Rouge Toxic – Morgane Caussarieu

119236103
Rouge Toxic est le dernier roman en date d’une de mes auteures favorites, Morgane Caussarieu. Il est publié chez Naos au prix de 14.90 euros. Il s’agit d’un excellent roman vampirique dans la veine Young Adult.

Rouge Toxic, c’est l’histoire de Barbie et Faruk. Barbie (diminutif de Barbara) est une lycéenne américaine qui a perdu son père, attaqué par un chien enragé (hin hin), et qui surmonte le deuil dans un nouveau lycée à San Francisco, sous la garde attentive de son parrain, Abe. Faruk est un vampire, un vryk, transformé il y a plusieurs siècles par un personnage qui ne sera pas inconnu à ceux qui ont déjà lu Dans les Veines, et qui vit sa petite vie dans le Tenderloin (bas quartier de San Francisco), jusqu’au jour où on lui propose un drôle de marché: veiller sur Barbie et la protéger.

Expliqué comme ça, je sais, le roman ressemble à un pitch de romance à deux balles qui surfe sur la vague vampire. C’est là que le talent de Morgane Caussarieu intervient: non seulement elle reste fidèle à sa mythologie (créée dans ses autres écrits) mais en prime, elle propose un livre hyper référencé qui plaira forcément à tous les fans du genre. Si elle abandonne le côté dépravation sexuelle qu’on retrouvait (avec délices) dans ses romans pour adultes, elle ne laisse pas pour autant la violence et offre une histoire dure, glauque, qui se dévore en quelques heures.

Pour autant, ce livre aurait juste été une agréable lecture sans la présence de personnages exploités dans ses autres titres et de cet univers que j’apprécie tout particulièrement. Quel bonheur de retrouver mon petit chouchou J-F (Dans les veines), de croiser le Baron Samedi (Black Mambo), d’avoir, en quelque sorte, une suite informelle à Dans les Veines. Non pas que les protagonistes soient ratés, simplement je ne me suis pas vraiment attachée à Barbie (je crois que j’ai définitivement un problème avec les filles) et si Faruk me plaisait vachement, il m’a un peu déçue sur la fin. Vous comprendrez pourquoi en lisant l’épilogue. Pourtant, j’y ai cru à un moment (ceux qui ont lu verront lequel, sûrement une de mes scènes favorites)… Bref, ma politique anti-spoil m’empêche d’aller plus loin dans ma frustration de lectrice.

Rouge Toxic s’inscrit merveilleusement dans l’œuvre de Morgane Caussarieu. Il peut se lire indépendamment de ses autres titres mais vous manquerez certaines références et clins d’œil habilement dissimulés au fil des pages. On ressent la patte de l’auteure, même s’il y manquait un petit quelque chose (à mon goût, j’insiste là-dessus, mais c’est parce que j’aime justement ce côté trash et sans limite chez l’auteure), justifié par les personnages adolescents. Elle réussit tout de même à proposer un roman young adult de qualité qui se dévore et exploite le mythe du vampire avec brio sans tomber dans la romance bas de gamme. Qu’est-ce que ça fait du bien ! Pourtant, un vampire au lycée, c’est vu et revu et re-revu… Mais la manière dont elle présente son sujet est telle qu’on n’a pas ce sentiment d’une énième redite. Sa force se situe, je pense, dans l’alternance des points de vue et dans le soin apporté à chacune de ses phrases. Le roman est écrit à la première personne avec des chapitres courts, dynamiques, dans la tête de Barbie puis de Faruk. Par ce biais, elle peut non seulement nous donner le point de vue de l’humaine mais aussi celui du vampire, ses problèmes quotidiens, on sent qu’elle a réfléchi à tous les aspects de son histoire.

Comme toujours, l’auteure maîtrise son sujet, que ce soit pour le vampire ou pour le vaudou, comme elle nous l’a déjà prouvé dans Black Mambo. Avec Rouge Toxic, Morgane Caussarieu réaffirme et défend sa place de reine du vrai roman vampirique en France. À mes yeux, ses livres sont des must-reads qui ne vous laisseront pas indifférent. Si vous ne connaissez pas, FONCEZ !

Je terminerai en disant que j’espère très fort que son prochain livre se concentre sur J-F. ♥ Mes espoirs sont-ils vains? En attendant, il me reste encore Je suis ton ombre mais j’ai peur de le lire parce qu’il ne me restera plus rien de l’auteure après x.x Ne cherchez pas la logique, je suis accro.

Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye

Couv_plat_pariZ_DEF
Les Seigneurs de Bohen
est un one-shot écrit par l’auteure française Estelle Faye et publié aux éditions Critic au prix de 25 euros. Pavé de quasi 600 pages (591 si on se veut précis), il se classe dans le genre dark fantasy.

J’ai beaucoup à dire sur cette lecture et je pense que ma chronique paraîtra décousue puisque je vais la commencer en répondant à certains commentaires que j’ai pu lire. Par avance, je m’en excuse.

Je ne savais pas quoi penser de ce livre. Au départ, il me tentait énormément mais j’ai lu des critiques assez mauvaises qui m’ont fait hésiter à dépenser 25 euros pour l’acquérir. Sans compter que ça allait à l’encontre de mes bonnes résolutions en la matière. Laure-Anne l’a acheté à Livre Paris l’année dernière et me l’a prêtée après sa lecture, totalement séduite. Il est resté dans ma PAL un petit moment et j’ai profité du Printemps de l’Imaginaire Francophone pour l’en sortir. Comme souvent quand ça m’arrive d’hésiter sur un roman, de repousser sa découverte, j’ai eu une excellente surprise et je tombe des nues en relisant aujourd’hui les critiques négatives sur Babelio.

Estelle Faye propose un roman qui sort des sentiers battus et je pense que le premier problème (enfin la première qualité à mes yeux) se situe ici pour ses détracteurs. Quand je parle de sentiers battus, je songe à la forme narrative (peu crédible vu le nombre de détails racontés par Ioulia, certes, toutefois ça reste le jeu) mais aussi à la manière dont elle s’investit dans ses personnages, dans les relations qu’ils entretiennent entre eux. Beaucoup de lecteurs ont l’air de penser que la fantasy signifie forcément des combats épiques, du sang et des tripes, surtout pas trop de relations personnelles. Soit, chacun son point de vue, mais je trouve justement l’équilibre trouvé par l’auteure plutôt intéressant.

