Chambre Nymphale – Maude Elyther

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Chambre Nymphale est le premier roman de l’autrice française Maude Elyther. Publié chez Noir d’Absinthe dans la collection Onyria, vous trouverez ce roman en papier au prix de 17.90 euros.
Je remercie la maison d’édition pour ce service presse numérique.
Ceci est ma seconde lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone 2019.

Résumer ce texte est assez compliqué, comme souvent dans les romans oniriques. Du coup, pour cette fois, je vous propose de mettre directement la quatrième de couverture tirée du site de l’éditeur:
« À la suite d’un traumatisme, Otto se trouve confronté à un paysage de désolation et de ténèbres. En proie à ses démons, il évolue dans un univers de sombres fantasmagories, recréant la réalité en l’arpentant dans sa sensibilité, flirtant ou communiant avec la folie. Entre ses instincts archaïques et le Monstre dévorant, la métamorphose opère. »

L’autrice nous emporte dans un univers cauchemardesque au cœur de la folie qui secoue Otto. Elle joue habilement avec le lecteur en le perdant entre les frontières des genres. Du fantastique? Des hallucinations? Difficile de savoir où commencent les névroses et où le surnaturel prend le relais. Les deux restent, au long du texte, intimement liés ce qui offre un roman atypique et expérimental (le terme est utilisé par l’autrice elle-même).

La plume de Maude Elyther est déjà très affirmée et pleine de personnalité. On ressent l’influence des symbolistes et des décadents, à l’instar d’Apostasie quoi que le texte de Maude soit un peu plus moderne et plus jeune. Écrit à la première personne, le lecteur suit Otto durant sa convalescence jusqu’à sa rencontre avec Stéphane. Finalement, Chambre Nymphale est une romance mais pas de débordante de bons sentiments ou d’espoir. On y évoque une relation crue et dure entre deux hommes marqués par des traumatismes et secoués par des pulsions socialement inavouables. Maude articule son récit autour des émotions et offre une réflexion sur la notion si particulière d’identité. Pour en apprendre plus au sujet de Chambre Nymphale et des intentions de l’autrice, je vous renvoie à l’article de présentation sur son blog qu’il serait inutile de bêtement paraphraser dans ma chronique. Tout y est, finalement et c’est presque dommage que tout soit préalablement détaillé sans laisser une vraie place à l’interprétation des lecteurs.

Sur le papier, Chambre Nymphale avait tout pour me plaire car l’autrice partage un certain nombre d’influences avec moi et son interview sur le blog de sa maison d’édition avait titillé mon intérêt. C’est d’ailleurs suite à sa lecture que j’ai demandé le service presse sur Simplement.Pro. Pourtant, voilà, la sauce n’a pas pris et je peux vous dire que ça me désole. Tout est là ! L’autrice est quelqu’un que j’apprécie humainement, mais je suis passée à côté de son texte sans que je puisse me l’expliquer. Je lui décèle de réelles qualités, pourtant il n’a pas su me prendre aux tripes et j’ai déploré certains choix narratifs. Peut-être en attendais-je ? En tout cas, j’ai eu du mal à tourner les pages et à me sentir emportée par le personnage d’Otto. C’est son petit nombre de pages (150 sur ma liseuse) qui m’a fait le lire quasiment d’une traite.

À quoi sert ce billet, du coup? Et bien à vous inviter à vous forger votre propre opinion sur une autrice atypique qui traite de thèmes intéressants. Je persiste à dire que Chambre Nymphale n’est pas un mauvais livre, je suis simplement passée à côté. Je ne doute pas qu’il trouvera son public et je le recommande aux gens adeptes de l’onirisme cauchemardesque et des déviances humaines.

UP / Athnuachan #1 L’Académie – Cyrielle Bandura

Couverture Athnuachan
L’Académie
est le premier tome de la saga Athnuachan de l’autrice française Cyrielle Bandura. D’abord publié en auto-édition, ce roman s’offre une nouvelle version dans la maison d’édition Noir d’Absinthe qui va également publier la suite (wouhou !). Vous trouverez ce roman retravaillé pour l’occasion au prix de 19.90 euros en format papier et 5.99 au format numérique.

À l’occasion de la réédition du roman Athnuachan de Cyrielle Bandura, j’up mon ancienne chronique avec la nouvelle couverture (absolument SUBLIME) signée par Tiphs. Je vous encourage à découvrir ce livre qui souffle un vent d’air frais sur la fantasy française et propose une œuvre à la fois travaillée et engagée. Il s’agit d’un premier roman et vu la qualité de celui-ci, ça laisse présager le meilleur pour la suite.

