouille – Floriane Soulas

3
Rouille
est le premier roman de l’autrice française Floriane Soulas. Publié chez Scrinéo, vous trouverez ce one-shot au prix de 16.90 euros partout en librairie.
Cette lecture a été réalisée dans le cadre du PLIB 2019 !

Rouille se déroule en 1897, dans un Paris aux allures steampunk. À l’extérieur du Dôme, la population pauvre de la capitale survit comme elle le peut. Le lecteur suit principalement Violante, une prostituée officiant sous le pseudonyme de Duchesse au sein des Jardins Mécaniques, un établissement appartenant à Léon, son souteneur. Violante est amnésique depuis un accident survenu trois ans auparavant et est en quête de son identité, aidée par son amie Satine. Cette dernière disparait soudain sans laisser de traces et Violante décide de braver les interdits pour enquêter.

Avant d’aller plus loin dans cette chronique, je tiens à préciser que je ne suis pas du tout le public cible de ce roman. Je pense que c’est pour cette raison que je suis passée à côté. Et pour continuer dans l’honnêteté, si je n’y étais pas tenue par le PLIB, je n’aurais pas acheté / lu ce roman (et par extension, que je ne l’aurai pas chroniqué).

Pourtant, Rouille a certaines qualités. Déjà, la plume de l’autrice qui est simple, accessible et maîtrisée surtout pour un premier roman. Floriane Soulas ne se perd pas en fioritures inutiles, elle va droit au but et dépeint bien l’univers qu’elle a imaginé. D’ailleurs, cet univers est plutôt intéressant même s’il reste globalement classique. On ignore comment mais l’humanité est parvenue à voyager jusqu’à la Lune, ce qui a permis l’arrivée de nouveaux matériaux et un développement de la technologie des automates ou des hybrides. L’extérieur du Dôme est divisé en plusieurs quartiers, sous l’influence de différentes bandes et l’intérieur déborde de faste, de richesse, c’est presque un monde à part. J’ai apprécié l’ambiance générale dégagée par le texte pourtant vous voyez déjà se dessiner les contours de ce qui a bloqué, à mon goût.

C’est classique. Trop classique et convenu, limite manichéen par moment. On s’attend à tout ce qui se passe et on voit venir la fin de loin. Les personnages sont malheureusement des archétypes sans surprises et l’intrigue n’a pas de réel rebondissement. Dès le début, l’autrice alterne les points de vue ce qui permet au lecteur d’être par moment dans la tête de celui qui enlève les filles et les enfants de Paris. Le problème, c’est que ça bousille le suspens car les indices donnés sont trop gros pour qu’on passe à côté. Et pourtant, je suis une lectrice naïve assez facile à balader, à ce niveau. On ne se demande pas longtemps quel est le but de cette personne, les pièces se mettent en place bien trop aisément et on attend juste que les protagonistes s’en rendent compte pour que tout se débloque. J’ai senti venir la fin au premier tiers du bouquin (grosso modo, il y a quand même eu un ou deux petits éléments inattendus) du coup je ne suis pas parvenue à m’intéresser à l’histoire.

Pas plus qu’aux personnages d’ailleurs puisqu’ils correspondent tous à des archétypes. Ils manquent même parfois de crédibilité. Je pense à Léon parce qu’il est celui chez qui ça m’a paru le plus évident. Dans le genre chef de bande proxénète trop gentil on fait difficilement pire… La scène finale m’a achevée à ce niveau. Après, j’ai conscience qu’on reste dans un roman young adult et qu’il y a beaucoup de lecteurs moins tatillons que moi qui y trouveront leur compte. Ce texte a d’ailleurs un beau petit succès et je suis contente pour son autrice, d’autant qu’il s’agit d’un premier roman ! C’est très encourageant pour un début de carrière.

Alors quand on remet ça en perspective… Oui, Rouille est un texte trop classique à mon goût et sans réelle surprise dans son déroulement. Mais pour un premier roman et à destination du grand public, il remplit efficacement son rôle de bon divertissement. Parfois, c’est tout ce dont un lecteur a besoin.

