Premières lignes #7

Bonjour à tous !
En ce beau dimanche ensoleillé, je suis en train de lire les illusions de Sav-Loar de Manon Fargetton, une auteure que j’apprécie énormément et qui a de vraies qualités littéraires. Du coup, pour ce « Premières Lignes » (un rendez-vous créé par Ma Lecturothèque. pour lequel je ne suis pas toujours très assidue mais je me soigne :p) j’ai envie de vous parler de son autre roman dans le même univers que les illusions de Sav-Loar: l’Héritage des Rois-Passeurs ! Je l’avais chroniqué sur le blog et adoré.

Voici la 4e de couverture:
« Ombre, univers peuplé de magie, et Rive, le monde tel qu’on le connaît, sont les deux reflets déformés d’une même réalité.
Enora est unique : elle peut traverser d’un monde à l’autre.
Lorsque sa famille est décimée par des assassins masqués, elle se réfugie au seul endroit où ses poursuivants ne peuvent l’atteindre. Au royaume d’Ombre, sur la terre de ses ancêtres.
Là-bas, Ravenn, une princesse rebelle, fait son retour après neuf ans d’exil passés à chasser les dragons du grand sud. Sa mère, la reine, est mourante. Ravenn veut s’emparer de ce qui lui revient de droit : le trône d’Ombre. Et elle n’est pas la bienvenue.
Deux mondes imbriqués. Deux femmes fortes éprouvées par la vie. Deux destins liés qui bouleverseront la tortueuse histoire du royaume d’Ombre. »

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Et voici les premières lignes:
« Ravenn frissonna.
Le dragon se dressait devant la Meute, à l’orée d’une grotte. C’était une femelle aux naseaux fumants, haute comme cinq guerriers, couverte d’écailles brunes et de piques acérées. D’un signe de la main, Ravenn lança ses chasseurs à l’assaut. Les hommes chargèrent sans hésitation, javelot en avant, muscles bandés. La bête se figea, étonnée par l’audace d’êtres à l’apparence si fragile. Mais la surprise ne dura pas. Le dragon avait un nid à défendre. Sa tête recula, s’inclina sur le côté, et son cou qui ployait selon un angle étrange se gonfla soudain.
— En arrière, hurla Pelekaï, colosse aux mille tresses sombres et second de Ravenn.
Son avertissement n’était pas nécessaire, les hommes s’étaient déjà jetés sur le côté, évitant de justesse le ruban de feu qui jaillit de la gueule du dragon. Du coude, Ravenn protégea ses yeux de la vague de chaleur. Elle rouvrit les paupières un instant plus tard et frémit en découvrant la scène qui s’offrait à elle : au bout du chemin de terre roussie, à une quinzaine de mètres de la bête, se tenait un très jeune garçon pétrifié de terreur. Ravenn jura. Pour la centième fois, elle se maudit d’avoir accepté de prendre le fils cadet du chef à l’essai dans la Meute. Le gamin n’avait pas l’étoffe d’un guerrier. Il ne l’aurait jamais. Et, s’il ne s’écartait pas immédiatement du chemin de ce dragon, il allait perdre pour toujours l’occasion de prouver qu’il pouvait être bon à autre chose.
— Pelekaï ! Sors Lïam de là !
Le guerrier se précipitait déjà vers le garçon. La bête repéra son mouvement et le suivit d’un œil menaçant. Ravenn inspira, fit jouer sa mâchoire, décolla de son crâne les courtes mèches rousses imprégnées de boue. Elle était le Croc de cette Meute, son chef. Aujourd’hui, pas un seul de ses hommes n’aurait pensé à défier son autorité, car ils avaient en elle une confiance absolue. Ils n’auraient pas dû. Ravenn les avait tous mis en danger en acceptant la présence du gamin. C’était à elle de réparer cette erreur, et pour cela, elle allait devoir se montrer digne de sa légende. »

Connaissez-vous cette auteure? Avez-vous déjà lu ses romans? Qu’en pensez-vous? Ces premières lignes vous donnent-elles envie? 🙂

 

Premières lignes #6

Bonjour à tous et bon dimanche de Pâques !
J’espère que vous vous régalez de succulents œufs aux chocolats. Pour ma part, c’est le cas :3
Qui dit dimanche dit Premières Lignes, le rendez-vous hebdomadaire créé par Ma Lecturothèque. Je n’ai pas été très assidue là-dessus ces derniers temps parce que j’ai passé plusieurs dimanches en salon du livre et que je n’avais pas programmé l’article, n’étant pas chez moi pour consulter mes livres et retranscrire les premières lignes. Oui, je manque un peu d’anticipation parfois… Aujourd’hui, j’en profite donc !