Si le début paraît lent, le temps de poser l’intrigue et les personnages, le lecteur s’attache rapidement aux protagonistes du récit qui sont des gens de rien pour la plupart. Bâtard, mercenaire, morguenne, sorcier, innocent injustement condamné… Des figures qui prennent vie sous nos yeux et nous emportent dans un récit haletant. L’auteure nous envoûte et nous nous attachons à chacun d’eux, qui s’éloignent des clichés du chevalier en armure ou du grand vilain sorcier. Le manichéisme est banni de ce récit et Estelle Faye nous torture avec un suspens maîtrisé. Si on s’attend à certains évènements, au final, ils n’arrivent jamais comme on le croit ni quand on l’anticipe. Ce n’est pas comparable à du Glen Cook ou du Joe Abercrombie (aaaaah, les maladresses éditoriales), certes, mais il n’empêche que les Seigneurs de Bohen se classe parmi la fine fleur de la fantasy française.

Et pourquoi? Simplement parce qu’Estelle Faye OSE. Elle ose ne pas se contenter d’une simple histoire de révolution d’un peuple contre un Empire décadent, schéma standard et Ô combien usé. Elle nous emmène dans le quotidien de différents personnages, n’hésite pas à se jouer de ce que certains considèrent comme de la déviance. J’ai lu un commentaire dans ce sens et je pose la question: pourquoi, en fantasy comme en dark fantasy, on ne pourrait pas retrouver un couple gay et vivre leur romance (enfin, romance, nuançons un peu parce que ça paraît cul-cul dit comme ça) qui n’entache pas du tout la bonne marche de l’intrigue? Et c’est une anti romance qui vous le dit… Pourquoi relever leur homosexualité comme un reproche alors que si ç’avait été juste un homme et une femme, personne n’aurait rien dit? La position d’Estelle Faye sur la sexualité de ses personnages et la manière dont elle la traite est justement, à mes yeux, l’une des forces de ce roman. L’un de ses points forts et positifs.

Certes, l’auteure prend son temps pour tracer une fresque complexe dont la trame se dénoue finalement. Certains reprochent la facilité scénaristique et oui, peut-être que certains détails interpellent… Si on essaie d’analyser ce récit avec des valeurs du 21e siècle, des codes purement occidentaux (parce que non, dans un univers moyenâgeux, les gens ne pensent pas comme nous. Incroyable pas vrai?) et une bonne dose de culturocentrisme. Ma politique anti-spoiler m’empêche, hélas, de développer davantage ce sujet mais quand on se donne la peine de rester dans la diégèse des Seigneurs de Bohen pour analyser le contenu du livre, je n’y trouve rien d’absurde. Hormis, évidemment, l’absurdité humaine en elle-même. Et ça aussi, j’ai adoré.

Si j’ai, au départ, eu du mal à me lancer dans ce roman, force est de constater que j’ai dévoré les deux tiers en l’espace d’un week-end, totalement embarquée dans l’intrigue, passionnée par Sorenz et Sainte-Étoile (♥), par Wens et Janosh, par Maëve aussi (surtout vers la fin). J’ai parfois ressenti de la frustration quand l’auteure changeait de point de vue, de manière très éphémère, pour nous montrer ce qui se passait à un endroit ou à un autre de l’Empire, quand elle multipliait parfois les personnages qui me parlaient moins, mais après coup, je me rends compte que ç’avait systématiquement une utilité. Et là où certains voient des facilités scénaristiques, je constate simplement un souci de réalisme. Un plan ourdit depuis dix ans peut s’écrouler en un claquement de doigt, au détour d’une mauvaise rencontre. On peut changer ses décisions de vie sous la simple impulsion de la passion. C’est ce qui rend ce récit si intense, finalement. Si humain.

L’intrigue, les personnages, j’en oublie presque l’écriture. Le style de l’auteur est marquant. Il sonne juste, chaque phrase paraît travaillée. Les descriptions sont bien dosées, sans réelle longueur. Estelle Faye possède ce que j’appelle la magie des mots, cette capacité à captiver au-delà du raisonnable et à dépeindre son univers captivant, riche, sombre et macabre.

Le tout, finalement, avec un message de liberté, d’espoir, l’importance de rester fidèle à soi-même, qui transparait malgré le côté sombre du récit. Doublé par une tendance un brin fataliste, aussi, mais diablement intelligente et cultivée. L’historienne en moi a apprécié les références à l’imprimerie, l’ode au pouvoir des livres, ainsi que l’exploitation de la mythologie slave à travers un bestiaire complet et des mythes passionnants.

Je pourrai parler des heures des Seigneurs de Bohen, je crois que cela se ressent et que ma chronique commence à être un peu longue. Ce roman fut un véritable coup de cœur, un coup de poing même, qui réussit à me guérir de ma panne de lecture et de la lassitude littéraire que je traine depuis un mois. Je tiens à remercier Estelle Faye pour cet incroyable voyage, merci pour les larmes versées au début de l’épilogue (♥), merci, vraiment ! J’attends avec impatience de la rencontrer aux Imaginales et de la découvrir sur un nouveau titre car je compte bien continuer à explorer sa bibliographie.
Oh et si ce n’était pas clair… LISEZ LES SEIGNEURS DE BOHEN ! ♥

#PLIB2019 La Légende des Quatre #1 le clan des loups – Cassandra O’Donnell

la-legende-des-4,-tome-1---le-clan-des-loups-1033741-264-432
Le clan des loups
est le premier tome de la saga la Légendes des Quatre, une nouveauté jeunesse écrite par l’auteure française Cassandra O’Donnell (qu’on ne présente plus) publiée chez Flammarion Jeunesse. Vous pouvez vous procurer ce roman absolument partout pour le prix de 15 euros.
Ce roman a été sélectionné pour le #PLIB2019. #ISBN9782081394254.

