Kidnapping – Geoffrey Claustriaux

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Kidnapping est le nouveau roman court (et horrifique, immonde, o-m-g ne le lisez pas pendant votre petit déjeuner) de l’auteur belge Geoffrey Claustriaux. Prévu chez Livr’S pour fin novembre (et disponible à Mon’s Livre ce week-end) vous trouverez ce petit bijou d’horreur au prix de 10 euros.

Kidnapping, c’est l’histoire d’une quarantaine d’adolescents belges qui partent en voyage scolaire en Allemagne. Tout dérape quand un officier nazi monte dans leur bus, descend leur professeur et les enferme dans un hangar où ils vont être achetés par les gens d’un village. Ouais je sais, c’est pas vraiment ce qu’on attend d’un résumé qui commence par « ce sont des ados en voyage scolaire » hein !
Pourquoi? Comment? Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler ce roman court qui ne compte qu’une centaine de pages. À vous de tenter cette (més)aventure.

J’ai un estomac assez bien accroché de manière générale mais ce texte d’horreur m’a vraiment dégoûtée. En même temps, ça m’apprendra à lire pendant mon petit-déjeuner… Geoffrey Claustriaux y dépeint des situations et des comportements odieux, immondes, inhumains même alors que quand on y réfléchit… C’est pas si éloigné de la nature humaine que ça. Oui, mon côté pessimiste parle encore. Nous suivons, au fil du récit, plusieurs des adolescents à qui il arrive des situations vraiment horribles que je ne vais pas détailler parce que 1) ce blog reste tout public et 2) je suis anti-spoil.
Sincèrement, âmes sensibles s’abstenir.

Une foi de plus, le travail éditorial réalisé par Livr’S est très soigné sur ce livre. Il s’ouvre sur la copie réelle d’un rapport de police et contient des extraits d’un journal intime, celui de Catherine, qui sont manuscrits dans le texte. Ce qu’on doit, comme nous l’apprennent les remerciements, à la compagne de l’auteur. Ces petits détails rendent le roman beaucoup plus immersifs. À la fin, on trouve également la copie d’un livre ou plutôt d’un chapitre de livre intitulé « Les secrets du IIIe Reich ». J’ai vérifié, plusieurs livres existent sous ce titre donc j’ignore si c’est inspiré de faits réels ou non. Selon les mots de l’auteur, tout est parti d’un cauchemar et ce texte date de son adolescence mais l’un empêche pas l’autre. Une chose est sûre: je refuse ca-té-go-ri-que-ment de m’assoir à nouveau à côté de lui !

Évidemment, je plaisante. J’ai trouvé ce texte très bon dans le genre où il officie. En général, je n’en lis pas beaucoup parce que je trouve difficile de toucher le lecteur d’horreur, de réussir à le choquer sans que ça ne devienne ridicule ou exagéré. Ici, Geoffrey Claustriaux est parvenu à ses fins. Kidnapping ravira les amateurs d’horreur bien gore et sans censure, qui tomberait presque dans le grand-guignolesque sans l’aspect psychologique pregnant au fil des pages. Ce n’est pas une histoire qu’on retient pour ses protagonistes ou pour son intrigue, mais plutôt pour son propos et sa portée significatrice. J’ai un peu de mal à parler et à qualifier ce texte, je l’admets sans honte. Il appartient à cette catégorie de livre qu’on vit plutôt que d’en parler. Ce qui est certain… C’est qu’il ne vous laissera pas indifférent !

FOCUS – Partenariat : Livr’S Éditions

Bonjour tout le monde !
Après quelques jours de silence sur le blog, je reviens vers vous avez la présentation d’un partenaire presse qui est là depuis le mois de février. Pourquoi j’ai tant tardé? Plusieurs raisons à cela: j’y ai fait mon stage, j’y ai signé un contrat d’édition, bref je craignais qu’on y voit une forme d’auto promotion ou de copinage. Pourtant, il y a trop peu de maisons d’édition sérieuses dans le paysage belge pour se priver de présenter la meilleure (oups, là c’est un parti pris :3).

Logo-LivrS
Livr’S Éditions voit le jour en Janvier 2015 à l’initiative d’Émilie Ansciaux, qui est également autrice. Basée à Mons, cette structure a pour ambition de promouvoir la littérature francophone, classique et de l’imaginaire ! Le catalogue est donc assez étendu et peut combler un large lectorat. Ses auteurs viennent majoritairement de Belgique, de France et de Suisse bien que récemment, Livr’S a pu se féliciter de signer Graham Masterton pour un roman inédit, rien que ça !
Comme c’est si joliment dit sur le site: Livr’S Éditions, c’est l’ivresse des livres, tout simplement.

Ce que j’apprécie tout particulièrement dans cette structure, c’est la variété couplée à la qualité de son catalogue. On trouve des ouvrages pour la jeunesse qui sont bien pensés sur un plan d’objet livre ainsi que de contenu (pour vous donner une idée, j’en ai même lu certains !) mais aussi une littérature parfois gore, d’horreur, thriller, à destination d’un public plus adulte et mature. Entre ces deux extrêmes? Du fantastique, du policier, un peu de fantasy, de la science-fiction, des récits contemporains, tous très variés mais avec une identité littéraire forte.

Dans le cadre de mon stage, j’ai lu une grande partie du catalogue. Est-ce que j’ai tout aimé? Non. Mais je ne peux qu’applaudir et souligner la volonté qu’a l’éditrice de continuellement s’améliorer, de se remettre en question, d’apprendre de ses erreurs. C’est plutôt rare dans le milieu !

