À l’ombre du Japon #32 { je découvre One Punch Man ! }

Ohayô minasan !

Nous voici déjà de retour avec un article un peu spécial consacré à un manga que je commence tout juste (mille ans après tout le monde donc…) One Punch Man ! Alors je sais, vous m’avez probablement déjà entendu dire que le shonen (je sais certains parlent de seinen pour ce titre mais Kurokawa le sort dans sa collection shonen donc voilà) et moi, ça le fait plus. Ou que j’en avais un peu marre des mangas où on ne fait que se mettre sur la gueule. Du coup, a priori, ce titre n’était pas du tout fait pour moi ! Et pourtant, sous ses airs d’œuvre bourrine, One Punch Man cache une vraie richesse.

Dans ce billet, j’ai envie de mettre en avant les qualités du titre qui font que j’ai enchaîné les 14 premiers tomes en moins d’une semaine, coupant juste avec la lecture d’un service presse (au demeurant excellent même si cela n’a rien avoir avec le sujet qui nous occupe ici). Mon but est de vous faire découvrir ce manga et de, peut être, vous permettre de réviser vos a priori car je suppose que je ne suis pas la seule à en avoir par rapport à ce titre. Toutefois, même si j’ai déjà lu 14 tomes, cette chronique concernera surtout le contenu des 8 premiers volumes car le personnage de Garoh apparaît à partir du 8e et il marque, selon moi, un gros tournant au sein de la série qui vaut bien un article à part. Je vais voir à quel moment cela arrivera en continuant ma découverte.

/!\ Je précise également que cet article contient des images ajoutées en groupe par l’outil média. Si jamais elles débordent sur le texte quand vous me lisez via l’application WordPress, passez l’article en « version web » pour arranger cela. 

La genèse du manga
ONE est un mangaka très mystérieux sur lequel on ne sait pas grand chose et dont on n’a même pas de photographies. On sait qu’il est japonais et qu’il a 34 ans. J’utilise un « il » générique car si tout le monde use de ce pronom, je ne suis même pas certaine qu’on connaisse son sexe. En 2009, il publie les premiers chapitres de One Punch Man sur son site Internet, ce qui va lui valoir une popularité immédiate et grandissante. Imaginez, il avait +- 20 000 visites par jour pour le lire !
Ce succès attire l’attention des éditeurs. En 2012, une collaboration commence entre ONE et le mangaka Yusuke Murata qui va redessiner l’histoire d’une manière un peu plus professionnelle. C’est ainsi qu’arrive ce manga dans un format plus classique… Mais ONE ne s’arrête pas à One Punch Man, il est également connu pour son travail sur Mob Psycho 100 que je n’ai pas encore lu.

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Le concept

La première fois que j’ai entendu parler du manga, c’était à ma librairie et le premier tome venait d’arriver dans les rayons. Mon libraire le sortait des cartons pendant qu’on discutait et on a rigolé sur la couverture en se demandant vraiment quel genre d’histoire ça pouvait raconter. Il avait déjà quelques renseignements et me l’a pitché en me disant que c’était grosso modo un gars au chômage qui devient super fort et tue tous les monstres en un seul coup de poing. Faut avouer, ça ne vend pas trop du rêve donc je me suis dit que j’allais passer mon chemin.

Puis j’ai vu un jour mon petit frère regarder l’animé sur Netflix. J’ai pris un épisode en passant et très honnêtement, je ne sais plus lequel. Je me suis dit mh ça a l’air sympa mais plutôt à regarder que lire. Pourtant, lui achetait également le manga en version papier donc il aurait très bien pu me le prêter si j’avais voulu. Sur le moment, je ne le sentais pas, donc j’ai encore retardé ma découverte. Puis nous voilà finalement à mardi dernier donc il y a très exactement une semaine (et un jour). Je l’ai pris en voiture pour faire une course et il entend l’opening de One Punch Man (l’animé donc) passer sur ma playlist. La discussion sur le manga reprend, la ferveur qu’il met pour en parler m’intrigue, me décide une bonne fois. Et nous y voilà !

Alors c’est vrai qu’au début du premier tome, on rencontre bien un gars un peu raté qui est au chômage et se rend à un entretien quand il tombe sur un monstre qui veut s’en prendre à un gamin. La rencontre ne se passe pas super bien, le type décide alors de s’entrainer pour devenir plus fort et réussir à affronter ce type de créature. Trois années plus tard, on retrouve ce fameux gars, chauve, avec un costume pas génial, qui réussit à étaler tous ses ennemis d’un seul coup de poing. Cela donne des scènes plutôt amusantes où les monstres font un peu leur show et sont coupés dans leur élan égocentrique par une droite bien placée. L’humour est bien là mais le concept risque vite de tourner en rond…

Et là, coup de génie.

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Saitama l’invincible.

Notre héros s’appelle Saitama et on se rend rapidement compte qu’étaler tous ses adversaires en un coup ne lui procure aucun plaisir, aucune réelle satisfaction. Pour lui, il n’y a plus d’enjeux, plus de frisson. Il souffre d’être à ce point au-dessus de tout le monde en termes de puissance et essaie de retrouver un peu de plaisir, un peu de piment dans cette vie de héros indépendant. Je trouve l’idée très intéressante car elle prend à contrepied ce qu’on a l’habitude de voir dans les shonens de bagarre. Ici, le héros ne va pas gagner en puissance pour affronter des ennemis toujours plus forts et cruels sur des arcs qui tirent en longueur. Au début du manga, il y a presque un monstre différent par chapitre ! Ça va vite et le lecteur ressent très bien l’impression de lassitude qu’a le héros tout en continuant à se demander où tout ça va bien pouvoir mener.

