La Magie de Paris #3 Ici et Ailleurs – Olivier Gay

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La Magie de Paris est une trilogie d’urban fantasy écrite par l’auteur français Olivier Gay et éditée chez Castelmore au prix de 14.90 euros le tome. Ce troisième tome, intitulé « Ici et ailleurs » complète la saga.
Ce livre entre dans le cadre du challenge s4f3 organisé par Albédo !

Souvenez-vous, je vous avais déjà parlé de cette saga ! Le premier tome « Le Cœur et le Sabre » a été un coup de cœur justement. Je me suis immédiatement identifiée à Chloé, l’héroïne, et je trouvais l’univers très prometteur. Le second tome « Le Calme et la Tempête » a confirmé mon ressenti. Du coup, j’entamais le troisième opus avec une totale confiance. Et je n’ai pas (trop) été déçue !

Dans ce troisième tome « Ici et Ailleurs » l’action s’enchaîne très (trop ?) vite, surtout à la fin. Chloé, Thomas, David, Cassandre et Nour se retrouvent dans le monde derrière la Faille et toutes leurs certitudes vont être remises en question. L’auteur éclaircit les dernières zones d’ombre autour de l’univers et propose un opus un peu plus sombre dans le traitement de l’intrigue. Ça bouge tout le temps, on retrouve de la torture, des morts violentes, même une ébauche de rapport sexuel, ce qui offre un roman pour adolescent résolument plus… Adulte, ironiquement? Si j’ai trouvé le rythme parfois trop rapide et certains éléments trop peu approfondis, j’ai été satisfaite par le déroulement de ce troisième tome puisque je ne savais absolument pas à quoi m’attendre en le lisant.

L’univers créé par Olivier Gay est assez riche et inspiré. Découvrir ce qui se cachait derrière les Failles a été une bonne surprise et a souvent prêté à sourire, même si ça ne révolutionne pas le genre.

J’ai, hélas, ressenti un goût de trop peu. Si Chloé est fidèle à elle-même, les personnages qui gravitent autour m’ont donné une impression de superficialité qui n’était pas présente dans les deux autres tomes. Je me suis sentie moins immergée même si j’ai apprécié l’évolution de sa relation avec Thomas et avec David. Au final, l’auteur a pris une direction vraiment intéressante et n’a pas cédé à la facilité. C’est dommage qu’il n’ait pas écrit une cinquantaine de pages supplémentaires, pour prendre le temps de poser un affrontement final un peu moins « facile », je crois que ça aurait fait toute la différence.

Globalement, ce troisième tome est davantage un bon divertissement qu’un réel coup de cœur. Il offre une conclusion à une saga qui commençait très bien et qui s’est malheureusement un peu essoufflée. Peut-être que deux tomes auraient pu suffire? Il ne reste pas moins qu’Olivier Gay signe une bonne trilogie à destination d’un public ado / jeune adulte, bourrée de références pop-culture et d’action dans un Paris contemporain mais teinté de magie (au sens propre !). Le personnage de Chloé vaut le détour et la façon dont l’auteur traite les relations entre ses personnages mérite d’être soulignée. Je recommande cette saga à tous les fans d’urban fantasy qui ont envie d’une bouffée d’air et d’un moment de détente addictif !

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Le noir est ma couleur #1 le pari – Olivier Gay

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Le noir est ma couleur est une série en actuellement cinq tomes écrite par l’auteur français Olivier Gay et publiée chez Rageot. Primée à plusieurs reprises depuis 2015, une réédition est en cours chez l’éditeur avec de nouvelles couvertures (si on me demande mon avis, les nouvelles m’attirent beaucoup plus que les anciennes qui faisaient trop « jeunesse » à mon goût pour un roman qui ne l’est pas tant que ça). C’est grâce à cela que j’ai entendu parler du roman pour la première fois ! Vous les trouverez désormais au prix de 14.90 euros, partout en librairie. Pour info, il s’agit d’une série d’urban fantasy à lire dès 14 ans.
Je tiens à remercier NetGalley (et Rageot) pour ce service presse, que je lis dans le cadre du #NetGalleyChallengeFR.

