À l’ombre de Rocambole #2 { Eve (s1) & Graines de doctoresses (s1) }

Bonjour à toutes et à tous !

Aujourd’hui, nouvel article sur deux œuvres de l’application Rocambole qui ont deux éléments principaux en commun. Le premier, c’est de ne compter qu’une seule saison et a priori, cela restera comme ça. Le second, c’est d’évoquer l’image de la femme et de mettre en scène un désir d’émancipation.

Chaque texte le fait évidemment à sa façon et nous allons voir cela un peu plus dans le détail…

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Eve
, d’Anne Langlois est une réécriture parodique du mythe de la création. Le lecteur rencontre Eve, dans le jardin d’Eden, mariée à Adam qui est une caricature de ce qu’on peut trouver de pire chez l’homme « moderne ». Heureusement, Eve a ses copines pour tenir le coup ! Mais elle aimerait quand même bien qu’Adam évolue un peu et pour ça, il n’y a qu’une seule solution : lui faire manger le fruit interdit qu’elle a elle-même goûté un peu par hasard et qui lui a ouvert les yeux sur plein de choses…

À travers une dizaine d’épisodes, Anne Langlois utilise l’humour pour faire passer des réflexions pertinentes sur la place de la femme dans son foyer, le rôle de mère qu’on lui impose, les règles souvent stupides auxquelles la femme est soumise de la part des hommes (ici, de Dieu) et la façon dont l’homme considère la femme (inférieure) alors qu’il n’est pas capable d’accomplir ne fut-ce que la moitié des tâches qui lui sont dévolues. Malgré le fait qu’on soit sur une histoire inspirée du mythe de la création, l’autrice aborde des thèmes très modernes d’une manière judicieuse car les situations rocambolesques auxquelles Eve se retrouve confrontée prêtent souvent à sourire et même à rire de bon cœur. Une saga à dévorer !

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Dans un autre registre, Aurore Kaé invite son lecteur à suivre le parcours des premières femmes médecin en France dans Graines de doctoresses. Cette histoire de six épisodes prend place à la fin du 19e siècle et met d’abord en scène Madeleine Brès qui est un personnage historique très réel et la première femme à avoir eu accès à des études en médecine. On verra ensuite deux autres protagonistes, dans la même veine. Le récit s’étale donc sur plusieurs années.

Cette série historique ne manque pas d’intérêt. Elle permet de prendre conscience à quel point de nombreux domaines d’étude ont été jalousement gardés par la gent masculine pendant longtemps, alors même que certains admettent les qualités de Madeleine. L’autrice montre aussi la façon parfois violente dont cette femme et les suivantes ont été rejetées, ont du subir du sexisme, de la violence verbale et même de la violence physique. C’est terrifiant à lire car même s’il s’agit d’une fiction historique et donc par extension, qu’elle est romancée, je suis certaine qu’une bonne partie des faits relatés ont véritablement eu lieu.

La seule chose que je regrette dans Graines de doctoresses c’est la rapidité avec laquelle certains éléments sont traités, comme le décès du mari de Madeleine qui arrive à la fin d’un épisode alors que le suivant commence plusieurs mois après, comme si ça n’avait pas de réelle incidence sur sa vie en tant que femme médecin et mère. Il m’a manqué un peu de développement psychologique qui n’est pas, je pense, incompatible avec le format.

Malgré ce bémol, j’ai aimé découvrir cette histoire et cela m’a donné envie d’en apprendre plus au sujet de Madeline Brès et des pionnières de sa profession !

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Seizième et dix-septième lecture – pas de défi

À l’ombre de Rocambole #1 { Un professeur imaginaire (s1) & Mourir au pays qui te ressemble (s1) }

Bonjour à tous et à toutes !

Vous le savez, j’ai commencé à découvrir l’application Rocambole et j’ai eu envie de revenir sur les séries que je peux lire dessus afin de, peut-être, vous donner envie d’y jeter un œil. Je vais donc écrire des courts retours qui seront rassemblés au sein d’un même article, un peu sur le modèle d’À l’ombre du Japon. D’où le titre de ce nouveau type de chronique ! Sans plus attendre…

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Un professeur imaginaire
est une série de fantasy écrite par l’auteur français Ange Beuque. Publié sur l’application Rocambole, vous pouvez lire gratuitement les 3 premiers épisodes en téléchargeant l’application. Mais attention, c’est comme ça que j’ai fini par m’abonner puisque je voulais absolument connaître la suite de cette histoire…