Hier, j’ai publié un article pour le challenge 6 mois, 6 amis, 6 livres et je me suis demandée quel livre je conseillerai, moi, si on me posait la question. Je vais donc vous parler d’un roman qui m’a particulièrement touchée, qui a bouleversé ma vie de lectrice et à cause duquel j’ai subi une dépression littéraire pendant des semaines, parce que j’étais persuadée que je ne lirai jamais rien de meilleur. Il s’agit du Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas !

C’est un roman à replacer dans son contexte: 19e siècle, publié en tant que feuilleton dans les journaux, le style littéraire colle donc à son époque et cela rebutera peut-être certains lecteurs, peu habitués ou peu friands d’élans grandiloquents. Personnellement, j’adore et j’ai très envie de me replonger dans cette fabuleuse lecture. L’histoire d’Edmond Dantès est incroyable et les films ne lui rendent absolument pas justice. Le Comte de Monte-Cristo est un joyau à découvrir absolument.

Voici la 4e de couverture:
« 1815. Louis XVIII rétabli sur le trône se heurte à une opposition dont l’Empereur, relégué à l’île d’Elbe, songe déjà à profiter. Dans Marseille livrée à la discorde civile, le moment est propice aux règlements de comptes politiques ou privés. C’est ainsi que le marin Edmond Dantès, à la veille de son mariage, se retrouve, sans savoir pourquoi, arrêté et conduit au château d’If… Paru en 1844-1846, Le Comte de Monte-Cristo connut un succès qui ne s’est pas démenti, ce qui en fait une des ouvres les plus populaires de la littérature mondiale. Conteur éblouissant, aussi à l’aise dans l’action que dans le dialogue, Dumas nous entraîne sans nous laisser reprendre souffle du cabinet de Louis XVIII à la Méditerranée des contrebandiers, des îles toscanes aux catacombes de Rome, puis aux salons parisiens où le mystérieux comte de Monte-Cristo se dispose à accomplir sa vengeance… »
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Et voici les premières lignes:
« Le 24 février 1815, la vigie de Notre-Dame de la Garde signala le trois-mâts le Pharaon, venant de Smyrne, Trieste et Naples.
Comme d’habitude, un pilote côtier partit aussitôt du port, rasa le château d’If, et alla aborder le navire entre le cap de Morgion et l’île de Rion.
Aussitôt, comme d’habitude encore, la plate-forme du fort Saint-Jean s’était couverte de curieux ; car c’est toujours une grande affaire à Marseille que l’arrivée d’un bâtiment, surtout quand ce bâtiment, comme le Pharaon, a été construit, gréé, arrimé sur les chantiers de la vieille Phocée, et appartient à un armateur de la ville.
Cependant ce bâtiment s’avançait ; il avait heureusement franchi le détroit que quelque secousse volcanique a creusé entre l’île de Calasareigne et l’île de Jaros ; il avait doublé Pomègue, et il s’avançait sous ses trois huniers, son grand foc et sa brigantine, mais si lentement et d’une allure si triste, que les curieux, avec cet instinct qui pressent un malheur, se demandaient quel accident pouvait être arrivé à bord. Néanmoins les experts en navigation reconnaissaient que si un accident était arrivé, ce ne pouvait être au bâtiment lui-même ; car il s’avançait dans toutes les conditions d’un navire parfaitement gouverné : son ancre était en mouillage, ses haubans de beaupré décrochés ; et près du pilote, qui s’apprêtait à diriger le Pharaon par l’étroite entrée du port de Marseille, était un jeune homme au geste rapide et à l’œil actif, qui surveillait chaque mouvement du navire et répétait chaque ordre du pilote.
La vague inquiétude qui planait sur la foule avait particulièrement atteint un des spectateurs de l’esplanade de Saint-Jean, de sorte qu’il ne put attendre l’entrée du bâtiment dans le port ; il sauta dans une petite barque et ordonna de ramer au-devant du Pharaon, qu’il atteignit en face de l’anse de la Réserve.
En voyant venir cet homme, le jeune marin quitta son poste à côté du pilote, et vint, le chapeau à la main, s’appuyer à la muraille du bâtiment.
C’était un jeune homme de dix-huit à vingt ans, grand, svelte, avec de beaux yeux noirs et des cheveux d’ébène ; il y avait dans toute sa personne cet air calme et de résolution particulier aux hommes habitués depuis leur enfance à lutter avec le danger.
« Ah ! c’est vous, Dantès ! cria l’homme à la barque ; qu’est-il donc arrivé, et pourquoi cet air de tristesse répandu sur tout votre bord ?
– Un grand malheur, monsieur Morrel ! répondit le jeune homme, un grand malheur, pour moi surtout : à la hauteur de Civita-Vecchia, nous avons perdu ce brave capitaine Leclère.
– Et le chargement ? demanda vivement l’armateur.
– Il est arrivé à bon port, monsieur Morrel, et je crois que vous serez content sous ce rapport ; mais ce pauvre capitaine Leclère…
– Que lui est-il donc arrivé ? demanda l’armateur d’un air visiblement soulagé ; que lui est-il donc arrivé, à ce brave capitaine ?
– Il est mort. »