Vous le savez, ce n’est plus un secret, j’aime beaucoup les romans d’Olivier Gay. Que ce soit sa fantasy médiévale ou urbaine, je prends toujours un grand plaisir à dévorer ses livres et celui-ci ne fait pas exception.

Le noir est ma couleur raconte l’histoire de Manon et Alexandre. Elle est une adolescente de 15 ans, première de la classe et pas très sociable, qui doit cacher ses pouvoirs magiques. Lui est un garçon normal, un redoublant de seize ans qui aime la boxe et s’enfonce dans une mauvaise voie. Ils n’ont rien en commun mais quand Manon refuse de laisser Alexandre copier ses réponses au contrôle de math, il se décide à lui donner une leçon. Une leçon qu’il va regretter…

J’étais au départ mitigée au sujet d’Alexandre. Il me donnait envie de lui coller une paire de claque, avec ses réflexions débiles et sa manière de considérer les autres. Puis je me suis rendue compte qu’en fait, les garçons de seize ans sont comme Alexandre. Beaucoup, en tout cas. Et que même si c’est un con, il n’entre pas non plus dans la catégorie « cas désespéré ». Je l’ai trouvé de plus en plus nuancé au fil des pages, de plus en plus crédible aussi. Finalement, je me suis plus attachée à lui qu’à Manon qui, même si elle est touchante, m’intéressait un peu moins finalement (le comble !).

Comme toujours, les personnages d’Olivier Gay sont assez remarquables et attachants. Ici, on retient surtout ses héros mais je suis sûre que d’autres protagonistes vont apparaître dans les tomes suivants, ou avoir droit à un développement plus profond.

Quelques mots sur l’univers: nous évoluons en Île-de-France, dans le quotidien d’adolescents qui fréquentent le lycée. C’est cette ambiance qui domine, même si la magie est présente à travers Manon, qui doit subir les attentions désagréables d’Ombres envoyées par un Mage Noir pour l’enlever. À ce propos, j’ai trouvé le système de magie moins original que dans la Magie de Paris, mais il reste sympa. Simple, compréhensible et dynamique.

Je me rends compte que je n’ai pas grand chose à dire sur ce livre que je n’ai pas déjà dit sur d’autres chroniques concernant l’auteur. Il reste fidèle à lui-même donc si vous appréciez son style, vous ne pourrez qu’aimer ce roman qui n’offre pas une révolution dans sa bibliographie mais reste dans la lignée de ses page-turners addictifs au possible. Pour preuve, j’ai lu Le noir est ma couleur en 24h… L’auteur nous propos des personnages adolescents crédibles dans une aventure prenante, avec un univers bien pensé, soigné, hyper référencé côté pop culture, le tout sous une plume toujours aussi addictive. Comme chaque fois avec cet auteur, ce roman est une réussite et je me réjouis de le voir aux Imaginales pour me procurer la suite !

Le dernier apprenti sorcier #1 les rivières de Londres – Ben Aaronovitch

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Le dernier apprenti sorcier est une saga qui compte pour l’instant 6 tomes (j’ignore si elle est terminée) publiés en français chez J’ai Lu. L’auteur, Ben Aaronovitch, est un londonien pur souche et ça se sent ! Vous pouvez vous procurer le premier tome en format poche au prix de 7.60 euros.

Spontanément, cette saga se classe dans la veine urban fantasy typiquement britannique. Nous suivons Peter, un jeune policier qui va être rapidement confronté à des manifestations surnaturelles pendant une patrouille. En rencontrant l’inspecteur Nightingale, il va être intégré à une brigade de police un peu particulière et signer pour devenir l’apprenti sorcier. Le dernier, donc, comme nous l’indique le titre. Dans ce tome plus précisément, deux grandes affaires vont occuper notre héros: des meurtres particulièrement violents et inexplicables dans Londres et un conflit entre Mama Tamise et Père Tamise.

