À l’ombre du Japon #22 { Kingdom of knowledge #1 ; Shikabana #1 ; Nosferatu #1 }

Bonjour à tous et à toutes !

On se retrouve pour un nouveau rendez-vous manga avec trois premiers tomes de séries qui sont sortis récemment et qui ont titillé mon intérêt. Malheureusement, comme vous allez le constater, ça n’a pas vraiment été une réussite…

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Fei est un gnome, il vit dans la bibliothèque de l’Empire avec son peuple car ils sont les seuls à pouvoir lire d’anciens manuscrits qui renferment d’immenses savoirs. Ils ont des milliers de volumes à traduire et ne pourront voir le monde extérieur qu’une fois ce travail achevé. C’est chose faite huit ans après le début du manga, sauf que ça sonne la fin des leurs, les humains refusant que leurs secrets soient répandus partout. Fei est le seul à en réchapper et il jure de se venger…

Ce manga est une nouveauté récente parue chez Kana dans sa collection Dark Kana. L’éditeur présente ce titre comme de la dark et de la tactical fantasy, autant dire que j’étais impatiente de le découvrir sauf que… Selon moi, le terme dark fantasy est très mal employé ici et ce serait super qu’on arrête de mettre dans ce sous-genre toute œuvre où on voit du sang et des morts. La dark fantasy, c’est plus que ça. C’est une idéologie d’ensemble qu’on ne ressent absolument pas sur ce premier volume trop classique à mon goût que ce soit sur son idée ou sur sa mise en place. Quant à l’aspect tactique, on ne peut nier sa présence puisque le héros utilise ses connaissances théoriques acquises dans des livres pour vaincre des ennemis toutefois j’ai trouvé que le (la ?) mangaka l’amenait d’une manière plutôt grossière. Tout va trop vite et paradoxalement, c’est long… Du coup, flop pour moi mais si vous êtes moins à cheval que moi sur les terminologies et les attentes générées par un tel titre, alors n’hésitez pas.

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Kyoto, de nos jours. Tsuyu vit avec Mizore, sa copine depuis le lycée et ne sait pas trop où il va dans la vie. Un soir, Mizore subit un accident de la route. Tuée sur le coup, ce nouveau malheur affecte Tsuyu qui se raccroche à une mystérieuse lettre laissée par Mizore qui le supplie de ne pas brûler son cadavre car un miracle pourrait se produire.

En guise de miracle, c’est plutôt un cauchemar. Ce premier tome se révèle très introductif mais c’est logique puisqu’il y a beaucoup à dire. En général, ça m’agace toutefois ici, ce n’est pas trop mal fait et ça s’incorpore plus ou moins bien dans le manga bien qu’il y ait un petit côté « explication à la Rukia » (les fans de Bleach comprendront) qui m’a fait tiquer. Pourtant, Kei Monri prend son temps pour poser la relation entre Tsuyu et Mizore, afin que le lecteur ne reste pas indifférent aux malheurs du garçon. Il y a un côté très tragique et sombre à ce titre qui m’a vraiment plu et qu’on ressent dés la couverture. Les soucis que j’ai rencontré avec Shikabana arrivent après, quand on découvre le concept de kuroe et qu’on apprend que ces créatures utilisent les cadavres comme vaisseau pour se développer avant de naître. Il existe (évidemment) une section plus ou moins secrète de la police qui les traque, groupe que va rejoindre Tsuyu dans l’espoir de sauver Mizore. Évidemment, Tsuyu n’est pas sorti indemne de sa rencontre avec le kuroe qui habite le corps de sa copine et développe des pouvoirs qui font tomber ce titre tête la première dans le horror-body.

Vous le sentez, cet aspect hyper classique et ce schéma convenu ? D’autant que la section élimine les kuroes, les tue quoi. Tsuyu se rend alors bien compte qu’il a commis une erreur en les rejoignant mais il reste quand même avec eux pour… Quoi ? Je n’ai pas bien saisi. Si les différents éléments de fond sont intéressants, la manière dont l’histoire est présentée sur ce premier tome est trop vue et revue à mon goût. Toutefois, je suis certaine qu’il ravira les adeptes d’horror body vu la qualité du chara-design et surtout, les lecteurs moins lassés que moi ! D’autant que la série est achevée en trois tomes et que c’est la première de ce duo d’auteurs donc… Pourquoi pas ?

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Je vais être sincère : j’ai acheté ce manga uniquement pour sa couverture magnifique en lisant à peine le résumé qui, pourtant, parle bien d’une femme amnésique (soit un des ressors narratifs que je déteste le plus au monde) ainsi que de créatures sanguinaires dans une époque qui ressemble un peu au Moyen-Âge… Vu, vu et revu, classique quand tu nous tiens. Toutefois, j’ai cédé à l’appel du chara-design et si ce titre est effectivement beau graphiquement, il ne contient rien de renversant en terme de concept ou d’intrigue, allant même jusqu’à récupérer grossièrement le mythe qui entoure la famille Bathory. Tous les poncifs du genre sont représentés : la belle femme amnésique qui se rappelle pourtant comment se battre avec son épée et ce, à la perfection, le jeune garçon innocent qui va partir avec elle à l’aventure, une gentille héritière qui se fait abuser par ses serviteurs et qui est mise de côté dans le remariage de son père, une église qui monte une troupe d’élite pour affronter les Nosferatu qui avaient disparu mais en fait non… et je suis trop lassée de ceux-ci pour aller voir au-delà de ce premier volume que j’ai pourtant apprécié lire, sans hélas ressentir l’étincelle qui me donne envie de continuer.

Et voilà, c’est déjà terminé ! J’ai conscience de passer pour une emmerdeuse aigrie via ces brefs retours mais si j’ai choisi de vous parler de ces mangas malgré mon sentiment tout personnel c’est parce que je pense sincèrement qu’ils peuvent plaire à un autre public que moi car ils ne sont pas dénués de qualité, autant sur un plan graphique que conceptuel. Ils ne me conviennent juste pas. Heureusement, sur les quatre nouveautés il y en a une qui a su me plaire et à laquelle je vais consacrer un article plus long très bientôt.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #21 { Celle que je suis #1 & #2 ; une introduction à la transidentité }

Celle que je suis est un diptyque shojo / tranche de vie scénarisé par Morihashi Bingo et dessiné par Koko Suwaru. Publié par Akata Manga dans sa collection Large, vous trouverez chaque tome au prix de 8.05 euros partout en librairie. 

De quoi ça parle ?
Tokyo, dans les années 80. Yûji Manase est étudiant et a deux secrets. Le premier, c’est qu’il est amoureux de son meilleur ami Masaki Matsunaga. Le deuxième, c’est qu’il se sent mal dans son corps, au point de se haïr. Un soir, la sœur de Yûji passe à son appartement et y laisse une robe qui va exercer sur lui une forte attraction, au point que Yûji va l’essayer. Grâce à cela, Yûji comprendra qui il est ou plutôt, celle qu’elle est.

La transidentité et moi : l’étendue de ma méconnaissance.
Le thème central de ce manga est la transidentité, bien qu’il contienne quelques éléments secondaires pour densifier un peu l’intrigue. Yûji est un homme sur un plan biologique et au début du manga, le pronom « il » est utilisé jusqu’à ce que le déclic se produise. À partir de ce moment-là, Yûji sera défini comme « elle » et j’ai trouvé ce jeu formel très intéressant. Akata explique également sur son site qu’ils ont choisi d’écrire le résumé du premier tome au masculin justement parce qu’au début de la série, Yûji se considère toujours comme un homme, alors que celui du second tome est féminisé. Un choix que je trouve pertinent.