Connaissez-vous cet auteur? Avez-vous déjà lu ce livre ou l’un de ces livres? Ce début vous donne-t-il envie? Dites-moi tout dans les commentaires ^_^

Premières lignes #5 ( & #payetonauteur ! )

Bonjour à tous et bon dimanche !
Qui dit dimanche dit « premières lignes » le rendez-vous hebdomadaire créé par Ma Lecturothèque !

Ce dimanche, je profite de ce rendez-vous pour lier deux sujets. J’avais déjà choisi quel roman j’allais vous présenter aujourd’hui quand a éclaté le scandale autour de Livre Paris, que je suis depuis hier après-midi. Du coup, avant d’en venir au cœur de cet article hebdomadaire qui consiste à vous présenter un auteur à travers les premières lignes d’un roman déjà chroniqué, j’ai envie de vous parler un peu du #payetonauteur et de la polémique qui secoue la twittosphère depuis hier au sujet du salon du livre de Paris. Je vous renvoie à l’article d’Actualitté pour comprendre ce qui se passe exactement (ils expliquent ça très bien, je ne vais pas les paraphraser bêtement) et les problèmes que cela pose. En quelques mots, sans auteur, la chaine du livre dans son ensemble n’existe pas, puisque c’est lui qui produit la matière première. Pourtant, l’auteur est systématiquement (ou presque) considéré comme un bénévole et la pensée dominante est qu’on ne doit pas le payer pour ses déplacements ou ses interventions car « ça lui fait de la pub ».
Oui… Mais non.

En tant que jeune auteure mais aussi en tant que lectrice et donc consommatrice de littérature, je suis choquée par la position de Livre Paris qui prétend ne pas payer les auteurs de la même manière, voir ne pas les payer du tout pour certains, et qui communique très mal sur le sujet, à base de « oui mais non mais… » sans aucune transparence. Et je suis aussi ravie de voir la mobilisation des auteurs confirmés, des institués, ceux dont le nom compte, qui n’hésitent pas à annuler leur présence et à boycotter le salon. Je pense à des gens comme Samantha Bailly, Olivier Gay, Nine Gorman, Bulledop, etc. Une belle solidarité se met en place !
Je vous invite évidemment à vous exprimer sur le sujet, à en parler sur vos blogs et à réfléchir quelques instants à toute cette affaire. Parce que c’est important, vraiment. Et à découvrir la Charte !