La première saison est écrite à la première personne et raconte l’histoire d’un professeur novice qui débarque dans une classe atypique où cinq élèves ont besoin d’un enseignement adapté. Lâché dans le grand bain sans véritable formation, le professeur va devoir réussir à concilier le caractère difficile d’une adolescente elfe râleuse, d’un troll doté d’une trop grande force physique, d’un chanteur distrait, d’un sang-mêlé moitié humain moitié sirène et d’une jeune fille invisible…

J’ai vu dans cette histoire une métaphore efficace sur l’absurdité du monde enseignant. Vous le savez (ou pas ?) je suis moi-même prof et j’enseigne à des adolescents / jeunes adultes / adultes en fonction des sections. En lisant cette histoire, je n’ai eu aucun mal à me projeter dans le quotidien de ce professeur envoyé dans cette classe dont personne ne semble vouloir, avec peu de compétences, peu d’aide, peu de soutien de la direction, beaucoup de laisser-aller sous couvert de liberté pédagogique et surtout, quasiment aucune adaptation à ces enfants particuliers qui nécessitent presque chacun une prise en charge individuelle. Quant à l’évaluation finale, qui se déroule en posant simplement sa main sur un parchemin, je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir une image du déterminisme pédagogique qui existe malheureusement trop où ce ne sont pas tellement les véritables qualités des enfants qui sont jugées mais celles qu’on attend soi-disant au sein de la société. On les gave d’un « programme » rarement bien pensé, on leur demande d’étudier des choses par cœur sans les comprendre alors que, finalement, ce n’est pas vraiment ce qui va les aider… Pour moi, le parchemin représente un peu tout ça.

D’ailleurs, plus d’une fois, les parents de ces enfants parlent des difficultés de ceux-ci à s’intégrer, sous-entendu à rentrer dans la norme. L’enseignant, quand à lui, rivalise de (bonnes ?) idées pour tenter de les intéresser à sa matière aussi diverse que variée.

Il faut dire que ce prof est bien aidé par le pouvoir de l’imagination. En effet, entre les murs de sa classe, l’enseignant peut créer tout ce qu’il souhaite. Cela va des objets aux lieux, ce qui permet des sorties pédagogiques riches en rebondissement.

Ce texte fourmille de bonnes idées, de personnages attachants, de moments qui prêtent à sourire et d’autres qui pincent le cœur par leur triste réalité. Le format épisodique est bien maîtrisé par l’auteur, ce qui rend son récit très addictif. Y aura-t-il une saison 2 ? Des portes sont ouvertes mais en même temps, je trouve cette fin très bien comme elle est… Suspens donc.

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Mourir au pays qui te ressemble
est également une série de fantasy, écrite cette fois par Loïc Richard. Elle compte actuellement 3 saisons et je vais ici vous parler de la première uniquement puisque c’est celle que j’ai lue. Elle compte six épisodes et fait surtout office d’introduction au concept et à l’univers.

La couverture m’a directement évoqué World of Warcraft, jeu auquel j’ai joué pendant de nombreuses années. C’est ce qui m’a donné envie de lire cette histoire, en plus de la mention d’un peuple Orc à la dérive qui tente de rejoindre la cité mythique d’où est issue leur race. Cela m’a rappelé des morceaux du lore d’Azeroth que j’aime beaucoup et j’ai donc eu envie de voir comment l’auteur allait parler de ces éléments dans son histoire. Je précise que les deux univers ne sont pas liés, il ne s’agit pas d’une histoire WoW ou d’une fanfiction ! Mais je n’ai aps pu m’empêcher de tisser des liens entre les deux.

La narration est ici à la troisième personne. Le chef de ce groupe décède et c’est un autre qui prend sa place, ce qui amène une période de transition difficile. Cet orc prénommé Bor mène les siens jusqu’aux portes de la cité de Samara, ville humaine dont les représentants ne veulent même pas penser à aider ces Orcs. C’est sans compter l’ennemi qui traque les survivants : de terribles dragons au feu destructeur… Ce sont eux que fuient ce peuple.

L’ambiance globale est assez lourd et désenchantée, ce qui explique les références à Baudelaire dans le titre et au début du premier épisode avec un extrait de sa poésie. On sent le désespoir de ces Orcs qui savent leur fin proche mais continuent de mettre un pied devant l’autre malgré les obstacles. En tant que lectrice, je me suis sentie impressionnée par leur résilience et leur force de caractère. Cette première saison introduit également le concept de mémoire, de souvenir, de la manière dont un peuple peut laisser sa trace. Cela sera, je pense, davantage développé dans la saison 2 qui compte, elle, 9 épisodes. Et que je vais lire avec plaisir !

