Francis – Loputyn

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Francis
est une bande-dessinée scénarisée et dessinée par Jessica Cioffi, une illustratrice italienne qui utilise le pseudo Loputyn. Publié chez l’éditeur Shockdom, vous trouverez cet album au prix de 16 euros partout en librairie.

De quoi ça parle ?
Métillia est une sorcière qui préfère s’amuser au lieu d’étudier. Pourtant, son grand jour approche, celui où elle va devoir se mesurer à sa meilleure amie / rivale, Camélia, pour savoir laquelle deviendra la prochaine chef de clan. La veille de ce moment crucial, Métillia prend conscience du retard accumulé et se laisse décourager. Mieux vaut boire pour oublier… Sauf que la boisson lui donne de mauvaises idées : et si elle invoquait un esprit pour l’aider ? Ainsi arrive Francis, incarné sous la forme d’un renard.

Un premier contact enthousiasmant.
J’ai eu du mal à rédiger cette chronique car je ne possède pas la culture liée à la bande-dessinée qui me permettrait d’en faire une analyse poussée comme un roman, en tout cas d’un point de vue graphique. De plus, j’avais un peu de mal à trouver les mots adéquats pour expliquer quelles émotions j’ai pu ressentir au contact de Francis. Mais j’ai décidé de passer outre tout cela car ce titre m’a vraiment touchée et je voulais absolument vous en dire quelques mots.

Je vais commencer par m’arrêter sur le dessin et sur l’objet-livre en tant que tel, qui est superbe. Il me rappelle les dessins anciens, crayonnés puis travaillés avec de l’aquarelle ou des pastels, pour un résultat dont se dégage beaucoup de personnalité. J’ai été séduite par les représentations des personnages, les couleurs qui se marient bien à l’ensemble. Le tout est imprimé sur du papier épais qui rappelle celui des cours de dessin que j’ai suivi à l’école, un peu granuleux, agréable au toucher. C’est, en prime, un papier issu du développement durable puisque l’éditeur finance la plantation d’arbres en Colombie, une initiative que je trouve plutôt positive.

Quant à l’histoire, elle est assez courte mais aborde de nombreux thèmes comme le poids de l’héritage face aux ambitions personnelles, l’importance de se confronter à notre vraie nature et de l’assumer. C’est bien fait, ça change du manichéisme habituel qu’on peut retrouver dans ce type d’histoire liées à la magie avec le bien d’un côté et le mal de l’autre. La relation qui se développe en quelques pages à peine entre Métillia et Francis est à la fois effrayante et touchante. L’autrice ne se perd pas dans trop de dialogue, préférant la mise en scène subtile pour faire passer ses messages et ses émotions. C’est très réussi.

Résolument immersif donc, je me dois de relever un petit bémol ou deux. Premièrement, les corrections de la version française laissent à désirer si bien que malgré le peu de textes, j’ai trouvé deux ou trois coquilles. Deuxièmement, l’histoire a une fin très (trop?) ouverte qu’on peut choisir d’interpréter comme on veut. L’autrice se laisse peut-être le loisir de retourner dans cet univers mais j’aurais aimé un peu plus de réponses ou au moins, entrevoir une suite.

La conclusion de l’ombre :
Malgré une fin un peu trop ouverte à mon goût qui m’a donc provoqué une sorte de frustration, Francis est une bande-dessinée magnifique autant par son dessin à la forte personnalité que pour son histoire de sorcière qui aborde des thèmes comme le poids de l’héritage et l’envie de s’en défaire. Voilà un titre plus que recommandable !

D’autres avis : je n’en ai pas trouvé hélas !