Ayant été à la foire du livre de Bruxelles la semaine dernière, il n’y a pas eu de premières lignes et ce dimanche, je veux le consacrer à un auteur que j’aime beaucoup et qui s’est engagé fermement dans cette polémique: Olivier Gay. Le hasard fait bien les choses puisque j’avais déjà décidé d’en parler pour vous diriger vers ses romans dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone car certains titres permettent de valider plusieurs défis.

Pour revenir à notre auteur du jour, je vous ai parlé de lui à plusieurs reprises dans diverses chroniques: les tome 1 et 2 des Épées de glace, le tome 1 de la magie de Paris, le tome 3 de la série Fitz… Et pour le PIF 2018, j’ai le diptyque de la Main de l’Empereur qui est dans ma liseuse ainsi que le tome 2 de la Magie de Paris. Auteur prolifique et touche à tout, je trouve qu’il a énormément de talent et je vais vous présenter aujourd’hui les premières lignes du diptyque Épées de Glace intitulé Le Sang sur la Lame.

Voici la 4e de couverture:
« — Je ne suis pas sûr qu’un homme seul fasse la différence.
— On m’a déjà donné de nombreux noms. Le Faiseur de veuves. L’Épée de glace. Le Danseur Rouge. Je suis Rekk. Le Boucher. Je fais toujours la différence.
Lorsque Deria, fille d’un obscur baron du Nord, est retrouvée assassinée dans la capitale, les plus puissants de l’Empire font tout pour cacher sa mort à son père.
Les deux amis les plus proches de la jeune fille, Shani, sa servante, et Mahlin, un garde du palais, se retrouvent alors mêlés malgré eux à cette conspiration. N’écoutant que leur cœur, ils décident de se rendre dans le Nord annoncer eux-mêmes la nouvelle au mystérieux baron.
Ils n’auraient sans doute jamais entrepris un tel voyage, s’ils avaient su qui était réellement le père de Deria.
Car, désormais, l’Empire va trembler. »

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Et voici les premières lignes:
« Mahlin n’aurait jamais dû rencontrer Deria.
Ce n’était pas à lui de monter la garde devant la porte ouest du palais en ce crépuscule du septième jour de l’hiver. Les mains tendues vers le brasero, à peine protégé de la pluie, il maudissait son goût du jeu qui l’avait poussé à parier ses tours de garde avec Luklan.
Tout le monde savait que le soudard au sourire trop large avait une chance insolente aux dés, mais Mahlin s’était senti en veine. Il avait besoin d’argent, la mise était tentante. Lorsque l’autre avait lancé un « quatre » sur ses deux dés, le jeune homme avait senti la victoire à portée de main. Il avait prié, fermé les yeux, obtenu un « trois ».
Luklan dormait à présent tranquillement, emmitouflé sous ses couvertures, et Mahlin subissait l’orage.
Il pleuvait sans discontinuer depuis trois heures. L’humidité oppressante pénétrait ses vêtements, trempait ses os et lui glaçait la peau malgré toutes ses précautions. Son épaisse cuirasse n’arrangeait pas les choses. La grande porte du palais ne le protégeait pas contre le vent de face. Le feu timide du brasero lui procurait un peu de chaleur, mais Mahlin ne pouvait trop s’en approcher. Selon le sergent, les flammes risquaient d’affecter sa vision nocturne et sa vigilance.
Comme s’il y avait quelque chose à surveiller à son poste. »

Connaissez-vous Olivier Gay? Avez-vous déjà lu un de ses romans? Celui-ci vous intrigue-t-il? Que pensez-vous de #payetonauteur ? N’hésitez pas à discuter de tout ça dans les commentaires 🙂

 

Premières lignes #4

Bonjour et bon dimanche à tous !
Qui dit dimanche dit « premières lignes » le rendez-vous hebdomadaire créé par Ma Lecturothèque !

