Pumpkin Autumn Challenge 2018 – le bilan

Salut tout le monde !
On se retrouve pour un petit bilan du Pumpkin Autumn Challenge, histoire de bien commencer la semaine. Attention, l’article qui va suivre est bourré de mauvaise foi et de choix foireux pour remplir les catégories :3 Mais c’est ça aussi, le plaisir ! Enfin, il parait. C’est une petite voix sur mon épaule (coucou la voix, je sais que tu vas passer ici :3) qui me l’a dit. Je vous remets chaque fois le lien de ma chronique si le roman vous intéresse, suffira de cliquer sur le titre.

Au départ j’étais sur « une faim de loup garou » qui s’est transformée en « appétit de goule » quand j’ai compris ce que sous-entendait de valider totalement le challenge. Ouais je suis longue à la détente par moment, je plaide coupable.

Bref, récapitulatif ci-dessous !

Menu: Automne Frissonnant
Catégorie: Cri de la banshee
Irezumi – Akimitsu Takagi9

Pour valider cette catégorie, il fallait lire un roman thriller ou policier, ce qu’est sans conteste Irezumi bien qu’il ne m’ait pas plus botté que ça.

Catégorie: Le fantôme de l’opéra
Le Passageur #1 le coq et l’enfant – Andoryss9

Pour valider cette catégorie, le thème principal était les fantômes, les esprits. Dans le Passageur, le héros voit les esprits et doit les aider à trouver la paix.

Catégorie: Le fantôme de l’apéro
Immortel Ad Vitam – Cécile Pommereau11

Pour valider cette catégorie, il fallait lire une comédie horrifique. Si Immortel Ad Vitam n’est pas à proprement parler « horrifique » il contient des éléments un peu hardcore avec une bonne dose d’humour. N’empêche, quand on a un héros qui meurt toutes les cinq minutes, on peut parler d’horreur non? Surtout pour son tailleur.

Catégorie: Vous prendrez bien un verre de True Blood?
Comment le dire à la nuit? – Vincent Tassycldaln-preview

Pour valider cette catégorie, il fallait lire un livre lié aux vampires ou aux zombies. C’est très naturellement que mon choix s’est porté sur ce bijou littéraire signé Vincent Tassy.

Menu: Automne douceur de vivre
Catégorie: Trick or Treat
Tizombi #1 toujours affamé – Cazenove, Jacquemoire et William4

Pour valider cette catégorie, il fallait lire un livre lié à Halloween. Bah croyez le ou non, c’est pas si facile que ça d’en trouver un. Un qui soit intéressant, je veux dire. Du coup j’ai opté pour Tizombi, pour son ambiance proche de cette célébration.

Catégorie: Pomme au four, tasse de thé et bougie
Hanafuda – L.A. Braun9782930839981

Pour valider cette catégorie, il fallait lire un roman feel good (outch), enfantin (erk), une romance (au secours) ou une histoire de famille… Ding ding ding, on a un gagnant avec Hanafuda qui raconte l’histoire d’Hoshino, un jeune asiatique adopté qui part en quête de vengeance. C’est très axé sur la notion de culture, d’identité mais aussi de famille (au sens sanguin autant que de cœur)

Catégorie: Les feuilles d’automne emportées par le vent, en ronde monotones, tombant, tourbillonnant
Les Mondes-Miroirs – Vincent Mondiot et Raphaël Lafarge9.2

Pour valider cette catégorie, il fallait lire un livre dont la couverture était aux couleurs de l’automne… Bah voilà. Simple. Au début j’avais prévu un autre roman pour ce challenge mais comme je ne l’ai pas aimé, je préfère mettre en avant un titre de qualité.

Menu: Automne ensorcelant
Catégorie: Witches Brew
Harry Potter et l’Ordre du Phénix – J.K. Rowling91GbW9-RY4L

Pour valider cette catégorie, il fallait lire un livre de magie dans un univers SFFF. Moi on me dit magie… Bah je pense Harry Potter quoi !