Alors, pour rappel, voici les chroniques des romans lus et que je vous recommande:
Le Puits des âmes – Émilie Ansciaux
Mémoires Assassines – Christelle Colpaert-Soufflet
Dévore-Moi ! – Tiffany Schneuwly
Sans nouvelles (anthologie)
1, 2, 3… Zombies ! – Bertrand Crapez
#SeulAuMonde – Céline Saint Charle
Hanafuda – L. A. Braun
Altérez-moi – Thomas François

Avant d’ouvrir le blog, j’avais également lu « La mélodie » d’Émilie Ansciaux et je crois que ça donnera lieu à un petit article « re-up » sous peu puisque j’avais beaucoup aimé cette histoire courte et horrifique ^-^

Livr’S est une maison d’édition belge à suivre et à découvrir. Pour cela, amis blogueurs, n’hésitez pas à vous rendre sur Simplement.Pro afin de demander l’un ou l’autre service presse, si vous craignez de vous lancer sans filet de sécurité ! Hanafuda et Altérez-moi y sont disponibles et c’est du lourd ♥

Vous pouvez également suivre la maison d’édition sur tous ses réseaux : Site InternetFacebookTwitterInstagram.

Connaissiez-vous cette maison d’édition? Avez-vous déjà lu des auteurs belges? Est-ce que cette présentation vous donne envie de le faire ? 🙂

Altérez-moi – Thomas François

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Altérez-moi
est un one-shot de littérature contemporaine sur fond d’enquête écrit par l’auteur belge Thomas François. Nouveauté de chez Livr’S Éditions pour la rentrée littéraire, vous trouverez ce roman au prix de 18 euros.
Je remercie les éditions Livr’S pour ce service presse disponible sur Simplement.Pro !

Altérez-moi nous raconte l’histoire de Léon Mallar, un jeune adulte, fraichement diplômé, solitaire et au chômage. Il passe ses journées à ne rien faire et à éviter le contact avec le reste de l’humanité. Puis un jour, sa voisine lui demande de faire une course pour elle à la pharmacie. Bon gré mal gré (surtout mal gré) Léon accepte de lui rendre service. Sauf que quand il frappe à sa porte pour lui donner ses médicaments, celle-ci est ouverte… Et Léon va faire une macabre découverte qui l’entrainera dans une folle (et désastreuse) aventure. La quatrième de couverture le dit très bien: une visite à la pharmacie n’aura jamais tourné si mal !

Dans ce texte de littérature contemporaine, on découvre un personnage principal à la fois antipathique et attachant. Vous pensiez ces deux termes antinomiques? Vous ne connaissiez pas encore Léon Mallard ! Ce roman est divisé en trois parties, elles-mêmes divisées en chapitre de longueur assez variables. Régulièrement, le début d’un chapitre offre une sorte d’introduction en italique, d’un personnage prénommé Vingus qui s’avère être une projection de Léon. Ces apparitions dérouteront le lecteur qui ne manquera pas de se demander dans quelle maison de fou il est tombé. Pourtant, les passages concernant Vingus ne cassent pas le rythme du texte. Au contraire, passé le premier choc et les premières questions à son propos, le lecteur se laissera embarquer avec plaisir dans le parallèle qui existe entre Léon et lui.

L’écriture de François Thomas porte avec brio un texte mordant, très référencé et passionné. On sent l’amour qu’a l’auteur pour la littérature et surtout, pour le cinéma. Il propose un anti-héros qui brille par sa malchance au cours d’une enquête qui certes, ne révolutionne pas le genre mais reste intéressante à suivre. Quant à la fin en apothéose, on ressent un parti pris esthétique engagé de la part de l’auteur qui a le mérite de signifier véritablement quelque chose.

L’histoire que raconte Altérez-moi n’a rien d’original, elle ressemble à des centaines d’autres mais dispose d’un style littéraire affirmé et d’une volonté franche de jouer autant sur les mots que sur les genres. François Thomas a, en cela, une grande maîtrise de la langue et de son sujet, ce qui donne un texte intéressant à lire. J’évoquais une intrigue assez standard mais le tour de force de l’auteur est de nous la faire paraître complètement improbable, au point que l’on s’inquiète un peu (beaucoup, à la première lecture !) de sa santé mentale.

Pour résumer, Altérez-moi est un petit ovni littéraire de littérature contemporaine / enquête à mi-chemin entre le western spaghetti et la parodie burlesque. Oui, vous avez bien lu cette phrase ! Ce texte intelligent et hyper référencé convient à un public à partir de l’adolescence car un minimum de bagage culturel est nécessaire pour l’apprécier dans sa globalité. Je le conseille à ceux qui veulent sortir de leur zone de confort et découvrir un texte différent.

Hanafuda – L. A. Braun

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Hanafuda
est un récit de vie contemporain et fictif proposée par l’autrice belge L-A Braun. Publié chez Livr’s Éditions, il sera disponible dès le 15 septembre au prix de 18 euros. Je peux déjà vous dire que c’est un gros coup de cœur pour moi !
Ce livre entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce livre entre également dans le Pumpkin Autumn Challenge catégorie « pomme au four, tasse de thé et bougie » pour son thème « histoire de famille ».

Je vais commencer par évoquer l’objet-livre en lui-même, que je trouve remarquable. La couverture est superbe et apporte un côté très japonais, très épuré. Le fond blanc cassé est tellement réussi qu’on a l’impression de toucher un parchemin un peu ancien. L’intérieur du livre n’est pas en reste: chaque début de chapitre comporte une citation française et sa traduction japonaise, à la verticale, et se termine par une petite illustration. Le travail réalisé par Livr’S sur ce roman est vraiment remarquable.

