BML #25 – juillet 2020

Bonjour à tous !
J’espère que votre été débute bien, qu’il ne fait pas trop chaud par chez vous (je touche du bois, pour le moment en Belgique c’est assez agréable sauf aujourd’hui où on a droit à 35° maiiiiis bon.) et que vous avez connu de belles découvertes littéraires. De mon côté ça a été un mois à nouveau un peu compliqué où l’excellence côtoie les déceptions et les abandons. Il est temps de faire le point…

Côté roman :

Les neiges de l’éternel – Claire Krust (ActuSF)
Les brumes de Cendrelune #1 – Georgia Caldera (J’ai Lu pour elle)
Le secret du colibri – Jaye Robin Brown (Chat Noir)
Bläckbold – Émilie Ansciaux (Livr’S)
L’homme qui peignit le dragon Griaule – Lucius Shepard (Le Bélial)
La survie de Molly Southbourne – Tade Thompson (Le Bélial)
Les Damnés de Dana #3 Les larmes de Dana – Ambre Dubois (Chat Noir)
Nouvelles Ères (partie 1partie 2) – anthologie (Livr’S)
La ville sans vent – Eléonore Devillepoix (Hachette, lecture en cours)

J’ai lu sept romans, une nouvelle solitaire et une anthologie, ce qui n’est pas trop mal même s’il y a aussi eu un bon nombre d’abandons. Déjà, Félines que je devais lire pour le PLIB et au sujet duquel je me suis exprimée ici avec une certaine, disons… verve (ça a été l’article le plus lu du mois, à croire que vous aimez quand je m’énerve :D) ensuite le Dragon Griaule dont j’ai abandonné la lecture de l’intégrale vu que je n’accrochais pas au style et enfin Poumon Vert dont j’ai laborieusement lu +-20% avant d’arrêter les frais, impossible de m’immerger dedans alors que les bonnes idées me sautent aux yeux. Mais j’arrive juste pas.

Parmi les romans lus, il n’y a pas eu de véritable coup de coeur ce mois-ci, seulement des bonnes surprises venues du Chat Noir et de l’anthologie Livr’S. Dans l’ensemble, je vais qualifier cette fournée de « sympathique » mais sans plus (notez qu’à l’heure où j’écris ces lignes je suis à la moitié de la Ville sans vent qui est un cran au-dessus de juste « sympa » mais à voir). Heureusement, y’a eu les mangas…

Côté mangas :

Noragami #19, #20 (Pika)
Black Butler #15, #16, #17, #18 (Kana)
Beastars #7, #8, #9, #10, #11 (Kioon)

On reste sur des valeurs sûres ! J’ai rattrapé la publication de Noragami ainsi que de Beastars, les deux sont de gros coups de coeur mais je dois admettre que Beastars un chouilla plus que Noragami bien que les deux soient excellents et ne soient pas comparables. Je cherche toujours une bonne manière de vous parler de ce manga, d’ailleurs. Quant à Black Butler, il s’agit de ma relecture d’une valeur sûre. Je pense continuer en août pour vous présenter un nouvel arc qui se déroule en Allemagne.

J’ai également reçu pour mon anniversaire les deux premiers tomes de NeverenD un manga français auto-édité inspiré d’Alice au pays des merveilles. J’ai lu le premier que j’ai trouvé sympathique, bien dessiné, toutefois ça manquait d’un travail éditorial pour pointer les grosseurs scénaristiques. À voir ce que réserve le second !

Pour un total de 12 tomes.

Côté comics & autre :

Ashe, chef de guerre
League of Legends : realms of Runeterra

Avec mon anniversaire, j’ai reçu le comics manquant à ma collection RIOT à savoir Ashe, chef de guerre que j’ai dévoré. Je cherche toujours un moyen de vous en parler d’une manière intéressante. Quant à Realmsof Runeterra, il s’agit d’un guide de l’univers dans lequel on retrouve plusieurs nouvelles, le tout en anglais ! Je suis toujours en train de l’explorer et j’adore. Il fera aussi l’objet d’un article à part pour les nouvelles (histoire d’avoir un combo Maki et S4F3)

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. À nouveau ce mois a été un peu… plat pour plusieurs raisons toutefois avant le durcissement des mesures liées à la reprise du COVID en Belgique, j’ai pu fêter mon anniversaire avec des amies chères (#TeamLivrS !!) à Pairi Daiza et les revoir une semaine plus tard pour un autre anniversaire. Nous avons toujours bien respecté les mesures de distanciation sociale, chaque fois ça se déroulait en extérieur. Je dois avouer que cette petite parenthèse a été très salutaire pour le moral. C’est ce que j’ai envie de retenir de ce mois-ci.

Et voilà, ce bilan se termine déjà. J’espère que le mois d’août sera plus enthousiasmant sur un plan littéraire au moins et de manière générale ! Je vous souhaite le meilleur, profitez de vos vacances (si vous en avez, dans le cas contraire : COURAGE !) ♥

Nouvelles Ères (anthologie 2/2)

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Nouvelles Ères
est l’anthologie annuelle de 2020 des éditions Livr’S qui a pour thème, comme son titre le sous-entendu, le futur et son renouveau. L’anthologie appartient donc clairement au genre de la science-fiction et plus précisément du post-apocalyptique pour certains textes.

Douze auteurs sont au programme et Nouvelles Ères est parrainé par Victor Fleury, un auteur qu’on ne présente plus et qui est particulièrement apprécié sur le blog (L’Homme Électriquela prêtresse esclave).

Comme j’ai beaucoup aimé ma lecture, j’ai décidé de couper ma chronique en deux parties afin de pouvoir vous évoquer chaque texte correctement sans vous obliger à lire un retour trop long. Aussi, ce retour concernera les six derniers textes du recueil. N’hésitez pas à consulter mon billet sur la première partie.

