Sous les sabots des dieux #1 – Céline Chevet

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Sous les sabots des dieux
est le premier tome d’une duologie historico-fantastique écrite par l’autrice française Céline Chevet. Publié aux éditions du Chat Noir, vous trouverez ce roman dans la collection Neko au prix de 19.90 euros. 
Je remercie Mathieu, Alison et les éditions du Chat Noir pour ce service presse !

De quoi ça parle ?
Une fois n’est pas coutume, je vais renseigner le résumé de l’éditeur sans quoi tout va se mélanger.
« Corée, VIIème siècle. Complots au royaume de Silla.
La Chine des Tang est plus écrasante que jamais. Comment unifier les Trois Royaumes lorsque qu’il faut se méfier de ses frères autant que de ses ennemis ?
Amour, politique, trahison, vengeance, foi, Haneul va devoir apprendre à se servir des armes qui sont les siennes pour survivre dans cette époque chaotique de l’Histoire, où ses croyances sont mises à mal.
Prêtresse du temple Céleste, élevée au sein du palais royal, elle voit ses dieux se faire avaler par un Bouddhisme de plus en plus influent. Ne cache-t-il pas dans son ombre les sombres desseins des Tang qui veulent s’emparer du pays ?
Alors que Silla est plus fragile que jamais, où ira sa loyauté ? À la famille royale ou à la nation ?Haneul, sa soeur l’empoisonneuse, son amant l’écuyer, Mok le prince bâtard, autant de destins qui vont se croiser autour de cette question tragique…»

Un contexte historique solide.
Je ne sais pas vous mais c’est la première fois que je lis un roman qui se passe en Corée, à plus forte raison au VII siècle de notre ère. Étant plutôt portée sur le Japon, je ne connais quasiment rien à ce pays, son Histoire ou même ses mœurs. Je craignais donc de m’y perdre… C’est pourtant avec plaisir que j’ai découvert tous ces éléments, les figures historiques réutilisées par l’autrice ainsi que les croyances religieuses, la montée du Bouddhisme, les complots de cour, les us et coutumes… Sous les sabots des dieux est très bien documenté et l’autrice distille ces nombreuses informations avec parcimonie, sans jamais alourdir le texte. De plus, le roman s’ouvre non seulement sur une carte mais également sur une généalogie et un résumé du contexte historique dans lequel on se trouve. Tout cela tient sur une double page et permet de renseigner le lecteur de manière directe, sans pour autant l’obliger à étudier un cours d’histoire pour comprendre de quoi on parle. J’ai particulièrement apprécié cet aspect.

Une pointe de fantastique.
Le roman appartient au genre de l’imaginaire par la présence du divin, du mystique. Haneul est une prêtresse du temple Céleste. Cela signifie que, grâce à des rituels, elle parvient à entrer en contact avec les nombreuses divinités de la religion shintoïste ou plutôt, leurs manifestations. Les visions de Haneul sont toujours métaphoriques : elle chevauche un cheval, souvent un étalon, qui l’emmène observer des scènes porteuses d’un double sens qu’elle doit analyser par elle-même. Pour cela, sa mère la soumet à un enseignement assez strict et vaste qui recoupe bien des domaines. Haneul doit être érudite afin de ne pas se tromper sur la signification de ce qu’elle voit… Mais aussi être capable d’adapter ce qu’elle dit à la situation car, parfois, les dieux sont capricieux et restent silencieux. On a donc une réelle présence du surnaturel par l’aspect divin mais aussi, ironiquement, une forme de recul de cet aspect par le comportement de ces dieux qui manquent de clarté dans leur communication. Cet aspect apporte une vraie force au texte qui laisse la part belle à la force des mots. Lorsqu’on referme Sous les sabots des dieux, on se rend compte qu’il a suffit d’une phrase pour que l’Histoire entière bascule. C’est fascinant. 

