La main de l’empereur #1 – Olivier Gay

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La main de l’empereur
est un diptyque de fantasy proposé par l’auteur français Olivier Gay et le préquel des Épées de Glace dont je vous ai déjà parlé sur le blog (tome 1tome 2) Publié chez Bragelonne, vous trouverez ce titre en poche au prix de 7.90 euros.
Ce roman est ma sixième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

La main de l’empereur retrace l’histoire ou plutôt, les origines de la légende autour de Rekk dit « le boucher » personnage phare et favori dans mon cœur depuis son apparition dans le premier diptyque d’Olivier Gay intitulé les Épées de Glace. Le récit commence par sa conception (si si !) et se poursuit par les détails de son enfance. Ceux qui le lisent après les Épées de Glace sauront déjà beaucoup de choses mais le roman n’en perd pas son intérêt pour autant. Au contraire ! Il est plaisant d’enfin pouvoir différencier la vérité de la légende, de retrouver certains personnages croisés d’un cycle à l’autre. Chaque cycle peut se lire de manière indépendante mais je pense qu’il vaut mieux le lire chronologiquement pour conserver l’intensité de certaines scènes. Quand on sait d’avance quel personnage vit ou meurt, ça casse un brin le suspens.

L’action principale se déroule à Koush, pendant la guerre menée par l’Empire pour s’approprier des terres et surtout, des richesses. Si plus ou moins septante pages intitulées « livre 1 » nous racontent comment Rekk est devenu gladiateur, on plonge dans l’enfer de la guerre et surtout l’enfer de la jungle assez rapidement. Cette fantasy militaire est bien maîtrisée par Olivier Gay qui sait s’y prendre pour construire ses scènes de combat. Nous lui connaissions déjà ce talent mais il me séduit à chaque fois par sa minutie quasi cinématographique. Le lecteur n’a aucun mal à s’immerger et à se représenter l’action. Ainsi, c’est une bonne porte d’entrée pour les lecteurs novices en la matière ou ceux qui sont refroidis par le côté militaire en le pensant trop inaccessible. Faites confiance à Olivier Gay pour vous initier !

L’autre grande force de ce titre est, bien entendu, le personnage de Rekk à cheval entre l’humain et le démon, porteur de cette naïveté et de cet honneur touchant qui ne le rendent pourtant pas infaillible. Grâce à une multiplication des points de vue, l’auteur assiste, impuissant, aux manipulations et les souffrances dont le pauvre guerrier est victime jusqu’au final de ce premier tome qui, bien qu’un peu prévisible, donne quand même de sérieuses envies meurtrières. C’est le style de l’auteur qui donne toute sa saveur au personnage, son swag malgré son côté invincible. La petite touche magique signée Olivier Gay (il n’existe pas de mot de vocabulaire pour la désigner !) qui parvient à mélanger les scènes poignantes et horribles, les répliques mordantes et drôles, pour arriver à un équilibre surprenant. La signature des grands.

Après, on ne va pas se mentir, l’intrigue ne déborde pas toujours d’originalité et Olivier Gay donne parfois trop rapidement les clés du récit que pour mettre en place un suspens efficace. On détecte rapidement les vrais méchants et les grands manipulateurs, ça manque peut-être un brin de nuance quoi que certains personnages ne manquent franchement pas de culot (je me tais pour ne pas spoiler mais le coup du stylet et de la lettre: énorme !) Cela n’empêche pas le lecteur de tourner les pages avec avidité, emporté par le style sans fioriture de l’auteur, aussi brut que Rekk peut l’être et aussi précis que les pas du Danseur Rouge dans son dernier duel. Olivier Gay abhorre les digressions et on l’en remercie car il offre ainsi un page-turner d’une redoutable efficacité qui me donne envie d’enchaîner immédiatement sur le second tome pour avoir le fin mot d’une histoire que je connais pourtant déjà ! Merveilleux non? C’est la magie de cet incontournable auteur du paysage SFFF francophone.