Hanafuda raconte l’histoire d’Hoshino, un enfant originaire du Japon qui devient orphelin à l’âge de 6 ans suite au meurtre de ses parents par des yakuzas. Adopté par les Papadakis, sa rencontre avec Mr Fukuma changera complètement sa vie. Jusqu’ici gamin de merde violent et adepte de la bagarre avec des notes plus que médiocres à l’école, il va retrouver le droit chemin… Celui du gokudo, la voie extrême.

Ce roman est un récit de vie dans l’univers des yakuzas à New York. C’est l’un des points qui le rend fictif puisque les yakuzas ne s’y sont jamais vraiment exportés: trop loin, pas suffisamment rentable, contrairement à d’autres mafias. D’ailleurs, ce point est évoqué dans le texte de manière sous-entendue lors du conflit avec un certain Monsieur X. L’intérêt du roman, c’est surtout d’exposer la culture nippone en conflit culturel avec la nôtre. Une réussite, selon moi ! Leur culture est bien détaillée et on ressent le décalage entre l’ancien monde et le nouveau. L’autrice s’est très bien renseignée sur le sujet en se basant sur des spécialistes du milieu comme Jake Adelstein qu’elle cite d’ailleurs dans les remerciements (pour rappel: Tokyo Vice et Le dernier des yakuzas que j’en profite pour vous recommander à nouveau). Vous apprendrez tout un tas d’informations intéressantes sur le sujet des yakuzas, que vous ne soupçonniez probablement pas.

Hoshino raconte son histoire depuis son enfance dans un récit à la première personne. Le jeu des temps instauré par l’autrice est plutôt bien maîtrisé et permet de passer d’un évènement à l’autre sans se sentir perdu dans la ligne temporelle du récit. Ce qui n’est pas un mal puisqu’il n’y a aucune date claire avant chaque évènement notée en haut de page ou dans un chapitre. Et ça ne m’a pas gênée du tout dans ma lecture tant c’est bien maîtrisé.

Le thème principal du récit est la quête de soi, de son identité culturelle mais aussi sexuelle. Hoshino est homosexuel, ce qui est tabou autant chez ses parents adoptifs que chez les yakuzas. Si cette thématique est présente, elle n’envahit pas pour autant le récit et ne tombe pas dans les clichés de romance qu’on retrouve trop souvent dans ce type de récit. Ici, pas de scènes crues détaillées ni de relation vraiment suivie entre deux personnages, hormis peut-être Akira, d’une certaine façon. L’autrice traite le sujet avec beaucoup de subtilité et d’intelligence, ce que j’ai su apprécier.

Le style de Laure-Anne a beaucoup évolué depuis sa trilogie Paradoxes. Ses mots immergent le lecteur dans la psyché franche d’Hoshino. Ce personnage évolue entre deux mondes, ce qui permet au lecteur de découvrir celui des yakuzas et d’y poser un regard d’occidental. Ce côté un peu vieillot hyper traditionaliste de ce milieu et les réflexions liées feront échos à celles du lecteur novice. Hoshino est un personnage attachant malgré ses nombreux défauts, ce qui le rend terriblement, tragiquement, humain. Il porte une réflexion critique, pessimiste et un peu blasée sur la société mais aussi sur ses actes. Il est entouré par plusieurs figures secondaires qui ont pourtant toutes une personnalité marquée et une existence réelle, remarquable. Monsieur Fukuda est la figure du passé, Akira ne pourra que vous charmer, les Papadakis sont terriblement humains… Bref, même si le récit se centre sur la vie d’Hoshino, il n’oublie pas ceux qui gravitent autour de lui.

Pour résumer, Hanafuda est une réussite sur tous les points. L’objet livre est très beau et soigné, la mise en page des débuts de chapitre est vraiment originale. L’histoire en elle même offre une réflexion critique sur l’humain et le monde des yakuzas réalisée par une passionnée qui maîtrise son sujet ainsi que son écriture. Ces 194 pages immergeront le lecteur dans l’âme d’Hoshino et il n’en ressortira pas indemne. Un coup de cœur que je vous recommande chaudement ! ♥

#SeulAuMonde – Céline Saint Charle

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#SeulAuMonde
est un roman post apocalyptique écrit par l’auteure française Céline Saint Charle et publié chez Livr’s Éditions dans la collection Post-Apo. Vous pouvez vous le procurer partout ou le commander sur le site de la maison d’édition, au prix de 18 euros ! Je remercie Livr’s pour ce service presse.

#SeulAuMonde raconte l’histoire d’un groupe de personne qui se réveille un beau matin à différents endroits du monde et constate que tout le reste de la population a tout simplement disparu sans laisser de traces. Toute la technologie fonctionne, mais comment se retrouver? S’assurer qu’ils ne sont pas seuls? Les réseaux sociaux sont peut-être la solution.

Je dois avouer que si je n’avais pas du lire ce roman pour mon stage, je ne me serais pas laissée attirer. La couverture, bien que jolie, donne une fausse impression de roman jeunesse et comme vous le savez, je ne suis pas du tout friande d’ambiance post apocalyptique. Pourtant, force m’est d’avouer que ce livre est très bon, très intelligent et plutôt bien écrit. Et que la couverture correspond, en réalité, super bien au contenu. Ce qui paraît très paradoxal mais vous comprendrez si vous le lisez un jour.