Autant me montrer honnête : je ne connais pas grand chose à la transidentité que ce soit dans la réalité ou dans la fiction en dehors de la théorie. J’entends par là que je connais le concept. Je la conçois et la comprends sur un plan intellectuel. Je la respecte et une partie de ce respect passe par l’admission de ma méconnaissance sur le sujet. J’imagine les difficultés que vivent les personnes transgenres (toujours sur un plan intellectuel) mais je n’ai aucune idée de ce que cela implique dans la réalité pour les personnes concernées. Ce serait insultant de prétendre le contraire. Du coup, mon avis sur ce titre est subjectif (comme le sont tous les avis, me direz-vous) et quand je qualifie ce titre de crédible, ce doit être remis en perspective par rapport à mes (mé)connaissances. Vous êtes donc prévenu(e)s !

Sur un plan fictionnel, je pense qu’on aborde assez peu ces sujets (ou alors je suis jusqu’ici passée à côté de toutes les œuvres qui en parlent réellement ?), surtout de manière crédible et respectueuse des personnes concernées. C’est ce qui m’a tout de suite attirée vers ce titre car j’avais envie d’en apprendre davantage avec ce qui est à ma portée et je place une assez grande confiance dans le travail d’Akata pour me douter que, s’ils publient cette fiction, c’est qu’elle est bien fichue. La fiction est-elle le meilleur chemin pour s’instruire ? Je l’ignore mais j’ai envie de croire que ce n’est pas une manière de procéder plus mauvaise qu’une autre. Voici comment et pourquoi je me suis tournée vers ce titre et je n’ai aucun regret. Après cette petite introduction, entrons dans le vif du sujet…

Transidentité, romance, tranche de vie.
Comme je le disais, ma méconnaissance du sujet m’empêche d’affirmer si ce manga est crédible ou non pour les personnes concernées et je serais vraiment curieuse de lire le retour d’une personne transgenre à son propos. Toutefois, de mon point de vue, j’ai trouvé Celle que je suis sensible, subtil, intelligent et surtout, respectueux dans sa démarche représentative. La manière dont Yûji se découvre, les étapes qu’iel va traverser jusqu’à devenir « elle » sans pour autant revendiquer son statut puisqu’iel continuera de se présenter comme masculin aux yeux du monde, par facilité… J’ai trouvé les choix et les cheminements de Yûji crédibles, compréhensibles, un peu tristes aussi mais ça participe à ancrer ce manga dans le réel. Ici, pas de grands éclats, le monde ne va pas se modifier en profondeur, il y aura peu de prises de conscience, sauf à une échelle très restreinte. C’est vraiment une tranche de vie, une tranche de la vie de Yûji qu’on suit avec émotion car on ne peut décemment pas rester indifférent.

Pour autant, le thème de la transidentité ne prend pas toute la place puisque le manga contient également des histoires d’amour parallèles dont une signalée dés le résumé. En effet, Yûji est amoureuse d’un homme qui est aussi un ami proche, sauf qu’elle a conscience de rester biologiquement de genre masculin, ce qui est un problème puisque son ami est hétérosexuel. J’ai trouvé l’évolution de leur relation intéressante et la manière dont l’épilogue se termine aussi car il rend compte de la complexité du sentiment amoureux et des choix que chacun(e) peut faire ou non à ce sujet. La douce mélancolie qui s’en dégage m’a touchée, on sent une vraie réflexion du scénariste. Peut-être est-il concerné par la transidentité ? Je sais qu’il écrit également une saga en light novel (Ce qu’il n’est pas) sur le sujet donc qui sait… Je me pencherais dessus à l’occasion !

La conclusion de l’ombre :
Celle que je suis est un diptyque tranche de vie qui traite d’amour et de transidentité. Je ne suis pas spécialiste de cette thématique et ce manga a constitué une porte d’entrée parfaite pour moi puisque le scénario est construit avec respect et intelligence. Les mangakas proposent un travail soigné autant sur l’intrigue que sur le visuel, ce qui rend Celle que je suis tout à fait recommandable. Une réussite

D’autres avis : Kiriiti’s blog – vous ?
Je n’en ai pas trouvé d’autre toutefois n’hésitez pas à me poster le lien de votre chronique si vous en avez parlé, afin que je vous ajoute 🙂

À l’ombre du Japon #20 { Black Butler ; arc Sieglinde Sarivan }

Bonjour à tous !

En ce moment, je n’ai pas trop envie de lire des romans. Du coup, j’ai décidé de reprendre ma relecture du manga Black Butler entamée cette année durant le confinement. Cet article couvre le dernier chapitre du tome 18 ainsi que les tomes 19, 20, 21 et 22. Ce dernier tome est particulier puisqu’il marque le centième chapitre du manga ! Je vais y revenir.

Un voyage pour l’Allemagne.
Cette fois-ci, sa Majesté demande à Ciel de se rendre en Allemagne car une mystérieuse épidémie la tracasse. Pourquoi s’intéresse-t-elle à ce pays ? Tout simplement parce qu’elle y a de la famille par alliance et elle souhaite donc y envoyer un secours médical si besoin, sauf que le Kaiser lui cache des choses. Version officielle, bien entendu. Bref, c’est tout naturellement qu’elle dépêche son chien de garde qui se retrouve dans le village paumé de Wolfsschlucht (si t’as pas fait allemand à l’école, bonne chance pour réussir à le prononcer).

Ce village est particulier car entouré par une forêt maudite. Selon la légende, les sorcières ont tellement été persécutées en Allemagne entre le 14e et le 17e siècle qu’elles se sont rassemblées au coeur de cette forêt et ont passé un pacte avec des loup-garous chargés de les défendre contre l’oppression. Ces créatures dégagent des miasmes qui tuent en quelques minutes après avoir défiguré les victimes. Certains y survivent mais perdent complètement la raison. Ciel ne croit pas à ces fadaises et décide de se rendre au village par lui-même puisque personne ne peut l’y conduire.

Les femmes sur place sur les premières surprises à voir débarquer Ciel, Sebastian et son groupe de serviteurs. Pourtant, leur cheffe, la sorcière verte -une étrange adolescente prénommée Sieglinde Sarivan- va les accueillir avec plaisir et leur demander de lui en apprendre plus sur le monde extérieur auquel elle n’a jamais eu accès.

/!\ À partir d’ici, ma chronique va contenir des éléments clés de l’intrigue donc lisez à vos risques et périls. /!\

L’obscurantisme et le développement des sciences.
Au fil des tomes, le lecteur se rend compte que Ciel avait raison d’être sceptique face à cette histoire de loup-garous et de malédiction puisqu’il s’agit d’un coup monté du gouvernement allemand. Je vous explique : Sieglinde est la fille d’un génie qui a mis au point une formule pour produire en grande quantité du gaz moutarde. Seulement, un accident de labo l’a tué et a défiguré sa partenaire, qui était comme par hasard enceinte à ce moment-là. Cette dame accouche de Sieglinde qui a hérité du génie de son père. Pour l’exploiter à son plein potentiel, sa mère pense que la bonne solution est de l’isoler des distractions du monde et de faire peser un certain poids sur ses épaules. Elle la met donc à la tête d’un village de femmes prétendues sorcières (des militaires en fait) que la petite va devoir sauver de l’ire des loups qui ont passé un pacte avec la première sorcière verte de l’époque. Ce pacte stipulait que la sorcière verte devait trouver un rituel pour ramener « l’air magique » dans ce monde et permettre aux créatures surnaturelles de revenir. L’air magique en question, c’est le gaz qu’on appelle aujourd’hui sarin mais ça, la pauvre Sieglinde n’en sait rien. Coupée du monde, elle croit réellement œuvrer pour aider son village.