Des personnages passionnants.
Céline Chevet nous offre une galerie de personnages aussi divers que variés, tous travaillés et maîtrisés. Le lecteur rencontre d’abord Haneul, une jeune prêtresse qui a dédié sa vie à l’Empereur de Jade. Elle est la fille de la Grande Prêtresse même si cette information est tenue secrète. Sa mère a également accouché de Min Jee, qui est sa sœur jumelle et qui exerce quant à elle la profession d’empoisonneuse. Rien avoir donc… Le premier contact avec Haneul dépeint une jeune fille pieuse, naïve, qui entretient une relation platonique avec un esclave travaillant aux écuries, Dokman. La mise en place est réussie, l’héroïne attire la sympathie et on attend avec appréhension de voir ce qui va lui tomber dessus. Son évolution est d’ailleurs assez remarquable et m’a fait passer par tous les états émotionnels, du meilleur… Au pire. Je me suis vraiment sentie concernée par l’héroïne, par ses choix, ses erreurs, c’est la première fois que ça m’arrive depuis un moment.

Le second personnage important du roman est le prince bâtard Mok. Alors que les Tang de Chine étendent leur influence, il craint que Silla ne soit absorbée par cet empire et n’en devienne qu’une province de plus. Il se bat pour son peuple avant tout mais son existence ainsi que ses ambitions défient les conventions sociales acceptables. Le personnage parait rustre et désagréable au premier abord mais on comprend rapidement qu’il a une vraie profondeur ainsi qu’une ambiguïté qui nous oblige à le détester sans pour autant y parvenir totalement. À ce stade je dois lutter contre mon envie d’écrire beaucoup plus à son sujet et de partager avec vous tout ce que j’ai pu ressentir pour ce personnage et son évolution. Une fois de plus, l’autrice n’a eu aucun mal à me faire me sentir concernée par les problématiques de son roman et le destin de ses protagonistes. Chapeau !

Le troisième personnage à prendre de l’importance par la suite des Lee Hyo Jin, un Hwarang (soldat d’élite) qui est aussi l’amant de Min Jee, la jumelle de Haneul. Le lecteur se confronte surtout à lui dans le dernier tiers du roman, ce qui permet de développer l’aspect militaire de l’histoire que j’ai trouvé très intéressant. C’est aussi l’occasion d’introduire l’espion Il Kwon, un personnage assez mystérieux au sujet duquel je me pose énormément de questions.  

Je pensais au départ ne suivre que les pensées de Haneul mais Céline Chevet a opté pour une narration interne où les points de vue s’alternent sans forcément dédier un chapitre entier à un seul personnage. C’est en général quelque chose que j’apprécie moins car j’ai des difficultés à me projeter mais l’autrice a parfaitement réussi à gérer son intrigue. Elle a construit des personnages qui paraissent archétypaux de prime abord mais qui ont en réalité une surprenante profondeur ainsi qu’une évolution cohérente quoi que parfois frustrante. 

Une intrigue bien ficelée.
Les rebondissements s’enchaînent au sein du roman, difficile de reposer l’ouvrage une fois commencé à moins de s’infliger une grande frustration. Commencez-le quand vous aurez du temps devant vous ! Si Sous les sabots des dieux s’ouvre calmement en posant son décor, il continue tambours battants en exploitant divers volets : l’amour, la politique, la guerre, la religion. L’ensemble donne un rendu très riche où tout le monde y trouvera son compte. Les visions de Haneul dans l’entre-monde sont claires et bien décrites. Les scènes de bataille sont maîtrisées avec des ellipses juste où il faut pour renforcer l’aspect évocateur des affrontements. Quant à la politique, les différents éléments sont présentés d’une manière limpide. Impossible de mélanger les noms à consonnance coréenne ou de confondre un personnage avec un autre. C’était ma crainte principale toutefois Céline Chevet a, selon moi, bien géré les différents aspects pour fournir un texte abouti et surprenant. 

Il y a énormément à dire sur ce roman, trop pour une seule chronique, trop pour ne rien divulgâcher de son contenu. J’espère que mon enthousiasme pour ce titre se ressentira suffisamment à travers ces lignes pour vous donner envie de découvrir ce premier tome plus que prometteur et cette autrice talentueuse qui est décidément à suivre. 

