Kabu kabu – Nnedi Okorafor

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Kabu Kabu
est un recueil de nouvelles écrit par l’autrice américaine d’origine nigériane Nnedi Okorafor. Réédité par ActuSF, vous trouverez cet ouvrage dans la collection Perles d’épice au prix de 18.9 euros.
Je remercie Jérôme, Gaëlle et les Éditions ActuSF pour ce service presse.
Je valide avec ce recueil 4 nouvelles lues sur deux semaines pour le Projet Maki !

Kabu Kabu est un recueil composé de 21 nouvelles, chacune unique à sa manière. Certaines s’inscrivent dans le genre dystopie, d’autres dans ce qui parait être notre réalité, plusieurs comportent du fantastique qui tire vers l’horreur… Il est très difficile de cantonner cette lecture à un seul genre et c’est le premier point positif à mes yeux. J’ai voyagé. J’ai voyagé à travers les pays (entre l’Afrique et les États-unis) mais aussi dans la culture africaine de manière générale. J’ai découvert un nombre conséquent de légendes qui se mélangeaient avec le propre imaginaire de l’autrice et je me suis sentie dépaysée à chaque ligne. C’est, en soi, déjà un tour de force.

Il serait peut-être plus facile pour moi de vous présenter chaque nouvelle une par une mais l’amie Elhyandra a déjà fait ça très bien dans son article. Je ne vois aucun intérêt à poster la même chose, ni pour vous, ni pour moi, ni pour l’éditeur. Du coup, je vous propose plutôt de me concentrer uniquement sur les nouvelles grâce auxquelles j’ai vibré et ce dans l’ordre de lecture plutôt que dans celui de la préférence. En tout, il y en a quatre. Et là, vous vous dites, ouais quatre sur vingt-et-un c’est pas terrible comme score… Alors je vais éclaircir tout de suite la situation : j’ai aimé chaque nouvelle hormis peut-être une ou deux (je pense par exemple à celle sur les babouins, mais j’aime vraiment pas les singes…). Certaines moins que d’autres mais elles sont toutes de bonne qualité et chacune a le mérite d’être unique bien que quelques unes se répondent, notamment en ce qui concerne les coureuses de vent. Je vous encourage à aller lire l’article d’Elhyandra pour avoir un aperçu plus neutre du contenu de ce recueil.

4 février 2020 : Le nègre magique
Lance est un chevalier tout ce qu’il y a de plus chevaleresque à ceci près qu’il va mourir bientôt. En effet, on le trouve au bord d’une falaise, acculé par des ombres terrifiantes. Puis soudain arrive un sorcier africain qui lui sauve la mise. Mon premier sentiment à la lecture a été de me dire que c’était beaucoup trop classique et cliché, qu’il y avait forcément anguille sous roche. Et de fait, j’avais raison ! Le retournement m’a totalement surprise et j’ai failli m’étouffer avec mes céréales (on sous-estime les dangers de la lecture au petit-déjeuner) tellement ça m’a fait rire. J’étais déjà conquise et séduite par la plume ainsi que le choix narratif de l’autrice. Clairement, cette nouvelle plante le décor et nous donne le ton pour la suite. Pas tant pour l’humour que sur la manière dont on va considérer les personnages africains. J’ai adoré.

6 février 2020 : Tumaki
Tumaki est une nouvelle qui se déroule dans le futur et dont le narrateur est un méta-humain. Il doit dissimuler ses pouvoirs pour éviter de se faire tuer (vive les superstitions). On le rencontre au moment où il doit faire réparer un appareil électronique dans une boutique tenue par une femme portant une burqa, un vêtement qu’il déteste pour ce qu’il représente. Pourtant, et là se trouve l’intelligence de cette nouvelle, la burqa est en réalité un instrument de liberté car en se cachant, Tumaki peut se promener comme elle le souhaite en compagnie de Dikéogu (le narrateur) et leur relation peut se développer. J’ai trouvé ce parti-pris intelligent et ça m’a poussé à réfléchir sur ma propre conception de cet habit. De plus, dans cette nouvelle, l’autrice parle aussi des crimes motivés par le racisme (envers les autres humains mais aussi envers d’autres espèces car le narrateur entend le discours d’un prêcheur qui parle d’une race extra-terrestre, si j’ai bien compris). On ressent très bien la tension et l’angoisse, l’atmosphère est maîtrisée par l’autrice. J’ai trouvé ce texte d’une grande richesse, surtout sur le fond.