Ce dimanche, je vais vous parler (encore) d’urban fantasy, mais c’est pour la bonne cause. La semaine dernière, je vous évoquais Kayla Marchal et de son auteure, Estelle Vagner. Cette fois-ci, ça va être le Souffle de Midas, premier tomes des chroniques homérides écrit par Alison Germain. Pourquoi? Et bien parce que ces deux auteures françaises seront présentes la semaine prochaine à la foire du Livre de Bruxelles, de vendredi à dimanche ! C’est donc l’occasion pour le public belge de les rencontrer et de découvrir leurs ouvrages, ils en valent vraiment la peine. Pour rappel, voici ma chronique du Souffle de Midas.

On peut résumer ce roman sur trois grands points: un style narratif convainquant qui nous plonge dans l’esprit d’une héroïne badass mais crédible. Un univers riche et peu exploité en urban fantasy pour adulte, celui de la mythologie grecque. Et enfin, une intrigue dynamique qui nous offre un véritable page-turner.

Voici la 4e de couverture:
« Entre tes mains, fille d’Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux.
Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d’étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j’ai été le seul témoin, aucune trace du crime n’a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d’une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux.
Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu’il en sait bien plus sur ce qui m’arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu’une malédiction… »

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Et voici les premières lignes:
« Tandis qu’il étreignait son amante blessée, Rikke sentit le désespoir grignoter son âme. La perdre, comment l’imaginer? Un monde sans elle serait dénué de reliefs, de nuances et de beauté. Une existence fade, sans raison d’être. La vie s’effaçait peu à peu des prunelles de sa bien-aimée. Les deux opales cristallines que Rikke ne se lassait jamais de contempler étaient ternes, presque figées. Pourtant, il discernait encore une certaine volonté en elles. Une lueur d’espoir.
— Tiens bon, Lia…
Elle tremblait contre lui, sans qu’il ne puisse la soulager. Sa peau d’une froideur mortuaire et son teint lugubre laissant présager l’issue fatale. Avec toute la puissance de son être, il souhaita furieusement échanger sa place avec elle, pour la libérer et endurer lui-même la souffrance qui la torturait.
A la minute où il l’avait rencontrée, des années plus tôt, il s’était juré, par dessus tout de la protéger. Ce serment allait au-delà de son devoir de Gardien, son besoin d’assurer sa sécurité était vital. Une évidence. Mais ce soir, par son manque de vigilance, Rikke avait manqué à sa parole. Sous-estimant l’épée de Damoclès qui planait-au-dessus de la jeune femme, il avait provoqué sa mort. Une erreur au goût d’amertume insoluble. »

Si vous aimez la mythologie grecque et l’urban fantasy, je vous recommande cette saga qui suit les codes du genre mais se démarque par la force de ses personnages ! Rendez-vous à la foire du livre de Bruxelles pour rencontrer Alison Germain, sur le stand des éditions du chat noir ♥

 

Premières lignes #3

Bonjour tout le monde et bon dimanche à tous !
Qui dit dimanche dit « premières lignes » le rendez-vous hebdomadaire créé par Ma Lecturothèque !

Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler à nouveau d’urban fantasy, en partie parce que j’ai lu un article très intéressant sur le sujet hier (que vous pourrez retrouver sur Monde-Fantasy !) mais aussi parce que la foire du livre de Bruxelles approche et que je compte y acheter la suite. Il s’agit du tome 1 de la saga Kayla Marchal, publiée aux éditions du Chat Noir et écrit par l’auteure française Estelle Vagner. Sans compter que c’est une des lectures de ma PAL pour le #PIF2018 alors allions l’utile à l’agréable 🙂

J’ai déjà chroniqué ce livre sur le blog, je vous remets le lien pour vous rafraîchir la mémoire. Je l’ai lu au mois de juillet, à une période assez difficile pour moi puisque j’étais engagée dans un job étudiant qui ne me convenait pas du tout, dans des conditions qui me déprimaient profondément. Même si j’ai tenu bon, cette lecture m’y a aidée. J’ai dévoré le premier tome en deux jours, je lisais même en marchant dans la rue et pendant ma pause, pour avancer. Ce livre n’a pas toujours eu de bonnes chroniques et je trouve que par moment, ça tient de la mauvaise foi. On reproche par exemple souvent à l’héroïne d’être bourrée d’hormones mais l’auteure le justifie par son âge et par sa nature, ce n’est donc pas « gratuit » ni illogique, comme on a tendance à l’affirmer. Pour moi, Kayla Marchal c’est un peu comme Rebecca Kean en version Young Adult. D’ailleurs, on sent l’influence de Cassandra O’Donnell sur cette saga. Même si elle suit les codes du genre, je la recommande vraiment parce que je me suis attachée à cette héroïne et que j’ai trouvé l’univers développé tout autour vraiment intéressant.