Catégorie: Cristaux, tarot et encens
Les amoureux de la lune – Lizzie Feltonamoureux-preview

Pour valider cette catégorie, il fallait de l’étrangeté, du mystère… Deux ingrédients qu’on retrouve parfaitement dans les amoureux de la lune ! Je voulais valider une autre catégorie avec lui, à l’origine, mais ça spoilait l’intrigue donc voilà. Il vient ici.

Catégorie: Balai Pattes !
Palimpsestes #3 Anachronisme – Emmanuelle Nuncq.12

Pour valider cette catégorie, il fallait de l’histoire, du classique, du féminin et / ou du féminisme. Tout un tas d’ingrédients retrouvés dans la saga Palimpsestes qui se passe fin 19e début 20e, est très imprégné d’histoire et propose des personnages féminins forts.

Menu: Automne enchanteur
Catégorie: Les métamorphoses
Kayla Marchal #3 La source – Estelle Vagner3

Transformation, hybride, animalité… Quoi de mieux qu’un livre sur les loup-garous? Pardon, les morphes?

Catégorie: Clochette, miroir et chandelle
Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé – J.K. RowlingA130pKUtoeL

Alors on demandait de lire un livre avec des elfes ou des représentants du petit peuple… Donc voilà moi je lis HP6. Attention, concentré de mauvaise foi (coucou Fungilumini haha) : il y a des elfes de maison (quoi, personne n’a dit que ça devait être des elfes à la SdA!) qui jouent un rôle important (coucou Dobby et Kreattur) et beaucoup de représentants du peuple magique (alias le petit peuple, mais si voyons !) qui assistent à l’enterrement de Dumbledore. Voilà voilàààààà. Quoi, j’ai pas raison? 😀 En vrai je voulais lire le second tome d’Octavie d’Urville mais ce n’est vraiment pas le style de roman dont j’ai envie pour le moment.

Catégorie : Au détour de Brocéliande
Le Bâtard de Kosigan #4 – Fabien Cerruti3

Ici il fallait lire un roman sur la nature et les légendes. Comme on n’a pas précisés quelles légendes, je me dis que notre cher Bâtard entre parfaitement dans cette case. Surtout vu les enjeux du roman. Oui on est sur un nouveau #mauvaisefoi héhé.

Donc nous sommes sur 13 romans, avec toutes (SI, TOUTES.) les catégories validées ! Bah oui pour un challenge dans ce genre-là, 13 ça me parait un bon chiffre.

Qu’est-ce que je retiens de ce challenge? Déjà, une super ambiance sur le groupe facebook. J’ai rarement assisté à ça, hormis dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone. Les gens échangeaient tout le temps sur leurs lectures, j’ai vu des mamans qui faisaient même participer leurs enfants avec des PàL spéciales et j’ai trouvé ça génial. Je me perdais parfois une heure pour lire les messages de tout le monde.
Ensuite, je pense que pour l’année prochaine, je me constituerai une PàL spécialement pour le challenge au lieu de piocher dans ce que j’avais déjà dans la mienne, histoire de le vivre plus à fond.

Bref pour une première, c’était vraiment cool et j’ai hâte d’être l’année prochaine pour participer à nouveau ^-^

Et vous, vous avez participé au Pumpkin Autumn Challenge?
Quel est votre bilan?

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Tizombi, toujours affamé- Cazenove, Jacquemoire, William

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Tizombi est une bande dessinée qui mêle horreur et humour noir. Scénarisée par Cazenove, on retrouve William aux dessins et Elodie Jacquemoire aux couleurs. Elle est publiée chez Bamboo au prix de 10.95 euros.