J’étais au salon de Bondues ce week-end et j’ignorais que Cassandra s’y trouvait également. Après l’avoir découvert en parcourant le planning dans un moment d’ennui (bah oui y’a pas toujours des gens, sur les salons !) j’ai été discuter avec elle et j’en ai profité pour acheter ce roman à destination d’un public 12 – 14 ans. Je sais, vous vous dites: non mais à quoi tu pensais? C’est pas du tout ton genre de lecture ! Un moment de folie, ça arrive, surtout quand ça concerne les écrits de Cassandra. Comme vous le savez, j’adore sa saga Rebecca Kean, donc pourquoi ne pas tenter celle-ci, que l’auteure qualifie elle-même de « Rebecca Kean mais sans sexe » ?

C’est vrai qu’il y a un peu de ça, mais pas que.
En commençant le roman, au bout du premier chapitre, j’ai refermé le livre et j’ai du changer le mode de mon cerveau. Je crois que c’est le plus difficile quand on se plonge dans un genre qui ne nous est pas familier / qu’on ne lit pas en temps normal. À partir du moment où mes neurones avaient intégré que c’est un livre à destination d’un public qui a dix ans de moins que moi, tout a commencé à aller bien mieux.

Parce ce qu’on ne s’exprime pas de la même manière à destination des enfants que des adultes. On n’utilise pas le même vocabulaire, les mêmes tournures de phrase, la même ponctuation. Non, on ne les prend pas pour des cons, mais il est vital de s’adapter à leur psychologie et à leur niveau de lecture, de langage, surtout pour cet âge, puisque c’est là qu’on construit ses goûts littéraires. Alors oui, l’abondance de verbe « être » agacera les puristes et très certainement, l’utilisation abusive des points d’exclamation rendra fou certains d’entre vous. Forcément, j’ai tiqué sur ces détails… Et ça ne m’a pas empêché de passer un très bon moment !

Pour vous évoquer le concept en quelques mots, nous évoluons dans un univers fantasy post-apocalyptique. En gros, les humains ont déconné et la technologie a disparu après une guerre contre les yokaïs. Retour au Moyen-Âge, où les tensions entre les clans et les races sont exacerbées. Il existe quatre types de yokaï: les loups, les tigres, les serpents et les aigles. Nous suivons principalement l’héritière des loups et l’héritier des tigres, dans ce tome, même si nous rencontrons également les serpents et les aigles. D’ailleurs, tant qu’on ne les avait pas croisé, je trouvais le tout sympa mais sans plus. Puis arrivent Wan (♥) et Nell… Et là, BOUM ! Je comprends ce que Cassandra voulait dire en parlant de « Rebecca Kean sans sexe » (même si en vrai ça aurait été super avec Wan, on peut imaginer un spin-off pour adulte s’teuplaiiiiit?). Ces deux personnages sont absolument géniaux, j’ai hâte de les retrouver dans les tomes suivants ! J’ai un peu moins accroché avec les deux héros principaux, mais c’est tout moi, ça: craquer sur les personnages secondaires.

Outre ça, l’univers est plutôt bien pensé et les messages passés par l’auteure sont intelligents. Il y a non seulement une mise en garde sur l’écologie et l’épuisement des ressources, mais également une mise en avant de la notion de tolérance, qui est très importante à rappeler (autant aux enfants qu’aux adultes). La Légende des Quatre n’est donc pas qu’un simple divertissement, c’est aussi un livre qui pousse à la réflexion. D’une pierre deux coups !

Pour conclure, je trouve que ce roman est une réussite qui conviendra aux petits comme aux grands. Cassandra O’Donnell invente un univers crédible et riche qu’elle exploite à travers un panel de personnages colorés. Elle n’infantilise pas son public et n’hésite pas à inclure de la violence (beaucoup de violence) et des réflexions intelligentes, tout en évitant l’anthropocentrisme chez les yokaïs, ce qui est un plus non négligeable à mes yeux. Le clan des loups se lit très vite et vous permettra de passer un bon moment au sein d’une littérature plus légère que d’habitude. À lire !

Le Lys Noir #1 Faustine – François Larzem

005006953
Le Lys Noir est une saga qui compte actuellement deux tomes. Écrite par l’auteur français François Larzem, elle est publiée chez les Moutons Électriques dans la collection Naos. Chaque tome coûte 17 euros. Notez que c’est le tout premier roman que je lis de cette maison d’édition !

Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre en ouvrant ce roman. J’ai d’abord été attirée par sa magnifique couverture, à la Foire du Livre de Bruxelles. Sobre, élégante, intrigante, tout ce que j’aime. En lisant le résumé, j’ai compris qu’il s’agissait d’un roman de cape et d’épée… Un genre que j’affectionne tout particulièrement mais que je ne lis plus suffisamment à mon goût. Il faut dire que, dans les nouveautés, il n’y en a pas tant que ça ! Je n’ai donc pas hésité longtemps pour l’emprunter à mon amie Laure-Anne, qui l’avait justement dans sa bibliothèque. Oui, le hasard fait bien les choses.

Je pensais lire un jeunesse mais je le trouve assez sombre, cruel et violent pour un roman à destination de ce public. Bon, après, je crois que je dois revoir ma définition de « jeune public ». Du moins, il me semble que la collection « Naos » est celle qui regroupe les ouvrages pour adolescents à partir de 13 ans, chez les indés de l’imaginaire. Je me trompe peut-être? Si vous savez m’éclairer, n’hésitez pas, parce que je n’ai pas trouvé l’information 🙂 Bref, ce fut, en soi, une bonne surprise ! L’auteur ne prend pas de gant pour nous emmener à Bayence, sur les traces du mystérieux justicier masqué, le Lys Noir. Au cœur des intrigues politiques du Marquis de Monzag, Faustine de Castillac a fort à faire pour sauver la vie du Dauphin et empêcher Bayence de sombrer dans le chaos. En très gros, voici l’intrigue principale.