Pour résumer, Rouille ne révolutionne pas le genre dans lequel il se place (uchronie / dérivé steampunk) et propose des personnages trop archétypaux à mon goût. L’intrigue manque de surprise car l’autrice révèle trop facilement des éléments clés, ce qui empêche d’entretenir le suspens de manière efficace. Pourtant, ce roman se lit tout seul, on ne sent pas les pages se tourner. Il ravira les lecteurs qui cherchent un divertissement sans prise de tête dans un Paris steampunk du 19e siècle.

#PLIB2020 Mers Mortes – Aurélie Wellenstein

10
Mers Mortes
est le dernier roman en date de l’autrice française Aurélie Wellenstein. One-shot dystopique et fantastique publié chez Scrinéo, vous trouverez ce livre partout en librairie au prix de 17.90 euros.
Ce roman est ma cinquième lecture pour le challenge S4F3s5 même s’il dépasse le maximum de 10 pages, j’attends donc le jugement de notre Lutin national.

Le monde dépeint dans Mers Mortes est post-apocalyptique. L’humanité a été trop loin, les océans se sont asséchés ce qui menace la survie de l’humanité déjà bien affaiblie. Oural est exorciste et coule des jours relativement paisibles dans un bastion français, entre deux marées hautes. Son travail? Repousser les assauts des fantômes marins : poissons, requins, raies, (entre autres) car un simple contact leur suffit pour aspirer une âme humaine. Il vit dans sa routine avec un plan pour potentiellement arrêter tout ça (sans parvenir à l’appliquer) jusqu’au jour où débarquent Bengale et son équipage. Le capitaine du Naflgar enlève Oural pour qu’il protège son navire, tâche d’importance car Bengale a un (vrai) plan pour réussir à ramener les océans… Mais ce plan a un prix.

Mers Mortes est un roman que tout le monde devrait lire. Vraiment. Il heurte, il chamboule, il force la prise de conscience écologique. En découvrant ce texte, j’ai eu le sentiment de lire une prophétie apocalyptique sur le point de se réaliser et ça m’a poussé à la réflexion.

Enrobé d’une intrigue prenante et porté par un personnage principal terriblement humain, Mers Mortes propose une vraie réflexion sur les dangers climatiques en apportant, au fil des histoires de chacun, des cauchemars et des marées fantômes, un éclairage sur ce qui se passe en ce moment et sur les conséquences logiques que cela aura dans un futur pas si lointain. On sent que l’autrice a étudié son sujet, elle présente les faits d’une manière compréhensible pour tout le monde, même les non scientifiques. Elle donne envie de se renseigner soi-même et de trouver des solutions. En réalité, le seul point faible du roman (si on veut vraiment chipoter) c’est qu’il n’insiste pas suffisamment sur ce qu’on pourrait faire maintenant afin d’éviter d’en arriver là. Vous me direz, ce n’est pas le sujet, d’autres t’ont déjà dit quoi faire, mais une petite annexe avec des engagements à tenir m’a vraiment manqué. Ça aurait permis à Mers Mortes d’être pleinement complet.

Mais honnêtement, je chicane parce que ce roman est très bon. Il traite d’un sujet actuel et engagé sans prendre de gants et permet en plus à une véritable intrigue de se mettre en place. Avec une écriture à la troisième personne, le narrateur se focalise sur Oural, un exorciste qui a grandi relativement protégé et aveugle de la réalité du monde. Il va petit à petit grandir, remettre ses convictions en question. Il va aussi se tromper, faire les mauvais choix, douter. À chaque page, son humanité transparait et je l’ai trouvé aussi intéressant qu’agréable à suivre, à l’instar des autres membres de l’équipage et du capitaine. Bengale dégage une aura de mystère, l’autrice distille petit à petit les révélations à son sujet pour donner envie au lecteur de poursuivre. Le rythme du roman est maîtrisé, on ne s’ennuie jamais et tout a un sens. Un autre personnage intéressant, c’est Trellia, la delphine ! Elle a une importance toute particulière dans le récit et sa relation avec Oural est vraiment belle. À elle seule, elle représente une métaphore sur le pardon.