La conclusion de l’ombre :
Le premier tome de Sous les sabots des dieux est une véritable réussite sur tous les plans. Céline Chevet emmène son lecteur en Corée, au VIIe siècle pour un roman historico-fantastique qui changera la face des Trois Royaumes ! À travers une galerie de personnages travaillés, l’autrice propose une intrigue solide aux thématiques multiples, maîtrisée de bout en bout. Impossible de reposer ce texte une fois commencé, je l’ai dévoré et je le recommande avec enthousiasme au plus grand nombre. Une nouvelle pépite dénichée par le Chat Noir pour sa collection Neko… Et quelle pépite.

D’autres avis : pas encore car j’ai eu la chance de lire le roman en avant première ! 

Les héritiers d’Higashi #2 Bakemono-san – Clémence Godefroy

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Bakemono-san
est le second tome de la trilogie des héritiers d’Higashi écrite par l’autrice française Clémence Godefroy. Publié par les éditions du Chat Noir, vous trouverez ce roman sur leur site Internet au prix de 14.90 euros.

Souvenez-vous, j’ai déjà parlé du premier tome sur le blog !

De quoi ça parle ?
Je vous propose ici de vous réexpliquer en quelques mots l’univers du roman : À Higashi, il existe plusieurs espèces de bakemonos qui vivent cachées depuis la fin de la grande guerre qui les opposa au clan Odai (des renards roux) et aurait mené à l’extermination de toutes les autres espèces animales à l’exception des renards roux et de leurs alliés les serpents. Ce clan règne  sans partage sur l’archipel depuis plus d’un siècle et c’est dans ce contexte que nous suivons l’histoire d’une série de personnages. Le premier tome se centrait surtout sur trois femmes : Ayané, une discipline de la Main Pure qui brûle de se voir confier une mission d’importance. Numié Dayut, héritière d’un clan de loup blanc du Nord qui a été faite prisonnière pour forcer les siens à ne plus défier les Odais. Et Yoriko, une nekomata (chat) qui va s’introduire au palais pour se faire oublier et découvrir… tout un tas de choses. Dans cette suite, l’intrigue continue de se développer en laissant la parole à d’autres personnages.

Un roman chorale
Comme pour le premier tome, celui-ci propose de suivre plusieurs protagonistes aux quatre coins d’Higashi, afin de ressentir efficacement l’évolution de l’intrigue. Plusieurs groupes vont donc se former :

Ayané va accompagner Tadashi vers le Sud après avoir découvert le secret de ses origines. Elle se pose beaucoup de questions sur elle-même ainsi que sur son ascendance mais va devoir les éclipser au profit de son ami tanuki ( = chien viverin) qui retourne dans sa tribu alors qu’il en a été banni. Il risque donc la mort ! Pourtant, le soutien des tanukis sera nécessaire dans la révolution qui se prépare…

Jinyu et Shunpei, deux nekomatas (= chat) vont quant à eux se diriger vers les forêts de l’Est à la recherche de l’Oni Vert, capable de rallier tous les yokais (= créature surnaturelle, c’est un terme générique car il en existe toute une flopée). Une puissance qui ne sera pas de trop dans leur lutte… En chemin, ils vont croiser la route de Temma, une jeune jorogumo (araignée) qui s’est mise en tête de les suivre, poussée sur ce chemin par son hélice. Malheureusement pour eux, ils vont rencontrer une terrifiante créature dont l’occupation va permettre de lever un voile sur le mystérieux métal flottant dont on fait les armures à Higashi. À mon avis, ces passages se révèleront clés dans le tome 3.