Enfin, notez que vous pouvez trouver ce titre au prix de 19 euros au format papier et de 2.99 au format numérique, il est commandable en librairie mais si vous voulez soutenir la maison d’édition, faites le par leur site. Cette anthologie fait partie des titres qui souffrent de la crise COVID. Sa sortie était initialement prévue pour les Imaginales.

Mort à crédit – Aimé Leclercq (24/07/2020)
Gilbert Hathaway est un ancien journaliste devenu enseignant au sein d’une société qui a démocratisé l’usage d’assistants personnels de type I.A. La sienne, Carla, tient soudain des propos racistes envers l’un de ses amis et prend des initiatives, ce qui inquiète beaucoup Gilbert. Pas de chance pour lui, il va mettre les pieds dans une histoire qui le dépasse et en payer le prix.

Je n’ai pas trop accroché au style hyper familier avec lequel l’auteur raconte son histoire bien que ce soit cohérent avec le mode de narration. En fait, je devrais plutôt dire que je n’ai pas du tout accroché au personnage de Gil, très brut de décoffrage et un peu vieux con à l’américaine. Ce qui est totalement une affaire de goût puisque la nouvelle fonctionne bien et possède cette dose d’excès un peu absurde qui fait que le twist final arrache presque un sourire. De plus, les thèmes abordés sont plutôt solides et j’ai beaucoup aimé l’idée d’une I.A. raciste avec tout ce que ça implique d’un point de vue politique. Chapeau.

Le revers du silence – Fabrice Schurmans (25/07/2020)
New Paris, dans le futur. La ville est divisée en deux, une partie d’une propreté sublime où le crime n’existe plus et une autre où les habitants s’engluent dans la pollution, le vice, bref tout ce qu’on peut imaginer de pire. Hania et Farès sont inspecteurs à New Paris et le crime ne leur est pas vraiment très familier. Du coup quand leur enquête les emmène de l’autre côté de la frontière, ils vont avoir un gros choc…

Si cette nouvelle m’ennuyait d’abord un peu, je me suis rapidement prise au jeu de l’aspect policier bien géré ainsi que du contraste entre New et Old Paris. À travers une enquête dont la conclusion fait froid dans le dos, Fabrice Schurmans donne à réfléchir sur la nature humaine avec un cynisme mordant très appréciable, renforcé par l’espèce d’innocence naïve des deux inspecteurs qui tombent de haut face à la réalité. Par bien des aspects, ce texte m’a rappelé La divine proportion de Céline Saint Charle également publié chez Livr’S et dont je vous recommande vivement la lecture.

Peste-Pilon – Gillian Brousse (26/07/2020)
Dans un monde alternatif en guerre, Hammond est une espèce d’aventurier anthropologue qui rend visite à la famille de sa sœur. Là, il rencontre Jul, une sorte d’homme à l’aspect physique peu engageant qui rappelle le singe et une capacité à parler proche du néant (il ne connait qu’une centaine de mots). Jul a pourtant été témoin de l’utilisation d’une nouvelle arme, ses informations pourraient se révéler précieuses…

C’est probablement la nouvelle que j’ai le moins apprécié dans ce recueil. Pas qu’elle soit mauvaise, simplement je n’ai pas du tout accroché au style de l’auteur que je trouvais trop pompeux. Ici, tout comme dans Mort à crédit, Gillian Brousse se contente de coller à son narrateur à la première personne sauf que je n’ai pas réussi à accrocher ou même à ressentir la moindre empathie pour lui. Du coup, ma lecture m’a semblé plate bien que les idées soient présentes.

L’apocalypse n’aura pas lieu (une seconde fois) – Corentin Macé (26/07/2020)
L’apocalypse a eu lieu et David est enfermé depuis six ans dans un bunker à regarder des films pour passer le temps. Sauf que six ans, c’est long et David en a un peu sa claque. Il décide de sortir dans une tentative désespérée de se suicider. Là, il se rend compte que le virus ayant décimé la population mondiale n’a plus l’air de sévir. Il va alors rencontrer Christophe, un homme sympathique qui l’invite à rejoindre leur communauté…

Ce texte est celui que j’ai le plus aimé au sein de cette seconde partie parce que Corentin Macé joue avec les codes narratifs du post-apocalyptique en les tordant pour prendre le contrepied. Une fois la première surprise passée, David s’attend à un monde à la Mad Max sauf qu’il tombe sur une communauté très pacifique où tout se règle par le dialogue. Ça l’ennuie vite, il décide donc… de foutre la merde, purement et simplement. Si on ressent d’abord beaucoup d’empathie pour David, celle-ci s’efface à mesure de ses actes qu’on découvre avec des yeux ronds. C’est délicieusement provocateur, cru et bien pensé. Une magnifique réussite ! J’ai hâte de lire d’autres textes de cet auteur prometteur.

La machine à capter le chant des sirènes – Sylwen Norden (26/07/2020)
Un homme (dont le prénom m’échappe totalement au point que je doute qu’il ait été cité) arrive sur une île très au nord de l’Irlande sur laquelle il décide de s’installer au sein d’une petite communauté étrange. Il prend la responsabilité des « machines du vieux Dermot », machines aux propriétés surprenantes.

Je dois avouer être totalement passée à côté de cette nouvelle. Pour ma défense, je l’ai lue très tard dans la soirée et j’aurais probablement du la garder pour le lendemain matin. Ce texte est différent de tous les autres, Sylwen Norden opte pour une style littéraire très poétique avec des évènements à la limite de l’onirisme. Je suis assez hermétique à cela pour le moment mais je salue volontiers la façon d’écrire de l’auteur. Je reviendrais à ce texte quand le moment s’y prêtera mieux pour moi.

Les Hydropares – Wilfried Renaut (27/07/2020)
Sable est une subaq, une humaine modifiée pour la vie marine. Mercenaire, elle accepte d’aider un ethnologue à découvrir davantage d’informations sur les Hydropares, un peuple océanique de la planète Neptune. Sauf que Sable va être utilisée malgré elle et les conséquences pour le peuple concerné risquent d’être terribles.