L’auteure commence par présenter les différents personnages dans leur quotidien. Virginie, une prof de musique française déprimée. Maggie, une vendeuse de chaussures anglaise un peu naïve. Markus, un suédois employé à la Mairie. Massimo, un restaurateur italien de vitraux. Peter, un laveur de voiture américain qui adore la cuisine. Kenjo, un ouvrier belge d’origine camerounaise qui travaille en entrepôt. Et Mei, une traductrice allemande d’origine chinoise. En quelques pages seulement, ils prennent vie sous nos yeux et brillent par leur banalité. Ces personnes pourraient être n’importe qui dans la rue. Ils n’ont rien de particulier, ce sont des gens ordinaires avec chacun leur caractère qui se retrouvent confrontés à une situation terrifiante. Heureusement, l’un d’eux a l’idée de se servir des réseaux sociaux et cela lui permet d’entrer en contact avec les autres. Vive les publications sponsorisées de facebook !

La force de #SeulAuMonde, c’est d’offrir une histoire qui se lit très vite (à peine 24h pour ma part) et pose des questions intelligentes. Comment réagirions-nous, dans cette situation? Que ferions-nous pour le présent? Pour l’avenir? Essaierions-nous de sauver l’espèce humaine? Que mettrions-nous en place? Comment nous organiser? L’auteure réfléchit sur le sujet et s’interroge sur des choses qui ne me seraient pas venues à l’esprit du tout. Je reste persuadée qu’en cas d’apocalypse, ce roman pourrait inspirer les survivants !

J’ai lu plusieurs critiques qui n’appréciaient pas la fin. D’une certaine manière, je comprends. Il n’y a pas de véritable dénouement pour expliquer la disparition de la population mondiale et quand on lit les dernières pages on peut ressentir une certaine frustration. Chacun y va de sa théorie et je trouve justement ça intéressant, de laisser au lecteur une marge d’imagination. Quant à l’épilogue, je le trouve à la fois dérangeant et poétique, assez coup de poing dans son genre.

Comme le disait très justement Laure-Anne dans sa chronique: ne vous attendez pas à une apocalypse zombie, une guerre nucléaire ou un roman bourré d’action. #SeulAuMonde est une tranche de vie philosophique et angoissante. Il nous oblige à nous poser les questions qui dérangent, à entrevoir un avenir qui pourrait peut-être devenir le nôtre.

Je recommande ce roman à ceux qui ont envie de sortir des sentiers battus, de réfléchir un peu sur la condition humaine, la vie en communauté, la manière dont on survit sans forcément une menace pour nous unir tous sous une bannière commune. J’ai passé un bon moment avec #SeulAuMonde qui me sort de mes habitudes. Je pense m’intéresser de plus près aux œuvres de cette auteure qui, pour ne rien gâcher, est vraiment hyper gentille. Croyez-moi, j’ai passé toute la foire du livre de Bruxelles à ses côtés :3 Bref, un livre à lire !

1, 2, 3… Zombies ! – Bertrand Crapez

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1, 2, 3… Zombies ! de Bertrand Crapez est un one-shot post-apocalyptique publié chez Livr’s Éditions dans la collection Post-Apo au prix de 15 euros. Si vous voulez rencontrer l’auteur, sa prochaine dédicace est prévue pour le salon Made In Asia en Belgique du 16 au 18 mars !

Plantons le décor: Mercredi soir, inauguration de la foire du livre de Bruxelles. Plein de gens, qui sont là pour discuter de tout et de rien, surtout chez les gros éditeurs qui ont à manger sur leurs stands pendant que l’estomac des autres se décompose de faim. Une stagiaire s’ennuie et commence à lire cet étrange roman qui vient tout juste de sortir chez Livr’s Éditions. Ce n’était pas prévu, car la stagiaire n’aime pas le post apo, n’aime pas les zombies, et comme sa cheffe n’est pas un tyran (non non, personne ne l’a obligée à écrire ça), elle ne lui a pas imposé la lecture de ce bouquin qui ne colle pas du tout à ses goûts. Oui, elle n’aime rien, cette stagiaire !
Pourquoi ce livre et pas un autre, d’ailleurs ? Quel étrange maléfice du destin poussa sa main jusqu’à ce roman? Et bien il se trouvait à exactement trois centimètres devant elle et la stagiaire avait la flemme de se lever. Vraiment, elle exagère !

Comme quoi, la découverte d’un petit bijou ne tient pas à grand chose.

Bref, trêve de plaisanterie, quelques secondes. En lisant les cinquante premières pages de ce livre, j’ai froncé les sourcils et soupiré, un peu de mauvaise foi, à grands renforts de commentaires désobligeants sur le thème du « mais c’est quoi ces réactions à la con? » ou du « beuuuuurk mais il est vraiment en train de nous montrer un politicien qui fait caca ? ». Notez que les commentaires se sont inclinés face au génie littéraire de l’auteur. Phrase étrange après celle du politicien constipé (bah quoi faut bien laisser le temps à la scène de se poser), je sais… Je commence un livre avec plein d’à-priori négatifs, dans un genre que je n’apprécie pas du tout, et ça termine sur un coup de cœur.
Oui, le monde n’a aucun sens.