La touche surnaturelle de Mers Mortes exploite l’âme de la mer avec brio en donnant un cachet sombre, salé et poisseux aux mots de ce texte. Les fantômes des animaux marins traqués par l’homme viennent crier vengeance de manière régulière, pendant les marées hautes. Seuls les exorcistes parviennent à les repousser, leur rôle est fondamental mais n’importe qui ne possède pas ces capacités. Pour cette raison, Oural vivait comme un prince avant de tomber sur Bengale et le changement s’avèrera rude. Comme toute société post apocalyptique, les survivants ont du se réorganiser. Si, dans le bastion, cela se passait assez bien, on apprend vite que certains ont réinstauré l’esclavage, abusent des plus faibles, parquent certaines personnes dans des camps pour créer des diversions. L’univers imaginé par Aurélie Wellenstein est horrible, terrifiant… et réaliste, ce qui renforce le sentiment d’épouvante qu’on ressent à la lecture. Parce que si on est un peu honnêtes, il y a 90% de chance pour que ça se passe ainsi quand on en arrivera à ce stade (notez que je dis quand, pas si, parce qu’à un moment donné, faut arrêter de se voiler la face). En réalité, ça se passe même déjà ainsi dans certains endroits du monde. En plus d’un engagement écologique, j’y ai aussi décelé une dénonciation humanitaire sur la thématique des migrants, traitée avec une vraie justesse et une profonde humanité.

Pour résumer, Mers Mortes est un texte bouleversant, addictif et engagé écrit par une autrice talentueuse qui n’a plus rien à prouver. Ce roman devrait être lu par le plus grand nombre car il tire la sonnette d’alarme d’une manière accessible, même à ceux qui ne connaissent rien sur les problématiques climatiques et humaines qui rythment pourtant notre actualité. À lire de toute urgence !

#PLIB2019 Les nuages de Magellan – Estelle Faye

51344598_549758522101467_6750372692936884224_n
Les nuages de Magellan
est un one-shot space opera écrit par l’autrice française Estelle Faye. Publié chez Scrineo, vous trouverez ce roman au prix de 21 euros.
Ce livre est lu dans le cadre du #PLIB2019. ISBN#9782367405858.

Dan est serveuse au Frontier et parfois, elle chante un peu de blues pour la clientèle. La tête dans les étoiles, elle rêve de voyage et d’aventure sans oser sauter le pas. Un jour, elle n’a plus le choix. Le soir précédent, ivre, Dan a chanté pour rendre hommage aux massacrés d’Ankou et cela n’a pas plu aux Compagnies. Les autorités la cherchent. Dans sa fuite, Dan saute sans réfléchir à bord du vaisseau de Mary, une mystérieuse cliente du bar. Ensemble, elles vont tenter d’échapper à leurs poursuivants, chacune persuadée qu’elle est la cible. Et Mary a de bonnes raisons pour ça, puisqu’elle n’est pas vraiment « juste » Mary. Elle s’appelle Liliam et elle est l’une des dernières représentantes de la Grande Piraterie.

Il y a beaucoup à dire sur ce roman d’aventure dont l’intrigue est articulée autour du concept liberté. C’est, à mon sens, le thème central du roman et je dirai même qu’il s’agit d’une belle métaphore sur notre propre monde. Chez nous aussi, les multinationales contrôlent de plus en plus de secteurs et l’air de rien, les Nuages de Magellan permettent de réfléchir, de se poser les bonnes questions. N’est-ce pas la marque des grands romans? 🙂

Dan et Liliam se lancent un peu malgré elles dans un voyage sans retour. Échapper aux Compagnies n’est pas simple, surtout avec un vaisseau endommagé crashé en plein désert de sel. Durant leur périple, elles vont se frotter à différentes cultures et rencontrer des personnages qui auront une certaine importance pour la suite. Afin de ne pas trop vous spoiler le déroulement de l’intrigue, je ne vais pas trop vous en parler. Surtout que cette histoire, on ne va pas se mentir, c’est principalement celle de Dan et Liliam.