En bref, la main de l’empereur est une fantasy divertissante et bien menée. Elle reste classique dans son intrigue mais son héros a un je-ne-sais-quoi de spécial qui le rend incroyablement attachant. Le lecteur se retrouve embarqué dans les filets d’Olivier Gay (une fois de plus !) et y prendra probablement beaucoup de plaisir. Autant que moi, j’espère. Je le recommande à tous les amateurs du genre mais aussi aux novices car ce titre me parait être une très bonne porte d’entrée dans la fantasy réaliste, inspirée de l’empire romain et militariste juste comme il faut pour convenir à tous.

La Magie de Paris #3 Ici et Ailleurs – Olivier Gay

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La Magie de Paris est une trilogie d’urban fantasy écrite par l’auteur français Olivier Gay et éditée chez Castelmore au prix de 14.90 euros le tome. Ce troisième tome, intitulé « Ici et ailleurs » complète la saga.
Ce livre entre dans le cadre du challenge s4f3 organisé par Albédo !

Souvenez-vous, je vous avais déjà parlé de cette saga ! Le premier tome « Le Cœur et le Sabre » a été un coup de cœur justement. Je me suis immédiatement identifiée à Chloé, l’héroïne, et je trouvais l’univers très prometteur. Le second tome « Le Calme et la Tempête » a confirmé mon ressenti. Du coup, j’entamais le troisième opus avec une totale confiance. Et je n’ai pas (trop) été déçue !

Dans ce troisième tome « Ici et Ailleurs » l’action s’enchaîne très (trop ?) vite, surtout à la fin. Chloé, Thomas, David, Cassandre et Nour se retrouvent dans le monde derrière la Faille et toutes leurs certitudes vont être remises en question. L’auteur éclaircit les dernières zones d’ombre autour de l’univers et propose un opus un peu plus sombre dans le traitement de l’intrigue. Ça bouge tout le temps, on retrouve de la torture, des morts violentes, même une ébauche de rapport sexuel, ce qui offre un roman pour adolescent résolument plus… Adulte, ironiquement? Si j’ai trouvé le rythme parfois trop rapide et certains éléments trop peu approfondis, j’ai été satisfaite par le déroulement de ce troisième tome puisque je ne savais absolument pas à quoi m’attendre en le lisant.

L’univers créé par Olivier Gay est assez riche et inspiré. Découvrir ce qui se cachait derrière les Failles a été une bonne surprise et a souvent prêté à sourire, même si ça ne révolutionne pas le genre.

J’ai, hélas, ressenti un goût de trop peu. Si Chloé est fidèle à elle-même, les personnages qui gravitent autour m’ont donné une impression de superficialité qui n’était pas présente dans les deux autres tomes. Je me suis sentie moins immergée même si j’ai apprécié l’évolution de sa relation avec Thomas et avec David. Au final, l’auteur a pris une direction vraiment intéressante et n’a pas cédé à la facilité. C’est dommage qu’il n’ait pas écrit une cinquantaine de pages supplémentaires, pour prendre le temps de poser un affrontement final un peu moins « facile », je crois que ça aurait fait toute la différence.

Globalement, ce troisième tome est davantage un bon divertissement qu’un réel coup de cœur. Il offre une conclusion à une saga qui commençait très bien et qui s’est malheureusement un peu essoufflée. Peut-être que deux tomes auraient pu suffire? Il ne reste pas moins qu’Olivier Gay signe une bonne trilogie à destination d’un public ado / jeune adulte, bourrée de références pop-culture et d’action dans un Paris contemporain mais teinté de magie (au sens propre !). Le personnage de Chloé vaut le détour et la façon dont l’auteur traite les relations entre ses personnages mérite d’être soulignée. Je recommande cette saga à tous les fans d’urban fantasy qui ont envie d’une bouffée d’air et d’un moment de détente addictif !