1, 2, 3… Zombies ! est un petit ovni littéraire construit sous la forme d’une série de nouvelles qui tournent autour du même thème. Dans un coin paumé de France, des scientifiques mettent au point une substance toxique pour le compte de l’armée, par le plus grand des hasards. A la base, ce devait être un sérum de régénération… Oups? Pas contents, les militaires exigent la destruction de la dite substance et comme les scientifiques sont un peu cons sur les bords (sans rire) ils s’en débarrassent dans une station d’épuration.
Ainsi commença l’épidémie zombie.
J’ai d’abord roulé des yeux avant de me rendre compte que ce n’était, en fait, pas si improbable que ça, comme situation… Un peu comme celles qui suivent (la télé-réalité, l’exploitation politique, les déviances sexuelles, les arnaques, etc.). Plus on avance dans ce livre et plus on se rend compte d’à quel point l’auteur est intelligent et analytique par rapport à notre société. Il touche systématiquement juste, avec des textes à la fois drôles et dérangeants. Cet homme ose tout et ne censure rien ! C’est ça qu’on veut.

J’en profite pour préciser que vu la violence et la déviance présente dans ce livre, il ne conviendra pas à tout type de public. Il peut en dégoûter plus d’un et gêner les âmes sensibles, gardez-le bien à l’esprit. Moi, j’ai adoré, mais c’est moi.
Notez aussi que ce roman a été écrit en 2014. On se rend ainsi compte que l’auteur est devin, en plus d’être doué dans ce qu’il fait, parce que certaines situations décrites dans 1, 2, 3… Zombies ! se sont vraiment produites.

Soulevons aussi que le roman est bien servi par une couverture signée Capia Art, qui illustre extrêmement bien la mentalité du texte ainsi que son ambiance plus générale. Elle interpelle vraiment et convient à merveille à un livre comme celui-ci.

Véritable satire sociale bourrée d’humour noir, 1, 2, 3… Zombies ! ne peut que plaire par sa qualité littéraire affirmée et la clairvoyance de son propos. Je ne connaissais pas l’auteur jusqu’ici mais après avoir passé trois jours en sa compagnie, je peux vous affirmer qu’en plus, il est humainement très chouette et déborde d’esprit, ce qui ne gâche rien à l’ensemble. Il est également l’auteur d’une saga de fantasy que je vais m’empresser de découvrir, parce que j’ai vraiment bien accroché à sa plume et à son style.

En bref, 1, 2, 3… Zombies ! est un one-shot satirique à lire absolument, qui s’inscrit dans notre actualité et dans notre société du 21e siècle avec une effarante lucidité renforcée par une bonne dose d’humour noir. C’est un coup de cœur et une belle réussite pour Livr’s Éditions qui a signé un auteur talentueux.

Dévore-moi ! #1 l’Imaginarium – Tiffany Schneuwly

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Le premier tome de la saga « Dévore-moi ! », intitulé l’Imaginarium, est un roman écrit par Tiffany Schneuwly et illustré par Sarah Bertagna. Il est publié chez Livr’s Éditions au prix de 18 euros dans la collection Fantastique. Je tiens à remercier la maison d’édition pour ce Service Presse !

Je n’étais pas du tout le public cible pour ce roman et je termine ma lecture en étant agréablement surprise. Je l’ai lu dimanche matin en deux heures et demi, d’une seule traite, alors que je comptais seulement commencer les premiers chapitres pour me mettre dans le bain. Il faut dire que l’histoire est assez accrocheuse.

Le roman s’ouvre sur un prologue intriguant où on rencontre pour la première fois le général Côme, alias le mec à qui tu as envie de retourner une paire de baffes tellement il est suffisant et désagréable. En même temps, il peut se le permettre, ce n’est pas franchement le stéréotype du mec égocentrique sans raison, juste à cause de son rang. C’est un militaire, qui a sa vision du monde et qui veut à tout prix protéger l’Imaginarium. Et ce prix passe par la vie d’innocents qui essaient de proposer une solution. A quoi? Et bien on le découvre au fil de l’histoire, donc je ne vais pas vous spoiler. Après ce prologue qui donne le ton (un bon ton, j’avoue que j’étais emballée), nous rencontrons le personnage de Maddie, dans notre monde humain à nous, qui entre au Collège. Je précise que le roman se situe en Suisse (enfin ce n’est pas précisé mais j’ai déduis), donc le système scolaire s’y rattache et là-bas, c’est à 16 ans qu’on entre au collège. Nous sommes catapultés dans la vie d’une adolescente comme n’importe quelle autre, un peu introvertie. Elle vit avec sa mère suite au divorce de ses parents, ne voit presque pas son père qui travaille beaucoup et est très proche de Thaïs, sa petite sœur adoptive.

C’est le premier bon point que j’ai relevé dans ce livre. Il est réaliste, il nous peint une famille avec ses problèmes mais qui essaie de s’en sortir. On n’est pas dans le délire de la relation hyper conflictuelle entre une mère et sa fille, au contraire. Elles sont proches, soudées, elles se soutiennent et essaient de se comprendre. Peut-être parce que je suis moi aussi une enfant de parents divorcés, je me suis assez facilement retrouvée dans Maddie, dans ses ressentis, même si elle a été victime de quelque chose que je n’ai jamais eu à vivre (heureusement !) je ne vous en dis pas plus pour ne pas spoiler mais ce genre de sujet est rarement abordé avec autant de justesse. Au fil du roman, l’intrigue se dessine avec l’apparition d’un élément fantastique grâce au personnage de Caleb, puis les révélations s’enchaînent.