Le recueil se termine en beauté avec cette nouvelle qui questionne l’habitude qu’a l’homme à détruire tout ce qu’il touche pour son propre bénéfique, sans jamais apprendre de ses erreurs précédentes. La narration à la première personne est très efficace, le monde créé par Wilfried également. Il ne manque pas de promesses ! Toutefois, à l’instar de SOFIA (c.f. mon autre billet) les Hydropares se termine là où le texte aurait pu commencer car c’est un très bon prologue à un roman de plus grande envergure qui, j’espère, verra le jour.

La conclusion de l’ombre :
À l’exception de deux textes (et demi) la seconde partie du recueil m’a moins enthousiasmée que la première. Pas parce que les nouvelles ont une qualité moindre mais parce que leur style correspond moins à ce que j’apprécie de lire en ce moment. Dans l’ensemble, je ressors très satisfaite par cette découverte. Je vous recommande chaudement de jeter un œil par vous-même à Nouvelles Ères, vous ne serez pas déçu(e)s.

Pour les blogueurs intéressés qui souhaitent mettre en avant une petite structure belge, il est possible de demander ce recueil en service presse numérique sous simple envoi de mail à service-presse[a]livrs-editions.com.

D’autres avis : Sarah’s Diary – vous ?

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BML #24 – juin 2020

Bonjour à tous !
J’espère que vous allez bien et que votre mois de juin a été riche en lectures agréables. Nous nous retrouvons (déjà !) pour le bilan mensuel et vous allez le voir, il y a eu quelques abandons, quelques déceptions, mais pas que car même dans l’ombre, on garde le moral 😀

Côté romans :

Les brigades fantômes – John Scalzi (SP – l’Atalante)
Thunder #1 – David S. Khara (SP – ActuSF)
Les secrets du premier coffre – Fabien Cerutti (SP – Mnémos)
La guerre des trois rois – Jean-Laurent Del Socorro (ActuSF Graphic)
Yardam – Aurélie Wellenstein (Scrineo)
Les anges oubliés – Graham Masterton (Livr’S – lecture en cours)

J’ai terminé seulement six romans et j’en ai abandonné deux. D’abord Rocaille dont j’attendais beaucoup hélas le texte m’a rapidement lassée avec sa romance inutile et son protagoniste principal qui n’est pas vraiment celui qu’on croit -et que je n’ai pas apprécié. Ensuite j’ai tenté le Tour Décrou au Chat Noir (comme quoi vous voyez y’a aussi des Chat Noir auxquels je n’accroche pas :P) mais là c’est le style d’écriture et le choix narratif qui n’a pas su me convaincre, j’ai préféré le mettre de côté pour le reprendre à un moment plus propice. Le truc c’est que ces deux textes, surtout Rocaille, m’ont pris pas mal de temps parce que je repoussais sans arrêt le moment de les abandonner. Pour ne rien arranger, les autres romans lus (à l’exception des valeurs sûres : Fabien Cerutti et Jean-Laurent Del Socorro) ne m’ont pas plus emballée que ça. C’était sympa, divertissant, pas transcendant du coup j’ai eu un goût de trop peu sur mon mois. Même le Scalzi, je l’ai trouvé en-dessous des qualités habituelles de l’auteur donc je suis restée sur ma faim. Espérons que la tendance s’améliorera avec le mois de juillet !

Côté mangas :

Chobits #2 (Pika)
Otaku Otaku #4 -> #7 (Kana)
Noragami #12 -> #18 (Pika)
Beastars #6 (Ki-oon)
Assistant Assassin #1 (Omaké)
Anonyme ! #1 (Soleil)

Heureusement les mangas ont bien rattrapé les déceptions littéraires. J’ai continué avec plaisir la saga Noragami à laquelle je suis accro. Je vous en ai d’ailleurs parlé dans un article spécial d’À l’ombre du Japon, tout comme Otaku Otaku qui a eu droit à son focus. Enfin, j’ai testé une nouvelle formule thématique en chroniquant deux mangas qui usent du même archétype en donnant pourtant un résultat totalement différent. Il reste également Chobits que j’ai pris plaisir à découvrir (je dois écrire dessus d’ailleurs) ainsi que Beastars dont je continue la découverte, en papier cette fois ! Un article à ce sujet viendra bientôt une fois que j’aurais pu récupérer les tomes suivants.

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Ce mois-ci a été un peu compliqué, pas très heureux dans l’ensemble (rien de dramatique rassurez-vous 😉 ) mais en creusant j’ai réussi à trouver quelques éléments positifs. Déjà, j’ai pu retourner à l’éducation canine avec Loki ce qui nous fait beaucoup de bien à tous les deux. Ensuite, le challenge S4F3 a commencé et c’est probablement mon défi littéraire préféré de tous les temps ♥

Et voilà, ce bilan se termine déjà. J’espère que vous passerez de bonnes vacances d’été et un beau mois de juillet ! 😀

La divine proportion – Céline Saint Charle

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La divine proportion
est un thriller dystopique écrit par l’autrice française Céline Saint Charle. Édité par Livr’S Éditions, vous trouverez ce roman au prix de 18 euros dans sa version papier et 4.90 dans sa version numérique.

Je vous ai déjà parlé de cette autrice avec un autre one-shot, post-apocalyptique cette fois : #SeulAuMonde.

De quoi ça parle?
Héléna (alias Léna) est journaliste web. Contrainte par son patron de se rendre à Berdoux pour effectuer un reportage au sujet d’un orphelinat qui reçoit une subvention, elle va découvrir l’envers d’un décor effrayant. Elle y rencontre la petite Cerysette, une enfant souffrant d’un angiome qui la défigure. En échangeant avec la petite, Léna prend conscience des conditions de vie assez affreuses pour ces invisibles, ces oubliés du système. Quand la gamine disparaît, la journaliste s’empresse de déposer plainte au commissariat auprès de Lucas Donadio, un flic sur le point de partir à la retraite. Ensemble, ils vont enquêter et remuer des secrets que le gouvernement français aurait préféré continuer de cacher.