Le noir est ma couleur #1 le pari – Olivier Gay

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Le noir est ma couleur est une série en actuellement cinq tomes écrite par l’auteur français Olivier Gay et publiée chez Rageot. Primée à plusieurs reprises depuis 2015, une réédition est en cours chez l’éditeur avec de nouvelles couvertures (si on me demande mon avis, les nouvelles m’attirent beaucoup plus que les anciennes qui faisaient trop « jeunesse » à mon goût pour un roman qui ne l’est pas tant que ça). C’est grâce à cela que j’ai entendu parler du roman pour la première fois ! Vous les trouverez désormais au prix de 14.90 euros, partout en librairie. Pour info, il s’agit d’une série d’urban fantasy à lire dès 14 ans.
Je tiens à remercier NetGalley (et Rageot) pour ce service presse, que je lis dans le cadre du #NetGalleyChallengeFR.

Vous le savez, ce n’est plus un secret, j’aime beaucoup les romans d’Olivier Gay. Que ce soit sa fantasy médiévale ou urbaine, je prends toujours un grand plaisir à dévorer ses livres et celui-ci ne fait pas exception.

Le noir est ma couleur raconte l’histoire de Manon et Alexandre. Elle est une adolescente de 15 ans, première de la classe et pas très sociable, qui doit cacher ses pouvoirs magiques. Lui est un garçon normal, un redoublant de seize ans qui aime la boxe et s’enfonce dans une mauvaise voie. Ils n’ont rien en commun mais quand Manon refuse de laisser Alexandre copier ses réponses au contrôle de math, il se décide à lui donner une leçon. Une leçon qu’il va regretter…

J’étais au départ mitigée au sujet d’Alexandre. Il me donnait envie de lui coller une paire de claque, avec ses réflexions débiles et sa manière de considérer les autres. Puis je me suis rendue compte qu’en fait, les garçons de seize ans sont comme Alexandre. Beaucoup, en tout cas. Et que même si c’est un con, il n’entre pas non plus dans la catégorie « cas désespéré ». Je l’ai trouvé de plus en plus nuancé au fil des pages, de plus en plus crédible aussi. Finalement, je me suis plus attachée à lui qu’à Manon qui, même si elle est touchante, m’intéressait un peu moins finalement (le comble !).

Comme toujours, les personnages d’Olivier Gay sont assez remarquables et attachants. Ici, on retient surtout ses héros mais je suis sûre que d’autres protagonistes vont apparaître dans les tomes suivants, ou avoir droit à un développement plus profond.

Quelques mots sur l’univers: nous évoluons en Île-de-France, dans le quotidien d’adolescents qui fréquentent le lycée. C’est cette ambiance qui domine, même si la magie est présente à travers Manon, qui doit subir les attentions désagréables d’Ombres envoyées par un Mage Noir pour l’enlever. À ce propos, j’ai trouvé le système de magie moins original que dans la Magie de Paris, mais il reste sympa. Simple, compréhensible et dynamique.

Je me rends compte que je n’ai pas grand chose à dire sur ce livre que je n’ai pas déjà dit sur d’autres chroniques concernant l’auteur. Il reste fidèle à lui-même donc si vous appréciez son style, vous ne pourrez qu’aimer ce roman qui n’offre pas une révolution dans sa bibliographie mais reste dans la lignée de ses page-turners addictifs au possible. Pour preuve, j’ai lu Le noir est ma couleur en 24h… L’auteur nous propos des personnages adolescents crédibles dans une aventure prenante, avec un univers bien pensé, soigné, hyper référencé côté pop culture, le tout sous une plume toujours aussi addictive. Comme chaque fois avec cet auteur, ce roman est une réussite et je me réjouis de le voir aux Imaginales pour me procurer la suite !

La Magie de Paris #2 le calme et la tempête – Olivier Gay

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La Magie de Paris
est une saga à destination d’un public adolescent écrite par l’auteur français Olivier Gay. Rappelez-vous, je vous ai déjà parlé du premier tome ! Elle est éditée chez Castlemore au prix de 15 euros par tome.

