Thorngrove – Cécile Guillot

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Thorngrove est un one-shot gothique écrit par l’autrice française Cécile Guillot. Publié chez Lynks Éditions, vous trouverez ce roman au prix de 14.90 euros.

Madeline est en colère contre son père et il y a de quoi. Suite à son infidélité, ses parents se séparent et elle doit aller vivre à Oakgrove (un trou perdu) avec sa mère et sa petite sœur Meadow. Là-bas, elle entend parler de la légende de Thorngrove, un manoir abandonné depuis des années autour duquel plane une aura de mystère. En le visitant pour réaliser un devoir, Madeline déclenche des évènements désastreux…

Vous le savez probablement mais je lis les romans de Cécile Guillot envers et contre tout parce qu’elle parvient toujours à me plaire alors qu’elle n’écrit pas dans les genres que j’aime habituellement. Il y a chez elle un je ne sais quoi de magique qui fait mouche. Pour une fois, celui-ci semblait pile mon genre de roman et je dois avouer que les apparences n’ont pas été trompeuses du tout.

Il s’agit ici d’un roman qualifié de gothique. Vincent Tassy, dans son mot sur la couverture, parle d’une modernisation des codes et je rejoins son opinion. Je craignais l’aspect young-adult du texte mais les deux héroïnes adolescentes ne manquent ni de profondeur, ni d’intérêt. À ceux que la mention fait fuir en général, ne vous laissez pas rebuter ! Si vous aimez les romans gothiques qui se déroulent dans de petites villes américaines, si vous cherchez une histoire angoissante pour Halloween où il n’y a aucune romance, alors Thorngrove comblera vos attentes.

Le roman se divise en plusieurs chapitres et points de vue. On alterne principalement entre Madeline et Meadow même si les chapitres de cette dernière sont courts, moins d’une page. Parfois, on découvre des extraits de journaux de deux autres sœurs, Ophélie et Clémence, qui vécurent au début du XXe siècle dans le Manoir. Elles utilisent un code pour se laisser des messages, une astuce narrative intéressante qui rajoute au frisson. L’objet-livre joue également dans la tension qui s’installe car chaque inter-chapitre arbore le dessin d’une branche de ronce dont la quantité augmente à mesure que la fin approche. Une idée ingénieuse, j’ai adoré le soin apporté à l’ouvrage. Chapeau Lynks encore une fois !

Côté personnages, Madeline et Meadow sont sœurs et ont deux ans d’écart. Madeline subit de plein fouet sa crise d’adolescence et fait tout pour protéger sa sœur Meadow qui est, selon ses propres mots, un peu bizarre. Elle voit un psy, s’attache à des animaux morts, sort parfois des phrases qui mettent mal à l’aise. Dans son esprit, elle est encore une enfant qui aime les poupées. Leur relation est très forte, complexe comme ça l’est toujours entre deux sœurs et surtout, elle compose le cœur du récit. Pas la moindre romance en vue, ce qui a constitué une excellente surprise. Le récit, rédigé à la première personne pour toutes les parties (chaque en-tête de chapitre renseigne sur qui parle mais impossible de confondre les deux sœurs) n’en est que plus immersif. J’ai adoré suivre Madeline et ses préoccupations, sa nouvelle amitié avec Blaine, ses déconvenues au lycée. Je n’ai eu aucun problème à m’identifier à elle et à me sentir concernée par ses sentiments.

Thorngrove, c’est aussi l’histoire d’une malédiction qui traverse les âges et prend racine dans la mythologie amérindienne. Je la connais assez peu et j’ai apprécié ce dépaysement. Mais ça reste surtout une histoire d’amour familial, une histoire de sœurs dotée d’une angoisse bien dosée. Le final arrive crescendo et je ne m’attendais pas du tout à cette fin violente. J’en suis restée hébétée avec le livre en main et j’ai eu besoin d’une bonne minute avant de découvrir l’épilogue. Certains ont trouvé le final trop rapide mais pas moi, au contraire. La violence du choc n’en était que plus grande ! Un pari osé mais réussi.

Pour résumer, Thorngrove est un roman gothique moderne à l’intrigue haletante et bien menée. Cécile Guillot maîtrise ses héroïnes qu’elle dote d’une psychologie crédible qui lui permet de traiter avec brio d’une relation entre sœurs doublée d’une effroyable malédiction. L’autrice est passionnée par le style gothique et cela se ressent plus que dans tous ses autres romans car elle s’approprie et modernise judicieusement les codes. J’ai passé un excellent moment avec ce page-turner addictif que je recommande plus que chaudement !

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L’enceinte 9 – Ophélie Bruneau

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L’enceinte 9
est une dystopie young adult écrite par l’autrice française Ophélie Bruneau. Publié chez Éditions Lynks, vous trouverez ce roman au prix de 18.90 euros partout en librairie.
Je remercie Bleuenn et les éditions Lynks pour ce service presse.