Et quand je parle de chaos… C’est littéralement. Je ne m’y attendais pas, mais la magie (surtout noire) est très présente dans ce livre. D’ailleurs, le personnage de Melgoth (ce démon invoqué dans le corps d’une petite fille) est de loin mon préféré. Oui, surprenant, je sais… Par contre, en dehors de ces manifestations infernales, la magie n’est quasiment pas présente. On lui préfère une technologie qui rappelle un peu l’univers steampunk, via les inventions de l’alchimiste Ézéchiel. D’ailleurs, plusieurs pages du roman sont illustrées avec le schéma de ses inventions ou de ses décoctions, ce que j’ai apprécié.

L’univers du Lys Noir est très riche… Peut-être un peu trop? L’auteur donne énormément d’informations sur tout un tas de sujets et j’ai parfois eu l’impression qu’il se perdait lui-même dans ce qu’il racontait. Qu’il cherchait à tout nous dire, de peur qu’on loupe quelque chose, sauf que… L’équilibre n’était pas toujours au rendez-vous. Et c’est regrettable, parce que le background est bien travaillé, pensé, approfondi.

Ce tome est intitulé « Faustine » mais finalement, ce n’est pas vraiment elle l’héroïne principale. Du moins, je l’ai ressenti comme ça. Morgan, le Marquis, même Giuseppe, ont tous un rôle aussi important que le sien, si pas davantage. Je l’ai un peu regretté parce que finalement, le personnage de justicier masqué est le moins intéressant de tous. Faustine est un peu trop jeune pour être crédible, pas vraiment touchante, passe le livre à être blessée et sauvée par des hommes ou à faire des bourdes qui manquent de la tuer, pas terrible pour celle qu’on qualifie de la plus fine lame du royaume. Je sais qu’elle a hérité le costume de son père, que l’auteur joue probablement là-dessus aussi, mais du coup, on repassera pour l’image de femme forte et débrouillarde que je m’attendais à trouver. L’auteur a, selon moi, bien mieux réussi ses personnages masculins même s’il ne passe pas à côté des clichés du genre. En soi, ce n’est pas très gênant mais ça rend certains passages du roman un peu trop gros pour être crédibles.

Malgré quelques longueurs et quelques éléments brouillons (mais qui trouveront probablement un intérêt dans la suite), le Lys Noir est une agréable découverte qui ramène un peu sur le devant de la scène ce genre trop négligé qu’est le roman de cape et d’épée. Si ce premier tome manque de combat (de vrai duel je veux dire, pas de massacre sanglant parce que ça, on en a à la pelle) à mon goût, il trouve d’intéressants échos historiques si on réfléchit à certaines des scènes et certaines actions des personnages. Le fond est soigné, les détails des décors et des habits, même le style littéraire finalement qui se marie bien avec le contexte historique. Le narrateur omniscient permet de voyager dans tout Bayence et de rencontrer certains personnages juste le temps de les regarder périr. Il nous offre une vue d’ensemble pas forcément nécessaire mais c’est un choix narratif qui conviendra à d’autres lecteurs que moi.

En bref, j’ai passé un agréable moment avec ce premier tome du Lys Noir qui est un bon divertissement à lire à partir du lycée (secondaire supérieur pour les belges). Ce n’est pas un roman « jeunesse » comme je le pensais. En fait, il est entre deux: il contient son lot de sang, de souffrance et de scènes macabres -ce qui est à mon goût mais pas à celui de tous- mais ses personnages semblent issus du registre du roman pour adolescents. Ce qui se comprend quand on connaît un peu le passif de l’auteur. Mention spéciale pour Melgoth dont j’ai beaucoup apprécié la présence et qui me donne envie d’en apprendre plus ! Je trouve que le Lys Noir est plutôt une réussite et je le recommande si vous aimez ce genre d’univers. Il a d’intéressantes qualités qui amoindrissent les quelques défauts relevés dans cette chronique.

C’est lundi, que lisez-vous? #7

Bonjour à tous et bonne semaine livresque ! ♥
C’est lundi, que lisez-vous? 🙂
De mon côté, j’ai pas mal carburé la semaine dernière sur mes lectures ! Au programme, ya du manga mais aussi des romans puisque j’ai enfin pu commencer le Printemps de l’Imaginaire Francophone.

Ce que j’ai lu la semaine dernière:

Niveau manga, j’ai continué la série Nozokiana avec les tomes 5 et 6. J’aime toujours bien mais y’a une petite baisse de régime. J’attends de lire le tome 7 pour voir si je continue ou pas! J’ai également découvert deux nouvelles séries: Chronos Ruler et Lyla & la bête qui voulait mourir. Des histoires de qualité pour des séries que je ne vais, pourtant, probablement pas continuer. La première est un shonen et on le ressent beaucoup trop. Ce n’est pas ce que je recherche pour le moment! La seconde a un dessin vraiment brouillon et peu soigné quand il ne s’agit pas des personnages principaux, ce que je n’ai pas apprécié malgré une histoire d’une très grande qualité.

Niveau roman, j’ai commencé le Printemps de l’Imaginaire Francophone avec trois lectures vraiment chouettes ! Les Frontières Liquides de Jérôme Nédélec (du fantastique historique qui prend place dans notre Moyen-Âge du 9e siècle), les Chercheurs du Temps d’Emmanuelle Nuncq (à la frontière entre Doctor Who et retour vers le futur, un one-shot hyper référencé et bien mené sur les voyages temporels) et enfin, Pandémonium d’Aurélie Mendonça (de l’urban fantasy inspirée avec une héroïne qui en jette et ne pense pas avec ses hormones). Je vous ai chaque fois renseigné le lien vers mes chroniques si vous souhaitez en apprendre davantage sur ces différents titres.

J’ai également commencé à lire un ouvrage pour le comité de lecture, dans le cadre de mon stage. C’est toute une expérience, de lire un texte avant son travail éditorial puisqu’il faut réussir à se projeter dans l’avenir, se dire « avec ça ou ça, il peut être publié ». Un exercice dans lequel je débute mais qui a son charme.