Enfin, Midori est une orochi (serpent) qui se rend au palais des Mille Flammes pour épouser Ren Ishida, le meilleur ami de Kaito Odai, voué à prendre la succession de l’Empereur. Successeur qui s’était entiché de Numié dans le premier tome au point de retarder ses fiançailles, on va avoir droit à une évolution de ce côté là d’ailleurs. Midori est une jeune fille bien sous tout rapport qui place l’honneur de sa famille avant son propre bonheur. Une fois au palais, elle va rencontrer un diplomate étranger prénommé frère Joachim, un homme qui reconnaitra son érudition. En effet, Midori étant de constitution fragile, elle s’est tournée vers la lecture au lieu de développer des aptitudes physiques comme c’est habituellement le cas au sein de son clan. Forcément, cette attention toute intellectuelle va créer un émoi…

À l’exception d’Ayané, les narrateurs de ce tome ont donc changé puisqu’on ne croise plus du tout la princesse Numié (partie en mission dans le Nord, on aura le fin mot de l’histoire dans le tome 3 je suppose) ni Yoriko qui s’effacent assez vite du paysage l’une et l’autre alors que leurs actions ont des conséquences au sein de l’intrigue. J’ai apprécié suivre ces nouveaux protagonistes avec une petite préférence pour Midori parce que sa force se situe dans les savoirs qu’elle recherche avidement et dans son goût pour la lecture. Clémence Godefroy choisit de mettre l’érudition en avant, j’adore !

Je dois toutefois avouer que j’ai eu besoin de quelques chapitres pour bien tout replacer. En cela, le mémo à la fin a un peu aidé mais j’aurai aimé un résumé du contenu du tome 1 -tant qu’on y était. Si je n’avais pas eu ma chronique pour me rafraichir la mémoire, j’aurai vraiment eu du mal. Je vous suggère donc de lire les tomes à peu de temps d’intervalle !

Une suite à la hauteur, avec des qualités identiques.
Difficile de se montrer très originale quand on chronique des suites, surtout quand celles-ci se révèlent d’une qualité identique au premier tome. En effet, j’ai retrouvé dans ce second tome tout ce que j’ai apprécié dans le premier, absolument tout ! La mythologie japonaise est bien exploitée et l’autrice a entendu la demande des lecteurs en incluant un petit explicatif concernant les mots japonais, les races et les suffixes afin que les novices puissent s’y retrouver. Personnellement, je n’avais pas ressenti de souci majeur mais il faut dire que je consomme énormément de mangas, donc je suis habituée… L’univers se développe et s’enrichit à mesure des chapitres, tout comme l’intrigue qui reste bien rythmée. Quant à l’écriture de l’autrice, elle dépeint si bien les décors, les personnages et les interactions que j’avais l’impression de lire un manga… Si vous voulez en savoir plus sur ces différents points, je vous invite à lire ma chronique précédente puisque je ne vois pas l’intérêt de réécrire identiquement la même chose 🙂

La conclusion de l’ombre :
Avec Bakemono-san, Clémence Godefroy signe un second tome tout aussi enthousiasmant que le premier en reprenant une recette qui a bien fonctionné et en s’y tenant : une mythologie japonaise maîtrisée (et cette fois rendue accessible même aux novices), une intrigue bien ficelée, des personnages intéressants… La qualité est au rendez-vous et une fois au bout de ce tome, on n’a qu’une envie : enchaîner sur le troisième ! Hélas, il va falloir attendre encore un peu pour cela mais il y a des romans pour lesquels cela vaut la peine et celui-ci en fait partie. Si ce n’était pas clair, je recommande très chaudement cette saga !

D’autres avis : Pas encore mais cela ne saurait tarder !

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#PLIB2020 Les héritiers d’Higashi #1 Okami-Hime – Clémence Godefroy

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Okami-Hime est le premier tome de la saga des héritiers d’Higashi écrite par l’autrice française Clémence Godefroy. Publié aux Éditions du Chat Noir dans la collection Neko, vous trouverez ce titre au prix de 14.90 euros.
Ceci est ma 25e lecture pour le Printemps de l’Imaginaire francophone.
Ceci est ma 5e lecture pour le Mois de la Fantasy, il valide les catégories suivantes: un livre écrit par une femme, un livre écrit par un auteur francophone, une nouveauté de ma PàL et un livre avec une couverture bleue.