Vous le savez, je ne lis pas énormément de bande dessinée. J’ai toujours préféré le manga et si je me suis mise aux comics, c’est pour certains héros que j’apprécie plus particulièrement. La BD, j’en lisais plus jeune avec des classiques comme Tintin, le Pti Spirou, Pierre Tombal et plus récemment, Naheulbeuk et Reflet d’Acide. Bref, vous voyez l’idée? Je ne suis pas du tout au courant de ce qui se fait, donc cette critique ne sera pas celle d’une pro. Mais j’ai tellement apprécié découvrir Tizombi que j’avais envie de vous partager mon enthousiasme 🙂

Je cherchais une lecture pour compléter la catégorie trick or treat sur le Pumpkin Autumn Challenge et je galérais un peu. Je me suis donc rendue à ma librairie où on m’a spontanément conseillé cette BD. Face à la couverture, je pensais me trouver dans une histoire un peu gothique pour un public jeunesse… Que nenni ! J’ai un peu de mal à classer cette BD, pas totalement pour les enfants vu la présence de sang ou de tripes ainsi qu’un humour noir assumé. Et pas forcément uniquement pour les adultes non plus. Un titre atypique !

À travers une série d’histoires courtes qui forment pourtant un tout narratif, nous suivons Margotik, une humaine poétesse qui s’incruste dans un groupe de zombies pour fuir un climat familial difficile. Passée pas loin d’être mangée, le chef du cimetière, Tizombi, l’épargne à condition qu’elle écrive son histoire, ses pensées, etc. Sauf que Tizombi est quand même principalement préoccupé par la nourriture… De même que ses deux camarades ! Les péripéties s’enchaînent alors dans une BD très référencée sur la pop culture (on trouvera notamment des clins d’œil à la série the Walking Dead, à Ça, à Chucky, etc.) et bourrée d’un humour corrosif comme je les aime. Parfois pas très subtil, je l’admets volontiers, mais ça passe très bien dans l’ensemble.

Les zombies, ce n’est généralement pas ma tasse de thé. Pourtant, le dessin adorable (gros coup de cœur je dois avouer ♥) et l’ambiance gothique ont su me convaincre de filer en librairie acheter le tome 2 ! Cette petite BD est parfaite pour Halloween et je vous la recommande très chaudement.

Une aventure de Lucifer Box #1 Le Club Vesuvius – Mark Gatiss

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Le Club Vesuvius
est le premier tome de ce qui est présenté comme une saga ayant pour personnage principal Lucifer Box. Écrit par Mark Gatiss, cet ouvrage steampunk est disponible au format poche chez Bragelonne au prix de 9.90 euros.
Ce roman peut convenir au Pumpkin Autumn Challenge dans le menu « Automne Douceur de Vivre » catégorie « La feuille d’automne emportée par le vent (…) » pour sa couverture aux couleurs rouges / marrons un peu automne.

Dans ce premier tome, nous rencontrons le personnage de Lucifer Box: dandy, bad boy, peintre talentueux et espion au service de la Reine. Il va s’intéresser de près à une drôle d’affaire qui menace la couronne et qui le mènera de Londres à Naples.

Et oui, c’est tout.
Je veux dire, comprenons nous bien. Le roman fait un peu moins de trois cents pages et c’est un bel objet. La couverture est soignée, les dorures tiennent plutôt bien, l’intérieur du bouquin comprend d’intéressantes illustrations et les débuts de chapitres sont travaillés avec une mise en page spéciale. Mais en dehors du support physique, ce roman n’offre pas grand chose de plus qu’un divertissement. Parfois, c’est ce qu’on attend d’un livre et d’autres, non. Moi, j’en voulais davantage et je ressors de ma lecture un peu mitigée à cause de ça.

Pourquoi est-ce que j’en attendais trop?

Parce que Mark Gatiss est un homme dont j’apprécie le travail. Vous le connaissez sûrement en tant qu’acteur (et producteur et scénariste) dans Sherlock (aka une de mes séries préférées de tous les temps) ainsi que scénariste sur Doctor Who, entre autres. Je ne peux pas nier son talent tout britannique dans ces domaines, ni son style, ni cette aura particulière qu’il dégage quand il joue. Mais si son roman n’est pas mauvais, il n’est pas non plus transcendant et loin du niveau auquel il a pu habituer son public dans d’autres arts. Du coup, forcément, j’en attendais énormément et je ressors déçue alors que le livre en lui-même n’est pas mauvais.