Ce que je trouve intéressant c’est qu’une fois de plus, dans un manga résolument fantastique, Yana Toboso reste très orientée sur les explications scientifiques. Elle exploite l’idée du gaz sarin qui n’a, dans notre réalité, été inventé qu’en 1939 et justement, l’autrice donne une explication à cela (puisque le manga se déroule à la fin du 19e siècle). C’est très intéressant ! Yana Toboso propose toujours une raison logique qui justifie le fait qu’au final, les seules créatures hors du commun sont les diables et les shinigamis. Ciel lui-même, alors qu’il a passé un pacte avec un diable, rejette d’emblée l’histoire au sujet de la malédiction en arguant que ça n’existe pas. Sebastian ne manquera d’ailleurs pas de souligner à quel point sa position est ironique puisque leur pacte est, selon lui, une forme de malédiction.

D’ailleurs, concernant les shinigamis, de nouvelles informations arrivent pendant cet arc qui permettent de savoir de quelle manière on peut le devenir. Cela ouvre de nouvelles perspectives vraiment fascinantes pour la suite et pose pas mal de questions puisque pour devenir un shinigami, il faut s’être suicidé… Et j’imagine mal Grell se suicider, du coup j’aimerais VRAIMENT avoir un flashback sur le détail de son histoire, par pitié. ♥

Enfin, cet arc pose également les bases de celui qui est actuellement en cours de parution et avec lequel j’avais un peu de mal à trouver une logique, si vous vous rappelez mon court retour sur les tomes 27 et 28. Grâce à ma relecture, toutes les pièces du puzzle se sont mises en place, ce qui me ravit ! Comme quoi, quand on suit un manga depuis longtemps au rythme de la parution, se rafraichir un peu la mémoire est nécessaire… D’où aussi l’intérêt de mes articles sur le blog qui sont de fantastiques soutiens pour mes petites cellules grises.

Le centième chapitre.
118690095_2732245070387052_2512749367335505461_n                        image (c) Kana & Yana Toboso

Je l’ai dit, ce volume 22 de Black Butler fête le cap du 100e chapitre du manga. À cette occasion, un sondage a été réalisé dans le magasin qui prépublie Black Butler pour réaliser un classement de popularité des personnages. L’autrice a voulu fêter ça en imaginant une histoire hors série avec les dix plus populaires + ceux dont le dernier chiffre du classement est un 6 (comme le 16, le 46, etc.) ce qui donne lieu à une réception un peu particulière lancée par le vicomte de Druitt. Sachez qu’en tout, il y a eu 12817 votes, ce que je trouve énorme et montre à quel point la série est populaire au Japon. Si vous ne lisez pas (encore) le manga, sachez aussi que si le vicomte de Druitt est dans le coup, c’est que ça va forcément mal tourner. Donc, de base, ça sentait pas bon…

Au cas où ça vous intéresse, voici le top 10 : 1) Sebastian 2) Ciel 3) Undertaker 4) Grell 5) Vincent 6) Charles Grey 7) Snake 8) Elizabeth 9) Lau et 10) Finnian. Je dois avouer avoir été très surprise de trouver Vincent et Charles aussi haut dans le classement vu que ce sont des personnages qui apparaissent très peu et pour Vincent, uniquement en flashback (vous me direz, quand on est mort, forcément…). Sur un plan personnel, je suis quand même contente des 4 premiers car ce sont exactement ceux que j’aurai choisi de mettre et dans cet ordre ! Probablement avec William en 5 car son duo avec Grell est terrible.

Pour en revenir à ce hors-série, le vicomte intrigue lors d’une réception pour s’emparer d’un ruban montrant un chiffre plus haut que le sien car selon lui, ça permet de gagner des caractéristiques supérieures (plus de charisme, de puissance, de place dans l’intrigue, etc) et il n’accepte pas de n’être que 16e. Cela donne lieu à des vols et des échanges pour gagner plus de pouvoir, jusqu’à un affrontement final avec des serpents transformés en dragon et un majordome du feu de dieu. C’est drôle et bien fichu, du grand Yana Toboso qui en profite pour une petite touche émotion entre Undertaker et Vincent. L’air de rien, ce chapitre hors-série confirme certains éléments dont on se doutait déjà en tant que lecteur et promet pour la suite.

Voilà, sans grande surprise cette relecture continue d’être passionnante et m’apporte un nouvel angle sous lequel profiter de cette saga que j’aime tant ! J’espère que mes petits retours sur les différents arcs vous donnent envie de découvrir ce manga. On se retrouve bientôt pour la suite !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #19 { Billy Bat #1, Blue Flag #1 & Tokyo Revengers #1 aka les bons conseils de l’Apprenti Otaku ! }

Bonjour à tous !
Je vous propose aujourd’hui un épisode un peu spécial d’à l’ombre du Japon puisqu’il va rassembler un court retour sur trois premiers tomes lus récemment sous le conseil d’un blogueur que vous connaissez peut-être (et si ce n’est pas le cas, vous savez ce qu’il vous reste à faire 😉 ) à savoir l’Apprenti Otaku.

J’ai découvert ce blog par hasard il y a quelques mois déjà mais j’ai le sentiment de le lire depuis toujours. Grâce à son exploration du monde manga et de son Histoire, chaque article est une petite bulle culturelle à lui tout seul et il est à l’origine de certains de mes coups de coeur comme l’excellentissime Beastars. Récemment, j’ai acquis sous ses conseils plusieurs séries qui n’ont pourtant pas grand chose en commun… Hormis l’origine de leur achat ! C’est donc pour cette raison que je rassemble ces trois mangas en un seul article ainsi titré. À présent que les choses sont claires… C’est parti !

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Blue Flag est une tranche de vie / romance (attends avant de t’enfuir) dessinée et scénarisée par Kaito. Au départ, je dois avouer que je n’y croyais pas des masses pourtant j’ai immédiatement été séduite par le personnage principal : Taichi. Un garçon comme n’importe quel autre, qui se retrouve dans sa classe de Terminale avec son ancien ami d’enfance (Tôma) et une fille amoureuse de ce dernier (Futaba) qui va lui demander des conseils en pensant que les deux amis sont toujours proches. Le pitch de base ressemble à une mauvaise comédie romantique sauf que ça fonctionne à merveille. Le mangaka propose des volumes plutôt épais, ce qui permet aux relations de lentement se mettre en place. On découvre ainsi que Blue Flag possède une profondeur inattendue portée par un trait sensible et maîtrisé. Je ne me suis pas vue arriver à la fin et j’ai tout de suite commandé les tomes suivants à ma librairie. Un article plus détaillé viendra probablement lorsque j’aurai terminé la série qui compte huit tomes en tout.