À Higashi, il existe plusieurs espèces de bakemonos qui prennent soin de vivre cachées depuis la fin de la grande guerre qui les opposa au clan Odai. Ces derniers règnent sans partage sur l’archipel depuis plus d’un siècle et c’est dans ce contexte que nous suivons l’histoire d’une série de personnages féminins. Ayané est une discipline de la Main Pure qui brûle de se voir confier une mission d’importance. Cela arrive quand on lui demande de protéger / surveiller une princesse otage de guerre, Numié Dayut. Une femme pas comme les autres, héritière d’un clan du Nord qui tient encore tête aux Odai.
Si l’intrigue principale se concentre sur Ayané et Numié, une intrigue parallèle se développe avec le personnage de Yoriko, une nekomata accro au jeu. Pour fuir ses dettes, elle va s’engager au palais et grimper les échelons jusqu’à devenir dame de compagnie. Cela permet au lecteur d’avoir un œil sur ce qui se passe là-bas et de comprendre davantage les tenants et aboutissants de l’univers sur un plan politique mais aussi social.

Un univers d’une grande richesse, donc. Clémence Godefroy exploite la mythologie japonaise avec brio et dépeint avec justesse cette ambiance toute nippone qui se ressent à chaque page du roman. Si elle n’a pas incorporé de lexique, cela ne se révèle pas gênant pour autant puisqu’elle prend la peine d’expliquer (et sans longueurs s’il vous plait) les différents termes en langue étrangère. Notez toutefois que je suis une habituée de ce type de littérature et que je consomme énormément de mangas, donc je manque peut-être un peu de recul là-dessus.

C’est toutefois justement la raison qui m’a fait dévorer ce roman: j’avais le sentiment de lire un manga. L’écriture maîtrisée de Clémence Godefroy permet d’aisément visualiser les différentes scènes, ce qui donne à son texte une dimension graphique dont je suis friande. Notez que ce qui est une qualité pour moi peut se transformer en défaut pour d’autres. Comme dans les mangas, les personnages paraissent parfois trop empreints d’émotions brutes, tout ce qui touche à la sphère sentimentale sera peut-être jugé comme trop passionné si pas illogique par certains mais là où ça me gêne dans les romans traditionnels, je n’ai eu aucun souci ici. Peut-être justement parce que je lisais Okami-Hime comme un manga plus que comme un roman.

Je le précise parce que, on ne va pas se mentir, il y a une romance assez présente dans le texte. Mais si elle a une certaine importance, elle n’éclipse pas non plus la totalité de l’univers pour s’épanouir. Au contraire ! Dans cette diégèse, ça colle. Et j’ai apprécié la justesse de l’autrice qui a su jongler avec les différents éléments de son roman pour trouver un bon équilibre. Outre le folklore et les évolutions de chaque protagoniste, Clémence Godefroy nous propose aussi de découvrir un morceau de société japonaise médiévale, principalement grâce à Yoriko, ce qui n’est pas dénué d’intérêt.

Quoi qu’il en soit, j’ai adoré ce texte dévoré presque d’une traite. J’ai du m’arrêter pour aller bosser mais je continuais sur mes pauses, avide de me replonger dans cet univers dont on s’imprègne si facilement. La passion de l’autrice pour le Japon se ressent au fil des pages et se transmet. Elle s’approprie cet univers si particulier à nos yeux occidentaux pour lui donner une identité propre et l’ensemble rend très bien.

Pour résumer, le premier tome des héritiers d’Higashi est une réussite. L’autrice emporte son lecteur dans un Japon médiéval et alternatif sur les traces des bakemonos. Dans un univers typé merveilleux et poétique comme un Ghibli avec une touche de peps et de modernité, Clémence Godefroy propose une intrigue tout public qui plaira aux aficionados de la culture nippone comme à ceux qui débutent car le texte reste, selon moi, très accessible. Je recommande chaudement ce roman et j’attends avec impatience de pouvoir lire la suite !