Le scénario est très classique pour ne pas dire prévisible, à quelques exceptions. Je ne me suis pas sentie concernée ni même prise dans l’intrigue. Je n’avais aucun mal à le refermer pour passer à autre chose et je lui ai même trouvé quelques longueurs. Les personnages sont tous des caricatures, en particulier le héros. Pourtant, j’adore les anti-héros dans ce genre-là mais Lucifer Box sonne faux, sonne « trop » : trop parfait, trop beau, trop talentueux, pour qu’on parvienne à s’y attacher. Il manque de nuances, de profondeur psychologique. Et si ses réflexions très british prêtent à sourire, on se lasse assez vite de ses tentatives pour paraître scandaleux. Tentatives qui tombent souvent à plat.

Et c’est ça le problème majeur du Club Vesuvius: il est terriblement grand public. Il colle strictement aux codes de ce type de roman. Cette remarque ne se veut pas condescendante, loin de là. Il y a des livres qui collent à une image précise, à destination d’un public cible qui consomme ce type de littérature à la pelle et il y en a d’autres qui se démarquent, qui cherchent plus loin, qui apportent un peu plus. Ça ne fait pas des romans grands publics de mauvais livres, au contraire. Simplement, ils sont inadaptés à des lecteurs comme moi qui ont une autre vision du steampunk, bien plus poussée, avec des autrices comme Marianne Stern ou Esther Brassac. Ou une autre vision de la littérature, tout simplement. J’en suis à un stade de ma vie de lectrice où je n’ai pas envie de lire un roman interchangeable avec un autre comme je le faisais volontiers plus jeune avec la bit-lit par exemple. Je connais d’ailleurs aussi ce phénomène dans la sphère audiovisuelle.

Malgré ma déception, ce roman trouvera un public. Il est certain que le Club Vesuvius ne marquera pas votre mémoire de lecteur, en positif comme en négatif. N’empêche, il reste sympathique à découvrir si vous souhaitez démêler une enquête dans un univers steampunk avec un personnage qui se voudra récurrent sur plusieurs tomes.

Immortel Ad Vitam – Cécile Pommereau

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Immortel Ad Vitam
est un one-shot dans la veine fantastique écrit par Cécile Pommereau. Réédité récemment chez Noir d’Absinthe, vous pouvez trouver ce roman au prix de 15 euros en papier et 4.99 en numérique.
Ce roman entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne Frissonnant » catégorie « Le fantôme de l’apéro ».
Merci à Noir d’Absinthe pour m’avoir offert ce roman suite au concours organisé pour sa sortie !

Immortel Ad Vitam raconte l’histoire de Fred, un gars un peu paumé et banal avec qui la vie n’a pas été tendre. Ancien pompier, il tue un homme par accident et se retrouve en prison. Quand il en sort, toute sa vie a foutu le camp et il décide de se suicider… Sauf qu’après s’être fait exploser le crâne avec un fusil, Fred revient à la vie comme si de rien n’était.
Mais c’est aussi l’histoire de Jean, un flic pas loin de la retraite qui a la surprise de constater qu’un cadavre s’est tiré de sa scène de crime. Cadavre qui paraît bien vivant quand il le croise dans un bar !
Vous vous en doutez, leurs chemins vont se croiser et ça va faire des chocapics des étincelles.

Ce n’est pas forcément clair en lisant le résumé mais ce roman court est bourré d’humour caustique et noir. Sur 168 pages (en numérique), Cécile Pommereau nous entraine dans le quotidien navrant de Fred, pour qui on ne peut s’empêcher d’éprouver une forme d’empathie. Elle alterne les chapitres et les points de vue, faisant la navette entre Fred et Jean tout en gardant une écriture à la première personne. Malgré des chapitres assez courts, le lecteur n’oubliera jamais dans la tête de qui il se trouve car les deux personnalités sont plutôt bien marquées.