9 février – Popular Mechanic
J’ai beaucoup aimé cette nouvelle parce que pendant ma lecture je n’arrêtais pas de me demander si le Nigéria était vraiment un grand producteur de pétrole et si les États-unis agissaient vraiment de cette manière sur place. Apparemment il y a bien un fond de vérité et c’est glaçant. Je sais qu’il n’y a pas de technologie aussi développée (on évoque quand même un bras cybernétique, quoi que remarquez… J’en sais rien en fait) mais j’ai été heurtée dans mes certitudes d’occidentale quand j’ai constaté à quel point on prive ces gens des ressources qui viennent pourtant de chez eux et à quelles extrémités cela peut pousser. C’est le genre de choses qu’on sait mais dont on n’a pourtant jamais vraiment conscience. C’est une nouvelle clairement dans le genre de la science-fiction (encore que ça reste léger) mais ça me paraît surtout une nouvelle d’actualité écrite pour pousser le lecteur à se rendre compte de la réalité. Autant dire que j’ai adoré.

10 février – L’artiste araignée
Probablement la nouvelle avec laquelle j’ai ressenti le plus d’émotion. La narratrice (dont on ignore le nom il me semble) est battue par son mari et va souvent se réfugier près des pipelines pour jouer de la guitare. Elle y rencontre un petit robot chargé de la surveillance des pipelines en question et dont l’espèce a une terrifiante réputation. Ce petit robot aime l’écouter jouer et une relation va se développer entre eux. J’ai trouvé ce texte plein de douceur, d’émotions avec un fond de réflexion sur le concept d’intelligence artificielle (bien que le petit robot ne parle pas). J’ai vraiment été emballée et j’aurai aimé en lire encore plus bien que l’histoire se suffit à elle-même.

Voici donc mes quatre nouvelles coups de cœur concernant le recueil Kabu Kabu de l’autrice Nnedi Okorafor. Une lecture qui m’a vraiment bousculée dans mes habitudes autant que dans mes certitudes.

J’en profite pour noter quelques remarques faites durant ma lecture et exceptionnellement, j’utilise le format liste :
– À plus d’une reprise, on retrouve une même famille (des prénoms reviennent) et dans la dernière nouvelle, il y a même un personnage qui s’appelle Nnedi. Pour moi, très clairement, il y a des passages autobiographiques dans ces nouvelles qui sont probablement fantasmés (sauf pour la toute dernière) mais qui permettent de donner une profondeur supplémentaire à Kabu Kabu.
– Plusieurs nouvelles évoquent ou développent l’univers du roman Qui a peur de la mort ? ce qui peut interpeller le lecteur novice qui n’a pas encore lu ce texte (ce qui est mon cas). Ou plutôt, disons que ces nouvelles ont moins d’impact parce que j’ai eu l’impression de ne pas avoir toutes les clés en main pour les comprendre.
– On est peut-être dans un recueil de l’imaginaire mais les thématiques (comme le racisme, le pétrole, le poids des traditions, les écarts culturels, les superstitions, etc.) sont d’actualité et ça m’a souvent perturbée (dans le bon sens).

Pour résumer, j’ai adoré mon expérience avec les vingt-et-une nouvelles contenues dans Kabu Kabu. Ce recueil ne manque pas d’intérêt pour tout qui apprécie le dépaysement. Il dépeint une culture nigériane très riche, pleine de légendes, de mythes, de superstitions qui se heurte souvent avec la modernité et la technologie. Les nouvelles sont toutes différentes et les genres se mélangent, si bien qu’il y en aura pour tous les goûts. J’ai passé un excellent moment et je recommande chaudement la lecture de Kabu Kabu.

Maki

Binti – Nnedi Okorafor

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Binti est un ouvrage de space-opera contenant deux novellas écrit par l’autrice americano-nigérianne Nnedi Okorafor : Binti et Binti : Home. Traduit en français par Hermine Hémon pour ActuSF, vous trouverez ce recueil sous le label Naos au prix de 17.9 euros.
Je remercie Jérôme, Gaëlle et les Éditions ActuSF pour ce service presse.
Il s’agit de ma seconde et troisième lecture pour le Projet Maki.

Binti est une adolescente née au sein de la tribu Himba. Son don en mathématique et ses pouvoirs d’harmonisatrice attirent sur elle l’attention de l’université d’Oomza, qui lui propose de venir étudier chez eux. Cela signifie quitter son village, quitter sa planète et devenir une paria. Tiraillée entre les traditions et son envie de s’accomplir, Binti décide de prendre la navette et d’entamer son voyage.