C’est là que le bât blesse un peu. J’ai trouvé certaines scènes forcées. Elles tombaient dans les écueils habituels de ce genre littéraire et c’est dommage parce que tout partait assez bien. Je comprends qu’il faut, à un moment donné, que Maddie apprenne la vérité sur Caleb mais cette solution ne me parait pas crédible. Sur la fin, tout s’enchaîne d’une manière assez bancale. J’ai du mal à comprendre pourquoi l’oncle de Caleb accepte aussi facilement de retourner à Imaginarium, malgré ce qu’il y risque. C’est un peu trop manichéen et plein de bons sentiments, le thème du repentir est intéressant mais là, c’est un peu trop gros et rapide, comme si tout devait absolument rentrer dans un seul tome. Pourquoi ne pas avoir rallongé ce roman (qui est finalement assez court) pour développer davantage les évènements finaux? J’imagine mal qu’on jette à la poubelle toute une éducation en claquant des doigts, sans même que l’héroïne ait à insister beaucoup. J’ai été assez déçue par ça même si, quand on y réfléchit, ce sont des éléments acceptés tacitement au sein de ce type de littérature. Moi, ça me dérange, mais objectivement, ça entre dans le respect des codes littéraires.

En outre, ce point négatif ne gâche pas la qualité de l’ouvrage. L’auteure a un style simple et accessible. Elle a fait très attention aux descriptions et aux verbes de dialogue, sans que ça casse le rythme du livre. Les quelques chapitres du point de vue de Caleb sont hésitants mais ceux de Maddie et les scènes dans Imaginarium sont bien maîtrisées. L’univers créé autour de cette saga est riche et intéressant, il change de ce qu’on peut trouver habituellement en mélangeant plusieurs bestiaires. J’ai beaucoup aimé la mythologie créatrice autour d’Imaginarium et j’ai eu envie d’en apprendre davantage à son sujet. Même si je ne suis pas le public cible et que certaines choses m’ont dérangées, je suis curieuse de découvrir le tome 2 ! C’est donc que les auteurs ont réussi leur coup.

Pour résumer, je recommande Dévore-moi ! à un public majoritairement adolescent ou pour les lecteurs qui aiment le Young Adult fantastique. Il possède de nombreuses qualités comme un univers riche et une héroïne bien construite, crédible. Le style d’écriture est simple et agréable, il nous entraine dans l’aventure et nous pousse à lire ce roman d’une seule traite. S’il n’est pas parfait, il vaut vraiment le détour et j’ai été très heureuse d’enfin découvrir la plume de Tiffany Schneuwly entre ces lignes, qui est une personne humainement adorable. Je vous recommande de vous pencher sur cette auteure suisse qui a, je trouve, quelque chose à offrir 🙂

Mémoires Assassines – Christelle Colpaert-Soufflet

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Mémoires Assassines est un thriller en un volume écrit par l’auteure française (du nord !) Christelle Colpaert-Soufflet. Réservé à un public averti, ce roman est disponible chez Livr’s Éditions au prix de 19 euros dans la collection Suspense. Je vous l’annonce déjà: ce fut un coup de cœur !

Dix-sept mois après une agression violente qui a failli lui coûter la vie, Eva Lorca sort finalement de l’hôpital et emménage dans une nouvelle maison offerte par son mari en échange de son accord pour le divorce. En effectuant des travaux, elle découvre un coffre au grenier contenant les mémoires de Henri Ficheaux, l’ancien propriétaire, qui est également un tueur en série. Elle va se plonger dans les détails les plus intimes de sa vie et y voir un moyen de revenir sur le devant de la scène. Parce que Eva était chroniqueuse pour « Murmures d’ici et là » et elle n’a aucun doute que l’histoire de Henri va lui rouvrir les portes de la gloire.

Je sais, à première vue, le résumé peut sembler cliché, banal, vu et revu… C’est aussi ce que je me suis dit. Et pourtant ! On en est loin. J’ai tellement à dire sur ce livre… Je l’ai lu en 24h et ça m’a même fait du mal de le poser sur ma table de nuit pour dormir, tant je souhaitais connaître la suite. Tout ce que j’aime s’y trouve: un personnage féminin qui sort du lot, un tueur en série, des scènes gores mais pas gratuites, du sexe non censuré mais pas inutile, tout est bien dosé, pour maintenir un intérêt constant du début à la fin.

Au départ, nous rencontrons le personnage d’Eva, qui est une femme brisée suite à son agression, abandonnée par son mari qui lui préfère une fille nettement plus jeune et qui emmène leur fille adoptive avec eux pour une question d’équilibre. Son amant l’exaspère, et on découvre rapidement qu’Eva n’est pas simplement une pauvre petite victime. C’est une femme avec ses vices, sa fierté, son égoïsme aussi. Elle est manipulatrice, pense à sa carrière, mais elle n’est pas pour autant foncièrement mauvaise, elle est juste… Humaine. Dans le bon et le mauvais sens du terme. Elle peut paraître antipathique au premier abord mais j’ai pourtant assez rapidement accroché à sa façon d’être et de voir le monde. Même si je n’adhère pas sur un plan personnel, c’est quelque chose que je comprends, que je conçois, et qui la rend réelle.

Eva est agoraphobe depuis son accident et elle a un grand jardin non entretenu dans sa nouvelle maison. Serviable, son amant (bien pénible au passage ce Stefan) lui envoie son frère, habitué des petits boulots, pour le remettre en état et une relation nait assez rapidement entre elle et le frère en question, prénommé Laurian. Ce personnage va avoir une grande part dans l’histoire et j’avoue que pendant tout un temps, je ne savais pas trop quoi penser de lui. Salaud opportuniste? Homme sincère? Je ne vais pas trop en révéler pour ne pas vous gâcher la surprise, mais il est présent avec Eva tout au long de l’histoire et finalement, je l’aime bien ce garçon !