J’ai apprécié de suivre Fred autant que Jean qui sont deux personnages très vivants. J’ai tout de même une préférence pour ce policier bougon et blasé qui se prend d’affection pour Fred. Je pense que certains lecteurs trouveront que la relation type « bromance » qui existe entre eux se construit beaucoup trop rapidement, parce que je me suis fait la même réflexion. Puis, en y réfléchissant, je me dis que vu les circonstances… Ça n’a rien de surprenant.

Immortel Ad Vitam est une œuvre dynamique. Pour preuve, je l’ai lue d’une traite ce matin sans m’ennuyer une seconde. Les pages se tournent avec facilité et on se laisse prendre dans l’intrigue. Cette dernière est plutôt classique: on ignore pourquoi Fred est devenu immortel, comment tout cela fonctionne, alors les protagonistes vont mener une enquête en remontant la piste de celui qui lui a transmis ce cadeau empoisonné. Une piste qui m’a d’abord paru vraiment trop facile… jusqu’à la toute fin. Plus j’approchais des dernières pages et plus je craignais les explications tarabiscotées, les deus ex machina ou un truc cliché au possible. Et finalement… non. Je n’en dirai pas plus mais j’ai vraiment aimé ce que Cécile Pommereau a choisi comme fin. C’était plutôt intelligent, ça montrait une certaine réflexion. Le message que l’autrice choisit de faire passer surprend dans un roman qu’on pourrait, au premier abord, croire exister uniquement dans une perspective de divertissement.

Certains lecteurs auront un goût de trop peu, surtout ceux qui ont besoin de connaître toutes les réponses. À ceux-là, je dis, pas de panique ! Une nouvelle gratuite (que je n’ai pas encore lue) est disponible sur le site de Noir d’Absinthe qui, je n’en doute pas, donnera les explications manquantes sur ce mystère d’immortalité. Du moins, si je me fie au titre.

Pour résumer, Immortel Ad Vitam est une lecture détente. Un chouette petit roman court qui vous mettra de bonne humeur avec des personnages attachants et un rythme maîtrisé. Cécile Pommereau signe une œuvre agréable dont je recommande la lecture pour les jours où le moral n’est pas au beau fixe.

Irezumi – Akimitsu Takagi

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Irezumi est un roman policier japonais écrit par Akimitsu Takagi et publié chez Folio dans la collection policier. Vous le trouverez partout en librairie au prix de 7.80 euros.
Ce roman entre dans le challenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne Frissonnant » catégorie « le cri de la banshee ».

Avant de vous parler en détail de ce roman, je dois donner quelques précisions quant à son contexte. Il a été publié pour la première fois en 1948 au Japon et est considéré comme un des classiques du polar nippon. Ceci explique en grande partie mon ressenti développé plus bas. Retenez-le parce que c’est important.

Irezumi se déroule en 1947, à Tokyo. Kinué Nomura est une femme tatouée qui fascine les hommes. Après avoir participé à un concours où elle a exposé son tatouage, elle est retrouvée assassinée. Une enquête commence donc pour découvrir l’identité du tueur alors qu’un meurtre isolé se transforme en une série.

Le premier gros problème que j’ai eu avec ce roman, c’est son côté vieillot et trop classique dans le déroulement. Si vous aimez les romans policiers de la vieille école, ce livre sera parfait pour vous mais ce n’est pas mon cas. J’ai deviné rapidement certains pans de l’intrigue et entretenu des doutes sur d’autres éléments, ce qui ne m’arrive pas souvent puisque je suis une lectrice crédule qu’on balade facilement en règle générale. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est cousu de fil blanc mais l’auteur répète tellement souvent les éléments importants qu’on a envie de passer des pages (honnêtement, je l’ai fait) pour arriver à quelque chose de nouveau, d’inédit, et avancer un peu. Pourtant, il fait +-330 pages  mais ça m’a paru long.