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Billy Bat est… euh… un seinen, ça d’accord, sauf qu’il m’est difficile de le qualifier plus précisément tant il sort du lot ! À l’heure actuelle, j’ai lu trois tomes (gentiment prêté par mon libraire, merci Geoffrey :3) et je ne suis toujours pas bien sûre de ce que je suis en train de lire. En quelques mots, l’intrigue principale se déroule en 1949 et suit Kevin Yamagata, un dessinateur de BD américain mais d’origine japonaise, comme son nom l’indique. Il est derrière la fameuse série Billy Bat que beaucoup de gens adorent sauf qu’il apprend fortuitement que ce personnage existait déjà dans une BD japonaise qui date de plusieurs années. Craignant d’avoir plagié par accident et très à cheval sur son refus de voler (même sans le vouloir), Kevin part donc au Japon en quête des origines de Billy. C’est là que tout part en cacahuète parce que le pauvre Kevin s’embarque dans une histoire de dingue. Et tout ce qui lui arrive le ramène invariablement vers le personnage de Billy, qui semble bien plus ancien qu’il n’y paraît.
La série est terminée en vingt tomes et je compte tous les lire donc il y aura probablement un article plus complet à ce sujet mais je tiens déjà à souligner le travail d’écriture sidérant de la part de Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki. J’ai rarement été confrontée à un manga aussi complexe, aussi bien référencé. Chaque fois que je tourne une page, je ressens vraiment l’impression de me plonger dans un monument, une œuvre qui a ou va marquer l’histoire du manga.

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Encore un shonen de bagarre sauf que celui-ci est bien plus solide et sérieux que d’autres que j’ai pu lire jusqu’ici. Pourtant, ça partait mal puisque le concept se base sur le voyage dans le temps et vous savez à quel point je déteste ça. Ici, toutefois, ça fonctionne assez bien et n’étouffe pas l’intrigue. En quelques mots, du haut de ses 26 ans, Takemichi a globalement raté sa vie. Un jour, il entend à la télévision que sa petite amie du collège a été tuée dans un affrontement entre yakuzas. Choqué, il a un accident (en passant sous un train) qui le ramène douze ans en arrière, à l’époque où il pourrait peut-être changer les choses en prenant des décisions différentes pour son avenir. Des décisions qui l’amèneront à fréquenter le leader du gang Tokyo Manji-Kai.
Tout fonctionne dans ce titre, des personnages à l’intrigue. Le seul point qui m’emballe un peu moins, c’est le chara-design. Je ne le déteste pas mais ce n’est pas trop mon type de trait. Pourtant, je n’ai eu aucun mal à passer outre… Dingue, quand on sait à quel point je peux être pointilleuse là-dessus ! Cette série est toujours en cours avec 18 tomes au Japon pour 8 chez nous. C’est donc une série longue qui se profile mais si elle reste dans la continuité qualitative de ce premier tome, je crois que je ne vais pas me priver de la suite.

On se quitte déjà mais rassurez-vous, je lis tellement de mangas ces derniers jours que je vais enchaîner les articles à ce sujet en mettant un peu les romans de côté. Enfin, pas trop quand même, parce que j’ai des services presses qui m’attendent. Ceux qui préfèrent ce type d’article ne seront donc pas en reste, pas de panique !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #18 { Sayonara miniskirt #1 ; se définir en tant que femme au 21e siècle }

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Bonjour à tous et bienvenue pour un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon où je vous parle des derniers mangas lus récemment ! Cette fois-ci, je consacre un article entier au premier tome d’un manga qui m’a vraiment bien emballé à savoir Sayonara Miniskirt !

De quoi ça parle ?
Sayonara miniskirt est le premier tome d’un manga écrit et dessiné par Aoi Makino qui raconte l’histoire de l’ancienne idol du groupe Pure Club, Karen Amamiya. On apprend assez tôt qu’elle a subi une agression physique lors d’une rencontre avec des fans, ce qui l’a poussé à mettre un terme à sa carrière pour reprendre une vie normale de collégienne. Enfin… presque puisqu’elle ne veut plus porter de jupe et décide donc d’opter pour l’uniforme des garçons. Cela la protègera-t-elle de ce mystérieux agresseur qui sévit dans le coin et qui s’en prend à des collégiennes ?

Les femmes et les jupes au quotidien.
Je ne lis que peu de shojo parce que c’est souvent un genre qui m’agace dans sa représentation de la femme. J’en ai consommé ma part plus jeune et à mesure que j’ai pris conscience de certains problèmes au sein de la représentation littéraire, je suis devenue beaucoup trop attentive à cette thématique pour réussir à tolérer un traitement bancal, où que ce soit, même dans un manga. Son simple classement avait d’office disqualifié cette œuvre de ma wishlist sauf que par curiosité, j’avais quand même lu la chronique de l’ami Otaku qui m’a convaincue de laisser une chance à Sayonara Miniskirt. Et j’ai bien fait !

Ce manga évoque le rapport au corps féminin et ce qu’implique le fait d’être une femme de nos jours. J’entends par là notre manière de nous vêtir mais également de nous représenter nous-mêmes, comme si le fait de porter une mini-jupe ou des vêtements qui nous mettent en valeur sous-entendait une autorisation implicite à tous les hommes de commenter, regarder, toucher, bref consommer à leur guise. Comme je porte moi-même très souvent des robes et des jupes (simplement parce que j’aime ce type de vêtements !) je me sens assez concernée par cette problématique. Me voici donc emballée mais inquiète également. Comment allait-elle s’en sortir ?

Ce fut une belle surprise car j’ai trouvé le ton très juste durant tout ce premier tome. Aoi Makino maîtrise son sujet et met en scène cette tranche de vie dramatique avec brillo. D’une part, elle développe diverses thématiques liées à son intrigue : est-ce qu’une star appartient à son public? Que signifie ce mot « appartenir » ? Est-ce qu’une fille doit se laisser tripoter et être contente que ça lui arrive car ça sous-entend qu’elle est désirable / jolie ? Est-ce qu’il est judicieux de séparer les hommes des femmes dans certains transports publics pour éviter les problèmes ? Est-ce qu’on doit excuser un agresseur si sa victime porte une jupe ? Si vous êtes quelqu’un de bien éduqué et d’un peu censé, vous connaissez les réponses à ces questions. Pourtant, que ce soit dans des commentaires sur les réseaux sociaux, dans la presse ou même dans la rue, il est admis qu’on a tendance à juger une femme sur sa façon de s’habiller. Combien de fois entend-on une victime dire que le policier lui a demandé ce qu’elle portait le soir de son agression ? Et nous vivons en Europe, une société supposément plus évoluée sur ces questions que celle du Japon, encore malheureusement ancrée dans un patriarcat qui implique une représentation de la femme comme un objet supposé se marier et enfanter, point final.

Ce manga évoque donc tous ces thèmes et il le fait de manière plurielle car différents personnages incarnent les points de vue possibles sur ces questions, ce qui permet de porter une forme de débat et de réflexion tout en suivant l’intrigue concernant Nina dont l’agresseur n’a jamais été appréhendé. L’équilibre au sein de l’intrigue est très bien trouvé.

Le monde des Idols et la femme.
Typiquement, il est admis que cette industrie exploite l’image de la femme en tant qu’objet. Si vous vous intéressez un peu au Japon, vous en avez probablement déjà entendu parler. Sayonara Miniskirt esquisse cet univers à part en laissant entrevoir certaines règles qui régissent la vie d’une idol, comme celle, par exemple, de rester célibataire afin d’entretenir le fantasme des fans. Cela va assez loin puisqu’une idol peut être renvoyée si on la surprend à embrasser un garçon ! On sent au fil des pages que la mangaka va exploiter ce monde et qu’il y a anguille sous roche concernant certaines actions de certains personnages secondaires. C’est très intriguant et ça permet au lecteur d’en découvrir davantage sur ce milieu ainsi que de se poser la question des apparences. J’ai beaucoup apprécié cet aspect, j’espère qu’il sera davantage développé par la suite.