Olivier Gay est un auteur que je n’ai plus besoin de présenter. J’en parle souvent sur mon blog puisque j’ai lu plusieurs de ses romans et que j’en ai encore deux qui attendent dans ma liseuse. J’apprécie beaucoup sa plume, son humour, ses univers et ses personnages. Je trouve qu’il a énormément de talent et qu’il fait partie des auteurs marquants de cette génération. Non, il ne m’a pas payé pour que je dise ça :3 (même si j’attends mon chèque aux Imaginales) Mais bref, venons en au sujet qui nous préoccupe à savoir, ce fameux tome 2! Et ce même si c’est difficile de parler d’une suite sans trop spoiler le contenu. Je vais tâcher de m’y atteler.

J’avais déjà adoré le premier, pour plusieurs raisons. Déjà, l’héroïne, Chloé, dont je me sens très proche parce que nous partageons beaucoup de points communs. Ensuite, les personnages secondaires qui vivent autant que le personnage principal. Thomas est génial avec son amour, David m’intrigue, Nour est l’amie que j’aurai aimé avoir, Clélia m’agace, Cassandre provoque en moi des pulsions de meurtre et je ne vais pas parler de Mickael… Tous nous font ressentir quelque chose, ce qui s’apparente à un tour de force. Ce sont majoritairement des adolescents et à mes yeux, ils sont plutôt réussis. Je me retrouve à l’école, quand je le lis. Le même genre de feintes un peu pourries, de dynamiques sociales, c’est dingue ! On a l’impression que l’auteur a quitté le Lycée hier et c’est rare un traitement aussi juste et aussi peu condescendant de l’adolescent par quelqu’un d’adulte, de nos jours. Chapeau.

Ah et au passage, après la scène dans la pièce secrète, je suis définitivement Team Thomas. Enfin un personnage dans ce genre de littérature qui a de la fierté et du respect de lui-même ! J’en dis pas plus, mais vous comprendrez.

L’univers est toujours aussi bien construit et exploité. La façon dont on use de magie me plait vraiment (et me donne envie de chanter des comptines débiles). C’est original, bien pensé. L’intrigue ne ralentit pas et ne souffre d’aucune longueur. Un nouvel antagoniste apparaît, lié à celui du premier tome, ce qui permet de relancer l’intrigue sur les chapeaux de roue en plus du fameux « problème » de Chloé (pas de spoil j’ai dit). Tous les compliments adressés au premier tome sont valables également pour cette suite, qui est à la hauteur du ton donné par Olivier Gay à sa saga. J’essaie, je cherche, mais je ne trouve pas un seul bémol à mes yeux. Je me suis totalement éclatée en lisant ce tome et je l’ai fait presque d’une traite. On peut parler de coup de cœur ! La Magie de Paris reprend tout ce que j’aime généralement dans une saga de ce genre, passe à côté des clichés, propose des personnages travaillés avec une écriture soignée, que demander de plus?

Si la Magie de Paris est destiné à un public adolescent, aucun doute que les adultes y trouveront aussi leur compte. Les références pop cultures glissées habilement au long du texte l’enrichissent et provoquent parfois (ok, souvent) de francs éclats de rire. La personnalité que l’auteur laisse transparaître en salon se retrouve fortement à chaque page et c’est une réussite.

En bref, je vous recommande très fortement non seulement cette saga mais aussi Olivier Gay de manière plus générale, qui a d’autres œuvres plus adultes à son catalogue. Je vous renvoie à ma chronique sur les Épées de Glace (tome 1tome 2) et sur la série Fitz pour vous donner une idée. Bien vite les Imaginales pour la sortie du tome 3 de cette super aventure ♥

Mais je fais quoi du corps? – Olivier Gay

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Mais je fais quoi du corps? est le troisième tome de la série Fitz, écrite par Olivier Gay, mais qui a la particularité de proposer des tomes à lecture indépendante. Et c’est une chance parce qu’une petite voleuse m’a dérobée le tome 1 juste sous mon nez (coucou Sonia si tu passes par là :3) Cette série est publiée aux éditions du Masque en format poche au petit prix de 6.90 euros. Il s’agit de littérature contemporaine, un peu policière / action qui se déroule à Paris.