L’humanité a du affronter un virus dangereux et s’est repliée dans différentes enceintes, chacune sous le contrôle d’un programme de Gestion des ressources. L’action du roman se déroule dans l’Enceinte 9, un siècle après le Repli. C’est là que vit Ysa, une jeune fille surnuméraire (née sans autorisation de naissance et abandonnée par ses parents dont elle ignore tout) qui entre dans les forces de l’ordre à l’âge de dix-huit ans. Le système, elle, elle y croit… Jusqu’à ce que la réalité la rattrape. Les gens ont faim, certains groupes extrémistes ont des idées bien arrêtées sur l’avenir de l’humanité et des évènements bizarres s’enchaînent, comme cette série de suicides à laquelle la jeune enquêtrice assiste malgré elle. Ysa va donc enquêter et découvrir le monde de l’ombre.

Ce qui est assez remarquable dans ce roman et que je vais relever en premier, c’est l’univers. Ophélie Bruneau imagine une situation crédible et l’exploite d’une manière intelligente. Je n’ai aucun problème à imaginer que des Enceintes viennent à exister un jour ni que l’humanité soit confrontée à des soucis similaires avec la gestion des ressources. Au fond, on s’en rapproche. Subtilement, l’autrice propose une critique politico-sociale avec des solutions envisageables. Le roman est d’ailleurs très orienté là-dessus: comment changer, comment le faire correctement, comment se rebeller contre un système immobiliste qui n’est plus en accord avec la réalité du monde. Ce sont des questions qui me parlent beaucoup, surtout dans le climat actuel de l’Europe. Et l’autrice les traite sans transformer son roman en manifeste, chapeau.
Je n’ai eu aucun problème à croire que la vie dans l’Enceinte 9 soit possible. Contrairement à plusieurs titres populaires dans cette veine littéraire que j’ai pu lire, Ophélie Bruneau prend le temps d’expliquer comment s’organise les gestions de ressource, de matériel, etc. Parfois directement dans le texte en y confrontant ses personnages et parfois par des articles de presse, extraits de journaux anciens, etc. qui se glissent entre chaque chapitre. Ça parasite un peu le rythme du roman mais ça reste suffisamment intéressant pour ne pas devenir agaçant.

On sent bien que l’autrice a beaucoup réfléchi sur son sujet et l’a travaillé soigneusement. Je ne suis pas une adepte de la dystopie, encore moins young adult, mais celle-ci était bien menée sans tourner au manichéen. Un très bon point.

Chaque chapitre débute par une indication chronologique. Il se passe souvent plusieurs jours si pas plusieurs semaines entre deux d’entre eux et j’ai parfois éprouvé une sensation de rapidité, de résumé, ce que j’ai trouvé dommage. Je conçois parfaitement que le roman était déjà gros (500 pages avec une mise en page aérée, ça fait une belle brique) mais j’aurai aimé avoir davantage l’occasion de m’attacher aux personnages. Peut-être en se focalisant sur un unique point de vue? Ysa est présentée comme l’héroïne sur la quatrième de couverture et il est vrai que le lecteur la suit majoritairement, mais d’autres personnages parlent et par moment, j’ai éprouvé un sentiment de redondance dans les propos, dans les explications. Je ne ressentais pas la personnalité de chacun, la narration était à la fois trop ciblée sur des pensées spécifiques et pas suffisamment différente en fonction du point de vue du personnage. Je le précise, c’est mon propre goût et je suis certaine que c’est une façon de raconter qui conviendra à d’autres gens. Finalement, je me suis assez peu attachée aux protagonistes et le seul qui m’a plu, qui m’a un peu touchée, ironiquement, c’est Zéro… Soit l’I.A. présente dans l’œil d’Ysa.

J’ai conscience de ne pas être le public cible de ce texte, pourtant Ophélie Bruneau a réussi l’exploit de me faire tourner les pages sans que je m’en rende compte et ce malgré les quelques longueurs et redondances soulignées plus haut. Sa plume est efficace, maîtrisée, on ne sent pas passer le temps. Lynks propose donc à nouveau un page-turner de bonne qualité.

Pour résumer, l’Enceinte 9 est une dystopie young adult plutôt réussie. Ophélie Bruneau propose un univers cohérent et crédible avec des questionnements d’actualité. Si j’ai été un peu moins convaincue par les personnages que par l’univers, j’ai apprécié l’absence de romance pour se consacrer sur les thèmes centraux du roman qui sont eux, vraiment bien exploités. Je pense que ce texte séduira les adeptes du genre ainsi que ceux qui, comme moi, aimeraient pouvoir s’y retrouver sans jamais y parvenir vraiment. Un chouette texte engagé, comme on en trouve toujours chez Lynks, avec une fin ouverte porteuse d’espoir pour l’humanité.