Comme je le disais, Dan est une jeune fille qui a la tête dans les nuages. Elle a beaucoup lu sur l’époque de la grande piraterie et est très vite fascinée par Liliam quand elle prend conscience de sa véritable identité. D’ailleurs, elle lui réclame sans arrêt de lui raconter son histoire. Les vraies, pas celles des livres. Petit à petit, grâce à leurs échanges, on entrevoit un passé glorieux mais aussi difficile. J’ai adoré le background inventé par Estelle Faye qui a fait vibrer en moi la corde sensible. En même temps, parlez moi de piraterie, en prime dans l’espace…

Liliam, de son côté, est un personnage assez mystérieux malgré les chapitres qu’on découvre de son point de vue. Elle a choisi de s’effacer la mémoire bien qu’elle en ait oublié la raison. Paradoxalement, elle essaie de s’en souvenir parce que ça lui parait d’une importance capitale. Et de fait, dans sa mémoire, Liliam détient la clé du chemin qui mène vers Carabe, une planète cachée et secrète qui abritait le sanctuaire de la Grande Piraterie.

Tous les ingrédients sont présents pour un roman de qualité. Des personnages féminins forts qui sont des héroïnes très crédibles (ET SANS LOVE INTEREST QUI BOUSILLE L’INTRIGUE ! Que ça fait du bien !), avec leurs forces et leurs faiblesses. Des personnages secondaires qui ont une véritable personnalité. Une aventure rythmée et cohérente. Un univers original et accrocheur qui permet au lecteur de voyager. Un background hyper immersif (franchement, les flashbacks et les récits, quel bonheur ! J’adore Sol ♥). J’ai dévoré les Nuages de Magellan en moins de 24 heures. L’éditeur précise qu’il s’agit de la première incursion d’Estelle Faye dans le space-opera… Et j’espère vraiment que ça ne sera pas la dernière ! Il faut dire que si la plupart des mystères trouvent une résolution, l’autrice se laisse des portes ouvertes et joue avec les espérances du lecteur.

La seule chose que j’ai un peu regrettée, c’est la fin. Les sauts temporels m’ont frustrée, ça aurait pu sans problème devenir une trilogie ! Je ne vais pas dire qu’Estelle Faye a bâclé la fin des Nuages de Magellan, ce serait un mensonge. Mais la lectrice déjà accro à cet univers aurait aimé plus de détails, de développements, même si elle comprend très bien ce choix narratif.

En bref et si ce n’était pas déjà suffisamment clair, je suis certaine de voter pour ce titre lors de la dernière sélection du PLIB car je l’ai a-do-ré. Il contient tous les ingrédients que j’aime retrouver dans une lecture et confirme Estelle Faye au rang des autrices françaises incontournables dans le paysage de la SFFF. Merci du voyage et bien vite sa prochaine sortie ♥

Bookhaul #2 – Aventuriales de Ménétrol

Bonjour tout le monde !
Il y a une semaine jour pour jour, j’étais aux Aventuriales de Ménétrol. Et vous, je suis sûre qu’en cet instant, vous êtes aux Halliénnales, pas vrai? 😉 Vous avez bien raison ! J’aurai aimé être des vôtres mais la remise des diplômes n’attend pas. Enfin, il paraît. Bref, j’ai acheté quelques romans qui sont venus garnir ma PàL. Cette dernière avait, récemment, bien trop diminuée à mon goût… Il était temps de la nourrir un peu.

bh
Comment le dire à la nuit ? – Vincent Tassy (Chat Noir)
Cœur Vintage – Cécile Guillot (Chat Noir)
La fille qui tressait les nuages – Céline Chevet (Chat Noir)
Les nuages de Magellan – Estelle Faye (Scrineo)
Le bâtard de Kosigan #4 – Fabien Cerutti (Mnémos)

Il s’avère que je n’avais pas prévu d’acheter autant. Mais les éditions du Chat Noir ont eu leurs nouveautés en avant première (d’ailleurs si vous êtes aux Halliénnales, profitez-en !), idem pour Scrineo avec le dernier Estelle Faye. Du coup, ça a été la catastrophe pour mon portefeuille… Heureusement, le tome 4 de ce cher Bâtard de Kosigan est un service presse. Je remercie d’ailleurs chaleureusement Mnémos pour sa confiance 🙂