J’ai commencé à lire Olivier Gay avec son diptyque les Épées de Glace (un coup de cœur) et j’ai eu la chance de recevoir le premier tome de la Magie de Paris en service presse, un roman avec lequel j’ai passé un très bon moment. Je connaissais donc déjà l’auteur dans deux genres différents et j’avais très envie de le découvrir dans du contemporain même si, jusqu’à Ménétrol, j’ignorais qu’il en écrivait.

Cette lecture ne fait que renforcer mon impression sur Olivier Gay, à savoir que c’est un très bon auteur avec beaucoup de talent pour les intrigues et les personnages bras cassés qui sont pourtant attachants. J’ai adoré Fitz, parce qu’il n’a justement rien du héros classique ni même de l’anti-héros classique. C’est un petit dealer de coke parisien qui fait sa vie tranquillement et qui se retrouve embarqué dans des histoires qui le dépassent. Il n’est pas forcément très futé, prend de (très) mauvaises décisions (mais pas que, heureusement il a une bonne étoile !) et finalement, tout ça le rend très humain. Que ce soit sa relation avec Deb ou son ex Jessica, son amitié avec Moussah, la façon dont il s’inquiète des autres tout en réussissant à garder quelques touches de superficialité au milieu de tout ce chaos (c’est important les belles chemises quand on risque de mourir, il faut penser au légiste après hein !) c’est, je trouve, un personnage principal très réussi. Il est à la fois simple et complexe, simple parce qu’il pourrait être n’importe qui, complexe parce qu’il n’est pas juste un cliché ou un personnage fonction. Bref, il y a beaucoup à dire sur Fitz mais je vais résumer en: je l’adore !

C’est bien la force d’Olivier Gay: parvenir à nous proposer des personnages qui sont extraordinaires alors qu’on pourrait très bien les croiser au coin de la rue. Fitz n’est qu’un exemple, j’ai aimé son côté branleur qui n’a pas envie de grandir, ses prises de conscience sur sa vie, sur ses relations, et cette certitude, pourtant, qu’il ne changera pas vraiment. J’ai apprécié aussi découvrir une série où il n’est pas nécessaire de lire tous les tomes pour comprendre l’histoire. L’auteur fait, évidemment, des références aux opus précédents mais c’est léger et sans réelle incidence sur l’intrigue en cours, ce qui permet de commencer par le titre qu’on préfère et de lire totalement dans le désordre.

Dans ce roman, nous retrouvons Fitz qui est forcé de quitter un dîner de famille pour livrer un client très spécial. Pas de bol, le client en question lui a posé un lapin et il est retrouvé mort chez lui le lendemain. La thèse du suicide est dans tous les quotidiens de Paris, mais alors, pourquoi quelqu’un s’acharne-t-il sur Fitz? Est-ce lié? A quel point est-il dans la merde? Voici, en quelques mots, le pitch du roman. Je sais, ça a l’air vraiment banal comme ça, mais je me suis faite balader comme une bleue tout du long !

En bref, j’ai passé un très bon moment avec ce roman qui m’a permis de découvrir un auteur que j’apprécie beaucoup, sous un nouveau jour. J’ai hâte de le recroiser en salon pour me procurer ses autres ouvrages et je vous encourage vivement à le lire si vous ne l’avez pas encore fait. L’avantage, c’est qu’il écrit dans plusieurs genres (fantasy adulte et sombre, urban fantasy pour adolescents, roman contemporain) et qu’il y aura forcément, dans sa longue bibliographie, de quoi vous satisfaire.

Olivier Gay fait partie de ces auteurs qui laissera, je pense, une marque indélébile dans la littérature imaginaire contemporaine.

La Magie de Paris #1 le Cœur et le Sabre – Olivier Gay

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La Magie de Paris est la nouvelle saga type « ado » de l’auteur Olivier Gay, dont je vous ai déjà parlé avec Les Épées de Glace. J’ai reçu ce premier tome en service presse de la part de Castelmore (via le site NetGalley) que je tiens à chaleureusement remercier pour leur confiance ! La sortie de ce roman est prévue pour le 18 octobre 2017 au prix de 14.90 euros.