Une dystopie terrifiante aux accents quasi prophétiques.
Si l’action se déroule en France, l’autrice évoque la situation des États-Unis afin d’expliquer quelques éléments clés du fond historique. En 2020, le président américain a pété un câble, fermé les frontières du pays et réinstauré une dictature patriarcale (wait a minute…). Depuis, des femmes fuient en masse pour se réfugier en Europe, notamment en France où elles n’ont aucune existence légale. On les parque dans des bidon-villes où elles n’ont pas beaucoup de choix quant à leur avenir. Peu après, le président Rollin arrive au pouvoir en France et propose plusieurs projets politiques. D’une, le réaménagement du territoire en dédiant des villes à certains secteurs / métiers et en reconstruisant sur base du nombre d’or. Il reçoit beaucoup de moqueries des politiques mais un grand soutien des citoyens qui accrochent plutôt bien à ses idées novatrices. De deux, l’application de la loi du Talion.

Oui, le Talion, celui de la Bible : œil pour œil, dent pour dent. Grâce à un procédé technologique dont je vous épargne les explications précises pour ne rien gâcher du roman, on peut faire vivre à un bourreau les souffrances de sa victime pendant x temps en guise de châtiment. Ça calme les ardeurs, direct. D’autant que tous les adolescents ont droit à un « Talion d’essai » en guise de prévention… Ça fonctionne si bien que la criminalité a drastiquement baissé, assez pour que la police ne porte plus d’armes et que les légistes se contentent d’autopsier des suicidés et des morts naturels pour ne pas perdre la main.

Sur le papier, la France s’en sort plutôt bien. Les autres pays l’envient beaucoup, d’ailleurs. Sauf qu’on se rend rapidement compte qu’il y a anguille sous roche…

Des thématiques fortes et actuelles.
Céline Saint Charle ne se contente pas de proposer une enquête intéressante au rythme maîtrisé. Elle apporte une réflexion sur des sujets dangereusement d’actualité comme la question des réfugiés. Dans la divine proportion, il s’agit de jeunes femmes américaines qui essaient d’échapper à un pays rétrograde où on les considère à peine comme des objets de valeur. Elles cherchent donc une vie meilleure en Europe… Ça vous rappelle quelque chose ? Tant mieux, gardez ça à l’esprit. Ces femmes, en arrivant, n’ont pas d’identité. Elles n’existent pas, aux yeux de l’État. Si elles meurent, ça ne les regarde pas et elles n’ont même pas droit à une sépulture décente. Elles n’entrent même pas dans les statistiques des crimes commis sur le territoire, d’ailleurs. Si bien qu’une existence parallèle, presque un monde à part, se déploie dans l’ombre de l’officiel. On y trouve ceux qui ont commis des crimes et craignent le Talion, des prostituées utilisées par les citoyens français les plus riches (hypocrisie quand tu nous tiens) et bien entendu, leurs enfants qu’elles confient pour la plupart à l’orphelinat du coin en espérant qu’ils auront un avenir meilleur en étant adopté par des personnes disposant d’une nationalité.

Ces thématiques profondément humaines interpellent et ne peuvent pas laisser de marbre d’autant que l’autrice se les approprie très bien. Elle les met en avant en le justifiant par son histoire, sans jamais appuyer inutilement ou transformer la Divine Proportion en pamphlet politique. L’équilibre fonctionne.

Un texte porté par les femmes.
L’autrice réussit à brosser une galerie de personnages féminins crédibles et touchants. Elles n’ont pas toutes le beau rôle et c’est ça qui est intéressant parce qu’on ne tombe pas dans le manichéisme type les mâles sont des monstres et les pauvres femelles totalement en détresse. Elles sont victimes, elles sont bourreaux, elles sont tantôt fortes, tantôt faibles, elles vivent dans des conditions difficiles et se battent pour ce qui leur tient à cœur. Pour la petite histoire, l’autrice avait proposé à ses lecteurs de choisir les prénoms des personnages secondaires. Une info qu’elle révèle dans les remerciements. Je trouve l’initiative hyper sympa. Je ne vais pas détailler chacune de ces femmes parce qu’elles méritent toutes qu’on leur rende justice, toutefois je vais m’attarder sur Léna et Cerysette qui sont les héroïnes de ce texte. Léna est donc une journaliste qui a du mal avec les contacts humains. Pas très douée socialement, le sang chaud, la fougue de la jeunesse pas encore désabusée, elle se bat bec et ongle pour divulguer tout ce qu’elle apprend durant son enquête afin que le public soit au courant. Elle m’a agacée quelques fois mais ça ne la rend que plus humaine. Quant à Cerysette… C’est une gamine qui crève le cœur. Harcelée par les autres enfants à cause de son angiome, ils la traitent de monstre et refusent de devenir son amie. Enfant solitaire d’une résilience exceptionnelle, la vie ne lui fait vraiment pas de cadeau, ce qui ne l’empêche pas de conserver une candeur et une bonté qui provoquent plus d’une fois les larmes aux yeux du lecteur.

Le mieux dans tout ça c’est que Céline Saint Charle ne diabolise pas les hommes pour autant. Lucas Donadio est un flic bedonnant sur le départ pour sa retraite en Bretagne. Il est droit, honnête, il s’implique dans l’enquête alors qu’il pourrait très bien poser ses jours de congé pour préserver sa tranquillité. Il a un caractère un peu bourru ce qui ne l’empêche pas de posséder une véritable profondeur. La psychologie de ce protagoniste ne manque pas de nuance, je l’ai trouvé très réussi. Quant à Tony, autre homme remarquable, il est l’employé du bordel de Berdoux, chef de la sécurité. Un ancien malfaiteur qui a du cœur en plus de talents culinaires indéniables !