Zoomancie – Adrien Tomas

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Zoomancie
est le dernier roman en date de l’auteur français Adrien Tomas qui quitte la fantasy pour s’aventurer dans la dystopie young adult. Publié chez Lynks Éditions, vous trouverez ce texte au prix de 15.90 euros à partir du 22 août en librairie.
Je remercie Bleuenn et les éditions Lynks pour ce service presse.
Ceci est ma dixième lecture dans le cadre du challenge S4F3s5 organisé par l’ami Lutin !

Dans un monde dévasté par la guerre et les catastrophes naturelles, la population mondiale s’est drastiquement réduite. Faustine travaille au refuge de Montvermeil, en plein Paris, où elle dirige les équipes de soigneurs animaliers. Elle survit et tente de ne pas succomber à la colère qui dévore la population quand une baleine s’échoue au cœur de la capitale. La jeune fille comprend qu’un lien existe entre elles, un lien qui va changer sa vie. Quelque part à Kuala Lampur, le death boker Spider a tissé une toile numérique inviolable. Quand la Num se rapproche de lui, il est déjà loin ou du moins, il le pense. Ses talents lui permettent de survivre sans problème… Jusqu’à ce qu’un autre hacker lui transmette un document crypté qui contient d’horribles secrets et va lui tracer une cible dans le dos. Quant à Kamili, il est gardien dans la réserve de Mwanga en Afrique, réserve qui subit une attaque terrible des Légion de Cendres. Accompagné par Ushingi, une des dernières femelles okapis du monde, il tente de rejoindre Paris afin de préserver cette espèce en danger.

Je vais d’abord évoquer le contexte de Zoomancie qui se place vers le milieu d’un 21e siècle aux allures terriblement prophétiques. Il y a eu toute une série de conflits entre plusieurs pays qui ont mené à la disparition de certains, à la refonte d’autres qui portent de nouveaux noms mais restent reconnaissables. Ce qui m’a marqué, c’est le renversement opéré avec ce qu’on connait aujourd’hui : l’Europe devient le tiers-monde avec un niveau de vie drastiquement bas et les pays en voie de développement saisissent leur chance sur le marché mondial. Adrien Tomas imagine un monde profondément transformé par la guerre, la crise énergétique et les catastrophes climatiques, le tout dans un futur pas si lointain qui ne manquera pas de provoquer un malaise dans la veine « coup de poing ». On a presque l’impression de lire une prophétie tant ça paraît crédible. On a droit au détail de certains évènements grâce aux documents confiés à Spider et franchement… Ça fait peur. Parce que ça pourrait arriver et parce qu’il se base sur des évènements en cours pour justifier certains choix dans la construction de son background. Le tout est, hélas pour nous, d’une crédibilité à toute épreuve. Je pense que ce genre de roman est très important à placer sur le paysage littéraire et j’espère qu’il sera lu par un grand nombre de personnes. Je salue déjà ici la performance de l’auteur sur ce point.

Au sein de cet univers évoluent plusieurs personnages. Adrien Tomas nous propose d’en suivre d’abord trois puis une quatrième qui arrive vers la moitié du roman en croisant la route d’un des premiers protagonistes. Chaque fois, la narration est à la première personne mais on ne s’y perd pas trop. Déjà parce que chaque chapitre a pour en-tête le nom du personnage concerné (et une citation musicale) mais aussi parce que chaque personnage possède sa propre personnalité bien marquée sans tomber dans le stéréotype. Chacun est bien travaillé mais j’ai regretté qu’il n’y ait pas des différences de langage plus marquées. D’autant que je sais l’auteur très capable sur ce point depuis que j’ai lu l’excellent Notre Dame des Loups.
Tous ont en commun le désir de protéger les animaux et la nature de manière générale. Pour Faustine, c’est une évidence depuis sa lecture, enfant, d’un manuel de zoologie. Pour Kamili, il n’a pas hésité à se mettre tout son village à dos pour travailler dans la réserve. Pour Spider, c’est un peu moins évident mais ça arrive avec le temps, surtout quand son existence se voit menacée. Quant à Nour, la quatrième protagoniste, dès qu’elle découvre Ushingi elle n’hésite pas à aider Kamili à atteindre son but. Toutefois, même si j’ai apprécié les qualités de chaque personnage, j’ai eu un peu de mal à m’attacher à eux. J’étais davantage intéressée par l’intrigue et l’univers, par son message, plutôt que par ses protagonistes.