Comme je l’ai signalé en introduction, ce volume contient en réalité deux novellas mais cela ne se ressent pas vraiment à la lecture. Ç’aurait tout aussi bien pu être un seul roman et je ne suis pas sûre que je me serais rendue compte de la division si je n’avais pas lu des chroniques chez d’autres blogpotes, qui en parlent. Je comprends le choix d’ActuSF de réunir ces deux textes en un seul tome.

Dans la première novella, sobrement intitulée du prénom de l’héroïne (Binti donc, pour ceux qui ne suivent pas), Binti décide d’entreprendre un voyage vers l’université d’Oomza, malgré les craintes qu’elle éprouve et le désaccord de sa famille. Dès qu’elle sort de son village, la jeune fille est confrontée à de la curiosité déplacée et à un sans-gêne vraiment choquant de la part des personnes rencontrées dans le spatioport. La raison ? Binti est une himba et cela se voit. Les femmes himbas s’enduisent le corps d’un onguent spécial qui sert aussi à les nettoyer. Elles en ont également sur les cheveux, qu’elles tressent à leur manière. Certaines femmes du peuple koush n’hésitent d’ailleurs pas à les lui prendre pour les tâter, comme on le ferait d’un animal curieux et exotique. C’est l’un des premiers thèmes abordé par l’autrice : la manière dont on considère la différence.

Quand Binti arrive dans la navette, elle rencontre d’autres étudiants de la race humaine qui, comme elle, se rendent à l’université d’Oomza. L’ambiance est immédiatement différente et Binti se sent acceptée pour la toute première fois. On ressent vraiment l’écart entre ces intellectuels en devenir et les gens rencontrés précédemment par l’héroïne. Ici, j’ai eu le sentiment que l’autrice voulait mettre en avant l’importance du savoir et de l’ouverture d’esprit, face aux personnes qui restent enfermées dans leurs habitudes et leurs certitudes. Peut-être que j’extrapole mais c’est ce que j’ai ressenti à ma lecture et j’ai trouvé la transmission de ces valeurs importante.

Malheureusement pour Binti, son bonheur ne va pas durer longtemps. Une attaque se produit un peu avant l’arrivée à destination de la navette et tout le monde meurt. Tout le monde sauf Binti, qui ne doit sa survie qu’à un vieil artefact (son edan) trouvé par elle dans le désert il y a des années. L’attaque, aussi rapide que brutale, fait éclater la bulle de tranquillité dans laquelle le lecteur commençait seulement à s’installer. Je ne peux m’empêcher d’y voir une métaphore du quotidien dans certaines régions d’Afrique. Au départ, on ne comprend pas vraiment les Méduses, pourquoi elles agissent ainsi, aussi soudainement, sans la moindre raison apparente. Pour Binti, il existait jusqu’ici un statu quo relatif entre les Humains et les Méduses, comme il doit en exister, je présume, entre différentes tribus avant que l’idée prenne à l’une d’elle de s’engager sur la voie de la guerre. À nouveau, j’extrapole peut-être mais j’ai lu ce roman en étant épatée par la quantité de liens que je parvenais à faire entre notre réalité, les messages de l’autrice et son intrigue.

À ce stade, Binti doit survivre et tenter de trouver une solution. Arrive alors un des autres thèmes importants qu’aborde Nnedi Okorafor : le pouvoir de la parole. Comme dans beaucoup de romans mais aussi, hélas, dans notre réalité, les problèmes naissent d’une incompréhension culturelle, d’un manque de connaissance de l’autre. L’autrice contraint son lecteur à réfléchir à tout cela et je trouve qu’elle y parvient bien. En soi, son intrigue n’a rien de fondamentalement original mais les valeurs transmises sont vraiment importantes, surtout au sein d’un label jeunesse comme Naos.

La seconde novella (Binti : Home) va plus loin et développe les conséquences de cette attaque sur Binti. Elle subit forcément un grand traumatisme qu’elle essaie de soigner et va passer par plusieurs étapes. La psychologie, déjà très présente dans la première novella, se développe davantage et de manière plutôt crédible. J’ai particulièrement apprécié la relation entre Binti et Okwu. Dans un premier temps, ça m’a plutôt choquée et interpelée qu’elle parvienne à lier une amitié avec le potentiel meurtrier de ses amis. Puis l’autrice nous montre justement les doutes, les traumatismes de son héroïne et cette relation un peu en demi-teinte devient de plus en plus crédible.

Dans ce deuxième texte, on ressent davantage la force des traditions, le cocon confortable du connu vers lequel on est toujours tenté de se réfugier pour guérir. Binti : Home permet d’en apprendre davantage sur la culture Himba et sur la manière dont ses représentants pensent. Les échanges qu’a Binti avec les membres de sa famille et son ancien meilleur ami sont interpellants. En tant que lectrice, j’ai immédiatement ressenti une profonde empathie pour cette héroïne, empathie renforcée par une narration à la première personne véritablement efficace.