A partir du moment où notre héroïne découvre les cahiers d’Henri, nous oscillons entre le passé et le présent. Au départ, lire ces mots l’effraie mais très vite, ça la passionne et elle se sent entraînée dans la vie de ce tueur en série. Elle le comprend, le décrypte. C’est un homme à la fois fascinant et répugnant et j’en profite pour pointer ici un élément supplémentaire en faveur du roman: l’auteure ne tombe pas dans le piège de trop en dire dans les journaux d’Henri. Il est courant, quand on lit ce type d’extrait dans un roman, que l’auteur se laisse aller à trop de descriptions et que ça sonne faux, parce que personne n’écrirait son journal intime comme ça. Ici, Christelle Colpaert-Soufflet maîtrise très bien cet aspect de son histoire et on peut la féliciter pour cela.

A l’instar d’Eva, j’ai été fascinée par Henri et très honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que l’histoire prenne cette tournure. J’ai envie de deviser des heures sur le sujet mais je ne veux pas spoiler dans ma chronique. Je vais donc me contenter de dire que ça m’a tenue en haleine, que l’auteure n’a pas peur de décrire les vices et les exactions d’Henri, que personne n’est épargné, pas même les animaux (RIP Pilou). Elle a même réussi à me faire grimacer une fois ou deux, c’est dire !

Son style d’écriture est très immersif. C’est un roman à la première personne et nous sommes dans la tête d’Eva, avec les douleurs consécutives de son agression (elle a eu presque tous les os brisés) ses doutes sur elle-même, sur son corps, sur ce qu’elle est et ce qu’elle veut devenir. Cela permet de brasser, finalement, énormément de thématiques et même si sa reconstruction passe à travers un tueur en série, j’ai trouvé l’histoire intelligente, bien amenée. L’auteure ose sortir des sentiers battus et bon sang ce que ça fait du bien !

En bref, je recommande très chaudement Mémoires Assassines qui est un très bon roman écrit par une auteure talentueuse que j’ai été ravie de découvrir pour la première fois. C’est l’histoire d’une renaissance doublée d’une plongée dans les abysses, dans ce que l’humanité peut avoir de pire, le tout traité avec subtilité et intelligence. Je sais déjà que je vais me plonger dans ses autres récits car elle a une mentalité et une plume vraiment plaisante.

Le puits des âmes – Emilie Ansciaux

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Le Puits des Âmes est un roman de type fantastique écrit par l’auteure belge Emilie Ansciaux et publié chez Livr’s Éditions en septembre 2017. Il est disponible en papier au prix de 18 euros, ainsi qu’en numérique en promotion pour le moment à 99c.

Ce roman nous raconte l’histoire d’Alénor, une étudiante capable de voir les fantômes. Tous? Pas vraiment, juste ceux qui sont enfermés dans le puits au fond de son jardin et plus particulièrement Dany (oui moi aussi j’ai eu la chanson en tête, mais on ne va pas en parler), qui est devenu, au fil des ans, un ami très proche. Tout va basculer quand elle avouera sa particularité à son petit ami, Simon -qui le prendra très mal- et quand elle se rapprochera du mystérieux Gin. Pour un simple aveu, la vie d’Alénor va basculer complètement et l’entrainer dans une course contre la montre dont les enjeux sont plus importants qu’elle ne le croit.

Avant d’aller plus loin, je dois préciser que je ne suis pas le public cible pour ce roman, je l’ai rapidement compris. J’ai trop lu de littérature fantastique, ce qui, finalement m’empêche d’apprécier un ouvrage comme celui-ci. Cela ne signifie pas qu’il est mauvais (sinon je ne vous en parlerais pas ici, vous connaissez ma ligne éditoriale) mais simplement que, sur un plan personnel, je n’ai pas été convaincue et j’ai mis un moment à comprendre pourquoi.

En fait, ce roman n’est pas vraiment un roman. C’est surtout une fable philosophique qui nous invite à réfléchir sur la notion de bien et de mal, de sacrifice et d’humanité dans son ensemble. Sur les choix et les conséquences qu’ils ont, sur le concept de destin et l’incidence du religieux dans notre vie. Cette approche justifie alors les personnages archétypaux, qui ont des traits de caractère grossis dans ce but, car chacun d’eux représente quelque chose de précis, qui transcende son existence propre, comme un péché ou un concept. C’est un parti pris esthétique qui séduira certains lecteurs, dont je ne fais certes pas partie mais et alors? Cela ne le rend pas moins intéressant et osé, au sein d’une littérature devenue (trop) formatée. De même, cela justifie que l’on devine facilement certains tournants de l’intrigue. Je vous rassure, pas tout. Il y a des choses qui m’ont surprise de manière plutôt agréable.

Et parmi elles, je dois évoquer l’univers en lui-même. J’ai beaucoup apprécié la façon dont l’auteure a créé ce monde autour du nôtre, a organisé l’Enfer et le Paradis comme deux entreprises très codifiées, jouant avec les clichés éparpillés partout en littérature fantastique pour les adapter à sa sauce. D’ailleurs, j’ai bien aimé le personnage de Jali, j’ai trouvé qu’il sortait du lot et ça m’a amusée de découvrir l’organisation du Paradis à travers lui.

