La princesse au visage de nuit – David Bry

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La princesse au visage de nuit est un one-shot fantastico-policier écrit par l’auteur français David Bry. Publié par l’Homme sans Nom, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 19.90 euros.

Ce n’est ni la première ni la dernière fois qu’on parle de David Bry sur ce blog. L’auteur m’avait séduite (littérairement parlant !) avec Le garçon et la ville qui ne souriait plus édité chez Lynks, un texte touchant qui avait été un coup de cœur. Sans crainte, je me suis lancée dans Que passe l’hiver qui avait souligné la capacité extraordinaire de l’auteur à poser des ambiances mystérieuses, un brin surnaturelles. Par la suite, j’avais même essayé deux de ses textes au format court qui, une fois de plus, ont fait mouche. Vu son talent, on peut légitimement se demander pourquoi j’ai mis autant de temps à découvrir La princesse au visage de nuit.

De quoi ça parle ?
Hugo, trentenaire parisien, apprend la mort de ses parents et retourne dans son village natal, Saint-Cyr, pour leur enterrement. Pas de grande séquence émotions, Hugo est un enfant battu et placé qui tente de refaire sa vie loin du drame qui a secoué son enfance il y a vingt ans. Drame suite auquel ses deux meilleurs amis, Sophie et Pierre, ont disparu. Tous ces évènements ne seraient-ils pas liés entre eux ?

Un roman fantastique (dans tous les sens du terme !)
La princesse au visage de nuit est un roman qui s’inscrit principalement dans les genres fantastique et policier. Alors que Hugo retourne à Saint-Cyr, son passé le rattrape, se manifestant par des évènements étranges : des symboles anciens dessinés sur les murs, des objets normalement disparus qui réapparaissent, des ombres qui rôdent autour de sa maison… Sans parler de cette vieille légende, celle de la princesse au visage de nuit qui accepterait d’exaucer les vœux de certains enfants. C’est en la cherchant que Sophie et Pierre ont disparu il y a vingt ans. Seul Hugo est revenu de la forêt, amnésique.

David Bry déploie son talent pour poser une ambiance efficace qui prend directement aux tripes. Il alterne entre le présent à Saint-Cyr, le présent à Paris (en suivant Hugo) et le passé, en 1999 (principalement pour Hugo mais également pour Sophie et Pierre). Cela permet de voir le protagoniste principal à différentes étapes de sa vie, lui qui essaie de se reconstruire après les drames qu’il a vécu et qui continuent pourtant, inlassablement, de revenir le hanter. Le ton général du roman tire plutôt vers la mélancolie. C’est sombre, difficile, de se replonger dans le passé de Hugo, dans ses traumatismes, dans sa souffrance. Pourtant, ce n’est jamais malsain ou voyeuriste, l’auteur réussit à rester dans le registre du poétique avec un surprenant brio.

Doté de chapitres courts, de dialogues qui sonnent toujours justes et des descriptions courtes mais percutantes, l’auteur donne un rythme maîtrisé à son récit au cœur duquel on ne s’ennuie jamais. Petit à petit, il pose les balises de ce mystère de grande ampleur et met en scène un village où tout le monde a son petit secret honteux. L’aspect fantastique est bien présent par légères touches surnaturelles qui laissent planer un doute. Hugo est-il fou ? La princesse existe-t-elle ? Qu’est-il arrivé à Sophie et Pierre ? Accompagné par Anne, la sœur de Sophie, le jeune homme va tenter de le découvrir.

Anne étant gendarme, on reste sur le récit d’enquête plutôt classique avec ses rebondissements mais, comme je l’ai déjà dit, rondement mené par l’auteur si bien qu’on ne s’ennuie pas. Toutefois, outre l’aspect policier et l’aspect surnaturel, La princesse au visage de nuit est un roman profondément humain qui met en scène un protagoniste en souffrance, au sein d’un groupe d’ami.es qui dissimulent vainement un malaise typique de notre 21e siècle. La façon dont David Bry se sert de ces éléments pour l’intégrer à son récit est très réussie, l’équilibre est présent et l’auteur a le bon goût de rester cohérent jusqu’à la fin de son histoire.

Enfin, ce roman se révèle également être un texte sur l’amitié, l’amitié entre enfants mais aussi entre adultes, qui traverse tout le récit et se révèle d’une importance capitale. Pour une fois, c’est cela qui prime et non les peines de cœur, ce qui m’a particulièrement touchée.

La conclusion de l’ombre : 
La princesse au visage de la nuit est un one-shot fantastico-policier dont l’intrigue principale prend place dans le village de Saint-Cyr, en France. Hugo, enfant battu et survivant d’une nuit d’horreur dans la forêt, doit retourner sur place à la mort de ses parents et affronter les spectres de son passé. De prime abord, on pourrait craindre un texte vu et revu mais ce serait mal connaître David Bry qui déploie tout son talent pour proposer une intrigue efficace dotée d’une ambiance sombre, soignée, accolant ainsi à son roman le qualificatif de page-turner. J’ai adoré !

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#S4F3s7 : 18e lecture