Voici la 4e de couverture:
« Ironique destin que d’être née morphe… sans forme animale. Source de honte pour sa famille, Kayla Marchal, petite fille de l’alpha, est également considérée comme le maillon faible de la meute de la Vallée Noire. Aussi en est-elle chassée, elle qui n’a jamais mis un pied hors du territoire.
Alors qu’elle commence à goûter à la liberté et à s’intégrer au sein d’un autre clan, les vrais problèmes commencent. Mais déjà trahie une fois par sa meute d’origine, à qui pourrait-elle se fier ? À Ian, le loup aussi beau qu’insupportable ? À Max, le renard au passé mystérieux ? Ou à Jeremiah, l’irrésistible humain ?
Et ce fichu karma qui la prive de forme animale continue à se moquer d’elle, car tout le monde autour d’elle semble, porter un masque… Inaptitude du passé et problèmes du présent vont venir, main dans la main, perturber la jeune morphe, avec des liens qu’elle était loin de pouvoir soupçonner. »

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Voici les premières lignes:
« Voilà plus de deux heures que je roule droit devant moi, sans savoir où aller. Mais je m’en moque. Tout ce que je désire, c’est m’éloigner le plus vite possible de la meute et de mes montagnes. Bref, de tout ce que j’ai toujours connu. La douleur qui me broyait la poitrine quand Grand-père m’a mise à la porte de chez lui a disparu. Ça peut être une bonne chose, au premier abord, cependant le vide qui l’a remplacée m’inquiète bien plus. En tant que morphe, tout est amplifié : colère, faim, protection, survie, reproduction… Rien de bien compliqué là-dedans, toutefois, c’est toujours intense. Alors que là, rien. Que dalle. En temps normal, je me donne beaucoup de mal pour contrôler mon instinct animal mais, pour le coup, j’aimerais bien qu’il revienne. Tout serait mieux que ce néant.
Le voyant de la réserve d’essence s’allume, accompagné d’un bip agressif. Je m’arrête à la première station que je croise. Isolée, déserte et avec un néon sur le point de s’écraser au sol pour seule lumière, elle me fait penser à mon cœur. À l’abandon.
Eh oui, il m’arrive de faire dans le mélo…
Je gare la Jeep et commence à la rassasier. Il faut dire qu’elle consomme beaucoup… Elle n’est pas vraiment faite pour avaler les kilomètres, plutôt les chemins forestiers. Mais je l’adore. Enfin, je l’adorais. Aujourd’hui, je m’en fiche. Dire qu’hier encore, le simple fait de m’installer au volant me faisait sourire à m’en faire mal aux joues.
Une voiture fait son apparition. La caisse tout entière vibre au rythme des basses d’une musique trop forte qui détourne mon attention. Elle se gare à la seule autre pompe disponible et recrache quatre mini-caïds. De gros durs, à coup sûr. D’à peu près ma taille, épais comme mon petit doigt et encore boutonneux, ils se déplacent comme si tout autour d’eux devait trembler – ce qui était le cas, jusqu’à ce qu’ils aient coupé la musique. Je jette tout de même un regard au néon, pour m’assurer qu’il survivra.
— Salut chérie, me lance le plus grand en me détaillant.
Super… »

Baston, action, humour et sentiments sont au rendez-vous dans cette série à l’intrigue prometteuse dont j’ai hâte de lire la suite. Notez qu’elle a reçu le Prix Imaginales des Lycéens en 2017 ! La connaissez-vous? Aimez-vous l’urban fantasy? Dites-moi tout 🙂

 

Premières lignes #2

Bien le bonjour à tous !