La mythologie construite par l’auteur m’a surprise. Elle est inspirée et ne ressemble à rien de ce que j’ai lu jusqu’ici. Elle contient, évidemment, des créatures connues (on évoque un couple de vampire à un moment du récit) mais elles n’ont rien de commun avec les codes habituels du genre. Dans ce tome, l’auteur se concentre sur les fantômes et sur les esprits des rivières, démontrant une grande originalité dans le traitement de son sujet. C’est, selon moi, le principal attrait de cette saga, en plus de son personnage principal, Peter. Il est très agréable, pour moi qui aime lire des romans teintés d’humour britannique, de retrouver cette touche « british » à chaque page. Les réflexions du héros sont souvent drôles, le flegme anglais est omniprésent. C’est dépaysant mais plaisant, rafraichissant !

D’ailleurs, si on doutait encore de la nationalité de l’auteur, impossible de ne pas comprendre qu’il est un londonien pur souche. La géographie, les rues, les quartiers, la société londonienne dans son ensemble, sont très détaillés et peut-être même un peu trop, par moment. J’ai trouvé que ça avait tendance à alourdir un peu le texte, bien que ça ne manque pas d’intérêt en soi. Je pense que c’est un point à l’appréciation de chacun. Autre petit détail gênant: la longueur des chapitres. Ils font parfois une cinquantaine de pages, ce qui est dérangeant quand on doit lire en plusieurs petits bouts…

Malgré ces détails « négatifs », j’ai passé un bon moment avec ce premier tome. Je lui trouve énormément de qualités et j’ai été bluffée par le traitement de la magie proposé par Ben Aaronovitch. L’auteur incorpore énormément de références, non seulement à la culture populaire mais également à la littérature scientifique. Le personnage de Peter permet d’aborder la magie sous un nouvel angle et on ressent tout le soin qu’a mis Ben Aaronovitch à créer son univers. Il nous propose, en prime, une intrigue prenante qui s’appuie sur la littérature anglaise plus classique tout en mélangeant des éléments très modernes.

Autre avantage: ce tome peut très bien se conclure sur lui-même. Certes, Peter commence tout juste sa formation mais l’intrigue se résout à la fin du livre. On dispose de tous les éléments de réponse et on peut passer à autre chose si on le souhaite. Pour une série qui compte déjà six tomes, c’est un atout non négligeable !

En bref, je vous recommande cette saga si vous appréciez l’humour britannique et si vous avez envie de découvrir un univers magique inspiré, original, qui sort du lot. J’ai trouvé la qualité de la traduction plutôt bonne et le personnage principal attachant. Le dernier apprenti magicien a un sacré potentiel et mérite qu’on lui laisse sa chance !

Âge des Ténèbres #3 Mage du chaos – Stephen Aryan

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Mage de Chaos est le troisième tome de la trilogie l’Âge des Ténèbres de Stephen Aryan, publiée chez Milady en format poche (mais aussi en grand format chez Bragelonne) au prix de 8.20 euros. Je vous invite à découvrir ma chronique du tome 1 et du tome 2 pour avoir une vue d’ensemble sur l’univers. Je vous préviens tout de suite, ce tome 3 possède les mêmes qualités et défauts que ses deux prédécesseurs, ce qui nous offre une série plutôt constante et du coup, des chroniques qui se ressemblent.