L’histoire, d’ailleurs, est plutôt bien menée malgré peut-être une touche de facilité sur le dénouement final (même si je m’en doutais un peu puis on ne va pas mentir, c’était stylé) et surtout, dynamique. Je tournais les pages sans m’en rendre compte, portée par ce que je lisais. Comme toujours chez cet auteur, je souligne son sens du rythme. Toutefois, ce qu’on retient surtout de cette histoire, c’est son engagement. De nombreuses menaces pèsent sur la faune et la flore, entre les gens qui n’acceptent pas qu’on rogne des terres cultivables pour sauver des animaux, ceux qui appartiennent à des légions vengeresses meurtrières et ceux qui sont liés à une mystérieuse organisation d’hommes en bleu, les héros ne manquent ni d’ennemis ni d’obstacles à surmonter. Ce texte coup de poing s’inspire même d’éléments réels, comme on l’apprend dans les remerciements (mais je ne vous en dis pas plus pour que vous puissiez le découvrir par vous même) ce qui permet au lecteur de prendre conscience de certaines réalités. Finalement, c’est ce que je vais retenir de ce roman : son engagement, son importance idéologique. Et son message d’espoir.

Globalement, ce texte est une réussite. Sur un plan personnel, je regrette la présence de quelques amourettes (en fond toutefois donc ça ne prend pas trop de place, je vous rassure) et le fait que je n’ai pas réussi à m’attacher vraiment aux personnages. Je me prends un gros coup de vieux en disant ça mais il faut croire qu’à vingt-six ans, je suis déjà trop vieille pour le young-adult. Ou que je n’ai pas de cœur. Ou que la narration à la première personne offre un sentiment de sécurité trop important (quoi que je me rappelle un certain Notre Dame des Loups…(oui je radote)).

Pour résumer, Zoomancie prouve (si besoin en était) qu’Adrien Tomas est un auteur talentueux mais surtout qu’il est très possible de combiner un bon divertissement avec un engagement sérieux pour des thématiques actuelles sans tomber dans la niaiserie. Ce roman est une ode à la préservation de notre écosystème et dépeint un futur malheureusement (pour l’humanité) trop crédible. Avec ses héros, ce texte conviendra à des lecteurs dès le début de l’adolescence et j’ajoute même qu’il constitue un matériel pédagogique plus qu’appréciable. Je recommande donc chaudement ce roman qui vaut le détour, encore une belle réussite pour Lynks Éditions !

Les Nocturnes – Tess Corsac

Les-Nocturnes
Les Nocturnes est un one shot écrit par l’autrice française Tess Corsac. Publié chez Lynks Éditions, vous trouverez ce roman au prix de 16.90 euros.
Je remercie Bleuenn pour ce service presse et pour la jolie box pleine de goodies qui allait avec ! Que de belles surprises 🙂
Ceci est ma quatorzième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

Les Nocturnes est un roman narré à la première personne qui nous fait suivre le personnage de Natt Käfig, un jeune Rouge qui étudie à l’institut de la Croix d’iIf. Natt commence à prendre conscience qu’il lui manque des pans entiers de son passé et se retrouve embarqué au sein d’un groupe secret appelé « Nocturnes » dont le but est de dévoiler les mystères de l’endroit où ils sont, semble-t-il, retenus prisonniers.

J’aimerai en dire davantage mais ce serait spoiler des morceaux entiers de l’intrigue et je m’y refuse. Il faudra donc s’en contenter ! Je vais essayer de détailler ma chronique en évitant de trop vous en révéler.

Les Nocturnes est un roman intelligent et très actuel qui offre une notamment une réflexion approfondie sur la justice. Le texte remet en question les concepts de victime, de bourreau, comment il est facile de passer de l’un à l’autre, comment le système peut se montrer défaillant et frustrant, comment on peut être tenté de faire justice soi même avec les conséquences que cela implique. Bref, il met en scène la pluralité parfois douteuse de ce qu’on regroupe sous ce simple mot : justice. Je trouve qu’un roman comme celui là est très moderne et s’inscrit dans notre actualité. C’est un texte que j’aimerai faire lire à des jeunes pour les encourager à réfléchir dessus. Certaines scènes reprennent les débats qu’on peut entendre au quotidien à ce sujet et je n’ai pas pu m’empêcher de faire des liens avec, par exemple, les attentats terroristes. Notamment quand on juge tout un groupe sans vraiment chercher au delà des apparences, qu’on punit des innocents pour les crimes d’autres coupables ou certains coupables pour des crimes d’autres coupables en mettant tout le monde dans le même sac. Ça m’a sauté aux yeux mais peut être que j’interprète trop ?