Qui dit dimanche, dit « Premières lignes » le rendez-vous hebdomadaire créé par Ma Lecturothèque.

Aujourd’hui, j’ai choisi Dans les veines de Morgane Caussarieu, une auteure française incontournable quand on parle de romans subversifs et d’écrits gores. On m’a longtemps poussée à la lire (genre, plusieurs années hein) mais comme je suis contrariante, j’ai attendu l’été dernier pour cela et ce fut une grosse claque. Ce roman revient à l’essence même de la créature vampire: ce sont des monstres obsédés par le sang, dotés d’une moralité qui les éloigne drastiquement de l’humanité, ce qui donne lieu à des déviances. L’auteure n’a pas peur de se salir les mains et elle écrit avec beaucoup de soin, d’une manière juste et efficace. Depuis ma lecture de Dans les veines, Morgane Caussarieu est devenue une auteure dont j’adore dévorer les écrits et je me suis gardée Je suis ton ombre pour le PIF2018 ( pour rappel, voici les chroniques qui la concernent: dans les veineschéloïdesblack mambo ). Si vous n’avez pas un petit cœur ni une âme sensible, lisez-la. Vraiment.

Voici la 4e de couverture:
« La canicule enflamme les nuits bordelaises. Une bande de junkies dévaste un supermarché, des filles perdues poussent leurs derniers soupirs sur des airs de New Wave tandis qu’on repêche des cadavres exsangues dans la Garonne. Il semblerait qu’un groupe de tueurs dégénérés avides de sexe, de drogue, de rock’n’roll et de sang ait élu domicile dans la charmante cité. Des vampires, le mot absurde et terrible est sur toutes les lèvres sans que personne n’ose le prononcer. L’enquête du lieutenant Baron piétine alors même qu’une vidéo incrimine J.F., une ancienne star de la scène alternative punk et sa bande de marginaux. De son côté, Lily, la fille unique de Baron, rencontre un séduisant jeune homme à la peau trop pâle, au visage d’ange et à la maigreur maladive. Elle trouve dans cette passion toxique et mortifère un remède à son mal-être. »

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Voici les premières lignes:
« Sur l’horloge digitale de la station de tramway, les chiffres rouges indiquaient vingt-trois heures quarante-quatre. La prochaine navette n’allait pas tarder à arriver. Martine Renzi était seule à l’attendre. Elle s’était assise le plus confortablement possible sur le banc de l’abri en plexiglas, les jambes étendues devant elle et le dos tordu pour épouser le dossier. Bercée par le bourdonnement du lampadaire, elle somnolait.
Des bruits de pas indécis. Elle leva les yeux. Une silhouette élancée portant une forme noire dans ses bras s’assit à ses côtés. Le bois du banc craqua légèrement. C’était une jeune femme, typée Asiatique, avec son bébé. Le visage de l’enfant était tourné tout contre le sein de la mère. Celle-ci chantonnait, caressant de la main les joues rondouillettes. Martine Renzi réprima un sourire de tendresse. Elle avait trente-quatre ans et bientôt, son corps serait trop vieux pour donner la vie.
Le bébé, profondément endormi, ne s’éveilla pas quand la mère déposa un baiser dans son petit cou.
Martine Renzi détourna le regard. Elle ne voulait pas être surprise à contempler ce moment d’intimité qu’elle ne pouvait s’empêcher de jalouser. Elle avait avorté quatre ans auparavant, parce que ce n’était pas le bon moment, parce qu’elle ne se sentait pas prête, parce que le bébé n’aurait pas eu de papa. Eliott aurait maintenant trois ans et demi si tu ne l’avais pas fait disparaître avant même que ses petites mains ne soient formées. Aurait-il eu les yeux bleus ? Noisette, comme les tiens ? Aurait-il été aussi beau que celui que cette jeune femme tient au creux de ses bras ?
Le bébé poussa un vagissement plaintif. La mère se pencha sur lui davantage et ses longs cheveux d’ébène formèrent un voile autour de l’enfant. Il cessa de sangloter alors qu’elle massait ses pieds aux chaussons de poupée…
Une sonnerie retentit. Les roues crissèrent sur les rails et les portes automatiques du tramway s’ouvrirent devant Martine, l’invitant à entrer. Elle quitta le banc, laissant la mère et sa progéniture enlacées.
La navette était presque vide. Elle s’assit en face d’un jeune branché au tee-shirt à paillettes. Derrière la vitre, la jeune femme avait toujours la tête blottie contre son enfant. Sur la banquette d’à côté, un joli garçon aux incroyables yeux violets lui souriait tristement. Le tramway redémarra et elle rendit son sourire à son voisin.