L’histoire nous emmène cette fois à Voechenka, une cité de Shael où se déroulent de terrifiants évènements. Pour rappel, Shael, c’est l’équivalent du peuple juif dans cet univers. Leur pays a été rasé par la guerre, on les a parqué dans des camps de la mort, et ils commencent seulement à se reconstruire petit à petit. La situation est périlleuse et c’est la raison pour laquelle on s’inquiète des rumeurs autour de cette cité. Là-bas, les gens disparaissent pour réapparaître totalement transformés, les morts reviennent à la vie d’une drôle de façon, enlèvent les vivants et usent petit à petit les ressources des derniers bastions d’espoir dans cette ville déjà dévastée par la guerre du Nécromancien. Tammy, protectrice à Perrizi, est envoyée sur place pour enquêter, avec Balfruss, notre célèbre (et redouté) mage de guerre qui a vécu bien des choses, depuis le tome 1. Nous rencontrerons également Zannah, une morinienne qui cherche la rédemption pour ses crimes.

Dans ce troisième tome, nous retrouvons certains personnages et nous en rencontrons de nouveau qui apportent une touche de nouveauté. Chacun d’eux est relativement classique et la narration qui multiplie les points de vue permet de se plonger davantage dans leur esprit, de développer un lien avec eux, de nous intéresser à leurs problèmes et leurs états d’âme même si c’est parfois un peu trop survolé. Cela ne suffit pas pour les rendre vraiment remarquables (à l’exception des occupants de la salle du banquet) ou profondément attachants, mais c’est assez pour nous proposer un récit qui se lit tout seul.

Ce troisième tome répond aux questions qu’on a pu se poser depuis le départ: Le Nécromancien a été formé par quelqu’un, les mages de chair aussi, et cette personne sévit à Voechenka. Le point final arrive et je l’ai trouvé… Et bien, dans la lignée du reste: classique. Un peu rapide aussi, sur la fin. Quand Balfruss affronte la personne responsable de tout ça, c’est presque décevant et ça tombe comme un cheveux sur la soupe, même pas un chapitre entier, juste un petit saut dans le temps au milieu d’un autre, on ne sait pas comment ils arrivent dans ce laboratoire et on n’a jamais vraiment entendu parler du personnage avant. Cela manque de précision, d’enjeux aussi et finalement, c’est comme un film hollywoodien: ça se laisse regarder, mais ça ne nous bouleverse pas. L’auteur n’ose pas prendre de vrais risques narratifs.

Il faut dire que l’Âge des Ténèbres n’est pas vraiment une saga qui brille par son originalité. Elle utilise les codes classiques de la fantasy pour nous proposer un bon divertissement qui est agréable à découvrir mais qui ne révolutionne pas le genre. Je tiens tout de même à souligner que c’est une première trilogie, que l’auteur débute et que pour une première fois, il a franchement de quoi être fier. Je l’ai dit, il ne révolutionne pas la fantasy, mais il a de vraies qualités malgré tout. L’écriture de Stephen Aryan est dynamique et ses scènes de combat sont toujours immersives ! C’est la trilogie parfaite pour les lecteurs avides de baston, de duels, de sang versé et de stratégie militaire. L’auteur maîtrise bien ce pan de son univers et ça me réjouit, parce que c’est ce que je recherche quand je lis de la fantasy.

Par contre, je ne sais pas si c’est une coïncidence ou si le traducteur l’a fait exprès mais utiliser le mot « Réprouvés » avec une majuscule pour désigner des personnes qui reviennent à la vie tout en conservant leur conscience, ça dérange un peu la joueuse de World of Warcraft en moi. Surtout dans ce contexte (de la fantasy médiévale) ça pourrait être mal interprété. J’ignore quel est le terme utilisé en anglais et il y a peut-être une bonne justification, toutefois je n’ai pas pu m’empêcher de tiquer dessus et donc de le souligner dans la chronique. Bon, c’est un détail et ça ne change pas grand-chose, surtout que c’est une traduction, mais voilà.