Le Puits des Âmes n’est pas un roman qui vous transcende par ses thématiques, relativement classiques dans ce type de littérature, pourtant il accroche. Phénomène difficilement explicable, on lit les pages sans les sentir passer et on arrive rapidement à la fin, en se demandant où donc se cachent les 241 pages. On roule parfois les yeux avec un sourire indulgent devant les traits ou les actions poussés à l’extrême de certains personnages, mais on passe un bon moment et c’est parfois tout ce qu’on attend d’un livre. D’autant que celui-là a l’avantage d’être bien écrit, bien corrigé, bien travaillé. Certains trouveront l’intrigue et le dénouement trop rapides. Ce qui peut être vrai, mais le Puits des Âmes est un texte nerveux et dynamique, c’est une de ses qualités et c’est quelque chose que j’apprécie, sur un plan personnel.

En bref, Le Puits des Âmes est un ouvrage fantastique classique dans sa construction et son intrigue mais qui conviendra parfaitement aux novices du genre ou à un public plus jeune. N’hésitez pas à vous lancer dans sa découverte! Et surtout, réfléchissez quelques instants dessus, une fois votre lecture terminée. Il renferme plus de richesses qu’il ne le laisse penser au premier abord.

FOCUS – Mon bilan lecture de 2017

Bon, en vrai, je triche un peu !
J’ai fait les comptes: du 15 décembre 2016 au 15 décembre 2017, j’ai lu en tout 66 romans (si si, je vous jure…) et 43 mangas. Ce qui fait plus d’un roman par semaine. Je sais que beaucoup sont à davantage mais je lis pour le plaisir et je vous en parle pour la même raison. Je précise toutefois que je n’ai pas compté les livres / les articles lus dans le cadre de mes études.

Dans tout ça, il y avait du bon et du moins bon. Je vous propose donc de découvrir mon petit bilan personnel, qui mettra l’accent uniquement sur le positif ! Comme toujours sur le blog.

Ma plus belle découverte française de l’année:
Sans conteste, il s’agit de Morgane Caussarieu. Une auteure qu’on a passé des années à me recommander (enfin, depuis 2015 quoi), que j’ai longtemps boudé, pour finalement la découvrir grâce aux promotions de l’été chez Mnémos. Et quel bonheur ! Une Poppy Z Brite à la française qui a su s’affranchir de cette étiquette, définir sa propre personnalité littéraire. Si « Dans les veines » rappelle l’iconique auteure américaine, « Chéloïdes » ne manquera pas de vous retourner complètement le cerveau. Sans parler de sa nouvelle parue dans « Black Mambo » ! J’adore découvrir les connexions entre chaque texte et j’ai hâte de vider ma PAL papier pour enfin dévorer « Je suis ton ombre » qui est le dernier roman qu’il me reste à lire d’elle. Notez qu’en février, elle va en sortir un nouveau dans la collection Naos de chez Mnémos et j’ai vraiment hâte. En bref, si vous aimez les univers malsains, trashs, etc. c’est un must-read.

Ma plus belle découverte belge de l’année:
Mon cœur a balancé entre deux noms mais je me dois d’être honnête, il s’agit de Vincent Vallée. Rien ne le prédestinait à figurer dans ce classement, puisqu’il écrit de la littérature générale, mais « Verlaine avoue Rimbaud » m’a complètement bouleversée. J’ai adoré chaque ligne de ce merveilleux ouvrage que je vous recommande plus que chaudement. Quant à l’autre nom, il s’agit d’Emilie Ansciaux.  J’ai trop longtemps laissé de mauvaises langues me détourner de ses écrits et j’ai découvert « la Mélodie » (un roman court et effrayant) avec grand plaisir. Elle dispose de vraies qualités littéraires et son dernier roman attend sagement dans ma PAL que ma bookjar daigne l’en sortir. Je vous invite à vous pencher sur la bibliographie de ces deux auteurs belges qui méritent d’être découverts !

Ma plus belle découverte littéraire de l’année:
Il ne s’agit pas tant d’un auteur que d’une série, trilogie devenue quadrilogie (j’attends la version poche pour que ça ne cloche pas dans ma bibliothèque mais vous n’imaginez pas comme c’est difficile…). Si vous me suivez un peu, vous savez que je parle de «Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé » de Raphaël Albert. J’ai eu un énorme coup de cœur pour le personnage de Sylvo, un anti-héro elfique vraiment hors du commun. J’en ai longuement parlé dans mon article sur la trilogie (donc je vais éviter de continuer à radoter ->) mais je ne peux que vous encourager à découvrir cette histoire peu banale, elle vaut vraiment le détour et a su me faire vibrer sur le long terme.

Ma plus belle découverte manga de l’année:
J’ai hésité entre plusieurs séries mais rendons à César ce qui est à César… Ou plutôt, donnons-le à Atchepsout, la Reine d’Égypte de chez Ki-oon ! Ce manga ne m’attirait pas du tout au premier abord, je n’aimais pas la couverture du tome 1 (à cause des yeux du personnage) et je ne l’aurai jamais lu si je n’avais pas fait la file pendant deux heures à Livre Paris pour rencontrer l’auteure, afin de lui faire signer un exemplaire pour Kazabulles, ma librairie favorite. Cette série est extraordinaire, prenante, dure, bien documentée, on s’attache immédiatement à l’héroïne et on attend chaque tome en trépignant d’impatience. Sérieusement, si vous ne devez lire qu’un seul manga, lisez celui-la !

Et voilà, c’est tout pour 2017 ! Concernant 2018, j’attends tellement de romans que je vais vous épargner la longue liste. Je sais que ça va être une année riche en excellentes lectures et je me réjouis déjà d’y être. Et vous, quels sont vos coups de cœur pour 2017 ? Dites-moi tout dans les commentaires !