Nina, un garçon manqué ?
Ce personnage de Karen / Nina est vraiment intéressant. Renfermée sur elle-même au collège, elle entretient toujours de bonnes relations avec son ancien groupe (le Pure Club). Elle a décidé de se couper les cheveux et de porter des pantalons après son agression, ça a été sa manière pour elle de s’éloigner de cette féminité qu’elle ne parvenait plus à gérer. Pourtant, au fil des pages, Nina s’interroge sur ce qu’est la féminité et ce que cela implique, notamment dans ses interactions avec deux personnages : Miku et Hikaru.

Miku est une jolie fille populaire qui assume sa féminité, aime porter des jupes et trouve que blâmer les hommes pour des attouchements revient à tous les stigmatiser, qu’il faut donc éviter. Pour elle, ça n’a aucun sens d’en « faire tout un foin » et il n’y a qu’une « mocheté » que ça peut déranger. Ce personnage est ambigu et m’inspire un profond sentiment de pitié car très clairement, Miku incarne la construction sociale dans laquelle beaucoup de filles / de femmes sont enfermées. Je me demande de quelle manière elle va évoluer.

Quant à Hikaru, c’est un personnage masculin très orienté sur le sport puisqu’il pratique le judo et ne semble pas s’intéresser aux femmes ni aux discussions sur leurs physiques qu’ont les autres garçons. On apprend que sa petite sœur a été victime d’une agression et cela explique sa prise de conscience par rapport aux autres. Ce protagoniste porte également une certaine ambiguïté en lui dont on ne prend pas conscience tout de suite, à cause d’une série de qui pro quo. Je l’ai trouvé intéressant et je me demande ce qui va advenir de la relation entre Karen et lui vu la scène finale de ce premier tome. Scène qui, d’ailleurs, me fait un peu peur quant au ton de la suite du titre. À voir donc ! Toutefois, la qualité globale de Sayonara Miniskirt me donne (très) envie de lire le tome 2 dés sa sortie pour me faire une idée plus précise d’où la mangaka souhaite aller.

La conclusion de l’ombre :
Sayonara Miniskirt est une nouveauté de chez Soleil Manga écrite et scénarisée par Aoi Makino. Cette tranche de vie dramatique plonge le lecteur dans le monde des Idols pour suivre Karen / Nina, une ancienne star ayant choisi de se retirer du milieu après une agression. Le manga questionne notre rapport au corps féminin et la manière dont les hommes se représentent les femmes. Je l’ai trouvé très intéressant dans le traitement de ses thématiques et j’encourage le plus grand nombre à le découvrir. Pour ma part, j’attends avec impatience l’annonce du second tome !

D’autres avis : L’apprenti OtakuTake a break avec SachiLire en BullesLes voyages de Ly – vous ?

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #17 { Gewalt, un manga a rarement si bien porté son nom ! }

Gewalt est une trilogie écrite et dessinée par Kôno Kôji dont c’est le premier manga papier puisqu’il est surtout connu pour son travail dans l’animation. Publié par Doki Doki, il existe pour le moment un coffret où vous pouvez acheter les trois tomes pour 15 euros (au lieu de 7.5 par tome).

De quoi ça parle ?
Ruito est un lycéen ordinaire, quasiment transparent. Un jour, alors qu’il se promène avec ses « amis » (oui je mets des guillemets parce que des amis comme ça, franchement, on peut s’en passer) il est agressé par une bande et littéralement dénudé. Humilié, blessé, il décide de passer de l’autre côté, celui des voyous. Pour ça, direction la section technique de son établissement…

Baston !
Gewalt est très clairement un manga de bagarre où on se tape dessus et où on trouve une certaine apologie de la violence (nuancée par moment). Si vous en doutiez, sachez que ce mot signifie « violence » en allemand et que la langue allemande apporte une idée de rudesse dés le départ à la lecture du titre. Aussi, il est nécessaire d’apprécier ce type d’histoire pour se lancer dans cette trilogie où tout se règle à la force des poings et où ceux qui n’osent pas frapper se font écraser.

C’est le cas de Ruito dont l’agression va déclencher un profond changement en lui. En réfléchissant à sa vie, à son existence, il se rend compte de sa transparence et du mépris que ses soi-disant amis entretiennent à son égard. Il comprend également que la plupart des relations qu’il a pu entretenir jusque là sont basées sur de l’hypocrisie et de la superficialité. Tandis que quand on cogne, au moins, c’est sincère… Bon, pourquoi pas, ça se défend avec un esprit un peu tordu. Cette idée va traverser tout le manga. Personnellement je ne la partage pas mais je comprends comment le personnage principal en arrive à se dire cela.

Pour s’initier au monde des voyous, Ruito va se tourner vers la section technique et plus précisément le « club de base ball » (qui est une couverture pour un gang scolaire). Cela va évidemment mal tourner et il sera sauvé par le leader du groupe Gewalt, que Ruito aura par hasard aidé un peu plus tôt dans la journée. Ce groupe de skaters se révèle être également une sorte de gang de rues qui se bat contre ceux qui les dérangent, sans cet aspect acharnement et violence gratuite. Ruito a très envie de les rejoindre, hélas pour lui ça ne va pas se passer comme prévu.

Parce que la Gewalt (c’est le nom du gang) a un passé ! Au départ c’était un groupe de cinq jeunes à l’origine du mois sanglant. Ils ont pacifié tous les collèges à la seule force de leurs poings avant de tomber sur plus fort qu’eux et ça a dégénéré pour l’un des membres. Évidemment, au moment où on découvre cette histoire, on comprend que ceux qui restent vont se retrouver et essayer de régler le passé.

Un protagoniste… bizarre.
Je n’ai pas d’autre mot pour décrire Ruito Genba et je ne sais pas encore vraiment si le terme bizarre doit être pris pour positif ou négatif. C’est peut-être justement cette indécision qui me fait dire qu’il convient pour le qualifier. Ruito n’est personne et tout le monde à la fois. Il est là, un peu invisible, il n’inspire ni le mépris ni l’admiration jusqu’au jour de son agression où il a le malheur de s’uriner dessus. Cette réaction physiologique pourtant compréhensible va donner lieu à un déclic profond chez ce garçon qui n’a jamais levé la main sur personne. Il va alors commencer à se battre, à encaisser, à commettre des erreurs mais surtout à développer une sorte d’honneur qui tient parfois à l’absurde tant il risque sa vie.

J’ai éprouvé à son sujet des sentiments assez ambivalents et finalement, c’est la marque d’un bon manga. Ses interactions vont permettre au lecteur de réfléchir sur la notion de violence physique et ce qu’elle implique ainsi que sur le harcèlement scolaire qui est bien présent en toile de fond, à la mode japonaise. Ruito n’est clairement pas un protagoniste principal qui inspire l’admiration ou un profond respect par ses choix de vie toutefois il n’est pas dénué d’intérêt.

Un chara-design brut et réaliste.
Le dessin de Kôno Kôji est plutôt réaliste et brutal. Ses personnages ne sont pas beaux, ils dégagent une esthétique très réaliste qui ne me plait pas trop en général mais qui sert très bien le propos ainsi que l’intrigue développée dans Gewalt. Le mangaka maîtrise très bien les expressions du visage et s’en sort honorablement sur les scènes de combat bien que je les ai trouvé un peu répétitives, du moins jusqu’au tournoi informel qui décide de l’avenir des deux gangs.