Voilà, vous vous attendiez à pire n’est-ce pas? Et vous pensez sûrement que je fais une montagne de pas grand chose. Que cinq livres, tout ça tout ça… J’apprends à être raisonnable figurez-vous ! Oui, on en reparle après le prochain salon 😛

Et vous, quels sont vos achats récents? 🙂

#PLIB2019 Le Dieu Oiseau – Aurélie Wellenstein

le-dieu-oiseau
Le Dieu Oiseau est le dernier roman en date d’Aurélie Wellenstein publié chez Scrinéo. Vous retrouverez ce livre au prix de 16,90 euros en format papier. Il s’agit d’un one-shot un peu compliqué à classer, dans la veine du récit initiatique.
Ce roman a été sélectionné pour le #PLIB2019. #ISBN9782367405827.

L’histoire se déroule sur une île que nous sommes bien en peine de situer géographiquement ou même temporellement (quelle époque? quel monde?). Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île, ils sont dix en tout. Après des épreuves de sélections, les dix finalistes doivent accomplir la Quête du dieu oiseau: trouver son île et ramener l’œuf d’or. Forcément, l’île en question n’est pas un lieu paisible sans aucun obstacle… Entre la mer déchainée, les bêtes féroces et les obstacles naturels, on se demande comment au moins l’un d’eux arrive à survivre à chaque coup. Le vainqueur assure la domination de son clan et fait subir aux vaincus la tradition du « Banquet », une journée orgiaque où tout est permis, même (et surtout) le pire. Lors du dernier banquet, Faolan a vu sa famille se faire massacrer et a été réduit en esclavage par Torok, le fils du chef victorieux. Quand la nouvelle compétition commence, il tient à y participer (c’est ouvert à chacun quelle que soit sa condition) mais son chemin sera semé d’embuches.

Sans vous faire languir davantage, j’ai passé un bon moment avec ce roman. Je le trouve bien écrit, rythmé et intéressant dans la mythologie mise en place. Sur 300 et quelques pages, Aurélie Wellenstein créée une société entière et nous la présente avec clarté, fluidité, sans jamais nous assommer avec trop d’informations.

Ce n’est pas un coup de cœur car, sur un plan personnel, j’ai un peu du mal avec les quêtes initiatiques et les ambiances « survival » mais c’est propre à moi. Cela ne m’empêche pas de trouver beaucoup de qualités à ce livre, notamment via le développement psychologique de Faolan.

Il était jeune quand il a vu ses parents, sa sœur et les membres de son clan subir un massacre difficilement supportable. Dix ans après, il en cauchemarde encore, traumatisé en plus de subir les fantaisies perverses (pour reprendre le terme de la quatrième de couverture) de Torok. L’auteure rend bien compte de ces éléments pour offrir un personnage plutôt crédible qui oscille entre désir de vengeance, traumatisme et syndrome de Stockholm. Torok, de son côté, aurait pu être l’archétype du sadique mais son comportement pousse Faolan (et le lecteur) à se poser beaucoup de questions à son sujet. Je trouve chaque personnage et la dynamique qui existe entre eux vraiment très réussie. C’est ce qui m’a le plus plu dans ce livre. J’aimerai en dire plus mais ça irait contre ma politique anti-spoil !

Ce roman est effectivement sombre et brutal comme annoncé sur la présentation du livre, mais j’ai trouvé le Roi des Fauves (de la même auteure, je vous remets le lien de ma chronique) beaucoup plus sale et violent que le Dieu Oiseau (qui l’est aussi notez). Je m’attendais à quelque chose d’encore plus difficile, qui me remuerait davantage les tripes que le Roi des Fauves mais ça n’a pas été le cas et je ressens peut-être une pointe de déception à cause de cela. Et de la fin aussi. Mais ça, bon, c’est moi.

Pourtant, je le répète, le Dieu Oiseau est un bon livre. Il plaira à un très large public (comme c’est déjà le cas si j’en juge les réseaux sociaux) surtout aux adeptes de survival qui apprécient les récits psychologiques sans censure sur la violence, et sans surexposition non plus. Un équilibre délicat trouvé avec brio par Aurélie Wellenstein. Je vous le recommande !