Ce que je suis en train de lire:
Project Viper Faceless – Ellen Raven Martin
28055939_1474662062644477_6260982252908790461_n
Souvenez-vous, je vous avais déjà parlé du premier tome. La suite va sortir dans quelques jours et l’auteure m’a proposé spontanément le service presse. Comme j’avais passé un bon moment, j’ai accepté de le lire. J’en suis à 40% du roman et c’est assez sympa, construit comme un jeu vidéo (ce qui n’a rien d’étonnant quand on connait un peu l’auteure). Le seul reproche pour le moment, c’est que je m’y perds un peu. Un petit lexique au début n’aurait pas été de trop pour rafraîchir ma mémoire !

Ce que je vais lire ensuite:
SOS Geek – Tiffany Schneuwly
SOSGeek-CoverGeo-OK-oook
Un des services presses pour mon stage. Je me suis dit que c’était thématique avec la Made In Asia à laquelle je participe du 16 au 18 mars. Si vous comptez y passer, n’hésitez pas à venir me saluer ^_^
Je vous avoue que j’a peur de lire cet ouvrage qui est de la romance fantastique avec une héroïne geek… Parce que l’étant moi-même, je crains les clichés. Toutefois, comme j’avais apprécié le premier tome de Dévore-moi ! de la même auteure, j’ai décidé de me lancer. Nous verrons si j’ai eu raison !

Et vous, qu’allez-vous lire cette semaine? ^_^

#PLIB2019 Pandémonium – Aurélie Mendonça

preview
Pandémonium est un one-shot fantastique écrit par l’auteure française Aurélie Mendonça. Publié aux éditions du Chat Noir dans la collection Féline, ce roman coûte 19.90 euros.
Ce roman a été sélectionné pour le #PLIB2019. #ISBN9782375680643.

Parmi les nouveautés du Chat Noir pour le début d’année, Pandémonium est certainement celle que j’attendais avec le plus d’impatience. Déjà, la couverture magnifique (signée Émilie Garcin) a attiré mon regard. Oui, j’ai des petites pulsions superficielles comme ça… Ensuite, son sous-titre: requiem pour un croque-mort. Je me voyais déjà suivre un personnage dont la mort est le métier et là-dessus, je n’ai pas été déçue en découvrant la quatrième de couverture ! Tous ces éléments, en plus de proposer un bel objet livre, m’ont convaincue d’acheter ce roman à la foire du Livre de Bruxelles. Et ma bookjar a été assez aimable pour me le sortir assez tôt dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone.

Cette histoire est donc celle d’Elena, une thanatopractrice. Pour sauver l’âme de sa grand-mère des Enfers, elle passe un pacte avec la déesse Hela et devient sa Passeuse. Sa mission, c’est de faire en sorte que chaque âme destinée à Nilfheim arrive à destination et cela, sous couvert de son entreprise de pompe-funèbre, Pandémonium. Hélas pour elle… Les choses vont commencer à se gâter. Forcément.

Si le pitch paraît assez banal au premier abord, ce roman est néanmoins remarquable sur plusieurs points.

Déjà, tout l’aspect « industrie mortuaire » est très bien documenté. Ce n’est pas juste une façade « pour faire cool ». L’auteure a effectué des recherches sérieuses et nous explique, à travers le personnage d’Elena, comment on embaume un corps, comment on gère les familles en deuil, une entreprise comme la sienne, etc. Le récit est parcouru d’anecdotes vraiment réalistes, à tel point que j’en suis venue à me demander si l’auteure n’avait pas elle-même officié dans ce métier. Je ne m’y connais pas bien en la matière mais j’ai trouvé cela très crédible et intéressant. En plus de la technique, le roman offre également une réflexion profonde sur la mort et sur le processus de deuil. Deux thèmes importants et pourtant, souvent tabous dans notre société.

Ensuite, le personnage de Lilith. D’accord, c’est la grande méchante de l’histoire et franchement, elle est plutôt clichée par moment Mais elle a de bonnes réflexions, au point de provoquer l’admiration de l’héroïne elle-même. Lilith, au fond, c’est une femme qui a refusé de se satisfaire de son destin, qui a voulu se battre pour obtenir mieux et ça a quelque chose de remarquable. Puis, je n’ai pas la citation exacte, mais en gros, elle fait même remarquer à l’héroïne qu’elle n’a franchement pas besoin que Lucifer donne ses fesses pour elle et qu’il serait peut-être temps qu’elle se décide à se défendre toute seule. Surtout qu’elle en a les moyens. Et… Mon dieu MERCI POUR CA ! Le nombre d’héroïnes qui se cachent derrière leur beau gosse et se bougent les fesses pour des raisons stupides… C’est génial, d’en suivre une qui ne pense pas avec ses hormones.

Finalement, Pandémonium s’avère être un roman « de femmes ». Hela, Elena, Lilith, Morgane. Ce sont elles qui comptent et entre elles que va se régler toute l’intrigue. Pour autant, des personnages masculins sont présents mais pas écrasants et l’absence d’une intrigue amoureuse active aide beaucoup à ne pas considérer les protagonistes comme deux éléments d’un couple au lieu de deux êtres à part qui ont une existence propre en dehors de leur sexe. Pandémonium est, à ce niveau, très équilibré et ça m’a vraiment plu.

Enfin, toute la mythologie que l’auteure place dans son histoire est admirable. Le concept des Enfers (au pluriel !) est très intéressant, le mélange des mythologies également, le respect de toutes les religions, de toutes les confessions… Avec une histoire dynamique et prenante, Aurélie Mendonça nous pousse à réfléchir sur des sujets importants, attire notre attention sur des éléments qui paraissent anodins, mais ne le sont pas tant que ça.