La conclusion de l’ombre :
Gewalt est un manga terminé en trois tomes à conseiller aux lecteurs intéressés par la bagarre et la violence au lycée, dans une ambiance nippone. Il ne révolutionne pas le genre et reste même plutôt classique autant dans sa forme que dans son propos. Toutefois, c’est un agréable divertissement sur lequel réfléchir à ces deux thématiques. Il reste parfaitement recommandable !

À l’ombre du Japon #16 { Beastars & moi, chronique d’un coup de coeur inattendu }

Salutations !

Voilà quelques jours que je procrastine sur la manière dont je vais vous parler de cette découverte incroyable qu’a été Beastars pour moi. Allais-je me contenter de reformuler ce que beaucoup ont déjà pu dire sur les qualités du manga ? Je n’en avais pas l’envie et n’en voyais pas l’intérêt. Du coup, j’ai opté pour un billet qui raconte comment j’en suis venue à être totalement accro à cette œuvre.

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Beastars & mes a-priori : l’esthétique

J’ai commencé à entendre parler de Beastars grâce à la blogosphère et plus particulièrement l’ami Otaku. Jusqu’ici, ce n’était à mes yeux qu’un arrivage de plus chez Kazabulles qui ne m’inspirait rien de positif puisque j’ai du mal avec le concept d’animaux anthropomorphisés (je vais y revenir). Pourtant, la manière passionnée dont l’Apprenti Otaku parlait de ce manga a fini par me convaincre non pas d’acheter la version papier mais de regarder l’animé qui venait de débarquer sur Netflix. Au fond, ça ne me coûtait rien du tout si ce n’est un peu de mon temps alors… Pourquoi pas ?

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Je ne savais pas grand chose du contenu (okey en vrai je ne savais RIEN du tout sauf ce qu’en avait dit l’ami Otaku et que j’avais déjà à moitié oublié à ce moment-là), je n’avais même pas lu le pitch de base pour être totalement honnête, m’engluant dans mes idées reçues. Je me suis contentée de me lancer… et de regarder les douze épisodes en une soirée, captivée par ce que j’étais en train de voir. Je n’avais plus binge-watché quoi que ce soit depuis une éternité et ça m’a fait beaucoup de bien alors que le confinement durait déjà depuis une semaine ou deux.

Je ne m’attendais ni à une telle intensité d’écriture ni à me passionner autant pour l’intrigue de ce thriller dans le monde scolaire et théâtral. Tout fonctionnait merveilleusement bien, sans la moindre fausse note et je ressentais énormément d’empathie pour les personnages. Sans parler de mon intérêt qui virait à l’obsession pour leurs interactions. Vu que j’ai tendance à avoir toujours quelque chose à redire, ça tenait également du miracle. Toutefois, je n’ai pas commandé tout de suite la version papier, hésitante que j’étais devant le chara-design un peu particulier que j’avais entrevu sur les couvertures.

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source : site de Ki-oon

C’est particulièrement flagrant sur la bannière d’annonce du site Ki-oon. Traitez-moi de fille superficielle mais quand je lis un manga, j’ai besoin que le chara-design colle à ce que j’apprécie. J’ai un certain canon, des attentes que je ne peux pas clairement expliciter parce que je ne suis pas du tout spécialiste en dessin mais disons que mon étalon de perfection se situe quelque part entre Yana Toboso et Kaori Yuki. Ici, Paru Itagaki s’en détache largement et ça m’a fait peur. Surtout quand on regarde certaines planches internes, j’avais le sentiment d’un brouillon.

Sauf que…

Quand on prend la peine de lire quelques pages, on se rend compte que ce trait brut correspond parfaitement à l’univers animalier -même anthropomorphisé- que développe la mangaka. Sa façon de dessiner renforce son histoire, son intrigue, les sentiments dégagés par les protagonistes. Tout fonctionne dans un ensemble superbement maîtrisé quand on pense que la mangaka a commencé à 24 ans et qu’elle va en avoir 27. On a le même âge à deux mois près en vrai… De plus, le trait s’affirme au fil des tomes ! Je m’en suis d’autant plus rendue compte quand j’ai enchaîné les tomes 6 à 11. Pour info, l’animé s’arrête pour le moment à la moitié du tome 6 donc vous savez où commencer si vous suivez le même chemin que moi.

Beastars & mes a-priori : l’anthropomorphisme
Quand je discute de Beastars avec certaines personnes sur les réseaux sociaux ou IRL, la remarque qui revient le plus souvent concerne l’aspect anthropomorphique des personnages qui cause une forme de malaise / de répulsion. J’ai été surprise de constater à quel point beaucoup de gens partageaient mon propre sentiment face à cela. Je me demande d’où ça vient. Peut-être le fait que beaucoup d’histoires pour enfants mettent en scène des animaux anthropomorphisés, ce qui nous donne un sentiment d’être forcément confronté à une oeuvre jeunesse ? Si c’est ça, j’aimerais bien qu’on se pose deux secondes pour évoquer le traumatisant les animaux du bois de Quat’sous

Qu’on se comprenne, je ne porte aucun jugement puisque j’appartenais moi-même à cette catégorie. Ma surprise n’en a donc été que plus grande (et belle) en constatant à quel point Beastars s’inscrit avec force comme un incontournable récent du genre manga avec un traitement parfait autant sur un plan graphique, thématique, intrigue… Il n’y a rien à jeter, selon moi. Et la mise en scène d’animaux avec cette opposition carni / herbi qui tentent de cohabiter avec toutes les difficultés que cela implique ne fait que renforcer la métaphore sociale. L’exemple le plus récent qui me vient à l’esprit est celui d’une carni qui pose pour des selfies avec des herbis parce que « ça fait bien ». Ces selfies se retrouvent sur les réseaux sociaux et ce sont ceux qui génèrent le plus de like parce qu’ils montrent une tolérance bienpensante approuvée par l’ensemble de la société (vous sentez l’aspect hypocrite du truc ?). Ce chapitre montre que, dans la réalité, les herbis ont tendance à continuer à se méfier des carnis et à s’éloigner une fois la photographie prise. J’ai beaucoup aimé l’intelligence de ce chapitre qui montre vraiment une volonté de la mangaka de traiter de sujets modernes. Ceci n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres…

Beastars, pour résumer :
Si je dois résumer Beastars en quelques mots je dirais qu’il s’agit d’un thriller qui se déroule dans un cadre scolaire / club de théâtre avec des personnages animaux anthropomorphes adolescents à la psychologie bien construite et d’une rare puissance émotionnelle. Cela permet d’exacerber les thématiques autour des pulsions, des instincts, de la découverte de soi, de son corps, les premiers émois mais aussi l’image sociale. L’intrigue est très habilement menée et tient le lecteur en haleine tout du long. Un premier arc se termine selon moi avec le tome 11 lorsqu’on découvre l’assassin de Tem, l’alpaga, mais la série continue pour le meilleur (je l’espère !) puisque 19 tomes sont déjà publiés au Japon.

Que dire de plus ?

Juste… Passez au-delà de vos éventuels préjugés et donnez sa chance à ce manga. Il vaut vraiment le détour.