Entre les doigts de la femme asiatique, la peau du bébé avait viré au bleu pâle. Elle le souleva en le tenant par une cheville. Sa grosse tête disproportionnée pendouillait au bout de son corps frêle. Elle le laissa tomber dans la poubelle de l’arrêt, juste assez grande pour contenir le minuscule cadavre. »

Poésie macabre, ambiance gothique et destructrice, le tout accompagné par une plume incisive et maîtrisée. Avez-vous déjà lu Morgane Caussarieu? Qu’en pensez-vous? Aimez-vous les romans gores? Dites-moi tout 😉

Premières Lignes #1

Salutations et bon dimanche à tous !

J’ai décidé de me mettre aux tags et aux rendez-vous livresques, parce que je trouve ça sympa comme concept et que ça me permet de vous faire découvrir des livres que vous ne connaissez pas spécialement. Et pour le dimanche, c’est « Premières Lignes » un rendez-vous hebdomadaire créé à l’initiative de Ma Lecturothèque mais que j’ai connu pour ma part grâce à les livres de rose.

Aujourd’hui, j’ai choisi « Traquée » le premier tome de Rebecca Kean par l’auteure française Cassandra O’Donnell. C’est un must-read de l’urban fantasy francophone, une saga d’une très grande qualité qui ne faiblit pas au fil des tomes et qui ne sacrifie pas l’action / l’intrigue à la vie amoureuse de l’héroïne, ce qui est assez rare ! Tout est bien équilibré. Pour ma part, ce fut un coup de cœur absolu et la suite sort cette année.

Voici la 4e de couverture:
« Nouvelle-Angleterre, Burlington… Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des États unis, bref un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement, parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu’il y avait plus de démons, de vampires, de loups garous et autres prédateurs ici que partout ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n’est pas le genre de renseignements fournis par l’office de tourisme. Maudit soit-il… »

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Les premières lignes:
« Je me demandais si je devais rouler ou non sur le cadavre. De toute façon, je ne pouvais pas le contourner. La route bordée par les arbres était trop étroite et il était allongé en plein milieu de la chaussée. Mais ce n’est pas parce qu’on n’a pas le choix que ça rend les choses plus faciles. On a beau tenter de se convaincre qu’une voiture ne peut pas causer de dommages à un mort et qu’il est plus simple de l’écraser que de le déplacer, on a quand même du mal à appuyer sur l’accélération. Putain d’éducation.
Je descendis de ma voiture en râlant et jetai un coup d’œil autour de moi. La peur et la douleur avaient imprégné les arbres et j’entendais le pouvoir de la terre me murmurer sa souffrance. La victime était humaine. Je me penchai au-dessus du corps et écartai les mèches de cheveux bruns qui lui collaient au visage. C’était une jeune femme plutôt jolie. Elle n’était ni blessée, ni dépecée, ni mutilée (c’était toujours ça de gagné). Je passai mes mains au-dessus de son corps et laissai mon pouvoir explorer sa chair en décomposition. Il ne me fallut que quelques secondes pour trouver ce que je cherchais et un signal d’alerte s’enclencha directement dans mon cerveau. Je devais déguerpir et virer ce bout de barbaque de ma route au plus vite ! J’attrapais fermement les jambes de la fille et commençais à la tirer doucement sur le côté.
(Non, déplacer un corps inerte n’est pas aussi facile qu’on peut l’imaginer.) »

Humour noir et action sont au rendez-vous dans cette saga à lire absolument pour tous les adeptes d’urban fantasy ! Vous connaissiez déjà? Vous en avez pensé quoi? Dites moi tout 😉