Je vais mettre le paragraphe suivant en blanc car il contient une révélation du roman. Il suffit de passer votre souris dessus si vous désirez le lire. La suite de la chronique qui n’est pas caché ne contient aucun spoil. Tout à l’heure j’ai évoqué un profond développement sur la psychologie humaine et ça va vous paraître paradoxal avec ce que je dirai des personnages un peu plus bas mais bref, on y reviendra. Dans le texte, Natt apprend que les gens de l’institut n’ont pas volé leurs souvenirs mais qu’il a été volontaire pour une expérience de mnémochirurgie. Il commence donc à essayer de découvrir le pourquoi du comment, en s’investissant auprès du groupe des Nocturnes. Je ne vous dis pas pour quel résultat. J’ai trouvé que l’autrice mettait bien en avant tout le paradoxe de l’être humain et toute l’importance des souvenirs dans la formation de la personnalité d’un individu. Elle pousse le lecteur à se demander ce que lui aurait fait dans cette situation et surtout, à ne pas juger trop vite. core plus flagrant avec le personnage de Léo. Côté crédibilité psychiatrique, ça m’a parlé.

Dans quel genre littéraire se classe les Nocturnes? Difficile à dire… Tout au long de ma lecture, j’ai cru lire un texte contemporain mais en découvrant le dossier de Natt, j’ai lu des dates notées -46 donc de deux choses l’une: soit on est dans le passé et donc dans une sorte d’uchronie (quoi que légère) soit on est dans le futur. L’idée de mnémochirurgie et la présence de drones me ferait plutôt penser à un roman d’anticipation dans un futur pas si lointain mais tout aussi angoissant que notre présent.

Enfin, évoquons la plume de l’autrice. Tess Corsac use d’un style simple à la première personne. Les pages se tournent toutes seules mais Natt me semble plus témoin que protagoniste. C’est ce que j’ai voulu dire dans le paragraphe avant. L’autrice parle de psychologie d’une manière poussée mais ne développe pas suffisamment, selon moi, ses personnages. Parfois tout est trop rapide et pas assez intense sur les émotions. J’aime quand ça bouge mais là, il y avait trop d’ellipses pour permettre d’installer une tension palpable ou une empathie avec les personnages. J’ai tourné les pages avec curiosité sans être toutefois immergée dans le récit via les protagonistes. Une distance restait bien là, ce qui ne m’a pas empêchée de prendre du plaisir à lire ce roman. Simplement, j’ai été davantage touchée par les idées que par les différents héros qui sont d’ailleurs bien trop nombreux. Plus d’une fois j’ai confondu un prénom avec un autre, c’était frustrant.

Pour conclure, les Nocturnes fut une bonne lecture dans l’ensemble. À travers une intrigue simple mais pas manichéenne, ce roman propose une réflexion sur le concept de justice et développe avec justesse la complexité de la psychologie humaine. Si les protagonistes manquent un peu de profondeurs (je sais, ça parait paradoxal avec mon affirmation précédente ! ) et sont trop nombreux pour qu’on s’y attache vraiment, le style simple et rythmé de l’autrice donne envie de tourner les pages. On arrive à la fin sans s’en rendre compte ! C’est un livre que je recommande aux lecteurs qui aiment les romans d’anticipation.

Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus – David Bry

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Le garçon et la ville qui ne souriait plus
est un one-shot d’uchronie historique proposé par l’auteur français David Bry. Publié chez Lynks, vous trouverez ce roman au prix de 16.90 euros.
Je remercie Bleuenn et les éditions Lynks pour l’envoi (et le renvoi, merci la poste…) de ce service presse et pour tous les goodies qui accompagnaient le livre dans la box ! À savoir deux posters, une clé et un livret avec une courte nouvelle supplémentaire. C’est le genre de surprise qui fait plaisir 🙂

Avant de commencer, quelques mots sur le livre objet. Le travail éditorial est très soigné. Le roman contient quelques illustrations et chaque en-tête de chapitre propose un extrait de texte (légal, philosophique, une lettre ou autre) qui aide le lecteur à comprendre certains éléments du chapitre qui va suivre ainsi que l’univers. Je trouve ce procédé vraiment bien pensé car il évite d’alourdir l’intrigue avec des digressions. Les textes sont tous mis en page de manière différente en fonction de leur origine, ça rend très bien. Chapeau !

Nous suivons dans cette histoire le personnage de Romain de Sens. Il appartient à la haute société mais ne s’y sent pas du tout à sa place. Avec son ami Ambroise, ils ont l’habitude de fréquenter les cafés littéraires et de sortir en douce la nuit. Romain pousse même jusqu’à se rendre sur l’Île de la Cité, là où s’est développée la Cour des Miracles. Suite aux Lois de la Norme entrées en vigueur il y a cinquante ans, on y a parqué les « anormaux , ces gens qui ont des difformités physiques et / ou psychologiques. Là-bas, Romain se sent bien, à sa place… Alors quand il apprend qu’un complot menace l’Île de la destruction, il va devoir faire un choix entre sa famille de sang et celle de cœur.

Je pense honnêtement que David Bry a tout réussi dans ce roman. Ça ne m’arrive pas souvent de le dire et c’est peut-être lié au fait que ce roman m’a tirée de ma panne de lecture mais voilà, j’ai TOUT aimé dans ce texte. Je trouve aussi qu’il peut se lire par tous les types de public, autant des lecteurs plus jeunes que plus âgés parce que le message qu’il véhicule est important et que la mise en page éditoriale permet une lecture aussi rapide que fluide. Un très beau travail.