Pour le plus grand bien.
Jusqu’où peut-on aller pour le bien de la majorité ? Pour le bonheur du plus grand nombre? Voilà une question qui transcende tout le roman. Je ne peux pas développer dans le détail afin d’éviter tout divulgâchage toutefois sachez que la divine proportion ne se contente pas d’être un thriller efficace. Le roman va au-delà et se veut texte réflexif. Quand on le referme, on ressent un malaise en espérant qu’il ne devienne pas prophétique. C’est là tout le talent de cette autrice : ce qu’elle raconte est si crédible que ça en devient possible, envisageable. Chapeau.

Un mot sur le Chien…
En tant que personne engagée dans le bien-être animal, je ne pouvais pas occulter le sujet du Chien. Je mets une majuscule parce qu’il s’agit du nom du canidé adopté par Léna lors d’un reportage à la SPA pour se rattraper après qu’elle ait un peu gaffé. Elle le possède depuis plusieurs mois et ça ne se passe vraiment pas très bien entre eux. Ils ne se comprennent pas, lui pisse sur le tapis et se retient en balade exprès, bref elle vit l’enfer. Chien a une importance dans le roman que je tais pour vous laisser la découvrir mais ce que j’ai surtout apprécié c’est la manière dont Céline Saint Charle explique le problème de l’animal. Quand on a que les justifications de Léna, on imagine un animal un peu retord, vicieux même, ce qui donne une assez mauvaise image des chiens adoptés ou de la SPA qui est bien contente de lui refiler un de leurs pensionnaires. Pourtant, Donadio comprend tout de suite où le bât blesse puisque, chance, son oncle est éducateur canin. D’où l’importance de consulter des professionnels quand on rencontre un souci avec son animal au lieu de se braquer ou pire, de baisser les bras. Je ne vous en dis pas plus toutefois c’était la première fois que je lisais un roman qui évoquait ce type de sujet. Même si c’est accessoire face au reste de l’intrigue, j’avais envie d’en parler et de dire merci à l’autrice pour ça.

La conclusion de l’ombre :
La divine proportion est un thriller à la française de grande qualité. Non contente de proposer une intrigue intéressante et bien menée, Céline Saint Charle construit des personnages à la psychologie travaillée ainsi qu’un fond réflexif qui laisse pantois. Le talent de cette autrice auvergnate se confirme un peu plus à chaque roman. Je ne peux que vous en recommander chaudement la lecture !

That’s a long way to hell – Marianne Stern

9782379100314
That’s a long way to hell
est un one-shot écrit par l’autrice française Marianne Stern. Publié chez Livr’s Éditions dans la collection Névroses, vous trouverez ce roman au prix de 18 euros.

De quoi ça parle ?
Néoberlin, 2064, sous le régime communiste. Quelques années auparavant, un échange de bombes avec les États-Unis a effacé le reste du monde (selon la propagande en vigueur) de la carte. Hans vit dans les faubourgs et a un rêve : monter un groupe de metal qui jouera sur la Place Rouge à Moscou. Il va tout donner, tout sacrifier, pour l’accomplir. Enfin, si les fantômes le laissent faire…

Une uchronie fantastique ou une dystopie post apocalyptique ?
Jouons un peu sur les genres, sans chercher toutefois à égaler le Grand Serpent dans ce domaine. L’univers de fond créé par Marianne Stern n’est pas le point central du roman. Il est rapidement brossé dans le premier chapitre, quand Hans réfléchit à sa situation et qu’il montre à son meilleur ami un vinyle « de l’ancien monde » retrouvé aux puces. On apprend ainsi que l’action se déroule à Néoberlin, qui se situe dans ce que nous pouvons identifier comme l’Allemagne. Le Parti dirige le pays, nous sommes donc bien en plein régime communiste en partant du principe que la Russie a gagné la Guerre Froide, qui n’a pas vraiment eu le temps de durer. On peut donc parler d’uchronie puisque la modification historique se situe avant notre époque (en 1964 avec cette fameuse bombe). Mais si j’évoque la dystopie post apocalyptique, c’est pour deux raisons. La première, c’est pour sa définition stricto sensu. Une dystopie évoque une utopie sombre qui dépeint une société où les gens ne peuvent pas atteindre le bonheur. C’est un peu le cas dans ces faubourgs insalubres où vit Hans, qu’on tente de faire entrer dans le moule des gentils petits russes qui travaillent d’arrache-pied pour le bien de la société. Hans ne veut pas se tuer à l’usine comme Max. Il a un rêve, un rêve difficile à atteindre au point qu’il va lentement glisser vers le cauchemar. Enfin, je parle de post-apocalyptique parce qu’il semble que la société en tant que telle ne survive que sur une infime partie du Bloc de l’Est. On ignore tout de ce qui se passe ailleurs. À l’horizon, on ne voit que le no man’s land, réputé hanté. Tout qui s’y aventure n’en revient jamais et on repêche souvent son cadavre quelques jours plus tard. L’aspect surnaturel se situe ici et on s’interroge longtemps : sont-ce des superstitions? Hans perd-il la tête ? Délires tenant au psychiatrique ou à la trop grosse prise de drogue ? Le mystère plane et son classement dans la collection Névroses est extrêmement judicieux. Il permet de conserver le suspens jusqu’au bout.

Voilà pour le fond du roman. Personnellement en tant que lectrice, je n’ai à aucun moment ressenti le besoin d’en apprendre davantage. Marianne Stern donne les informations basiques de manière rapide, ce qui frustrera peut-être les accrocs aux univers approfondis mais ce n’est pas du tout le but de ce roman davantage axé sur la psychologie, la musique et les personnalités / relations toxiques.