Ce premier tome pose les bases d’un univers prometteur. Comme son titre l’indique, nous nous trouvons à Paris, un Paris contemporain du nôtre et nous rencontrons Chloé, une adolescente un peu comme les autres, avec ses réussites et ses problèmes. Elle a seize ans, est trop grande pour son âge, pratique l’escrime depuis qu’elle a huit ans et a la chance d’être sélectionnée pour les championnats régionaux. Alors qu’elle s’entraîne au gymnase le soir, elle assiste à une scène surréaliste: Thomas, un garçon plutôt introverti qui est dans la même classe qu’elle, se fait attaquer par une créature humanoïde (une Goule, comme on l’apprend plus tard). Plutôt que de se cacher, elle décide de l’aider et est gravement blessée dans l’aventure. Dans la panique, Thomas pratique alors un rituel interdit qui va lier Chloé à lui.. Parce que oui, Thomas est un mage.

Nous sommes donc dans un monde où la magie est présente, mais ne vous attendez pas à croiser des baguettes magiques ou des mages à la Fairy Tail. Ici, les incantations sont longues, poétiques (enfin euh…) pas toujours (jamais) pratiques en combat, et c’est la raison d’être des Chevaliers. Cela n’empêche pas le roman de contenir beaucoup d’action, bien maîtrisée. Les duels à l’épée sont immersifs, on sent que l’auteur s’y connait en escrime et peut-être pratique-t-il lui-même. Les références pop culture du roman sont présentes juste comme il faut, sans trop en abuser. Je trouve que Chloé sonne très vrai pour une adolescente et je me suis immédiatement identifiée à elle pour beaucoup de raisons. D’abord parce que je suis moi-même une fille très grande et que j’ai connu les moqueries liées à cet état. Ensuite parce qu’on a eu le même genre d’envies par rapport notamment à d’Artagnan (comment oublier ma première lecture de Dumas?) ce qui me la rend immédiatement sympathique. Heureusement, d’ailleurs, parce que La Magie de Paris est écrit à la première personne, c’est Chloé qui raconte elle-même ce qui lui arrive et c’est agréable de ne pas être confrontée à une héroïne casse-pied, une fille ultra-populaire ou super jolie vers qui tout le monde se retourne ou qui ne pense qu’aux mecs.

Outre la magie, les combats et les références bien placées, la Magie de Paris évoque aussi les situations familiales compliquées, les parents qui ne remplissent pas leur rôle, la nécessité de grandir trop tôt et trop vite, le tout avec justesse, sans jamais tomber dans le mélodrame inutile. Tout est bien dosé et on reconnait sans peine le talent de l’auteur.

Ce roman a beau être destiné à un public adolescent, il séduira sans problème des jeunes adultes ou même des personnes plus âgées pour ses nombreuses qualités. C’est un page-turner, difficile de le lâcher quand on l’a commencé (pour ma part, je l’ai fini en 24h puisque j’ai lu les premières pages hier) et on ne sent pas le temps passer pendant notre lecture. On arrive à la fin et on s’étonne d’avoir déjà avalé deux cents pages (201 pour être précise). Bref, je vous recommande chaudement ce roman car même si je préfère les œuvres plus adultes de l’auteur, celle-ci a de vraies qualités et conviendra à un public beaucoup plus large.

Les Épées de glace #2 le châtiment de l’empire – Olivier Gay

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Le châtiment de l’Empire est le second tome du diptyque « les épées de glace », une saga de fantasy écrite par Olivier Gay et publiée d’abord chez Bragelonne puis en poche chez Milady au prix de 7.90 euros. Cette fois, j’ai acheté ce roman en papier car j’avais vraiment adoré le premier tome ! Et, à l’avenir, j’achèterai tous les romans d’Olivier Gay sous ce format, sans trop m’inquiéter car c’est un auteur qui a su me convaincre.