L’auteur propose un univers uchronique effrayant où la différence est une tare, ce qui invite son lecteur à réfléchir. Le message passé dans ce texte est une ode à la tolérance et à la diversité, à la richesse de l’individualité, ce à quoi je ne peux qu’être sensible. D’ailleurs, le prince a raison : si tout le monde se ressemble, on se sent rapidement seul… Dans notre société où le racisme et l’intolérance prennent de plus en plus de place, je pense qu’un livre comme le Garçon et la Ville qui ne souriait plus a toute son importance et sa pertinence.

Les personnages sont aussi une grande force dans ce texte. Romain est touchant comme héros adolescent, particulièrement réussi. Il est tiraillé entre son envie de plaire à sa famille et sa nature profonde. Le rendu de ses dilemmes par l’auteur est crédible et maîtrisé. Quand il essaie d’en parler à ses parents, il se heurte à un mur et c’est de pire en pire chaque jour. Une fois qu’il entre vraiment en contact avec la Cour des Miracles, on le sent plus épanoui. J’ai eu beaucoup d’empathie pour lui du début à la fin. Au point que je ne parvenais pas à reposer ce livre, que j’ai d’ailleurs lu en une journée !
Les personnages secondaires ne sont pas en reste. La Cour des Miracles est riche de profils très différents (mention spéciale pour Joséphine et le petit Zacharie ♥) et j’ai bien apprécié que l’auteur les fasse s’exprimer en argot. Ce choix renforce le côté immersif du roman. Pas de panique pour ceux que ça rebuterait, un lexique très complet est disponible à la fin mais ça reste compréhensible de toute façon.

En bref, le Garçon et la Ville qui ne souriait plus est un petit bijou. L’objet-livre est soigné à hauteur de la qualité du contenu, ce qui en dit long. David Bry propose une ode à l’individualité en passant des messages modernes sans sacrifier au côté divertissant avec un héros touchant et un univers uchronique réussi. J’ai eu un coup de cœur pour ce texte que je vous recommande chaudement ♥

Apocalypsis (intégrale 2) – Eli Esseriam

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Apocalypsis
est une saga fantastique de cinq romans écrit par l’autrice française Eli Esseriam. Cette seconde partie a été rééditée dans la collection RE:Lynks en avril 2018. Elle contient deux romans à savoir : Cavalier Pâle, Elias et Omega. Vous retrouverez cette intégrale chez Lynks au prix de 14.90 euros.
Je remercie Bleuenn de chez Lynks Éditions pour l’envoi de ce service presse.

Rappelez-vous, je vous ai récemment évoqué le coup de cœur qu’avait été la première intégrale de cette saga. J’étais plus qu’impatiente de commencer la suite mais je craignais aussi d’être déçue. La fin d’un roman, c’est déjà quelque chose de difficile alors d’une saga de cette envergure? J’étais tellement attaché à ces personnages, à leurs particularités… Je ne me voyais pas les quitter comme ça. Mais je n’allais pas transformer Apocalypsis en roman de Schrödinger non plus ! Du coup, je vais vous parler en détail de chaque volume avant de vous donner mon retour global.

Cavalier Pâle, Elias:
Ce roman est principalement constitué par des souvenirs et est donc rédigé à la deuxième personne du singulier. Le procédé narratif est très original et m’a beaucoup marquée (et inspirée, j’avoue). Elias étant le cavalier capable d’influer sur le temps, un Elias « du futur » écrit à l’Elias « du présent » (je mets des guillemets parce que c’est relatif et un brin plus complexe, mais vous comprendrez en lisant) afin de l’éveiller et de le mettre en garde. Dans sa réalité, il a commis des erreurs qui empêchèrent l’apocalypse et il pense que cet Elias, celui « du présent » sera plus à même que lui de les éviter. Pour l’aider, il lui évoque des éléments clés de sa vie, des personnes importantes, en mélangeant les époques et les dates. Cela peut paraître un brin brouillon au lecteur mais j’ai trouvé ce procédé aussi génial qu’immersif. Il permet vraiment de se glisser dans la peau et la psyché d’Elias, qui reste l’un des plus touchants parmi les Quatre.