De Hans à Richard, l’anti-héros par excellence.
That’s a long way to hell est écrit à la première personne au présent, ce qui nous offre une plongée dans la psyché de son personnage principal : Hans Schmidt qui deviendra Richard Sarakin en choisissant son nom de scène. Jeune adulte qui croit à fond dans ses rêves, il déteste la perspective de travailler en usine toute sa vie et rejette toute forme de contrainte. Le roman commence quand sa mère le met dehors après avoir découvert sa dope dans sa chambre. Sans se démonter, Hans va vivre chez Max, son meilleur ami, tel le bon parasite qu’il est parce qu’évidemment, il n’a pas une tune. Hans est un connard, n’y allons pas par quatre chemins. Il a un ego monstrueux, est vaniteux, exigeant envers les autres autant qu’envers lui-même. Il se donne à fond pour son projet au point de pourrir l’existence de ceux qui gravitent autour de lui. Pour ne rien arranger, le lectorat le vomira volontiers pour son comportement envers les femmes. Sa mère, déjà, Ana, dont il cherche l’amour à tout prix et qu’il n’hésite pas à insulter par frustration en se montrant carrément affreux. Sa copine aussi, Tania, avec qui il adopte un comportement de véritable enfoiré jusqu’à se mettre à lui taper dessus quand elle le contrarie. Ses accès de violence, il les justifie par la prise d’alcool et de drogue mais surtout par les actes de Tania qu’il qualifie très souvent d’emmerdeuse. Pour ne rien arranger, notre personnage principal souffre de plusieurs addictions qui lui rongent le corps autant que l’esprit.

Un connard, donc, il n’y a même pas à tortiller. Un type immonde et infect. Pourtant, Marianne Stern réussit l’exploit de provoquer chez son lecteur quelques étincelles de compassion à certains moments. Un sentiment qui dérange, parce qu’on n’a pas envie d’apprécier Hans / Richard malgré son génie, son talent musical. Et pourtant… Un anti-héros aussi maîtrisé que méprisable. Il fallait l’oser ! À mon sens, il est nécessaire de savoir où on met les pieds avec ce roman avant de l’entamer pour ne pas bloquer sur les éléments évoqués plus haut et que je vais encore m’employer à développer dans un paragraphe dédié.

Sexe, drogue et rock’n’roll.
That’s a long way to hell est clairement et avant toute autre chose, un roman musical qui exploite la culture metal underground avec tout ce qu’elle a d’excitant mais aussi de moche. Hans est un passionné, il vomit sur la musique imposée par les ruskis et se débrouille pour dénicher de vieux vinyles de groupes emblématiques pour apprendre et s’en inspirer. Les passages sur scènes dégagent une puissance qui fera vibrer les passionnés. On sent que l’autrice adore ce sujet et elle nous transmet brillamment sa passion.

Mais il n’y a pas que la musique, dans ce roman. Il y a tout le package qui va avec la formation d’un groupe. J’ai déjà parlé des addictions d’Hans mais il n’est pas le seul à boire, à fumer ou à considérer les filles comme des objets. Ces états seconds participent à l’ambiance générale du texte que l’autrice retranscrit très bien. On s’immerge volontiers dans le quotidien des Guns of Berlin et on les suit avec une fascination morbide en attendant l’instant où tout va exploser. Parce que oui, Hans a trouvé son équivalent en matière d’ego au moment où il a recruté Alex, le guitariste ! Il se pose là aussi dans le genre connard. Seuls Max et Tomas sont un peu plus posés. Le premier par amitié même si la coupe se remplit petit à petit. Le second par un tempérament plus doux. L’alchimie fonctionne bien dans le désaccordement de ces personnalités.

La représentation féminine.
Je ne peux pas ignorer cette thématique, surtout en cette période où fleurissent de nombreux articles très intéressants sur le sujet (j’en profite pour vous inviter à lire le billet de Planète Diversité !). J’ai tendance à penser que Marianne Stern représente mieux les personnages masculins que féminins dans le sens où elle maîtrise mieux leur psychologie (notez que je n’ai pas encore lu son dernier roman, Tu es belle Apolline, où l’héroïne est une femme. Mon opinion à ce sujet est donc amenée à évoluer). Ici, deux femmes sortent du lot. Ana, surnommée la Reine Mère par Hans, qui déteste son enfant depuis sa naissance, sans doute parce qu’il lui rappelle cet homme dont elle était folle et qui l’a abandonnée enceinte. J’évite de nuancer pour ne rien divulgâcher mais c’est l’impression qu’elle dégage pendant une grande partie du texte et même après certaines révélations, on ne eut s’empêcher de relever un certain paradoxe autour de cette notion d’amour maternel. Ana n’a jamais aimé que cet homme et se laisse mourir à petit feu depuis son départ. Elle apparaît assez souvent dans différents échanges avec son fils et j’ai trouvé leur relation vraiment passionnante en plus d’être terriblement toxique.

Quant à Tania, c’est à la base une jeune femme qui travaille dans un club à hôtesse et qui souffre visiblement d’anorexie. Elle y a rencontré Hans et est amoureuse de lui au point de finalement aller vivre à ses côtés dans l’appartement de Max. Toute femme qui lira That’s a long way to hell se demandera probablement pourquoi Tania s’obstine dans cette relation toxique magistralement mise en scène. C’est énervant, dérangeant, on a envie de rentrer dans le texte pour la gifler et j’en arrivais à avoir du mal à ressentir de l’empathie pour elle, alors que c’est la victime. Clairement, la représentation de la femme en prend un coup.