De plus, j’ai trouvé les personnages assez fades, présents pour remplir des rôles prédéfinis, ce qui a découlé sur une absence flagrante d’empathie. On a le héros un peu naïf, le policier dépassé, le détective privé de génie (alors lui, il méritait des claques), le scientifique un peu bizarre, la femme manipulatrice et vénale… Tous les ingrédients sont présents et ça manque cruellement de profondeur. Enfin, le récit comporte énormément de longueurs puisque l’auteur passe son temps à répéter dans les dialogues des éléments de l’enquête, comme s’il craignait que le lecteur oublie quelque chose. Le bouquet, c’est probablement le dernier chapitre d’exposition qui reprend tout à zéro et qu’on a envie de passer pour les deux premiers tiers parce qu’on sait déjà tout.

Pourquoi est-ce que je vous en parle, du coup, si je me suis ennuyée en le lisant? Plusieurs raisons à cela. Déjà, Irezumi est très riche de détails concernant le Japon de l’après-guerre mais aussi l’univers du tatouage et les légendes nippones. J’ai appris énormément de choses et ça m’a bien plu. Ensuite, ce que je relève comme un défaut sera vu comme une qualité par beaucoup de lecteurs. Le roman policier construit d’une manière classique m’ennuie mais la plupart des adeptes du genre aiment ça. Irezumi n’est pas du tout un mauvais livre, c’est juste un ouvrage qui ne me convient pas à moi en tant que lectrice. La preuve, Laure-Anne me l’a prêtée et ça a été un coup de cœur pour elle (je vous renvoie à sa chronique pour juger) !

Pour résumer, si vous aimez le Japon, les tatouages traditionnels et les enquêtes pour meurtre, Irezumi est un roman parfait pour vous. Si vous cherchez un texte dans le genre policier qui soit un peu plus original dans sa construction, passez votre chemin.

Délicieuses pourritures- Joyce Carol Oates

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Délicieuses pourritures
est un petit roman court sur le monde tranche de vie universitaire écrit par l’autrice américaine Joyce Carol Oates. Vous le trouverez chez J’ai Lu au prix de 4 euros.
Ce roman entre dans le challenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne Ensorcelant » catégorie « Balai Patte ! » pour son héroïne féminine mais aussi dans le menu « Automne Frissonnant » catégorie « Le cri de la banshee » pour son côté angoissant.

Délicieuses Pourritures, c’est l’histoire de Gillian. Cette étudiante suit les cours d’Andre Harrow, son professeur de littérature dont elle est éperdument amoureuse. Elle appartient même à son atelier de poésie. Atelier qui va se muer en tribune où ce professeur oblige ses élèves à tenir un journal intime qu’elles devront lire devant leur classe composée d’une dizaine d’étudiantes qui se battent pour attirer l’attention d’Andre. Plus on en dit et mieux c’est. Et pour attirer l’attention conjointe du professeur Harrow et de sa femme Dorcas, certaines vont très loin.

Il est difficile de parler de ce roman sans vous dévoiler les ficelles de l’intrigue. Nous assistons à un drame universitaire où un professeur abuse de son autorité envers ses étudiantes pour les charmer et vous imaginez la suite, le tout avec la complicité de sa femme. Devenir leur préférée semble être le but ultime de la majorité des filles de cette école, ce que j’ai un peu de mal à concevoir. Si vous cherchez un texte réaliste dans son traitement, passez votre chemin.

Par contre, si comme moi vous vouliez lire un texte extrême, angoissant, malsain et prenant, vous êtes au bon endroit. Sur 125 pages d’une narration à la première personne, nous suivons Gillian dans ses objectifs et dans leur réalisation. On sait pourtant que c’est mal tout ça mais on ne peut s’empêcher de se réjouir pour elle quand elle atteint ses buts. C’est un roman qui se lit avec une forme de fascination malsaine pour le propos. Un roman qui laisse perplexe, mal à l’aise, en partie à cause de son style décousu qui illustre à merveille la psyché du personnage principal. L’aspect psychologique du roman est d’ailleurs magistralement maîtrisé !