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Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #14 { Assistant Assassin #1 et Anonyme #1 – les tueurs ont la cote ! }

Bonjour à tous !
Nouvel article thématique aujourd’hui en lien avec le manga mais un peu différent des craquages ou des retours en vrac. Pourquoi ? Le hasard a voulu que parmi les sorties du déconfinement se trouvent deux titres qui utilisent l’archétype de l’assassin d’une manière totalement différente au point de donner deux mangas à l’ambiance et au fond à la limite opposés. Interpellée par cette curiosité, j’ai eu envie de vous les évoquer ensemble…

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Assistant Assassin – Hiromasa Okujima – [ Omaké manga ]

Asakura Shin.Ichi (jeu de mots en japonais qui donne Assassin en surnom, notez bien) est assistant d’un célèbre mangaka. Passionné, il tente de percer sans y parvenir vu su humour douteux et doit vivre de ce boulot aussi précaire que stressant. Pour joindre les deux bouts, il devient chasseur de primes en utilisant une application sur Internet…

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Anonyme ! – Chikara Kimizuko (scénario) & Yen Hioka (dessin) – [Soleil manga ]

À treize ans, Takashi a tué son professeur au Collège. Il avait d’excellentes raisons. L’ennui, c’est qu’il a gardé le silence pour protéger quelqu’un et il en paie les conséquences. Après un passage en maison de redressement, Takashi essaie de reprendre sa vie normale dans une nouvelle ville sauf que quelqu’un semble déterminé à l’en empêcher.

De bonnes raisons pour tuer ?
Dans Assistant Assassin, le héros est un peu paumé avec des rêves plein la tête. Il manque de personnalité, n’arrive pas à affronter son patron qui l’exploite sans la moindre honte. Cela permet d’entrevoir les difficultés du monde du manga avec, je pense, une large partie autobiographique pour le scénariste.

Pourtant, quand Shin enfile son costume pour devenir le mouton rouge, il change du tout au tout. Difficile de savoir s’il prend plaisir à tuer, en tout cas on sent une certaine philosophie autour des moutons qui se révoltent contre les loups doublée d’une nécessité : celle de vivre, de payer son loyer. Personne ne connait les détails de sa double vie à l’exception d’un personnage qu’il rencontre en tant que tueur et qui reviendra à la toute fin du premier tome. On sent que, par la suite, cette notion d’identité secrète sera exploitée mais ce premier tome sert surtout à poser les bases du concept.

Ce concept fonctionne assez bien mais reste, dans l’ensemble, plutôt comique dans son traitement. Avec ce premier tome, j’ai eu du mal à me positionner sur le ton du manga qui s’inscrit finalement dans la grande tradition japonaise de l’exagération.

Le cas de Anonyme est radicalement différent. Du haut de ses treize ans, Takashi est un collégien comme tous les autres avec des amis qu’il adore, préoccupé par ses activités extrascolaires. En assistant à une certaine scène, il va tuer quelqu’un tout en gardant le silence sur ses motivations, par respect pour la victime. Ce silence va détruire non seulement sa vie mais également celle de sa famille.

Là où Assistant Assassin se focalise sur l’aspect gore et punitif du boulot de Shin, Anonyme propose une approche bien plus psychologique et crédible. Le lecteur voit la manière dont la mère de Takashi subit vandalisme et discrimination, dont sa sœur doit mettre sa vie en pause parce qu’elle est devenue une paria par défaut. Le lecteur connait les raisons de Takashi et ne peut que compatir. L’aspect brillant de ce premier volume tient justement à ce sentiment d’intense compassion mêlé d’injustice que les deux mangakas parviennent à nous faire ressentir. Le maître mot ici est et restera subtilité. Tout n’est pas blanc ni noir, au contraire…

Bien assassiner en manga, une question de visuel.
Dans un manga, l’ambiance passe forcément beaucoup par le visuel mais c’est encore plus vrai quand on aborde des thèmes aussi sombres que celui-là. Les mangakas concernés par ces deux titres proposent des traits vraiment différents l’un de l’autre qui transmettent chacun un message.

Dans Assistant Assassin, le coup de crayon est plus adulte, plus marqué avec davantage d’ombrages, d’expressions extrêmes, de sang qui gicle, de personnages un peu moches comme on en croise dans la vie de tous les jours. On sent l’aspect violent assumé chez Hiromasa Okujima, une violence atténuée par le personnage de Shin qui reste, dans les grandes lignes, un looser pas très effrayant aux yeux du lecteur qui suit l’histoire de son point de vue.
Au contraire, Yen Hioka opte dans Anonyme pour un dessin presque shônen très axé sur les visages et les émotions des personnages. Sa violence se porte à un niveau plus psychologique et a, selon moi, davantage de force grâce à cela. Même la scène du meurtre reste soft : on voit le mouvement initié par la batte mais assez peu d’hémoglobine. Yen Hioka est dans la suggestion, ce qui fonctionne davantage sur ma propre sensibilité.

Avec ou sans humour, deux tueurs réussis.
J’avoue être toujours attirée et intriguée par un personnage principal assassin puisque j’aime voir comment les auteurs les mettent en scène. Cette curiosité est à double tranchant puisque j’en deviens très exigeante sur le traitement psychologique, comme dans The Killer Inside dont je vous ai parlé et qui est pour moi un gros échec. Ici, ces deux titres réussissent l’exploit de combler mes attentes alors qu’ils n’ont finalement que l’archétype de leur antihéros en commun. Voilà la preuve qu’on peut écrire de nombreux scénarii en partant d’un même concept de base et s’en tirer plus que honorablement.

La conclusion de l’ombre :
Si ce n’était pas clair, je recommande avec enthousiasme la lecture d’Assistant Assassin et Anonyme ! qui proposent un premier tome solide et prometteur. Je pense que sur la durée, Anonyme me séduira davantage toutefois je vais continuer les deux par curiosité.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #11 { La malédiction de Loki #4, Noragami #5 & #6, Otaku Otaku #2, Reine d’Égypte #7 }

Bonjour à tous !
Voici déjà un nouvel article dédié à mes lectures mangas. J’ai mis ma relecture de Black Butler en pause pour me consacrer aux nouveautés puisque j’ai pu me rendre chez Kazabulles pour faire le plein début de semaine dernière ! L’occasion aussi de continuer ma découverte de Noragami… Pour rappel, « À l’ombre du Japon » est une rubrique dédiée à mes avis / ressentis personnel au format court sur les mangas que j’aime (et leurs suites !), un média que je consomme énormément et qui me passionne.

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Je vous ai déjà parlé de ce manga avec un premier tome qui a été un gros coup de cœur. Hélas, l’enthousiasme est retombé petit à petit avec les suivants. J’ai parlé du tome 3 comme d’un volume de transition facilement oubliable et je vais devoir accoler des qualificatifs identiques au tome 4. J’ai manqué de le refermer à plusieurs reprises puisque je m’ennuyais un peu en lisant. Tout stagne pendant deux tiers du tome, il ne se passe pas grand-chose. On a une histoire courte au sujet d’une peinture maudite et d’un enfant qui se veut assez touchante sauf que l’intrigue principale n’avance de ce fait quasiment pas. Sans parler des personnages morts qui ne le sont pas vraiment… Ce qui a tendance à beaucoup m’agacer… Bref je me tâte à lire la suite parce que j’aime le concept de la série sauf que deux tomes décevants coup sur coup… Voilà quoi. Une affaire à suivre !