Mais…
Parce que oui, y’a un mais. Déjà, souvenez-vous, le roman se passe dans un univers uchronique sous régime politique communiste. Arrêtez moi si je me trompe mais je n’ai pas spécialement le sentiment que la femme est super bien considérée dans le Bloc de l’Est, peu importe que cent ans se soient écoulés. On peut se montrer tatillon en disant que l’autrice aurait pu justement changer mais mais ce n’est pas le propos de son roman. Ensuite, il est nécessaire d’avouer et d’accepter que des personnes comme Tania existent dans la réalité. C’est une victime défoncée par la vie, dépendante affective, anorexique, souffrant probablement d’autres troubles mentaux, bref c’est un personnage crédible qu’on pourrait -malheureusement- croiser dans nos vies. Enfin, tout est raconté et vécu du point de vue de Hans ce qui empêche les nuances puisque lui-même en manque, sauf quand il s’agit de musique. Je pense que c’est important de l’avoir à l’esprit en commençant ce roman. Enfin, ce n’est pas le sujet central de That’s a long way to hell qui se veut un roman musical, métalleux, qui suinte l’alcool et la drogue. On adhère ou pas, ça n’enlève rien à la qualité du texte. Personnellement, en tant que femme, je ne ressens pas systématiquement le besoin dans mes lectures de croiser des personnages féminins forts ou qui sortent du lot. J’avais déjà eu une réflexion semblable dans ma chronique sur Wyld. Le roman tient les promesses faites par la quatrième de couverture, c’est ce que je voulais lire, ça me suffit. Mais je sais que ça va déranger certain(e)s lecteur(ices) donc je me dois de préciser tout ça et de mettre en garde.

La conclusion de l’ombre :
That’s a long way to hell est un one-shot plutôt réussi qui pose une ambiance metal, drogue et décadence à l’ancienne mode. Porté par un anti-héros qu’on adore détester, le texte se place à la frontière des genres : surnaturel ou pas ? Vous le découvrirez en achevant sa lecture. Orienté autour de la psychologie des personnages et les relations toxiques, ce texte provocateur fera grincer des dents mais on le lit justement pour cette raison. J’ai beaucoup aimé et je ne peux que le recommander chaudement.

UP / La Mélodie – Émilie Ansciaux

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La Mélodie
est une novella fantastico-horrifique écrite par l’autrice belge Émilie Ansciaux et illustrée par l’artiste français Chris Weyer. Édité par Livr’S Éditions, vous trouverez ce texte court dans la collection Névrose (et non plus Suspense comme auparavant) au prix de 10 euros.

J’ai lu ce roman un mois avant d’ouvrir le blog (donc en avril 2017 sur le retour de Trolls et Légendes, je m’en rappelle très bien) et je me promets depuis tout ce temps de réactualiser mon avis posté sur booknode afin que vous puissiez en apprendre plus sur la Mélodie. L’approche d’Halloween me pousse à ne plus repousser au lendemain. Mais de quoi ça parle ?

Un homme achète une maison dans laquelle il emménage. Tout se passe bien, jusqu’à ce qu’il commence à entendre une drôle de musique…

Et non, je ne vais pas plus loin, au risque de divulgâcher le contenu.

Quand j’ai commencé à lire cette novella, j’ai cru qu’on m’avait fait une mauvaise blague tellement c’était… Plat. On y rencontre un homme qui vient de déménager, qui défait ses cartons, dans un style de narration à la première personne. Il nous explique son avancée, son petit drame personnel, mais en soi… Cela me semblait absolument quelconque, sans grand intérêt. Erreur ! Quelle erreur ! Si l’autrice commence de cette manière, c’est uniquement pour instiller un faux sentiment de sécurité, de banalité. Parce que tout ce qui arrive derrière est loin d’être du déjà-vu. Je ne m’attendais absolument pas à une histoire de ce genre et j’ai été très agréablement surprise.

Et même… Je l’avoue… Un peu dégoûtée par moment. Pari réussi ! Certaines scènes décrites sont juste immondes, sans que ça soit trop poussif. Un équilibre a été trouvé entre les mots et l’imagination du lecteur, qui fait que ce roman court est très bon et ne tombe pas dans l’horreur gratuite. Tout un exercice de style.

L’écriture de l’autrice est agréable, familière, pour coller justement à la psyché de ce personnage masculin. J’ai noté quelques répétitions au fil du texte, qu’on peut pardonner justement à cause du choix narratif effectué par Emilie Ansciaux. On ne s’exprime pas de la même manière quand on utilise un narrateur interne. En tout cas, son écriture est immersive et franche.

Une surprise, voilà ce qu’a été, pour moi, la Mélodie. Je n’avais encore jamais rien lu de l’autrice avant ce texte et il reste encore à ce jour mon favori. Si vous recherchez une lecture glaçante pour accompagner votre mois d’octobre, cette novella fantastico-horrifique de 90 pages est faite pour vous. Âmes sensibles s’abstenir !

FOCUS – Partenariat : Livr’S Éditions

Bonjour tout le monde !
Après quelques jours de silence sur le blog, je reviens vers vous avez la présentation d’un partenaire presse qui est là depuis le mois de février. Pourquoi j’ai tant tardé? Plusieurs raisons à cela: j’y ai fait mon stage, j’y ai signé un contrat d’édition, bref je craignais qu’on y voit une forme d’auto promotion ou de copinage. Pourtant, il y a trop peu de maisons d’édition sérieuses dans le paysage belge pour se priver de présenter la meilleure (oups, là c’est un parti pris :3).

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Livr’S Éditions voit le jour en Janvier 2015 à l’initiative d’Émilie Ansciaux, qui est également autrice. Basée à Mons, cette structure a pour ambition de promouvoir la littérature francophone, classique et de l’imaginaire ! Le catalogue est donc assez étendu et peut combler un large lectorat. Ses auteurs viennent majoritairement de Belgique, de France et de Suisse bien que récemment, Livr’S a pu se féliciter de signer Graham Masterton pour un roman inédit, rien que ça !
Comme c’est si joliment dit sur le site: Livr’S Éditions, c’est l’ivresse des livres, tout simplement.

Ce que j’apprécie tout particulièrement dans cette structure, c’est la variété couplée à la qualité de son catalogue. On trouve des ouvrages pour la jeunesse qui sont bien pensés sur un plan d’objet livre ainsi que de contenu (pour vous donner une idée, j’en ai même lu certains !) mais aussi une littérature parfois gore, d’horreur, thriller, à destination d’un public plus adulte et mature. Entre ces deux extrêmes? Du fantastique, du policier, un peu de fantasy, de la science-fiction, des récits contemporains, tous très variés mais avec une identité littéraire forte.

