Focus – Marianne Stern

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Dans le cadre du Mois de l’Imaginaire, j’ai envie de vous présenter des auteurs francophones parfois trop peu connus, qui appartiennent à de petites maisons d’édition et qui valent, selon moi, vraiment la peine d’être lus. Trollée impitoyablement par facebook et persuadée que nous étions le jour de l’anniversaire de Marianne Stern, je me proposais de commencer par elle en guise de surprise… Il s’avère donc que je suis victime d’une odieuse manipulation mais ce n’est pas très grave, ça permet à l’auteure de rester fidèle à elle-même. Vous allez comprendrez en lisant… (Je précise, je le dis avec tout mon amour !)

Commençons par quelques éléments biographiques, tirés du site internet de son éditeur: Physicienne de formation, Marianne a changé de voie en cours de route pour rejoindre ses véritables passions, l’aviation et les machins volants. Lorsqu’elle a du temps à disposition, elle écrit, fait fumer ses guitares, ou écoute du heavy metal. Avide de lecture depuis toujours, elle collectionne chaque livre qu’elle dévore au point de ne plus savoir ou les entreposer. Sa prédilection va au fantastique, à la science-fiction, ainsi qu’à quelques thrillers militaires peu recommandables. Fascinée par les nuages, c’est bien souvent dans le ciel qu’elle puise son inspiration ; elle pilote d’ailleurs son propre vaisseau pour mieux s’en rapprocher.

Marianne est une passionnée de l’aviation et de l’armée, cela se ressent dans ses écrits. Outre le diptyque 1993 et 1999 (qu’on lira en « belge » parce que j’aime bien tendre le bâton pour me faire battre (private joke avec son impitoyable éditeur)) publié aux éditions Voy’el, une uchronie rondement menée sur la fin de la guerre froide où cela se ressent dès la 4e de couverture, on le remarque également assez vite dans sa saga des Mondes Mécaniques, avec laquelle j’ai pu la découvrir ! Mais faisons les choses dans l’ordre…

J’ai acheté Smog of Germania au Dormantastique de Juillet 2015, à la base pour l’offrir à mon compagnon. Enfin, je lui ai bien offert, il trône fièrement en me narguant dans sa bibliothèque (Ô supplice) mais j’en ai profité pour le lire au passage et j’ai été bluffée par ma lecture. Une divine noirceur au bout d’une plume, un univers steampunk étouffant qui prend aux tripes, des personnages sales qui s’animent dans une grotesque mascarade, ce fut mon coup de cœur de l’année 2015, aux côtés de la Geste des Exilés de Bettina Nordet (mais on y reviendra dans un autre focus). Frustration de devoir attendre mars 2017 pour lire la suite, à savoir Scents of Orient ! Quand je parle de suite, je m’avance peut-être un peu… L’avantage avec l’univers des Mondes Mécaniques, c’est que chaque tome peut se lire de manière plus ou moins indépendante. On comprend mieux certains détails en ayant lu Smog mais ce n’est pas non plus fondamentalement obligatoire. Donc, Scents, disais-je, partait mal… Il se déroule en Inde (pas mon pays préféré) et le personnage pour qui j’avais eu un coup de cœur monumental dans l’opus d’avant risquait de ne pas être présent. Heureusement, j’ai su apprécier la chaleur moite des Indes presque autant que le smog de Germania. J’y ai retrouvé tous les éléments qui me plaisaient dans le premier tome, avec une intrigue rondement menée, de l’action bien dosée, et des personnages tous attachants à leur manière. Et Maxwell, mon petit amour.

Marianne a également écrit les chroniques d’Oakwood, sorte de roman court à mi chemin avec le recueil de nouvelles. C’est une œuvre difficile à classer mais que j’ai adoré par son ambiance résolument gothique et fantastique. J’y ai retrouvé ce que j’aimais chez Marianne, à savoir son côté sadique et la manière dont elle met si bien en scène la noirceur humaine. Je lui ai découvert un côté poésie macabre bien plus marqué que dans Smog, ce qui a su me séduire et me convaincre que j’étais face à une auteure talentueuse qui sait s’illustrer dans plus d’un genre.

Par contre, si Marianne est très douée pour mettre en scène les hommes, elle l’est moins avec les femmes. En fait, la seule fille que j’apprécie vraiment chez elle, c’est Anya, la pilote qu’on retrouve dans l’Échappée Rouge (le fameux 1993). Ce n’est pas un défaut en soi, d’autant que la majorité des héroïnes de roman me tapent sur le système de toute façon. Mais ça vaut la peine d’être précisé, surtout si, comme moi, vous n’y voyez pas vraiment un point négatif. A chacun nos forces et nos faiblesses ! Et des forces, Marianne en a beaucoup. Outre son imagination retorse et cruelle (mais si, c’est une force !) elle dispose d’une plume personnelle, incisive et immersive. Elle nous atteint, nous touche, nous blesse en gravant au cœur sa marque indélébile. J’espère qu’elle laissera la même sur l’histoire littéraire de notre époque, car elle le mérite.

Notez aussi que, depuis mars de cette année, Marianne est également disponible en poche chez Hélios (Mnémos) avec Smog of Germania. Une manière de découvrir son univers, à petit prix ! Elle a également participé à deux anthologies que vous pouvez retrouver aux Éditions du Chat Noir et que je compte me procurer bientôt: Montres Enchantées et Bal Masqué, où elle côtoie d’autres auteurs talentueux.

En bref et si ce n’était pas encore assez clair, Marianne Stern compte parmi mes auteures favorites, je l’ai d’ailleurs déjà dit dans une interview, il y a quelques semaines (et comme j’ai tendance à le radoter souvent…). C’est quelqu’un que j’estime, elle est talentueuse et modeste, parce qu’elle n’a pas, je crois, conscience d’à quel point elle est douée. Si vous aimez le steampunk, les ambiances sombres, les complots aux intrigues tordues et les personnages masculins marquants, cette auteure est faite pour vous. Découvrez ses romans de toute urgence !

Je vous encourage à profiter de sa présence ce 7 octobre 2017 aux Halliénales pour aller à sa rencontre et plonger dans son univers, sur le stand des Éditions du Chat Noir !