On tourne les pages sans vraiment s’en rendre compte et on arrive à la fin avec l’envie d’enchaîner sur la suite. Certains regrettaient un manque d’approfondissement de l’univers mais personnellement, je n’ai pas du tout été gênée par cela. Nnedi Okorafor nous dit ce qu’on a besoin de savoir pour comprendre son intrigue et ses messages, sans ressentir le besoin de nous abrutir d’informations secondaires. Cela rend le pouvoir signifiant de son texte encore plus fort. L’autrice semble savoir ce qu’elle veut avec ses écrits et j’adhère.

Pour résumer, Binti est un space-opera young adult dans la veine afrofuturiste plutôt réussi. Nnedi Okorafor propose une héroïne attachante à la psychologie aussi crédible que développée, le tout dans une narration à la première personne maîtrisée. Les deux novellas sont traversées par la défense de valeurs importantes comme la tolérance, l’ouverture aux autres cultures, la résolution de conflit sans violence et le tiraillement entre épanouissement personnel et tradition familiale. En plus d’être divertissant, Binti est donc un texte intelligent et bien représentatif de la qualité du label Naos. Je le recommande !

Maki

Isabel des feuilles mortes – Ian R. Macleod (Une Heure-Lumière – Hors-série 2019)

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Isabel des feuilles mortes
est une nouvelle écrite par l’auteur anglais Ian R. Macleod. Publié au Bélial dans son Hors-série 2019, ce texte était offert à l’achat de deux romans de la collection Une Heure Lumière.
Il s’agit de ma première lecture du Projet Maki !

Ce hors-série contient, outre cette nouvelle inédite, une introduction à la genèse de la collection Une Heure Lumière ainsi que son catalogue et quelques parutions à venir. Au final, la nouvelle prend une petite moitié seulement du livre en lui-même.

J’ai appris grâce aux blogpotes que cette nouvelle se déroule dans le même univers que Poumon Vert, un UHL que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire. Le monde peint par l’auteur est très clairement futuriste et je m’en suis étonnée car les premières pages ne laissaient rien paraître à ce sujet. Non seulement il est futuriste mais il est aussi inspiré de l’orient. L’action se déroule dans la ville de Gezira, on ressent une forte présente du soleil et les descriptions, que ce soit des gens, des vêtements ou des bâtiments, tout cela embarque le lecteur dans une ambiance de ce genre.

Isabel est l’héroïne de cette nouvelle et n’a pas grand chose de remarquable. Elle n’est ni belle, ni laide, ni particulièrement rusée ni foncièrement stupide. C’est une femme banale comme il en existe des milliers. Enfant des rues, elle est recrutée par l’église de l’aube dont elle gravit petit à petit les échelons sans même spécialement le désirer jusqu’à devenir une Chanteuse. Dans cet univers, les chanteuses sont des femmes qui, chaque jour, font se lever le soleil qui éclaire ce monde à l’aide d’un réseau de miroir. Cela paraît poétique mais le système est clairement technologique et plutôt horrible puisque ces femmes deviennent aveugles en étant exposée à cette lumière, qu’on les accroche à une espèce de croix au sommet d’un minaret pour qu’elles chantent… On a connu meilleure situation de vie. Mais Isabel ne s’en plaint pas le moins du monde.
Un jour, suite au dysfonctionnement de l’un des miroirs (vilain 28 !), Isabel rencontre Genya, la représentante d’une autre église avec qui les siens ont été en guerre il y a des années. Elle la surprend en train de danser et ressent une fascination pour sa grâce. Les deux femmes vont devenir amies et se livrer, avec une forme d’innocence, des secrets appartenant à leurs cultes respectifs. Sauf qu’évidemment, ça va se savoir et leurs dirigeants respectifs ne vont pas trop apprécier.