Et voilà, nous sommes déjà au bout de cet article que je ne voulais pas trop long… Ce sera, je l’espère, le premier d’une longue série.

Est-ce que lire mes retours sur ces séries vous intéresse ? Est-ce que vous aimeriez en découvrir d’autres ?
Dites moi tout !

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Dixième et onzième lecture – défi « nouveaux horizons »
(découvrir un nouveau genre et / ou un nouvel auteur / une nouvelle autrice)

FOCUS – Je découvre l’application Rocambole !

Salutations à toutes et tous !

Comme l’indique le titre de ce billet, je vais aujourd’hui vous parler de ma découverte de l’application Rocambole à laquelle je me suis abonnée le 27 mars de cette année pour une durée d’un mois, afin de l’essayer à fond. C’est donc tout récent toutefois j’en entends parler depuis un moment, sans pour autant oser me lancer parce que, comme tout le monde, j’ai des préjugés à la noix. Le principal, c’est de réussir à les dépasser ! Mais replaçons les choses dans leur contexte…

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Mes préjugés et moi…
Il y a plusieurs mois maintenant, j’ai été contactée par l’équipe de Rocambole qui me proposait de découvrir leur application ainsi qu’une série de mon choix, un peu sur le modèle du service presse. J’avoue qu’en lisant le mail, je ne savais pas trop quoi penser d’un concept de ce type là d’autant que je ne comprenais pas l’attrait de lire sur son téléphone. J’ai une liseuse mais le confort de lecture est totalement différent… J’imaginais quelque chose comme Wattpad, où n’importe qui pouvait poser n’importe quoi, avec juste un ou deux modérateurs pour surveiller, j’étais persuadée que j’allais me tuer les yeux, que la qualité littéraire ne serait pas au rendez-vous, tout ça tout ça.

Bref, je n’ai pas trop regardé plus loin même si j’avais promis de le faire dans mon mail.
J’ai un peu péché par suffisance, condescendance même, comme si une application ne pouvait pas proposer de la vraie et bonne littérature de qualité. Je crois qu’inconsciemment, c’est ce que je pensais, même si je n’avais pas envie de me l’avouer frontalement.

J’ai donc oublié cette application, jusqu’à récemment. Il y a quelques jours à peine, en vérité, quand j’ai lu le tweet d’un auteur de chez eux qui expliquait leur modèle de financement : le fait qu’il avait touché un à-valoir, que les droits d’auteur étaient calculés tous les six mois au lieu de tous les ans, sur base du succès de la série, etc. J’ai été positivement surprise d’un tel professionnalisme de la part « d’une plateforme juste numérique » et donc j’ai décidé de m’y pencher dans le détail pour me faire mon opinion et casser la g… figure à mes préjugés. 

Rocambole, c’est quoi ?
roc1Rocambole m’évoque un peu Netflix (jusque dans son interface) : c’est une structure qui publie ici de la littérature sous forme épisodique et dans tous les genres littéraires, allant de la fiction (fantasy, fantastique, polar, etc) à la non-fiction. Le lecteur paie un abonnement pour une somme modique qui lui permet d’accéder à la totalité du contenu dont il peut jouir à sa guise. Cet abonnement coûte 4.09 euros par mois (soit moins qu’un livre de poche et même moins qu’un roman au format numérique chez beaucoup d’éditeurs) ou une quarantaine d’euros pour une année complète. Je précise que ce prix semble être celui en Belgique car le site annonce 3.99 euros pour l’abonnement mensuel en France. C’est un détail vous me direz, mais c’est toujours bien de le savoir.

Même si le système fonctionne sur base d’abonnement, il est possible d’utiliser / de tester l’application gratuitement :
-Les trois premiers épisodes de chaque série sont disponibles gratuitement à la lecture.
-Il est possible de suivre certaines séries « en temps réel » et donc de lire un épisode toutes les semaines de manière gratuite.
-Certaines séries sont remises pendant un laps de temps données à disposition gratuite du public, souvent quand la suite va sortir si suite il y a.
-Certaines séries, comme Arsène Lupin de Maurice Blanc par exemple, sont gratuites puisque du domaine public mais toutefois accessibles via cette application, ce qui est vraiment intéressant. J’espère que d’autres vont la rejoindre.
-Une période d’essai totale de 14 jours est offerte au lecteur, sans engagement.