J’ai conscience que cette chronique ressemble fort à celle des deux premiers tomes, hélas il n’y a pas beaucoup plus à relever sur cette trilogie ou sur cet univers, ni sur ce tome en particulier. Il a les qualités et les défauts des deux premiers: un récit classique, rythmé, intéressant sans être hyper addictif ou marquer les esprits. Il mérite son qualificatif de bon divertissement et saura plaire aux adeptes de med-fan qui ont envie de se vider la tête. C’est à eux, principalement, que je recommande cette trilogie ainsi qu’aux lecteurs adolescents qui ont envie de se faire plaisir avec des récits guerriers et un brin de magie, en mode tout public. La violence n’est pas censurée mais ne va pas au-delà de ce qu’on peut voir à la télévision. Quant au sexe, il est très vaguement présent mais pas développé du tout. Une trilogie à retenir, pour débuter en fantasy ou pour renouer avec les règles classiques du genre.

Fille d’Hécate (intégrale) – Cécile Guillot

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L’intégrale de Fille d’Hécate contient trois romans écrit par Cécile Guillot. C’est une saga assez ancienne publiée d’abord aux Éditions du Chat Noir, qui a reçu le V&S Award du meilleur ouvrage fantastique en 2012 et qui méritait donc largement une seconde jeunesse aux Éditions Lynks, dans la collection Re-Lynks consacrée aux rééditions. Vous pouvez vous le procurer partout en librairie ou sur les salons au prix de 14.90 euros.

Fille d’Hécate raconte l’histoire de Maëlys, une étudiante en année de mémoire en psychologie, qui se découvre un don de sorcière. On suit Maëlys tout au long de son apprentissage, à travers différentes aventures. Dans le tome 1, quelqu’un cherche à lui voler ses pouvoirs. Dans le tome 2, elle aide la police avec une enquête et dans le tome 3, elle se rend dans les Ardennes pour renouer avec ses origines et aider à rendre le pouvoir à sa lignée. J’ai conscience que ce résumé peut paraître un peu rapide, si pas surfait, mais je ne veux pas spoiler le contenu !

Ce que j’ai d’abord apprécié dans ces romans, c’est le personnage de Maëlys et j’en suis la première surprise. Ce n’est pas le genre d’héroïne à qui je m’attache habituellement, mais je la trouve reposante, humaine, vraie, sans excès, même dans sa magie. C’est une fille normale, qui a des envies normales, qui a peur comme n’importe qui, qui a des réflexions logiques, qui se comporte parfois un peu bizarrement mais… Comme tout le monde, en réalité. Elle me fait assez penser à son auteure, par certains points de caractère, notamment la timidité et la douceur. C’est peut-être pour ça que j’ai accroché avec elle, allez savoir ! En tout cas, c’est une héroïne vraiment agréable à suivre.

Autour de Maëlys gravitent ses soeurcières, comme elles s’appellent dans le tome 3. Elles sont chacune particulières et intéressantes à leur manière. Dorine est la mère de famille pleine de bonne humeur qui se donne à fond pour les autres, Jihane est la jeune gothique tourmentée dotée d’un grand sens artistique et capable de parler avec les morts, et Patricia est la femme mûre qui a traversée de dures épreuves. Ensemble, elles parviennent à trouver un équilibre, à se connaître elles-mêmes et à se reconstruire. Les relations entre ces différentes protagonistes mettent vraiment l’accent sur l’importance et la force de l’amitié, un beau message.

Fille d’Hécate est un roman sur la magie et sur l’amitié, mais il a aussi droit à sa petite romance. J’ai apprécié le fait qu’elle ne prenne pas toute la place dans le récit. Elle est mesurée, c’est juste ce qu’il faut là où il faut. Et que dire sur Alexandre… Je ne pense pas que je l’apprécie beaucoup. En fait, il me laisse assez froide, peut-être parce qu’on n’en sait pas assez à son sujet. Ou plutôt, on a les informations en main mais ça manque de profondeur, de mise en situation. Je pensais qu’au moins un des romans allait se centrer sur ses histoires familiales et j’ai été un peu déçue par ça, même si ça n’enlève rien à la qualité de la trilogie, c’est un ressenti personnel ! J’aurai aimé que l’auteure approfondisse certains sujets, comme l’antagoniste du tome 2 (je ne précise pas trop pour éviter le spoil mais ceux qui ont lu comprendront), ou qu’elle permette à Alex de s’imposer un peu plus via sa propre histoire.