Je vous avoue avoir été déroutée par ce texte court raconté comme un conte. Je ne savais pas précisément à quoi m’attendre et en le terminant, je me suis demandée ce que l’auteur avait cherché à raconter. Je crois que je suis passée à côté de ce texte ou, en tout cas, que je ne possède pas les clés pour le comprendre. Je précise que je n’avais jamais lu Ian R. Macleod auparavant, que j’ignore tout de son œuvre, de ses thèmes favori, de ses potentiels engagements, etc. Durant la majeure partie d’Isabel des feuilles mortes, je ressentais une poésie et une beauté teintée de mystique que l’auteur transmet très bien par sa façon de narrer cette histoire, semblable à l’un de ces textes qu’un conteur pourrait chuchoter au coin d’un feu dans une bonne taverne. Même les sciences avancées sont présentées comme une extension de la religion, avec ses rituels, ses dorures et ses fastes. Je trouvais ça intéressant parce que je n’avais jamais rien lu de semblable. Ce qui ne signifie pas que ça n’existe pas mais pour moi, débutante dans le genre, c’était nouveau. Puis sont arrivées les dernières pages, particulièrement dures, assez horribles même qui tranchent brutalement avec le reste. Et qui me laissèrent pantoise, sans savoir si j’avais apprécié ou non ma lecture.

Une chose est sûre, Isabel des feuilles mortes est une expérience totalement nouvelle pour moi et c’est ce que je vais retenir de ce texte court. Au fond, c’est aussi pour cela que j’aime la collection Une Heure Lumière. Elle me sort de ma zone de confort, m’ouvre de nouveaux horizons.

Pour résumer, Isabel des feuilles mortes est un texte court et dépaysant qui se place dans le même univers que Poumon Vert. Très clairement orientalisant, on se surprend à découvrir un univers très porté sur la technologie tant on aurait pu être dans un texte type « Moyen-Âge ». Avec une écriture très poétique, Ian R. Macleod raconte la légende d’Isabel, Chanteuse de l’église de l’Aube, et de son amitié interdite avec Genya, membre d’une église rivale. Pour moi, cette lecture a été une nouvelle expérience que je ne regrette pas.

Maki

#Challenge – Le projet Maki

Salut à tous !
Vous qui me suivez depuis longtemps, vous savez que je participe à assez peu de challenges littéraires. Deux exceptions notables : le Printemps de l’Imaginaire francophone et le S4F3 de l’amie Lutin. Pour le premier, parce que le but de ce challenge est l’essence de mon blog (promouvoir la littérature francophone) et pour le second, parce que c’est toujours sympa de vider sa PàL entre amis.

Mais voilà, en ce début 2020, j’ai entendu parler d’un nouveau challenge : le projet Maki. IMG_20191223_114201
Vous trouverez tous les détails au bout de ce lien, sur le blog du concerné. En quelques mots, il s’agit de mettre en avant le genre court : les nouvelles, les novellas, tout ce qui a moins de 40 000 mots (je me suis renseignée !). Je trouve l’initiative très intéressante car le format court est souvent boudé et mal aimé en francophonie alors qu’il a plein d’avantages. Le principal étant de permettre à des personnes qui manquent de temps de pouvoir lire sans ressentir une forme de frustration.

Pourtant, c’est un genre difficile et je l’ai moi-même longtemps boudé. Mais que ce soit en tant qu’autrice ou lectrice, mon sentiment change de plus en plus à son sujet et c’est ainsi que j’ai ressenti l’envie de participer. Je commence petit avec le palier Hapalémur Doré qui consiste en la lecture de 13 nouvelles sur l’année. Si je vais au-delà, tant mieux ! Nous ferons un bilan le moment venu.

Alors vous allez me demander, comment trouver des nouvelles de qualité ? Plusieurs possibilités (je vous mets chaque fois le lien direct) :
– Ce mois-ci, le Chat Noir propose des réductions sur leurs précédents recueils tels que Montres enchantées (steampunk) ou Bal masqué (gothique) que je me suis empressée de commander. Depuis le temps ! L’excellent Black Mambo est aussi en réduction, je vous le précise comme ça en passant (foncez.)
ActuSF propose chaque année des nouvelles gratuites tirées des univers phares de leurs auteurs. Elles sont en numérique, vous les trouverez sans difficulté sur leur boutique.
Livr’S édite chaque année un recueil de nouvelles sur un thème différent. L’année dernière, il s’agissait de Nouvelles-Orléans par exemple et cette année, le thème sera Nouvelles-Ères dont davantage autour de la science-fiction (sortie prévue pour le milieu 2020 +-)
Le Bélial propose depuis deux ans maintenant la collection Une Heure Lumière dédiée au format court. Je vous ai déjà parlé de plusieurs titres (dont le magistral les meurtres de Molly Southbourne) et les sorties de cette année promettent du lourd. C’est le moment de découvrir l’éditeur à petit prix !

Évidemment, il y en a d’autres mais ce sont celles que je connais le mieux et que je vais exploiter pour ma part.

Connaissez-vous le challenge ?
Que pensez-vous du format court? Ça vous plait ?
Allez-vous participer ? 🙂