Il s’agit d’une série de fantasy post-apocalyptique (un peu dans la même idée que les Chroniques de Shannara, donc un retour en arrière de l’humanité après un trop plein technologique) marquée par la mythologie celtique.

Athnuachan nous raconte l’histoire de Sélène, une jeune fille qui a été appelée à l’Académie des Guerrières, supposées protéger Mór-roinn des attaques de Dragons. Sélène n’a jamais aimé les femmes de l’Académie, qu’elle qualifie volontiers de harpies, mais elle ne veut pas faire honte à sa mère et se résout donc à y aller. Ce roman est avant tout l’histoire de son initiation, de son entraînement, de la manière dont elle va mûrir et découvrir les secrets qui entourent son existence. Comme Sélène ignore beaucoup de choses au sujet des Gardiennes, nous découvrons et apprenons l’univers en même temps qu’elle, au travers de ses cours, de ses propres interrogation, ce qui nous permet d’obtenir énormément d’informations et de ne pas se perdre dans la lecture.

Le roman s’étale sur plusieurs années, douze ans exactement. Ne vous attendez donc pas à n’assister qu’à un seul évènement. Sélène a une vie bien remplie ! Je trouve d’ailleurs qu’elle est une héroïne intéressante, profonde et travaillée. Le roman est écrit à la première personne, au passé simple. Nous vivons donc tout à travers ses yeux. Elle n’est pas une gentille petite fille parfaite ni une rebelle sans cervelle qui va mettre tout le monde en danger avec ses caprices. Elle sonne vraie, humaine, elle a ses qualités et ses défauts, toute en nuance. Ses relations avec les autres sont toujours uniques, j’ai eu l’impression d’être transportée dans cet univers avec elle et j’ai trouvé agréable que, pour une fois, on ne nous serve pas une romance entre l’héroïne et son meilleur ami, ou l’éternel triangle amoureux. Il y a bien une relation intime, mais elle n’écrase pas le récit, loin de là. D’ailleurs, les différents passages entre les combats, le développement psychologique et les découvertes diverses sont bien rythmés. C’est assez impressionnant, surtout pour un premier roman.

L’univers d’Athnuachan est très riche. On sent que l’autrice s’est arrêtée sur tous les détails, qu’elle a beaucoup songé à la cohérence de son roman. Il y a un véritable travail derrière qu’on peut saluer. Cela évite à Athnuachan de tomber dans les pièges des premiers romans avec les éternelles facilités scénaristiques. Certains éléments sont plutôt prévisibles, comme l’identité du père de Sélène ou son avenir au sein de l’Académie, mais ça n’empêche pas le texte de nous réserver un sacré lot de surprises.

Pour résumer, Athnuachan est un excellent premier roman. J’ai toujours du mal à croire que c’est le premier, d’ailleurs ! Son récit a une construction assez classique (celui de l’initiation de l’héroïne) mais il est très documenté avec une mythologie qui lui appartient tout en s’inspirant de diverses sources qui raviront, notamment, les fans de mythologie irlandaise. Je le recommande chaudement à tous les amateurs de fantasy. Cyrielle Bandura est une autrice prometteuse qui mérite d’être lue.

Sorcière de chair – Sarah Buschmann

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Sorcière de chair est le premier roman de dark urban fantasy de l’autrice française Sarah Buschmann. Édité chez Noir d’Absinthe, ce one-shot est disponible au prix de 19.90 euros en format papier et 7.99 euros en numérique. Vous pourrez aussi vous procurer ce roman pour les Halliénnales car il sort à cette occasion et l’autrice sera présente.
Ce roman rentre dans le Pumpkin Autumn Challenge pour le menu « Automne Frissonnant » catégorie « Le cri de la banshee » mais également pour le menu « Automne Ensorcelant » dans les catégories « Witches Brew » et « Balai Pattes ! »
Je remercie les éditions Noir d’Absinthe pour ce service presse disponible sur Simplement.Pro !

Ce roman se déroule en Australie. Nous suivons principalement Arabella, une inspectrice qui travaille à la criminelle et se retrouve à enquêter sur une série d’homicide plutôt violents. Ces meurtres ne sont pas sans lui rappeler ceux commis il y a sept ans de cela envers sa propre famille… Le récit oscille entre le passé et le présent, ce qui nous permet de découvrir petit à petit la vérité sur ce qui est arrivé auparavant.