Comme son titre l’indique, cette trilogie parle de magie et elle en parle très bien. J’ai été enchantée d’en apprendre autant sur la culture wiccane, que je connaissais finalement très mal à travers d’autres séries qui en donnaient une interprétation plutôt biaisée. Non seulement l’auteure parvient à bien intégrer les différents éléments au récit mais, en prime, elle nous offre une petite liste en fin d’ouvrage pour qu’on puisse consulter ses sources. Inutile de préciser que j’ai déjà noté certains titres…

Petit point noir, mais ce n’est pas sur le récit en lui-même: dans le tome 2 et 3 du roman, à plusieurs endroits, il manque des tirets quadratins. En soi, ça ne gêne pas la compréhension puisque les temps utilisés dans les dialogues ne sont pas les mêmes que dans la narration, ça nous permet de les repérer facilement mais je trouve ça dommage que, dans une réédition, on n’ait pas mis plus de soin à vérifier ce genre de détails. Parce que le livre en tant qu’objet est très beau, la couverture est sobre mais superbe, tout est très soigné, j’aurai aimé qu’ils poussent jusqu’au bout.

En bref, Fille d’Hécate est une trilogie que je recommande et avec laquelle j’ai passé un bon moment de détente. Elle se lit très rapidement et m’a laissée cette même impression que mes séries adolescentes sur la magie et les sorcières, le côté bling bling hollywoodien en moins (ce qui est un point positif !). L’écriture de Cécile Guillot est fluide, rythmée, fraiche et accessible, elle convient parfaitement à son personnage principal. Même si je ne suis pas du tout le public cible (je préfère les ouvrages plus crus, plus sombres, plus torturés), j’ai beaucoup aimé le voyage et je vous conseille de vous lancer dans l’aventure !

La trilogie du Voile #1 Souvenirs volés – Selina Fenech

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Souvenirs Volés est le premier tome de la trilogie du Voile, un roman publié aux Éditions du Chat Noir et écrit par Selina Fenech. Il a été traduit de l’anglais par Cécile Guilot et est édité dans la collection Cheshire, qui rassemble les romans fantastiques young adult. Il coûte 19.90 euros en papier et j’ai profité de la promotion numérique pour me le procurer à 2.99 euros.

Est-ce que je le regrette? Pas vraiment. Concrètement, j’ai conscience de ne pas être du tout le public cible pour cette trilogie. C’est très clairement une littérature pour ados, avec un scénario assez classique dans son développement, quelques rapidités scénaristiques, des scènes un peu brouillonnes dans l’alternance des points de vue et des relations entre les personnages qui me feraient habituellement rouler des yeux. Sauf que je savais à quoi m’attendre, parce que j’étais prévenue. Alors j’ai mis mes exigences sur pause, j’ai rangé le Morgane Caussarieu que je venais de terminer (comment passer d’une extrême à l’autre…) dans un coin de ma tête, muselé cette part de moi qui adore lire « du dark » et j’ai ramené mes pulsions « teenage » à la surface, les mêmes qui me permettent de regarder la série Shadowhunters en l’appréciant.