Aeternia (2) l’envers du monde – Gabriel Katz

 

L’Envers du monde est le second tome du diptyque fantasy d’Aeternia, écrit par Gabriel Katz. Ce tome est sorti en 2015 chez Scrineo avant de sortir en poche l’année suivante chez J’ai Lu au prix de 9 euros. Je vous ai déjà chroniqué la Marche du Prophète, livre avec lequel j’ai clôturé l’année 2017 et qui avait presque été un coup de cœur. Le tome 2 l’est, indubitablement !

Nous retrouvons nos personnages où nous les avons laissé. Je ne peux pas en dire trop au risque de spoiler l’intrigue et les rebondissements du tome 1, ce qui serait vous gâcher le plaisir, mais je vais quand même tenter de vous mettre l’eau à la bouche.

Dans le lot des personnages qu’on est content de revoir il y a Varian est fidèle à lui-même et j’ai été vraiment surprise par son évolution. C’est un personnage que je n’appréciais pas trop à la base (non non son prénom n’a rien avoir là-dedans… #pourlahorde) mais qui a su me séduire par, finalement, son humanité dans le sens le plus triste du terme. C’est un personnage compliqué, avec du relief, travaillé juste comme il faut. On se surprend à le comprendre, à croiser les doigts pour qu’il s’en sorte. J’en profite pour mentionner le lieutenant Hoargan, avec qui j’ai eu tout de suite une affinité. Pourtant, c’est un personnage secondaire assez simple qui rentre dans un archétype, mais c’est aussi toute la magie de Gabriel Katz: donner vie à des personnages « comme les autres » au point qu’ils en deviennent remarquables. Et enfin, je ne peux pas terminer cette petite liste sans évoquer Desmeon, qui est officiellement mon personnage préféré de cette saga (avec le chien ♥). Je l’appréciais déjà dans le tome 1 mais ici, c’est lui qui remplace Leth Marek dans le rôle du narrateur « principal » si on peut dire et quel régal ! J’ai adoré chaque étape de son parcours, chaque scène où il était présent, puis ce final… J’en ai encore le cœur qui palpite.

Pour les personnages que j’ai été contente de découvrir, mention spéciale à Mae Nam, la conseillère et riche marchande. Elle m’a plusieurs fois faite sourire (la scène dans la chambre était épique), je la trouve très intéressante et son rapport avec Desmeon est surprenant. Finalement, la dynamique installée entre eux change de ce qu’on a l’habitude de croiser dans ce type de roman et j’ai bien accroché avec elle.

D’ailleurs, parlons un peu du déroulement de l’intrigue en elle-même. Certes, je ne peux pas développer dans le détail mais je trouve que l’auteur a un talent incontestable. Tout s’emboîte à la perfection et pourtant, on ne voit rien venir. Il n’hésite pas à tuer des personnages qu’on ne s’attend pas à voir mourir, à laisser survivre ceux qui devraient y passer, sans parler de, finalement, la conclusion de toute cette sombre affaire (je pense à la scène du port, pour ceux qui ont déjà lu ce roman) qui est… Tellement grotesque, tellement triste à pleurer, et en même temps, c’est une vraie leçon de réalité, faute d’un meilleur terme. J’ai trouvé ça absolument génial, chapeau bas. Il enchaîne les complots politiques, les scènes d’action et de narrations avec un rythme et un équilibre maîtrisé, marque des écrivains talentueux et doués. Niveau thématique, on est dans la continuité du tome 1: les guerres de religion, l’absurdité des croyances qui débouchent sur la violence la plus extrême, la manipulation de masse, les intrigues des courtisans, ce que c’est, finalement, l’humanité… Bref, tout ce que j’aime.

Pour ne rien gâcher, l’écriture de l’auteur est toujours aussi addictive. Les pages s’enchaînent à une vitesse folle, on a du mal à lâcher le roman tellement on est plongé dedans. On tourne, on tourne, on tourne, et on est surpris d’arriver à la fin (ET QUELLE FIN !!), de quitter ces personnages qu’on a appris à aimer et à haïr. Sincèrement, ça me fait quelque chose de me dire que je ne vais pas avoir un troisième tome et d’un autre côté… Aeternia est parfait comme il est.