Difficile de résumer ce livre à « j’ai aimé » où non. Il sort des sentiers battus et ne laissera pas indifférent les lecteurs adeptes de ce type de littérature. À lire si vous souhaitez sortir de votre zone de confort.

Des sorciers et des hommes – Thomas Geha

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Des sorciers et des hommes
est un one-shot de fantasy proposé par l’auteur français Thomas Geha. Publié chez Critic, ce tome coûte 19 euros.
Ce roman entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne douceur de vivre » catégorie « Les feuilles d’automne emportées par le vent, en ronde monotones, tombant, tourbillonnant. »

À travers six épisodes sur plus ou moins 300 pages, nous suivons les péripéties de Pic Caram et Hent Guer. Le premier est un sorcier aux rubans, le second un guerrier plutôt barbare. Tous deux acceptent des contrats dans le but de gagner argent et pouvoir, jusqu’au moment du retour de bâton.

J’attendais beaucoup de ce livre, peut-être trop, pour deux raisons. La première, il vient d’un éditeur que j’admire et respecte beaucoup pour son travail éditorial et son engagement dans la qualité de ses romans. La seconde, j’avais déjà lu un roman de Thomas Geha (qui a signé sous un pseudo) American Fays, et j’en gardais un très bon souvenir. Hélas, je ressors de ma lecture assez mitigée. Pourtant, si je vous le chronique, c’est parce qu’il a quand même certaines qualités et qu’il plaira à un public autre que moi.

En premier lieu, je dois relever la découpe du roman. Il est construit comme une série d’épisodes, cinq assez courts et un final, beaucoup plus long. Si l’idée est originale, elle aurait pu être mieux exploitée car les épisodes souffrent de longueurs et d’expositions qui ne sont pas forcément utiles à l’histoire. J’ai appris sur le blog du Troll que les deux premiers étaient des nouvelles parues dans une anthologie et je comprends un peu mieux cette impression paradoxale de trop et de trop peu. Le genre de la nouvelle est compliqué à exploiter et si je conçois ce besoin de vouloir exposer les finesses de l’univers développé par Thomas Geha, alors il aurait fallu opter pour un autre style narratif. Dans un format comme celui-ci, ça casse le rythme. Pourtant, cet univers est inspiré, intéressant et plutôt riche !

Les deux personnages sont des anti-héros à la morale douteuse assez caricaturaux dans les premiers épisodes, ce qui s’explique par le format narratif. J’ai pourtant apprécié Pic Caram qui est un personnage qui sort du lot mais globalement, les protagonistes manquent de saveur et de crédibilité. J’en attendais davantage d’un roman que l’auteur classe dans la veine dark fantasy car hormis la moralité de Pic et Hent, nous sommes plutôt dans de la sword and sorcery classique. Surtout avec une fin pareille que je ne vais pas détailler pour ne pas vous spoiler.

Quant à l’écriture de Thomas Geha, je l’ai trouvée plutôt bonne et immersive. Il a créé un univers avec une mentalité précise qui se transmet dans ses descriptions. Les combats sont bien maîtrisés. On sent que cet auteur n’en est pas à son premier roman.

Je pense que Des sorciers et des hommes peut se résumer ainsi: un auteur inspiré mais une exécution maladroite. J’attendais probablement trop de ce livre, en partie à cause de l’éditeur, en partie à cause de l’auteur. Je pense très sincèrement que Thomas Geha a un fort potentiel mais qu’il aurait dû davantage travailler la subtilité de sa mise en scène et du déroulement narratif pour provoquer plus de surprise et de suspens chez son lecteur.

Je recommande tout de même ce roman aux adeptes d’une fantasy plus classique dans ses codes et son déroulement narratif. Je pense que ce livre n’était pas fait pour moi mais il plaira plus que probablement à d’autres (j’ai lu plusieurs critiques positives), avec des goûts moins ciblés que les miens.