À tout ceci s’ajoute des personnages attachants. L’héroïne, Elena, est géniale. Ce n’est pas une pauvre fille en manque tiraillée entre deux beaux gosses (merci mon dieu, le retour). Ce n’est pas une romance ou de l’urban fantasy bas de gamme. L’auteure traite des thèmes importants et offre un personnage en deuil auquel on s’identifie immédiatement. Je dois même avouer que sur le premier chapitre, j’ai eu les larmes aux yeux et ça chamboulera probablement toutes les personnes qui ont perdu leur grand-mère et qui en étaient proches. Parvenir à provoquer de tels sentiments après seulement quelques pages, je dis chapeau. D’autant que ça m’a aidée à m’identifier tout de suite à Elena.
Parmi les autres personnages, j’ai envie de tous les citer. Les Corbeaux, Morgane, la part belle laissée aux animaux: Ghost, Garm, Freyja. Les divinités infernales. Les fantômes aussi, mention spéciale à Mme Franquin qui est juste trop chouette.

En bref, j’ai vraiment passé un excellent moment dans l’univers de Pandémonium. C’est un roman punchy écrit à la première personne par une plume maîtrisée et immersive. J’ai du mal à lui trouver des défauts, en dehors de quelques coquilles encore présentes dans le livre. Le format one-shot propose une intrigue dynamique, la mythologie est inspirée, les personnages sont attachants… C’est un page-turner qu’on termine vite et sur lequel on devrait réfléchir quelques minutes à la fin de notre lecture, pour bien s’imprégner du contenu (pas tant de l’histoire en elle-même que les messages et les réflexions proposées par l’auteure). Aurélie Mendonça a travaillé deux ans sur ce titre et c’est une belle réussite. Un ouvrage soignée pour une auteure que j’ai été ravie de découvrir. Je vous en recommande très chaudement la lecture !

Les chercheurs du temps – Emmanuelle Nuncq

les-chercheurs-du-temps-1038011

Les Chercheurs du Temps est un one-shot fantastique écrit par l’auteure française Emmanuelle Nuncq et publié chez Séma Éditions au prix de 15 euros dans la collection Séma’gique. Et je vous le précise parce que le jeu de mot me fait toujours rigoler :3 Je remercie Séma Éditions pour ce service presse qui m’a enfin permis de découvrir un petit morceau de leur catalogue (non, ce n’était toujours pas fait, honte sur moi !)

Le concept de ce roman est plutôt simple: le professeur Clarence Fertennant a créé des chaussures qui permettent de voyager dans le temps et s’en sert pour explorer l’Histoire. Ponctuellement, il invite des étudiants en fin de thèse à le suivre, afin qu’ils puissent étudier leur sujet directement sur le terrain. Ce ne sont pas systématiquement des étudiants en Histoire, certains s’intéressent à l’économie, la sociologie, ou même la littérature. Le concept de base m’a directement attirée, même si j’ai toujours un peu peur d’aborder la thématique du voyage dans le temps. Elle me fascine et m’effraie à la fois parce que, mal maîtrisé, c’est une catastrophe. Pourtant, comme dans sa trilogie Palimpsestes, l’auteure pose des règles intelligentes et, je trouve, cohérentes, à son univers.

Dans ce roman, nous suivons les personnages de Clarence et Roxane. Clarence incarne le professeur qui nous explique les règles du jeu et Roxane, de son côté, est une étudiante en lettres modernes. J’ai immédiatement accroché à ce personnage spontané, drôle et passionné. Comme souvent, je me retrouve aisément dans les héroïnes d’Emmanuelle et cela m’aide à rentrer dans l’intrigue. J’ai un peu moins apprécié le personnage de Clarence, surtout à cause de ses choix finaux (non mais franchement ?!), que je ne peux évoquer en profondeur sans spoiler. Il reste intéressant et son passé pose beaucoup de questions, même lorsqu’on termine ce livre. Comment en est-il venu à cette invention, par exemple? Comment a-t-il précisément établi les règles du voyage dans le temps? Quels autres évènements l’ont marqués? J’aimerai beaucoup lire un roman sur ses aventures, même si on en connait, du coup, déjà la fin.

Outre nos deux héros, nous traversons une quantité d’époques différentes. Si le contrat passé entre Clarence et Roxane est supposé les cantonner à la littérature française moderne, ils effectuent tout de même des voyages en Angleterre ou même plus loin dans le passé, par simple curiosité culturelle. Nerval, Baudelaire, Dumas, Bergerac, Brocéliande, Shakespeare, Louis XIV, Poe… Comme pour le premier tome de Palimpsestes, je suis presque effrayée de découvrir à quel point Emmanuelle et moi avons les mêmes références et apprécions les mêmes époques. Ce fut un ravissement de croiser certaines figures historiques, de lever (dans le cadre de la fiction) le voile sur de nombreuses mystères littéraires. Les Chercheurs du Temps est très clairement un roman hyper référencé et on peut saluer la recherche (ainsi que la culture personnelle) de l’auteure.

Principalement axé sur l’aventure et la découverte historique, les Chercheurs du Temps ne passe pas à côté d’une petite romance qui, heureusement, ne prend pas toute la place dans le récit. Ce dernier se conclut d’ailleurs en ouvrant sur Bordemarge, un autre roman de l’auteure, publié chez Castlemore (et qui est dans ma liseuse). Notez que les livres d’Emmanuelle peuvent se lire indépendamment, mais qu’ils sont tous reliés par divers clins d’œil subtils disséminés au fil du texte. C’est quelque chose que j’aime beaucoup chez un auteur, déceler le fil rouge qui relie son imaginaire. Autant dire que je suis, ici, ravie.

L’écriture des Chercheurs du Temps est simple et fraiche. Elle sert une intrigue parfois un peu rapide mais qui se conclut d’une manière aussi intéressante que frustrante. Divisée en différents épisodes, cette œuvre a très clairement un côté Doctor Who, qui ravira les adeptes de la série, mais pas que. Cela permet une lecture rapide (presque d’une traite dans mon cas) qui remplit à merveille son rôle de divertissement.

Pour résumer, les Chercheurs du Temps est un page-turner fantastique qui traite avec intelligence du voyage dans le temps. Les recherches historiques effectuées par l’auteure permettent de parsemer le récit d’innombrables anecdotes intéressantes. Elle se réapproprie l’Histoire et l’histoire littéraire d’une manière qui, chez moi du moins, fait mouche. C’est un excellent divertissement tout public qui est parfait pour découvrir cette auteure une première fois, d’autant qu’il s’agit d’un one-shot. N’attendez plus !