Non, ce roman n’est pas un chef-d’œuvre. Par contre, c’est un très bon divertissement tout public dans un univers de fantasy assez riche. J’ai d’ailleurs été surprise de trouver un roman au Chat Noir qui se déroule quasi uniquement dans un autre monde. C’est un élément que j’ai apprécié et j’espère que ça ne sera pas la seule œuvre dans ce style que publiera la maison d’édition. Notez que si l’univers de Selina Fenech est plutôt classique, il est tout de même porteur de certaines originalités appréciables, comme par exemple le concept du Voile que j’ai trouvé très intéressant ou la manière dont les chasseurs parvenaient à contrôler le dragon. C’est un roman plein de féérie et de couleurs, qui exploite les légendes celtiques (les mythes des seelies/unseelies ou les légendes arthuriennes, par exemple) pour offrir un bestiaire connu qu’on retrouve avec plaisir. Et ça a aidé à ce que je passe un bon moment.

Dans cette aventure, nous suivons Memory, une jeune fille amnésique qui rencontre Eloryn après être passée à travers le Voile sans trop savoir comment. Eloryn est une magicienne qui fuit le roi Thayn pour une raison que l’on découvre assez rapidement mais que je vous tais ici pour ne pas vous gâcher la surprise. Elles sont soutenues dans leur fuite puis dans leur quête par Roen et Will. Forcément, vous voyez venir d’ici les couples et vous avez raison… Heureusement, pas de triangle amoureux! Enfin, pas encore du moins, du coup les couples ne me gênent pas trop. L’histoire ne recèle pas de véritable surprise, parce que l’auteure utilise les codes scénaristiques classiques de la fantasy et quand on en consomme beaucoup, on sait immédiatement à quoi s’attendre. La force de Souvenirs Volés se situe plutôt dans son ambiance et dans son héroïne. Personnellement, je n’aime pas vraiment Eloryn et Roen, par contre Memory a su me plaire. C’est, à mes yeux, un personnage qui apporte un gros plus au roman. Elle est intéressante, franche, vraie, forte aussi, elle fait tache dans cet univers avec sa manière d’agir et de s’exprimer, et ça ne la rend que plus sympathique.

Souvenirs Volés est le genre de bouquin qu’on lit sans voir les pages défiler. On prend toutefois la peine de s’arrêter sur les magnifiques illustrations qui sont disséminées au fil des pages ! J’ai été soufflée par le rendu des dessins et je lisais sur ma kobo. Je n’ose même pas imaginer ce que ça donne dans la version papier du roman. Chaque illustration démontre, si besoin en était en contemplant la couverture, tout le talent que l’auteure a pour le dessin. J’ai été soufflée, elle a un coup de crayon qui me séduit. Souvenirs Volés est sans conteste un très beau livre-objet qui vaut la peine rien que pour ses illustrations. Au passage, notez que l’auteure est avant tout illustratrice, elle a commencé à écrire pour donner une nouvelle dimension à ses dessins (si j’ai tout compris) et c’est peut-être la raison pour laquelle je ressens à la fois de l’indulgence pour les facilités scénaristiques et de la tendresse pour cette histoire. Je visualise bien dans quel ordre s’est déroulé la création de l’univers et je pense qu’un type de format comme Cosmographia (du graphic novel pur) aurait peut-être mieux convenu pour une histoire comme celle-là. Mais bon, c’est un détail et ce n’est qu’une réflexion sans importance.

Pour résumer, Souvenirs Volés est un divertissement plaisant à destination d’un public adolescent ou pour les lecteurs appréciant le Young Adult. Vous retomberez dans l’ambiance des dessins animés comme les W.I.T.C.H (je ne sais pas pourquoi cette m’a évoqué ça tout du long) ce que j’apprécie, personnellement parce que j’aime m’offrir des pauses nostalgies. J’ai passé un bon moment dans la lecture de ce premier tome et je vous le recommande si vous avez envie d’un ouvrage de fantasy frais, coloré et dynamique, illustré avec brio. Par contre, vu la fin, je me demande ce que nous réserve la suite de l’histoire ! Pourquoi ne pas avoir opté pour un one-shot? Réponse dans le tome 2…

L’Âge des Ténèbres #1 Mage de Guerre – Stephen Aryan

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illustration(c) Fred Augis

Mage de Guerre est le premier tome de la trilogie « L’Âge des Ténèbres » écrite par Stephen Aryan et publiée chez Milady en format poche (mais également en grand format chez Bragelonne pour ceux que ça intéressent). Le premier tome coûte 8.20 euros et la sortie poche des deux suivants est prévue pour juillet et août. Honnêtement, j’attends cela avec impatience ! Pour information, c’est le tout premier roman de l’auteur et c’est assez surprenant une fois la lecture terminée, parce que j’y ai trouvé de vraies qualités.