Je ne m’y attendais pas, mais Aeternia est une série coup de cœur. Je suis vraiment heureuse d’avoir découvert Gabriel Katz, qui est un auteur très talentueux, et j’espère pouvoir lire rapidement d’autres romans de sa plume. Je vous recommande chaudement ce diptyque de fantasy française de grande qualité.

 

Aeternia, la marche du prophète (1) – Gabriel Katz

Aeternia est un diptyque dont le premier tome s’intitule la marche du prophète. Il est écrit par l’auteur français Gabriel Katz et a d’abord été publié chez Scrineo, avant d’être réédité en format poche chez Pocket. Je vous mets les deux couvertures, même si celle de Scrineo est carrément cent fois plus belle et adaptée au contenu ! Il s’agit de fantasy médiévale et je vous le dis tout de suite, c’est probablement un coup de cœur. Non, en fait, oubliez le « probablement ».

Je traine ce roman depuis Troll et Légendes, où j’ai rencontré l’auteur le dimanche, dans un moment de grand creux, ce qui nous a permis de discuter. J’en profite pour glisser qu’il est vraiment très sympa et a beaucoup d’humour en plus de beaucoup de talent, ce qui ne gâche rien. Bref, après une superbe dédicace (avec un dessin de dragon :3 ) je m’en suis allée et j’ai posé ce livre dans ma PAL, où il est resté jusqu’ici. Pourquoi je ne l’en ai pas sorti avant? Je me fais souvent cette réflexion, ces derniers temps… Ma bookjar est une vraie bénédiction !

J’ai entendu parler d’Aeternia pour la première fois sur la chaîne de Lili Bouquine et le pitch me tentait: un champion d’arène qui se retrouve embarqué malgré lui dans des querelles religieuses, ça promettait. Parce que c’est tout ce que j’aime: un héros qui soit un vrai guerrier et des querelles malsaines entre cultes aussi pourris les uns que les autres. Certes, les éléments de l’intrigue empruntent aux thèmes communs de la fantasy mais c’est le traitement des personnages qui fait toute la richesse de ce roman. Leth Marek est immédiatement attachant et on développe vite une très forte empathie pour lui. Les personnages secondaires sont tout aussi riches, mention spéciale à Varian (que je ne pensais pas aimer) et à Desmeon, l’irrésistible. Ah et au petit chien. C’est peut-être mon côté fille, mais j’adore ce chien et je jure de maudire l’auteur s’il lui arrive quelque chose de mal.

L’intrigue va de rebondissement en rebondissement et l’auteur n’a pas peur de malmener ses personnages, sans pour autant en faire de trop. Il entretient le suspens, nous garde en haleine, nous fait croire qu’il ne va pas oser faire ça… Alors que si ! Et cette fin, CETTE FIN. Je ne m’en remets pas. Sérieusement, je me doutais bien que tout n’était pas blanc ou noir, on ressent l’absence totale de manichéisme dans Aeternia, mais je n’avais pas vu ça venir du tout. Je suis peut-être juste un peu trop naïve… Mais je préfère croire que Gabriel Katz est extrêmement doué.

Ne nous mentons d’ailleurs pas. Doué, il l’est. Son style d’écriture a un petit quelque chose en plus qui nous ensorcèle et nous fait tourner les pages à une vitesse folle. Les chapitres sont courts, dynamiques, l’accent est mis sur l’action et les descriptions sont bien dosées, juste assez pour qu’on sache ce qu’on a besoin de savoir, et pas trop pour ne pas alourdir le texte. C’est vraiment un excellent livre et je vais m’empresser, mardi, de commander la suite chez mon libraire.

En bref, ce premier tome d’Aeternia est un coup de cœur avec lequel j’ai passé un très bon moment. Les personnages sont remarquables et attachants, l’intrigue est bien menée, l’action correctement rythmée, avec un style littéraire addictif. Pour moi, c’est un roman à découvrir absolument ! De la bonne fantasy à la française qui vaut le détour. Une belle façon de terminer 2017.