Si le pitch paraît assez banal à première vue, j’ai été surprise de la façon dont l’autrice joue avec le lecteur. Elle brouille les cartes et les indices, nous balade pendant tout le récit. Si par moment on croit deviner certains éléments de l’intrigue, on se rend vite compte qu’on se trompe du tout au tout jusqu’au dénouement final, assez inattendu dans l’ensemble. Je me suis laissée avoir et si je me doutais de quelque chose, je ne m’attendais certainement pas à ça. Soit je deviens naïve, soit l’autrice est douée… Disons les deux? 😉

L’univers créé par Sarah Buschmann est plutôt original. Elle traite la sorcellerie sous un angle assez scientifique, terre à terre, en fournissant des explications biologiques sur la manière dont fonctionne le pouvoir des sorcières. J’ai aimé cette recherche dans son sujet et sa manière de l’exploiter. On sent que l’autrice s’est renseignée en neurologie et qu’elle maîtrise l’anatomie de manière générale.

Difficile de croire qu’on lit un premier roman. L’autrice a une écriture assez mâture qui ne souffre pas des faiblesses de style ou des répétitions habituelles. Si sa plume n’est pas transcendante, elle reste agréable et fluide, elle accompagne bien son texte avec un vocabulaire précis, parfois cru mais dans le ton.

Les personnages ne sont pas en reste et Sarah Buschmann entretient bien son suspens autour d’eux. Les sentiments qu’ils provoquent sont multiples et il est certain qu’ils ne laisseront pas indifférents. Arabella n’est pas une héroïne, loin de là. C’est une femme brisée à la psychologie instable et complexe que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. Si Nolan me paraissait niais et cliché au début, il gagne en profondeur au fil du roman. Eol est aussi répugnant que surprenant, quant à Anaël… Je ne vais pas tous les énumérer pour ne pas vous spoiler l’intrigue mais voilà, vous risquez d’être surpris. L’autrice a l’intelligence de ne pas multiplier inutilement les personnages pour offrir un roman axé sur l’horreur et le psychologique, ce que j’ai apprécié.

L’ambiance du texte est sombre et oppressante. Si j’ai eu du mal avec le début que je trouvais très classique, j’ai finalement été happée dedans. Attention toutefois, il est réservé à un public averti non seulement pour sa violence physique mais aussi psychologique. Son ton ne conviendra pas aux âmes sensibles ni aux grands optimistes. Une aura de destruction, de cynisme et de pessimisme flotte sur ce texte et vous vous en doutez, j’ai adoré ça. Je l’ai déjà dit mais j’ai vraiment du mal à croire que c’est le premier roman de Sara Buschmann. Voilà une autrice prometteuse à suivre avec attention !

En bref, je recommande Sorcière de Chair à ceux qui ont envie d’un roman qui mêle l’enquête policière et l’ambiance oppressante d’une dark urban fantasy maîtrisée. Âmes sensibles s’abstenir car l’histoire d’Arabella n’est pas à mettre entre toutes les mains !

#VendrediLecture (9)

Bonjour tout le monde !
À l’heure où vous lirez ces lignes, je serai plus que probablement (enfin, je prie pour y être et que rien ne m’ait retardée) dans le TGV en route pour Lyon. Et pourquoi? Et bien parce que je participe aux Aventuriales de Ménétrol tout ce week-end sur le stand de l’Ivre-Book. Joie et bonheur. Alors on pourrait se demander pourquoi je passe par Lyon pour aller en Auvergne, simplement parce que je rejoins mes deux meilleurs amis et qu’on y va tous ensemble dans la joie et la bonne humeur.
Si vous vous rendez sur ce salon, j’aurai un badge à l’effigie du blog donc n’hésitez pas à venir me saluer et discuter.
Le roman dont je vous parle aujourd’hui pour ce Vendredi Lecture sortira en avant-première pour ce salon, justement. Alors je vous encourage aussi à visiter le stand des éditions Noir d’Absinthe 🙂

Pour rappeler le concept du Vendredi Lecture: Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

Sorcière de Chair – Sarah Buschmann
Service presse – Noir d’Absinthe

16« Australie, 2016.
Sept ans après un massacre qui a décimé toute une famille, de nouveaux meurtres surviennent à Melbourne. Des homicides si sordides que la Sorcellerie de Chair, taboue depuis les grandes chasses qui ont déchiré le pays, est évoquée.
Pour Arabella Malvo, lieutenant de la brigade criminelle, ils s’avèrent particulièrement déstabilisants. Pourquoi les victimes lui ressemblent-elles comme des sœurs ? Le meurtrier la connaît-elle ? Pourquoi maintenant ? Une chose est sûre : l’abîme qu’elle fuit depuis toutes ces années risque de s’ouvrir à nouveau sous ses pieds. Et cette fois, de l’engloutir pour de bon…»

Ce livre est une nouveauté, il n’a pas encore de page Babelio !
Vous pouvez demander ce service presse sur Simplement.Pro si le cœur vous en dit.