Depuis le premier tome je trouve que la qualité du manga reste constante, c’est toujours le cas ici. Ces deux volumes permettent de clôturer le premier gros arc narratif qui, pour rappel, traitait de Bishamon. On apprend enfin pour quelle raison elle hait Yato à ce point ce qui nous laisse, en tant que lecteur, dans une sorte d’ambivalence. C’est ce que j’aime dans ce manga : tout n’est pas blanc ou noir, on est dans du shonen subtil, sans manichéisme. Par contre vu la fin du tome 6, je me demande où le mangaka va nous emmener puisque l’histoire pourrait presque se clôturer ainsi !

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Je suis totalement accro à ce manga ! Quelle découverte incroyable, moi qui déteste habituellement la romance… Ce second volume reste dans la même idéologie que le premier en proposant de nouvelles saynètes et en introduisant un nouveau personnage : Naoya, le petit frère de Hirotaka qui n’est pas du tout un otaku. L’alternance entre les histoires courtes et l’intrigue globale est toujours aussi bien gérée, la psychologie des personnages me parait toujours crédible et les situations évoquées parleront surtout aux joueurs, cette fois-ci ! Franchement, je l’ai adoré et je suis contente d’avoir acheté les six volumes d’un coup pour me plonger dans la suite.

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Reine d’Égypte est un manga que j’adore pour la profondeur de ses personnages, pour ses enjeux forts et pour son histoire qui mêle éléments historiques réels et fiction. La mangaka réalise un travail extraordinaire dans son exploitation de la culture égyptienne et ce tome 7 me conforte dans mon sentiment qu’il s’agit vraiment d’une série à suivre. Dans ce volume, Hatchepsout continue de développer son pays grâce au commerce et a lancé une expédition vers le Sud pour combattre les bandes armées qui pillent des villages. Elle se trouve en première ligne, irréprochable donc, mais c’est sans compter les traditionalistes qui refusent de se faire gouverner par une femme. Ils élèvent et suivent le jeune pharaon Thoutmosis III dont on suit une partie de l’histoire dans ce septième tome. La relation qui existe entre les deux pharaons est vraiment forte alors même qu’ils n’ont aucun contact ! On sent une ambiguïté, un respect mutuel, c’est aussi travaillé que fascinant. Ça change des relations habituelles entre deux chefs ennemis. La fin de ce tome introduit également la jeune princesse Néférouré qui compte bien ramener son précepteur Senmout sur le devant de la scène -un personnage que je suis ravie de revoir. J’ai donc très hâte de lire la suite de cet excellent manga.

Et voilà c’est déjà terminé ! Mais d’autres articles arriveront prochainement puisqu’il me reste pas mal de mangas à lire et que je retourne à la librairie la semaine prochaine. Bah oui, Beastars a fini par arriver ♥

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #10 { Black Butler : meurtre(s) au manoir & terreur sur le Campania }

Bonjour à tous !
Voici déjà un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon puisque je continue activement ma relecture du manga Black Butler. Une relecture peut-être mise en pause puisqu’à partir d’aujourd’hui, en Belgique, les librairies peuvent rouvrir ce qui va me permettre de passer chez Kazabulles pour faire le plein, en prenant évidemment les précautions qui s’imposent ! Je vais d’ailleurs attendre plutôt demain, en dehors des heures de pointe et en voiture histoire de minimiser l’impact de ma sortie.

Les volumes concernés par cet article vous du 9 au 14 et se divisent en deux arcs dont je vais vous parler en profondeur tout en évitant au maximum de divulgâcher des éléments importants.

Tomes 9 à 11 : meurtre(s) au manoir.
La Reine demande à Ciel d’organiser une réception au manoir pour la venue d’un parent à elle qui souhaite rencontrer du beau monde. Sebastian, comme d’habitude, s’occupe de tout. Parmi les invités prestigieux, on retrouve un jeune écrivain qui débute à peine : un certain Arthur, auteur d’une étude en rouge… Il est le seul à avoir été convié en personne par Ciel. Pour quelle raison ? Mystère sur lequel on n’a pas le temps de s’attarder puisqu’un meurtre est commis en chambre close, premier d’une série qui va semer la terreur parmi les convives.

On retrouve dans cet arc des éléments très classiques de la littérature policière anglaise : un manoir où des gens se retrouvent coincés pendant une tempête, des nobles, un crime où tout le monde est suspect, un spécialiste (soit détective, soit écrivain, soit policier) qui va prendre l’affaire en mains… Yana Toboso rend ici clairement hommage au genre. Certaines ficelles sont plutôt visibles quand on s’y connait un peu et quand on a lu les tomes précédents, surtout en ce qui concerne Sebastian. Cet arc n’est pas franchement mon préféré mais il a le mérite d’être divertissant et de remplir son rôle de transition.

Tomes 11 à 14 : Terreur sur le Campania / Book of Atlantis
Le dernier chapitre du tome 11 introduit le nouvel arc consacré au bateau Campania, arc qui se clôture dans le tome 14 à la fin duquel on trouve également l’introduction à l’arc suivant, Weston Manor. Mais nous n’y sommes pas encore ! Cet arc correspond également à un film disponible sur Netflix qui s’appelle : Black Butler – Book of Atlantis que j’ai regardé avant d’écrire cet article. Contrairement aux deux premières saisons de l’animé, cette production respecte à la lettre le scénario de Yana Toboso dans le manga papier toutefois l’animation des décors à l’ordinateur laisse par moment à désirer. C’est très sympa à voir en complément mais un fan qui se contente juste des animés aura un goût de trop peu.

Élisabeth invite Ciel à participer à une croisière où elle se rend avec sa famille, invitation que le Comte refuse sous prétexte de travail dont il ne peut s’éloigner. Lors d’un dîner, Lau (protagoniste qui appartient à la mafia chinoise et qu’on a déjà croisé auparavant) lui révèle qu’il a détecté des activités bizarres sur les docks. En effet, le personnel d’un hôpital achète des humains pour, selon toute vraisemblance, mener des expériences interdites. Grâce à une enquête diligemment menée par Sebastian, le chien de garde de la reine découvre que la société Aurora est mêlée à tout ça et qu’elle va justement se réunir sur le navire où se trouve Élisabeth pour on congrès immanquable et secret. Ciel va donc embarquer avec son majordome et Snake, son valet engagé au terme de l’arc Noah’s Ark Circus.

Cet arc narratif est extrêmement riche sur plusieurs plans. Déjà, il permet de développer des personnages secondaires de manière surprenante comme Undertaker ou Élisabeth. Cette dernière a le don de m’agacer prodigieusement depuis quatorze tomes donc il était temps qu’on la nuance un peu. L’éclairage apporté par Yana Toboso à son sujet rend compréhensible plusieurs de ses comportements pénibles et permet au lecteur de ressentir une forme de compassion à son égard.

On va également retrouver Grell (YEAH !) ainsi qu’un nouveau shinigami, Ronald Knox, son binôme. Pourquoi sont-ils présents sur le Campania ? L’arc répondra à cette question et permettra de développer un peu plus l’univers des shinigamis. On en apprendra davantage sur les faux de la mort, sur pourquoi ils portent tous des lunettes… Mais si, c’est important et non, ça n’a rien avoir avec le style.

Une fois de plus, cet arc est très référencé. Le Campania rappelle le Titanic par bien des points et se base entièrement sur la notion de « mort ». Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la découverte à ceux d’entre vous qui ont envie de se lancer.

Et voilà, nous sommes déjà au terme de cet épisode spécial ! Le prochain devrait contenir bien plus de diversité puisque je compte me rendre à ma librairie sous peu. Je vous donne donc rendez-vous bientôt pour un nouveau passage au Japon.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)