Dans le cadre de mon stage, j’ai lu une grande partie du catalogue. Est-ce que j’ai tout aimé? Non. Mais je ne peux qu’applaudir et souligner la volonté qu’a l’éditrice de continuellement s’améliorer, de se remettre en question, d’apprendre de ses erreurs. C’est plutôt rare dans le milieu !

Alors, pour rappel, voici les chroniques des romans lus et que je vous recommande:
Le Puits des âmes – Émilie Ansciaux
Mémoires Assassines – Christelle Colpaert-Soufflet
Dévore-Moi ! – Tiffany Schneuwly
Sans nouvelles (anthologie)
1, 2, 3… Zombies ! – Bertrand Crapez
#SeulAuMonde – Céline Saint Charle
Hanafuda – L. A. Braun
Altérez-moi – Thomas François

Avant d’ouvrir le blog, j’avais également lu « La mélodie » d’Émilie Ansciaux et je crois que ça donnera lieu à un petit article « re-up » sous peu puisque j’avais beaucoup aimé cette histoire courte et horrifique ^-^

Livr’S est une maison d’édition belge à suivre et à découvrir. Pour cela, amis blogueurs, n’hésitez pas à vous rendre sur Simplement.Pro afin de demander l’un ou l’autre service presse, si vous craignez de vous lancer sans filet de sécurité ! Hanafuda et Altérez-moi y sont disponibles et c’est du lourd ♥

Vous pouvez également suivre la maison d’édition sur tous ses réseaux : Site InternetFacebookTwitterInstagram.

Connaissiez-vous cette maison d’édition? Avez-vous déjà lu des auteurs belges? Est-ce que cette présentation vous donne envie de le faire ? 🙂

Le Printemps de l’Imaginaire francophone

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Certains ont peut-être entendu parler du fameux Printemps de l’Imaginaire francophone, organisé par le blog Monde Fantasy. Il s’agissait de lire, entre le 1er mars et le 1er juin, des œuvres de SFFF écrites par des auteurs francophones. Il existait trois paliers de difficultés: lire au moins un ouvrage, au moins trois ou au moins six, avec différentes options (petits éditeurs, auto-édités, etc.). Quand j’ai entendu parler de ce challenge, j’ai immédiatement été séduite. Pourquoi? Premièrement, je suis moi-même une auteure francophone de Fantasy et une telle initiative me réjouissait. Ensuite, elle permettait de mettre en avant la production française, trop souvent laissée dans l’ombre. Je vous invite d’ailleurs à lire l’article de Monde Fantasy sur l’imaginaire francophone en péril, qui propose un état des lieux aussi pertinent d’inquiétant.

Bref, comme un auteur est aussi (et avant tout) un lecteur, je me suis inscrite à ce challenge en optant pour le palier six avec option « scientifique fou » à savoir que je devais intégrer, dans mes lectures, au moins un roman auto-édité. Voici la liste de mes différentes lectures pendant ces trois mois. Comme je les ai chroniqué sur ma page facebook avant l’ouverture de ce blog, je me propose d’insérer les liens vers les chroniques de ces différents ouvrages. Vous n’aurez qu’à cliquer sur le titre du livre pour connaître mon avis dessus ! Au total, donc, j’en ai lu 12 :

  1. Palimpsestes #2 d’Emmanuelle Nuncq
  2. Scents of Orient de Marianne Stern
  3. Paradoxes #1 de L-A Braun
  4. Rebecca Kean #6 de Cassandra O’Donnell
  5. Tragic Circus de Cécile Guillot et Mathieu Guibé
  6. La Mélodie d’Emilie Ansciau
  7. Le Chrysanthème Noir de Feldrik Rivat
  8. Rebels #2 d’Aspi Deth
  9. Octavie d’Urville #1 – sous l’ombre du vampire de Esther Brassac
  10. Les extraordinaires & fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé #1 – Rue Farfadet de Raphaël Albert
  11. Les extraordinaires & fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé #2 – Avant le déluge de Raphaël Albert
  12. Le Paris des Merveilles #2 l’Élixir d’Oubli, de Pierre Pevel

Six romans d’éditeurs indépendants, deux auto-éditées et quatre romans de plus grosses structures. Tous par des auteurs francophones et même avec trois belges dans le tas ! Je suis vraiment contente de ce challenge. Certes, douze romans sur trois mois, cela paraîtra peu en miroir de certaines personnes qui ont lu le double (chapeau d’ailleurs !) mais d’une part ça fait plus ou moins un roman par semaine (ce qui a toujours été ma moyenne) et d’autre part, je n’ai véritablement lu QUE des auteurs francophones pendant ces trois mois. Hormis quelques mangas, évidemment.

L’autre point fort de ce challenge était son groupe facebook, qui nous permettait de partager nos lectures et nos ressentis avec les différents participants. Et je peux vous dire qu’on échangeait beaucoup ! Outre les likes sur les publications, personne n’hésitait à donner son opinion sur un roman, provoquant parfois de petits débats, ou à se renseigner après avoir lu notre avis dessus. J’ai trouvé ces échanges dynamiques et enrichissants ce qui, je l’avoue, m’a surprise. Si l’intention de départ était belle, je craignais que ça ne s’essouffle au fil des semaines mais ça n’a pas du tout été le cas, au contraire.

En résumé, le Printemps de l’Imaginaire francophone est une très belle initiative à laquelle je compte participer de nouveau l’année prochaine. L’instigatrice de ce mouvement propose d’ailleurs un questionnaire destiné à améliorer le défi pour l’année prochaine. N’hésitez pas à, vous aussi, donner votre opinion !

Vous avez participé au PIF? Comment avez-vous vécu cette expérience? Racontez-moi 🙂