On retrouve, dans cette suite, tous les éléments qui firent, à mes yeux, le succès du tome 1. D’abord, les personnages. Sans spoiler puisqu’il s’agit de la quatrième de couverture, le roman s’ouvre sur Mahlin, Laath et Shani qui, un peu poussés par Dareen, comptent bien sortir Rekk de prison avant son exécution. Les personnages gagnent en profondeur et en complexité. Si Malhin reste un homme un peu gamin et immature dans le traitement de ses idées et de ses émotions (à l’exception de la scène en haut de la tour qui est juste magistrale) Shani, par contre, s’affirme de plus en plus. Ce personnage féminin a une évolution vraiment intéressante, crédible et bien menée, avec une aura tragique qui ne peut que me séduire. Elle a souvent des répliques qui remettent les pendules à l’heure concernant le statut de la femme en fantasy, sans pour autant tomber dans l’extrême inverse et on peut saluer cet élément, surtout de la part d’un auteur masculin. Je ne dis pas ça par sexisme, mais c’est vraiment agréable d’avoir des personnages féminins forts (Shani et Dareen notamment) qui ne sont pas des canons de beauté, des femmes fatales et naïves. Laath est vraiment mystérieux, on a du mal à cerner ses intentions et j’ai bien aimé son côté très rationnel. Dans ce tome, en plus de Rekk qui continue d’avoir toute mon affection (il m’a fait passer par toutes les couleurs) j’ai particulièrement aimé le personnage d’Eleon dont j’ai bien compris la motivation première, même si ses actes finaux m’ont arrachée quelques larmes.

C’est un univers dans lequel on replonge avec facilité, comme si on ne l’avait jamais vraiment quitté. L’histoire reprend pile là où on l’a laissée et, personnellement, au bout de trois lignes, j’étais déjà de retour à Musheim comme si j’y étais en personne. L’action s’enchaine, l’intrigue suit son cours et je dois avouer que son dénouement m’a surprise. Olivier Gay n’a aucune pitié pour ses personnages, on sent l’influence de G.R.R. Martin qu’on lui associe volontiers dans sa biographie. Et c’est plaisant, parce que, du coup, on ne sait pas qui risque ou non d’y passer ! Rien n’est certain, les héros ne sont pas protégés parce qu’ils sont les héros. Tout peut arriver, c’est angoissant, immersif, et ça nous donne envie d’hurler quand il se passe quelque chose d’irréversible.

Et c’est quand ça arrive que je reconnais volontiers la puissance de la plume d’un auteur. J’étais tellement dedans que je vivais le roman. J’ai pleuré dans la forêt, j’ai été choquée par ce qui se passe « après le retour dans le tunnel » (ceux qui ont lu verront, les autres comprendront) et les derniers mots au sujet de Rekk sont excellemment bien choisis. Quant au chapitre final… OH-MON-DIEU. Je suis sûrement trop naïve, mais je ne l’avais absolument pas vu venir et j’ai trouvé ça tout simplement génial.

Olivier Gay écrit plus que bien. C’est un excellent auteur qui sait ménager ses effets et son suspens. Il propose des personnages attachants dans un univers de fantasy assez classique mais qui se démarque par son intrigue un brin tordue (on a fait pire dans la littérature mais il ne se débrouille pas mal !) et ses scènes de combat immersives, détaillées, sans tomber dans l’excès. Vous le savez, c’est un point capital sur lequel je juge souvent la fantasy médiévale et ce tome dépasse encore le premier en terme de qualité.

Pour conclure, le diptyque « Les épées de glace » est une saga à lire sans crainte d’être déçu. Un élément ou deux sont parfois un peu faciles -sans aller jusqu’au deus ex machina rassurez-vous- mais ce n’est pas trop gênant en soi dans la diégèse du roman. Le pari est réussi, ces deux tomes dépassent le cadre du simple divertissement et permettent de montrer, s’il y a encore besoin de le prouver, que les auteurs français ont vraiment du talent.