L’armée des veilleurs #1 les frontières liquides – Jérôme Nédélec

Frontières_Liquides_C1

Les Frontières Liquides est le titre du premier tome de l’Armée des Veilleurs, un roman à vocation transmédia écrit par l’auteur Jérôme Nédélec. Ce livre est disponible au format papier chez l’éditeur Stéphane Batigne (que je ne connaissais pas du tout) au prix de 24 euros. Je remercie l’auteur pour l’envoi spontané de ce service presse en numérique après que j’ai manifesté mon intérêt sur la chronique d’Albédo (que je vous invite à découvrir, du même coup).

Les Frontières Liquides est un roman compliqué à classer. Au premier abord, nous mettons les pieds dans le genre historique. Placé au 9e siècle, ce roman retrace la bataille de Questembert. Je vous le dis tout de suite, mes compétences historiques sont plutôt développées après le 14e / 15e siècle. Le Moyen-Âge, j’ai les bases comme toute universitaire qui se respecte mais je n’avais jamais entendu parler de cette bataille avant de lire ce roman et je remercie Albédo pour les informations là-dessus.
Toutefois, nous soupçonnons rapidement la présence d’éléments fantastiques (qui se confirment), à travers la présence de cette mystérieuse petite fille et les chapitres qui lui sont consacrés. Le mélange des deux est, à mon sens, réussi et bien maîtrisé. Il frustrera certains puristes mais ravira les amateurs de nouvelles expériences.

Pour le côté historique, il est évident que l’auteur a travaillé son sujet en profondeur. Il maîtrise l’Histoire, les conditions sociales de l’époque, les titres, les connaissances culturelles, les armes, la stratégie militaire, sans pour autant nous abrutir sous une tonne de détails inutiles. Cette recherche donne au roman un côté très réaliste et prenant. Par exemple, l’un des héros s’intéresse à la manière de construire une flèche, quand ils se préparent au siège, et ça nous permet de prendre toute l’importance de ce petit objet. L’aspect guerrier est bien développé, d’ailleurs deux héros sur trois appartiennent à cette caste, et ce n’est pas pour me déplaire.

Quelques mots sur les protagonistes et sur la narration. Celle-ci est divisée en trois points de vue: celui du second de Luern (son prénom m’échappe, étrangement, je crois qu’il n’est pas cité ?), celui d’Hasten (le demi-frère du chef viking) et enfin, celui de la petite fille. Ce choix narratif est intéressant parce qu’il évite le parti pris. Il permet au lecteur de comprendre les motivations des « barbares païens » et d’assister à ce qui se passe du point de vue des chrétiens (qui, franchement, ne valent pas beaucoup mieux ). Ainsi, l’auteur évite tout manichéisme et je l’en félicite.
Via la petite fille, le lecteur obtient une vue d’ensemble et des informations qui ne font qu’engendrer davantage de questions. Cette dernière apporte la touche de fantastique évoquée plus haut et reste très mystérieuse. La fin du roman nous indique que le tome suivant, comme de juste, nous en apprendra davantage, laissant le lecteur à la fois curieux et perplexe.

Si l’alternance de point de vue est l’une des forces de ce roman, je trouve qu’elle apporte également un peu de faiblesse car certaines parties avancent plus rapidement que d’autres, ce qui oblige le chapitre suivant à commencer un peu en arrière, pour expliquer ce qui se déroulait dans le camps concerné au moment de la scène précédente. Si on manque de concentration, cela peut perdre. De plus, certains dialogues sonnaient un peu trop contemporain à mon goût, avec l’utilisation de termes trop récents. C’est un détail et quand on lit les scènes, ça ne choque pas en soi. Je me suis simplement fait la réflexion à quelques reprises et ça me paraît important de le souligner. C’est un peu dommage, vu les efforts réalisés par l’auteur pour utiliser les noms de lieux de l’époque ou encore certaines expressions. Je pense que ça contribuera, pour certains, à rendre le roman plus accessible. J’insiste sur le fait que ça ne m’a pas gâché ma lecture, loin de là! Mais ce détail pourrait gêner certains puristes.

Comme je vous le disais plus haut, le narrateur change à chaque point de vue mais l’auteur a opté pour une narration à la première personne. Je ne vois pas cela souvent et ça a été une bonne surprise car un tel choix esthétique renforce l’empathie provoquée par les protagonistes et l’implication du lecteur dans les différents camps qui composent cette histoire. Outre les héros, plusieurs personnages sont très intéressants et plus particulièrement ceux du moine et du guérisseur. Je ne doute pas qu’ils auront leur rôle à jouer dans la suite des évènements, ce qui me réjouis.

En bref, Les Frontières Liquides fut une excellente découverte. Je n’attendais rien de ce livre, ne connaissant pas l’auteure, et j’ai été agréablement surprise par sa qualité littéraire tout autant qu’historique. Jérôme Nédélec maîtrise chaque pan de son histoire historico-fantastico-militaire. Il nous propose ici le premier tome d’une trilogie prometteuse qui mérite d’être suivie avec attention. Je vous le recommande !

Ma PAL #PIF2018 & #Imaginales2018

Bonjour à tous !
Comme vous le savez, je participe pour la deuxième année consécutive au Printemps de l’Imaginaire Francophone, organisé par Monde-Fantasy. Je vous invite à lire mon article sur le sujet pour savoir de quoi il s’agit. J’ai également rejoint le challenge #Imaginales2018 qui se marie très bien avec le premier. Pour ce challenge, par contre, j’ai opté pour le palier Orc Affamé avec la consigne Chaudron Diabolique ! Donc je vais lire 8 livres d’auteurs présents aux Imaginales.