Un mot sur Saitama : s’il est très fort physiquement, il ne brille pas forcément par son intelligence. Pas qu’il soit un crétin qui fonce dans le tas mais il a conscience que son point fort, c’est justement sa force physique. Quand Genos et lui passent les tests de l’association des héros, Saitama se plante sur l’écrit d’une manière magistrale et réussit par contre les épreuves physiques haut la main avec des scores jamais égalés jusqu’ici. Saitama est plutôt un gars tranquille, un peu paresseux qui vit sa vie en lisant des mangas et jouant parfois à des jeux. Souvent, il s’ennuie et n’a rien à faire. Il est plutôt sympathique mais aussi simple dans sa manière d’aborder les ennemis ou les problèmes qui se présentent à lui. J’ai tout de suite accroché à son concept même si ce n’est pas le seul à être remarquable…

Une galerie de personnages très diversifiée pour une parodie rondement menée.
Parce que si tout le manga ne tournait qu’autour de Saitama, effectivement, on s’ennuierait vite et il n’y aurait pas déjà une vingtaine de tomes publiés à l’heure actuelle. Heureusement, l’auteur créé une floppée de personnages divers et variés qui ont tous des caractéristiques propres ainsi que des degrés de puissance différents. Je n’ai jamais eu aussi facile de ne pas m’emmêler les pinceaux ! C’est un souci que j’ai par moment dans certains mangas où tous les garçons sont créés sur le même modèle avec juste des coupes de cheveux qui changent par exemple et où il y a un vrai souci de distinction entre chaque, que ce soit physiquement ou nominalement. Ici, tous sont parfaitement caractérisés et le dessin de Yusuke Murata est d’une précision à couper le souffle, que ce soit sur les traits des personnages, sur les décors ou sur les scènes de combat qu’il maîtrise sublimement. J’ai rarement autant aimé lire un manga de baston. Il peut passer du chibi un peu ridicule pour Saitama à un trait très sérieux qui souligne la profondeur du personnage. Il suffit de voir les couvertures pour se rendre compte non seulement de la diversité présente au sein du titre mais aussi de son talent pour la caractérisation. Le chara-design est très clairement un point clé de ce titre.

Pour le moment, j’aime beaucoup Genos et Sonic le Foudroyant qui me fait beaucoup rire (à ses dépends…) chaque fois qu’il apparait. Je sais qu’ils comptent parmi les personnages les plus connus et les plus importants mais qu’y puis-je… J’apprécie également beaucoup le concept de King, ce héros surpuissant qui terrifie d’un regard mais qui n’est, en réalité, qu’un imposteur ! Lui comme d’autres apportent un côté un peu absurde au manga qui passe très bien.

Hélas, la plupart de ces personnages ont des noms… Au mieux ridicule. Ce qui se justifie parce que One Punch Man est avant tout et selon moi une sorte de parodie, de contre-shonen, un gros doigt dressé à tout ce qu’on a pu lire comme nekketsu depuis des années qui reprennent souvent le même genre de formule mais également, peut-être, à cette folie, cette fébrilité, qui s’empare du grand public depuis l’avènement du MCU et donc la redécouverte des héros classiques de comics. Il y a un aspect moqueur qui passe à travers l’humour, à travers les noms ridicules des héros (le pauvre Saitama va devenir le Chauve Capé… On a aussi Chien de garde-man ou Pri Pri Prisonnier sans parler de Roulette-man… Des exemples parmi d’autres) Ça ne vend pas du rêve mais ça passe comme une lettre à la poste à partir du moment où l’Association des héros est présentée comme un espèce d’organisme récent et pas très sérieux qui fonctionne sur base de dons publics avec, à sa tête, des riches abrutis qui sont contents de faire leur BA du moment (et de s’en vanter allègrement). Ça change des rassemblements ultra secrets qui forment les plus grands guerriers du monde ! Là où j’en suis, on apprend même l’existence du pendant monstrueux, l’organisation des monstres, un concept que j’aime bien mais sur lequel je ne vais pas trop m’attarder puisqu’on en reparlera dans ma chronique des arcs suivants .

L’intrigue prend donc de l’ampleur au fil des tomes. L’avantage c’est que chaque volume propose un rappel des personnages ainsi qu’un résumé des tomes précédents, ce qui n’est pas inutile du tout ! J’apprécie beaucoup l’initiative même si elle a moins d’impact quand on peut enchaîner les tomes.

La conclusion de l’ombre :
J’ai enchaîné 14 tomes de One Punch Man en une semaine, on peut donc dire que je suis très enthousiaste sur cette série. Sa grande force se situe dans ses personnages diversifiés et dans le dessin d’une précision chirurgicale de Yusuke Murata. On pourrait craindre que son concept s’essouffle vite mais Saitama est un protagoniste très intéressant qui permet de poser un questionnement original dans ce type d’œuvre : quand le héros est déjà l’homme le plus fort du monde, comment réussit-il à retrouver un peu d’intérêt à la vie ? Tout fonctionne très bien dans ce manga et je vous encourage à passer outre vos a priori pour lui laisser une chance.

Je tiens à dire aussi que je n’ai pas encore regardé l’animé donc je ne peux pas faire de parallèle avec le manga papier ni vous renseigner sur sa qualité. Si j’en crois mon frère, la première saison est très bien et réalisée par un studio sérieux. Je compte m’y pencher plus tard, une fois à jour, donc on aura également l’occasion d’en reparler.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)