Omega:
Ce roman multiplie les points de vue à la première personne. On repart donc dans une narration plus classique et qui perdra peut-être certains lecteurs puisque les débuts de chapitre ne mentionnent pas qui parle précisément. Et ce ne sont pas spécifiquement les cavaliers. On le devine à travers les informations glanées dans le texte, comme un vrai jeu de pistes. C’est quelque chose que j’ai su apprécier, d’autant que le roman parait construit comme une succession de plans. Un peu comme un film.
Cette narration permet de s’arrêter sur des personnages secondaires de la saga, de découvrir leur destin, certains secrets aussi. Le docteur Chazeranne, Iris, Noémie, Héloïse, entre autres. Je ne peux pas trop en dire sur le contenu de ce roman ou même ses thématiques, au risque de spoiler l’intrigue et des évènements clés, mais j’ai d’abord été dépaysée par Omega, incrédule aussi face aux choix de l’autrice. Puis, finalement… Je n’imagine pas une autre tournure. À mon sens, la conclusion est assez brillante et riche de signification. Puis les derniers chapitres m’ont vraiment bien bottées, les personnages qu’ils présentent sont intéressants. Ce qui a rajouté à ma frustration, finalement.

Apocalypsis est une saga addictive, profonde et bien écrite qui mérite de marquer l’histoire de la littérature fantastique française. Son autrice ose proposer des personnages qui sortent du lot, s’essaie à des styles narratifs originaux qui fonctionnent bien et opte pour un final intelligent, lourd de sens. Voilà une œuvre comme je les aime, qui offre plusieurs niveaux de lecture, où tout n’est pas blanc, noir, mais bien en nuances de gris plus ou moins sombres. Ce fut l’une de mes meilleures découvertes pour cette année et je ne peux que chaudement recommander cette quintologie !

Apocalypsis (intégrale 1) – Eli Esseriam

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Apocalypsis
est une saga fantastique de cinq romans écrit par l’autrice française Eli Esseriam. Elle a été rééditée dans la collection RE:Lynks en février 2018, en deux intégrales. La partie 1 (celle concernée par cette chronique) contient les trois premiers romans à savoir : Cavalier Blanc, Alice / Cavalier Rouge, Edo / Cavalier Noir, Maximillian. Vous retrouverez cette intégrale chez Lynks au prix de 14.90 euros.
Je remercie Bleuenn de chez Lynks Éditions pour l’envoi de ce service presse !

Avant de vous parler du contenu, quelques remarques sur l’objet en tant que tel. Puisqu’il contient trois romans, il est assez volumineux ce qui n’est pas toujours très agréable pour la lecture, surtout au début et à la fin. Évidemment, c’est une remarque purement personnelle. Le livre est soigné, chaque partie a droit à une illustration d’entrée et le travail de Miésis est, comme toujours, très bon. J’ai pu comparer avec les anciennes couvertures et je préfère de loin la sobriété très évocatrice des nouvelles.

Apocalypsis comprend donc trois romans. Chacun est écrit du point de vue du personnage qu’il concerne et sert d’introduction au personnage en question ainsi qu’aux bases de l’univers. On apprend à connaître leur vie, leur passé mais aussi la façon dont ils vont s’approprier leurs pouvoirs, dont ils vont réagir en apprenant qu’ils sont des Cavaliers. Dans un premier temps, aucun ne connait les autres mais le lecteur attentif décèlera certains indices qui marqueront une relation préalable entre Alice, Edo et Maximillian.

Si le thème principale reste bien l’apocalypse, qui transparait partout, on évoque quand même surtout des tranches de vie étudiantes. Il suffit de lire la quatrième de couverture pour savoir que Quatre Cavaliers vont entamer la fin du monde et que seules 144.000 âmes (sur presque 6.5 milliards d’humain…) pourront être sauvées. Évidemment, si la majorité des gens ne remarquent rien, il existe des opposants à cette apocalypse qui vont se dresser face aux Cavaliers, les guetter et les traquer. Maintenant que je vous ai parlé du concept général, je vais m’attarder sur chacune des trois parties.

Cavalier blanc, Alice.
À peine ma lecture entamée, j’ai succombé au charme d’Alice. C’est pourtant un personnage très froid, cynique et parfaitement asocial. Difficile, à première vue, d’apprécier une héroïne comme elle et pourtant j’adore ce type de protagoniste. Pas très surprenant, n’est-ce pas? On la découvre en premier lieu dans son quotidien scolaire. Son cerveau est une véritable encyclopédie, elle possède d’office tous les savoirs du monde, devinez à qui elle le doit. Pourtant, les connaissances encyclopédiques ne font pas tout, comme elle l’apprendra à ses dépends. Alice n’est pas une personne mauvaise mais on ne peut pas dire qu’elle soit une sainte pour autant. Elle considère la plupart de ses congénères avec mépris, ses actes ont des conséquences parfois terribles qui ne l’émeuvent pas toujours. Rarement, même. Lorsqu’elle prend connaissance de ses pouvoirs, elle entre dans une phase d’expérimentation pragmatique, scientifique et cela va parfois très loin. Forcément, elle finira par en souffrir dans une métaphore très biblique de l’apprentissage par la douleur. Là se trouve la subtilité. Alice n’est pas dénuée de sentiments ou d’émotions, ce n’est pas une sociopathe. Non seulement elle m’a touchée mais en plus, elle m’a beaucoup fait rire. C’est rare, que j’accroche autant avec un personnage féminin.