Enfin, il faut pour cela demander une formule d’abonnement en un an mais le débit ne se fait pas avant que les quatorze jours soient passés, il suffit donc de l’annuler via Google Play avant la fin du temps imparti. Et donc oui, le paiement s’effectue par votre compte Google uniquement.

Un système éditorial 2.0
Rocambole est une structure française qui met (pour l’instant) en avant la littérature francophone avec des auteurices qui écrivent en langue française au format épisodique ou feuilleton, tel qu’on pouvait en trouver dans les journaux du 19e siècle. C’est un exercice d’écriture assez différent du roman puisqu’il faut attiser l’intérêt du lecteur d’épisode en épisode pour ne pas le perdre en chemin. Chaque épisode compte +- 10 000 signes espace compris ce qui équivaut à 1500 / 2000 mots (j’ai vérifié pour vous) et donc cinq ou six minutes de lecture par épisode. Pour le moment, les séries lues respectent très bien ce format mais ce n’est guère étonnant puisque Rocambole possède une équipe éditoriale complète avec éditeur, coach littéraire, correcteur, bref la totale.

Si je parle de système « 2.0 » c’est parce que, comme je l’ai dit, Rocambole semble avoir à cœur de valoriser le statut de l’auteurice en rémunérant dignement le créateurice et en lui payant un à-valoir, ce qui est assez rare dans le milieu quand on ne porte pas un grand nom. Le calcul des droits d’auteur parait également régulier et transparent si on en croit le témoignage lu il y a quelques jours (ainsi que ceux reçus dans les commentaires de cet article) et surtout, il y a bien un travail éditorial effectué. Il semble donc possible d’allier (vraie) littérature à technologie 2.0 et de s’adapter aux habitudes de lecture de la nouvelle génération. En tant que prof, j’ai déjà pu constater que certains étudiants ont tendance à lire beaucoup sur leur téléphone justement. C’est donc peut-être le moyen idéal pour les « réconcilier » avec la lecture à moindre coût puisque tout le monde n’a pas les moyens d’acheter régulièrement des romans au format papier ou d’investir dans une liseuse.

Et le confort de lecture ?
Cela a été l’un de mes premiers freins puisque je ne me voyais pas lire sur mon téléphone. De fait, je ne lis toujours pas dessus puisque j’ai récemment acheté une tablette… Toutefois, sachez qu’il est possible de moduler la taille de la police, de la changer mais aussi de choisir un mode de lecture (fond blanc, fond noir, fond clair / beige) ce qui est très agréable. Il est également possible de lire sur son ordinateur, via l’application.

Petit plus : l’application informe du temps de lecture moyen pour chaque série et chaque épisode. On sait ainsi directement dans quoi se lancer en fonction du temps dont on dispose !

Et donc Rocambole, finalement, c’est bien ?
(cette partie a été mise à jour le 24 avril 2021 après utilisation de l’application pendant un mois)
Dans l’ensemble je trouve l’idée de l’application plutôt positive pour permettre un accès plus vaste et aisé à la littérature. De plus, son traitement des auteurs parait très respectueux, ce qui n’est pas négligeable. Je pense aussi que le concept peut convenir à beaucoup de lecteurs qui ne soit pas déjà assidu sur les romans ou les ebooks. En effet, si j’ai été très enthousiaste lors de ma découverte des premières séries, je me suis finalement lassée au bout de deux semaines. Soit en tombant sur des histoires qui me branchaient moins, me paraissaient moins soignées, moins intéressantes, soit tout simplement parce que je voulais lire les livres présents dans ma PàL. J’ai donc du mal à effectuer un réel changement dans mes habitudes de lecture et je pense que ce sera le cas de beaucoup parmi les blogueurs et les lecteurs déjà assidus. Aussi, j’ai suspendu mon abonnement au terme de ce premier mois, quitte à le reprendre plus tard si l’envie se fait sentir, mais probablement chaque fois pour une courte période. 
C’est donc une affaire de goût personnel et d’habitudes de lecture ! Le seul vrai bémol de Rocambole, c’est qu’il faut posséder un smartphone ou une tablette (logique) et payer son abonnement via GooglePlay, ce qui ne dérange peut-être que moi mais bon, on a tous et toutes nos petites névroses pas vrai ? En tout cas, je suis contente d’avoir testé par moi-même cette application et d’avoir pu réfléchir sur mes préjugés en littérature. 

Et vous, utilisez-vous cette application ?
Avez-vous également certains préjugés à ce sujet ?