Connaissez-vous cet éditeur ?
Aimez-vous lire les premiers romans de jeunes auteurs?
Serez-vous aux Aventuriales cette année? 🙂

Immortel Ad Vitam – Cécile Pommereau

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Immortel Ad Vitam
est un one-shot dans la veine fantastique écrit par Cécile Pommereau. Réédité récemment chez Noir d’Absinthe, vous pouvez trouver ce roman au prix de 15 euros en papier et 4.99 en numérique.
Ce roman entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne Frissonnant » catégorie « Le fantôme de l’apéro ».
Merci à Noir d’Absinthe pour m’avoir offert ce roman suite au concours organisé pour sa sortie !

Immortel Ad Vitam raconte l’histoire de Fred, un gars un peu paumé et banal avec qui la vie n’a pas été tendre. Ancien pompier, il tue un homme par accident et se retrouve en prison. Quand il en sort, toute sa vie a foutu le camp et il décide de se suicider… Sauf qu’après s’être fait exploser le crâne avec un fusil, Fred revient à la vie comme si de rien n’était.
Mais c’est aussi l’histoire de Jean, un flic pas loin de la retraite qui a la surprise de constater qu’un cadavre s’est tiré de sa scène de crime. Cadavre qui paraît bien vivant quand il le croise dans un bar !
Vous vous en doutez, leurs chemins vont se croiser et ça va faire des chocapics des étincelles.

Ce n’est pas forcément clair en lisant le résumé mais ce roman court est bourré d’humour caustique et noir. Sur 168 pages (en numérique), Cécile Pommereau nous entraine dans le quotidien navrant de Fred, pour qui on ne peut s’empêcher d’éprouver une forme d’empathie. Elle alterne les chapitres et les points de vue, faisant la navette entre Fred et Jean tout en gardant une écriture à la première personne. Malgré des chapitres assez courts, le lecteur n’oubliera jamais dans la tête de qui il se trouve car les deux personnalités sont plutôt bien marquées.

J’ai apprécié de suivre Fred autant que Jean qui sont deux personnages très vivants. J’ai tout de même une préférence pour ce policier bougon et blasé qui se prend d’affection pour Fred. Je pense que certains lecteurs trouveront que la relation type « bromance » qui existe entre eux se construit beaucoup trop rapidement, parce que je me suis fait la même réflexion. Puis, en y réfléchissant, je me dis que vu les circonstances… Ça n’a rien de surprenant.

Immortel Ad Vitam est une œuvre dynamique. Pour preuve, je l’ai lue d’une traite ce matin sans m’ennuyer une seconde. Les pages se tournent avec facilité et on se laisse prendre dans l’intrigue. Cette dernière est plutôt classique: on ignore pourquoi Fred est devenu immortel, comment tout cela fonctionne, alors les protagonistes vont mener une enquête en remontant la piste de celui qui lui a transmis ce cadeau empoisonné. Une piste qui m’a d’abord paru vraiment trop facile… jusqu’à la toute fin. Plus j’approchais des dernières pages et plus je craignais les explications tarabiscotées, les deus ex machina ou un truc cliché au possible. Et finalement… non. Je n’en dirai pas plus mais j’ai vraiment aimé ce que Cécile Pommereau a choisi comme fin. C’était plutôt intelligent, ça montrait une certaine réflexion. Le message que l’autrice choisit de faire passer surprend dans un roman qu’on pourrait, au premier abord, croire exister uniquement dans une perspective de divertissement.

Certains lecteurs auront un goût de trop peu, surtout ceux qui ont besoin de connaître toutes les réponses. À ceux-là, je dis, pas de panique ! Une nouvelle gratuite (que je n’ai pas encore lue) est disponible sur le site de Noir d’Absinthe qui, je n’en doute pas, donnera les explications manquantes sur ce mystère d’immortalité. Du moins, si je me fie au titre.

Pour résumer, Immortel Ad Vitam est une lecture détente. Un chouette petit roman court qui vous mettra de bonne humeur avec des personnages attachants et un rythme maîtrisé. Cécile Pommereau signe une œuvre agréable dont je recommande la lecture pour les jours où le moral n’est pas au beau fixe.