Cavalier rouge, Edo.
J’ai tout de suite accroché à Edo. Un personnage brut de décoffrage, bestial, violent à la moralité plus que douteuse. On s’attendrait à des élus un minimum vertueux, mais non. Tout ce qui compte aux yeux d’Edo, c’est son petit frère, Anel. Il est le centre de son monde, sa lumière dans cette réalité pas franchement glorieuse. Émigré serbe avec ses parents, il vit dans une maison de chantier étroite avec un père alcoolique et une mère absente, très détachée, qui doit parfois se prostituer pour leur permettre de manger. Il gagne un petit supplément d’argent en se battant au vélodrome, des combats à mort qui lui procurent un certain soulagement. Son seul but dans la vie, c’est de se tirer, se payer un appartement et emmener son petit frère avec lui. Edo vit littéralement pour Anel. Il fait de son mieux pour préserver son innocence. Sauf que forcément, rien n’est facile. Edo est à deux doigts d’être renvoyé de l’école pour son absentéisme, ce que sa mère refuse (pour les allocations, elle le dit vraiment cash, comme ça). Il va donc devoir remonter ses notes en étant aidé par les bons élèves, être présent aux cours et voir le psy (ologue, pas iatre 😉 ) de l’école une fois par semaine. Tout cela va commencer à avoir un impact positif sur Edo mais quand on est le Cavalier Rouge, avoir une vie normale n’est pas conseillé. Le ton de ce tome est assez sombre, désabusé mais pas larmoyant. Edo n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Il prend ce que la vie a à donner et avance. Il n’est ni trop fermé, trop bad boy, ni trop gentil et niais. Ce fut vraiment un pur bonheur à lire du début à la fin.

Cavalier noir, Maximillian.
J’ai eu beaucoup de mal avec le personnage de Maximillian pendant une bonne partie du roman. Pour vous dresser le tableau, Max est le fils d’une famille incroyablement riche avec une dose de sang bleu dans les veines. Tellement riche que ça en devient indécent. Il est beau, il le sait. Il est égocentrique, blasé, a tout essayé, est arrogant et globalement irrespectueux, doté d’un humour plus que douteux… Il m’a directement tapé sur le système. Mais plus l’histoire avance, plus on comprend d’une part son comportement et plus il évolue, surtout. Je trouve qu’il est celui doté du pouvoir le plus cruel et la prise de conscience qui y est liée aurait de quoi bouleverser n’importe qui. L’histoire de Max est tragique, peut-être un peu trop par moment. L’enchaînement de certains évènements parait parfois gros et le twist final me laisse un peu perplexe. J’ai été moins convaincue par ce personnage et par ce tome même si ça n’a pas cassé mon envie de découvrir les deux derniers.

J’ai parlé d’évènements qui paraissent parfois gros et tombés de nulle part. Dans la diégèse d’Apocalypsis, cela n’a rien de surprenant quand on y pense deux secondes. Le livre assume pleinement l’existence et l’intervention de Dieu non seulement dans la vie des Cavaliers mais aussi dans le déroulement de l’intrigue. C’est Dieu qui les a créé, façonné comme Il le voulait, qui a décidé de leurs épreuves. En somme, c’est assez terrifiant côté libre arbitre… Dieu a des dialogues directs avec Alice (j’ai trouvé ça assez couillu en vrai ne me demandez pas pourquoi, ça a fait mouche !), communique avec Edo d’une certaine manière et se manifeste également à Max de façon détournée. Chaque partie est précédée d’un extrait prophétique concernant l’Apocalypse. J’ai aimé le choix ambitieux de l’autrice, d’en faire un vrai personnage avec un orgueil qui transparait et une toute-puissance assumée.

Au niveau de la plume de l’autrice, elle est vraiment immersive. Chaque personnage voit sa personnalité retransmise avec brio à travers les mots d’Eli Essariam. Elle a par contre parfois tendance à la digression, ce qui est un brin frustrant.

En bref, que retenir de cette (longue) chronique? Lynks propose la réédition d’une œuvre ambitieuse à prix très réduit (14.90 euros pour trois romans, je vous défie de trouver mieux). Apocalypsis aborde des thèmes bibliques qu’on pourrait croire vus et revus avec un souffle pourtant nouveau. L’autrice prend le temps de poser chacun de ses personnages principaux dans un roman qui tourne uniquement autour d’elle / de lui et permet au lecteur de s’attacher à Alice, Edo et Maximillian. J’ai été ravie de découvrir la première partie d’Apocalypsis, je la recommande plus que chaudement car Alice et surtout Edo ont été de gros coups de cœur. J’ai hâte de lire le final de cette saga !