Mage de Guerre, donc, est avant toute chose un récit guerrier. On parle de la guerre dans ce qu’elle a de plus sale et de plus dur. Les descriptions des combats sont dynamiques et réalistes, rien n’est laissé au hasard. L’auteur ne nous assomme pas sous des détails inutiles mais on sent qu’il connaît son sujet, il sait disséminer ça et là des détails intéressants sur la stratégie militaire, l’organisation d’une armée, de la guerre en elle-même, le fait qu’on ne la mène pas que sur un champ de bataille… De ce point de vue, j’ai vraiment été charmée parce que j’avais très envie de lire un roman comme celui-là, où on parle avant tout d’un conflit, où on vit des batailles, même au travers des individus. J’ai été très satisfaite de ce point, malgré quelques répétitions qui sont peut-être dues à des maladresses de traduction (mais ne l’ayant pas lu en VO, difficile de savoir qui « blâmer »).

Nous suivons différents personnages mais toute l’intrigue se déroule pendant un laps de temps relativement court: celui du conflit qui oppose le royaume de Seveldrom à l’Alliance de l’Ouest, menée par le Roi Fou Taïkon et son Nécromancien. Parmi les personnages principaux, on retrouve notamment Balfruss, un mage de guerre très puissant, Vargus, un « simple » soldat (je l’aime bien lui, vraiment, et ça me frustre de ne pas pouvoir dire pourquoi sans spoiler) mais également la princesse Talandra (un personnage plutôt intéressant elle aussi dans le genre femme de pouvoir qui sort des clichés) ainsi que l’espion Gunder. Ces quatre personnages nous permettent de suivre le récit sur différents lieux du front et à différents degrés. Avec Balfruss, forcément, c’est la bataille magique. Avec Vargus, on en apprend davantage sur la vie des soldats et ce qui se passe dans la mêlée. Avec la princesse, c’est tout l’aspect politique et avec l’espion, tout ce que la guerre entraine comme extrémités et comme bassesses.

Soyons honnêtes, Mage de Guerre est un roman de fantasy assez classique dans son histoire et dans sa construction. Même s’il ne nous épargne pas les détails gores et qu’on en parle comme de la dark fantasy, je ne le trouve pas aussi extrême que ce que je m’attendais à lire dans un ouvrage classé de la sorte. De plus, l’éternelle métaphore nazie est très clairement perceptible (surtout à travers le destin de Shael) mais ce n’est pas gênant, parce que c’est un ouvrage agréable, tout simplement. Ce n’est pas le roman de l’année, ce n’est pas mon plus grand coup de cœur de fantasy (en même temps, personne ne surpassera jamais James Barclay dans ce domaine à mes yeux. J’en profite pour vous conseiller les Ravens et les Elfes, disponibles aussi chez Milady / Bragelonne) mais c’est une chouette aventure dans laquelle on se laisse entraîner sans s’en rendre compte. On enchaîne les pages et on passe un bon moment. C’est un roman très divertissant et plutôt prenant, même si ce sont les trois derniers chapitres qui m’ont vraiment donnés envie de connaître la suite de cette trilogie.

Je conseille Mage de Guerre à ceux qui ont envie de se plonger dans de la fantasy médiévale de guerre, assez classique mais bien menée. Un premier roman prometteur ! Nous verrons ce que nous réserve le second.