Je vous présente donc officiellement ma PAL :

Les défis que je me suis choisie pour le #PIF2018:
Lire un-e auteur/-trice belge francophone: Les souffleurs de rêve #1 – Bérengère Rousseau
Lire un-e auteur/-trice suisse francophone: SOS Geek – Tiffany Schneuwly (Livr’s)
Lire un livre en rapport avec le vent ou l’air (dans le titre) : La Magie de Paris tome 2: le calme et la tempête – Olivier Gay
Lire un livre d’au moins 500 pages : Les illusions de Sav-Loar – Manon Fargetton
Ne lire que des romans et des nouvelles.
Lire un livre auto-édité: Project Viper #2 Faceless – Ellen Raven Martin
Lire un livre d’une petite maison d’édition: Pandémonium – Aurélie Mendonça (Chat Noir)
Lire un récit avec une héroïne: Kayla Marchal #2 (l’Ascension) – Estelle Wagner. (Chat Noir)
Lire une suite de série: Palimpsestes #3 – Emmanuelle Nuncq (Chat Noir)
Lire une relique de votre PAL: De l’autre côté du mur – Agnès Marot (Intégrale – Lynks)
Lire un livre d’un auteur ou d’une autrice que vous avez découvert-e au cours du challenge: Neph & Shéa #1 – Aline Wheeler

Le reste de ma PAL:
L’armée des veilleurs #1 – Jérôme Nédélec
Les chercheurs du temps – Emmanuelle Nuncq
Rouge Toxic – Morgane Caussarieu
Les seigneurs de Bohen – Estelle Faye
#SeulAuMonde – Céline de Saint-Charle
La Main de l’Empereur #1 – Olivier Gay
Le Grand Siècle #1 – Johan Heliot

Ceux qui entrent aussi dans le challenge #Imaginales2018:
Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye
La Main de l’Empereur #1 – Olivier Gay
La Magie de Paris #2 – Olivier Gay
Le Grand Siècle #1 – Johan Heliot
De l’autre côté du mur (intégrale) – Agnès Marot
Kayla Marchal #2 – Estelle Wagner
Les Illusions de Sav-Loar – Manon Fargetton
Palimpsestes #3 – Emmanuelle Nuncq

J’ai également décidé de ressortir ma bookjar pour ce challenge ! Le concept? Écrire le titre des livres sélectionnés sur un papier, les mettre dans un récipient et tirer au sort sa prochaine lecture. Je me suis rendue compte que ça permettrait l’équité pour tout le monde. Actuellement, le premier à être sorti fut l’armée des veilleurs de Jérôme Nédélec (que je suis en train de lire) ! Et le suivant les chercheurs du temps d’Emmanuelle Nuncq. Que nous réservera la suite? Mystère :3

Au total, il y a donc 17 livres dans ma PAL au lieu des 15 prévus mais je compte bien tous les lire avant la fin du mois de mai. Y arriverai-je? Suspense.

Et vous, participez-vous au PIF? Au challenge Imaginales? Qu’avons-nous en commun dans nos PALs? Certains livres vous intriguent-ils?
Dites-moi tout ♥

C’est lundi, que lisez-vous? #6

Bonjour à tous et bonne semaine livresque !
C’est lundi, que lisez-vous? Pour ma part, j’ai passé la matinée à lire le fil du #payetonauteur et à interpeller les médias belges (à défaut des français, qui se taisent) en espérant que l’affaire gagne en portée sur les réseaux sociaux. Au passage, Livre Paris n’a toujours pas communiqué là-dessus… J’en profite pour vous inviter à faire de même de votre côté, parce que c’est important. Sans auteur, pas de livres !

J’ai lu moins que d’habitude la semaine dernière, d’abord parce que j’ai terminé un livre plutôt épais, ensuite parce que j’ai tout simplement moins eu l’occasion. Je compte bien rattraper ça cette semaine :3

Ce que j’ai lu la semaine dernière:

J’ai enfin terminé le premier tome d’Honor Harrington et ce fut une belle découverte. Ma chronique plus complète est déjà disponible. J’ai ensuite enchaîné avec Harry Potter et la chambre des secrets, dans le cadre du challenge « 1 an pour relire Harry Potter ». Replonger dans cet univers m’enchante toujours énormément, c’est comme un retour dix ans en arrière. N’empêche, j’avais oublié certains détails, comme l’anniversaire de Nick, la Saint-Valentin… Que de scènes épiques coupées au montage du film ! Puis Peeves quoi… Pourquoiiiii n’est-il pas lààààààà? Frustration quand tu nous tiens. Honnêtement, si je m’étais écoutée, j’aurai enchaîné sur le tome 3 directement mais bon, je vais essayer de respecter les dates. Ce n’est pas comme si je manquais de lecture.

Ce que je suis en train de lire:
Frontières_Liquides_C1

Ma première lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone 2018, à savoir le premier tome de « L’armée des veilleurs » (les frontières liquides) de Jérôme Nédélec. L’auteur m’a envoyé le roman en service presse après que j’ai lu une chronique à son sujet sur un blog (comme ça remonte, je ne sais plus lequel, désolée x.x mais si la personne concernée passe par là, qu’elle se manifeste pour que je puisse lier sa chronique dans la mienne ! ) et je lui ai promis de le lire pendant la durée du challenge. J’en suis à 40% sur ma liseuse et je suis agréablement surprise par la qualité littéraire de ce livre, édité chez un petit éditeur que je ne connaissais absolument pas. J’aime beaucoup et je suis presque sûre que ma chronique sera très positive.

Ce que je vais lire ensuite:
les-chercheurs-du-temps-1038011

J’ai encore un service presse dans ma PAL que j’ai reçu au salon du livre de Bruxelles et qui entre parfaitement dans le challenge. Il s’agit des « Chercheurs du temps » d’Emmanuelle Nuncq chez Séma Éditions. Emmanuelle est une auteure dont je connais déjà les écrits (j’ai le dernier tome de sa trilogie Palimpsestes dans ma PAL) donc je ne m’inquiète pas trop, je sais que je vais passer un bon moment. J’ai hâte ! D’autant que ce sera mon premier roman lu chez cet éditeur.

Et vous, qu’allez-vous lire cette semaine? ^_^